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Chikungunya à la Réunion: les autorités retirent de la vaccination les seniors

La lutte contre l’épidémie de chikungunya à La Réunion se complique: les autorités sanitaires viennent de retirer “sans délai” les plus de 65 ans de la campagne de vaccination pour l’île de l’océan indien et Mayotte après trois “événements indésirables graves” dont un décès.Cette décision survient quelques semaines après le lancement de cette campagne qui ciblait en priorité les seniors, à l’heure où l’épidémie de chikungunya a déjà provoqué la mort de neuf personnes à La Réunion, selon un bilan provisoire.”La vaccination reste ouverte pour les personnes âgées de 18 à 64 ans présentant des comorbidités”, a toutefois précisé le ministère de la Santé dans un communiqué. A la suite de ces annonces, la sénatrice Audrey Bélim (PS) a réclamé une commission d’enquête parlementaire pour “faire la lumière sur les raisons de la grave erreur portant sur la vaccination des plus de 65 ans” et sur les “défaillances” de l’Agence Régionale de Santé dans la gestion de l’épidémie. Les autorités sanitaires ont été informées le 23 avril de deux “événements indésirables graves” dont un décès puis d’un troisième le 25 avril. “Compte tenu de la gravité de ces événements, la Direction générale de la santé (DGS) a saisi en urgence le 24 avril la Haute Autorité de Santé pour réévaluer les indications de vaccination contre le chikungunya par le vaccin Ixchiq” du laboratoire Valneva, a précisé le ministère de la Santé.La Haute Autorité de santé (HAS) s’étant prononcée vendredi en faveur d’une révision des cibles de la vaccination, les autorités sanitaires ont décidé de retirer de la cible vaccinale, “sans délai, les personnes de 65 ans et plus présentant ou non des comorbidités”.Contacté par l’AFP, le groupe pharmaceutique franco-autrichien Valneva n’a pas réagi à ce stade.Les trois événements indésirables graves sont survenus à La Réunion chez des personnes de plus de 80 ans présentant des comorbidités, a précisé le ministère de la Santé. “Deux personnes ont présenté des symptômes similaires à ceux d’une forme grave de chikungunya quelques jours après la vaccination, dont l’une est décédée. La troisième est sortie d’hospitalisation”, a-t-on poursuivi de même source. Le 17 avril, l’agence du médicament avait annoncé “une surveillance renforcée” d’éventuels effets secondaires post-vaccination avec le vaccin Ixchiq.- 100.000 doses de vaccins -Le chikungunya, une maladie infectieuse due à un virus transmis par le moustique tigre, provoque une forte fièvre et des douleurs articulaires pouvant perdurer plusieurs semaines. Il n’existe pas de traitement spécifique contre la maladie.Face à une épidémie généralisée et majeure à La Réunion, une campagne de vaccination a été lancée par les autorités sanitaires début avril dans l’île. Le vaccin utilisé, Ixchiq, est le premier contre le chikungunya à avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché en Europe.Quelque 40.000 doses de ce vaccin sont arrivées à La Réunion et 60.000 supplémentaires ont été achetées. Elles étaient destinées en priorité aux personnes de 65 ans et plus présentant des comorbidités.La campagne de vaccination a démarré “timidement”, avait récemment indiqué le directeur général de l’agence régionale de santé (ARS), Gérard Cotellon.Le bilan provisoire de l’épidémie de chikungunya à La Réunion est de neuf morts, selon les autorités sanitaires qui soulignent que l’épidémie se “stabilise à un haut niveau”, selon des chiffres donnés mercredi.Du 7 au 13 avril, la dernière semaine pour laquelle les données sont connues, 350 passages aux urgences ont été enregistrés contre 289 la semaine précédente, soit une hausse de 21%.Le nombre de cas confirmés comptabilisés sur la même période est lui en baisse, de 6.237 à 4.304, mais Santé publique France précise que ce nombre n’est pas consolidé et qu’il pourrait donc s’avérer plus élevé.L’épidémie actuelle a commencé en août 2024, mais les cas ont explosé à partir de mars 2025. Avant cette flambée, aucun cas de chikungunya n’avait été signalé depuis 2010 à La Réunion. Une grande épidémie y avait touché 260.000 personnes et fait plus de 200 morts entre 2005 et 2006.

En Inde, un système d’alerte pour prévenir les attaques d’éléphants

Dans les forêts du centre de l’Inde, des pisteurs traquent les empreintes, excréments ou barrissements des éléphants pour alimenter un système d’alerte destiné à limiter les incidents qui tuent chaque année des centaines d’humains.”Il ne faut pas faire de bruit pour éviter tout affrontement”, chuchote Bhuvan Yadav, arborant fièrement un T-shirt aux couleurs de son équipe des “amis de l’éléphant”. Avec trois autres pisteurs, les yeux rivés au sol, il tente de repérer le moindre indice du passage des pachydermes en s’enfonçant dans les denses forêts proches de la réserve de tigres d’Udanti-Sitanadi, dans l’Etat du Chhattisgarh.Ces précieuses informations nourrissent une application développée par la société indienne Kalpvaig, qui les analyse et envoie aussitôt un message d’alerte aux villageois concernés. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), la population des éléphants d’Asie en liberté a fondu de 100.000 spécimens au début du XXe siècle à 50.000 aujourd’hui, dont une majorité en Inde. L’urbanisation, la déforestation et l’exploitation minière les ont contraints à s’aventurer dans des régions du Chhattisgarh où ils n’avaient plus été observés depuis des décennies. “Nous essayons de maintenir une distance de 200 mètres avec le troupeau afin d’avoir (le temps) de courir”, explique M. Yadav, l’un des 250 pisteurs du département des forêts de l’Etat.Avec la disparition de leur habitat naturel, les conflits entre humains et éléphants se multiplient. En 2023-2024, plus de 600 personnes ont été tuées par des éléphants vivant à l’état sauvage dans le pays le plus peuplé de la planète, selon les données du Parlement. Sur les cinq dernières années, 15% de ces victimes ont été recensées dans le Chhattisgarh, qui n’héberge pourtant que 1% des éléphants vivant à l’état sauvage du pays.La mère de Mohan Singh Gond, Lakshmibai, une rizicultrice de 50 ans, a ainsi été piétinée et tuée alors qu’elle surveillait ses champs en 2022 dans le district de Gariaband.”Elle a été prise au dépourvu”, se souvient-t-il, “l’éléphant lui a déchiqueté le crâne”.- Géolocalisation -Selon les autorités, le système d’alerte financé par le gouvernement a permis de réduire significativement le nombre des victimes. Autour de la réserve de tigres d’Udanti-Sitanadi, les pachydermes ont tué cinq personnes en 2022. Depuis la mise en place du système d’alerte en février 2023, une seule victime a été déplorée. “Les villageois donnent leur numéro de portable et leurs données de géolocalisation”, explique Varun Jain, à la tête du projet. “Ils reçoivent des appels et des messages lorsqu’un éléphant se trouve à moins de cinq kilomètres d’eux”. Des alertes sont également diffusées par haut-parleurs dans les villages.Si les habitants se félicitent de cette initiative qui sauve des vies, ils éprouvent toujours un profond ressentiment à l’endroit de ces mastodontes.”Lorsqu’une alerte est émise, nous n’allons pas dans la forêt pour chercher de la nourriture car nous savons que tout peut arriver”, témoigne Kantibai Yadav, une agente des services de santé.”Mais cela entraîne des pertes car c’est notre principal moyen de subsistance et ils font des dégâts dans nos cultures”, se lamente-t-elle, “le gouvernement ne devrait pas laisser les éléphants sauvages errer ainsi”. Les services forestiers s’efforcent d'”améliorer leur habitat” pour éviter qu’en quête de nourriture, ils ne pénètrent dans les villages, assure M. Jain.Les pachydermes les plus dangereux pour les humains sont souvent les mâles solitaires en “musth”, une période au cours de laquelle leur niveau de testostérone grimpe et qui s’accompagne de comportements violents.”Les solitaires sont à l’origine de 80% des cas” d’incidents, estime le responsable. Aucun doute pour lui, le système d’alerte est plus efficace que le tir de fléchettes paralysantes et la pose de colliers radio, généralement attachés à l’éléphante la plus âgée, afin de suivre les déplacements du troupeau qui la suit. “L’éléphant est si intelligent”, note Varun Jain, “qu’il retire son collier au bout de deux à trois mois”. 

En Inde, un système d’alerte pour prévenir les attaques d’éléphants

Dans les forêts du centre de l’Inde, des pisteurs traquent les empreintes, excréments ou barrissements des éléphants pour alimenter un système d’alerte destiné à limiter les incidents qui tuent chaque année des centaines d’humains.”Il ne faut pas faire de bruit pour éviter tout affrontement”, chuchote Bhuvan Yadav, arborant fièrement un T-shirt aux couleurs de son équipe …

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En Inde, un système d’alerte pour prévenir les attaques d’éléphants

Dans les forêts du centre de l’Inde, des pisteurs traquent les empreintes, excréments ou barrissements des éléphants pour alimenter un système d’alerte destiné à limiter les incidents qui tuent chaque année des centaines d’humains.”Il ne faut pas faire de bruit pour éviter tout affrontement”, chuchote Bhuvan Yadav, arborant fièrement un T-shirt aux couleurs de son équipe des “amis de l’éléphant”. Avec trois autres pisteurs, les yeux rivés au sol, il tente de repérer le moindre indice du passage des pachydermes en s’enfonçant dans les denses forêts proches de la réserve de tigres d’Udanti-Sitanadi, dans l’Etat du Chhattisgarh.Ces précieuses informations nourrissent une application développée par la société indienne Kalpvaig, qui les analyse et envoie aussitôt un message d’alerte aux villageois concernés. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), la population des éléphants d’Asie en liberté a fondu de 100.000 spécimens au début du XXe siècle à 50.000 aujourd’hui, dont une majorité en Inde. L’urbanisation, la déforestation et l’exploitation minière les ont contraints à s’aventurer dans des régions du Chhattisgarh où ils n’avaient plus été observés depuis des décennies. “Nous essayons de maintenir une distance de 200 mètres avec le troupeau afin d’avoir (le temps) de courir”, explique M. Yadav, l’un des 250 pisteurs du département des forêts de l’Etat.Avec la disparition de leur habitat naturel, les conflits entre humains et éléphants se multiplient. En 2023-2024, plus de 600 personnes ont été tuées par des éléphants vivant à l’état sauvage dans le pays le plus peuplé de la planète, selon les données du Parlement. Sur les cinq dernières années, 15% de ces victimes ont été recensées dans le Chhattisgarh, qui n’héberge pourtant que 1% des éléphants vivant à l’état sauvage du pays.La mère de Mohan Singh Gond, Lakshmibai, une rizicultrice de 50 ans, a ainsi été piétinée et tuée alors qu’elle surveillait ses champs en 2022 dans le district de Gariaband.”Elle a été prise au dépourvu”, se souvient-t-il, “l’éléphant lui a déchiqueté le crâne”.- Géolocalisation -Selon les autorités, le système d’alerte financé par le gouvernement a permis de réduire significativement le nombre des victimes. Autour de la réserve de tigres d’Udanti-Sitanadi, les pachydermes ont tué cinq personnes en 2022. Depuis la mise en place du système d’alerte en février 2023, une seule victime a été déplorée. “Les villageois donnent leur numéro de portable et leurs données de géolocalisation”, explique Varun Jain, à la tête du projet. “Ils reçoivent des appels et des messages lorsqu’un éléphant se trouve à moins de cinq kilomètres d’eux”. Des alertes sont également diffusées par haut-parleurs dans les villages.Si les habitants se félicitent de cette initiative qui sauve des vies, ils éprouvent toujours un profond ressentiment à l’endroit de ces mastodontes.”Lorsqu’une alerte est émise, nous n’allons pas dans la forêt pour chercher de la nourriture car nous savons que tout peut arriver”, témoigne Kantibai Yadav, une agente des services de santé.”Mais cela entraîne des pertes car c’est notre principal moyen de subsistance et ils font des dégâts dans nos cultures”, se lamente-t-elle, “le gouvernement ne devrait pas laisser les éléphants sauvages errer ainsi”. Les services forestiers s’efforcent d'”améliorer leur habitat” pour éviter qu’en quête de nourriture, ils ne pénètrent dans les villages, assure M. Jain.Les pachydermes les plus dangereux pour les humains sont souvent les mâles solitaires en “musth”, une période au cours de laquelle leur niveau de testostérone grimpe et qui s’accompagne de comportements violents.”Les solitaires sont à l’origine de 80% des cas” d’incidents, estime le responsable. Aucun doute pour lui, le système d’alerte est plus efficace que le tir de fléchettes paralysantes et la pose de colliers radio, généralement attachés à l’éléphante la plus âgée, afin de suivre les déplacements du troupeau qui la suit. “L’éléphant est si intelligent”, note Varun Jain, “qu’il retire son collier au bout de deux à trois mois”. 

Iran et Etats-Unis engagés dans un nouveau cycle de pourparlers sur le nucléaire

Les Etats-Unis et l’Iran mènent samedi à Oman un troisième cycle de négociations cruciales sur le nucléaire iranien,  dans une “atmosphère sérieuse” selon Téhéran, après de précédents échanges qualifiés de constructifs par les deux pays, ennemis depuis quatre décennies.Les discussions, qui ont débuté dans la matinée sous médiation omanaise, se poursuivent “dans une atmosphère sérieuse”, a indiqué sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï. Elles se déroulent dans “des salles séparées”, comme lors des deux réunions précédentes, le 12 avril à Mascate et le 19 à Rome, selon la même source. Les pourparlers visent à conclure un nouvel accord devant empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique – une ambition que Téhéran a toujours nié avoir – en échange d’une levée des sanctions qui paralysent son économie, après le retrait américain en 2018, sous la première présidence de Donald Trump, de l’accord international conclu trois ans plus tôt à Vienne.  Une session de pourparlers techniques entre experts doit s’ajouter aux discussions menées par le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, et l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, par l’intermédiaire du ministre des Affaires étrangères omanais, Badr al-Boussaïdi.  Selon M. Baghaï, les capacités de défense et le programme balistique iraniens ne figurent pas à l’ordre du jour. “Les négociations porteront sur des questions techniques et au niveau des experts sur des détails” et pourraient “être prolongées si nécessaire”, a indiqué pour sa part l’agence de presse officielle Irna.La précédente réunion il y a une semaine avait été qualifiée de “bonne” par les deux pays. “Pour que les négociations progressent, il faut une démonstration de bonne volonté, de sérieux et de réalisme de la part de l’autre partie”, a déclaré vendredi M. Baghaï. – “Optimisme prudent” -Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et Israël soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Téhéran rejette ces allégations, défendant un droit au nucléaire à des fins civiles, notamment pour l’énergie. M. Araghchi a ainsi indiqué que son pays prévoyait de construire 19 nouveaux réacteurs, dans un discours publié mardi sur X.En représailles au retrait américain de l’accord de Vienne, l’Iran a pris ses distances avec le texte, en enrichissant notamment de l’uranium à un niveau élevé.M. Araghchi a fait part cette semaine de l'”optimisme prudent” de son pays sur le processus en cours. Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a relancé sa politique dite de “pression maximale” sur l’Iran, l’appelant en mars à négocier tout en menaçant de le bombarder en cas d’échec de la diplomatie. Dans des déclarations publiées vendredi par Time Magazine, il a assuré être prêt à rencontrer le guide suprême iranien ou le président du pays.Dans le même temps, Washington a annoncé mardi de nouvelles sanctions visant le secteur pétrolier iranien, Téhéran dénonçant une “approche hostile”. – Des tunnels en question -Mercredi, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargée de surveiller le programme nucléaire iranien, a demandé à Téhéran d’expliquer la présence de tunnels autour du site de Natanz (centre) qui abrite des centrifugeuses utilisées pour enrichir l’uranium.L’organisme Institute for Science and International Security, basé à Washington, a publié des images satellites de ce site, qui montre selon lui à proximité un nouveau tunnel et un plus ancien, ainsi qu’un nouveau périmètre de sécurité. Téhéran n’a pas réagi dans l’immédiat.L’Iran enrichit actuellement l’uranium à un niveau élevé (60%), inférieur aux 90% nécessaires à la fabrication de l’arme atomique, mais très loin du plafond de 3,67% fixé par l’accord de Vienne. Selon M. Araghchi, le droit de l’Iran à enrichir de l’uranium est “non négociable”. Le ministre iranien s’est dit jeudi disposé à se rendre en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, autres pays parties à l’accord de Vienne. La semaine dernière, Marco Rubio avait appelé les Européens à se décider rapidement concernant le rétablissement des sanctions de l’ONU sur l’Iran. L’accord de 2015 prévoit la possibilité de les rétablir automatiquement en cas de non conformité au texte, mais cette option expire en octobre. L’Iran a prévenu qu’il pourrait se retirer du Traité de non-prolifération nucléaire si ce mécanisme était déclenché.  Les négociations se déroulent par ailleurs alors qu’une puissante explosion a secoué un port commercial clé du sud de l’Iran, faisant au moins quatre morts et plus de 500 blessés, selon les médias d’Etat du pays, qui ont précisé qu’une enquête avait été ouverte sur les causes du sinistre, encore indéterminées.

Iran et Etats-Unis engagés dans un nouveau cycle de pourparlers sur le nucléaire

Les Etats-Unis et l’Iran mènent samedi à Oman un troisième cycle de négociations cruciales sur le nucléaire iranien,  dans une “atmosphère sérieuse” selon Téhéran, après de précédents échanges qualifiés de constructifs par les deux pays, ennemis depuis quatre décennies.Les discussions, qui ont débuté dans la matinée sous médiation omanaise, se poursuivent “dans une atmosphère sérieuse”, a indiqué sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï. Elles se déroulent dans “des salles séparées”, comme lors des deux réunions précédentes, le 12 avril à Mascate et le 19 à Rome, selon la même source. Les pourparlers visent à conclure un nouvel accord devant empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique – une ambition que Téhéran a toujours nié avoir – en échange d’une levée des sanctions qui paralysent son économie, après le retrait américain en 2018, sous la première présidence de Donald Trump, de l’accord international conclu trois ans plus tôt à Vienne.  Une session de pourparlers techniques entre experts doit s’ajouter aux discussions menées par le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, et l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, par l’intermédiaire du ministre des Affaires étrangères omanais, Badr al-Boussaïdi.  Selon M. Baghaï, les capacités de défense et le programme balistique iraniens ne figurent pas à l’ordre du jour. “Les négociations porteront sur des questions techniques et au niveau des experts sur des détails” et pourraient “être prolongées si nécessaire”, a indiqué pour sa part l’agence de presse officielle Irna.La précédente réunion il y a une semaine avait été qualifiée de “bonne” par les deux pays. “Pour que les négociations progressent, il faut une démonstration de bonne volonté, de sérieux et de réalisme de la part de l’autre partie”, a déclaré vendredi M. Baghaï. – “Optimisme prudent” -Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et Israël soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Téhéran rejette ces allégations, défendant un droit au nucléaire à des fins civiles, notamment pour l’énergie. M. Araghchi a ainsi indiqué que son pays prévoyait de construire 19 nouveaux réacteurs, dans un discours publié mardi sur X.En représailles au retrait américain de l’accord de Vienne, l’Iran a pris ses distances avec le texte, en enrichissant notamment de l’uranium à un niveau élevé.M. Araghchi a fait part cette semaine de l'”optimisme prudent” de son pays sur le processus en cours. Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a relancé sa politique dite de “pression maximale” sur l’Iran, l’appelant en mars à négocier tout en menaçant de le bombarder en cas d’échec de la diplomatie. Dans des déclarations publiées vendredi par Time Magazine, il a assuré être prêt à rencontrer le guide suprême iranien ou le président du pays.Dans le même temps, Washington a annoncé mardi de nouvelles sanctions visant le secteur pétrolier iranien, Téhéran dénonçant une “approche hostile”. – Des tunnels en question -Mercredi, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargée de surveiller le programme nucléaire iranien, a demandé à Téhéran d’expliquer la présence de tunnels autour du site de Natanz (centre) qui abrite des centrifugeuses utilisées pour enrichir l’uranium.L’organisme Institute for Science and International Security, basé à Washington, a publié des images satellites de ce site, qui montre selon lui à proximité un nouveau tunnel et un plus ancien, ainsi qu’un nouveau périmètre de sécurité. Téhéran n’a pas réagi dans l’immédiat.L’Iran enrichit actuellement l’uranium à un niveau élevé (60%), inférieur aux 90% nécessaires à la fabrication de l’arme atomique, mais très loin du plafond de 3,67% fixé par l’accord de Vienne. Selon M. Araghchi, le droit de l’Iran à enrichir de l’uranium est “non négociable”. Le ministre iranien s’est dit jeudi disposé à se rendre en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, autres pays parties à l’accord de Vienne. La semaine dernière, Marco Rubio avait appelé les Européens à se décider rapidement concernant le rétablissement des sanctions de l’ONU sur l’Iran. L’accord de 2015 prévoit la possibilité de les rétablir automatiquement en cas de non conformité au texte, mais cette option expire en octobre. L’Iran a prévenu qu’il pourrait se retirer du Traité de non-prolifération nucléaire si ce mécanisme était déclenché.  Les négociations se déroulent par ailleurs alors qu’une puissante explosion a secoué un port commercial clé du sud de l’Iran, faisant au moins quatre morts et plus de 500 blessés, selon les médias d’Etat du pays, qui ont précisé qu’une enquête avait été ouverte sur les causes du sinistre, encore indéterminées.