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Soudan: plus de 400 tués au Darfour par les paramilitaires, selon des sources citées par l’ONU

Plus de 400 personnes ont été tuées la semaine dernière lors d’attaques des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises dans la région occidentale du Darfour, selon des “sources crédibles” citées lundi par les Nations unies. Pour la seule période de jeudi à samedi (du 10 au 12 avril), “notre équipe soudanaise a confirmé 148 …

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Niger: une Suissesse enlevée à Agadez, après une Autrichienne en janvier

Une Suissesse a été enlevée dimanche soir dans le nord du Niger à Agadez, trois mois après l’enlèvement d’une Autrichienne dans cette même ville, ont indiqué lundi les autorités suisses et nigériennes.Ce pays pauvre de la bande sahélo-saharienne, dirigé par une junte militaire depuis le coup d’Etat de juillet 2023 qui a renversé le président Mohamed Bazoum, est en proie à l’insécurité et à des attaques récurrentes de groupes armés, dont certains sont affiliés à Al-Qaïda ou à l’organisation Etat islamique.Selon le média local Aïr-Info, la ressortissante suisse est née au Liban et “s’est installée à Agadez il y a de cela plusieurs années après un séjour en Algérie où elle a évolué dans le tourisme”. Cette femme présentée comme “Claudia” a lancé à Agadez une association pour apporter de l’aide aux artisans, selon la même source.”C’est quelqu’un de très sympathique, très chaleureuse, engagée dans beaucoup d’oeuvres humanitaires sur place” et “très prise par ses activités”, a indiqué à l’AFP la journaliste Amèle Debey, qui l’a interviewée en 2018. Lors de leurs derniers échanges en 2020, “elle ne m’a pas parlée d’inquiétudes particulières”, indique la journaliste franco-suisse. “Attirée par un autre mode de vie” comme d’autres femmes suisses installées à Agadez, selon Mme Debey, Claudia, âgée de 67 ans selon la presse suisse, est mariée à un nomade nigérien, éleveur de chameaux dans l’Aïr.Le ministère suisse des Affaires étrangères a déclaré avoir été “informé de l’enlèvement d’une ressortissante suisse au Niger. Des clarifications sont en cours”. Sur son site internet, le ministère rappelle que les voyages à destination du Niger et les séjours de tout genre dans ce pays sont “déconseillés”.- “Risque d’enlèvement très élevé” -“Le risque d’enlèvement est très élevé sur l’ensemble du territoire”, souligne-t-il. “Des bandes armées et des groupes terroristes, qui vivent de contrebande, d’agressions et d’enlèvements contre rançon, sévissent dans une grande partie du Sahara et du Sahel”.Le gouverneur de la région d’Agadez, le général de brigade Ibra Boulama Issa, a de son côté confirmé “l’enlèvement d’une étrangère, du nom de Claudia, de nationalité suisse”, à son domicile d’Agadez dimanche soir “aux environs de 22h”. Il a ajouté avoir présidé une réunion extraordinaire du Conseil régional de sécurité pour “envisager les actions à prendre pour connaître et comprendre ce qui s’est réellement passé” dans le cadre de cet enlèvement.L’Autrichienne Eva Gretzmacher, 73 ans, installée à Agadez depuis 28 ans où elle conduisait des projets dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’autonomie des femmes, de l’écologie, de la culture et des arts, avait pour sa part été enlevée le 11 janvier à son domicile par des “hommes armés”, selon Aïr-Info.Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2013, Agadez, cité historique aux portes du désert fut jadis un carrefour exceptionnel du commerce caravanier. Mais elle est largement désertée par les touristes depuis les années 90 en raison de l’insécurité dans la région.- Base américaine de drones fermée -L’armée américaine y a fermé en mars 2024 sa base de drones pour la rétrocéder aux autorités nigériennes, achevant ainsi le retrait de ses soldats dans ce pays.Les Etats-Unis comptaient un peu plus de 1.000 soldats engagés dans la lutte antijihadiste au Niger répartis entre une base à Niamey, rétrocédée en juillet, et une autre à Agadez qui permettait depuis 2019 aux drones et aéronefs américains de mener des missions de surveillance jusqu’aux confins de la Libye, du Tchad, du Nigeria ou du Mali.Depuis leur prise de pouvoir, les dirigeants militaires du Niger ont rompu leurs relations avec la France et expulsé les soldats français et américains engagés dans la lutte contre les jihadistes. Avec ses deux voisins et alliés, le Burkina Faso et le Mali, gouvernés par des militaires et également confrontés à des attaques jihadistes meurtrières, le Niger s’est rapproché de la Russie.Le 28 février, onze soldats nigériens avaient été tués dans une attaque revendiquée par un groupe jihadiste lié à Al-Qaïda, dans le nord du pays, près de l’Algérie.Fin janvier, l’armée nigérienne avait annoncé avoir retrouvé dans l’ouest quatre camions utilisés par des chauffeurs marocains portés disparus depuis mi-janvier, alors qu’ils empruntaient une route entre le Niger et le Burkina Faso, une zone minée par les violences des groupes jihadistes.Les derniers kidnappings d’Occidentaux dans la région d’Agadez remontaient à 2010 et avait été revendiqués par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

C1: le PSG doit rester conquérant pour prendre goût à l’Angleterre

Après son coup d’éclat à Liverpool, le PSG expérimente de nouveau la ferveur des stades anglais, mardi à Birmingham contre Aston Villa (21h00), où il lui faudra préserver son avance pour rallier, en conquérant, le dernier carré de la Ligue des champions.Vainqueur à l’aller (3-1) au Parc des Princes, Paris pourrait prendre goût à l’Angleterre. Cela avait mal commencé le 1er octobre avec une défaite sans appel à Londres contre Arsenal (2-0), mais la qualification arrachée à Anfield a marqué les esprits (1-0, succès aux tirs au but).Contre les Villans, les Parisiens ont assumé leur statut de favoris mercredi dernier en dominant outrageusement la rencontre, même s’ils ont concédé l’ouverture du score. Mais un troisième but dans le temps additionnel, grâce à un geste de grande classe du latéral portugais Nuno Mendes, a assuré une plus confortable avance aux champions de France.Après avoir dompté les Reds sur leurs terres, les Parisiens devront toutefois rester vigilants et solides dans l’ambiance incandescente de Villa Park, où le fougueux gardien argentin Emiliano Martinez et ses partenaires sont intraitables cette saison. Ils n’ont essuyé que deux défaites dans leur antre: contre Arsenal en août en championnat et face à Crystal Palace en octobre en Coupe de la Ligue.”Je m’attends à une équipe qui va venir nous presser énormément, on n’est pas venus pour spéculer mais jouer notre jeu jusqu’au bout”, a déclaré Ousmane Dembélé.- Pastore impressionné -Pour continuer de prouver qu’il a passé un cap mental mardi, Paris arrive frais et dispo, n’ayant pas joué ce week-end. Son duel à Nantes a en effet été reporté au 22 avril. “On s’ennuie un peu quand même, mais ça nous a fait du bien pour préparer le match”, s’est amusé Ousmane Dembélé. Luis Enrique a lui aussi avoué s’être ennuyé… et dit préférer la perspective de ce “match retour risqué et incertain”, très “intense et intéressant” où Aston Villa “défendra plus haut, récupèrera le ballon plus près de nos cages”.Bradley Barcola, placé sur le banc à l’aller, pourrait retrouver une place de titulaire puisque son profil correspond davantage aux contre-attaques dont pourrait profiter son équipe au vu du retard à combler pour les Villans.”Il faut garder le même sérieux au match retour”, a prévenu Désiré Doué qui, à 19 ans, a éclaboussé le match aller de son talent, but en prime.De quoi bluffer un ancien chouchou du Parc des Princes, le milieu argentin Javier Pastore. “C’est une équipe très sereine en défense et patiente en attaque, elle sait attendre la bonne situation. Et les joueurs devant sont très bons: Dembélé, Doué, Barcola, Kvaratskhelia… Des joueurs qui peuvent faire la différence à tout moment et marquer un but”, a estimé “El Flaco” dans un entretien accordé à l’AFP.Pendant ce temps-là, Aston Villa a regagné de la confiance en étrillant Southampton à l’extérieur (3-0), samedi. Et il n’est pas insensé de parier sur de meilleures performances au match retour de “Dibu” Martinez, de l’attaquant Marcus Rashford (bourreau du PSG deux fois par le passé) et de l’ensemble du milieu de terrain.Si Paris “contrôle ses émotions”, clé de ses performances en Ligue des champions, selon l’entraîneur Luis Enrique, par ailleurs sûr du niveau moyen de ses troupes, il entreverra vite, dans le match, une deuxième demi-finale en deux ans.Le PSG pourrait y retrouver un autre club anglais, Arsenal, qui lui avait donné une leçon en début de saison. A moins que le Real Madrid de Kylian Mbappé ne renverse la situation après la claque reçue à l’aller (3-0). Ce serait alors un autre type de retrouvailles entre le club et son ancien joueur, en conflit financier et juridique.

Trump et Bukele, main dans la main contre les gangs

Donald Trump et Nayib Bukele ont affiché lundi leur parfaite entente dans la lutte contre la criminalité organisée, le président du Salvador affirmant qu’il ne renverrait pas aux Etats-Unis un immigré salvadorien expulsé par erreur. S’exprimant dans le Bureau ovale, le président américain a dénoncé la présence de “millions” d’immigrés illégalement arrivés aux Etats-Unis dont de nombreux criminels et salué l’aide apportée par le Salvador pour y remédier.”C’est un pêché ce qu’ils ont fait, et vous venez à notre aide”, a dit Donald Trump en parlant de la politique de “frontières ouvertes” de l’ancienne administration démocrate de Joe Biden.”Vous avez un sacré président”, a-t-il encore lancé à l’adresse des Salvadoriens, alors que les deux dirigeants ont passé plusieurs minutes à critiquer les médias, puis à parler de la question des athlètes transgenres dans les sports féminins.Le président salvadorien de 43 ans, qui a engagé une lutte sans merci contre les gangs dans son pays, a accepté que plus de 250 personnes expulsées des Etats-Unis soient incarcérées au Salvador, dans le gigantesque centre de confinement du terrorisme (Cecot), prison qu’il a fait construire dans le cadre de sa guerre contre les gangs.La grande majorité de ces individus sont des Vénézuéliens, accusés par l’administration Trump d’être membres de la redoutable organisation criminelle internationale Tren de Aragua, classée organisation “terroriste” par Washington en février.”Nous savons que vous avez un problème concernant la criminalité, le terrorisme, et que vous avez besoin d’aide. Nous sommes un petit pays mais si on peut aider, on le fera”, a dit M. Bukele.M. Bukele est le premier dirigeant d’Amérique latine à être reçu à la Maison Blanche depuis le retour au pouvoir du président américain en janvier.M. Trump a réactivé une loi du XVIIIe siècle, normalement utilisée en temps de guerre, pour expulser sans autre forme de procès les membres présumés de ce gang. Des groupes de défense des droits humains ont dénoncé pour leur part des “disparitions forcées et des détentions arbitraires” de ces immigrés vénézuéliens. Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a annoncé dimanche que dix “criminels” supplémentaires avaient été envoyés au Salvador.- Imbroglio judiciaire -Parmi les personnes expulsées en mars, figure Kilmar Ábrego García, un immigré salvadorien pour lequel l’administration a reconnu une “erreur administrative” car il était en principe inexpulsable depuis 2019.L’homme est au coeur d’un imbroglio judiciaire: la justice américaine exige qu’il soit ramené aux Etats-Unis, alors que l’administration explique qu’elle n’a plus aucun pouvoir sur son sort puisqu’il se trouve sur le sol salvadorien.”Comment puis-je le renvoyer aux Etats-Unis? Je le fais venir clandestinement aux Etats-Unis? Bien entendu, je ne vais pas faire ça. La question est absurde (…) Je n’ai pas le pouvoir de le renvoyer vers les Etats-Unis”, a déclaré M. Bukele.M. Trump a pour sa part également réaffirmé qu’il envisageait même de renvoyer au Salvador des citoyens américains qui commettent des crimes violents, en se disant “tout à fait d’accord” et en demandant à sa ministre de la Justice, Pam Bondi, d’examiner la question.La visite d’Etat de Nayib Bukele revêt également un enjeu économique: le Salvador a reçu 6 millions de dollars de la part de Washington pour avoir accepté d’emprisonner sur son sol ces criminels présumés.Mais le petit pays d’Amérique centrale reste malgré cela frappé par les nouveaux droits de douane de Donald Trump, à hauteur de 10%.Selon la Banque centrale du Salvador, près d’un tiers de ses exportations – en valeur – vont vers les Etats-Unis, ce qui représente 2,1 milliards de dollars pour des produits tels que le textile, le sucre ou le café.Quelque 2,5 millions de Salvadoriens vivent aux Etats-Unis, selon les chiffres du gouvernement américain. Les envois d’argent de ces expatriés ont pesé pour 23% du PIB de leur pays d’origine en 2024, soit 8,5 milliards de dollars, d’après la Banque centrale.Ces transferts se sont accélérés (+14%) en janvier et février par rapport à la même période en 2024 en raison des vagues d’expulsions des Etats-Unis, estiment des économistes.

Trump et Bukele, main dans la main contre les gangs

Donald Trump et Nayib Bukele ont affiché lundi leur parfaite entente dans la lutte contre la criminalité organisée, le président du Salvador affirmant qu’il ne renverrait pas aux Etats-Unis un immigré salvadorien expulsé par erreur. S’exprimant dans le Bureau ovale, le président américain a dénoncé la présence de “millions” d’immigrés illégalement arrivés aux Etats-Unis dont de nombreux criminels et salué l’aide apportée par le Salvador pour y remédier.”C’est un pêché ce qu’ils ont fait, et vous venez à notre aide”, a dit Donald Trump en parlant de la politique de “frontières ouvertes” de l’ancienne administration démocrate de Joe Biden.”Vous avez un sacré président”, a-t-il encore lancé à l’adresse des Salvadoriens, alors que les deux dirigeants ont passé plusieurs minutes à critiquer les médias, puis à parler de la question des athlètes transgenres dans les sports féminins.Le président salvadorien de 43 ans, qui a engagé une lutte sans merci contre les gangs dans son pays, a accepté que plus de 250 personnes expulsées des Etats-Unis soient incarcérées au Salvador, dans le gigantesque centre de confinement du terrorisme (Cecot), prison qu’il a fait construire dans le cadre de sa guerre contre les gangs.La grande majorité de ces individus sont des Vénézuéliens, accusés par l’administration Trump d’être membres de la redoutable organisation criminelle internationale Tren de Aragua, classée organisation “terroriste” par Washington en février.”Nous savons que vous avez un problème concernant la criminalité, le terrorisme, et que vous avez besoin d’aide. Nous sommes un petit pays mais si on peut aider, on le fera”, a dit M. Bukele.M. Bukele est le premier dirigeant d’Amérique latine à être reçu à la Maison Blanche depuis le retour au pouvoir du président américain en janvier.M. Trump a réactivé une loi du XVIIIe siècle, normalement utilisée en temps de guerre, pour expulser sans autre forme de procès les membres présumés de ce gang. Des groupes de défense des droits humains ont dénoncé pour leur part des “disparitions forcées et des détentions arbitraires” de ces immigrés vénézuéliens. Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a annoncé dimanche que dix “criminels” supplémentaires avaient été envoyés au Salvador.- Imbroglio judiciaire -Parmi les personnes expulsées en mars, figure Kilmar Ábrego García, un immigré salvadorien pour lequel l’administration a reconnu une “erreur administrative” car il était en principe inexpulsable depuis 2019.L’homme est au coeur d’un imbroglio judiciaire: la justice américaine exige qu’il soit ramené aux Etats-Unis, alors que l’administration explique qu’elle n’a plus aucun pouvoir sur son sort puisqu’il se trouve sur le sol salvadorien.”Comment puis-je le renvoyer aux Etats-Unis? Je le fais venir clandestinement aux Etats-Unis? Bien entendu, je ne vais pas faire ça. La question est absurde (…) Je n’ai pas le pouvoir de le renvoyer vers les Etats-Unis”, a déclaré M. Bukele.M. Trump a pour sa part également réaffirmé qu’il envisageait même de renvoyer au Salvador des citoyens américains qui commettent des crimes violents, en se disant “tout à fait d’accord” et en demandant à sa ministre de la Justice, Pam Bondi, d’examiner la question.La visite d’Etat de Nayib Bukele revêt également un enjeu économique: le Salvador a reçu 6 millions de dollars de la part de Washington pour avoir accepté d’emprisonner sur son sol ces criminels présumés.Mais le petit pays d’Amérique centrale reste malgré cela frappé par les nouveaux droits de douane de Donald Trump, à hauteur de 10%.Selon la Banque centrale du Salvador, près d’un tiers de ses exportations – en valeur – vont vers les Etats-Unis, ce qui représente 2,1 milliards de dollars pour des produits tels que le textile, le sucre ou le café.Quelque 2,5 millions de Salvadoriens vivent aux Etats-Unis, selon les chiffres du gouvernement américain. Les envois d’argent de ces expatriés ont pesé pour 23% du PIB de leur pays d’origine en 2024, soit 8,5 milliards de dollars, d’après la Banque centrale.Ces transferts se sont accélérés (+14%) en janvier et février par rapport à la même période en 2024 en raison des vagues d’expulsions des Etats-Unis, estiment des économistes.

Suicides de soignants à l’hôpital: les ministres Vautrin et Borne visées par une plainte

Conditions de travail “mortifères”, “management totalitaire”, “alertes ignorées”: une plainte a été déposée pour harcèlement moral et homicide involontaire contre les ministres de la Santé Catherine Vautrin et de l’Education Elisabeth Borne pour dénoncer des suicides de soignants de l’hôpital public.Cette plainte a été déposée jeudi auprès de la Cour de justice de la République (CJR) par 19 personnes – des soignants et des veufs ou veuves – et vise également les infractions de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner et mise en danger de la personne, a annoncé lundi à l’AFP l’avocate des plaignants, Me Christelle Mazza, confirmant une information de France Inter et du Monde.Une source judiciaire a confirmé à l’AFP la réception de cette plainte à la CJR.Mme Vautrin, qui a “une pensée pour toutes les familles touchées par ces drames”, ne fera “aucun commentaire à ce stade”. “La justice suit son cours dans l’indépendance qui est la sienne”, écrit-elle dans un message à la presse. Mme Borne est visée en tant que ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Interrogé, son ministère a exprimé “son soutien aux soignants ainsi qu’aux proches des soignants qui auraient été confrontés à des drames humains d’une telle gravité”. Le ministère a aussi “réaffirmé son engagement à coopérer pleinement avec les autorités judiciaires”.Le ministre délégué chargé de la Santé et de l’Accès aux soins Yannick Neuder est aussi concerné par les accusations. “L’hôpital connaît une crise majeure depuis de nombreuses années qui semble s’être aggravée depuis environ 2012-2013, par l’application continue de politiques publiques néolibérales qui, malgré de nombreux signaux d’alerte particulièrement inquiétants, dont des suicides, n’ont pas été corrigées, bien au contraire”, est-il écrit en préambule de la plainte.La dégradation des conditions de travail s’est accélérée depuis la crise sanitaire du Covid-19 à partir du printemps 2020, note Me Mazza.”La jurisprudence France Télécom doit s’imposer aux ministres comme à n’importe quel chef d’entreprise au nom du principe d’égalité devant la loi, en particulier quand il y a de telles atteintes à l’intégrité de la personne”, a-t-elle réagi auprès de l’AFP.Deux anciens dirigeants de France Télécom (devenu Orange en 2013) ont été condamnés pour harcèlement moral institutionnel en septembre 2022 par la cour d’appel de Paris. La Cour de cassation, qui a rejeté leurs pourvois en janvier, a estimé que “les agissements” visant à mettre en oeuvre, “en connaissance de cause, une politique d’entreprise qui a pour objet de dégrader les conditions de travail de tout ou partie des salariés aux fins de parvenir à une réduction des effectifs ou d’atteindre tout autre objectif, qu’il soit managérial, économique ou financier, ou qui a pour effet une telle dégradation”, peuvent caractériser une situation de harcèlement moral institutionnel.- “Vague de suicides” -La plainte, consultée par l’AFP, dénonce des “conditions de travail totalement illégales et mortifères”, “des rythmes insoutenables” dans différents corps médicaux, spécialités et régions de France, ainsi que “l’impunité organisée à l’encontre des auteurs des faits”.La “mécanique d’emprise pour organiser illégalement le sur-travail, réquisition de personnels, menaces, travail forcé en dehors de tout cadre réglementaire” ainsi que le “management totalitaire et inégalitaire” sont également pointés.”Les alertes remontées soit par dossier individuellement soit de manière systémique sont totalement ignorées”, est-il précisé. Il n’y a eu “aucune prise de conscience politique ni volonté de modifier le démantèlement de l’hôpital public”.Sont cités en exemple trois établissements, situés en Alsace, dans l’Hérault et dans les Yvelines, qui “connaissent une vague de suicides particulièrement préoccupante, sans aucune mesure mise en oeuvre, participant d’un déni institutionnel”.Un infirmier de santé au travail, qui s’est pendu dans son bureau en septembre 2023, a mis en cause dans “plusieurs lettres”, est-il relaté, “le comportement harcelant de la DRH (Direction des ressources humaines) mais aussi l’organisation du travail dans un service totalement sinistré de santé au travail”.Deux étudiantes infirmières se sont également suicidées dans cet établissement spécialisé en psychiatrie, selon la plainte. Par ailleurs, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) fait l’objet d’une plainte pour harcèlement moral institutionnel, est-il souligné dans le document.Sollicitée par l’AFP, l’AP-HP a indiqué de son côté que selon les informations à sa disposition, cette plainte avait été déposée par deux médecins faisant eux-même l’objet d’une enquête interne pour des faits de harcèlement, suite à des signalements de plusieurs soignants. La CJR est la seule juridiction habilitée à poursuivre et juger les membres du gouvernement pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions.bur-mk-slb-pgr/alu/as

La Hongrie amende la Constitution, ciblant les LGBT+ et les binationaux

Graver dans la Constitution l’existence des seuls genres masculin ou féminin et la primauté du droit des enfants sur tous les autres: le Parlement hongrois a adopté lundi un amendement visant à restreindre encore les libertés des personnes LGBT+.Le Premier ministre nationaliste Viktor Orban, qui avait promis en mars “un grand nettoyage de Pâques” contre ses rivaux taxés de “punaises”, a aussi fait adopter un texte s’attaquant aux binationaux, jugés “traîtres à la nation”. En possible ligne de mire, le financier et philanthrope George Soros.Avant le vote de cette révision approuvée à une large majorité de 140 voix contre 21, quelques dizaines de protestataires ont bloqué l’entrée du Parlement. Ils ont été rapidement délogés par la police mobilisée en nombre.”Quand nous tentions d’entraver la première refonte de la Constitution” en 2011, “jamais nous n’aurions pensé être encore là 14 ans plus tard”, a commenté sur place la députée d’opposition Timea Szabo.Dans l’hémicycle, des élus ont déployé une banderole en signe de protestation, tandis qu’à l’extérieur du bâtiment des centaines de manifestants scandaient: “On ne se laissera pas” transformer en “Russie de Poutine”.Ruby, une étudiante transgenre de 19 ans ne souhaitant pas donner son nom de famille, dit être venue pour se dresser contre un gouvernement qui cherche à “éliminer les personnes transgenres” et “cacher ce qu’il n’aime pas”. – “Poutinisme” -Revenu au pouvoir en 2010, Viktor Orban a progressivement mis au pas les contre-pouvoirs et accélère sa course qu’il qualifie d'”illibérale”, enhardi par la victoire de son allié Donald Trump, vers le “poutinisme”, analyse Szabolcs Pek, du groupe de réflexion Iranytu Intezet.”Personne n’y laisse la vie ici, mais le gouvernement réduit de plus en plus l’espace de l’opposition, des journalistes et de la société civile”, estime-t-il.En écho à un décret signé par le président américain Donald Trump, la Constitution stipule désormais qu’une personne est “soit un homme, soit une femme”.Autre texte voté lundi, celui affirmant “la primauté du droit des enfants à un développement physique, mental et moral correct sur tout autre droit”.Le gouvernement entend ainsi renforcer les bases légales de l’interdiction de la Marche des fiertés, décidée au nom de “la protection des enfants”.Depuis l’approbation mi-mars de cette loi, la capitale vit au rythme des manifestations: des milliers de personnes défilent et bloquent des ponts pendant des heures chaque semaine. Samedi, une foule a protesté en gris pour symboliser l’uniformité souhaitée selon ses opposants par Viktor Orban.- “Piège” -Dans le viseur également, les binationaux qui menaceraient la sécurité en s’immisçant dans les affaires intérieures “sous le couvert d’ONG et de médias se disant indépendants”. Selon le texte, “la citoyenneté d’un Hongrois détenteur d’un autre passeport pourrait être suspendue”, à l’exception des ressortissants de l’UE et de quelques autres pays européens. Une durée maximale de dix ans est prévue avec une expulsion à la clé pour ceux résidant en Hongrie.Bête noire du pouvoir, le milliardaire de 94 ans George Soros, né à Budapest et naturalisé américain, pourrait en faire les frais.Une trentaine de juristes ont dénoncé une mesure “sans précédent en droit international”, qui peut “constituer une forme de bannissement et de traitement inhumain”.Sur le plan politique, M. Orban cherche à mobiliser son électorat et à courtiser l’extrême droite à l’approche des législatives du printemps 2026, selon l’expert Szabolcs Pek.Une “frénésie” législative, dit-il, qui lui a permis de reprendre le contrôle de l’agenda, éclipsant “le débat sur les services publics défaillants ou les difficultés économiques”.Dans le même temps, le dirigeant tend “un piège” à son grand rival, Peter Magyar, dont le parti Tisza fait la course en tête selon plusieurs sondages.Cet ancien haut fonctionnaire s’est mué en critique virulent de la corruption et pose un défi sans précédent au pouvoir. Mais il est contraint à un exercice d’équilibriste: soucieux de ménager certains électeurs, il n’a pas pris position sur les droits LGBT+, un silence qui pourrait, d’après M. Pek, détourner les plus progressistes vers d’autres partis d’opposition.