AFP World
L’ex-banquier Mark Carney, l’homme des crises, atypique Premier ministre canadien
Il a dirigé deux banques centrales mais n’avait jamais été élu. Le Premier ministre canadien Mark Carney, qui a remporté les législatives lundi, a l’habitude de naviguer dans la tempête.Avec la victoire de son parti aux législatives, il va devoir rapidement faire ses preuves face à Donald Trump.Un défi qu’il assure pouvoir relever.”Je suis plus utile en période de crise. Je ne suis pas très bon en temps de paix”, a-t-il confié récemment, sur un ton amusé, devant une petite assemblée dans un bar de l’Ontario.En quelques semaines, ce novice en politique de 60 ans a réussi à convaincre les Canadiens que son expertise en matière économique et financière faisait de lui l’homme de la situation pour piloter le pays plongé dans une crise inédite.En effet, la récession menace cette nation du G7, 9e puissance économique mondiale, après l’imposition de droits de douane par Donald Trump, qui ne cesse de répéter par ailleurs que le destin du Canada est de devenir un Etat américain. – “Rigueur” -Né à Fort Smith, dans le Grand nord, mais élevé à Edmonton dans cet ouest canadien plutôt rural et conservateur, Mark Carney est père de quatre filles et fan de hockey. Il a étudié à Harvard et Oxford, avant de faire fortune en tant que banquier d’affaire chez Goldman Sachs, à New York, Londres, Tokyo et Toronto.En 2008, en pleine crise financière mondiale, il est nommé gouverneur de la Banque du Canada par le Premier ministre conservateur, Stephen Harper.Cinq ans plus tard, il est choisi par le Premier ministre britannique David Cameron pour diriger la Banque d’Angleterre, devenant le premier étranger à la tête de l’institution.Peu après, il sera confronté aux turbulences provoquées par le vote du Brexit. Une tâche accomplie avec “conviction, rigueur et intelligence”, selon le ministre britannique des Finances de l’époque, Sajid Javid.Cela faisait des années que les rumeurs annonçaient son entrée en politique. Mais c’est seulement début janvier, après la démission de Justin Trudeau, dont il a été le conseiller économique, qu’il décide de se jeter dans l’arène.Ayant conquis le Parti libéral début mars, il devient Premier ministre et déclenche des élections dans la foulée, affirmant qu’il a besoin d’un “mandat fort” pour faire face aux menaces de Donald Trump, qui cherche à “briser” le Canada.- “Technocrate” -Un véritable pari pour cet ancien gardien de hockey qui n’avait jamais mené de campagne et qui a pris les rênes d’un parti au plus bas dans les sondages, plombé par l’impopularité de Justin Trudeau en fin de mandat.Et beaucoup d’analystes s’interrogeaient sur sa capacité à retourner la situation, alors que de nombreux Canadiens tenaient les libéraux pour responsables de la forte inflation et de la crise du logement dans le pays. Peu charismatique, à l’opposé de l’image flamboyante de Justin Trudeau à ses débuts, il semble que c’est justement son sérieux et son CV qui ont finalement convaincu une majorité de Canadiens.”C’est un technocrate un peu ennuyeux, qui pèse chacun de ses mots”, explique Daniel Béland de l’Université McGill de Montréal. Mais aussi “un spécialiste des politiques publiques qui maîtrise très bien ses dossiers”.”Ce profil rassure et répond aux attentes des Canadiens pour gérer cette crise”, ajoute Geneviève Tellier.Son principal opposant durant la campagne, le conservateur Pierre Poilievre, l’avait cependant décrit comme un membre de “l’élite qui ne comprend pas ce que vivent les gens ordinaires”, analyse Lori Turnbull, professeure à l’université Dalhousie.Reste un sujet qui semble lui faire perdre son flegme: la question de son patrimoine. Selon Bloomberg, il disposait en décembre de stock-option pour plusieurs millions de dollars.Et ses rares échanges tendus avec des journalistes pendant la campagne ont concerné cette fortune personnelle.
La peine de François Fillon au cœur d’un troisième procès
Huit ans après la révélation de l’affaire des emplois fictifs de son épouse Penelope, fatale à ses ambitions présidentielles, François Fillon est de retour mardi devant la justice pour que les juges tranchent sur la peine qui doit lui être infligée.L’ancien Premier ministre de 71 ans est attendu à la cour d’appel de Paris pour cette brève audience à l’issue de laquelle la décision devrait être mise en délibéré à une date ultérieure.François Fillon est depuis avril 2024 définitivement coupable notamment de détournement de fonds publics, mais la Cour de cassation a ordonné une nouvelle audience consacrée uniquement à la peine, dans cette affaire qui a feuilletonné des mois durant et stoppé net sa course en tête pour la présidentielle 2017.En appel, le 9 mai 2022, l’ancien chef du gouvernement, désormais retiré de la vie politique, a été condamné à quatre ans d’emprisonnement, dont un an ferme, 375.000 euros d’amende et 10 ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, complicité d’abus de biens sociaux, recels.Son épouse, Penelope Fillon, avait quant à elle été condamnée à deux ans de prison avec sursis, ainsi que 375.000 euros d’amende, et son ex-suppléant, Marc Joulaud, à trois ans de prison avec sursis, avec des inéligibilités respectives de deux et cinq ans.Les trois prévenus avaient en outre été condamnés à verser un total d’environ 800.000 euros de dommages et intérêts à l’Assemblée nationale.Si elle a rejeté les pourvois de Penelope Fillon et Marc Joulaud rendant leurs peines définitives, la Cour de cassation, dont la tâche est de statuer non sur le fond du dossier mais sur la bonne application du droit, a estimé que la cour d’appel n’avait pas suffisamment motivé la partie ferme de la peine prononcée contre François Fillon.- Calvaire politico-médiatique -En outre, la haute juridiction avait jugé que le montant de 126.167 euros, accordé à l’Assemblée nationale en dommages et intérêts pour le contrat d’assistante parlementaire de Penelope Fillon auprès de son mari en 2012-2013, avait été mal évalué, dans la mesure où la cour d’appel avait reconnu que Penelope Fillon avait tout de même réalisé certaines tâches. D’autres dommages et intérêts sont définitivement dus par le couple.L’affaire avait éclaté en janvier 2017 avec les révélations du Canard enchaîné, amorçant pour François Fillon un interminable calvaire politique et médiatique, et une campagne dans laquelle se sont invités les bruits de casseroles et les “Rends l’argent” contre celui qui était alors candidat de la droite et du centre.Lancés sur la piste des emplois de Mme Fillon, les enquêteurs ont entendu du jardinier aux journalistes locaux en passant par d’anciens collaborateurs et des préfets en poste à l’époque, sans guère trouver de témoignages établissant la réalité du travail de l’épouse de celui qui s’est longtemps posé en héraut de l’intégrité.Il sera éliminé au premier tour de la présidentielle, arrivant en troisième position avec 20,01% des voix, situation inédite pour un candidat de droite sous la Ve République.Ciblé par une autre enquête ouverte en 2017 pour détournement de fonds publics, François Fillon avait accepté de rembourser près de 70.000 euros, correspondant au salaire et aux cotisations sociales d’un ex-assistant parlementaire, l’écrivain et philosophe Maël Renouard, qui avait contribué à l’écriture d’un de ses livres.Du fait de cette régularisation, le parquet national financier avait classé sans suite cette enquête préliminaire.
La loi narcotrafic en passe d’aboutir, rare succès gouvernemental au Parlement
Priorité de la politique sécuritaire du gouvernement, une proposition de loi très attendue pour lutter contre le narcotrafic est en voie d’adoption définitive mardi, un succès rare pour le gouvernement et le duo Gérald Darmanin-Bruno Retailleau, privés de majorité au Parlement.Le texte d’initiative sénatoriale est soumis vers 16h30 à un ultime vote de l’Assemblée nationale, qui devrait le valider largement, seuls les élus de La France insoumise y étant opposés.La réforme a déjà été approuvée lundi à l’identique et à l’unanimité par le Sénat malgré l’abstention des écologistes, après un accord noué entre les parlementaires des deux chambres. Ce texte est globalement assez consensuel, malgré plusieurs mesures irritantes pour la gauche, qui s’inquiète d’atteintes excessives aux libertés publiques ou aux droits de la défense et promet, pour une partie d’entre elles, de saisir le Conseil constitutionnel.”Il y a peu de textes qui ont cette force-là”, a insisté lundi devant les sénateurs le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, saluant un “vrai succès”, “rare dans la situation politique qui est la nôtre”, après le vote unanime de ses anciens collègues de la chambre haute.”Cela veut bien dire qu’on peut transcender les clivages partisans dès lors que nos objectifs concernent vraiment les intérêts fondamentaux de notre nation”, s’est-il félicité.Lorsqu’il dirigeait encore les sénateurs Les Républicains, il avait lui-même activement participé à la mise en chantier du texte, issu d’une commission d’enquête transpartisane sur les ravages du trafic de drogue et de la criminalité organisée.- Viser le “haut du spectre” -L’aboutissement de la proposition de loi, portée par deux sénateurs de bords politiques opposés – Etienne Blanc (Les Républicains) et Jérôme Durain (Parti socialiste) -, doit beaucoup à son caractère transpartisan.Il récompense aussi la stratégie gouvernementale de “laisser la main aux parlementaires”, une volonté régulièrement assumée par le Premier ministre François Bayrou, privé de majorité à l’Assemblée nationale et souvent mis en difficulté lorsqu’il propose lui-même des projets de loi sur des sujets sensibles.Mais ce succès fait aussi office d’exception, alors que de nombreux autres dossiers patinent devant les députés, entre une réforme de l’audiovisuel public avortée, un projet de loi “simplification” dont l’examen s’éternise, ou encore des désaccords de vue sur les déserts médicaux et la liberté d’installation des médecins.L’adoption définitive de ce texte offre aussi un peu d’oxygène au garde des Sceaux Gérald Darmanin et surtout à Bruno Retailleau, ministre LR constamment mis au défi d’obtenir des résultats dans un gouvernement partiellement macroniste alors qu’il brigue la présidence du parti gaulliste.Le duo ministériel a en effet érigé ce texte en priorité de la politique sécuritaire du gouvernement, avec un mot d’ordre martelé sans répit durant les dizaines d’heures de débats parlementaires: s’attaquer au “haut du spectre” de la criminalité organisée en dotant la France d’un arsenal répressif permettant aux forces de l’ordre et à la justice de lutter “à armes égales” contre les narcotrafiquants.- Parquet spécialisé -Mesure phare – et consensuelle – de la réforme: la création en janvier 2026 d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), compétent sur les dossiers les plus graves et complexes sur le modèle du parquet national antiterroriste (Pnat). Ce parquet spécialisé, chargé de coordonner les juridictions locales, serait adossé à une nouvelle ossature des services d’enquête regroupés au sein d’un futur “état-major” interministériel basé à Nanterre (Hauts-de-Seine). Dans la même logique d’une réponse spécifique au “piège du narcotrafic”, Gérald Darmanin a défendu la création de quartiers de haute sécurité dans les prisons pour les trafiquants les plus dangereux, un régime inspiré des lois antimafia italiennes et dont le premier exemple verra le jour fin juillet à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Un dispositif controversé permettant la création d’un “dossier-coffre” ou “procès-verbal distinct”, pour ne pas divulguer certaines informations relatives à des techniques spéciales d’enquête aux trafiquants et à leurs avocats, va également voir le jour avec cette loi, tout comme diverses dispositions renforçant l’arsenal de lutte contre le blanchiment ou facilitant le travail des enquêteurs. Autant de mesures dénoncées par les députés LFI, qui regrettent l’option répressive privilégiée par le texte au détriment selon eux d’une logique de prévention passant notamment par la légalisation du cannabis.
L’électricité revient progressivement en Espagne et au Portugal, victimes d’une panne géante
L’électricité revient progressivement en Espagne et au Portugal dans la nuit de lundi à mardi, après de longues heures d’une coupure de courant “exceptionnelle”, d’origine inconnue, qui a semé le chaos dans toute la péninsule ibérique.Dans les rues de différents quartiers de Madrid, le retour du courant a souvent été accompagné dans la soirée d’applaudissements et de cris de joie des habitants, après une longue journée sans électricité, mais aussi le plus souvent sans internet et sans téléphone mobile.Quatorze heures après le début de la panne géante, 82,4% de l’approvisionnement électrique national (soit 16.552 mégawatts) était rétabli en Espagne continentale, a annoncé le gestionnaire du réseau REE peu après 01H00 GMT.Le Premier ministre Pedro Sanchez ne s’est toutefois pas risqué à dire quand la totalité du réseau national serait de nouveau opérationnelle, ni à donner une explication sur les causes de ce blackout.- “Aucune hypothèse écartée” -“Aucune hypothèse” n’est “écartée”, a-t-il martelé. “Jamais” il n’y avait eu un tel “effondrement” du réseau espagnol, a-t-il poursuivi, précisant que “15 gigawatts” d’électricité avaient été “soudainement perdus” sur le réseau espagnol, le tout “en à peine cinq secondes”.”Quinze gigawatts correspondent approximativement à 60% de la demande” en électricité de l’Espagne à cette heure-là de la journée, a décrit le chef du gouvernement.Son homologue portugais Luis Montenegro, qui a dit dans la soirée espérer que la situation serait réglée dans son pays “au cours de prochaines heures”, a de son côté évoqué une “situation grave et inédite” dont l’origine est à trouver “probablement en Espagne”.Au Portugal, selon le gestionnaire du réseau électrique, quelque 6,2 millions de foyers avaient de nouveau le courant en milieu de nuit, sur un total de 6,5 millions. Le retour progressif à la normale a constitué une bonne nouvelle des deux côtés de la frontière, après une longue journée passée à jongler avec les difficultés, entre métros fermés, bus saturés, trains bloqués et communications extrêmement difficiles.- Embouteillages monstres -A Lisbonne, “j’étais au bureau quand tout d’un coup mon ordinateur s’est éteint”, a témoigné à l’AFP Edgar Parreira, un publicitaire de 34 ans.”Au début on s’est dit que c’était un problème dans l’immeuble, puis on commencé à appeler nos proches et on a compris que c’était toute la ville et ensuite que ça arrivait aussi en Espagne”, a-t-il ajouté.Dans le centre de Madrid, habitants et touristes se sont réunis devant les façades des hôtels chics ou des banques, pour profiter quelques instants d’un WiFi gratuit encore alimenté par des groupes électrogènes.En fin de journée, des milliers de personnes ont dû traverser patiemment la ville, tentant de rentrer chez elles à pied. Les grandes artères de la capitale ont été en proie à des embouteillages monstres, au milieu desquels zigzaguaient des piétons tentant de se frayer un chemin.Mêmes scènes à Barcelone, où de nombreux habitants sont descendus dans la rue, leur téléphone à la main, en quête d’un hypothétique réseau.De longues files improvisées se sont étirées sur plusieurs centaines de mètres aux arrêts de bus. “Regardez, la queue fait mille virages”, se désespère à Madrid Rosario Pena, une employée de fast-food de 39 ans. “J’ai déjà mis une heure et demie à arriver ici, et je ne sais pas combien il me reste encore jusqu’à chez moi…”Quelques heures plus tard, feux tricolores et façades des boutiques se sont à nouveau illuminés, signe d’un amélioration de la situation, au moins dans la capitale espagnole.Dans la seule région de Madrid, 286 opérations ont eu lieu pour venir en aide à des personnes piégées à l’intérieur d’ascenseurs, selon les autorités régionales. Lundi soir, 11 trains étaient encore bloqués en Espagne avec des passagers à bord, selon le ministre des Transports.Le trafic aérien a aussi été très perturbé, notamment aux aéroports de Madrid, Barcelone et Lisbonne, selon l’organisme de surveillance du ciel européen Eurocontrol, mais le Premier ministre espagnol a souligné dans la soirée que seuls 344 sur 6.000 programmés dans le pays lundi avaient été annulés.”Il n’y a pas de problèmes d’insécurité. Notre système hospitalier marche correctement”, a assuré Pedro Sanchez dans le journée, appelant les citoyens “à agir avec responsabilité et civisme”. Et de fait, malgré le chaos et la confusion, l’ambiance est restée calme et bon enfant dans les rues de Madrid tout au long de la panne.- Coupure “exceptionnelle” -Sur X, le président Volodymyr Zelensky a indiqué avoir offert “l’aide” de l’Ukraine, forte de son “expérience” en matière de “problèmes énergétiques et notamment les pannes d’électricité” après ces “années de guerre et d’attaques russes”.La coupure de courant, d’une ampleur “exceptionnelle” selon REE, a débuté à 10H33 GMT (12H33 en Espagne), provoquant le chaos dans les transports dans toute la péninsule ibérique.L’approvisionnement a été partiellement rétabli grâce aux interconnexions avec la France et le Maroc, et les centrales à gaz et hydroélectriques ont “été réactivées dans tout le pays”, selon M. Sanchez.Les centrales nucléaires espagnoles ont elles été mises à l’arrêt, une procédure de sécurité normale en cas de coupure d’électricité.En Europe, une défaillance du réseau allemand le 4 novembre 2006 avait plongé dans le noir 10 millions de personnes dont la moitié en France et le reste en Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Italie, Espagne, pendant près d’une heure.Trois ans auparavant, l’Italie toute entière, sauf la Sardaigne, avait été privée d’électricité le 28 septembre 2003.burx-cn-mig/mdm/roc/gmo
Le meurtrier de la mosquée de La Grand-Combe nie avoir agi par haine de l’islam
Après deux jours et demi de cavale, un Français de 21 ans s’est rendu à la police italienne, avouant être le meurtrier d’Aboubakar Cissé, jeune Malien lardé de plusieurs dizaines de coups de couteau vendredi dans la mosquée de la petite commune gardoise de La Grand-Combe, mais niant avoir agi par haine de l’islam.En France, un juge d’instruction du pôle criminel de Nîmes a été saisi et une information judiciaire ouverte pour meurtre avec préméditation et à raison de la race ou de la religion, a annoncé lundi la procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac.Dans la vidéo qu’il avait lui-même réalisée vendredi juste après son meurtre, face à sa victime agonisante, le meurtrier se félicitait de son acte et insultait la religion de sa victime: “Je l’ai fait, (…) ton Allah de merde”, avait-il répété à deux reprises.Il a assuré aux policiers italiens ne pas se souvenir d’avoir filmé son acte.Arrivé en train, l’homme s’est rendu dimanche soir vers 23H00 à la préfecture de police de Pistoia, près de Florence, en compagnie d’un avocat et d’une tante paternelle résidant dans la commune de Toscane.Au cours de son interrogatoire, il s’est montré peu disert. Il ne parle que le français et le romani, ses déclarations étant traduites par un interprète.- Pulsion meurtrière -Il a néanmoins pu expliquer avoir été mu par une pulsion meurtrière en se réveillant ce jour-là, et avoir “tué la première personne qu’il a trouvée sur son chemin”, a indiqué à l’AFP son avocat, Giovanni Salvietti.”Il n’a rien dit contre l’islam, ni contre les mosquées”, a-t-il rapporté.La préfecture de police de Pistoia l’a identifié comme étant “Oliver Hadzovic”, âgé de 21 ans. Jusque-là son nom avait circulé comme “Olivier A.”, un homme né à Lyon en 2004, de nationalité française et d’une famille bosnienne.Aux enquêteurs italiens, il a déclaré être l’auteur de l’homicide “d’un fidèle musulman” en France, selon la préfecture de police de Pistoia.Il pourrait être transféré dans une prison offrant davantage de garanties de sécurité, à Florence ou Prato, craignant des représailles de détenus musulmans.L’Italie a pris connaissance lundi du mandat d’arrêt européen émis par la France et la procédure pourrait être rapide, Oliver Hadzovic ne s’opposant pas à sa remise aux autorités françaises, selon son conseil.Sur le réseau X, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a félicité “chaleureusement” les “magistrats et les enquêteurs” pour l’arrestation de cet homme considéré comme “extrêmement dangereux” qui était traqué par plus de 70 policiers et gendarmes français.- “Deux poids, deux mesures” -Sur BFMTV, Mourad Battikh, l’un des avocats de la famille de la victime, a jugé “absolument choquant” que le parquet national antiterroriste (Pnat) ne se soit toujours pas saisi de ce dossier.”Moi, la vidéo que j’ai pu voir, il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que c’était un acte terroriste”: “Mettez-vous à la place des fidèles, qui ont l’impression et le sentiment que ce +deux poids, deux mesures+ se matérialise un peu plus chaque jour, c’est absolument choquant”, a ajouté l’avocat.”Il n’y a aucun +deux poids, deux mesures+” dans la réaction du gouvernement, a rétorqué la porte-parole de l’exécutif, Sophie Primas, alors que la gauche généralement accuse le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, d’avoir tardé à réagir.Le Mali, pays d’origine de la victime et aux relations difficiles avec la France, a condamné “avec la plus grande fermeté cet acte barbare” qu’est “l’assassinat” de M. Cissé.Il dit suivre “avec une attention particulière l’évolution de l’enquête en cours”, dans un communiqué du ministère chargé des Maliens de l’Extérieur publié lundi.A La Grand-Combe, une marche blanche en souvenir de la victime, avait rassemblé plus d’un millier de personnes dimanche.Parmi eux, Abdallah Zekri, recteur de la mosquée de la Paix à Nîmes, n’avait pas caché son “sentiment de colère et de haine à l’égard de ceux qui ont commis ce crime”, dénonçant un climat islamophobe.Plusieurs centaines de personnes s’étaient également rassemblées en début de soirée à Paris, dont le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui avait accusé Bruno Retailleau de cultiver un “climat islamophobe”. “Le racisme et la haine en raison de la religion n’auront jamais leur place en France”, avait assuré dimanche après-midi le président Emmanuel Macron, en adressant “le soutien de la Nation” à la famille de la victime et “à nos compatriotes de confession musulmane”.Lundi soir, environ 400 personnes ont manifesté paisiblement dans le centre de Lyon à l’appel d’associations et militants anti-racistes. Une autre manifestation est prévue à Lyon mardi, cette fois à l’appel des autorités religieuses musulmanes.siu-ljm-gab-fff-far-gir-mla/dac/mpm/lpa
Malmené dans les sondages, Trump vante sa politique d’expulsions massives
Alors que les mauvais sondages s’accumulent, le gouvernement de Donald Trump a décidé de redoubler d’agressivité dans sa rhétorique et ses mesures antimigrants, au moment où le président américain marque les 100 premiers jours de son second mandat.Il a fait planter lundi, tout au long de l’allée menant à la Maison Blanche, des photos de personnes présentées comme des immigrés en situation irrégulière et coupables de divers crimes ou délits, arrêtés depuis le retour au pouvoir le 20 janvier du républicain.”Nous avons la frontière la plus sûre de l’histoire de cette nation”, a assuré devant la presse le principal conseiller du président américain en matière d’immigration, Tom Homan, avant de menacer à la fois les immigrés en situation irrégulière pour leur demander de partir sans délai, et les étrangers en situation régulière pour leur rappeler diverses obligations administratives.Il n’a pas hésité à accuser, en termes à peine voilés, le précédent président démocrate Joe Biden d’avoir sciemment laissé des migrants en situation irrégulière rester sur le territoire américain dans l’espoir d’en tirer plus tard un profit électoral, reprenant une accusation complotiste très prisée de la droite dure américaine.Dans l’après-midi, Donald Trump a signé plusieurs décrets, portant selon la porte-parole de la Maison Blanche à plus de 140 le nombre de mesures exécutives prises par le président, qui a déclenché depuis le 20 janvier un tremblement de terre institutionnel accompagné d’incessantes répliques judiciaires, économiques, politiques et diplomatiques.- “Obstruction” -L’un des décrets signés prévoit de fournir davantage de protections et de ressources légales pour les policiers dans l’exercice de leurs fonctions, tandis qu’un autre vise à rendre obligatoire la maîtrise de l’anglais pour “opérer un véhicule commercial”, comme un camion semi-remorque.Un troisième enfin ordonne au ministère de la Justice d’élaborer une “liste” de villes et Etats qui font “obstruction”, selon la Maison Blanche, à l’application de la politique d’expulsions massives de migrants.Le président républicain a entamé une passe d’armes avec les villes qui revendiquent le statut de “sanctuaire” et menacent de leur couper le versement de fonds fédéraux.Ce statut, non officiel, correspond à des politiques mises en place par certaines autorités locales et qui dans les faits vise à limiter les informations sur les immigrants qu’elles partagent avec les autorités fédérales.Plusieurs décisions antimigrants prises par Donald Trump ont été bloquées par des juges, ce qui suscite régulièrement sa fureur.Jeudi, un juge avait déjà interdit à l’administration Trump de supprimer ou de conditionner des fonds fédéraux aux collectivités dites “sanctuaires”, estimant cette politique contraire à la Constitution.Lorsqu’un influenceur ouvertement pro-Trump invité au point-presse de Karoline Leavitt lundi a demandé ce que le président républicain pouvait faire pour “contourner” les décisions de justice, la porte-parole a assuré que le chef d’Etat et son gouvernement allaient explorer “toutes les voies légales et constitutionnelles” afin de poursuivre les expulsions.- Sondages -Dans son rapport annuel, l’ONG Amnesty International s’est alarmée des “attaques frontales” de l’administration Trump contre les acquis du droit international et la défense des droits humains, lors des 100 premiers jours de ce second mandat.Jusqu’ici, l’immigration était politiquement l’un des points forts de Donald Trump, qui pendant sa campagne a usé d’un vocabulaire parfois extrêmement violent et n’a pas hésité à propager de fausses informations.Mais à l’approche de ses 100 premiers jours, qu’il marquera mardi par un discours dans le Michigan (nord), sa politique très agressive en la matière est loin de faire l’unanimité, selon les enquêtes d’opinion.Dans un sondage ABC News/Washington Post/Ipsos paru dimanche, une légère majorité de personnes interrogées (53%) critiquent la politique d’immigration de la Maison Blanche, en hausse de 5 points depuis février. Tous domaines d’action confondus, le président républicain ne récolte que 39% d’opinions favorables.Le principal intéressé a répliqué lundi sur sa plateforme Truth Social, assurant que les médias étaient “malades” et publiaient de “faux sondages”.Parallèlement, des élus républicains au Congrès proposent d’imposer des frais d'”au moins 1.000 dollars” à tout demandeur d’asile aux Etats-Unis, selon un texte budgétaire rendu public lundi.Ils souhaiteraient également imposer des frais de 8.500 dollars pour toute personne qui voudrait obtenir la libération par les autorités américaines d’un migrant mineur non accompagné.






