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La Jordanie interdit les activités des Frères musulmans, accusés de visées déstabilisatrices

La Jordanie a interdit mercredi toutes les activités des Frères musulmans et fermé leurs bureaux, imputant à cette confrérie islamiste des “activités de nature à déstabiliser le pays”, notamment la fabrication et le stockage de roquettes et explosifs.Cette décision intervient après l’annonce mi-avril par les autorités de l’arrestation de 16 personnes, dont des membres des …

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La Jordanie interdit les activités des Frères musulmans, accusés de visées déstabilisatrices

La Jordanie a interdit mercredi toutes les activités des Frères musulmans et fermé leurs bureaux, imputant à cette confrérie islamiste des “activités de nature à déstabiliser le pays”, notamment la fabrication et le stockage de roquettes et explosifs.Cette décision intervient après l’annonce mi-avril par les autorités de l’arrestation de 16 personnes, dont des membres des Frères musulmans, soupçonnées de plans “visant à nuire à la sécurité nationale, à semer le chaos et à commettre des actes de sabotage en Jordanie”.”Il a été décidé d’interdire toutes les activités des soi-disant Frères musulmans et de considérer toute activité (de leur part) comme une violation des dispositions de la loi”, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Mazen al-Faraya. “Tous les bureaux” utilisés par le mouvement, “même en partenariat avec d’autres organisations”, seront fermés, a-t-il ajouté.  Les Frères musulmans avaient poursuivi leurs activités en Jordanie malgré la décision de la plus haute juridiction du pays, en 2020, de dissoudre le groupe, les autorités fermant les yeux sur leurs activités. L’aile politique du groupe, le Front d’action islamique, est devenu le premier parti au Parlement jordanien, remportant 31 des 138 sièges lors des élections de septembre.Disposant de plusieurs bureaux à Amman, la confrérie y publie souvent des déclarations, et organise régulièrement des rassemblements de solidarité avec les Palestiniens, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas. La Jordanie, a ajouté le ministre, va également “confisquer les actifs du groupe (…), interdire la promotion de ses idées sous peine de poursuites, et considérer l’adhésion à ce groupe comme un acte interdit”. – “Opèrent dans l’ombre” -Les membres de cette confrérie “opèrent dans l’ombre et se livrent à des activités susceptibles de porter atteinte à la stabilité et à la sécurité”, du pays, a accusé M. Faraya.   Il a déclaré que toute collaboration avec les Frères musulmans était interdite, de même que la publication de tout contenu produit par le mouvement, mais sans que ne soit immédiatement précisé si l’interdiction s’appliquait au Front d’action islamique. Lors d’une session parlementaire tenue en début de semaine, certains députés avaient appelé à interdire les activités des Frères musulmans et suspendre les parlementaires de ce principal parti d’opposition en Jordanie. Le 15 avril, les services de renseignement jordaniens avaient annoncé l’arrestation de 16 personnes pour “terrorisme”, les accusant notamment de possession et fabrication d’armes telles que des roquettes. Les Frères musulmans ont dénié toute connaissance de cette affaire, renvoyant à des actions individuelles en soutien à la “résistance” palestinienne. La confrérie a affirmé avoir toujours soutenu “la sécurité et la stabilité de la Jordanie”. Selon le ministre de l’Intérieur, les autorités ont découvert “des explosifs et des armes circulant entre différentes villes jordaniennes, stockés dans des quartiers résidentiels, ainsi que des opérations de fabrication et de dissimulation de roquettes en périphérie de la capitale”. Il a également évoqué “des activités d’entraînement et de recrutement menées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.”La confrérie avait été dissoute en 2020 au motif que sa licence n’avait pas été renouvelée en vertu d’une loi de 2014, un argument qu’elle a rejeté en faisant valoir des autorisations accordées en vertu de lois antérieures. Si elle a jusque-là poursuivi ses activités, tolérées par les autorités, ses relations avec l’Etat s’étaient détériorées après que le gouvernement a autorisé, en 2015, un groupe dissident, l’Association des Frères musulmans. Interdits dans plusieurs autres pays arabes, dont l’Egypte, les Frères musulmans bénéficient d’une base populaire en Jordanie depuis des décennies. 

Bétharram: la sortie d’un livre devancée par une interview de la fille de Bayrou

L’interview d’une fille de François Bayrou a fait de l’ombre à la sortie, jeudi, du livre du porte-parole des victimes de Bétharram, Alain Esquerre, qui retrace son combat contre le “déni collectif” des violences de l’institution catholique et appelle à “ne plus regarder ailleurs”.Dans une interview à Paris Match publiée mardi, Hélène Perlant, l’aînée du Premier ministre, a révélé qu’adolescente, lors d’un camp d’été, elle fut rouée de coups par un curé officiant dans le collège de filles dirigé par la congrégation religieuse au cœur du scandale, où elle était scolarisée.”On se doutait que c’est ça qui serait mis en avant, c’est malheureux pour les victimes parce que ça leur vole un peu la vedette”, a déclaré Alain Esquerre mercredi à l’AFP, ajoutant que la fille de François Bayrou était aussi “très agacée” par la situation.”C’est très injuste, tout le monde parle de Paris Match, le livre n’est quasiment plus signalé”, a insisté Alain Esquerre.L’avant-dernier chapitre de son ouvrage “Le Silence de Bétharram” (éd. Michel Lafon) est consacré à “Hélène”. Elle y raconte les violences qu’elle a subies, affirmant n’en avoir jamais parlé à ses parents.”En tant que père de famille, ça me poignarde le cœur (…) Qu’on ne l’ait pas su et que des dérives de cet ordre aient eu lieu, pour moi, c’est presque insupportable”, a réagi mercredi le chef du gouvernement lors d’un déplacement en Isère.Mais sa fille “n’est pas le centre de l’affaire”, a-t-il ajouté, “et en tant que responsable public, qui dépasse le père de famille, c’est aux victimes que je pense”.- “Une victime quelconque” -Hélène Perlant a contacté Alain Esquerre le 21 février, en lui précisant d’emblée qu’elle ne voulait pas parler du “scandale Bayrou” mais partager ses réflexions sur le “déni collectif” qui a entouré, des décennies durant, les violences commises à Bétharram.Dans l’interview à Paris Match, Hélène Perlant répond en revanche à plusieurs questions concernant son père, qui doit être entendu le 14 mai par la commission d’enquête parlementaire née du scandale.Accusé d’avoir été au courant, dans le passé, des agissements dénoncés aujourd’hui par d’anciens élèves, et d’être intervenu dans une affaire judiciaire impliquant un religieux de l’institution, François Bayrou a démenti fermement à plusieurs reprises.”On fantasme le surhomme, le ministre ? On veut le mouiller ? C’est juste un quidam quelconque comme je suis une victime quelconque”, déclare sa fille.Pour elle, c’est le “déni collectif” qui a empêché son père, “comme tous les autres parents”, dit-elle, de comprendre “le système” et la “perversité” en place à Notre-Dame-de-Bétharram.- “Crime parfait” -Alain Esquerre a voulu dédier son récit de 250 pages “à tous les enfants victimes de violences physiques, morales et sexuelles commises par des adultes”.Le silence qui a prévalu jusqu’ici n’est “pas seulement celui d’une époque” mais celui “d’une nation” face à un “crime parfait”, commis sur des enfants “qui ont de très nombreuses raisons de ne pas parler”, estime l’ancien pensionnaire, victime lui-même de violences physiques.Il décrit un lieu conçu comme une “secte”, avec des enseignants jeunes, en début de carrière, face à des enfants “toujours en slip” lors des punitions ou dans la file de la douche hebdomadaire.On ne s’y fait pas agresser par malchance mais “selon une logique, un choix réfléchi”, analyse-t-il, face à la récurrence de témoignages d’enfants de familles monoparentales, élevés par une mère veuve ou une grand-mère pieuse.Les sévices défilent sous la plume de celui qui a recueilli, inlassablement, la parole de plus de 200 victimes depuis l’automne 2023 : les masturbations imposées sous la tente, les “douleurs anales aiguës” ressenties par un élève passé par la chambre d’un surveillant, les piqûres de seringues remplies d’eau dans les bras, qui font “un mal de chien” ; ou la “confession” qu’un prêtre fait subir à un jeune garçon, nu et agenouillé devant lui.Alain Esquerre évoque aussi ces repas où l’on ne mange pas à sa faim, malgré les 10.000 francs annuels de frais de scolarité, et revient sur la mort d’un enfant malade, une nuit au dortoir, alors qu’il est seulement sous la surveillance d’adolescents.Le parquet de Pau a ouvert une information judiciaire il y a deux mois après une année d’enquête sur les plaintes. Un ex-surveillant de Bétharram a été mis en examen et placé en détention provisoire pour viol et agression sexuelle. Deux autres mis en cause ont bénéficié de la prescription des faits.

Flèche Wallonne: Pogacar remet les pendules à l’heure

Merci et au revoir: Tadej Pogacar a laissé tout le monde sur place dans le terrible mur de Huy mercredi pour remporter sa deuxième Flèche Wallonne et remettre les pendules à l’heure.Pour ceux qui s’inquiétaient sur la forme et l’état de fatigue de la superstar slovène après sa deuxième place dimanche à l’Amstel Gold Race, ils peuvent être rassurés. “J’avais de super jambes aujourd’hui”, a résumé le champion du monde après avoir fracassé la concurrence dans les rampes les plus sévères du mur de Huy.Plaçant un démarrage fulgurant à 400 mètres de la ligne, dans le virage Claudy Criquielion, il s’est littéralement envolé sous la pluie pour devancer le Français Kévin Vauquelin, deuxième comme l’an dernier, et le Britannique Tom Pidcock, de respectivement dix et douze secondes, un gouffre en si peu de distance.”C’est une si belle montée, même si les cyclistes ne l’aiment pas trop tellement elle est raide. La météo n’était pas terrible non plus et a rendu la course vraiment difficile. Mais c’est vraiment sympa de gagner une nouvelle fois ici”, a ajouté Pogacar déjà vainqueur de la Flèche en 2023.Le Belge Remco Evenepoel, qui n’a comme les autres pas pu répondre à l’attaque de Pogacar, a terminé neuvième et, installé sous la tente VIP, son père Patrick ne pouvait que constater à quel point “Pogi est vraiment impressionnant” au point de faire “peur”.Vauquelin était lui “super fier” de sa deuxième place, une confirmation pour le coureur d’Arkéa-B&B Hotels qui est l’un des jeunes les plus prometteurs du peloton.- Météo exécrable -Deux autres Français terminent dans le Top 10 avec Lenny Martinez (4e) et Romain Grégoire (7e).Pogacar devient, lui, le septième coureur à remporter la Flèche avec le maillot de champion du monde sur les épaules, le premier depuis Julian Alaphilippe en 2021.Il est aussi le cinquième vainqueur sortant du Tour de France à s’imposer ici après Fausto Coppi, Ferdinand Kübler, Eddy Merckx et Bernard Hinault, pour le quarantième anniversaire de la première arrivée au sommet du mur de Huy.Comme l’an dernier, les conditions météo exécrables, avec une pluie froide et parfois intense, ont causé de gros dégâts.Le Danois Mattias Skjelmose, vainqueur de l’Amstel Gold Race dimanche, a abandonné, touché au genou droit, après une chute dans un virage à droite sur une route détrempée, à 40 km du but.Pogacar adore ces conditions et a écrasé la concurrence dans des proportions rares dans le mur de Huy, en restant assis sur sa selle.”J’ai été parfaitement emmené par mon équipe et lorsque j’ai vu Ben Healy revenir à ma hauteur dans le mur je me suis dit : ok il a l’air de vouloir aller plus vite. Alors j’ai accéléré un peu et quand j’ai regardé par-dessus mon épaule j’ai vu que personne ne tenait ma roue”, a-t-il expliqué.- “Merde, c’est encore loin!” -“Quand j’ai vu le panneau de 200 m, je me suis dit: merde, c’est encore loin ! Ce kilomètre est vraiment l’un des plus durs dans le cyclisme”, a-t-il ajouté.Le leader d’UAE continue ainsi sa campagne de classiques détonante lors de laquelle il est monté sur tous les podiums: vainqueur des Strade Bianche, troisième de Milan-Sanremo, vainqueur du Tour des Flandres, deuxième de Paris-Roubaix et de l’Amstel Gold Race avant son nouveau triomphe mercredi.Il met fin à une série de deux défaites, si on peut qualifier ainsi ses deuxièmes places à Paris-Roubaix et à l’Amstel.”Deux fois deuxième, ce n’est pas si mal, mais une victoire c’est mieux”, a-t-il dit.Liège-Bastogne-Liège se profile dimanche où il aura de nouveau rendez-vous avec Evenepoel pour tenter de devenir le deuxième coureur après Eddy Merckx à gagner la même année le Tour des Flandres et Liège-Bastogne-Liège.”Oui, le printemps a été long, mais je me sens encore bien et prêt pour une dernière course, avant de faire une pause”, a-t-il prévenu.

L’Inde promet une réponse “sans ambiguïté” après l’attaque au Cachemire

Le ministre de la Défense de l’Inde a promis mercredi une réponse rapide contre les personnes qui ont mené et planifié l’attaque la plus meurtrière contre des civils dans la région du Cachemire depuis 2000. “Les responsables et ceux qui se trouvent derrière un tel acte entendront très rapidement notre réponse, (elle sera) sans ambiguïté”, a déclaré Rajnath Singh lors d’un discours à New Delhi, au lendemain de la mort de 26 hommes lors d’une fusillade à Pahalgam, une ville touristique. “Nous n’atteindrons pas seulement ceux qui ont mené l’attaque (mais) aussi ceux qui l’ont planifiée en coulisses sur notre territoire”, a-t-il ajouté.Le Premier ministre nationaliste indien Narendra Modi, qui a écourté une visite d’Etat en Arabie saoudite, a dénoncé cet “acte odieux” et promis que les assaillants “ser(aient) traduits en justice”.”Leur dessein maléfique n’aboutira jamais. Notre détermination à lutter contre le terrorisme est inébranlable et elle ne fera que se renforcer”, a-t-il martelé.Une réunion en urgence de son cabinet, avec les principaux responsables en charge de la sécurité, doit avoir lieu mercredi. La liste des victimes, vérifiée par la police, fait état de 26 hommes tués par des assaillants munis d’armes automatiques, qui ont surgi de la forêt près d’un site touristique à Pahalgam. A l’exception d’une personne vivant au Népal, tous résident en Inde.Cette fusillade n’avait toujours pas été revendiquée mercredi en fin d’après-midi.Depuis leur partition meurtrière en 1947 à leur indépendance, l’Inde et le Pakistan se disputent la souveraineté de tout le Cachemire, à majorité musulmane, divisé entre les deux pays.Des insurgés mènent une insurrection depuis 1989 pour obtenir l’indépendance ou une fusion avec le Pakistan. New Delhi accuse de longue date Islamabad de soutenir en sous-main les infiltrations et la rébellion armée au Cachemire. Le Pakistan a toujours démenti, affirmant ne soutenir que la lutte pour l’autodétermination. Le ministère des Affaires étrangères du Pakistan a présenté mercredi ses “condoléances aux proches des défunts”. – “Risque de nouvelle crise” -Selon l’analyste Michael Kugelman, spécialiste de l’Asie du Sud, cette fusillade représente “un très sérieux risque de nouvelle crise entre l’Inde et le Pakistan, probablement le plus important depuis le bref conflit militaire en 2019”.Des hélicoptères militaires survolaient mercredi cette région montagneuse et boisée pour tenter de localiser les assaillants et un important dispositif de sécurité a été déployé.Cette attaque “est abominable”, a souligné dans un communiqué le ministre en chef du Jammu-et-Cachemire, Omar Abdullah.Environ 24 heures après, des traces de sang étaient encore visibles sur les lieux de la fusillade. Des enquêteurs ratissaient le sol pour recueillir des preuves.L’armée indienne a affirmé mercredi que deux insurgés présumés avaient été tués lors d’une fusillade dans le district de Baramulla, situé à une centaine de kilomètres au nord-est de la ville où à eu lieu l’attaque.A Pahalgam, un guide touristique a expliqué à l’AFP qu’il s’était rendu sur les lieux après avoir entendu des coups de feu et avoir transporté certains blessés à cheval.”J’ai vu quelques hommes allongés sur le sol, ils avaient l’air morts”, a témoigné Waheed, qui n’a donné que son prénom.- Femmes épargnées -Un témoin, ayant requis l’anonymat, a affirmé que les assaillants ont “manifestement épargné les femmes”. Une survivante a raconté comment des hommes en uniforme étaient sortis de la forêt alors que des touristes profitaient de la nature, a rapporté le journal The Indian Express.D’autres ont expliqué les avoir pris pour des policiers. “Ils étaient là, pendant au moins 20 minutes, imperturbables, se déplaçant et ouvrant le feu”, a rapporté le quotidien, citant cette témoin pour qui cela “a semblé (durer) une éternité”.Cette attaque est survenue au lendemain d’une rencontre à New Delhi entre le vice-président américain JD Vance et M. Modi à New Delhi.La Chine a présenté mercredi ses “sincères condoléances” aux familles des victimes et des blessés” et “condamné fermement cette attaque”.Quelques heures auparavant, Donald Trump avait assuré l’Inde de son “plein soutien” dans une conversation téléphonique avec M. Modi.L’Inde déploie en permanence environ 500.000 soldats dans sa partie du Cachemire, bien que les combats aient diminué depuis que la révocation en 2019 de l’autonomie limitée de ce territoire. Environ 3,5 millions de touristes ont visité le Cachemire en 2024, en majorité des Indiens, selon les chiffres officiels.L’attaque la plus importante de ces dernières années remonte à février 2019. Des insurgés avaient lancé, à Pulwama, une voiture remplie d’explosifs sur un convoi de police, faisant 40 morts et au moins 35 blessés. 

L’Inde promet une réponse “sans ambiguïté” après l’attaque au Cachemire

Le ministre de la Défense de l’Inde a promis mercredi une réponse rapide contre les personnes qui ont mené et planifié l’attaque la plus meurtrière contre des civils dans la région du Cachemire depuis 2000. “Les responsables et ceux qui se trouvent derrière un tel acte entendront très rapidement notre réponse, (elle sera) sans ambiguïté”, a déclaré Rajnath Singh lors d’un discours à New Delhi, au lendemain de la mort de 26 hommes lors d’une fusillade à Pahalgam, une ville touristique. “Nous n’atteindrons pas seulement ceux qui ont mené l’attaque (mais) aussi ceux qui l’ont planifiée en coulisses sur notre territoire”, a-t-il ajouté.Le Premier ministre nationaliste indien Narendra Modi, qui a écourté une visite d’Etat en Arabie saoudite, a dénoncé cet “acte odieux” et promis que les assaillants “ser(aient) traduits en justice”.”Leur dessein maléfique n’aboutira jamais. Notre détermination à lutter contre le terrorisme est inébranlable et elle ne fera que se renforcer”, a-t-il martelé.Une réunion en urgence de son cabinet, avec les principaux responsables en charge de la sécurité, doit avoir lieu mercredi. La liste des victimes, vérifiée par la police, fait état de 26 hommes tués par des assaillants munis d’armes automatiques, qui ont surgi de la forêt près d’un site touristique à Pahalgam. A l’exception d’une personne vivant au Népal, tous résident en Inde.Cette fusillade n’avait toujours pas été revendiquée mercredi en fin d’après-midi.Depuis leur partition meurtrière en 1947 à leur indépendance, l’Inde et le Pakistan se disputent la souveraineté de tout le Cachemire, à majorité musulmane, divisé entre les deux pays.Des insurgés mènent une insurrection depuis 1989 pour obtenir l’indépendance ou une fusion avec le Pakistan. New Delhi accuse de longue date Islamabad de soutenir en sous-main les infiltrations et la rébellion armée au Cachemire. Le Pakistan a toujours démenti, affirmant ne soutenir que la lutte pour l’autodétermination. Le ministère des Affaires étrangères du Pakistan a présenté mercredi ses “condoléances aux proches des défunts”. – “Risque de nouvelle crise” -Selon l’analyste Michael Kugelman, spécialiste de l’Asie du Sud, cette fusillade représente “un très sérieux risque de nouvelle crise entre l’Inde et le Pakistan, probablement le plus important depuis le bref conflit militaire en 2019”.Des hélicoptères militaires survolaient mercredi cette région montagneuse et boisée pour tenter de localiser les assaillants et un important dispositif de sécurité a été déployé.Cette attaque “est abominable”, a souligné dans un communiqué le ministre en chef du Jammu-et-Cachemire, Omar Abdullah.Environ 24 heures après, des traces de sang étaient encore visibles sur les lieux de la fusillade. Des enquêteurs ratissaient le sol pour recueillir des preuves.L’armée indienne a affirmé mercredi que deux insurgés présumés avaient été tués lors d’une fusillade dans le district de Baramulla, situé à une centaine de kilomètres au nord-est de la ville où à eu lieu l’attaque.A Pahalgam, un guide touristique a expliqué à l’AFP qu’il s’était rendu sur les lieux après avoir entendu des coups de feu et avoir transporté certains blessés à cheval.”J’ai vu quelques hommes allongés sur le sol, ils avaient l’air morts”, a témoigné Waheed, qui n’a donné que son prénom.- Femmes épargnées -Un témoin, ayant requis l’anonymat, a affirmé que les assaillants ont “manifestement épargné les femmes”. Une survivante a raconté comment des hommes en uniforme étaient sortis de la forêt alors que des touristes profitaient de la nature, a rapporté le journal The Indian Express.D’autres ont expliqué les avoir pris pour des policiers. “Ils étaient là, pendant au moins 20 minutes, imperturbables, se déplaçant et ouvrant le feu”, a rapporté le quotidien, citant cette témoin pour qui cela “a semblé (durer) une éternité”.Cette attaque est survenue au lendemain d’une rencontre à New Delhi entre le vice-président américain JD Vance et M. Modi à New Delhi.La Chine a présenté mercredi ses “sincères condoléances” aux familles des victimes et des blessés” et “condamné fermement cette attaque”.Quelques heures auparavant, Donald Trump avait assuré l’Inde de son “plein soutien” dans une conversation téléphonique avec M. Modi.L’Inde déploie en permanence environ 500.000 soldats dans sa partie du Cachemire, bien que les combats aient diminué depuis que la révocation en 2019 de l’autonomie limitée de ce territoire. Environ 3,5 millions de touristes ont visité le Cachemire en 2024, en majorité des Indiens, selon les chiffres officiels.L’attaque la plus importante de ces dernières années remonte à février 2019. Des insurgés avaient lancé, à Pulwama, une voiture remplie d’explosifs sur un convoi de police, faisant 40 morts et au moins 35 blessés. 

Guerre commerciale: Pékin ouvert à des discussions avec Washington, espoir de désescalade

Pékin s’est dit ouvert à des discussions avec Washington sur les droits de douane mercredi, après des propos de Donald Trump sur l’éventualité d’un accord, faisant naître l’espoir d’une possible désescalade des tensions commerciales entre les deux premières économies mondiales.”S’il faut se battre, nous irons jusqu’au bout, mais les portes du dialogue restent grandes ouvertes”, a déclaré Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse régulière mercredi. Des propos tenus au lendemain d’une déclaration du président américain Donald Trump, qui a annoncé une baisse “substantielle” des droits de douane avec la Chine, soulageant ainsi les marchés mondiaux effrayés par ses politiques agressives.En marge d’une cérémonie à la Maison Blanche, M. Trump a reconnu devant la presse que les surtaxes de 145%, qu’il a lui-même imposées à Pékin, étaient “très élevées” et qu’elles allaient “baisser de façon substantielle”.”Elles ne resteront en aucun cas proches de ce chiffre”, a-t-il dit, ajoutant toutefois que “l’on ne reviendra pas à zéro”. “Nous allons être très gentils, ils vont être très gentils et nous verrons bien ce qui se passe”, a ajouté le milliardaire républicain à propos des Chinois.”C’est nous qui fixerons les termes de l’accord et ce sera un accord équitable. Je pense que c’est un processus qui va aller assez vite”, a-t-il pronostiqué. L’espoir d’une possible désescalade faisait rebondir les marchés financiers mercredi, d’autant plus que Donald Trump a aussi déclaré qu’il “n’avait pas l’intention” de renvoyer le président de la banque centrale américaine (Fed), après que ses virulentes critiques contre Jerome Powell ont fait tanguer les marchés financiers.En Asie, les Bourses repartaient à la hausse de Tokyo à Hong Kong, et le dollar reprenait des couleurs.Les marchés européens ont aussi ouvert en nette progression mercredi. Vers 07H05 GMT, dans les premiers échanges, Paris prenait 1,5%, Francfort 2,4% et Londres 1,2%. Milan gagnait 1,1%.- Comme un embargo -Donald Trump a imposé début avril des droits de douane punitifs à tous les partenaires des Etats-Unis, particulièrement en Europe et en Asie, provoquant une tempête sur les marchés mondiaux, avant de ramener une semaine plus tard les surtaxes à 10% pour tous, à l’exception de la Chine, première puissance commerciale mondiale.Avec ce pays, les droits de douane additionnels atteignent à présent le montant prohibitif de 145%. En représailles, Pékin a imposé des surtaxes de 125% sur les marchandises en provenance des Etats-Unis.Alors que Pékin n’a pas confirmé des discussions avec Washington, le ministre américain des Finances a lui aussi semblé vouloir calmer le jeu.Lors d’un échange à huis clos organisé par la banque JP Morgan Chase à Washington, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a estimé que la situation actuelle n’était pas tenable pour les deux pays, a rapporté à l’AFP une source présente dans la salle.Le ministre a considéré que les surtaxes agissaient comme un embargo commercial bloquant les échanges de biens de part et d’autre.La porte-parole de l’exécutif américain, Karoline Leavitt, a affirmé pour sa part que les discussions pour trouver un accord commercial avec Pékin avançaient “très bien”.- “Intimidation généralisée” -La Chine avait appelé mardi le Royaume-Uni et l’Union européenne à défendre le commerce mondial face à l’offensive américaine.”Dans le contexte actuel d’intimidation unilatérale généralisée, la Chine et le Royaume-Uni ont la responsabilité de protéger l’ordre commercial multilatéral”, a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi à son homologue britannique David Lammy lors d’un appel téléphonique, selon un communiqué de son ministère. Face aux revirements de l’administration Trump et aux incertitudes persistantes, de grosses entreprises s’adaptent aux barrières douanières existantes, notamment en relevant leurs prix de vente aux Etats-Unis pour les produits qui y sont importés.Ainsi, le japonais Sumitomo Rubber, qui a racheté en janvier la marque Dunlop en Amérique du Nord, va massivement augmenter de jusqu’à 25% les prix de ses pneus automobiles aux Etats-Unis comme au Canada, a indiqué une porte-parole à l’AFP.myl-aue-bar-jug/lem/tq/vmt