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“Accord de principe” à l’OMS sur le texte de l’Accord sur les pandémies

Les délégués des Etats membres de l’OMS ont trouvé samedi “un accord de principe” sur un texte qui doit permettre de mieux protéger le monde de futures pandémies après plus de trois ans de discussions, a déclaré à l’AFP la co-présidente de l’organe de négociation.”On a un accord de principe et on met en réserve l’accord définitif des capitales”, a expliqué Anne-Claire Amprou, co-présidente de l’organe de négociation et ambassadrice de France pour la santé mondiale, en précisant que les délégués se retrouveront mardi à Genève “pour toiletter le texte” et donner leur accord définitif.”Les négociations sur l’accord de pandémie sont toujours en cours – les Etats membres ont convenu de reprendre mardi, après avoir travaillé toute la nuit sans dormir pendant plus de 24h sans interruption. Nous sommes très reconnaissants pour leur engagement”, a écrit sur X le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui est resté dans la salle avec les délégués toute la nuit.Le 13ème cycle de négociations avait débuté lundi à Genève. Le texte devra encore être adopté lors de l’Assemblée mondiale de la santé, en mai à Genève, par tous les pays membres de l’Organisation mondiale de la santé.Le président français Emmanuel Macron n’a pas attendu pour se réjouir sur X de cette “décision cruciale”. “Avec l’accord de principe pour un traité pandémie, la communauté internationale va se doter d’un nouveau système pour mieux nous protéger. Plus rapide, plus efficace, plus solidaire et plus résilient”, écrit-il.- Riches, pauvres-L’un des principaux points de contestation vendredi a été le paragraphe 11 de ce texte d’une trentaine de pages, qui définit le transfert de technologies pour la production de produits de santé liés aux pandémies, en particulier au profit des pays en développement, ont indiqué plusieurs sources à l’AFP. Le sujet avait été au coeur des nombreux griefs des pays les plus démunis lors de la pandémie de Covid-19, quand ils voyaient les pays riches s’accaparer les doses de vaccin et autres tests.Plusieurs pays, où l’industrie pharmaceutique pèse lourd dans l’économie, sont opposés à l’idée d’obligation de transfert et insistaient sur son caractère volontaire.La docteure Mohga Kamal-Yanni, responsable au sein de la coalition People’s Medicines Alliance, voit le texte comme “un pas en avant”. Mais elle dénonce “l’intense lobbying de l’industrie pharmaceutique” après lequel “des pays riches comme l’UE, la Suisse et le Royaume-Uni ont fait en sorte que l’accord ne réponde pas” à l’objectif de santé publique espéré par les pays en développement. Elle souligne qu’il reste des points pas encore surlignés en vert dans le texte, signe qu’ils sont unanimement approuvés.Tout n’est pas bouclé non plus pour le directeur général de la Fédération internationale de l’industrie pharmaceutique (IFPMA), David Reddy. “Les pays ont besoin de se donner un peu plus de temps pour bien faire les choses et leur permettre de convenir d’un accord pratique qui renforcera notre préparation et notre réponse aux futures pandémies”, écrit-il dans un courriel à l’AFP. Pour l’ambassadrice Amprou, “nous avons eu à négocier cette semaine avec l’ensemble des Etats membres dans une approche très constructive et très positive, c’est une vraie volonté d’aboutir pour avoir un accord qui fasse vraiment la différence et qui permet de prévenir, de préparer, de répondre aux pandémies”.- Action collective -Le texte est adopté dans un contexte de grave crise du multilatéralisme et du système de santé mondial, provoqué par les coupes drastiques dans l’aide internationale américaine décidée par le président Donald Trump, alors que les Etats-Unis étaient de très loin le principal donateur humanitaire. Ils étaient aussi absents des négociations, M. Trump ayant annoncé qu’ils quittaient l’organisation.Pour le docteur Tedros, comme pour Emmanuel Macron, arriver à boucler un accord international de cet acabit dans la période actuelle est bon signe. “L’action collective progresse. Vous pouvez compter sur mon engagement, celui de la France”, a écrit le président français.En décembre 2021, deux ans après le début de la pandémie de Covid-19 qui a fait des millions de morts et mis l’économie mondiale à genoux, les pays membres de l’OMS avaient décidé de doter le monde d’un texte devant permettre de prévenir et de mieux gérer les pandémies.La grippe aviaire H5N1, dont le virus ne cesse d’infecter de nouvelles espèces – faisant craindre que la transmission entre humains ne soit qu’une question de temps – , mais aussi les flambées de rougeole dans 58 pays à cause de la méfiance envers les vaccins suscitée par la désinformation, ou encore le mpox qui fait des ravages en Afrique, sont autant d’avertissements.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Joggeuse disparue: après 48 heures de recherches, “nouveaux ratissages” dans la Vienne

Après 48 heures sans signe de vie, les recherches pour retrouver une joggeuse de 28 ans disparue dans la Vienne ont donné lieu samedi à de “nouveaux ratissages” avant de basculer vers le volet judiciaire de l’enquête, ont annoncé le parquet et la gendarmerie.Plongeurs sondant les cours d’eau, hélicoptère avec caméra thermique survolant une large zone boisée de 100 kilomètres carrés…D’importants moyens ont été déployés depuis jeudi après-midi près de Vivonne, à 20 km au sud de Poitiers, pour tenter de retrouver Agathe Hilairet, coureuse expérimentée de frêle corpulence (1,65 m, 35 kg).”De nouveaux ratissages, notamment sur le parcours habituel de la joggeuse, sont effectués. Les difficultés tiennent notamment à ce que certaines zones boisées sont très denses”, a écrit dans un communiqué Cyril Lacombe, procureur de la République à Poitiers, qui a ouvert une enquête pour “disparition inquiétante”.La jeune femme, pratiquante de trail qui parcourait des distances supérieures à 15 ou 20 km à chaque sortie, s’était élancée jeudi matin du domicile de ses parents à Vivonne. Son père a donné l’alerte en ne la voyant pas revenir, tandis que son téléphone ne répondait plus.Un important dispositif de recherches a été déployé depuis autour des communes de Vivonne, Voulon, Celle-Lévescault et Gençay.Samedi matin, quelque 110 gendarmes et 25 militaires du Régiment d’infanterie des chars de marine (RICM) de Poitiers étaient encore mobilisés, ce déploiement étant ramené à 50 gendarmes dans l’après-midi.”Les recherches opérationnelles sur le terrain vont se concentrer sur certaines vérifications, avant une bascule dans une phase orientée principalement sur le volet judiciaire”, a précisé la gendarmerie.- Auditions de témoins -Selon le procureur, “les recherches pour retrouver la joggeuse disparue (…) se poursuivent”, avec “une dizaine d’auditions de témoins et de proches” effectuées à ce stade.Le parquet avait diffusé vendredi un appel à témoins pour retrouver la disparue, de “taille très mince”, vêtue d’une tenue de jogging avec un short noir et un haut manches courtes de couleur sombre, et porteuse d’un sac de course. Elle avait les cheveux attachés et son téléphone accroché à son poignet.L’appareil a été localisé pour la dernière fois jeudi après-midi dans un rayon de 250 mètres entre les lieux-dits “Les Grands Ormeaux” et “Le Champ Salaud” à Voulon, commune située à 10 km de Vivonne.Depuis la diffusion de l’appel, “une trentaine de personnes” se sont manifestées. Les informations sont “en cours d’analyse” et recoupées avec les données de téléphonie, a précisé Cyril Lacombe.- “Tous surpris” -Sur l’application de géolocalisation sportive Strava, la jeune femme se décrit comme “adorant la course à pied”, qu’elle pratique “depuis (ses) 17 ans”. Elle avait repris en mai 2024 après “plusieurs années d’arrêt”, selon un message posté alors sur son compte Facebook.Une voisine a dit au quotidien La Nouvelle République que la jeune femme était en “arrêt maladie depuis deux mois”.Des membres de son club de course à pied, Vivonne Loisirs, ont pris part aux recherches samedi matin, en apportant aux enquêteurs leur connaissance du terrain, selon la gendarmerie.”C’est quelqu’un qui est dans le club depuis des années, qui s’aligne régulièrement sur des courses et est très motivée avec de gros objectifs”, a déclaré l’un d’eux, qui a requis l’anonymat. “Je n’ai pas eu le sentiment de voir quelqu’un de malheureux, on est tous surpris par cette disparition car elle connaissait parfaitement le parcours”, a fait valoir un autre membre.Pour Rose-Marie Bertaud, maire de Vivonne, cette petite ville de 4.500 habitants est sous le “choc” et “dans l’attente”. “Plus le temps passe, plus ça devient difficile de savoir ce qui a pu arriver à cette jeune fille.”tb-cac-ave-jed/ppy/bow

Début à Oman de pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran sur le nucléaire

Les Etats-Unis et l’Iran ont entamé samedi à Oman des discussions aux enjeux considérables sur le programme nucléaire iranien, après la menace américaine de recourir à une opération militaire en l’absence d’accord.Les deux parties mènent des pourparlers “indirects” via un intermédiaire dans la capitale Mascate, a indiqué le ministère iranien des Affaires étrangères. Les Américains avaient appelé à des discussions directes.Ce désaccord sur le format illustre la difficulté de la tâche qui attend ces adversaires de longue date. Ils vont tenter de parvenir à un nouvel accord sur le nucléaire après le retrait des Etats-Unis du précédent texte, décidé par Donald Trump lors de son premier mandat en 2018. “Nous ne nous attendons pas à ce que ce cycle de discussions soit très long”, a déclaré à la télévision d’Etat le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dirige la délégation iranienne, tandis que l’émissaire du président américain Donald Trump, Steve Witkoff, est à la tête de la délégation américaine.”Nous avons l’intention de parvenir à un accord équitable et honorable, sur la base de l’égalité ”, a déclaré M. Araghchi après son arrivée à Oman, médiateur historique entre l’Iran et les pays occidentaux. Affaibli par les revers infligés par Israël à ses alliés, le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza, l’Iran cherche à obtenir la levée des sanctions qui étranglent son économie.Donald Trump a adopté une politique de “pression maximale” à l’égard de l’Iran et imposé de nouvelles sanctions visant son programme nucléaire et son secteur pétrolier. Il a créé la surprise en annonçant lundi la tenue de ces discussions, après des semaines de joutes verbales entre deux pays qui n’ont plus de relations diplomatiques depuis 45 ans.- “Ligne rouge” -Les Etats-Unis cherchent à mettre fin au programme nucléaire de l’Iran, qu’ils accusent de visées militaires, ce que Téhéran dément.Après son arrivée à Mascate, “M. Araghchi a présenté au ministre omanais (des Affaires étrangères) les principes et positions de l’Iran concernant les pourparlers, en vue de leur transmission à l’autre partie”, a indiqué le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.”De nombreuses questions fondamentales seront clarifiées lors de cette réunion, et si les deux parties font preuve d’une volonté suffisante, nous déciderons également d’un calendrier, mais il est encore trop tôt pour en parler”, a ajouté M. Araghchi, selon l’agence Irna.M. Witkoff, en visite vendredi en Russie, a déclaré au Wall Street Journal que “la militarisation de la capacité nucléaire” de l’Iran était une “ligne rouge” pour Washington.”Notre position commence par le démantèlement de votre programme. C’est notre position aujourd’hui. Cela ne veut pas dire, qu’à la marge, nous n’allons pas trouver d’autres moyens pour tenter de parvenir à un compromis”, a-t-il dit. M. Trump a lui déclaré mercredi qu’une intervention militaire était “tout à fait” possible en cas d’absence d’accord. “S’il faut recourir à la force, nous recourrons à la force. Israël y sera bien évidemment très impliqué”, a averti M. Trump, un allié du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui agite régulièrement le spectre d’une attaque contre le programme nucléaire iranien perçu comme une menace contre son pays.”Je veux que l’Iran soit un pays merveilleux, grand et heureux. Mais il ne peut pas avoir d’arme nucléaire”, a prévenu vendredi M. Trump.- “Un peu d’oxygène” -Après le retrait de Washington de l’accord de 2015 et le rétablissement de sanctions américaines à son encontre, la République islamique d’Iran a pris ses distances avec le texte.Elle a accru son niveau d’enrichissement de l’uranium jusqu’à 60%, très au-dessus de la limite de 3,67% imposée par l’accord, se rapprochant du seuil de 90% nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique. Les conflits à Gaza et au Liban ont attisé les tensions entre l’Iran et Israël, qui ont mené des attaques militaires réciproques pour la première fois après des années de guerre par procuration.Pour Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris, “la seule et unique priorité est la survie du régime et, idéalement, l’obtention d’un peu d’oxygène, d’un allègement des sanctions, afin de relancer l’économie, car le régime est devenu assez impopulaire”.  

Début à Oman de pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran sur le nucléaire

Les Etats-Unis et l’Iran ont entamé samedi à Oman des discussions aux enjeux considérables sur le programme nucléaire iranien, après la menace américaine de recourir à une opération militaire en l’absence d’accord.Les deux parties mènent des pourparlers “indirects” via un intermédiaire dans la capitale Mascate, a indiqué le ministère iranien des Affaires étrangères. Les Américains avaient appelé à des discussions directes.Ce désaccord sur le format illustre la difficulté de la tâche qui attend ces adversaires de longue date. Ils vont tenter de parvenir à un nouvel accord sur le nucléaire après le retrait des Etats-Unis du précédent texte, décidé par Donald Trump lors de son premier mandat en 2018. “Nous ne nous attendons pas à ce que ce cycle de discussions soit très long”, a déclaré à la télévision d’Etat le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dirige la délégation iranienne, tandis que l’émissaire du président américain Donald Trump, Steve Witkoff, est à la tête de la délégation américaine.”Nous avons l’intention de parvenir à un accord équitable et honorable, sur la base de l’égalité ”, a déclaré M. Araghchi après son arrivée à Oman, médiateur historique entre l’Iran et les pays occidentaux. Affaibli par les revers infligés par Israël à ses alliés, le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza, l’Iran cherche à obtenir la levée des sanctions qui étranglent son économie.Donald Trump a adopté une politique de “pression maximale” à l’égard de l’Iran et imposé de nouvelles sanctions visant son programme nucléaire et son secteur pétrolier. Il a créé la surprise en annonçant lundi la tenue de ces discussions, après des semaines de joutes verbales entre deux pays qui n’ont plus de relations diplomatiques depuis 45 ans.- “Ligne rouge” -Les Etats-Unis cherchent à mettre fin au programme nucléaire de l’Iran, qu’ils accusent de visées militaires, ce que Téhéran dément.Après son arrivée à Mascate, “M. Araghchi a présenté au ministre omanais (des Affaires étrangères) les principes et positions de l’Iran concernant les pourparlers, en vue de leur transmission à l’autre partie”, a indiqué le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.”De nombreuses questions fondamentales seront clarifiées lors de cette réunion, et si les deux parties font preuve d’une volonté suffisante, nous déciderons également d’un calendrier, mais il est encore trop tôt pour en parler”, a ajouté M. Araghchi, selon l’agence Irna.M. Witkoff, en visite vendredi en Russie, a déclaré au Wall Street Journal que “la militarisation de la capacité nucléaire” de l’Iran était une “ligne rouge” pour Washington.”Notre position commence par le démantèlement de votre programme. C’est notre position aujourd’hui. Cela ne veut pas dire, qu’à la marge, nous n’allons pas trouver d’autres moyens pour tenter de parvenir à un compromis”, a-t-il dit. M. Trump a lui déclaré mercredi qu’une intervention militaire était “tout à fait” possible en cas d’absence d’accord. “S’il faut recourir à la force, nous recourrons à la force. Israël y sera bien évidemment très impliqué”, a averti M. Trump, un allié du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui agite régulièrement le spectre d’une attaque contre le programme nucléaire iranien perçu comme une menace contre son pays.”Je veux que l’Iran soit un pays merveilleux, grand et heureux. Mais il ne peut pas avoir d’arme nucléaire”, a prévenu vendredi M. Trump.- “Un peu d’oxygène” -Après le retrait de Washington de l’accord de 2015 et le rétablissement de sanctions américaines à son encontre, la République islamique d’Iran a pris ses distances avec le texte.Elle a accru son niveau d’enrichissement de l’uranium jusqu’à 60%, très au-dessus de la limite de 3,67% imposée par l’accord, se rapprochant du seuil de 90% nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique. Les conflits à Gaza et au Liban ont attisé les tensions entre l’Iran et Israël, qui ont mené des attaques militaires réciproques pour la première fois après des années de guerre par procuration.Pour Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris, “la seule et unique priorité est la survie du régime et, idéalement, l’obtention d’un peu d’oxygène, d’un allègement des sanctions, afin de relancer l’économie, car le régime est devenu assez impopulaire”.  

“Il a l’air bien” : en Serbie, à la rencontre de ceux qui font encore confiance au président

Confronté au plus grand mouvement de contestation depuis son arrivée au pouvoir, le président serbe organise samedi un rassemblement à Belgrade, où il espère prouver qu’une partie du pays le soutient encore, en usant de sa rhétorique habituelle : sécurité, stabilité et prospérité.Dans un pays entaché par des accusations de fraude électorale, il est difficile …

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“Il a l’air bien” : en Serbie, à la rencontre de ceux qui font encore confiance au président

Confronté au plus grand mouvement de contestation depuis son arrivée au pouvoir, le président serbe organise samedi un rassemblement à Belgrade, où il espère prouver qu’une partie du pays le soutient encore, en usant de sa rhétorique habituelle : sécurité, stabilité et prospérité.Dans un pays entaché par des accusations de fraude électorale, il est difficile d’estimer la part de la population qui soutient encore activement Aleksandar Vucic face aux centaines de milliers de manifestants qui défilent depuis des mois contre la corruption et pour un système plus juste.A Pecinci, à une cinquantaine de kilomètres de Belgrade, la population a voté à 85% pour le SNS (droite nationaliste), le parti du président, aux dernières élections locales, en juin.”Pour moi, tous les hommes politiques sont les mêmes”, explique Marija Vidakovic, une aide-soignante en chemin pour aller chercher sa fille à la crèche. “Mais si vous me demandez si je soutiens le président, la réponse est oui”. “Il m’a l’air bien. Nous sommes en sécurité, nous n’avons pas à craindre de bombardements … C’est ce que j’apprécie le plus”, ajoute cette trentenaire, en référence aux bombardements de l’Otan en 1999, traumatisme encore très présent en Serbie. Quant aux manifestations qui secouent le pays depuis des mois, “elles touchent des gens qui n’ont rien à voir avec tout ça, des gens ordinaires, qui veulent juste vivre leur vie et ne le peuvent pas”, estime-t-elle. “Mon mari travaille en ville [à Belgrade, ndlr], et maintenant on se demande tous les jours s’il va réussir à y aller, à cause des blocages”.Les étudiants, à la tête du mouvement de contestation, né de l’effondrement meurtrier d’un auvent en béton de la gare de Novi Sad le 1er novembre 2024, organisent régulièrement des rassemblements qui peuvent bloquer la circulation pendant des heures. Et des centaines d’écoles à travers le pays sont à l’arrêt.”Tout ce cirque dans les rues, les blocages… c’est le chaos. Les transports ne marchent pas, on ne sait pas, en partant au bureau, si on pourra rentrer…”, fulmine Srbijanka* la soixantaine avancée. “Je suis contre les étudiants, mais aussi contre Vucic”, ajoute-t-elle aussitôt, estimant qu’ils sont de toute façon tous “payés par l’Occident”.”C’est une minorité”, ajoute-t-elle, persuadée que les médias mentent sur le nombre de manifestants. “Mais on n’ose rien dire, sinon on va nous traiter d'”homme sandwich”, en référence aux casse-croûtes distribués par le SNS à ceux qui se déplacent pour assister à des meetings.- Bloc contre Bloc -Selon un sondage du CRTA en février, seules 34% des personnes interrogées étaient opposées aux manifestations. Mais les petites villes et les zones rurales font partie des principaux bastions du parti, explique Bojan Klacar, directeur du Centre pour des élections libres et de la démocratie (CeSID), une ONG indépendante.”Ce que l’on est en train d’observer, c’est l’homogénéisation de deux blocs : aucun des deux camps ne perd vraiment de supporters, mais chaque bloc se structure de plus en plus autour du soutien ou de rejet du président. Ceux qui le soutenaient le font encore plus, et ceux qui le critiquent aussi”. Le soutien “provient principalement des personnes âgées de plus de 60 ans, et il est particulièrement fort parmi les retraités”, explique le chercheur. “Il est légèrement plus élevé chez les femmes que chez les hommes, et il est plus fort chez ceux ayant un niveau d’éducation plus faible”.Angelina*, 66 ans, cheveux courts, vêtue de noir et le visage marqué, fait partie des habitants de Pecinci qui se disent satisfaits de sa situation.”J’ai du chauffage, l’eau courante, je peux manger de la viande… Je suis contente de ma vie. Les jeunes, que veulent-ils ?”, se demande-t-elle. Avant de suggérer que malgré tout, la corruption est partout.- Clientélisme -Pour M. Klacar, une partie du soutien dont jouit M. Vucic, président depuis 2017, vient des succès économiques qu’il met régulièrement en avant.”Les investissements dans de petites villes, les augmentations de salaires, les créations d’emplois… Contrairement à l’état de droit, à certaines valeurs qui peuvent parfois paraitre abstraites, les infrastructures, c’est très visible”, explique le chercheur. A cela s’ajoute la force du parti, qui revendique 700.000 membres sur 6,6 millions d’habitants.”Il y a en Serbie un grand nombre de personnes qui ont des avantages concrets très directs en adhérant au parti […] des emplois dans les institutions ou les entreprises publiques”, avance-t-il.Fataliste Aleksandar, qui refuse de donner son nom de famille, veste de chantier kaki sur le dos et bonnet sur la tête, ne voit pas de raison de changer de responsables politiques.”C’est ceux qu’on a, on n’a pas besoin d’en avoir de meilleurs”, explique-t-il. “Enfin, on en aurait besoin, mais ça n’arrivera pas. Donc c’est comme ça”. *Ces personnes n’ont pas souhaité donner leurs noms

Israël veut étendre son offensive à la plus grande partie de Gaza

Israël a annoncé samedi la prise par ses troupes d’un axe clé dans le sud de la bande de Gaza et l’extension de son offensive à la plus grande partie du territoire palestinien ravagé par la guerre.Dans le même temps, le mouvement islamiste palestinien Hamas a dit espérer de “réels progrès” dans des discussions prévues au Caire entre une délégation du Hamas et les médiateurs égyptiens en vue d’une trêve dans le territoire palestinien.Après deux mois de trêve, Israël a repris ses bombardements aériens suivis d’opérations terrestres à Gaza, le Premier ministre Benjamin Netanyahu estimant qu’une pression militaire accrue était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre les otages.”Bientôt, les opérations des forces israéliennes s’intensifieront et s’étendront à d’autres zones dans la plus grande partie de Gaza, et vous devrez évacuer les zones de combat”, a indiqué le ministre de la Défense Israël Katz, s’adressant à la population palestinienne.Il a aussi annoncé que l’armée avait pris le contrôle de l’axe clé de Morag, qui sépare les villes de Rafah près de la frontière égyptienne et de Khan Younès, dans le sud du territoire palestinien dévasté et assiégé.L’armée a ensuite appelé les habitants de Khan Younès à l’évacuer, en prévision d’une opération de  représailles à des roquettes tirées depuis le sud de Gaza vers Israël.La guerre à Gaza été déclenchée par une attaque d’une ampleur sans précédent menée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza voisine dans le sud d’Israël.L’attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes enlevées durant l’attaque, 58 sont toujours retenues à Gaza dont 34 sont mortes, selon l’armée.- Une délégation du Hamas au Caire -Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé qu’au moins 1.563 Palestiniens avaient été tués depuis le 18 mars, portant selon lui à 50.933 le nombre de morts à Gaza depuis le début de l’offensive israélienne de représailles.Plus tôt, un responsable du Hamas a annoncé des discussions samedi au Caire entre une délégation du Hamas conduite par le négociateur en chef Khalil al-Hayya et les médiateurs égyptiens. “Nous espérons que la rencontre permettra de réaliser de réels progrès en vue d’un accord mettant fin à la guerre et à l’agression, et garantissant le retrait complet des forces d’occupation (israéliennes, ndlr) de Gaza”, a-t-il indiqué à l’AFP sous couvert de l’anonymat.Selon lui, le Hamas n’a reçu aucune nouvelle offre de trêve, malgré des informations de médias israéliens rapportant que l’Egypte et Israël avaient échangé des projets de documents portant sur un accord de cessez-le-feu et de libération d’otages.”Mais les discussions avec les médiateurs sont en cours”, a-t-il affirmé.Selon le Times of Israel, la proposition égyptienne prévoirait le retour en Israël de 16 otages, huit vivants et huit morts, en échange d’une trêve de 40 à 70 jours ainsi que de la libération d’un grand nombre de prisonniers palestiniens.L’émissaire du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, cité par la presse israélienne, a indiqué qu'”un accord très sérieux prend forme, c’est une question de jours”.- Nouvelles frappes meurtrières -Une trêve conclue sous l’égide des Etats-Unis, de l’Egypte et du Qatar, entre le 19 janvier et le 17 mars, a permis le retour de 33 otages, incluant huit morts, en échange de la libération par Israël de quelque 1.800 prisonniers palestiniens.”Chaque jour de retard (dans la conclusion d’un accord) signifie davantage de morts parmi les civils palestiniens sans défense et un sort inconnu” pour les otages, a indiqué le Hamas dans un communiqué.Samedi, la Défense civile locale a fait état d’un mort et de plusieurs blessés dans une frappe aérienne israélienne à l’ouest de Khan Younès. Quatre autres Palestiniens ont été enterrés le même jour après une frappe israélienne sur leur maison dans l’est de la ville de Gaza (nord), selon des images de l’AFP. Celles-ci montrent des Palestiniens se recueillant devant quatre corps enveloppés dans des linceuls blancs, posés sur des brancards.Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, “entre le 18 mars et le 9 avril 2025, il y a eu environ 224 frappes israéliennes sur des immeubles résidentiels et des tentes de déplacés” à Gaza. Pour “36 frappes répertoriées et corroborées”, les victimes “étaient uniquement des femmes et des enfants”.