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Groenland: l’opposition remporte les législatives, poussée des nationalistes

L’opposition de centre droit a remporté les élections législatives au Groenland, un scrutin marqué par une poussée des nationalistes qui réclament l’accession rapide à l’indépendance de l’île arctique convoitée par Donald Trump.D’après les derniers résultats officiels publiés mercredi, le parti Démocrates, formation autoproclamée “sociale-libérale” favorable à l’indépendance à terme, a remporté 29,9% des suffrages, multipliant par plus de trois son score lors de l’élection précédente en 2021.Les nationalistes de Naleraq, force la plus activement engagée pour que le territoire autonome danois rompe ses liens restants avec Copenhague, se placent eux deuxième avec 24,5% des voix.La coalition sortante composée d’Inuit Ataqatigiit (IA, gauche écologiste) et des sociaux-démocrates de Siumut a elle été très largement sanctionnée par les électeurs qui se sont déplacés en masse. IA perdant 15,3 points et Siumut 14,7 par rapport à il y a quatre ans.Jamais des élections au Groenland n’avaient connu un tel retentissement international, conséquence des visées du président américain qui veut mettre main basse sur le territoire en agitant alternativement la carotte et le bâton.   “Nous respectons le résultat de l’élection”, a réagi sur KNR le Premier ministre sortant, Mute Egede, chef de IA.Aucun des partis n’étant en position d’obtenir la majorité sur les 31 sièges au Parlement, des tractations vont maintenant être nécessaires pour former une alliance. Celle-ci devra notamment esquisser les modalités et un calendrier menant à l’indépendance que souhaitent l’immense majorité des 57.000 habitants. “Démocrates est ouvert à la discussion avec tous les partis et à la recherche de l’unité, surtout avec ce qui se passe à l’étranger”, a déclaré son jeune leader de 33 ans, Jens–Frederik Nielsen, ancien champion groenlandais de badminton.Signe, peut-être, d’un effet Trump, la participation a été élevée, à plus de 70%. Convaincu de pouvoir s’emparer “d’une manière ou d’une autre” du Groenland, Donald Trump a tenté jusqu’à la dernière minute de peser sur les élections, provoquant stupéfaction, rejet et, plus rarement, enthousiasme.- L’indépendance, mais à quel prix? -A près de 90% inuits, les Groenlandais déplorent avoir été traités historiquement comme des citoyens de second rang par l’ex-puissance coloniale accusée d’avoir étouffé leur culture, procédé à des stérilisations forcées et retiré des enfants à leurs familles.  Les principaux partis groenlandais souhaitent tous l’indépendance, mais ils divergent sur la feuille de route.Naleraq la veut très rapidement. “Nous pouvons faire ça de la même manière que nous avons quitté l’Union européenne (en 1985, ndlr). Cela a pris trois ans. Le Brexit a duré trois ans. Pourquoi prendre plus de temps?”, a déclaré le chef du parti, Pele Broberg, à l’AFP.D’autres formations conditionnent l’indépendance aux progrès économiques du Groenland.Recouvert à 80% de glace, le territoire est économiquement dépendant de la pêche, qui représente la quasi-totalité de ses exportations, et de l’aide annuelle d’environ 530 millions d’euros versée par Copenhague, soit 20% du produit intérieur brut (PIB) local.Pour Naleraq, le Groenland pourrait voler de ses propres ailes grâce à ses ressources minérales mais le secteur minier reste pour l’heure ultra-embryonnaire, plombé par des coûts d’exploitation élevés.- Levier pour des négociations -Après avoir déjà lancé l’idée d’acheter le Groenland durant son premier mandat, s’attirant une fin de non-recevoir des autorités danoises et groenlandaises, Donald Trump martèle sa volonté de mettre la main – sans exclure la force – sur le territoire jugé important pour la sécurité américaine.Dans la nuit de dimanche à lundi, il a de nouveau promis, sur son réseau Truth Social, sécurité et prospérité aux Groenlandais qui souhaiteraient faire partie des Etats-Unis.Selon un sondage paru en janvier, quelque 85% des Groenlandais excluent cette éventualité.”Il y a beaucoup de Groenlandais qui perçoivent les Etats-Unis différemment avec Trump à la présidence, qui sont un peu moins disposés à coopérer même si c’est ce qu’ils voudraient faire au fond d’eux”, indiquait mardi Anders Martinsen, un employé du fisc de 27 ans, en faisant la queue pour aller voter.Les déclarations de Donald Trump ont pesé sur la campagne électorale.Naleraq voit dans l’intérêt américain pour l’île un levier dans de futures négociations avec le Danemark.Mais ces sorties refroidissent aussi parfois les ardeurs indépendantistes et incitent au maintien des liens avec Copenhague, au moins pour l’instant. “Si nous devenons indépendants, Trump pourrait devenir trop agressif, c’est ce qui me fait peur”, affirmait un autre électeur, Ittukusuk, jugeant que “rester avec le Danemark est plus important que jamais”.

Après une résurgence inquiétante, le Maroc vaccine contre la rougeole

Sensibilisation dans les écoles, mises en garde du gouvernement: le Maroc a lancé une campagne de vaccination contre la rougeole après une résurgence alarmante, que les autorités attribuent principalement à la montée de la désinformation sur les vaccins.Dans un dispensaire de Harhoura, en banlieue de Rabat, Salma, 13 ans, et son frère Souhail, 9 ans, sont venus recevoir la deuxième dose du vaccin contre cette maladie virale très contagieuse et potentiellement mortelle.  “Nous ignorions qu’ils n’avaient pas complété leur vaccination contre ce virus et leurs parents ont pris peur avec sa propagation”, raconte leur grand-mère, Rabia Maknouni. C’est dans le cadre d’une campagne de “rattrapage urgente” dans le milieu scolaire que la famille a découvert le retard vaccinal des deux enfants. Cette opération, qui a permis de vérifier l’état vaccinal de 10 millions d’enfants de moins de 18 ans, a débuté fin octobre pour tenter d’endiguer une maladie qui avait pourtant quasiment disparu au Maroc.Plus de 25.000 personnes ont été infectées et plus de 120 décès ont été enregistrés depuis octobre 2023, selon Mouad Mrabet, coordinateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique.Une recrudescence qui inquiète jusqu’en France au vu des déplacements fréquents entre les deux pays, notamment en période de vacances scolaires.Parlant d’une épidémie ayant atteint un “niveau historique”, l’agence Santé publique France a appelé “les professionnels de santé à la vigilance lors de la prise en charge de patients au retour d’un séjour au Maroc”.- “Fausses informations” -Ces dernières semaines, le nombre d’infections est en baisse constante, selon les autorités marocaines, qui ont toutefois décidé de prolonger la campagne jusqu’au 28 mars. L’objectif est de retrouver l’immunité collective avec une couverture vaccinale de 95%.Au 10 mars, 55% des personnes appelées à se faire vacciner ont reçu l’injection, ce qui montre que “la réticence est encore présente mais on espère avancer”, d’après un responsable au ministère de la Santé.M. Mrabet attribue le retour de la maladie à “l’influence du mouvement antivax mondial, alors que la vaccination contre la rougeole est en place au Maroc depuis les années 1960”.En janvier, le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, avait déjà déploré l’impact des “fausses informations qui alimentent la peur des citoyens à l’égard de la vaccination”, notamment sur les réseaux sociaux.Un phénomène qui est loin de ne concerner que le Maroc. Aux Etats-Unis, sur fond de défiance croissante à l’égard des autorités sanitaires et des laboratoires pharmaceutiques, deux personnes non vaccinées sont mortes de la rougeole dans le sud-ouest du pays.Au Maroc, une campagne a été lancée dans les écoles pour sensibiliser “au fait que le vaccin est sûr”, explique Imane El Kohen, responsable de la santé scolaire au ministère de l’Education.Elle alerte sur “les allégations trompeuses”, comme celle selon laquelle le vaccin contre la rougeole est en fait une quatrième dose de vaccin contre le Covid.- “Relâchement” -Hasna Anouar, infirmière au dispensaire de Harhoura, participe depuis des années aux campagnes de vérification vaccinale à chaque rentrée scolaire. Depuis la pandémie de Covid en 2020, elle dit avoir remarqué “une phobie des vaccins” chez certains parents. Avant, il n’y avait “aucune difficulté” à vacciner les enfants, dit-elle. Aujourd’hui, “on doit faire des entretiens avec certains parents pour leur expliquer l’intérêt du vaccin”.Le militant du droit à la santé Ali Lotfi ajoute une autre explication. Pour lui, un “relâchement” du ministère de la Santé a joué un rôle dans l’épidémie. Pendant la pandémie de Covid, les vaccinations ont baissé “en raison du confinement et de la peur d’être contaminé dans les hôpitaux”, assure-t-il.Par la suite, “le ministère a négligé ce déficit et il y a eu un relâchement” dans le rattrapage et la sensibilisation, selon M. Lotfi. Le ministère se défend en affirmant que le vaccin est resté disponible gratuitement pendant toute la pandémie, et M. Mrabet insiste: “il y a encore des familles qui refusent d’autoriser la vaccination de leurs enfants”.”C’est l’une des raisons du prolongement de la campagne” actuelle, dit-il, en mettant en garde contre le “virus des idées antivax”.

Les avocats de l’ex-président philippin Duterte, en route vers la CPI, demandent son retour à Manille

Les avocats de l’ancien président philippin Rodrigo Duterte, en escale à Dubaï avant son transfert à La Haye en vertu d’un mandat de la Cour pénale internationale (CPI) qui le soupçonne de crimes contre l’humanité, prévoient de déposer une requête mercredi pour demander son rapatriement à Manille.Les organisations de défense des droits humains estiment que des dizaines de milliers d’hommes, pour la plupart pauvres, ont été tués par des policiers et des groupes d’autodéfense lors de la guerre contre la drogue menée par M. Duterte, souvent sans qu’il soit prouvé qu’ils étaient liés au trafic.Rodrigo Duterte, aujourd’hui âgé de 79 ans, doit être transféré une fois arrivé à La Haye au siège de la CPI, qui a ouvert une enquête sur cette campagne entamée en 2016.Il avait été interpellé mardi à Manille au retour d’un bref voyage à Hong Kong.Mercredi matin, les avocats de l’ancien président ont indiqué avoir déposé une requête auprès de la Cour suprême au nom de sa fille cadette Veronica, accusant le gouvernement d'”enlèvement” et exigeant qu’il soit contraint de “le ramener”.Rodrigo Duterte avait pourtant dit espérer que la Cour suprême des Philippines empêcherait qu’il ne soit conduit à la CPI, son autre fille Sara Duterte déplorant à cet égard qu’il soit ainsi “emmené de force”.Le bureau de Sara Duterte, vice-présidente visée par une procédure en destitution, a de son côté indiqué qu’elle était montée à bord d’un vol pour Amsterdam tôt dans la matinée, sans donner plus de détails.L’appareil transportant Rodrigo Duterte “a décollé à 23H03 (15H03 GMT) ce soir et a quitté l’espace aérien des Philippines”, a annoncé le chef de l’Etat de l’archipel, Ferdinand Marcos, au cours d’une conférence de presse, tandis que des journalistes de l’AFP ont assisté à ce départ à l’aéroport international de Manille.Le président Marcos, de son côté, a déclaré que le gouvernement “ne faisait que son travail”. “Nous devons nous montrer à la hauteur de nos responsabilités, des engagements que nous avons pris envers la communauté des nations, et c’est ce qui s’est passé ici”, a-t-il déclaré, assurant aussi que “la politique n’entre pas en ligne de compte”.- “Mandat d’arrêt” -Le porte-parole de la Cour, Fadi Abdullah, a confirmé le mandat d’arrêt et a déclaré qu’une audience de comparution initiale serait prévue lorsque M. Duterte serait en détention à La Haye.Dans une vidéo diffusée sur le compte Instagram de sa plus jeune fille Veronica, Rodrigo Duterte avait toutefois exigé de connaître les raisons de son arrestation. “Quelle est la loi (sur le fondement de laquelle j’ai été arrêté) et quel est le crime que j’ai commis ? Prouvez-moi maintenant la base légale de ma présence ici”, y avait-il lancé. “J’ai été amené ici non pas de mon plein gré mais par une volonté extérieure (…), vous devez maintenant répondre de ma privation de liberté”.S’exprimant devant des milliers de travailleurs philippins dimanche à Hong Kong, Rodrigo Duterte avait traité les enquêteurs de la CPI de “fils de putes”.Les Philippines ont quitté en 2019 à son initiative la Cour pénale internationale mais celle-ci a maintenu sa compétence en ce qui concerne les meurtres qui se sont produits avant ce retrait, ainsi que pour ceux commis dans la ville de Davao, à l’époque où M. Duterte en était le maire. – “Mon fils a obtenu justice” -Plus de 6.000 personnes ont été tuées dans les opérations antidrogue qu’il a ordonnées, selon les données officielles nationales, cependant que les procureurs de la CPI évaluent ce nombre à entre 12.000 et 30.000.Se définissant lui-même comme un tueur, Rodrigo Duterte avait demandé aux policiers de tirer mortellement sur les personnes soupçonnées de trafic de stupéfiants si leur vie était en danger.Il a insisté sur le fait que la répression avait permis de sauver des familles et d’éviter que les Philippines ne se transforment en un “Etat narco-politique”.Rodrigo Duterte a fermement défendu sa guerre sanglante contre la drogue en octobre dans le cadre de son audition au Sénat qui enquête sur les meurtres à grande échelle pendant cette période.”J’ai fait ce que j’avais à faire et, que vous le croyiez ou non, je l’ai fait pour mon pays”, s’était-il exclamé.L’ancien chef de l’Etat reste extrêmement populaire aux Philippines où beaucoup ont soutenu ses solutions expéditives face à la criminalité. Il est en lice pour retrouver son poste de maire.Un temps pressentie pour succéder à son père, sa fille Sara Duterte s’est retirée en faveur de Ferdinand Marcos, fils de l’autocrate du même nom, auquel elle s’est alliée, avant d’être nommée à la vice-présidence.Mais l’alliance entre les deux dynasties a récemment implosé, à l’approche des prochaines élections de mi-mandat.”Mon fils a maintenant obtenu justice”, s’est félicitée auprès de l’AFP, à propos de l’arrestation de Rodrigo Duterte, Luzviminda Dela Cruz, dont le fils de 19 ans a été abattu par la police en 2017. C’est une “étape cruciale dans l’obligation de rendre des comptes aux Philippines”, a pour sa part réagi Human Rights Watch.La Chine a quant à elle appelé la CPI à “éviter les deux poids, deux mesures”, l’exhortant à “exercer ses prérogatives avec prudence” et à “éviter toute politisation”.

Les avocats de l’ex-président philippin Duterte, en route vers la CPI, demandent son retour à Manille

Les avocats de l’ancien président philippin Rodrigo Duterte, en escale à Dubaï avant son transfert à La Haye en vertu d’un mandat de la Cour pénale internationale (CPI) qui le soupçonne de crimes contre l’humanité, prévoient de déposer une requête mercredi pour demander son rapatriement à Manille.Les organisations de défense des droits humains estiment que des dizaines de milliers d’hommes, pour la plupart pauvres, ont été tués par des policiers et des groupes d’autodéfense lors de la guerre contre la drogue menée par M. Duterte, souvent sans qu’il soit prouvé qu’ils étaient liés au trafic.Rodrigo Duterte, aujourd’hui âgé de 79 ans, doit être transféré une fois arrivé à La Haye au siège de la CPI, qui a ouvert une enquête sur cette campagne entamée en 2016.Il avait été interpellé mardi à Manille au retour d’un bref voyage à Hong Kong.Mercredi matin, les avocats de l’ancien président ont indiqué avoir déposé une requête auprès de la Cour suprême au nom de sa fille cadette Veronica, accusant le gouvernement d'”enlèvement” et exigeant qu’il soit contraint de “le ramener”.Rodrigo Duterte avait pourtant dit espérer que la Cour suprême des Philippines empêcherait qu’il ne soit conduit à la CPI, son autre fille Sara Duterte déplorant à cet égard qu’il soit ainsi “emmené de force”.Le bureau de Sara Duterte, vice-présidente visée par une procédure en destitution, a de son côté indiqué qu’elle était montée à bord d’un vol pour Amsterdam tôt dans la matinée, sans donner plus de détails.L’appareil transportant Rodrigo Duterte “a décollé à 23H03 (15H03 GMT) ce soir et a quitté l’espace aérien des Philippines”, a annoncé le chef de l’Etat de l’archipel, Ferdinand Marcos, au cours d’une conférence de presse, tandis que des journalistes de l’AFP ont assisté à ce départ à l’aéroport international de Manille.Le président Marcos, de son côté, a déclaré que le gouvernement “ne faisait que son travail”. “Nous devons nous montrer à la hauteur de nos responsabilités, des engagements que nous avons pris envers la communauté des nations, et c’est ce qui s’est passé ici”, a-t-il déclaré, assurant aussi que “la politique n’entre pas en ligne de compte”.- “Mandat d’arrêt” -Le porte-parole de la Cour, Fadi Abdullah, a confirmé le mandat d’arrêt et a déclaré qu’une audience de comparution initiale serait prévue lorsque M. Duterte serait en détention à La Haye.Dans une vidéo diffusée sur le compte Instagram de sa plus jeune fille Veronica, Rodrigo Duterte avait toutefois exigé de connaître les raisons de son arrestation. “Quelle est la loi (sur le fondement de laquelle j’ai été arrêté) et quel est le crime que j’ai commis ? Prouvez-moi maintenant la base légale de ma présence ici”, y avait-il lancé. “J’ai été amené ici non pas de mon plein gré mais par une volonté extérieure (…), vous devez maintenant répondre de ma privation de liberté”.S’exprimant devant des milliers de travailleurs philippins dimanche à Hong Kong, Rodrigo Duterte avait traité les enquêteurs de la CPI de “fils de putes”.Les Philippines ont quitté en 2019 à son initiative la Cour pénale internationale mais celle-ci a maintenu sa compétence en ce qui concerne les meurtres qui se sont produits avant ce retrait, ainsi que pour ceux commis dans la ville de Davao, à l’époque où M. Duterte en était le maire. – “Mon fils a obtenu justice” -Plus de 6.000 personnes ont été tuées dans les opérations antidrogue qu’il a ordonnées, selon les données officielles nationales, cependant que les procureurs de la CPI évaluent ce nombre à entre 12.000 et 30.000.Se définissant lui-même comme un tueur, Rodrigo Duterte avait demandé aux policiers de tirer mortellement sur les personnes soupçonnées de trafic de stupéfiants si leur vie était en danger.Il a insisté sur le fait que la répression avait permis de sauver des familles et d’éviter que les Philippines ne se transforment en un “Etat narco-politique”.Rodrigo Duterte a fermement défendu sa guerre sanglante contre la drogue en octobre dans le cadre de son audition au Sénat qui enquête sur les meurtres à grande échelle pendant cette période.”J’ai fait ce que j’avais à faire et, que vous le croyiez ou non, je l’ai fait pour mon pays”, s’était-il exclamé.L’ancien chef de l’Etat reste extrêmement populaire aux Philippines où beaucoup ont soutenu ses solutions expéditives face à la criminalité. Il est en lice pour retrouver son poste de maire.Un temps pressentie pour succéder à son père, sa fille Sara Duterte s’est retirée en faveur de Ferdinand Marcos, fils de l’autocrate du même nom, auquel elle s’est alliée, avant d’être nommée à la vice-présidence.Mais l’alliance entre les deux dynasties a récemment implosé, à l’approche des prochaines élections de mi-mandat.”Mon fils a maintenant obtenu justice”, s’est félicitée auprès de l’AFP, à propos de l’arrestation de Rodrigo Duterte, Luzviminda Dela Cruz, dont le fils de 19 ans a été abattu par la police en 2017. C’est une “étape cruciale dans l’obligation de rendre des comptes aux Philippines”, a pour sa part réagi Human Rights Watch.La Chine a quant à elle appelé la CPI à “éviter les deux poids, deux mesures”, l’exhortant à “exercer ses prérogatives avec prudence” et à “éviter toute politisation”.

Le retour des astronautes américains coincés dans l’ISS se dessine

Une nouvelle mission habitée doit s’envoler mercredi vers la Station spatiale internationale à bord d’un vaisseau de l’entreprise d’Elon Musk, SpaceX, ouvrant la voie au retour des deux astronautes américains coincés dans l’espace depuis neuf mois.Le décollage est prévu à 19H48 locales (23H48 GMT) depuis Cap Canaveral, en Floride. Si tout se déroule comme prévu et si la météo reste favorable, les deux infortunés pourraient revenir sur Terre dès dimanche, a précisé la Nasa.Initialement partis dans l’espace pour une mission de huit jours, Butch Wilmore et Suni Williams, deux vétérans de l’espace, sont coincés depuis juin dernier dans la Station spatiale internationale (ISS) en raison de défaillances sur le vaisseau Starliner de Boeing qui les avait acheminés en juin.Un périple qui a récemment pris un tournant politique avec le retour au pouvoir de Donald Trump, le président républicain et son grand allié Elon Musk accusant l’administration de l’ex-président Joe Biden de les avoir volontairement abandonnés à leur sort.Le multimilliardaire est chargé depuis l’été 2024 par la Nasa d’opérer leur retour, mais a récemment assuré qu’il aurait pu les secourir il y a longtemps, sans toutefois préciser comment.- Passation -Son entreprise SpaceX, qui assure depuis plusieurs années des missions de rotations de l’équipage de l’ISS, y a envoyé fin septembre un vaisseau avec seulement deux astronautes à bord – au lieu des quatre passagers initialement prévus – afin de laisser de la place au retour pour Butch Wilmore et Suni Williams.Ces derniers attendent pour repartir l’arrivée de la mission suivante, Crew-10, qui doit décoller mercredi.Le nouvel équipage est constitué de deux astronautes de la Nasa, Anne McClain et Nichole Ayers, d’un astronaute japonais Takuya Onishi et d’un cosmonaute russe Kirill Peskov. Tous les quatre doivent mener une série d’expériences scientifiques et de démonstrations technologiques à bord de l’ISS.Le vaisseau Dragon de SpaceX qui les transporte doit s’y amarrer jeudi à 10H00 GMT. S’ouvrira ensuite une période de passation de quelques jours, avant que Butch Wilmore et Suni Williams ne puissent repartir sur Terre aux côtés de l’Américain Nick Hague et du Russe Alexandre Gorbounov de Crew-9.Si la météo est favorable, le vaisseau Dragon de SpaceX devrait quitter la Station spatiale internationale dimanche, a fait savoir vendredi une ingénieure de la Nasa, Dana Weigel, et amerrir au large de la côte Est américaine, grâce à des parachutes-freins.Si leur séjour dans l’espace s’est éternisé, Butch Wilmore et Suni Williams n’ont pas encore dépassé le record de l’astronaute américain Frank Rubio. Ce dernier avait vécu 371 jours à bord de l’ISS en 2023, au lieu de six mois prévus initialement, en raison d’une fuite de liquide de refroidissement à bord du vaisseau spatial russe prévu pour son retour.”Nous nous étions préparés à rester longtemps, même si nous ne pensions rester que très peu”, a récemment dit Butch Wilmore, assurant qu’il s’agissait de la “raison même” de leur entraînement: “se préparer à toutes les éventualités et imprévus”. 

Violences en Syrie: la commission d’enquête “déterminée” à faire justice

La commission d’enquête mandatée par la présidence syrienne pour enquêter sur les violences dans l’ouest du pays a affirmé mardi sa détermination à garantir la justice et à prévenir les représailles extrajudiciaires, après la mort de plus de 1.200 civils dans un bastion de l’ex-président Bachar al-Assad.Les tensions ont commencé le 6 mars dans un village à majorité alaouite de la province de Lattaquié, après l’arrestation d’une personne recherchée par les forces de sécurité.La situation a rapidement dégénéré en affrontements lorsque des hommes armés de la minorité musulmane alaouite, que les autorités ont qualifiés d’hommes fidèles à Bachar al-Assad, ont ouvert le feu sur plusieurs positions des forces de sécurité.L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a ensuite rapporté des “exécutions sommaires” visant notamment des civils issus de la communauté alaouite, à laquelle appartenait Assad.Au moins 1.225 civils, en grande majorité alaouites, ont été tués aux mains des “forces de sécurité et de groupes affiliés”, essentiellement dans les provinces de Lattaquié et de Tartous, a affirmé l’OSDH.”La +Nouvelle Syrie+ est déterminée à garantir la justice, à faire prévaloir l’état de droit, à protéger les droits et libertés de ses citoyens, empêcher toutes représailles extrajudiciaires et à garantir l’absence d’impunité”, a déclaré mardi le porte-parole de la commission d’enquête, Yasser al-Farhane, lors d’une conférence de presse à Damas.Ces violences, les pires depuis l’arrivée au pouvoir le 8 décembre d’une coalition menée par le groupe islamiste radical sunnite Hayat Tahrir al-Cham (HTS) menacent la stabilité du pays, où le président par intérim, Ahmad al-Chareh, cherche à asseoir son autorité sur l’ensemble du territoire, après 13 ans de guerre civile sous Bachar al-Assad.- “Exactions” -Dans une tentative d’apaiser la situation, la présidence a annoncé dimanche la formation d’une “commission d’enquête indépendante” sur “les exactions contre les civils”, afin d’en identifier les responsables et de les “traduire en justice”. La commission, qui doit remettre son rapport à la présidence dans un délai de 30 jours, s’emploiera à “collecter et examiner toutes les preuves et rapports disponibles”, a assuré M. Farhane.Elle s’entretiendra avec “les témoins et toute personne susceptible d’aider, et de définir les lieux à inspecter”, a-t-il ajouté, précisant que “les vidéos seront examinées avec des spécialistes”.”Toute personne que la commission jugera impliquée ou suspectée (…) sera déférée devant la justice.”Des habitants de la côte ouest syrienne ont fait part à l’AFP d’affrontements violents et d’assassinats. L’OSDH et des militants ont diffusé des vidéos d’exécutions de personnes non armées, en civil, et d’autres où des dizaines de corps sont entassés dans la cour d’une maison.L’AFP n’a pas pu vérifier ces images de manière indépendante.Mardi, un journaliste de l’AFP posté à l’entrée de la base aérienne russe de Hmeïmim, qui abrite depuis vendredi des milliers de déplacés alaouites selon l’OSDH, a aperçu un convoi du Croissant-Rouge syrien composé d’au moins cinq véhicules, et trois blessés, dont deux femmes, être évacués. Un autre journaliste de l’AFP a vu des alaouites fuir vers le nord du Liban en traversant une rivière.Les autorités ont annoncé l’arrestation d’au moins sept personnes depuis lundi, accusées d’avoir commis des “exactions” contre des civils, et les ont déférées devant la justice militaire compétente.- “Familles entières” -Le porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, Thameen Al-Kheetan, a appelé mardi à faire cesser “les souffrances” des populations dans l’ouest du pays.L’ONU a documenté jusqu’à présent la mort de 111 civils, mais reconnaît que le bilan réel est certainement “significativement plus élevé”.Ces écarts de bilans sont communs, l’ONU suivant une procédure de vérification très stricte qui prend du temps.”Selon de nombreux témoignages recueillis par notre Bureau, les auteurs ont fait des descentes dans les maisons, demandant aux résidents s’ils étaient alaouites ou sunnites avant de les tuer ou de les épargner en fonction de leur réponse”, a raconté M. Kheetan ajoutant que dans certains cas, des “familles entières” avaient été tuées.”Toutes les parties, y compris des groupes comme HTS et l’Armée nationale syrienne soutenue par la Turquie, qui constituent désormais les nouvelles forces de sécurité syriennes, doivent rendre des comptes”, a appelé l’ONG Human Rights Watch (HRW).HRW exhorte en outre “les nouveaux dirigeants de la Syrie à coopérer pleinement avec des observateurs indépendants, dont (…) la Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie, et veiller à ce qu’ils aient un accès sans entrave”.En parallèle, les nouvelles autorités de Damas ont annoncé lundi avoir conclu avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, un accord prévoyant l’intégration au sein de l’Etat syrien de toutes les institutions civiles et militaires relevant de l’administration autonome kurde.Cet accord a été salué mardi par les Etats-Unis qui, par l’entremise du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, ont réaffirmé “leur soutien à une transition politique qui démontre une gouvernance crédible et non-sectaire, cela étant le meilleur chemin pour éviter plus de conflit”.

Violences en Syrie: la commission d’enquête “déterminée” à faire justice

La commission d’enquête mandatée par la présidence syrienne pour enquêter sur les violences dans l’ouest du pays a affirmé mardi sa détermination à garantir la justice et à prévenir les représailles extrajudiciaires, après la mort de plus de 1.200 civils dans un bastion de l’ex-président Bachar al-Assad.Les tensions ont commencé le 6 mars dans un village à majorité alaouite de la province de Lattaquié, après l’arrestation d’une personne recherchée par les forces de sécurité.La situation a rapidement dégénéré en affrontements lorsque des hommes armés de la minorité musulmane alaouite, que les autorités ont qualifiés d’hommes fidèles à Bachar al-Assad, ont ouvert le feu sur plusieurs positions des forces de sécurité.L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a ensuite rapporté des “exécutions sommaires” visant notamment des civils issus de la communauté alaouite, à laquelle appartenait Assad.Au moins 1.225 civils, en grande majorité alaouites, ont été tués aux mains des “forces de sécurité et de groupes affiliés”, essentiellement dans les provinces de Lattaquié et de Tartous, a affirmé l’OSDH.”La +Nouvelle Syrie+ est déterminée à garantir la justice, à faire prévaloir l’état de droit, à protéger les droits et libertés de ses citoyens, empêcher toutes représailles extrajudiciaires et à garantir l’absence d’impunité”, a déclaré mardi le porte-parole de la commission d’enquête, Yasser al-Farhane, lors d’une conférence de presse à Damas.Ces violences, les pires depuis l’arrivée au pouvoir le 8 décembre d’une coalition menée par le groupe islamiste radical sunnite Hayat Tahrir al-Cham (HTS) menacent la stabilité du pays, où le président par intérim, Ahmad al-Chareh, cherche à asseoir son autorité sur l’ensemble du territoire, après 13 ans de guerre civile sous Bachar al-Assad.- “Exactions” -Dans une tentative d’apaiser la situation, la présidence a annoncé dimanche la formation d’une “commission d’enquête indépendante” sur “les exactions contre les civils”, afin d’en identifier les responsables et de les “traduire en justice”. La commission, qui doit remettre son rapport à la présidence dans un délai de 30 jours, s’emploiera à “collecter et examiner toutes les preuves et rapports disponibles”, a assuré M. Farhane.Elle s’entretiendra avec “les témoins et toute personne susceptible d’aider, et de définir les lieux à inspecter”, a-t-il ajouté, précisant que “les vidéos seront examinées avec des spécialistes”.”Toute personne que la commission jugera impliquée ou suspectée (…) sera déférée devant la justice.”Des habitants de la côte ouest syrienne ont fait part à l’AFP d’affrontements violents et d’assassinats. L’OSDH et des militants ont diffusé des vidéos d’exécutions de personnes non armées, en civil, et d’autres où des dizaines de corps sont entassés dans la cour d’une maison.L’AFP n’a pas pu vérifier ces images de manière indépendante.Mardi, un journaliste de l’AFP posté à l’entrée de la base aérienne russe de Hmeïmim, qui abrite depuis vendredi des milliers de déplacés alaouites selon l’OSDH, a aperçu un convoi du Croissant-Rouge syrien composé d’au moins cinq véhicules, et trois blessés, dont deux femmes, être évacués. Un autre journaliste de l’AFP a vu des alaouites fuir vers le nord du Liban en traversant une rivière.Les autorités ont annoncé l’arrestation d’au moins sept personnes depuis lundi, accusées d’avoir commis des “exactions” contre des civils, et les ont déférées devant la justice militaire compétente.- “Familles entières” -Le porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, Thameen Al-Kheetan, a appelé mardi à faire cesser “les souffrances” des populations dans l’ouest du pays.L’ONU a documenté jusqu’à présent la mort de 111 civils, mais reconnaît que le bilan réel est certainement “significativement plus élevé”.Ces écarts de bilans sont communs, l’ONU suivant une procédure de vérification très stricte qui prend du temps.”Selon de nombreux témoignages recueillis par notre Bureau, les auteurs ont fait des descentes dans les maisons, demandant aux résidents s’ils étaient alaouites ou sunnites avant de les tuer ou de les épargner en fonction de leur réponse”, a raconté M. Kheetan ajoutant que dans certains cas, des “familles entières” avaient été tuées.”Toutes les parties, y compris des groupes comme HTS et l’Armée nationale syrienne soutenue par la Turquie, qui constituent désormais les nouvelles forces de sécurité syriennes, doivent rendre des comptes”, a appelé l’ONG Human Rights Watch (HRW).HRW exhorte en outre “les nouveaux dirigeants de la Syrie à coopérer pleinement avec des observateurs indépendants, dont (…) la Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie, et veiller à ce qu’ils aient un accès sans entrave”.En parallèle, les nouvelles autorités de Damas ont annoncé lundi avoir conclu avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, un accord prévoyant l’intégration au sein de l’Etat syrien de toutes les institutions civiles et militaires relevant de l’administration autonome kurde.Cet accord a été salué mardi par les Etats-Unis qui, par l’entremise du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, ont réaffirmé “leur soutien à une transition politique qui démontre une gouvernance crédible et non-sectaire, cela étant le meilleur chemin pour éviter plus de conflit”.