AFP World

Chikungunya, cyclone… A La Réunion, les habitants témoignent de leurs difficultés à Macron

Emmanuel Macron a constaté mardi à La Réunion les difficultés engendrées par l’épidémie de chikungunya et le cyclone Garance qui a mis à l’épreuve le secteur agricole, au deuxième jour d’une tournée dans l’océan Indien finalement écourtée pour que le président puisse se rendre aux obsèques du pape François.Prévues samedi, celles-ci ne permettent pas au chef de l’Etat de se rendre à l’île Maurice comme initialement prévu vendredi, a indiqué l’Elysée.A La Réunion, selon le ministre de la Santé Yannick Neuder, sur place, “autour de 120.000” personnes pourraient avoir été contaminées par le chikungunya, maladie infectieuse transmise par le moustique tigre.Un impact pour l’instant moindre que celui de 2005-2006, marqué par plus de 260.000 cas et plus de 250 décès. Yannick Neuder a encore évoqué, sur RTL, lundi soir “230 patients hospitalisés, avec à peu près 25% de nourrissons et dans la moitié des cas des patients qui ont plus de 65 ans”.Six morts ont été comptabilisés sur l’île depuis le début de l’année, et un septième cas est en cours d’investigation, selon l’agence régionale de santé.Début avril, 40.000 doses du vaccin Ixchiq, le premier ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché en Europe, sont arrivées à La Réunion pour lancer la campagne de vaccination. Elles sont destinées aux personnes de 65 ans et plus, présentant des comorbidités.”Nous sommes le premier pays au monde à avoir acheté autant de doses disponibles de ce tout nouveau vaccin”, a relevé Emmanuel Macron lors d’un point presse. Il faut aussi mettre en place “toutes les mesures de protection et de prévention surtout pour les mamans enceintes”, a-t-il ajouté.Le président a échangé avec le directeur général de l’agence régionale de santé, Gérard Cotellon, qui a indiqué que 60.000 doses supplémentaires ont été achetées. La campagne “démarre timidement”, avec environ 3.000 personnes déjà vaccinées, a-t-il dit. Le chef de l’Etat a également assisté à une opération de débroussaillage, destinée à éliminer les lieux de prolifération des moustiques. Les difficultés restent palpables. Le directeur général du centre hospitalier de La Réunion, Lionel Calenge, a demandé l’envoi de renforts médicaux.”Tous les jours depuis plusieurs semaines, on accueille entre 30 et 40 patients atteints de +chik+ sur nos deux services d’urgence”, a-t-il alerté dimanche. Début avril, le CHU avait déclenché le plan blanc, dispositif permettant de déprogrammer certaines opérations ou de rappeler des personnels en congés dans les hôpitaux. “Si des renforts sont nécessaires, ils seront mis en place”, a promis mardi Emmanuel Macron.- Dispositif d’urgence -Autre défi pour La Réunion, autosuffisante aux trois-quarts: le passage du cyclone Garance, le 28 février, a généré près de 250 millions d’euros de dégâts, dont 150 pour le secteur agricole, selon de premiers bilans.Déjà frappées par une sécheresse sévère, toutes les filières agricoles de l’île ont lourdement été impactées par le cyclone, qui a fait cinq morts.Le chef de l’État a rencontré dans la matinée des exploitants agricoles.”Je me retrouve sans salaire”, s’est désolé un agriculteur, disant avoir perdu ses deux derniers hectares de bananes. “On a besoin d’être soutenus plus que cela pour les fruits et légumes”, a ajouté un chef d’entreprise agroalimentaire. Emmanuel Macron a annoncé la mise en place “d’ici à juin” d’un “dispositif d’urgence”, avec un travail engagé “dès les prochaines semaines” sous l’autorité du préfet.Dans ce cadre, il envisage notamment d’augmenter “autour des 1.000 euros” l’aide ponctuelle pour les planteurs de canne. Début avril, le ministre des Outre-Mer, Manuel Valls, avait annoncé porter cette aide de 385 à 765 euros par hectare pour les exploitants affectés. – Renforts militaires – La souveraineté alimentaire sera au cœur du cinquième sommet de la Commission de l’océan Indien jeudi à Madagascar.La Réunion y est représentée aux côtés de Madagascar, Maurice, des Comores et des Seychelles mais pas Mayotte, les Comores s’opposant à l’intégration de l’archipel dans l’organisation.Emmanuel Macron va y réaffirmer le “rôle stratégique de La Réunion dans la zone indo-pacifique”, où la France aspire à se poser en puissance régionale au côté des États-Unis, de la Chine ou l’Inde. “Depuis 2018, la France a une stratégie indo-pacifique. Nous avons mis beaucoup plus de moyens militaires et diplomatiques ces dernières années, et cela va encore se renforcer”, a relevé mardi le chef de l’État.”Nous allons ici, à La Réunion, augmenter d’environ 200 le nombre de militaires présents” qui “vont passer d’environ 1.600 à 1.800”, a-t-il ajouté. Dans la zone indo-pacifique, on a “plus de 8.000 militaires”, “les meilleurs équipements sur le plan maritime, aérien ou terrestre”, “des missions régulières qui se multiplient”, a-t-il détaillé.vl-sde-la-pgr/pcl/jp

Washington n’a pas épuisé “tous les outils” pour faire pression sur Moscou, selon Kaja Kallas

La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a estimé mardi que les Etats-Unis n’avaient pas utilisé “tous les outils” à leur disposition pour mettre la pression sur la Russie, accusant Moscou d’avoir cherché à gagner du temps avec sa trêve de Pâques en Ukraine.”Ils n’ont pas respecté la trêve. Il est clair que la Russie se livre à des jeux, essaye de gagner du temps et ne veut pas vraiment la paix”, a-t-elle déclaré dans un entretien à l’AFP.Le président américain Donald Trump a menacé la semaine dernière de mettre fin aux efforts américains en cours pour arrêter la guerre en Ukraine s’il n’y avait pas de progrès rapides et tangibles de la part de Moscou et de Kiev.La locataire de la Maison Blanche a ensuite assuré qu’il espérait un accord “cette semaine” entre les deux pays.Pour Kaja Kallas, l’annonce par la Russie d’une trêve de 30 heures pendant le week-end n’était en réalité qu’une ruse visant à éviter que le président américain puisse “perdre patience” à l’égard du Kremlin.”Ils pensent que le temps joue en leur faveur, donc ils n’envoient aucun signal positif, ils ne font preuve d’aucune bonne volonté,” estime-t-elle.Selon la cheffe de la diplomatie européenne, Kiev et ses soutiens européens espéraient que Washington adopterait une ligne plus dure vis-à-vis de Moscou.”Ils ont des outils entre leurs mains pour véritablement mettre la pression sur la Russie. Pourquoi ne les utilisent-ils pas pour mettre fin à cette guerre?”, s’est-elle interrogée.”S’ils se retirent maintenant sans utiliser ces outils (…) la grande question est pourquoi?”, a-t-elle insisté.- “Preuves crédibles” -Une réunion est prévue mercredi à Londres, entre représentants américains, ukrainiens, britanniques, français, après des discussions inédites à Paris jeudi dernier en présence notamment du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, du chef de cabinet du président ukrainien Volodymyr Zelensky, Andriï Iermak, et du président français Emmanuel Macron.Pour la cheffe de la diplomatie européenne, les Etats-Unis feraient une erreur en envisageant de reconnaître la Crimée, région ukrainienne annexée par Moscou en 2014, comme un territoire russe dans le cadre d’un accord. “Dans ce cas de figure, la Russie obtiendrait clairement ce qu’elle veut”, met-elle en garde.Pour elle, l’équation est claire: l’UE ne reconnaîtra jamais la péninsule comme russe. “La Crimée c’est l’Ukraine,” martèle-t-elle. “C’est très important pour ceux qui sont occupés que les autres ne la reconnaissent pas comme russe.”  L’UE a jusqu’ici été exclue des efforts de paix engagés par les Etats-Unis mais Washington reconnaît que le bloc devra, à un moment donné, être impliqué dans les discussions, en raison en particulier des vastes sanctions imposées à la Russie. Mais pour Kaja Kallas, les 27 ne doivent assouplir aucune sanction tant que la Russie n’aura pas démontré qu’elle respecte un éventuel accord de paix. “Nous devons voir des preuves crédibles qu’ils respectent cet accord avant de prendre des initiatives en ce sens”.

Washington n’a pas épuisé “tous les outils” pour faire pression sur Moscou, selon Kaja Kallas

La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a estimé mardi que les Etats-Unis n’avaient pas utilisé “tous les outils” à leur disposition pour mettre la pression sur la Russie, accusant Moscou d’avoir cherché à gagner du temps avec sa trêve de Pâques en Ukraine.”Ils n’ont pas respecté la trêve. Il est clair que la …

Washington n’a pas épuisé “tous les outils” pour faire pression sur Moscou, selon Kaja Kallas Read More »