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L’Argentine de Milei annonce un prêt de 20 milliards du FMI, libère le contrôle des changes
L’Argentine a conclu un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de 20 milliards de dollars qui permettra l’assouplissement du contrôle des changes en vigueur depuis 2019 dans le pays, a annoncé vendredi le ministre de l’Economie Luis Caputo.L’accord, que le FMI devait de son côté encore officiellement confirmer, constitue un ballon d’oxygène qu’attendait fébrilement la troisième économie d’Amérique latine, à la position financière précaire — de maigres réserves de la Banque centrale — malgré les succès contre l’inflation du président ultralibéral Javier Milei après 16 mois au pouvoir.”Nous sommes parvenus à un nouvel accord avec le Fonds monétaire international”, qui permettra “de recapitaliser la Banque centrale pour avoir une monnaie plus saine, et de continuer le processus de désinflation”, a annoncé le ministre à la presse, ajoutant que le conseil d’administration du FMI se réunissait vendredi soir pour valider l’accord. Selon les termes de l’accord, le peso argentin, actuellement à 1.097 pour un dollar au taux officiel (mais 1.375 au taux informel parallèle) sera autorisé à flotter entre 1.000 et 1.400 pesos pour un dollar, une bande “dont les limites seront élargies au rythme de 1% par mois”, a annoncé simultanément la Banque centrale (BCRA) dans un communiqué.- De nouveau l’accès au dollar -Par ailleurs, et crucialement pour la vie quotidienne des Argentins, qui par méfiance historique pour leur propre devise pensent, calculent et thésaurisent en dollar, la limite d’accès à 200 dollars par mois par personne sera levée, a indiqué la BCRA. Des 20 milliards de la “facilité élargie de crédit” du FMI, “15 milliards constitueront des versements de libre disponibilité dès 2025”, a précisé la Banque centrale. Dont 12 milliards dès mardi, a souligné M. Caputo.L’accord avec le FMI va permettre, “à partir de lundi, d’en finir avec le contrôle des changes, qui a fait tant de mal, et depuis sa mise en place en 2019 affecte le fonctionnement normal de l’économie”, a ajouté le ministre, dont les équipes étaient depuis novembre en négociation avec le FMI sur l’accord.Cette injection d’argent frais est considérée comme cruciale par le gouvernement pour reconstituer les réserves de la Banque centrale et “exterminer l’inflation” durablement, selon les mots de Javier Milei.En mars, l’inflation argentine s’est établie à 3,7%, un regain sensible par rapport aux six mois précédents. Mais qui ne dément pas une tendance lourde à la désinflation depuis plus d’un an.En interannuel, elle est actuellement de 55,9% sur 12 mois, contre 211% fin 2023, au début de la présidence Milei et des premières mesures choc d’austérité, dont une forte dévaluation de plus de 52% du peso.- “Besoin comme de l’air” -“Milei a besoin de cet accord comme de l’air”, a analysé pour l’AFP Belen Amadeo, politologue à l’université de Buenos Aires. “Il en a besoin pour valider sa proposition économique, se donner plus de marge de manœuvre, car si l’instabilité s’installe et l’inflation augmente, l’insécurité gagne la population qui se réfugie instantanément vers le dollar”. Au risque d’un retour à la case départ, et d’un décrochage du peso.Outre le prêt du FMI, M. Caputo a annoncé que l’Argentine pourra compter prochainement, avec l’appui d’autres organismes comme la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement, sur “des décaissements de 19 milliards de dollars qui viendront soutenir les réserves de la Banque centrale d’ici 60 jours”.Avec ces fonds, le gouvernement espère une stabilisation financière et in fine, relancer la croissance, à ce jour la pièce manquante dans la stratégie Milei, après une année 2024 en récession (-1,8%), contrecoup de l’austérité budgétaire à fort coût social de sa première année de présidence. Début 2024, la pauvreté avait bondi à 52,9%, avant de reculer à 38% au second semestre, soit à peu près le niveau d’avant la présidence Milei (41,7%) Le nouveau prêt est rien moins que le 23e accord de financement du FMI, sous diverses formes, avec l’Argentine depuis l’adhésion de celle-ci en 1956. Symbole de l’endettement chronique et du risque récurrent d’insolvabilité du pays, devenu au fil des ans le principal débiteur du Fonds, devant l’Ukraine.En 2018, l’Argentine avait obtenu un prêt massif de 44 milliards de dollars du Fonds, montant dont le pays doit encore rembourser la majeure partie, et pour lequel le gouvernement péroniste (centre-gauche) précédant Javier Milei avait — déjà — négocié un refinancement en 2022.Mais le FMI a salué a plusieurs reprises les réformes de M. Milei, reconnaissant mardi dernier encore les “progrès impressionnants réalisés par les autorités en matière de stabilisation de l’économie, étayés par un solide ancrage budgétaire”.
Une juge américaine autorise l’expulsion d’un meneur du mouvement étudiant propalestinien
Une juge administrative a validé vendredi le principe de l’expulsion par les autorités américaines d’un meneur du mouvement étudiant propalestinien, Mahmoud Khalil, qui dispose encore de recours pour rester aux Etats-Unis.Les avocats de cette figure des manifestations au sein de la prestigieuse université new-yorkaise Columbia, fils de Palestiniens et né en Syrie, avaient indiqué, avant même cette décision, leur intention de faire appel en cas de jugement défavorable.Sommé par la magistrate administrative Jamee Comans de produire des éléments à charge pour justifier son expulsion, le gouvernement américain avait communiqué jeudi une lettre signée du secrétaire d’Etat Marco Rubio.Le chef de la diplomatie américaine y explique avoir “établi que les activités et la présence” de Mahmoud Khalil sur le territoire américain pourraient “avoir des conséquences potentiellement négatives pour la politique étrangère” des Etats-Unis.Marco Rubio dit s’appuyer sur des informations des services d’immigration et du ministère de la Sécurité intérieure selon lesquelles cet ancien étudiant récemment diplômé a joué un rôle “dans des manifestations antisémites et des activités perturbatrices”.Outre l’appel, Mahmoud Khalil a engagé parallèlement une autre procédure devant un tribunal fédéral du New Jersey pour contester la légalité de sa détention.Une audition s’est tenue devant cette juridiction quelques minutes après l’annonce de la décision dans la procédure d’immigration, pour que les avocats de Mahmoud Khalil rendent compte au juge fédéral Michael Farbiarz des derniers développements dans l’autre procédure.Titulaire d’une carte de résident permanent (carte verte), cet ancien étudiant de Columbia a été interpellé le 8 mars et placé en détention à Jena, en Louisiane, dans un centre de rétention des services américains d’immigration (ICE).”Le combat pour ramener Mahmoud chez lui est loin d’être terminé”, a commenté dans un communiqué Noor Zafar, une des avocates de l’activiste.- “Bon débarras” -Après que la juge Comans a prononcé son jugement, Mahmoud Khalil a regretté qu'”aucun des principes” de respect du droit et des procédures n’aient été appliqués par la magistrate.”C’est exactement pour ça que l’administration Trump m’a envoyé devant ce tribunal, à plus de 1.500 km de chez moi”, a ajouté celui qui possède la nationalité algérienne.”Mahmoud Khalil déteste les Etats-Unis et nos valeurs”, a réagi sur X la ministre américaine de la Sécurité intérieure, Kristi Noem. “Quand vous prônez la violence, glorifiez des terroristes (…) et que vous harcelez des juifs, (…) vous ne devriez pas être dans ce pays. Bon débarras.”Hormis la lettre de Marco Rubio, le gouvernement américain n’a produit, à l’appui de ses accusations, aucun élément tangible.Pour Marc van der Hout, autre avocat du militant propalestinien, le gouvernement américain se livre, dans cette procédure, “à une instrumentalisation du droit des étrangers pour empêcher la dissidence”.Depuis son arrestation pour son rôle de porte-parole de la contestation contre la guerre à Gaza sur le campus new-yorkais, Mahmoud Khalil est devenu le symbole de la volonté du président américain de museler ce mouvement étudiant, qui relève selon lui de l’antisémitisme.L’administration Trump a lancé une vaste offensive contre des universités américaines en les accusant de laisser prospérer l’antisémitisme et de ne pas protéger les étudiants juifs.Le gouvernement a supprimé ou menacé de supprimer des milliards de dollars de fonds fédéraux à Columbia, Harvard, Princeton et plusieurs autres établissements.L’offensive s’est poursuivie cette semaine, de nombreuses universités ayant confirmé que les visas de certains de leurs étudiants avaient été révoqués. Selon le décompte des médias américains, plusieurs centaines d’étudiants sont concernés.pho-gw-tu-arb/ph
Brésil: l’état de santé de Bolsonaro s’améliore mais il reste à l’hôpital
L’ex-président brésilien Jair Bolsonaro a connu une amélioration de son état de santé, mais il reste pour le moment à l’hôpital où il a été admis vendredi pour de “fortes douleurs” à l’abdomen héritées d’une attaque au couteau en 2018.L’ancien chef d’Etat d’extrême droite (2019-2022), 70 ans, a été transféré dans la matinée par hélicoptère à Natal, capitale de l’Etat du Rio Grande do Norte (nord-est).Il avait débuté dans la matinée une tournée pour mobiliser ses partisans dans cette région pauvre, deux semaines après avoir été renvoyé en procès pour tentative présumée de coup d’Etat.Déjà inéligible jusqu’en 2030, il risque une peine cumulée de plus de quarante ans de prison mais espère encore concourir au scrutin de 2026.”Il n’y a pas de prévision de sortie, il reste en observation et va passer la nuit à l’hôpital”, a déclaré en conférence de presse Luiz Roberto Fonseca, directeur médical de l’hôpital Rio Grande, à Natal.”Une opération n’est pas envisagée pour le moment”, a précisé pour sa part le chirurgien Helio Barreto.”Son état requiert de l’attention, mais il ne présente pas de signes de gravité majeure”, a-t-il ajouté, faisant état d’une “amélioration”, avec une “diminution de la douleur”.Un transfert vers Brasilia ou Sao Paulo, initialement envisagé par la famille de M. Bolsonaro, n’est plus à l’ordre du jour.”Dieu merci, mon état est stable et je suis en voie de rétablissement, sans fièvre, l’évolution clinique est bonne”, avait annoncé auparavant l’ancien président sur le réseau social X.Une publication assortie d’une photo de lui sur son lit d’hôpital, pouce levé, torse nu et affublé d’une sonde nasale et d’électrodes.M. Bolsonaro souffre d’une “sub-occlusion intestinale (obstruction partielle de l’intestin)”, conséquence des opérations qu’il a subies après l’attentat de 2018, a expliqué le Dr Barreto.En septembre de cette année-là, l’ancien capitaine de l’armée avait été poignardé par un déséquilibré en plein bain de foule, à quelques semaines de l’élection présidentielle qu’il avait finalement remportée.- “Douleurs insupportables” -Vêtu d’un maillot jaune et vert de l’équipe nationale brésilienne de football, Jair Bolsonaro est arrivé à l’hôpital sur un brancard, une perfusion à un bras, selon des images d’un photographe de l’AFP.Il venait d’être transféré en hélicoptère depuis un autre établissement médical situé à une centaine de kilomètres de là, dans la ville de Santa Cruz.Le sénateur Rogerio Marinho, ancien ministre du gouvernement Bolsonaro et actuellement sénateur du Rio Grande do Norte, avait publié plus tôt dans la matinée sur les réseaux sociaux une vidéo montrant l’ex-chef d’Etat s’entretenir avec un groupe de sympathisants.Il était censé traverser tout au long de la journée plusieurs villes de la région dans le cadre d’une tournée organisée par son Parti libéral.”Quand nous sommes arrivés dans la ville de Tangara, il a commencé à ressentir des douleurs insupportables et nous avons mis fin au programme prévu”, a raconté le sénateur.M. Bolsonaro a été opéré du tube digestif en septembre 2023 à Sao Paulo, une intervention liée aux séquelles de l’attentat de 2018. Il avait également subi plusieurs autres opérations à l’abdomen au long de sa présidence.- “Persécution” -Fin mars, la Cour suprême a décidé d’ouvrir un procès contre lui pour une tentative présumée de coup d’Etat qu’il aurait ourdie pour conjurer sa défaite électorale de 2022 face à son rival de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.Le parquet accuse M. Bolsonaro d’être le “leader d’une organisation criminelle” ayant conspiré de longue date pour “garantir son maintien au pouvoir”.L’ex-président clame son innocence, se disant victime de “persécution” politique.Déclaré inéligible jusqu’en 2030 pour ses attaques sans preuves sur la fiabilité du système d’urnes électroniques brésilien, il espère encore faire annuler ou réduire cette condamnation pour se présenter à la présidentielle de 2026.Lula, dont la popularité est en berne, plombée par l’inflation, laisse planer pour sa part le mystère sur une éventuelle candidature à la réélection.Le président de gauche, âgé de 79 ans, a lui aussi connu des problèmes de santé récemment: il a dû être opéré en urgence en décembre pour résorber un hématome, causé par une hémorragie près du cerveau liée à une chute.
Brésil: l’état de santé de Bolsonaro s’améliore mais il reste à l’hôpital
L’ex-président brésilien Jair Bolsonaro a connu une amélioration de son état de santé, mais il reste pour le moment à l’hôpital où il a été admis vendredi pour de “fortes douleurs” à l’abdomen héritées d’une attaque au couteau en 2018.L’ancien chef d’Etat d’extrême droite (2019-2022), 70 ans, a été transféré dans la matinée par hélicoptère à Natal, capitale de l’Etat du Rio Grande do Norte (nord-est).Il avait débuté dans la matinée une tournée pour mobiliser ses partisans dans cette région pauvre, deux semaines après avoir été renvoyé en procès pour tentative présumée de coup d’Etat.Déjà inéligible jusqu’en 2030, il risque une peine cumulée de plus de quarante ans de prison mais espère encore concourir au scrutin de 2026.”Il n’y a pas de prévision de sortie, il reste en observation et va passer la nuit à l’hôpital”, a déclaré en conférence de presse Luiz Roberto Fonseca, directeur médical de l’hôpital Rio Grande, à Natal.”Une opération n’est pas envisagée pour le moment”, a précisé pour sa part le chirurgien Helio Barreto.”Son état requiert de l’attention, mais il ne présente pas de signes de gravité majeure”, a-t-il ajouté, faisant état d’une “amélioration”, avec une “diminution de la douleur”.Un transfert vers Brasilia ou Sao Paulo, initialement envisagé par la famille de M. Bolsonaro, n’est plus à l’ordre du jour.”Dieu merci, mon état est stable et je suis en voie de rétablissement, sans fièvre, l’évolution clinique est bonne”, avait annoncé auparavant l’ancien président sur le réseau social X.Une publication assortie d’une photo de lui sur son lit d’hôpital, pouce levé, torse nu et affublé d’une sonde nasale et d’électrodes.M. Bolsonaro souffre d’une “sub-occlusion intestinale (obstruction partielle de l’intestin)”, conséquence des opérations qu’il a subies après l’attentat de 2018, a expliqué le Dr Barreto.En septembre de cette année-là, l’ancien capitaine de l’armée avait été poignardé par un déséquilibré en plein bain de foule, à quelques semaines de l’élection présidentielle qu’il avait finalement remportée.- “Douleurs insupportables” -Vêtu d’un maillot jaune et vert de l’équipe nationale brésilienne de football, Jair Bolsonaro est arrivé à l’hôpital sur un brancard, une perfusion à un bras, selon des images d’un photographe de l’AFP.Il venait d’être transféré en hélicoptère depuis un autre établissement médical situé à une centaine de kilomètres de là, dans la ville de Santa Cruz.Le sénateur Rogerio Marinho, ancien ministre du gouvernement Bolsonaro et actuellement sénateur du Rio Grande do Norte, avait publié plus tôt dans la matinée sur les réseaux sociaux une vidéo montrant l’ex-chef d’Etat s’entretenir avec un groupe de sympathisants.Il était censé traverser tout au long de la journée plusieurs villes de la région dans le cadre d’une tournée organisée par son Parti libéral.”Quand nous sommes arrivés dans la ville de Tangara, il a commencé à ressentir des douleurs insupportables et nous avons mis fin au programme prévu”, a raconté le sénateur.M. Bolsonaro a été opéré du tube digestif en septembre 2023 à Sao Paulo, une intervention liée aux séquelles de l’attentat de 2018. Il avait également subi plusieurs autres opérations à l’abdomen au long de sa présidence.- “Persécution” -Fin mars, la Cour suprême a décidé d’ouvrir un procès contre lui pour une tentative présumée de coup d’Etat qu’il aurait ourdie pour conjurer sa défaite électorale de 2022 face à son rival de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.Le parquet accuse M. Bolsonaro d’être le “leader d’une organisation criminelle” ayant conspiré de longue date pour “garantir son maintien au pouvoir”.L’ex-président clame son innocence, se disant victime de “persécution” politique.Déclaré inéligible jusqu’en 2030 pour ses attaques sans preuves sur la fiabilité du système d’urnes électroniques brésilien, il espère encore faire annuler ou réduire cette condamnation pour se présenter à la présidentielle de 2026.Lula, dont la popularité est en berne, plombée par l’inflation, laisse planer pour sa part le mystère sur une éventuelle candidature à la réélection.Le président de gauche, âgé de 79 ans, a lui aussi connu des problèmes de santé récemment: il a dû être opéré en urgence en décembre pour résorber un hématome, causé par une hémorragie près du cerveau liée à une chute.
Nucléaire: l’Iran dit chercher un accord “sérieux” avec les Etats-Unis
L’Iran a affirmé vendredi rechercher un accord “sérieux et équitable” avec les Etats-Unis sur son programme nucléaire, à la veille de pourparlers entre les deux pays ennemis à Oman.Ces discussions se tiennent malgré les menaces du président américain, Donald Trump, de recourir à l’option militaire en cas d’échec et à de nouvelles sanctions américaines ciblant le programme nucléaire et le secteur pétrolier iraniens.Les Occidentaux, Etats-Unis en tête, soupçonnent depuis des décennies l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Téhéran rejette ces allégations et affirme que ses activités nucléaires n’ont que des visées civiles.Un accord conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances pour encadrer son programme nucléaire en échange d’une levée des sanctions internationales imposées à Téhéran est devenu caduc après le retrait des Etats-Unis en 2018, pendant le premier mandat de Donald Trump.”Loin de se donner en spectacle et de se contenter de parler devant les caméras, Téhéran cherche un accord sérieux et équitable”, a dit vendredi Ali Shamkhani, un conseiller du guide suprême Ali Khamenei, ultime décideur dans les dossiers sensibles du pays. Les pourparlers d’Oman, les premiers du genre depuis 2018, ont lieu après des semaines de guerre des mots entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran qui cherche à obtenir une levée des sanctions américaines asphyxiantes.Comme leur durée, leur format reste incertain: l’Iran s’est dit ouvert à des négociations indirectes, refusant tout dialogue direct sous la pression, Donald Trump a lui annoncé des négociations “directes” avec Téhéran.”Je veux le dire très clairement: il s’agira de discussions directes (…) le président croit en la diplomatie, dans les négociations directes (…) dans une même pièce”, a insisté vendredi la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt. – Ligne rouge -L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, doivent piloter les discussions à Oman, qui a déjà joué un rôle de médiateur dans ce dossier.M. Witkoff était en visite vendredi en Russie, un allié de l’Iran, après des consultations entre experts chinois, russes et iraniens mardi à Moscou.”Je pense que notre position commence par le démantèlement de votre programme. C’est notre position aujourd’hui”, a déclaré M. Witkoff au Wall Street Journal, en parlant du message qu’il entend livrer aux Iraniens.”Cela ne veut pas dire, d’ailleurs, qu’à la marge nous n’allons pas trouver d’autres moyens pour tenter de parvenir à un compromis entre les deux pays”, a-t-il ajouté, en soulignant que la “ligne rouge” pour Washington était “la militarisation de votre capacité nucléaire”.Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, les délégations doivent arriver samedi à Oman et entamer des négociations indirectes dans l’après-midi, par l’intermédiaire du chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi. Donald Trump a averti mercredi qu’une intervention militaire contre l’Iran était “tout à fait” possible si les négociations n’aboutissaient pas. “S’il faut recourir à la force, nous recourrons à la force (…) Israël y sera bien évidemment très impliqué, il en sera le chef de file”.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, partisan d’une ligne très dure contre l’Iran, a jugé “inévitable” l’option militaire contre la République islamique si les discussions traînent.L’Iran a prévenu que les menaces pourraient entraîner l’expulsion des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Cela constituerait “une escalade et un mauvais calcul”, a réagi Washington.”Si la partie américaine ne soulève pas d’exigences hors de propos et met de côté les menaces et l’intimidation, il y a de bonnes chances de parvenir à un accord”, a déclaré vendredi le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi.- Revers -L’Iran a subi ces derniers mois les effets des revers militaires infligés par Israël à ses alliés régionaux, le Hamas dans la bande de Gaza et le Hezbollah au Liban. Ces conflits ont été marqués par des attaques militaires réciproques entre Israël et l’Iran, pour la première fois après des années de guerre par procuration.Berlin comme l’Union européenne ont souligné l’importance de parvenir à une “solution diplomatique”.Après le retrait américain de l’accord de 2015, l’Iran a pris ses distances avec le texte et accéléré son programme nucléaire. Il a accru son niveau d’enrichissement de l’uranium jusqu’à 60%, très au-dessus de la limite de 3,67% imposée par l’accord, se rapprochant du seuil de 90% nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique.
Nucléaire: l’Iran dit chercher un accord “sérieux” avec les Etats-Unis
L’Iran a affirmé vendredi rechercher un accord “sérieux et équitable” avec les Etats-Unis sur son programme nucléaire, à la veille de pourparlers entre les deux pays ennemis à Oman.Ces discussions se tiennent malgré les menaces du président américain, Donald Trump, de recourir à l’option militaire en cas d’échec et à de nouvelles sanctions américaines ciblant le programme nucléaire et le secteur pétrolier iraniens.Les Occidentaux, Etats-Unis en tête, soupçonnent depuis des décennies l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Téhéran rejette ces allégations et affirme que ses activités nucléaires n’ont que des visées civiles.Un accord conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances pour encadrer son programme nucléaire en échange d’une levée des sanctions internationales imposées à Téhéran est devenu caduc après le retrait des Etats-Unis en 2018, pendant le premier mandat de Donald Trump.”Loin de se donner en spectacle et de se contenter de parler devant les caméras, Téhéran cherche un accord sérieux et équitable”, a dit vendredi Ali Shamkhani, un conseiller du guide suprême Ali Khamenei, ultime décideur dans les dossiers sensibles du pays. Les pourparlers d’Oman, les premiers du genre depuis 2018, ont lieu après des semaines de guerre des mots entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran qui cherche à obtenir une levée des sanctions américaines asphyxiantes.Comme leur durée, leur format reste incertain: l’Iran s’est dit ouvert à des négociations indirectes, refusant tout dialogue direct sous la pression, Donald Trump a lui annoncé des négociations “directes” avec Téhéran.”Je veux le dire très clairement: il s’agira de discussions directes (…) le président croit en la diplomatie, dans les négociations directes (…) dans une même pièce”, a insisté vendredi la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt. – Ligne rouge -L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, doivent piloter les discussions à Oman, qui a déjà joué un rôle de médiateur dans ce dossier.M. Witkoff était en visite vendredi en Russie, un allié de l’Iran, après des consultations entre experts chinois, russes et iraniens mardi à Moscou.”Je pense que notre position commence par le démantèlement de votre programme. C’est notre position aujourd’hui”, a déclaré M. Witkoff au Wall Street Journal, en parlant du message qu’il entend livrer aux Iraniens.”Cela ne veut pas dire, d’ailleurs, qu’à la marge nous n’allons pas trouver d’autres moyens pour tenter de parvenir à un compromis entre les deux pays”, a-t-il ajouté, en soulignant que la “ligne rouge” pour Washington était “la militarisation de votre capacité nucléaire”.Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, les délégations doivent arriver samedi à Oman et entamer des négociations indirectes dans l’après-midi, par l’intermédiaire du chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi. Donald Trump a averti mercredi qu’une intervention militaire contre l’Iran était “tout à fait” possible si les négociations n’aboutissaient pas. “S’il faut recourir à la force, nous recourrons à la force (…) Israël y sera bien évidemment très impliqué, il en sera le chef de file”.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, partisan d’une ligne très dure contre l’Iran, a jugé “inévitable” l’option militaire contre la République islamique si les discussions traînent.L’Iran a prévenu que les menaces pourraient entraîner l’expulsion des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Cela constituerait “une escalade et un mauvais calcul”, a réagi Washington.”Si la partie américaine ne soulève pas d’exigences hors de propos et met de côté les menaces et l’intimidation, il y a de bonnes chances de parvenir à un accord”, a déclaré vendredi le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi.- Revers -L’Iran a subi ces derniers mois les effets des revers militaires infligés par Israël à ses alliés régionaux, le Hamas dans la bande de Gaza et le Hezbollah au Liban. Ces conflits ont été marqués par des attaques militaires réciproques entre Israël et l’Iran, pour la première fois après des années de guerre par procuration.Berlin comme l’Union européenne ont souligné l’importance de parvenir à une “solution diplomatique”.Après le retrait américain de l’accord de 2015, l’Iran a pris ses distances avec le texte et accéléré son programme nucléaire. Il a accru son niveau d’enrichissement de l’uranium jusqu’à 60%, très au-dessus de la limite de 3,67% imposée par l’accord, se rapprochant du seuil de 90% nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique.
Moody’s s’abstient de noter la France
Quatre mois après l’avoir rétrogradée d’un cran, l’agence de notation Moody’s n’a finalement pas actualisé la note de la France vendredi.”Aucune action n’a été prise au sujet de la note de la France”, a confirmé à l’AFP l’agence de notation après la publication dans la soirée d’un document annonçant l’achèvement de la révision périodique de notation pour la France.Techniquement, Moody’s n’a donc pas mis à jour la note de la France, ce qui par extension équivaut de fait à un maintien au niveau actuel, à “Aa3″, (l’équivalent d’un 17/20).”Le gouvernement reste fragile et ne dispose pas d’une majorité claire au Parlement. De ce fait, l’incertitude concernant l’orientation politique à moyen terme du gouvernement, en particulier la manière dont il entend réduire le déficit budgétaire toujours élevé de la France en 2026 et au-delà, reste élevée”, écrit l’agence de notation dans un document publié vendredi.La note de la dette publique française avait été abaissée de “Aa2” à “Aa3” en décembre, au vu de la “fragmentation politique” du pays, peu propice selon Moody’s au rétablissement rapide des finances publiques. C’est l’équivalent du “AA-” de Fitch et S&P mais, contrairement à la perspective négative de ces dernières, la perspective stable attribuée par Moody’s suggère qu’une nouvelle révision n’est pas envisagée à plus ou moins brève échéance. Depuis le revers de décembre, la France s’est dotée d’un budget pour 2025 prévoyant une cinquantaine de milliards d’euros d’effort, renforcé cette semaine par cinq milliards supplémentaires puisés dans des crédits mis en réserve, tandis que la menace d’une censure du gouvernement s’est momentanément éloignée. – Effort “reporté” -Mais le risque économique s’est accru avec la tempête commerciale déclenchée par le gouvernement américain le 2 avril, puis temporairement suspendue mercredi pour 90 jours – sauf avec la Chine. Citant des “incertitudes”, le ministre de l’Economie Eric Lombard a abaissé à 0,7% la prévision gouvernementale de croissance pour 2025, contre 0,9% auparavant et après 1,1% en 2024, l’alignant sur celle de la Banque de France. Ce taux de croissance pourrait-il à nouveau être raboté? “Si on réussit à faire baisser les droits de douane” – une surtaxe de 20% pour l’Union européenne ramenée à 10% mercredi – “on peut même avoir mieux, et sinon, nous verrons”, a éludé le ministre. Le gouvernement détaillera sa trajectoire budgétaire le 15 avril, lors d’une conférence sur les finances publiques autour du Premier ministre François Bayrou. L’exécutif a réaffirmé sa volonté de réduire le déficit public à 5,4% du PIB cette année, après 5,8% en 2024, pour être sous le plafond européen de 3% en 2029, une ambition qui maintient toutefois la France parmi les cancres de la zone euro. Cela relève de la gageure, estiment des économistes, alors que le gouvernement exclut d’augmenter à nouveau les impôts – en dehors du passage en revue des niches fiscales – et ne veut faire “ni plus (…) ni moins” que ce qui est inscrit au budget en termes de dépenses. “Pour arriver à ce maigre succès” d’un déficit à 5,4%, “le gouvernement a dû consentir d’énormes concessions” lors de discussions avec les partis politiques, note Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management. “Tout l’effort est donc reporté sur les années ultérieures”, souligne-t-il dans une note, estimant “peu crédible” l’objectif de 2029: “On ignore comment ce qui est politiquement impossible maintenant pourrait être possible d’ici quelques mois pour le prochain budget”.- Arbitraire -Compliquant davantage l’équation budgétaire, aux perspectives d’activité assombries s’ajoutent la volonté d’augmenter les dépenses militaires et une remontée des taux d’intérêt pour les emprunts français, qui alourdit le coût déjà colossal de la dette (58 milliards d’euros en 2024 pour une dette à 113% du PIB, selon l’Insee). “Avec une croissance plus faible que prévu”, le gouvernement “a très peu de marges de manœuvre”, abonde Norbert Gaillard, économiste et consultant indépendant. “On liste les mesures, mais on sait qu’elles sont impopulaires, qu’elles peuvent déclencher le vote d’une motion de censure, des manifestations, des mouvements de grève”, développe-t-il, citant les pistes d’un effort éventuel demandé aux retraités ou d’une hausse de la TVA avancée par le patronat. Au-delà de la fragilité de ses finances publiques, la France peut se prévaloir d’atouts: “son économie grande, prospère et diversifiée”, “la compétence de l’administration” ou “la bonne liquidité de la dette”, relève cependant Eric Dor. “La question est de déterminer si cela suffit encore, vu la forte instabilité politique du pays”, développe-t-il.
Les marchés mondiaux toujours nerveux à l’issue d’une semaine de montagnes russes
Les marchés mondiaux ont clôturé en ordre dispersé vendredi au terme d’une semaine extrêmement mouvementée, marquée par les incessants développements de l’offensive commerciale lancée par Donald Trump, qui a sapé la confiance accordée aux actifs américains.Dernier épisode en date: la Chine a annoncé vendredi qu’elle porterait ses droits de douane supplémentaires sur les produits américains à 125%, en réaction aux surtaxes monumentales de 145% imposées par la Maison-Blanche cette semaine sur les importations venant de la Chine, quand les autres partenaires commerciaux bénéficient d’un gel pour 90 jours des droits de douane supplémentaires américains.Cela n’a pas provoqué de gros mouvement des places boursières car “le facteur de surprise est de plus en plus faible (…) à ce stade, quelle que soit l’augmentation des droits de douane, cela ne changera rien, il sera vraiment impossible pour ces importations d’être viables compte tenu des prix”, souligne auprès de l’AFP Angelo Kourkafas, d’Edward Jones.Cependant, “l’expression +montagnes russes+ (…) est probablement le meilleur adjectif pour décrire l’évolution des prix sur les marchés boursiers cette semaine”, écrit Adam Turnquist, de LPL Financial.Vendredi, à Wall Street, le Dow Jones a avancé de 1,56%, l’indice Nasdaq de 2,06% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 1,81%. Sur la semaine, les indices de référence de la place américaine s’affichent en nette progression, après des séances en dents de scie.En Europe, la Bourse de Paris a terminé vendredi en petite baisse de 0,30%, Francfort de 0,92%, Milan de 0,73%. Seule Londres termine en terrain positif (+0,64).Sur la semaine, les pertes sur le Vieux continent sont finalement limitées: l’indice paneuropéen Stoxx Europe 600, qui réunit les 600 plus grosses capitalisations boursières du Vieux continent, a perdu près de 2%.Le dollar tombe de son piédestalUn phénomène ressort face au manque de clarté: “il y a une perte de confiance dans les dirigeants américains et les actifs américains”, relève auprès de l’AFP Will Compernolle, de FHN Financial.La même incertitude pèse sur les consommateurs américains, dont la confiance a reculé fortement en avril pour le quatrième mois d’affilée: les sondés du dernier baromètre publié vendredi redoutent une inflation massive, une dégradation de l’activité économique et une hausse du chômage.Première victime de cette érosion de la confiance des investisseurs: le dollar, monnaie incontournable dans les échanges financiers mondiaux et longtemps considéré comme un actif de confiance, s’affiche en net recul.Un temps propulsé par l’élection à la Maison Blanche de Donald Trump, le billet vert a perdu plus de 8% depuis l’investiture du président américain. Rien que vendredi, il a reculé de 1,36% jusqu’à 1,1355 dollar pour un euro, au plus bas depuis trois ans.Le billet vert sert habituellement de “baromètre de l’anxiété du marché”, explique Fawad Razaqzada, analyste de City Index.La dette américaine n’attire plusLe marché de la dette américaine est aussi délaissé, ce qui provoque une flambée du rendement des bons du Trésor. Le rendement de l’obligation à dix ans américaine, référence, atteignait vers 21H20 GMT 4,49%, contre 4,43% jeudi à la clôture, après avoir atteint un plus haut depuis février.Un contraste flagrant avec le début du mois, lorsque le taux à 10 ans avait touché un plus bas depuis octobre, à 3,88%.Cette flambée est d’autant plus surprenante que “les obligations d’État américaines, normalement considérées comme l’un des investissements les plus sûrs, devrait bénéficier (des périodes) de turbulences”, relève Ole Hansen, analyste de Saxo Bank. “Le message était clair: la vente massive d’actifs à risque a poussé la Maison Blanche à assouplir sa position, au moins temporairement”, poursuit-il.”Je surveillais le marché des obligations”, a lui-même reconnu le président américain mercredi, ajoutant avoir constaté que ses surtaxes douanières “effrayaient un peu” les investisseurs.L’or, dernière valeur refuge”La flambée désordonnée des rendements des bons du Trésor américain à long terme”, parallèle à la baisse des marchés boursiers mondiaux, a laissé “les investisseurs sans options sûres”, hormis quelques devises comme le franc suisse et le yen, mais surtout “l’or”, souligne M. Hansen.Le métal précieux s’est hissé vendredi à un nouveau record historique, à plus de 3.245 dollars l’once.Le pétrole chute sur la semaineLe pétrole, stable vendredi, souffre aussi de la guerre commerciale entre les deux plus grandes puissances économiques. Depuis le 2 avril, les deux références mondiales du brut ont dégringolé d’environ 15%.Le Brent de la mer du Nord, référence européenne, s’est finalement stabilisé à 64,76 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI, à 61,50 dollars le baril à la clôture vendredi.
Les marchés mondiaux toujours nerveux à l’issue d’une semaine de montagnes russes
Les marchés mondiaux ont clôturé en ordre dispersé vendredi au terme d’une semaine extrêmement mouvementée, marquée par les incessants développements de l’offensive commerciale lancée par Donald Trump, qui a sapé la confiance accordée aux actifs américains.Dernier épisode en date: la Chine a annoncé vendredi qu’elle porterait ses droits de douane supplémentaires sur les produits américains à 125%, en réaction aux surtaxes monumentales de 145% imposées par la Maison-Blanche cette semaine sur les importations venant de la Chine, quand les autres partenaires commerciaux bénéficient d’un gel pour 90 jours des droits de douane supplémentaires américains.Cela n’a pas provoqué de gros mouvement des places boursières car “le facteur de surprise est de plus en plus faible (…) à ce stade, quelle que soit l’augmentation des droits de douane, cela ne changera rien, il sera vraiment impossible pour ces importations d’être viables compte tenu des prix”, souligne auprès de l’AFP Angelo Kourkafas, d’Edward Jones.Cependant, “l’expression +montagnes russes+ (…) est probablement le meilleur adjectif pour décrire l’évolution des prix sur les marchés boursiers cette semaine”, écrit Adam Turnquist, de LPL Financial.Vendredi, à Wall Street, le Dow Jones a avancé de 1,56%, l’indice Nasdaq de 2,06% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 1,81%. Sur la semaine, les indices de référence de la place américaine s’affichent en nette progression, après des séances en dents de scie.En Europe, la Bourse de Paris a terminé vendredi en petite baisse de 0,30%, Francfort de 0,92%, Milan de 0,73%. Seule Londres termine en terrain positif (+0,64).Sur la semaine, les pertes sur le Vieux continent sont finalement limitées: l’indice paneuropéen Stoxx Europe 600, qui réunit les 600 plus grosses capitalisations boursières du Vieux continent, a perdu près de 2%.Le dollar tombe de son piédestalUn phénomène ressort face au manque de clarté: “il y a une perte de confiance dans les dirigeants américains et les actifs américains”, relève auprès de l’AFP Will Compernolle, de FHN Financial.La même incertitude pèse sur les consommateurs américains, dont la confiance a reculé fortement en avril pour le quatrième mois d’affilée: les sondés du dernier baromètre publié vendredi redoutent une inflation massive, une dégradation de l’activité économique et une hausse du chômage.Première victime de cette érosion de la confiance des investisseurs: le dollar, monnaie incontournable dans les échanges financiers mondiaux et longtemps considéré comme un actif de confiance, s’affiche en net recul.Un temps propulsé par l’élection à la Maison Blanche de Donald Trump, le billet vert a perdu plus de 8% depuis l’investiture du président américain. Rien que vendredi, il a reculé de 1,36% jusqu’à 1,1355 dollar pour un euro, au plus bas depuis trois ans.Le billet vert sert habituellement de “baromètre de l’anxiété du marché”, explique Fawad Razaqzada, analyste de City Index.La dette américaine n’attire plusLe marché de la dette américaine est aussi délaissé, ce qui provoque une flambée du rendement des bons du Trésor. Le rendement de l’obligation à dix ans américaine, référence, atteignait vers 21H20 GMT 4,49%, contre 4,43% jeudi à la clôture, après avoir atteint un plus haut depuis février.Un contraste flagrant avec le début du mois, lorsque le taux à 10 ans avait touché un plus bas depuis octobre, à 3,88%.Cette flambée est d’autant plus surprenante que “les obligations d’État américaines, normalement considérées comme l’un des investissements les plus sûrs, devrait bénéficier (des périodes) de turbulences”, relève Ole Hansen, analyste de Saxo Bank. “Le message était clair: la vente massive d’actifs à risque a poussé la Maison Blanche à assouplir sa position, au moins temporairement”, poursuit-il.”Je surveillais le marché des obligations”, a lui-même reconnu le président américain mercredi, ajoutant avoir constaté que ses surtaxes douanières “effrayaient un peu” les investisseurs.L’or, dernière valeur refuge”La flambée désordonnée des rendements des bons du Trésor américain à long terme”, parallèle à la baisse des marchés boursiers mondiaux, a laissé “les investisseurs sans options sûres”, hormis quelques devises comme le franc suisse et le yen, mais surtout “l’or”, souligne M. Hansen.Le métal précieux s’est hissé vendredi à un nouveau record historique, à plus de 3.245 dollars l’once.Le pétrole chute sur la semaineLe pétrole, stable vendredi, souffre aussi de la guerre commerciale entre les deux plus grandes puissances économiques. Depuis le 2 avril, les deux références mondiales du brut ont dégringolé d’environ 15%.Le Brent de la mer du Nord, référence européenne, s’est finalement stabilisé à 64,76 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI, à 61,50 dollars le baril à la clôture vendredi.









