AFP World
La Russie reprend ses frappes en Ukraine après la trêve pascale
La Russie a repris lundi ses frappes sur l’Ukraine après l’expiration d’un fragile cessez-le-feu à l’occasion de Pâques, Vladimir Poutine mettant pour sa part en doute la prolongation, proposée par Kiev, de la trêve dans les bombardements des infrastructures civiles.Parallèlement, Donald Trump a dit espérer un “accord” dans la semaine entre Kiev et Moscou, qui a déclenché il y a plus de trois ans l’invasion de l’Ukraine.Les tractations diplomatiques à l’initiative du président américain pour mettre fin à cette guerre qui a fait des dizaines de milliers de morts durent depuis deux mois, sans résultats concrets.Dans son rapport quotidien, le ministère russe de la Défense a quant à lui fait savoir lundi que la Russie avait effectué des frappes sur des cibles militaires dans 74 endroits en Ukraine après “la fin” du cessez-le-feu.- Proposition russe d’échanges bilatéraux -Le chef de l’Etat ukrainien Volodymyr Zelensky, qui avait accepté la trêve annoncée par Moscou, avait assuré dimanche soir que les forces russes l’avaient violée “plus de 2.000 fois” dans la journée, tout en relevant qu’elles n’avaient procédé à aucun raid aérien sur cette période.Il avait aussi proposé une prolongation de 30 jours de la suspension des frappes de drones et de missiles de longue portée sur les infrastructures civiles.Répondant à cette proposition, Vladimir Poutine a accusé lundi l’Ukraine d’abriter des cibles militaires sur des sites civils.Il a ainsi défendu le tir de missiles russes sur la ville ukrainienne de Soumy, le 13 avril, qui avait fait au moins 35 morts, affirmant qu’il avait visé une remise de médailles, dans une installation “civile”, à des militaires ukrainiens ayant “commis des crimes” dans la région russe voisine de Koursk.Le président russe n’a toutefois pas formellement exclu de prolonger cette trêve : “Tout cela mérite d’être étudié attentivement. Peut-être de façon bilatérale, à la suite de dialogues. Nous n’excluons pas cela. Nous allons donc analyser tout cela et prendre les décisions appropriées”, a-t-il déclaré à la presse russe.Son porte-parole, Dmitri Peskov, a précisé que M. Poutine parlait bien de possibles consultations bilatérales avec l’Ukraine, ce qui serait une première depuis le printemps de 2022 et des pourparlers de paix ayant échoué, au début de l’invasion.- Baisse d’intensité de combats -A Kiev, où une alerte antiaérienne a retenti pendant une heure à l’aube lundi en raison d’une menace de drones, des Ukrainiens interrogés par l’AFP se disent surpris et soulagés par ce bref répit mais ne croient pas en une trêve durable. “Ca a été positif” pour “se reposer ne serait-ce qu’une journée” car “les gens sont épuisés”, a raconté à l’AFP Viktor Danyltchouk, un militaire en permission, tout en jugeant “impossible” un accord rapide avec Moscou car “l’ennemi ne cesse d’attaquer”.Plusieurs soldats ukrainiens déployés dans divers secteurs du front y ont constaté une considérable baisse de l’intensité des attaques russes dimanche, sans toutefois qu’elles aient complètement cessé.Du côté de la Russie, le ministère de la Défense avait fait état de tentatives infructueuses des Ukrainiens d'”attaquer les positions russes” dans plusieurs zones de la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine.Les autorités russes ont également évoqué des actions militaires ukrainiennes contre les régions russes frontalières de Briansk, Koursk et Belgorod, dans lesquelles “des civils ont été tués ou blessés”.- Négociations dans l’impasse -Dans un message diffusé sur son réseau Truth Social, Donald Trump a néanmoins dit dimanche espérer un accord “dans la semaine” entre la Russie et l’Ukraine : “Toutes deux pourront ensuite faire de bonnes affaires avec les Etats-Unis d’Amérique, qui sont en plein essor, et gagner une fortune !”, a-t-il écrit. Interrogé sur ces déclarations, Dmitri Peskov a affirmé lundi que le Kremlin espérait que “le travail avec la partie américaine” apporterait “des résultats” mais n’a donné aucun détail sur de possibles pourparlers cette semaine.Vendredi, M. Trump avait menacé de se retirer des négociations, faute de progrès rapides dans les discussions séparées que ses lieutenants ont engagées dès mi-février avec Kiev et avec Moscou.Les accusations croisées de violation de la trêve pascale démontrent en tout cas la difficulté d’imposer une cessation, même courte, des hostilités dans ce conflit armé, le pire en Europe depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
La mort du pape à 88 ans crée une vague d’émotion à travers le monde
La mort du pape François lundi matin au Vatican à 88 ans a suscité une vague d’émotion à travers le monde en faveur de cet Argentin au franc-parler populaire chez les fidèles mais aussi critiqué au sein de l’Eglise catholique.De l’Iran à l’Allemagne en passant par les Etats-Unis, l’UE, l’ONU, le Liban, Israël ou l’Autorité palestinienne, les dirigeants du monde entier lui ont rendu un hommage unanime.Mais ce sont avant tout les fidèles qui ont été touchés en plein coeur, comme à Gaza, Ibrahim Al-Tarazi, un catholique de 33 ans, qui a déploré “une nouvelle déchirante et choquante pour tous les chrétiens à Gaza et en Palestine”. “Nos coeurs sont brisés”.A Buenos Aires, la ville natale de Jorge Bergolio, Juan Jose Roy, un retraité de 66 ans, a confié à l’AFP son désarroi. “C’est très dur, parce qu’une personne qui se souciait des plus démunis est morte et nous laisse seuls”. “La seule chose qui m’apaise, c’est qu’il ait pu dire au revoir au monde hier à Pâques”, a-t-il ajouté.Le corps de François sera mis en bière à 18H00 GMT dans la chapelle de la résidence Sainte-Marthe, où il vivait depuis son élection en 2013, pour la constatation officielle du décès. La dépouille sera exposée à la basilique Saint-Pierre à partir de mercredi et la date des funérailles sera décidée mardi par les cardinaux.Une première prière publique à son intention est prévue lundi soir à 19H30 (17H30 GMT) place Saint-Pierre, où sont attendus des milliers de fidèles.C’est le cardinal camerlingue, l’Irlando-Américain Kevin Farrell, chargé de gérer les affaires courantes jusqu’à l’élection d’un nouveau pape, qui a annoncé la mort de François : “Ce matin à 07H35 (05H35 GMT), l’évêque de Rome, François, est retourné à la maison du Père. Il a dédié toute sa vie au service du Seigneur et de son Église”. – “Brisé des barrières”-Le pape argentin était sorti de l’hôpital le 23 mars après avoir été hospitalisé pendant 38 jours pour une double pneumonie, sa quatrième et plus longue hospitalisation depuis son élection. En dépit de l’avis des médecins lui ayant prescrit un strict repos de deux mois, il avait multiplié les apparitions publiques ces derniers jours.Apparu épuisé dimanche, à l’occasion des célébrations de Pâques, il s’était tout de même offert un bain de foule en “papamobile” sur la place Saint-Pierre.Le visage fermé, il avait été contraint de déléguer la lecture de sa bénédiction à un collaborateur, prononçant à peine quelques mots, à bout de souffle.Les dirigeants du monde entier lui ont rendu hommage. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres l’a qualifié de “messager d’espoir, d’humilité et d’humanité”.”Repose en paix, pape François! Que Dieu le bénisse, ainsi que tous ceux qui l’ont aimé”, a réagi de son côté le président américain Donald Trump, tandis que le président français Emmanuel Macron a salué un homme qui a toujours été “aux côtés des plus vulnérables et des plus fragiles”.Le président russe Vladimir Poutine voit chez François un “défenseur” de “l’humanisme et de la justice”, tandis que son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky a remercié celui “a prié pour la paix en Ukraine et pour les Ukrainiens”.En ce lundi de Pâques, fête la plus importante de l’année chez les catholiques, et en pleine “Année sainte” de l’Eglise, de nombreux fidèles ont appris la nouvelle sur leur téléphone portable.- Rituel simplifié -“J’étais là par hasard, j’ai entendu la nouvelle dans un magasin à la radio, c’est un grand pape qui est parti”, a confié à l’AFP Fabio Malvesi, 66 ans, sur la place Saint-Pierre. “Il a changé bien des choses, brisé des barrières, c’était une grande personne, simple.”Problèmes de hanche, douleurs au genou, opérations, infections respiratoires: le pape, qui se déplaçait en fauteuil roulant, affichait une santé déclinante mais avait tenu à maintenir un rythme effréné.Le rituel du Vatican prévoit des obsèques quatre à six jours après le décès et un délai de 15 à 20 jours pour organiser le conclave, lors duquel les 135 cardinaux électeurs, dont environ 80% choisis par François lui-même, auront la lourde tâche d’élire son successeur.François avait révélé fin 2023 qu’il souhaitait être inhumé dans la basilique Sainte-Marie Majeure, dans le centre de Rome, plutôt que dans la crypte de la basilique Saint-Pierre, une première depuis plus de trois siècles.Les alertes sur sa santé s’étaient multipliées ces derniers mois, alimentant les spéculations sur une possible renonciation dans la lignée de son prédécesseur Benoît XVI.Le chef spirituel de près de 1,4 milliard de catholiques avait déjà connu deux hospitalisations en 2023, dont une pour une lourde opération de l’abdomen, et avait été contraint d’annuler plusieurs engagements ces derniers mois. – Réformes multiples -Amateur de musique et de football, Jorge Mario Bergoglio, réfractaire aux vacances, enchaînait souvent une dizaine de rendez-vous par jour. Il avait même effectué en septembre le plus long voyage de son pontificat, aux confins de l’Asie et de l’Océanie.En 12 ans de pontificat, le premier pape jésuite et sud-américain de l’Histoire s’est engagé sans relâche pour la défense des migrants, l’environnement et la justice sociale sans remettre en cause les positions de l’Eglise sur l’avortement ou le célibat des prêtres.En février, il avait encore condamné les expulsions massives de migrants voulues par le président américain Donald Trump, s’attirant les foudres de la Maison Blanche.Opposant acharné au commerce des armes, l’ancien archevêque de Buenos Aires est toutefois resté impuissant face aux conflits en Ukraine ou au Proche-Orient, malgré d’innombrables appels à la paix.Ce politique madré au franc-parler abrasif a aussi voulu réformer une Curie – le gouvernement central du Saint-Siège – rongée par l’inertie, y développer la place des femmes et des laïcs et assainir les sulfureuses finances du Vatican.Face au drame de la pédocriminalité dans l’Eglise, il a levé le secret pontifical et obligé religieux et laïcs à signaler les cas à leur hiérarchie. Sans convaincre les associations de victimes, qui lui ont reproché de ne pas être allé assez loin.- “Périphéries” -Attaché au dialogue inter-religieux, notamment avec l’islam, il a défendu jusqu’au bout une Eglise “ouverte à tous”, s’attirant les foudres des mouvements populistes pour son soutien aux migrants.Si ce pape au style chaleureux a suscité une grande ferveur populaire, souhaitant chaque dimanche “bon appétit” aux fidèles place Saint-Pierre, il fut aussi durement critiqué par une opposition conservatrice pour son supposé manque d’orthodoxie et une gouvernance jugée autoritaire.En témoignent les levées de boucliers suscitées par certaines décisions, comme l’ouverture des bénédictions de couples de même sexe fin 2023, ou la restriction des célébrations de la messe en latin.Ces critiques furent aussi alimentées par l’ombre de Benoît XVI, qui a résidé au Vatican jusqu’à sa mort fin 2022, nourrissant la saga des “deux papes”.La “guerre civile” au sein de l’Eglise a atteint des sommets avec les diatribes de certains cardinaux, notamment avant le Synode sur l’avenir de l’Eglise fin 2023.Le style détonant de François, qui a préféré un sobre deux-pièces de 70m² aux ors du palais apostolique, lui a aussi valu d’être accusé de désacraliser à l’excès la fonction.Le 266e pape, davantage intéressé par les “périphéries” de la planète que par les grands pays occidentaux, a aussi réorienté les débats au sein de l’Eglise, à l’image de son encyclique écologiste et sociale “Laudato si” en 2015, réquisitoire très remarqué contre la finance exaltant la sauvegarde de la planète.
La mort du pape à 88 ans crée une vague d’émotion à travers le monde
La mort du pape François lundi matin au Vatican à 88 ans a suscité une vague d’émotion à travers le monde en faveur de cet Argentin au franc-parler populaire chez les fidèles mais aussi critiqué au sein de l’Eglise catholique.De l’Iran à l’Allemagne en passant par les Etats-Unis, l’UE, l’ONU, le Liban, Israël ou l’Autorité palestinienne, les dirigeants du monde entier lui ont rendu un hommage unanime.Mais ce sont avant tout les fidèles qui ont été touchés en plein coeur, comme à Gaza, Ibrahim Al-Tarazi, un catholique de 33 ans, qui a déploré “une nouvelle déchirante et choquante pour tous les chrétiens à Gaza et en Palestine”. “Nos coeurs sont brisés”.A Buenos Aires, la ville natale de Jorge Bergolio, Juan Jose Roy, un retraité de 66 ans, a confié à l’AFP son désarroi. “C’est très dur, parce qu’une personne qui se souciait des plus démunis est morte et nous laisse seuls”. “La seule chose qui m’apaise, c’est qu’il ait pu dire au revoir au monde hier à Pâques”, a-t-il ajouté.Le corps de François sera mis en bière à 18H00 GMT dans la chapelle de la résidence Sainte-Marthe, où il vivait depuis son élection en 2013, pour la constatation officielle du décès. La dépouille sera exposée à la basilique Saint-Pierre à partir de mercredi et la date des funérailles sera décidée mardi par les cardinaux.Une première prière publique à son intention est prévue lundi soir à 19H30 (17H30 GMT) place Saint-Pierre, où sont attendus des milliers de fidèles.C’est le cardinal camerlingue, l’Irlando-Américain Kevin Farrell, chargé de gérer les affaires courantes jusqu’à l’élection d’un nouveau pape, qui a annoncé la mort de François : “Ce matin à 07H35 (05H35 GMT), l’évêque de Rome, François, est retourné à la maison du Père. Il a dédié toute sa vie au service du Seigneur et de son Église”. – “Brisé des barrières”-Le pape argentin était sorti de l’hôpital le 23 mars après avoir été hospitalisé pendant 38 jours pour une double pneumonie, sa quatrième et plus longue hospitalisation depuis son élection. En dépit de l’avis des médecins lui ayant prescrit un strict repos de deux mois, il avait multiplié les apparitions publiques ces derniers jours.Apparu épuisé dimanche, à l’occasion des célébrations de Pâques, il s’était tout de même offert un bain de foule en “papamobile” sur la place Saint-Pierre.Le visage fermé, il avait été contraint de déléguer la lecture de sa bénédiction à un collaborateur, prononçant à peine quelques mots, à bout de souffle.Les dirigeants du monde entier lui ont rendu hommage. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres l’a qualifié de “messager d’espoir, d’humilité et d’humanité”.”Repose en paix, pape François! Que Dieu le bénisse, ainsi que tous ceux qui l’ont aimé”, a réagi de son côté le président américain Donald Trump, tandis que le président français Emmanuel Macron a salué un homme qui a toujours été “aux côtés des plus vulnérables et des plus fragiles”.Le président russe Vladimir Poutine voit chez François un “défenseur” de “l’humanisme et de la justice”, tandis que son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky a remercié celui “a prié pour la paix en Ukraine et pour les Ukrainiens”.En ce lundi de Pâques, fête la plus importante de l’année chez les catholiques, et en pleine “Année sainte” de l’Eglise, de nombreux fidèles ont appris la nouvelle sur leur téléphone portable.- Rituel simplifié -“J’étais là par hasard, j’ai entendu la nouvelle dans un magasin à la radio, c’est un grand pape qui est parti”, a confié à l’AFP Fabio Malvesi, 66 ans, sur la place Saint-Pierre. “Il a changé bien des choses, brisé des barrières, c’était une grande personne, simple.”Problèmes de hanche, douleurs au genou, opérations, infections respiratoires: le pape, qui se déplaçait en fauteuil roulant, affichait une santé déclinante mais avait tenu à maintenir un rythme effréné.Le rituel du Vatican prévoit des obsèques quatre à six jours après le décès et un délai de 15 à 20 jours pour organiser le conclave, lors duquel les 135 cardinaux électeurs, dont environ 80% choisis par François lui-même, auront la lourde tâche d’élire son successeur.François avait révélé fin 2023 qu’il souhaitait être inhumé dans la basilique Sainte-Marie Majeure, dans le centre de Rome, plutôt que dans la crypte de la basilique Saint-Pierre, une première depuis plus de trois siècles.Les alertes sur sa santé s’étaient multipliées ces derniers mois, alimentant les spéculations sur une possible renonciation dans la lignée de son prédécesseur Benoît XVI.Le chef spirituel de près de 1,4 milliard de catholiques avait déjà connu deux hospitalisations en 2023, dont une pour une lourde opération de l’abdomen, et avait été contraint d’annuler plusieurs engagements ces derniers mois. – Réformes multiples -Amateur de musique et de football, Jorge Mario Bergoglio, réfractaire aux vacances, enchaînait souvent une dizaine de rendez-vous par jour. Il avait même effectué en septembre le plus long voyage de son pontificat, aux confins de l’Asie et de l’Océanie.En 12 ans de pontificat, le premier pape jésuite et sud-américain de l’Histoire s’est engagé sans relâche pour la défense des migrants, l’environnement et la justice sociale sans remettre en cause les positions de l’Eglise sur l’avortement ou le célibat des prêtres.En février, il avait encore condamné les expulsions massives de migrants voulues par le président américain Donald Trump, s’attirant les foudres de la Maison Blanche.Opposant acharné au commerce des armes, l’ancien archevêque de Buenos Aires est toutefois resté impuissant face aux conflits en Ukraine ou au Proche-Orient, malgré d’innombrables appels à la paix.Ce politique madré au franc-parler abrasif a aussi voulu réformer une Curie – le gouvernement central du Saint-Siège – rongée par l’inertie, y développer la place des femmes et des laïcs et assainir les sulfureuses finances du Vatican.Face au drame de la pédocriminalité dans l’Eglise, il a levé le secret pontifical et obligé religieux et laïcs à signaler les cas à leur hiérarchie. Sans convaincre les associations de victimes, qui lui ont reproché de ne pas être allé assez loin.- “Périphéries” -Attaché au dialogue inter-religieux, notamment avec l’islam, il a défendu jusqu’au bout une Eglise “ouverte à tous”, s’attirant les foudres des mouvements populistes pour son soutien aux migrants.Si ce pape au style chaleureux a suscité une grande ferveur populaire, souhaitant chaque dimanche “bon appétit” aux fidèles place Saint-Pierre, il fut aussi durement critiqué par une opposition conservatrice pour son supposé manque d’orthodoxie et une gouvernance jugée autoritaire.En témoignent les levées de boucliers suscitées par certaines décisions, comme l’ouverture des bénédictions de couples de même sexe fin 2023, ou la restriction des célébrations de la messe en latin.Ces critiques furent aussi alimentées par l’ombre de Benoît XVI, qui a résidé au Vatican jusqu’à sa mort fin 2022, nourrissant la saga des “deux papes”.La “guerre civile” au sein de l’Eglise a atteint des sommets avec les diatribes de certains cardinaux, notamment avant le Synode sur l’avenir de l’Eglise fin 2023.Le style détonant de François, qui a préféré un sobre deux-pièces de 70m² aux ors du palais apostolique, lui a aussi valu d’être accusé de désacraliser à l’excès la fonction.Le 266e pape, davantage intéressé par les “périphéries” de la planète que par les grands pays occidentaux, a aussi réorienté les débats au sein de l’Eglise, à l’image de son encyclique écologiste et sociale “Laudato si” en 2015, réquisitoire très remarqué contre la finance exaltant la sauvegarde de la planète.
Dans l’aube de Buenos Aires, larmes et prières d’Argentins “orphelins” de leur pape
“Orphelins” et désormais appelés à “être tous un peu François”, les Argentins ont dès l’aube lundi prié, pleuré et médité à Buenos Aires pour le pape des pauvres et des exclus, un pape pas tout à fait comme les autres. Le leur.Aux premières lueurs du jour, à peine informés de la mort du souverain pontife, des Porteños (habitants de la capitale), sur le chemin du travail, passaient, s’arrêtaient devant la cathédrale, l’ancien fief de l’archevêque Jorge Bergoglio, pour une bougie, un signe de croix, une larme.Premiers recueillements de ce qui promet d’être un long deuil national – sept jours – décrété par Javier Milei. Un président ultralibéral jadis si critique d’un pape “gauchiste” selon lui, mais depuis réconcilié, et qui a salué lundi sa “bonté” et sa “sagesse”, “malgré des différences qui aujourd’hui paraissent mineures”.Quelques heures plus tôt, le jour d’automne austral même pas levé, Agustin Hartridge, avocat de 41 ans, s’agenouillait devant les grilles d’une cathédrale encore fermée, déposant une bougie allumée sur les marches de l’édifice, “en hommage à tout ce qu’il nous a enseigné”, expliquait-il à l’AFP. “Le message de François a toujours été que nous devons nous unir et tendre la main à ceux qui en ont le plus besoin, aux retraités”, ajoutait-il.- Etre “tous un peu François” -Non loin, une jeune femme d’une vingtaine d’années s’arrêtait quelques minutes devant les colonnes de l’édifice néo-classique aux faux airs de temple grec, en une silencieuse prière de rue. Avant de disparaître sur la place de Mai, casque de moto à la main, s’excusant d’être trop émue pour parler.D’autres, passant devant la cathédrale, faisaient un signe de croix, comme Carlos Pellerano, employé de commerce de 62 ans, qui partageait sa “tristesse qu’il nous ait quittés juste maintenant, au moment où on avait tant besoin de lui en Argentine”, où la situation sociale est difficile.”Le pape des pauvres, des marginalisés, de ceux que beaucoup excluent, nous a quittés”, a d’ailleurs lancé l’archevêque de Buenos Aires, Jorge Garcia Cuerva, en ouverture d’une première messe vers 8H30, pour près d’une centaine de fidèles.”A présent, nous allons tous devoir être un peu François, être plus miséricordieux les uns envers les autres”, a-t-il enjoint à l’assistance. “Le meilleur hommage est de nous unir, de construire des ponts et de dialoguer. Que François aille au ciel en sachant que ses enfants vivront dans l’unité”.Au dehors, Javier Languenari, 53 ans, secouait la tête en balayant les feuilles devant la cathédrale. “C’est une immense tristesse (…) En tant qu’Argentins, nous sommes un peu plus orphelins. Mais en tant que catholiques, nous savons que Jésus-Christ sera toujours là”, ajoutait-il, embrassant sa croix autour du cou.Graciela Vilamia, une sans-abri septuagénaire, pleurait, inconsolable, aux abords de cette cathédrale où elle vient mendier de jour. Jorge Bergoglio y fut archevêque de 1998 à 2013 et y lança tant d’appels en faveur des démunis, froissant plus d’une fois le gouvernement en place.- “Il a beaucoup donné” -“Je l’ai vu accueillir des mères de disparus (de la dictature) en pleurs. Je l’ai vu se sacrifier dans les bidonvilles. Je le connais depuis 30 ans”, rappelait-elle. “Je voudrais qu’il reste, qu’il ne parte pas…”.”C’est très dur, parce qu’une personne qui se souciait des plus démunis est morte et nous laisse seuls”, se lamentait Juan Jose Roy, retraité de 66 ans. “La seule chose qui m’apaise, c’est qu’il ait pu dire au revoir au monde hier à Pâques”, poursuivait-il, ses mots rattrapés par les larmes.Arrivé parmi les premiers pour un brève prière à la cathédrale, Guillermo Sanchez, Péruvien de 47 ans qui vit à Buenos Aires depuis 22 ans, exprimait sa peine spéciale pour la mort de François: “Ca ne m’était jamais arrivé avec les autres papes”.”Il a beaucoup donné, j’aurais aimé qu’il donne encore plus. Il était très proche de la jeunesse, de notre époque. Ce n’était pas un pape fermé, c’est pour ça que je me sentais proche de lui. François n’évitait aucun sujet”, méditait-il.Comme en écho, ou comme un symbole, Mgr Cuerva relevait d’ailleurs dans son homélie que la dernière audience du pape, dimanche, avait été “avec le vice-président des États-Unis (JD Vance) et il a une fois de plus partagé sa profonde préoccupation pour les migrants. Un homme qui a été constant du premier au dernier jour”.
Dans l’aube de Buenos Aires, larmes et prières d’Argentins “orphelins” de leur pape
“Orphelins” et désormais appelés à “être tous un peu François”, les Argentins ont dès l’aube lundi prié, pleuré et médité à Buenos Aires pour le pape des pauvres et des exclus, un pape pas tout à fait comme les autres. Le leur.Aux premières lueurs du jour, à peine informés de la mort du souverain pontife, des Porteños (habitants de la capitale), sur le chemin du travail, passaient, s’arrêtaient devant la cathédrale, l’ancien fief de l’archevêque Jorge Bergoglio, pour une bougie, un signe de croix, une larme.Premiers recueillements de ce qui promet d’être un long deuil national – sept jours – décrété par Javier Milei. Un président ultralibéral jadis si critique d’un pape “gauchiste” selon lui, mais depuis réconcilié, et qui a salué lundi sa “bonté” et sa “sagesse”, “malgré des différences qui aujourd’hui paraissent mineures”.Quelques heures plus tôt, le jour d’automne austral même pas levé, Agustin Hartridge, avocat de 41 ans, s’agenouillait devant les grilles d’une cathédrale encore fermée, déposant une bougie allumée sur les marches de l’édifice, “en hommage à tout ce qu’il nous a enseigné”, expliquait-il à l’AFP. “Le message de François a toujours été que nous devons nous unir et tendre la main à ceux qui en ont le plus besoin, aux retraités”, ajoutait-il.- Etre “tous un peu François” -Non loin, une jeune femme d’une vingtaine d’années s’arrêtait quelques minutes devant les colonnes de l’édifice néo-classique aux faux airs de temple grec, en une silencieuse prière de rue. Avant de disparaître sur la place de Mai, casque de moto à la main, s’excusant d’être trop émue pour parler.D’autres, passant devant la cathédrale, faisaient un signe de croix, comme Carlos Pellerano, employé de commerce de 62 ans, qui partageait sa “tristesse qu’il nous ait quittés juste maintenant, au moment où on avait tant besoin de lui en Argentine”, où la situation sociale est difficile.”Le pape des pauvres, des marginalisés, de ceux que beaucoup excluent, nous a quittés”, a d’ailleurs lancé l’archevêque de Buenos Aires, Jorge Garcia Cuerva, en ouverture d’une première messe vers 8H30, pour près d’une centaine de fidèles.”A présent, nous allons tous devoir être un peu François, être plus miséricordieux les uns envers les autres”, a-t-il enjoint à l’assistance. “Le meilleur hommage est de nous unir, de construire des ponts et de dialoguer. Que François aille au ciel en sachant que ses enfants vivront dans l’unité”.Au dehors, Javier Languenari, 53 ans, secouait la tête en balayant les feuilles devant la cathédrale. “C’est une immense tristesse (…) En tant qu’Argentins, nous sommes un peu plus orphelins. Mais en tant que catholiques, nous savons que Jésus-Christ sera toujours là”, ajoutait-il, embrassant sa croix autour du cou.Graciela Vilamia, une sans-abri septuagénaire, pleurait, inconsolable, aux abords de cette cathédrale où elle vient mendier de jour. Jorge Bergoglio y fut archevêque de 1998 à 2013 et y lança tant d’appels en faveur des démunis, froissant plus d’une fois le gouvernement en place.- “Il a beaucoup donné” -“Je l’ai vu accueillir des mères de disparus (de la dictature) en pleurs. Je l’ai vu se sacrifier dans les bidonvilles. Je le connais depuis 30 ans”, rappelait-elle. “Je voudrais qu’il reste, qu’il ne parte pas…”.”C’est très dur, parce qu’une personne qui se souciait des plus démunis est morte et nous laisse seuls”, se lamentait Juan Jose Roy, retraité de 66 ans. “La seule chose qui m’apaise, c’est qu’il ait pu dire au revoir au monde hier à Pâques”, poursuivait-il, ses mots rattrapés par les larmes.Arrivé parmi les premiers pour un brève prière à la cathédrale, Guillermo Sanchez, Péruvien de 47 ans qui vit à Buenos Aires depuis 22 ans, exprimait sa peine spéciale pour la mort de François: “Ca ne m’était jamais arrivé avec les autres papes”.”Il a beaucoup donné, j’aurais aimé qu’il donne encore plus. Il était très proche de la jeunesse, de notre époque. Ce n’était pas un pape fermé, c’est pour ça que je me sentais proche de lui. François n’évitait aucun sujet”, méditait-il.Comme en écho, ou comme un symbole, Mgr Cuerva relevait d’ailleurs dans son homélie que la dernière audience du pape, dimanche, avait été “avec le vice-président des États-Unis (JD Vance) et il a une fois de plus partagé sa profonde préoccupation pour les migrants. Un homme qui a été constant du premier au dernier jour”.





