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Des shampoings aux aspirateurs, le petit commerce souffre des droits de douane de Trump

Prix des matières premières en hausse, clients moins dépensiers: dans sa petite boutique de farces et attrapes à Los Angeles, Patricia Loperena subit de plein fouet les conséquences de la guerre commerciale lancée par Donald Trump, un marqueur de ses 100 premiers jours de mandat.”Tout a augmenté”, affirme à l’AFP Mme Loperena, qui vend surtout des piñatas, ces effigies en papier que l’on détruit à coups de bâtons pour en faire sortir des sucreries, une tradition d’Amérique centrale très populaire.”Les gens arrêtent de dépenser et au lieu de faire une grande fête, ils en font une plus petite”, précise la cheffe d’entreprise de 45 ans, qui a lancé son affaire avec sa famille il y a plus de dix ans.Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a annoncé puis mis en pause des droits de douane. Actuellement, 10% de surtaxes sont en place pour la majorité des pays du monde mais le taux monte à 145% pour les produits chinois. Pékin a répondu par une surtaxe de 125% sur les biens américains.Dans ce contexte, Patricia Loperena a dû s’adapter: elle a notamment anticipé, passant des commandes pour ses stocks avant la mise en place des droits de douane. Mais son fournisseur l’a averti: sa prochaine commande lui coûtera plus cher.Dans sa boutique de Granada Hills, dans le nord de Los Angeles, les commandes se font plus rares que l’année précédente. “Les gens savent que tout est imprévisible, donc ils veulent être plus prudents”, dit-elle.- “Ça va empirer” – Plusieurs petits commerçants se retrouvent dans la même situation que Mme Loperena et ont du mal à suivre les annonces fluctuantes de Donald Trump. “Tout vient de l’étranger, de Chine, de Taïwan”, affirme Angel de Luna dans sa boutique de machines à coudre et d’aspirateurs, qui tourne surtout grâce à la réparation et au service client plutôt qu’aux ventes.Pour le jeune homme de 28 ans, qui doit déjà faire face à la rude concurrence du commerce en ligne, les droits de douane sont la goutte d’eau qui fait déborder le vase.”Nous résistons comme nous le pouvons”, raconte-t-il, mais “ça va probablement empirer”.Un constat partagé par OJ Longmire, qui gère un salon de coiffure. Les droits de douane “nous touchent tous”, assure le barbier de 46 ans.Les lotions, équipements ou encore shampoings qu’il utilise “ne sont pas produits aux Etats-Unis”, souligne celui qui a lancé son commerce en pleine pandémie de Covid-19. “Maintenant, nous devons faire attention à la façon dont nous les utilisons”.”Aujourd’hui, ces nouveaux droits de douane compliquent tout”, relève-t-il.- “Beaucoup d’ennemis” -L’incertitude autour de ces surtaxes “rend fou” Marcos Ochoa, 67 ans, qui vend des produits et outils de jardinage.”Vous ne savez pas à quoi vous attendre, vous ne savez pas si vous allez payer plus cher”, résume celui qui importe principalement ses produits du Japon et d’Europe.Pour l’instant, il n’a pas vu d’augmentation des prix et pense qu’il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions.Mais, selon lui, Donald Trump “devrait penser à ce qu’il va dire ou faire avant d’agir de manière automatique. Il doit se calmer un peu”.Lui qui a voté pour le républicain à la présidentielle de novembre, car il le trouvait bon pour le commerce, s’attendait à des droits de douane, mais pas aussi “élevés”.Trump “était bon il y a quatre ans, mais maintenant, je ne sais pas”, poursuit-il. “Il s’est fait beaucoup d’ennemis, ça c’est sûr”.

Action collective pour fédérer des hôteliers français et espagnols s’estimant lésés par Booking

Deux cabinets d’avocats veulent fédérer les hôteliers en France et en Espagne afin qu’ils obtiennent réparation “pour leurs pertes liées à des commissions excessives” de la plateforme Booking, a indiqué mardi à l’AFP l’un des avocats à l’initiative de cette action, Marc Barennes.Pour lancer leur action, les cabinets Eskariam en Espagne et Geradin Partners à Paris s’appuient notamment sur une récente décision de la Cour de justice de l’Union européenne, de septembre 2024, qui remet en cause les “clauses de parité” imposées par Booking.Ces clauses sont des “dispositions contractuelles qui empêchaient les hôtels et autres hébergeurs de proposer des prix plus bas ou de meilleures conditions sur d’autres canaux de vente, restreignant ainsi leur liberté commerciale”, indique un communiqué.Ils se réfèrent également à des décisions des autorités de concurrence espagnole et italienne “qui remettent en cause les pratiques illicites de Booking.com”.En France, un site internet () propose de recueillir les données des hôteliers qui ont utilisé Booking entre 2015 et 2024 afin d’évaluer leur préjudice potentiel, mettant en avant la perspective d’obtenir “réparation pour les commissions excessives” versées à la plateforme néérlandaise, filiale du géant américain Priceline Group.”Les hôtels indépendants pourraient percevoir des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros d’indemnisation. Pour les chaînes, les préjudices se chiffrent en millions d’euros”, peut-on lire sur ce site.Le cabinet d’avocats a fait évaluer les pertes totales des hôteliers liées à Booking en France à 1,5 milliard d’euros, selon Marc Barennes.Dans le cadre de la législation sur les marchés numériques (DMA), Booking fait partie des géants de la “tech” soumis dans l’Union européenne à de nouvelles règles de concurrence plus strictes.La plateforme ne peut ainsi plus obliger les hôteliers européens à proposer leurs meilleurs prix sur son site.En outre, Marc Barennes souligne qu’étant un acteur particulièrement scruté par la Commission européenne dans le cadre du DMA, Booking ne pourra pas se permettre de prendre des mesures de représailles contre les hôteliers décidant de demander réparation.Les recours seront financés par une société de financement de litige qui se rémunèrera avec un pourcentage des indemnités obtenues en cas de victoire (entre 25 et 30%) et les hôteliers n’auront donc rien à débourser, selon l’avocat.- “Front uni”-Des discussions sont en cours avec d’autres cabinets d’avocats pour étendre l’initiative à d’autres pays, notamment l’Italie et le Portugal, “dans le but d’élargir la couverture européenne et de construire un front juridique uni contre Booking.com”.En France, Marc Barennes souhaiterait pouvoir saisir le tribunal de commerce d’ici la fin du mois d’octobre.Si les organisations patronales de l’hôtellerie ne disposent pas de statistiques officielles sur la part d’hôtels utilisant Booking en France, elles pointent régulièrement du doigt la domination de la plateforme en matière de réservation hôtelière.En Europe, les réservations directement auprès de l’hôtel ne représentaient que 33% du chiffre d’affaires en ligne des hôtels en 2024, le reste venant de plateformes comme Booking ou Expedia, selon les données de la société spécialisée en technologies hôtelières D-Edge.Et selon la plateforme de données Statista, Booking est la plateforme la plus utilisée en France pour réserver un hôtel ou un logement touristique, devant Airbnb.Marc Barennes est par ailleurs à l’initiative d’une action similaire dans le secteur de l’hôtellerie/restauration : celle opposant les restaurateurs aux émetteurs de titres-restaurant, sanctionnés pour pratiques anti-concurrentielles en France.Quelque 8.000 points de vente ont rejoint cette procédure annoncée en 2021, et retardée en raison de difficultés d’accès aux documents permettant d’évaluer le préjudice, des borderaux papier remontant à plusieurs années, explique l’avocat qui mène cette action via sa société Brandeis Fiducie.”On espère pouvoir déposer la demande d’indemnisation avant la fin de l’année”, précise-t-il.

Macron attendu à La Réunion sur le chikungunya et les dégâts du cyclone Garance

Après Mayotte, Emmanuel Macron est attendu mardi à La Réunion, département d’outre-mer à la plus forte croissance économique, sur l’épidémie de chikungunya et les dégâts provoqués par le cyclone Garance.Le chef de l’Etat, arrivé lundi soir sur l’île en provenance du département voisin de Mayotte, va aussi réaffirmer le “rôle stratégique de La Réunion dans la zone indo-pacifique”, où la France aspire à se poser en puissance régionale au côté des Etats-Unis, de la Chine ou l’Inde.Le président poursuit ainsi une tournée de cinq jours dans le sud-ouest de l’océan Indien qui le mènera aussi à Madagascar mercredi et l’île Maurice vendredi.A Mayotte, il a annoncé lundi une enveloppe de plus de trois milliards d’euros sur six ans pour financer le plan de “refondation” du département le plus pauvre de France, meurtri par le cyclone Chido en décembre. La Réunion est secoué par une épidémie de chikungunya, une maladie infectieuse transmise par le moustique tigre, qui a fait six morts depuis le début de l’année et touché potentiellement 100.000 personnes, soit un habitant sur neuf.Emmanuel Macron sera informé des derniers développements de l’épidémie, qui a atteint son pic ces derniers jours, lors d’un échange avec l’Agence régionale de la santé.- Engorgements -Les difficultés sur ce front restent palpables. Le directeur général du centre hospitalier de La Réunion, Lionel Calenge, a demandé l’envoi de renforts médicaux face au risque de saturation des centres de santé.”Tous les jours depuis plusieurs semaines, on accueille entre 30 et 40 patients atteints de +chik+ sur nos deux services d’urgence”, ce qui génère “vraiment une grosse tension sur nos capacités”, a-t-il alerté dimanche. Début avril, le CHU avait déclenché le plan blanc, dispositif qui permet de déprogrammer certaines opérations ou de rappeler des personnels en congés dans les hôpitaux. Une campagne de vaccination a aussi été lancée le 7 avril. Les 40.000 premières doses du vaccin Ixchiq, le premier ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché en Europe, sont destinées aux personnes de 65 ans et plus présentant des comorbidités. Elles peuvent se faire vacciner gratuitement.Autre défi pour La Réunion, le passage du cyclone Garance, le 28 février, a généré près de 250 millions d’euros de dégâts, dont 150 pour le seul secteur agricole, selon de premiers bilans.Déjà frappées par une sécheresse sévère, toutes les filières agricoles de l’île – la canne à sucre représentant 53% de la surface agricole – ont lourdement été impactées par les vents et les pluies de Garance, qui a fait cinq morts.- “Echelle régionale” -A la même époque, l’an passé, le cyclone Bilal avait déjà mis à terre les productions de l’île, deux cyclones en deux ans qui témoignent de l’augmentation et de l’intensification de ces phénomènes météorologiques.Le chef de l’Etat rencontrera dans la matinée des exploitants agricoles alors que l’île est autosuffisante aux trois-quarts.La souveraineté alimentaire sera au coeur du cinquième sommet de la Commission de l’océan Indien jeudi à Madagascar.La Réunion y est représentée au côté de Madagascar, Maurice, des Comores et des Seychelles mais pas Mayotte, les Comores s’opposant à l’intégration de l’archipel dans l’organisation en raison d’un contentieux colonial.”Le président veut à travers cette visite illustrer le fait que l’échelle régionale c’est le moyen de mieux survivre, de mieux se préparer à affronter ces éléments climatiques”, résume l’Elysée.”Cet espace régional doit s’organiser avec l’ensemble de ses territoires et il y a un avenir commun à bâtir”, assure la présidence française.Emmanuel Macron fera aussi le point sur l’état de l’économie réunionnaise.

Le Vatican en deuil prépare les obsèques du pape

Le Vatican en deuil annoncera mardi la date des funérailles du pape François, décédé lundi à 88 ans d’un AVC, après une première réunion des cardinaux, qui auront aussi la lourde tâche d’élire son successeur dans quelques semaines.Les cardinaux ont été convoqués à 09H00 (07H00 GMT) pour une première congrégation générale, à l’issue de laquelle devrait être communiquée la date des obsèques du chef de l’Eglise catholique.Selon les règles du Saint-Siège, les funérailles devraient avoir lieu entre vendredi et dimanche. Comme pour Jean-Paul II en 2005, des dizaines de chefs d’Etat et de têtes couronnées pourraient assister à cette cérémonie solennelle.Le président américain Donald Trump, a annoncé lundi soir qu’il se rendrait aux funérailles avec sa femme Melania.Déjà affaibli par une sévère pneumonie, le premier pape sud-américain et jésuite de l’Histoire a succombé lundi matin à un accident vasculaire cérébral (AVC), au terme de 12 ans de pontificat marqués par une grande popularité mais aussi une farouche opposition au sein de l’Eglise.Sa dépouille devrait être transférée de la résidence Sainte-Marthe vers la basilique Saint-Pierre à partir de mercredi afin d’être exposée aux fidèles, sans catafalque, conformément aux volontés du pape argentin qui a souhaité introduire plus de simplicité et de sobriété.Dans son testament, Jorge Bergoglio dit vouloir être inhumé à la basilique Sainte-Marie-Majeure dans une sépulture “sans décoration”, avec pour seule inscription son nom en latin: “Franciscus”.Lundi soir, des milliers de fidèles, dont certains venus avec des fleurs ou des bougies, ont afflué au coucher du soleil place Saint-Pierre pour prier.François “essayait de faire comprendre aux gens que peu importe l’orientation sexuelle, la race, aux yeux de Dieu. Je crois que c’est ce qui est le plus proche de ce que Jésus voulait dire”, a confié à l’AFP Mateo Rey, un Mexicain de 22 ans étudiant à Rome. – Hommages unanimes -De l’Iran à l’Allemagne en passant par les Etats-Unis, l’UE, l’ONU, le Liban, Israël ou l’Autorité palestinienne, les dirigeants du monde entier ont rendu un hommage unanime à François.Le chef d’Etat russe Vladimir Poutine a salué un “défenseur” de “l’humanisme et de la justice”, tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a remercié celui qui “a prié pour la paix en Ukraine et pour les Ukrainiens”.Son compatriote, la star du football Lionel Messi qu’il avait rencontré, a évoqué “un pape différent, proche, argentin… Repose en paix, pape François”, a-t-il écrit sur Instagram.Le pape, sorti de l’hôpital le 23 mars, avait multiplié les apparitions publiques ces derniers jours en dépit de l’avis des médecins lui ayant prescrit un strict repos de deux mois.Apparu épuisé dimanche, à l’occasion des célébrations de Pâques, il s’était tout de même offert un bain de foule en “papamobile” sur la place Saint-Pierre.En 12 ans de pontificat, “Papa Francesco” s’est engagé sans relâche pour la défense des migrants, l’environnement et la justice sociale, sans remettre en cause les positions de l’Eglise sur l’avortement ou le célibat des prêtres.Opposant acharné au commerce des armes, l’ancien archevêque de Buenos Aires est toutefois resté impuissant face aux conflits en Ukraine ou au Proche-Orient, malgré d’innombrables appels à la paix.Ce politique madré au franc-parler abrasif a aussi voulu réformer une Curie – le gouvernement central du Saint-Siège – rongée par l’inertie, y développer la place des femmes et des laïcs et assainir les sulfureuses finances du Vatican.Face au drame de la pédocriminalité dans l’Eglise, il a levé le secret pontifical et obligé religieux et laïcs à signaler les cas à leur hiérarchie. Sans convaincre les associations de victimes, qui lui ont reproché de ne pas être allé assez loin.

Le Vatican en deuil prépare les obsèques du pape

Le Vatican en deuil annoncera mardi la date des funérailles du pape François, décédé lundi à 88 ans d’un AVC, après une première réunion des cardinaux, qui auront aussi la lourde tâche d’élire son successeur dans quelques semaines.Les cardinaux ont été convoqués à 09H00 (07H00 GMT) pour une première congrégation générale, à l’issue de laquelle devrait être communiquée la date des obsèques du chef de l’Eglise catholique.Selon les règles du Saint-Siège, les funérailles devraient avoir lieu entre vendredi et dimanche. Comme pour Jean-Paul II en 2005, des dizaines de chefs d’Etat et de têtes couronnées pourraient assister à cette cérémonie solennelle.Le président américain Donald Trump, a annoncé lundi soir qu’il se rendrait aux funérailles avec sa femme Melania.Déjà affaibli par une sévère pneumonie, le premier pape sud-américain et jésuite de l’Histoire a succombé lundi matin à un accident vasculaire cérébral (AVC), au terme de 12 ans de pontificat marqués par une grande popularité mais aussi une farouche opposition au sein de l’Eglise.Sa dépouille devrait être transférée de la résidence Sainte-Marthe vers la basilique Saint-Pierre à partir de mercredi afin d’être exposée aux fidèles, sans catafalque, conformément aux volontés du pape argentin qui a souhaité introduire plus de simplicité et de sobriété.Dans son testament, Jorge Bergoglio dit vouloir être inhumé à la basilique Sainte-Marie-Majeure dans une sépulture “sans décoration”, avec pour seule inscription son nom en latin: “Franciscus”.Lundi soir, des milliers de fidèles, dont certains venus avec des fleurs ou des bougies, ont afflué au coucher du soleil place Saint-Pierre pour prier.François “essayait de faire comprendre aux gens que peu importe l’orientation sexuelle, la race, aux yeux de Dieu. Je crois que c’est ce qui est le plus proche de ce que Jésus voulait dire”, a confié à l’AFP Mateo Rey, un Mexicain de 22 ans étudiant à Rome. – Hommages unanimes -De l’Iran à l’Allemagne en passant par les Etats-Unis, l’UE, l’ONU, le Liban, Israël ou l’Autorité palestinienne, les dirigeants du monde entier ont rendu un hommage unanime à François.Le chef d’Etat russe Vladimir Poutine a salué un “défenseur” de “l’humanisme et de la justice”, tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a remercié celui qui “a prié pour la paix en Ukraine et pour les Ukrainiens”.Son compatriote, la star du football Lionel Messi qu’il avait rencontré, a évoqué “un pape différent, proche, argentin… Repose en paix, pape François”, a-t-il écrit sur Instagram.Le pape, sorti de l’hôpital le 23 mars, avait multiplié les apparitions publiques ces derniers jours en dépit de l’avis des médecins lui ayant prescrit un strict repos de deux mois.Apparu épuisé dimanche, à l’occasion des célébrations de Pâques, il s’était tout de même offert un bain de foule en “papamobile” sur la place Saint-Pierre.En 12 ans de pontificat, “Papa Francesco” s’est engagé sans relâche pour la défense des migrants, l’environnement et la justice sociale, sans remettre en cause les positions de l’Eglise sur l’avortement ou le célibat des prêtres.Opposant acharné au commerce des armes, l’ancien archevêque de Buenos Aires est toutefois resté impuissant face aux conflits en Ukraine ou au Proche-Orient, malgré d’innombrables appels à la paix.Ce politique madré au franc-parler abrasif a aussi voulu réformer une Curie – le gouvernement central du Saint-Siège – rongée par l’inertie, y développer la place des femmes et des laïcs et assainir les sulfureuses finances du Vatican.Face au drame de la pédocriminalité dans l’Eglise, il a levé le secret pontifical et obligé religieux et laïcs à signaler les cas à leur hiérarchie. Sans convaincre les associations de victimes, qui lui ont reproché de ne pas être allé assez loin.

A Buenos Aires, les larmes d’Argentins pour un pape pas comme les autres, le leur

“Orphelins”, mais exhortés désormais à “être un peu François”: de l’aube à la nuit tombée, les Argentins ont lundi prié, pleuré, remercié à Buenos Aires le pape des pauvres et des exclus, un pape simple, proche, pas vraiment comme les autres. Et surtout, le leur.Depuis la cathédrale, son fief d’archevêque de Buenos Aires de 1998 à 2013, jusqu’au quartier de Flores où il a grandi et découvert la foi en confession, à 17 ans, dans les villas miserias (bidonvilles) qu’il visitait régulièrement des dizaines de messes ont célébré Jorge Bergoglio. Avec souvent, effusion de larmes.”Il y a de la tristesse car la perte nous accable, de l’obscurité, c’est la nuit car nous nous sentons orphelins”, a déclaré en soirée l’actuel archevêque de la capitale, Mgr Jorge García Cuerva, à des centaines de fidèles serrés à la basilique Saint Joseph de Flores, berceau spirituel de Jorge Bergoglio.”Mais la vie et l’enseignement (de Bergoglio) continuent d’être une lumière, un phare”, a-t-il poursuivi. Car “le pape qui a mis les pieds dans le plat (…) nous a toujours alertés sur nos frères sur le bord du chemin”, était aussi “le pape de la joie”. “Viva Francisco !” a ponctué l’assistance.- Sept jours de deuil -Avant même la lueur du jour, à peine connue la mort de François, des Porteños (habitants de la capitale) sur le chemin du travail s’arrêtaient lundi devant la cathédrale, pour allumer une bougie, se signer, verser une larme silencieuse.Premiers recueillements d’un long deuil national – sept jours – décrété par Javier Milei. Un président ultralibéral jadis si critique d’un pape “gauchiste” selon lui, mais depuis réconcilié, et qui a salué lundi sa “bonté” et sa “sagesse”, “malgré des différences qui aujourd’hui paraissent mineures”.Le jour d’automne austral même pas levé, Agustin Hartridge, avocat de 41 ans, s’agenouillait aux portes d’une cathédrale encore fermée, déposant une bougie sur les marches, en hommage “au message de François (qui) a toujours été que nous devons nous unir et tendre la main à ceux qui en ont le plus besoin”, expliquait-il à l’AFP.”C’est très dur, parce qu’une personne qui se souciait des plus démunis est morte et nous laisse seuls”, se lamentait Juan Jose Roy, retraité de 66 ans, les mots le disputant aux larmes.”Le pape des pauvres, des marginalisés, de ceux que beaucoup excluent, nous a quittés”, a résumé Mgr Cuerva, ouvrant la première messe du jour à la cathédrale. D’où Jorge Bergoglio lança en son temps plus d’un sermon vibrant en faveur des démunis, faisant grincer les gouvernements successifs.- “Etre un peu François” -“A présent, nous allons tous devoir être un peu François, être plus miséricordieux les uns envers les autres”, a enjoint Mgr Cuerva à l’assistance. Au fil de la journée, à la pause déjeuner, le va-et-vient a enflé dans la cathédrale, sur les marches de laquelle s’improvisait un petit autel footballistique: un maillot, des écussons, des drapeaux “azulgrana” (bleu et grenat) aux couleurs de San Lorenzo, le club de cœur depuis l’enfance de Jorge Bergoglio. “Il a toujours été l’un des nôtres”, a salué le club lundi.Et dans ce défilé métissé, fidèles, croyants, pratiquants, ou pas, perçait la gratitude envers “une personne qui nous a reconnectés avec la chose la plus intéressante et belle que cette religion -et bien d’autres- puissent avoir: l’amour du prochain et la solidarité entre frères, citoyens du monde”, résumait Joana Sierra, enseignante de 36 ans se disant “catholique d’éducation, jamais pratiquante”. Mais qui lundi priait.”Pendant des années j’ai été à l’église, puis je m’en suis éloignée car être homosexuelle n’était pas facile”, confiait à l’AFP Ana Aracama, étudiante de 22 ans. Mais ce pape “nous a permis de nous sentir de nouveau enfants de Dieu, non pas des pécheurs voués à l’enfer pour être nés un peu différents. Pour moi, Jorge c’est ça (…) ça a marqué ma vie”.- Une “bouffée d’air” -“Un pape différent, proche, argentin…”, a résumé à sa façon la star et capitaine de l’Albiceleste Lionel Messi, dans un hommage sur son compte Instagram. “Le plus simple qu’on puisse imaginer (…), il balayait le trottoir quand il était sale! Vous vous rendez compte? C’était un homme, pas un pape”, s’émouvait Cristina Marcheschi, 77 ans, à Flores, quartier natal du pape où pour chacun il est resté “un voisin”.Parmi les premiers tôt lundi a prier près de la cathédrale, Guillermo Sanchez, Péruvien de 47 ans vivant à Buenos Aires, exprimait lui aussi une peine spéciale pour ce premier pape latino-américain: “Ca ne m’était jamais arrivé avec les autres papes”.”Il était très proche de la jeunesse, de notre époque. Ce n’était pas un pape fermé (…). François n’évitait aucun sujet”, affirmait-il.”Il fut une bouffée d’air frais dont l’église avait besoin”, méditait en soirée Sabrina Fernandez, 50 ans, comme tant d’autres à Flores une “voisine” du pape. “Il va manquer au monde”.

A Buenos Aires, les larmes d’Argentins pour un pape pas comme les autres, le leur

“Orphelins”, mais exhortés désormais à “être un peu François”: de l’aube à la nuit tombée, les Argentins ont lundi prié, pleuré, remercié à Buenos Aires le pape des pauvres et des exclus, un pape simple, proche, pas vraiment comme les autres. Et surtout, le leur.Depuis la cathédrale, son fief d’archevêque de Buenos Aires de 1998 à 2013, jusqu’au quartier de Flores où il a grandi et découvert la foi en confession, à 17 ans, dans les villas miserias (bidonvilles) qu’il visitait régulièrement des dizaines de messes ont célébré Jorge Bergoglio. Avec souvent, effusion de larmes.”Il y a de la tristesse car la perte nous accable, de l’obscurité, c’est la nuit car nous nous sentons orphelins”, a déclaré en soirée l’actuel archevêque de la capitale, Mgr Jorge García Cuerva, à des centaines de fidèles serrés à la basilique Saint Joseph de Flores, berceau spirituel de Jorge Bergoglio.”Mais la vie et l’enseignement (de Bergoglio) continuent d’être une lumière, un phare”, a-t-il poursuivi. Car “le pape qui a mis les pieds dans le plat (…) nous a toujours alertés sur nos frères sur le bord du chemin”, était aussi “le pape de la joie”. “Viva Francisco !” a ponctué l’assistance.- Sept jours de deuil -Avant même la lueur du jour, à peine connue la mort de François, des Porteños (habitants de la capitale) sur le chemin du travail s’arrêtaient lundi devant la cathédrale, pour allumer une bougie, se signer, verser une larme silencieuse.Premiers recueillements d’un long deuil national – sept jours – décrété par Javier Milei. Un président ultralibéral jadis si critique d’un pape “gauchiste” selon lui, mais depuis réconcilié, et qui a salué lundi sa “bonté” et sa “sagesse”, “malgré des différences qui aujourd’hui paraissent mineures”.Le jour d’automne austral même pas levé, Agustin Hartridge, avocat de 41 ans, s’agenouillait aux portes d’une cathédrale encore fermée, déposant une bougie sur les marches, en hommage “au message de François (qui) a toujours été que nous devons nous unir et tendre la main à ceux qui en ont le plus besoin”, expliquait-il à l’AFP.”C’est très dur, parce qu’une personne qui se souciait des plus démunis est morte et nous laisse seuls”, se lamentait Juan Jose Roy, retraité de 66 ans, les mots le disputant aux larmes.”Le pape des pauvres, des marginalisés, de ceux que beaucoup excluent, nous a quittés”, a résumé Mgr Cuerva, ouvrant la première messe du jour à la cathédrale. D’où Jorge Bergoglio lança en son temps plus d’un sermon vibrant en faveur des démunis, faisant grincer les gouvernements successifs.- “Etre un peu François” -“A présent, nous allons tous devoir être un peu François, être plus miséricordieux les uns envers les autres”, a enjoint Mgr Cuerva à l’assistance. Au fil de la journée, à la pause déjeuner, le va-et-vient a enflé dans la cathédrale, sur les marches de laquelle s’improvisait un petit autel footballistique: un maillot, des écussons, des drapeaux “azulgrana” (bleu et grenat) aux couleurs de San Lorenzo, le club de cœur depuis l’enfance de Jorge Bergoglio. “Il a toujours été l’un des nôtres”, a salué le club lundi.Et dans ce défilé métissé, fidèles, croyants, pratiquants, ou pas, perçait la gratitude envers “une personne qui nous a reconnectés avec la chose la plus intéressante et belle que cette religion -et bien d’autres- puissent avoir: l’amour du prochain et la solidarité entre frères, citoyens du monde”, résumait Joana Sierra, enseignante de 36 ans se disant “catholique d’éducation, jamais pratiquante”. Mais qui lundi priait.”Pendant des années j’ai été à l’église, puis je m’en suis éloignée car être homosexuelle n’était pas facile”, confiait à l’AFP Ana Aracama, étudiante de 22 ans. Mais ce pape “nous a permis de nous sentir de nouveau enfants de Dieu, non pas des pécheurs voués à l’enfer pour être nés un peu différents. Pour moi, Jorge c’est ça (…) ça a marqué ma vie”.- Une “bouffée d’air” -“Un pape différent, proche, argentin…”, a résumé à sa façon la star et capitaine de l’Albiceleste Lionel Messi, dans un hommage sur son compte Instagram. “Le plus simple qu’on puisse imaginer (…), il balayait le trottoir quand il était sale! Vous vous rendez compte? C’était un homme, pas un pape”, s’émouvait Cristina Marcheschi, 77 ans, à Flores, quartier natal du pape où pour chacun il est resté “un voisin”.Parmi les premiers tôt lundi a prier près de la cathédrale, Guillermo Sanchez, Péruvien de 47 ans vivant à Buenos Aires, exprimait lui aussi une peine spéciale pour ce premier pape latino-américain: “Ca ne m’était jamais arrivé avec les autres papes”.”Il était très proche de la jeunesse, de notre époque. Ce n’était pas un pape fermé (…). François n’évitait aucun sujet”, affirmait-il.”Il fut une bouffée d’air frais dont l’église avait besoin”, méditait en soirée Sabrina Fernandez, 50 ans, comme tant d’autres à Flores une “voisine” du pape. “Il va manquer au monde”.

Maduro traite le président salvadorien de “violateur en série des droits humains”

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a taxé de “violateur en série des droits humains” son homologue salvadorien Nayib Bukele, qui a proposé d’échanger 252 Vénézuéliens incarcérés dans son pays après leur expulsion par les Etats-Unis contre des “prisonniers politiques” détenus au Venezuela.”C’est un violateur systématique et en série des droits humains depuis le Salvador contre les Vénézuéliens”, a lancé M. Maduro, lundi lors de son émission hebdomadaire de télévision, demandant leur “libération sans conditions”.”Face à l’abus absolu des droits humains, je lui dis: +Monsieur Bukele, conformez-vous au droit (…) donnez preuve de vie de tous les jeunes kidnappés+. Dites où il y a une procédure de justice, pour quelle raison, quels crimes ils ont commis, permettez l’accès à un avocat (…) Renoncez à la voie de la disparition forcée. Et tôt ou tard, libérez-les sans condition”, a-t-il ajouté.”Une liberté inconditionnelle pour les jeunes qui sont kidnappés au Salvador”, a-t-il encore exigé estimant que l’incarcération des Vénézuéliens au Salvador est “un grave crime contre l’humanité”.Un peu plus tôt dans la journée, le procureur général du Venezuela Tarek William Saab avait lui aussi exigé “la liberté inconditionnelle” des migrants, sommant les autorités salvadoriennes de répondre aux “communications” et “recours” judiciaires envoyés par Caracas. Il a ajouté qu’on “ne peut pas comparer” les Vénézuéliens détenus au Salvador “sans procédure” avec “les personnes arrêtées (au Venezuela) pour tentative d’assassinat du président (…) vouloir faire sauter des casernes, ou enlèvement”. Le pouvoir vénézuélien dénonce régulièrement des complots réels ou imaginaires. – “Accord humanitaire” -Dimanche, Nayib Bukele, allié clé du président américain Donald Trump, a proposé à Caracas “un accord humanitaire qui prévoit le rapatriement de 100% des 252 Vénézuéliens (…) en échange de la libération et de la remise d’un nombre identique (252) de prisonniers politiques parmi les milliers que vous détenez”.En un peu plus d’un mois, il a accueilli et enfermé dans une méga-prison de haute sécurité 288 migrants expulsés des Etats-Unis, dont 252 Vénézuéliens pour la plupart accusés d’appartenir au gang Tren de Aragua, multinationale du crime, déclaré organisation “terroriste” par Washington.Samedi, le président colombien Gustavo Petro avait appelé son homologue salvadorien à lui remettre les Colombiens expulsés des Etats-Unis et incarcérés dans le même centre de détention.Pour expulser ces migrants vers le Salvador, M. Trump a notamment invoqué la “loi sur les ennemis étrangers” (Alien Enemies Act) de 1798, qui n’avait jusqu’alors été utilisée qu’en temps de guerre.Donald Trump a fustigé dimanche les magistrats s’opposant à cette politique, au lendemain d’un revers important infligé par la Cour suprême.Le président républicain a étrillé les “tarés de la gauche radicale” se battant pour “ramener dans notre pays des meurtriers, des barons de la drogue, des prisonniers dangereux, des aliénés mentaux”, dans un long message de Pâques sur sa plateforme Truth Social.La veille, la plus haute instance judiciaire du pays avait annoncé la suspension jusqu’à nouvel ordre des expulsions d’immigrés vénézuéliens vers le Salvador.Les avocats de plusieurs expulsés ont protesté, assurant que leurs clients n’appartiennent à aucun gang criminel, n’ont commis aucun crime et ont été ciblés principalement en raison de leurs tatouages.Une situation qui suscite la vive inquiétude de l’opposition et des ONG de défense des libertés.