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Masters 1000 de Monte-Carlo: Alcaraz éteint Fils, Musetti sort Tsitsipas

Le Français Arthur Fils a calé vendredi une troisième fois de suite en quarts d’un Masters 1000, vaincu par Carlos Alcaraz au tournoi de Monte-Carlo, d’où le tenant du titre Stefanos Tsitsipas a été expulsé par l’Italien Lorenzo Musetti.Au terme d’un peu moins de deux heures et demie de match sur la terre battue de Monte-Carlo, le verdict est cruel pour le chef de file du tennis français, abattu en conférence de presse après sa défaite 4-6, 7-5, 6-3 contre l’Espagnol (N.3 mondial): “Je suis comme un fou, ça m’énerve.” “C’est dur de perdre des matches comme ça. C’est agaçant, surtout quand on a des occasions”, a regretté à chaud le 15e joueur mondial. “Je suis au niveau, mais ça ne passe pas parce que je perds la concentration. Et il y a des moments où il ne faut pas la perdre…”, a soupiré le droitier, seul joueur du circuit à avoir atteint au moins les quarts de finale des trois premiers Masters 1000 de la saison.En mars à Indian Wells, le joueur né en région parisienne s’était incliné au tie-break du troisième set contre l’ex-N.1 mondial Daniil Medvedev (11e). Deux semaines plus tard à Miami, il avait éliminé le N.2 mondial Alexander Zverev en huitièmes de finale avant de céder contre le futur vainqueur du tournoi, le Tchèque Jakub Mensik (alors 54e). Alcaraz, qui affrontait Fils pour la première fois, atteint lui sa troisième demi-finale de la saison, après son titre à l’ATP 500 de Rotterdam en février et sa demi-finale à Indian Wells. – Tsitsipas sorti par Musetti -Il défiera pour une place en finale son compatriote et ami Alejandro Davidovich (42e), qui s’est débarrassé sans difficulté majeure de l’Australien Alexei Popyrin (27e), dominé 6-3, 6-2.”C’est un des matches les plus difficiles que j’aie joués cette année”, a soutenu Alcaraz après sa victoire contre Fils.Alcaraz (21 ans) n’avait jamais remporté de match à Monte-Carlo: il s’était fait éliminer dès son entrée en lice en 2022 et avait déclaré forfait les deux années suivantes. Sa conférence de presse était à peine terminée que l’Australien Alex De Minaur validait à son tour son billet pour les demi-finales, grâce à une victoire expéditive 6-0, 6-0 contre le Bulgare Grigor Dimitrov (18e).”C’est assez dingue”, s’est émerveillé le 10e mondial après cette double bulle. “C’est un sentiment d’autant plus génial que la terre battue m’a donné du fil à retordre dans ma carrière”, a poursuivi l’Australien de 26 ans.”Je suis très heureux de jouer de mieux en mieux chaque année” sur la surface ocre, s’est satisfait De Minaur, qui affrontera Lorenzo Musetti pour une place en finale.Dans le dernier match de la journée, l’Italien de 23 ans s’est en effet offert le triple lauréat du tournoi (2021, 2022 et 2024) Stefanos Tsitsipas. Vainqueur 1-6, 6-3, 6-4 après deux échecs en quarts de Masters 1000 (Paris 2022 et Monte-Carlo 2023), Musetti disputera samedi sa première demi-finale à ce niveau.Alors qu’il était mené 5-0 dans ses confrontations avec Tsitsipas avant sa victoire en quarts de finale, il possède un bilan équilibré contre De Minaur (1-1), qui l’a battu sur dur en 2022 à l’Open d’Australie mais s’est incliné sur gazon en 2024 au Queen’s.La victoire a “une saveur particulière”, a expliqué l’Italien: “non seulement parce que Tsitsipas est le tenant du titre mais aussi parce que je n’avais jamais gagné contre lui, il incarnait jusqu’ici un des défis les plus difficiles à relever dans ma carrière.”Alcaraz, dont le match lancera les demi-finales du simple samedi à 13h00 (11H00 GMT), a pour sa part battu Davidovich lors de leur unique duel sur le circuit ATP, en 2023 sur la terre battue de Barcelone. 

Gaza: dix morts, dont sept enfants, dans un raid israélien selon les secours

La Défense civile palestinienne a annoncé la mort de 10 membres d’une même famille dans un raid aérien israélien vendredi dans la bande de Gaza, l’ONU dénonçant l’impact sur les civils, en particulier enfants et femmes, de telles frappes. Sept enfants figurent parmi les dix Palestiniens, âgés de trois à 58 ans, tués dans le raid nocturne à Khan Younès dans le sud du territoire palestinien assiégé par Israël, a déclaré à l’AFP Mahmoud Bassal, le porte-parole de la Défense civile.L’armée israélienne a dit examiner ces informations. Dans un communiqué, elle a annoncé avoir frappé en 24 heures une quarantaine de “cibles terroristes” dans la bande de Gaza dévastée par la guerre déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.Dans la cour de l’hôpital Nasser de Khan Younès, des habitants pleurent devant des corps de proches tués dans la frappe israélienne, alignés dans des sacs mortuaires blancs, selon des images de l’AFP. Une femme en larmes caresse le visage d’un homme défunt. La maison de la famille al-Farra a été complètement éventrée, des gravats et objets personnels – une chaussure de sport, un ballon de football – jonchent le sol alentour. “Au cours de la nuit, les troupes israéliennes ont intensifié leurs opérations terrestres dans le couloir de Morag”, a indiqué l’armée, en référence à une zone tampon instaurée entre Khan Younès et Rafah, plus au sud.A Genève, une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani, a estimé que les actions d’Israël menaçaient la “possibilité pour les Palestiniens de continuer à vivre” dans ce territoire.- “Uniquement des femmes et des enfants” -Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, “entre le 18 mars et le 9 avril 2025, il y a eu environ 224 frappes israéliennes sur des immeubles résidentiels et des tentes pour déplacés” et pour “36 frappes répertoriées et corroborées” par le Haut-Commissariat, les victimes “étaient uniquement des femmes et des enfants jusqu’à présent”.L’armée israélienne répète que les combattants palestiniens se réfugient parmi les civils, utilisés selon elle comme boucliers, ce que le Hamas dément.Après une trêve de deux mois, Israël a repris son offensive le 18 mars à Gaza. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu soutient qu’une pression militaire accrue est le seul moyen de forcer le Hamas à rendre les otages, morts ou vivants, encore captifs dans Gaza.Au moins 1.542 Palestiniens ont été tués depuis le 18 mars, portant à 50.912 le nombre de morts dans le territoire depuis le début de l’offensive israélienne lancée en représailles à l’attaque du 7-Octobre.Cette attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes alors enlevées, 58 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 mortes selon l’armée israélienne.Vendredi, des médias israéliens ont rapporté que l’Egypte et Israël avaient échangé des projets de documents portant sur un accord de cessez-le-feu et de libération d’otages.Selon le Times of Israël, la proposition égyptienne prévoirait la remise à Israël de 16 otages, huit vivants et huit morts, en échange d’une trêve de 40 à 70 jours et de la libération d’un grand nombre de prisonniers palestiniens.Un haut responsable du Hamas a affirmé sous couvert de l’anonymat que son mouvement n’avait “reçu aucune nouvelle offre de cessez-le-feu”, mais qu’il était “ouvert à toute nouvelle proposition” menant à un cessez-le-feu et au retrait israélien de Gaza. – Un cimetière pour refuge – Dans un message pour Pessah, la Pâque juive, Benjamin Netanyahu a réaffirmé son engagement à ramener les otages.Vendredi, le chef de la diplomatie saoudienne Fayçal ben Farhane a appelé, après une réunion avec ses homologues régionaux en Turquie, à exercer une “pression maximale pour garantir” l’acheminement à Gaza de l’aide humanitaire, dont Israël bloque l’entrée depuis début mars. Dans le territoire palestinien qualifié de “champ de mort” par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, les quelque 2,4 millions d’habitants ont été plusieurs fois déplacés par la guerre et vivent dans des conditions très dures.L’armée israélienne a lancé vendredi de nouveaux appels aux habitants à évacuer des quartiers de Gaza-ville (nord) et de Khan Younès. Les zones concernées représentent au total 24 km2, selon le Bureau des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).”Nous sommes contraints de fuir d’un endroit à un autre”, confie Ibtisam Abu Ghanima, qui s’est réfugiée dans un cimetière de Gaza-ville. “Les morts sont mieux lotis que les vivants. En plus de l’odeur nauséabonde, on côtoie les rats et les reptiles, et on meurt de faim”.

Gaza: dix morts, dont sept enfants, dans un raid israélien selon les secours

La Défense civile palestinienne a annoncé la mort de 10 membres d’une même famille dans un raid aérien israélien vendredi dans la bande de Gaza, l’ONU dénonçant l’impact sur les civils, en particulier enfants et femmes, de telles frappes. Sept enfants figurent parmi les dix Palestiniens, âgés de trois à 58 ans, tués dans le raid nocturne à Khan Younès dans le sud du territoire palestinien assiégé par Israël, a déclaré à l’AFP Mahmoud Bassal, le porte-parole de la Défense civile.L’armée israélienne a dit examiner ces informations. Dans un communiqué, elle a annoncé avoir frappé en 24 heures une quarantaine de “cibles terroristes” dans la bande de Gaza dévastée par la guerre déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.Dans la cour de l’hôpital Nasser de Khan Younès, des habitants pleurent devant des corps de proches tués dans la frappe israélienne, alignés dans des sacs mortuaires blancs, selon des images de l’AFP. Une femme en larmes caresse le visage d’un homme défunt. La maison de la famille al-Farra a été complètement éventrée, des gravats et objets personnels – une chaussure de sport, un ballon de football – jonchent le sol alentour. “Au cours de la nuit, les troupes israéliennes ont intensifié leurs opérations terrestres dans le couloir de Morag”, a indiqué l’armée, en référence à une zone tampon instaurée entre Khan Younès et Rafah, plus au sud.A Genève, une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani, a estimé que les actions d’Israël menaçaient la “possibilité pour les Palestiniens de continuer à vivre” dans ce territoire.- “Uniquement des femmes et des enfants” -Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, “entre le 18 mars et le 9 avril 2025, il y a eu environ 224 frappes israéliennes sur des immeubles résidentiels et des tentes pour déplacés” et pour “36 frappes répertoriées et corroborées” par le Haut-Commissariat, les victimes “étaient uniquement des femmes et des enfants jusqu’à présent”.L’armée israélienne répète que les combattants palestiniens se réfugient parmi les civils, utilisés selon elle comme boucliers, ce que le Hamas dément.Après une trêve de deux mois, Israël a repris son offensive le 18 mars à Gaza. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu soutient qu’une pression militaire accrue est le seul moyen de forcer le Hamas à rendre les otages, morts ou vivants, encore captifs dans Gaza.Au moins 1.542 Palestiniens ont été tués depuis le 18 mars, portant à 50.912 le nombre de morts dans le territoire depuis le début de l’offensive israélienne lancée en représailles à l’attaque du 7-Octobre.Cette attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes alors enlevées, 58 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 mortes selon l’armée israélienne.Vendredi, des médias israéliens ont rapporté que l’Egypte et Israël avaient échangé des projets de documents portant sur un accord de cessez-le-feu et de libération d’otages.Selon le Times of Israël, la proposition égyptienne prévoirait la remise à Israël de 16 otages, huit vivants et huit morts, en échange d’une trêve de 40 à 70 jours et de la libération d’un grand nombre de prisonniers palestiniens.Un haut responsable du Hamas a affirmé sous couvert de l’anonymat que son mouvement n’avait “reçu aucune nouvelle offre de cessez-le-feu”, mais qu’il était “ouvert à toute nouvelle proposition” menant à un cessez-le-feu et au retrait israélien de Gaza. – Un cimetière pour refuge – Dans un message pour Pessah, la Pâque juive, Benjamin Netanyahu a réaffirmé son engagement à ramener les otages.Vendredi, le chef de la diplomatie saoudienne Fayçal ben Farhane a appelé, après une réunion avec ses homologues régionaux en Turquie, à exercer une “pression maximale pour garantir” l’acheminement à Gaza de l’aide humanitaire, dont Israël bloque l’entrée depuis début mars. Dans le territoire palestinien qualifié de “champ de mort” par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, les quelque 2,4 millions d’habitants ont été plusieurs fois déplacés par la guerre et vivent dans des conditions très dures.L’armée israélienne a lancé vendredi de nouveaux appels aux habitants à évacuer des quartiers de Gaza-ville (nord) et de Khan Younès. Les zones concernées représentent au total 24 km2, selon le Bureau des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).”Nous sommes contraints de fuir d’un endroit à un autre”, confie Ibtisam Abu Ghanima, qui s’est réfugiée dans un cimetière de Gaza-ville. “Les morts sont mieux lotis que les vivants. En plus de l’odeur nauséabonde, on côtoie les rats et les reptiles, et on meurt de faim”.

L’Iran dit chercher un accord “sérieux” avec les Etats-Unis avant les négociations

L’Iran a affirmé vendredi rechercher un accord “sérieux et équitable” avec les Etats-Unis sur le programme nucléaire iranien, à la veille de pourparlers entre les deux pays ennemis à Oman.Ces discussions se tiennent malgré les menaces du président américain, Donald Trump, de recourir à l’option militaire en cas d’échec et de nouvelles sanctions américaines visant le programme nucléaire et le secteur pétrolier iraniens.Les Occidentaux, Etats-Unis en tête, soupçonnent depuis des décennies l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Téhéran rejette ces allégations et affirme que ses activités nucléaires n’ont que des visées civiles.Un accord conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances pour  encadrer le programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions internationales imposées à Téhéran est devenu caduc après le retrait des Etats-Unis en 2018, pendant le premier mandat de Donald Trump.”Loin de se donner en spectacle et de se contenter de parler devant les caméras, Téhéran cherche un accord sérieux et équitable”, a dit vendredi Ali Shamkhani, un conseiller du guide suprême Ali Khamenei, ultime décideur dans les dossiers sensibles du pays. Les pourparlers d’Oman, les premiers du genre depuis 2018, ont lieu après des semaines de guerre des mots entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran qui cherche à obtenir une levée des sanctions américaines asphyxiantes.Comme leur durée, leur format reste incertain: L’Iran s’est dit ouvert à des négociations indirectes, refusant tout dialogue direct sous la pression, Donald Trump a lui annoncé des négociations “directes” avec Téhéran.”Je veux le dire très clairement: il s’agira de discussions directes (…) le président croit en la diplomatie, dans les négociations directes (…) dans une même pièce”, a insisté vendredi la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt. – Menaces américaines -L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, doivent piloter les discussions à Oman, qui a déjà joué un rôle de médiateur dans ce dossier.M. Witkoff était en visite vendredi en Russie, un allié de l’Iran, après des consultations entre experts chinois, russes et iraniens mardi à Moscou.Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, les délégations doivent arriver samedi à Oman et entamer des négociations indirectes dans l’après-midi, par l’intermédiaire du chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi. “Nous donnons une véritable chance à la diplomatie, en toute bonne foi (…). L’Amérique devrait apprécier cette décision, qui a été prise en dépit de sa rhétorique hostile”, a déclaré le ministère iranien des Affaires étrangères.Donald Trump a averti mercredi qu’une intervention militaire contre l’Iran était “tout à fait” possible si les négociations n’aboutissaient pas. “S’il faut recourir à la force, nous recourrons à la force. “Israël y sera bien évidemment très impliqué, il en sera le chef de file.”Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, partisan d’une ligne très dure contre l’Iran, a jugé “inévitable” l’option militaire contre la République islamique si les discussions traînent.L’Iran a prévenu que les menaces pourraient entraîner l’expulsion des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Cela constituerait “une escalade et un mauvais calcul”, a réagi Washington.”Si la partie américaine ne soulève pas d’exigences hors de propos et met de côté les menaces et l’intimidation, il y a de bonnes chances de parvenir à un accord”, a déclaré vendredi le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi.- Revers -L’Iran a subi ces derniers mois les effets des revers militaires infligés par Israël à ses alliés régionaux, le Hamas dans la bande de Gaza et le Hezbollah au Liban. Ces conflits ont été marqués par des attaques militaires réciproques entre Israël et l’Iran, pour la première fois après des années de guerre par procuration.Les nouvelles sanctions montrent que Washington est “un ennemi de l’Iran”, a écrit le journal conservateur Kayhan en qualifiant de “stratégie vouée à l’échec” la tentative d’obtenir leur levée.Plusieurs médias réformateurs espèrent au contraire de potentielles retombées positives pour l’économie iranienne.Berlin comme l’Union européenne ont souligné l’importance de parvenir à une “solution diplomatique”.Alors que les Occidentaux veulent inclure le programme de missiles balistiques de l’Iran ainsi que son influence régionale dans toute négociation, Téhéran insiste pour ne discuter que du nucléaire.Après le retrait américain de l’accord de 2015, l’Iran a pris ses distances avec le texte et accéléré son programme nucléaire. Il a accru son niveau d’enrichissement de l’uranium jusqu’à 60%, très au-dessus de la limite de 3,67% imposée par l’accord, se rapprochant du seuil de 90% nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique. 

L’Iran dit chercher un accord “sérieux” avec les Etats-Unis avant les négociations

L’Iran a affirmé vendredi rechercher un accord “sérieux et équitable” avec les Etats-Unis sur le programme nucléaire iranien, à la veille de pourparlers entre les deux pays ennemis à Oman.Ces discussions se tiennent malgré les menaces du président américain, Donald Trump, de recourir à l’option militaire en cas d’échec et de nouvelles sanctions américaines visant le programme nucléaire et le secteur pétrolier iraniens.Les Occidentaux, Etats-Unis en tête, soupçonnent depuis des décennies l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Téhéran rejette ces allégations et affirme que ses activités nucléaires n’ont que des visées civiles.Un accord conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances pour  encadrer le programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions internationales imposées à Téhéran est devenu caduc après le retrait des Etats-Unis en 2018, pendant le premier mandat de Donald Trump.”Loin de se donner en spectacle et de se contenter de parler devant les caméras, Téhéran cherche un accord sérieux et équitable”, a dit vendredi Ali Shamkhani, un conseiller du guide suprême Ali Khamenei, ultime décideur dans les dossiers sensibles du pays. Les pourparlers d’Oman, les premiers du genre depuis 2018, ont lieu après des semaines de guerre des mots entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran qui cherche à obtenir une levée des sanctions américaines asphyxiantes.Comme leur durée, leur format reste incertain: L’Iran s’est dit ouvert à des négociations indirectes, refusant tout dialogue direct sous la pression, Donald Trump a lui annoncé des négociations “directes” avec Téhéran.”Je veux le dire très clairement: il s’agira de discussions directes (…) le président croit en la diplomatie, dans les négociations directes (…) dans une même pièce”, a insisté vendredi la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt. – Menaces américaines -L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, doivent piloter les discussions à Oman, qui a déjà joué un rôle de médiateur dans ce dossier.M. Witkoff était en visite vendredi en Russie, un allié de l’Iran, après des consultations entre experts chinois, russes et iraniens mardi à Moscou.Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, les délégations doivent arriver samedi à Oman et entamer des négociations indirectes dans l’après-midi, par l’intermédiaire du chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi. “Nous donnons une véritable chance à la diplomatie, en toute bonne foi (…). L’Amérique devrait apprécier cette décision, qui a été prise en dépit de sa rhétorique hostile”, a déclaré le ministère iranien des Affaires étrangères.Donald Trump a averti mercredi qu’une intervention militaire contre l’Iran était “tout à fait” possible si les négociations n’aboutissaient pas. “S’il faut recourir à la force, nous recourrons à la force. “Israël y sera bien évidemment très impliqué, il en sera le chef de file.”Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, partisan d’une ligne très dure contre l’Iran, a jugé “inévitable” l’option militaire contre la République islamique si les discussions traînent.L’Iran a prévenu que les menaces pourraient entraîner l’expulsion des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Cela constituerait “une escalade et un mauvais calcul”, a réagi Washington.”Si la partie américaine ne soulève pas d’exigences hors de propos et met de côté les menaces et l’intimidation, il y a de bonnes chances de parvenir à un accord”, a déclaré vendredi le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi.- Revers -L’Iran a subi ces derniers mois les effets des revers militaires infligés par Israël à ses alliés régionaux, le Hamas dans la bande de Gaza et le Hezbollah au Liban. Ces conflits ont été marqués par des attaques militaires réciproques entre Israël et l’Iran, pour la première fois après des années de guerre par procuration.Les nouvelles sanctions montrent que Washington est “un ennemi de l’Iran”, a écrit le journal conservateur Kayhan en qualifiant de “stratégie vouée à l’échec” la tentative d’obtenir leur levée.Plusieurs médias réformateurs espèrent au contraire de potentielles retombées positives pour l’économie iranienne.Berlin comme l’Union européenne ont souligné l’importance de parvenir à une “solution diplomatique”.Alors que les Occidentaux veulent inclure le programme de missiles balistiques de l’Iran ainsi que son influence régionale dans toute négociation, Téhéran insiste pour ne discuter que du nucléaire.Après le retrait américain de l’accord de 2015, l’Iran a pris ses distances avec le texte et accéléré son programme nucléaire. Il a accru son niveau d’enrichissement de l’uranium jusqu’à 60%, très au-dessus de la limite de 3,67% imposée par l’accord, se rapprochant du seuil de 90% nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique. 

Trump passe sa visite médicale

Donald Trump, qui à 78 ans est le président le plus âgé jamais élu aux Etats-Unis, et qui a été accusé pendant son premier mandat de ne pas être transparent sur sa santé, passe vendredi une visite médicale annuelle.Le milliardaire républicain doit passer près de cinq heures à l’hôpital militaire Walter Reed, en proche banlieue de Washington.Il ne doit pas subir d’anesthésie générale mais effectue “un bon nombre de tests”, a précisé la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, qui a ajouté que le médecin du président communiquerait sur les résultats.”Je ne me suis jamais senti aussi bien, néanmoins, ces choses doivent être faites!”, avait écrit lundi Donald Trump sur son réseau Truth Social, en annonçant sa visite médicale.La question de la santé du président américain est devenue particulièrement sensible à la fin de la présidence de Joe Biden, qui, achevant son mandat à 82 ans, apparaissait avec une démarche chaque jour plus raide et une élocution de plus en plus embrouillée, là où son adversaire donne l’apparence d’une plus grande vigueur physique.Donald Trump ne boit pas d’alcool et ne fume pas, mais ne cache pas son goût pour les sodas et la nourriture des chaînes de fast-food.Lors de la course à la présidentielle de 2024, il avait assuré avoir passé un test cognitif et l’avoir réussi “avec brio”, sans donner aucun détail. En novembre 2023, le républicain avait simplement publié une courte lettre de son médecin affirmant qu’il était en “excellente” santé et qu’il avait perdu du poids – sans préciser combien. Depuis, le milliardaire n’a pas fourni de bulletin de santé.Joe Biden faisait publier de longs comptes-rendus très détaillés, mentionnant jusqu’à son taux de cholestérol ou le nom du médicament qu’il prenait pour ses allergies.- Coloscopie de Biden -Il avait aussi passé une coloscopie sous anesthésie générale le 19 novembre 2021, pendant laquelle la vice-présidente Kamala Harris avait brièvement assuré les fonctions présidentielles.Donald Trump a été souvent accusé par ses opposants de ne pas être transparent sur sa santé, en particulier lorsque pendant les derniers mois de son premier mandat il avait été hospitalisé plusieurs jours pour une infection au Covid-19. Un ancien médecin du républicain, Harold Bornstein, avait assuré que le président américain lui avait un jour “dicté” une lettre le présentant en excellente santé, avant qu’il ne soit élu pour la première fois.”S’il était élu, je peux affirmer sans équivoque que M. Trump sera l’individu en meilleure santé jamais élu à la présidence”, disait ce bulletin publié en décembre 2015, sans fournir aucune preuve appuyant cette assertion.En mai 2018, le Dr Bornstein, un gastroentérologue qui avait son cabinet sur Park Avenue, non loin de Central Park, avait ensuite affirmé que Donald Trump lui avait “entièrement dicté cette lettre”.