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Affaire Epstein: Hillary Clinton auditionnée, réclame d’entendre Trump

L’ex-cheffe de la diplomatie américaine Hillary Clinton a contre-attaqué jeudi lors de son audition par une commission d’enquête sur les relations de son couple avec Jeffrey Epstein en réclamant que Donald Trump soit entendu sur ses propres liens avec le criminel sexuel.”Si cette commission voulait sérieusement connaître la vérité sur les crimes d’exploitation sexuelle d’Epstein (…) elle demanderait directement à notre président actuel de s’expliquer sous serment sur des dizaines de milliers de fois où il apparaît dans le dossier”, a-t-elle lancé dans une déclaration préliminaire qu’elle a partagée sur X.Des membres de la commission de la Chambre des représentants à majorité républicaine se sont déplacés pour l’occasion jusqu’à Chappaqua, petite ville au nord de New York où les Clinton possèdent une maison. L’ex-secrétaire d’Etat est entendue en premier, avant son mari qui, lui, s’exprimera vendredi. Les parlementaires ont “beaucoup de questions” à leur poser, a insisté son président, le républicain James Comer.L’ex-président démocrate Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord du jet privé de Jeffrey Epstein et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait affirmé en 2019 ne pas lui avoir parlé depuis plus d’une décennie. Hillary Clinton a pour sa part déclaré à peine connaître le financier et criminel sexuel, décédé en prison en 2019.”Personne, à l’heure actuelle, n’accuse les Clinton de la moindre malversation. Ils bénéficieront d’une procédure régulière, mais nous avons beaucoup de questions, et l’objectif de toute l’enquête est d’essayer de comprendre de nombreux aspects de l’affaire Epstein”, a poursuivi James Comer.Robert Garcia, élu démocrate au sein de la commission, a accusé la Maison Blanche de dissimuler des allégations contre Donald Trump, évoquant le retrait par le gouvernement de documents mentionnant le président américain, dont certains relatant, selon la presse, des accusations d’agression sexuelle sur mineure.”Nous allons exiger, dans les prochains jours, la publication des documents restants”, a-t-il dit, ajoutant : “Faisons venir le président Trump devant notre commission pour répondre aux questions!”.Devant le petit centre culturel municipal où se tient l’audition, la police a érigé des barricades métalliques.Dans la matinée, un couple de personnes âgées s’est rendu sur place avec une pancarte exigeant que Donald Trump soit entendu.- Audition en pause -Jim Levine, 34 ans, qui vit près de là, juge que c’est un “privilège” que les Clinton puissent déposer sous serment près de leur domicile. “Enfermez-la, voilà ce que je dis”, lance-t-il à propos de l’ex-secrétaire d’Etat.Peu après qu’elle ait démarré, l’audition a été interrompue en raison de la diffusion à l’extérieur d’une photo de la rencontre par l’une des élues présentes, contrairement aux règles de confidentialité qui s’imposent.L’audition n’est pas publique, mais son enregistrement devrait par la suite être dévoilé, probablement vendredi, quand Bill Clinton aura à son tour été entendu.C’est le même groupe de parlementaires qui avait entendu le 9 février la complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, en visioconférence depuis la prison où elle purge une peine de 20 ans d’emprisonnement pour exploitation sexuelle.Donald Trump et Bill Clinton, tous deux âgés de 79 ans, ont chacun entretenu des liens avec Jeffrey Epstein mais assurent avoir rompu avec lui bien avant sa mort en prison à New York et n’avoir pas eu connaissance de ses crimes sexuels.Le ministère américain de la Justice a publié le 30 janvier “plus de trois millions de pages” en partie caviardées, affirmant que l’administration Trump s’était ainsi acquittée de son obligation de faire toute la lumière sur ce dossier explosif.Ces millions de documents ne contiennent pas d’éléments pouvant aboutir à des poursuites supplémentaires de la part de la justice américaine, avait prévenu d’emblée le numéro 2 du ministère, Todd Blanche.Mais depuis leur publication, des dirigeants et personnalités du monde entier ont été éclaboussés pour leurs liens passés avec Jeffrey Epstein, provoquant enquêtes pénales, arrestations et démissions en cascade, principalement en Europe.Initialement convoqués en octobre, Bill et Hillary Clinton avaient refusé de se présenter.Mais menacé par la commission de poursuites pour entrave au Congrès, le couple a finalement annoncé fin janvier accepter d’être entendu.

Affaire Epstein : le patron du Forum de Davos Børge Brende annonce sa démission

Børge Brende, le patron du Forum économique mondial de Davos, a annoncé jeudi sa démission, après des révélations et l’ouverture d’une enquête interne sur ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.Le nom du patron de cette organisation – qui réunit chaque année les élites du monde économique, politique et diplomatique dans la station de …

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France : une Iranienne condamnée à un an ferme, le sort de deux Français en suspens

La justice française a condamné jeudi l’Iranienne Mahdieh Esfandiari à un an de prison ferme assorti d’une interdiction définitive du territoire, notamment pour apologie du terrorisme, une peine contre laquelle elle dit vouloir faire appel.Mme Esfandiari, sortie libre du tribunal correctionnel de Paris, pourrait servir de possible monnaie d’échange avec Téhéran contre les Français Cécile Kohler et …

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France: l’Iranienne Esfandiari condamnée à un an de prison ferme, annonce faire appel

La justice française a condamné jeudi l’Iranienne Mahdieh Esfandiari à un an de prison ferme assorti d’une interdiction définitive du territoire, notamment pour apologie du terrorisme, une peine contre laquelle elle dit vouloir faire appel, a constaté une journaliste de l’AFP présente au tribunal correctionel de Paris.Mme Esfandiari, sortie libre du tribunal, pourrait servir de possible monnaie …

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Municipales: Mélenchon en meeting à Lyon, sous pression depuis la mort de Quentin Deranque

L’événement, prévu de longue date, prend une résonance particulière depuis la mort de Quentin Deranque: Jean-Luc Mélenchon tient jeudi soir à Lyon un meeting de soutien à la candidate LFI aux municipales, alors que la France insoumise est en pleine tourmente.Le fondateur de La France insoumise prendra la parole vers 20h à la Bourse du travail, aux côtés de la députée du Rhône et candidate dans la capitale des Gaules, Anaïs Belouassa-Cherifi.Le mouvement de gauche radicale, accusé par ses rivaux d’encourager un climat de violence, réfute toute responsabilité indirecte dans la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque. Et ce même si un collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, originaire de Lyon et cofondateur du mouvement antifasciste dissous La Jeune Garde, est mis en examen pour complicité d’homicide.Tout en condamnant les violences et la mort de Quentin Deranque, les Insoumis ont refusé de couper les ponts avec la Jeune Garde et Raphaël Arnault.”Nous ne renierons pas nos camarades et amis de la Jeune Garde. Nous ne chasserons pas de nos rangs le camarade Raphaël Arnault”, a insisté Jean-Luc Mélenchon en début de semaine. “L’objet même de la Jeune Garde, c’était de protéger les Lyonnaises et les Lyonnais progressistes”, a abondé mardi soir lors d’un débat sur BFMTV la candidate Anaïs Belouassa-Cherifi. – “Plus sa place” -Mais les arguments avancés par La France insoumise, notamment celui selon lequel un employeur (en l’occurrence Raphaël Arnault) n’est pas responsable des actes commis par ses salariés (ses collaborateurs parlementaires) ne semblent pas convaincre l’opinion.Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi, 66% des Français ne sont pas d’accord avec cette idée.Jeudi matin, ce sont deux figures de gauche, François Ruffin et Marine Tondelier, qui ont appelé à la démission du co-fondateur de la Jeune Garde.Le premier en raison de la mise en examen de son collaborateur parlementaire. La seconde en raison de la condamnation pour violences du député du Vaucluse, survenue avant son élection à l’Assemblée mais devenue définitive après, lorsqu’il s’est désisté de son appel. A Lyon jeudi pour soutenir les sortants écologistes à la mairie et à la métropole, Grégory Doucet et Bruno Bernard, le sénateur Yannick Jadot a également appelé Jean-Luc Mélenchon à “rejetter la violence de la Jeune Garde, très clairement”. Quant à Raphaël Arnault, il “n’a plus vraiment de place à l’Assemblée nationale”, a-t-il ajouté.- Dispositif sécuritaire renforcé -La question de la sécurisation du meeting sera primordiale, alors que la ville est connue pour ses affrontements entre groupes d’ultra-gauche et d’ultra-droite et que la marche en hommage au militant nationaliste le week-end dernier a été marquée par des saluts nazis. “Aucune menace caractérisée” n’a été repérée à ce stade, mais “compte tenu du contexte”, un dispositif renforcé a été mis en place, a expliqué mercredi une source policière à l’AFP. Une compagnie de CRS sera mobilisée ainsi que des effectifs de la police nationale pour sécuriser notamment les accès par transports en commun au meeting, selon cette source.”Nous sommes parfaitement bien organisés et préparés, comme nous le sommes pour chacun de nos meetings, qui se sont toujours bien passés malgré les provocations incessantes de l’extrême droite”, indique pour sa part l’entourage de Jean-Luc Mélenchon à l’AFP.François Hollande, autre figure de gauche, volontiers critique de LFI et Jean-Luc Mélenchon, est attendu à Lyon en fin d’après-midi. L’ancien président doit notamment assister à la diffusion d’un documentaire sur lui dans un cinéma.A moins de trois semaines du scrutin, la campagne prend un nouveau tournant avec la fin du dépôt des listes en préfecture. Le couperet pour les quelque 34.700 communes est tombé à 18H00 et il faudra s’attendre à quelques exceptions comme l’île de Molène, qui faute de candidats sera privée de premier tour le 15 mars.Des rebondissements ont eu lieu aussi, comme à Marseille où Christine Juste, adjointe au maire à l’environnement, furieuse de ne pas figurer sur la liste du maire sortant Benoît Payan (divers gauche) pour cette nouvelle élection, a réussi en quelques jours à monter sa propre équipe, officialisée jeudi. Des meetings sont également attendus, à Toulouse pour l’Insoumis François Piquemal, ou Strasbourg, pour la maire écologiste, Jeanne Barseghian, en difficulté dans les sondages. A Pau, c’est l’ancien Premier ministre François Bayrou, candidat à sa réélection à la mairie, qui doit présenter son programme. 

La Première ministre danoise convoque des législatives pour le 24 mars

La Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, a convoqué jeudi des élections législatives pour le 24 mars, mettant la défense et la sécurité au coeur de son programme, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues.Grand soutien de l’Ukraine, la dirigeante social-démocrate a récemment vu sa popularité chancelante remonter avec sa gestion de la crise autour du Groenland, un territoire autonome danois convoité par Donald Trump.”Aujourd’hui, j’ai recommandé à Sa Majesté le Roi de convoquer des élections au Folketing”, le Parlement danois, pour le 24 mars, a-t-elle dit devant les élus. Dans le système politique du Danemark, la législature dure quatre ans maximum et la cheffe du gouvernement était tenue d’organiser un tel scrutin avant le 31 octobre.Selon un sondage publié la semaine dernière par la chaîne TV2, 21% des électeurs ont l’intention de voter pour les sociaux-démocrates, ce qui cimenterait leur place en tant que première force politique danoise, malgré un recul de 6,5 points par rapport à 2022. A l’automne, ils n’étaient crédités que de 19%.”Vous savez ce que je défends. Si je dois être votre Première ministre, cela dépendra de la force du mandat que vous accorderez aux sociaux-démocrates” à l’occasion de ces législatives, a-t-elle ajouté.Elle en a profité pour présenter les grandes lignes de son programme électoral, qui inclut un recul de l’âge du départ à la retraite et l’introduction d’un impôt sur la fortune.La dirigeante social-démocrate plaide aussi pour une politique migratoire stricte, dans un contexte où le parti du Peuple danois (extrême droite) veut mettre l’accent sur la politique d’expulsions et la lutte contre l’inflation.”La Première ministre, de toute évidence, ne s’intéresse pas aux politiques qu’elle va mener. Elle ne s’intéresse qu’au fait de redevenir Première ministre”, a déploré son chef Morten Messerschmidt, interrogé par l’AFP.- “Pleinement s’affirmer” -A l’international, le Danemark, un des principaux fournisseurs d’aide tant militaire que civile à Kiev, doit continuer à se réarmer et à contribuer à la protection de l’Europe en aidant l’Ukraine contre la Russie, a plaidé Mette Frederiksen.”La politique de sécurité est et restera le fondement même de la politique danoise pour de très nombreuses années”, a-t-elle lancé.Au cours des quatre prochaines années, le Danemark devra “pleinement s’affirmer” : les relations avec les Etats-Unis devront, entre autres, être redéfinies.”Nous devrons maintenir l’unité de l’Europe et assurer l’avenir du Royaume”, a insisté Mette Frederiksen.  Après avoir longtemps refusé d’exclure l’usage de la force pour prendre le contrôle du Groenland, le président américain a annoncé fin janvier un “cadre d’accord” négocié avec le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, dont les détails ne sont pas connus.Le Danemark et ce territoire autonome martèlent qu’ils sont les seuls à pouvoir prendre les décisions qui les concernent.Parallèlement, un groupe de travail rassemblant des hauts-fonctionnaires danois, groenlandais et américains travaille sur la question du Groenland, sans que sa feuille de route ait été rendue publique.De son côté, l’Otan a entamé une mission, baptisée Arctic Sentry, pour renforcer sa présence dans l’Arctique.Pour Maria Thisted Jensen, qui travaille dans une agence de voyage, “peut-être que le Groenland prendra aussi un peu de place” dans la campagne. “Je sais que beaucoup de gens y pensent, au moins aux États-Unis, à Trump, au Groenland et la situation en Ukraine et en Russie; à la situation mondiale dans son ensemble”, a réagit la quinquagénaire à l’AFP.”Même en période électorale, le monde extérieur ne nous attend pas. L’instabilité internationale se poursuit et le conflit concernant le Groenland n’est pas terminé”, a constaté Mme Frederiksen.Elue en 2019 à l’âge de 41 ans, elle était devenue le plus jeune chef de gouvernement du Danemark. Elle a été reconduite dans ses fonctions à l’issue des législatives de 2022 en formant une coalition avec des partis de centre-droit.Pour Glenn Lulloff, un retraité de 62 ans, la politique sociale-démocrate a fait son temps. “J’étais un gars +rouge+. Mais aujourd’hui, je suis sûr que je vais passer au bloc bleu”, qui rassemble les partis de droite, confie-t-il à l’AFP.Si la popularité de Mme Frederiksen a été renforcée par sa position face à Washington sur le Groenland, le parti social-démocrate a subi un revers aux élections municipales l’an dernier.Il a perdu près de la moitié des municipalités sous son contrôle, dont la capitale Copenhague, une première en plus de 100 ans de règne social-démocrate. 

Affaire Epstein: les époux Clinton auditionnés, les démocrates veulent entendre Trump

Une commission d’enquête parlementaire a commencé jeudi à auditionner l’ex-cheffe de la diplomatie américaine Hillary Clinton, avant son mari Bill Clinton le lendemain, sur les liens du couple avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, mais les démocrates réclament aussi d’entendre Donald Trump.Les membres de cette commission de la Chambre des représentants a majorité républicaine, qui se sont déplacés pour l’occasion jusqu’à Chappaqua, petite ville au nord de New York où les Clinton possèdent une maison, ont “beaucoup de questions” à leur poser, a insisté son président, le républicain James Comer.L’ancien président démocrate Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord du jet privé de Jeffrey Epstein et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait affirmé en 2019 ne pas lui avoir parlé depuis plus d’une décennie. Hillary Clinton pour sa part a déclaré à peine connaître le financier et criminel sexuel, décédé en 2019.”Personne, à l’heure actuelle, n’accuse les Clinton de la moindre malversation. Ils bénéficieront d’une procédure régulière, mais nous avons beaucoup de questions, et l’objectif de toute l’enquête est d’essayer de comprendre de nombreux aspects de l’affaire Epstein”, a poursuivi James Comer.Robert Garcia, élu démocrate au sein de la commission, a accusé pour sa part la Maison Blanche de dissimuler des allégations contre Donald Trump, évoquant le retrait par le gouvernement de documents mentionnant le président américain, dont certains relatant selon la presse des accusations d’agression sexuelle sur mineure.”Le ministère de la Justice continue d’organiser une dissimulation orchestrée par la Maison-Blanche et nous allons exiger, dans les prochains jours, la publication des documents restants”, a-t-il dit, ajoutant : “faisons venir le président Trump devant notre commission pour répondre aux questions”.C’est ce même groupe de parlementaires qui avait entendu le 9 février la complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, en visioconférence de la prison où elle purge une peine de 20 ans d’emprisonnement pour exploitation sexuelle.Comme cela avait été le cas pour elle, l’audition des époux Clinton sera rendue publique à son issue, probablement vendredi.L’audition de Ghislaine Maxwell avait rapidement tourné court, celle-ci ayant sans surprise invoqué son droit constitutionnel à garder le silence. Mais elle “est prête à parler complètement et honnêtement si elle obtient une grâce du président Donald Trump”, avait déclaré son avocat David Markus.Mme Maxwell serait prête notamment à témoigner du fait que “le président Trump et le président Clinton sont innocents de tout méfait”, a assuré son avocat.- “Rien à cacher” -Donald Trump et Bill Clinton, tous deux âgés de 79 ans, ont chacun entretenu des liens avec Jeffrey Epstein mais assurent avoir rompu avec lui bien avant sa mort en prison à New York  et n’avoir pas eu connaissance de ses crimes sexuels.”Nous n’avons rien à cacher”, a déclaré Hillary Clinton, 78 ans, à la BBC en février, rappelant que le couple avait demandé à maintes reprises la publication de l’intégralité du dossier Epstein.Le ministère américain de la Justice a publié le 30 janvier “plus de trois millions de pages” en partie caviardées du dossier Epstein, affirmant que l’administration Trump s’était ainsi acquittée de son obligation, imposée par une loi adoptée en novembre par le Congrès, de faire toute la lumière sur ce dossier politiquement explosif.Ces millions de documents ne contiennent pas d’élément pouvant aboutir à des poursuites supplémentaires de la part de la justice américaine, avait prévenu d’emblée le numéro 2 du ministère, Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump.Mais depuis leur publication, de nombreux dirigeants et personnalités du monde entier ont été éclaboussés pour leurs liens passés avec Jeffrey Epstein, provoquant enquêtes pénales, arrestations et démissions en cascade, principalement en Europe.La simple mention du nom d’une personne dans le dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part.Le témoignage des époux Clinton clôt des mois de bataille avec le chef républicain de cette commission.Initialement convoqués en octobre, Bill et Hillary Clinton avaient refusé de se présenter, dénonçant une tentative des républicains de détourner l’attention de la proximité passée entre Jeffrey Epstein et Donald Trump.Menacé par la commission de poursuites pour entrave au Congrès, le couple a finalement annoncé fin janvier accepter d’être entendu. Tous deux ont exigé en vain des auditions publiques, disant vouloir éviter une instrumentalisation de leurs propos par les républicains.

Crash électrique pour Stellantis, qui affiche la plus lourde perte pour un groupe français depuis 2002

Pénalisé par ses déboires dans les voitures électriques, le constructeur automobile Stellantis a publié jeudi une perte nette de 22,3 milliards d’euros pour l’année 2025, la plus lourde depuis celle de Vivendi en 2002.Ce déficit record du groupe italo-franco-américain aux 14 marques (Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge DS, Fiat, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot, Ram, Vauxhall…) s’explique par des charges de 25,4 milliards d’euros, qui financeront la réduction de sa production dans l’électrique, où les ventes sont très inférieures à ses attentes, et la relance de modèles à essence ou diesel.Cette décision est d’abord liée à la lenteur du développement des véhicules électriques aux États-Unis, premier marché de Stellantis, où l’administration Trump a supprimé les aides fédérales.En annonçant le 6 février cette provision colossale, le nouveau directeur général Antonio Filosa, arrivé en juin pour remplacer Carlos Tavares, avait expliqué vouloir “réinitialiser” la stratégie du groupe qui a “surestimé” le rythme de la mutation électrique, surtout aux États-Unis.Mais son analyse concerne aussi l’Europe: selon lui, les exigences de Bruxelles sur l’électrification auto sont irréalistes, surtout pour les véhicules utilitaires, dont Stellantis détient 30% du marché européen.”En Europe, les évolutions réglementaires constituent de véritables obstacles pour l’industrie et pour nos clients, en particulier dans le secteur des véhicules utilitaires légers. La trajectoire d’électrification exigée par les régulateurs pour ces véhicules n’a rien à voir avec la demande réelle du marché. Nous continuons donc de plaider pour des solutions pragmatiques dans nos échanges avec les institutions et les décideurs politiques”, a-t-il lancé devant des analystes.Les provisions financeront notamment l’arrêt de certains modèles électriques et de projets d’usines de batteries en Amérique du Nord. La perte de Stellantis est la plus lourde pour un groupe français depuis le précédent record de Vivendi (23,3 milliards d’euros en 2002), devant celle de France Télécom (20,7 milliards en 2002) et plus récemment d’EDF (17,9 milliards en 2022). C’est aussi presque le triple du précédent record pour un groupe automobile français, celui de Renault en 2020 (une perte de 8 milliards).Comme Stellantis, Ford et General Motors ont passé récemment de très lourdes charges liées à la faiblesse des ventes de voitures électriques aux États-Unis.  En 2025, le chiffre d’affaires de Stellantis a baissé de 2%, à 153,5 milliards d’euros, malgré une hausse de 1% des ventes en volume, à 5,5 millions de véhicules. Les recettes ont pâti d’une nouvelle politique de baisse des prix, qui tourne le dos à la stratégie de Carlos Tavares.Au second semestre 2025, le chiffre d’affaires a en revanche progressé de 10%, avec 2,8 millions de véhicules livrés, grâce à un rebond de 39% aux États-Unis.Pour 2026, le groupe confirme ses perspectives d’une amélioration de son chiffre d’affaires et d’un retour à une marge légèrement positive. – Retour du thermique -Les ventes devraient être portées cette année par la montée en puissance de nouveaux modèles, notamment des pick-up thermiques aux États-Unis. Stellantis espère un niveau de prix stable, en hausse sur le marché américain, mais en baisse en Europe. Pour le groupe, “il n’y a pas de conflit entre diesel et innovation, il faut fournir ce que les clients demandent”.En revanche, les droits de douanes mis en place aux États-Unis ont pesé sur les comptes à hauteur de 1,2 milliard d’euros en 2025 et devraient de nouveau les amputer de 1,6 milliard en 2026, même si la Cour suprême les a entre-temps invalidés.L’action Stellantis, qui avait chuté de 24% depuis l’annonce des 22 milliards d’euros de charges début février, a regagné près de 6% jeudi, les marchés étant rassurés par le rebond des ventes depuis l’été.Pour le syndicat CFE-CGC, “cette contre-performance est la conséquence des choix financiers hérités de l’ère Carlos Tavares, qui ont enfermé Stellantis dans une logique de rentabilité à court terme, avec des fournisseurs mis en tension, des effectifs sous pression, une qualité en baisse et des parts de marché en recul”. La vente des voitures tout électriques se développe inégalement dans le monde, d’où un impact contrasté selon les constructeurs. Elle est rapide en Chine, où les voitures 100% électriques représentent environ la moitié des ventes, lente aux États-Unis (environ 8% des ventes) et intermédiaire en Europe (20% environ), encore loin des 90% que vise l’UE pour 2035. En 2022, Stellantis espérait vendre 100% de véhicules électriques en Europe et 50% aux États-Unis pour 2030. 

Affaire Epstein : le patron du Forum de Davos Børge Brende annonce sa démission

Børge Brende, le patron du Forum économique mondial de Davos, a annoncé jeudi sa démission, après des révélations et l’ouverture d’une enquête interne sur ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.Le nom du patron de cette organisation – qui réunit chaque année les élites du monde économique, politique et diplomatique dans la station de ski suisse de Davos – est ressorti dans les millions de documents mis en ligne par le Département américain de la justice, à travers une centaine de SMS et courriels échangés, mentionnant trois dîners avec Jeffrey Epstein. Début février, l’organisation, déjà secouée par la démission l’an passé de son fondateur, Klaus Schwab, avait donc décidé d’ouvrir une enquête interne.   “Après mûre réflexion, j’ai décidé de quitter mes fonctions”, a déclaré Børge Brende dans un communiqué publié jeudi par l’organisation, se disant “convaincu que le Forum peut désormais poursuivre son important travail sans distraction”. Ancien ministre des Affaires étrangères de Norvège et diplomate, il dirigeait l’organisation depuis 2017.Dans le communiqué, le Forum économique mondial a dit “respecter sa décision”, le remerciant pour sa contribution “déterminante durant une période charnière de réformes pour l’organisation”. L’enquête interne, menée par un conseil externe, a été refermée et n’a “pas soulevé de préoccupations supplémentaires au-delà de ce qui a été divulgué jusqu’alors”, précise le communiqué. La direction va être confiée au Suisse Alois Zwinggi, un des membres de la direction, qui va assurer l’intérim en attendant que le conseil d’administration désigne un successeur. – Trois dîners -Début février, M. Brende avait déclaré ne pas avoir “eu conscience du passé et activités criminelles” de Jeffrey Epstein, expliquant que les “diners, et quelques emails et messages par SMS” étaient toute “l’étendue” de ses interactions avec le financier américain. Il aurait sinon “décliné” l’invitation aux dîners durant lesquels il l’avait rencontré. Les documents mis en ligne par le département américain de la justice ont fait ressortir une première rencontre en 2018 lors d’un déplacement à New York durant lequel M. Bende avait été invité par le diplomate et ancien vice-Premier ministre norvégien Terje Rod-Larsen à un dîner auquel participaient plusieurs dirigeants.Jeffrey Epstein, une figure de la jet-set new-yorkaise dans les années 1990-2000, lui avait alors été présenté “comme un investisseur américain”, s’était défendu M. Brende début février. L’année suivante, il avait assisté à deux dîners similaires, comptant là encore Jeffrey Epstein et d’autres diplomates et dirigeants. Accusé d’avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures, Jeffrey Epstein avait été retrouvé pendu dans sa cellule en 2019, avant d’être jugé.La simple mention du nom d’une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori de cette personne. Mais les documents rendus publics montrent à tout le moins des liens entre le criminel sexuel Jeffrey Epstein ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l’existence de tels rapports.L’an passé, le Forum économique mondial avait déjà été secoué par une enquête interne contre Klaus Schwab et son épouse suite à des accusations portées contre eux par des lanceurs d’alerte anonymes affirmant qu’ils avaient mélangé leurs affaires personnelles avec les ressources du Forum.M. Schwab, qui avait parlé “d’accusations malveillantes”, avait été blanchi par cette enquête interne qui n’avait trouvé “aucune preuve de faute grave” ou de “mauvaise conduite” de sa part, ni de son épouse.  

Le nombre de fermes en agriculture biologique a baissé pour la première fois en 2025

Le nombre de producteurs engagés en agriculture biologique a baissé pour la première fois en 2025, selon les premières estimations de l’Agence Bio, quand la consommation a nettement rebondi, ce qui inquiète quant à l’approvisionnement en produits sans pesticides et engrais de synthèse.Le nombre de fermes engagées en bio est passé de 61.876 en 2024 à 61.490 en 2025, soit une baisse de 386 fermes (-0,6%), les nouveaux arrivants n’ayant pas compensé ceux partis à la retraite ou ayant abandonné ce mode de production, a annoncé jeudi l’Agence Bio lors d’une conférence de presse au Salon de l’agriculture. Ce chiffre doit encore être consolidé, a prévenu cette agence chargée de la promotion de l’agriculture biologique mais aussi de construire les statistiques sur la consommation et la production.C’est un “signal qu’il ne faut pas prendre à la légère”, a mis en garde Marine Bré-Garnier, de l’observatoire national de l’agriculture biologique intégré à l’agence, puisque la consommation a montré de très bons signes de reprise en 2025.Avec l’inflation, la consommation de produits bio avait chuté à partir de 2022 et n’a entamé sa reprise qu’en 2024 (+0,8% en valeur), confirmée en 2025 (+3,5% selon des chiffres encore à consolider communiqués jeudi).- “Déconversion” -Cette relance de la consommation s’observe sur presque tous les circuits, y compris dans la grande distribution (+1,7%), à l’exception des enseignes “discount”.Entre 2022 et 2024, la conception du “bien manger” avait évolué chez les Français: l’impact des produits sur la santé était moins souvent cité que le plaisir et la convivialité.En 2025, l’impact des produits sur la santé a retrouvé sa deuxième place derrière l’alimentation équilibrée dans la conception du “bien manger”, selon le baromètre annuel de l’agence. La santé reste la raison principale motivant les consommateurs de produits bio.En 2013-2014, les débats sur les OGM et des scandales sanitaires avaient boosté cette consommation. En 2025, les débats sur la loi Duplomb, qui prévoyait le retour d’un pesticide interdit, ont peut-être joué un rôle dans la reprise, reconnaît le nouveau président de l’Agence Bio, Bruno Martel, en modérant l’hypothèse avec d’autres facteurs.Ces dernières années, les fluctuations de la consommation ont entraîné un mouvement de “déconversion”, non seulement d’agriculteurs mais aussi de transformateurs. En témoignent les reliquats de plusieurs millions d’euros sur les fonds européens destinés à la conversion au bio.- “Paradoxe” -“On va avoir au moins sur le premier semestre 2026 une réadéquation offre-demande”, a déclaré Bruno Martel. Il faut “attendre” de voir se confirmer cette adéquation pour “relancer des actions de stimulation de la conversion” des agriculteurs au bio, a-t-il ajouté, un processus long qui peut prendre plusieurs années avant d’obtenir la certification.La loi fixe un objectif de 21% des surfaces agricoles dédiées au bio d’ici 2030, soit le double des surfaces de 2024 (10,1%), en repli pour la deuxième année consécutive. Ce mouvement pourrait se poursuivre en 2025.”Nous faisons face à un paradoxe: la demande en bio repart mais les fermes restent fragilisées et la production recule. Le risque est de manquer de produits bio demain”, déclarait peut avant l’ouverture du salon Loïc Madeline, coprésident de la fédération des agriculteurs bio (Fnab), appelant à des “politiques publiques et des financements ambitieux”.Ce mode de production n’a pas été mentionné dans le cadre des travaux sur la souveraineté alimentaire menés sous l’égide de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.Au printemps 2025, l’Agence Bio avait vu chuter son budget communication mais aussi celui du fonds avenir bio qu’elle gère, après avoir été menacée de disparition dans le cadre du budget 2025. Le coûteux stand sur le salon de l’agriculture a été remplacé par le camion qui sillonne habituellement la France pour promouvoir le bio. Le budget de 2025 a été “maintenu” en 2026, a précisé M. Martel, qui veut rassurer sur l’avenir de l’agence, après le départ mi-février du syndicat des magasins spécialisés Synadis Bio, qui affirme qu’elle est “menacée de démantèlement”. Et alors que le recrutement est en cours pour remplacer la directrice de l’agence Laure Verdeau, connue pour son franc-parler notamment vis-à-vis du ministère de l’Agriculture.