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Après 100 jours, Trump “passe un très bon moment” mais les Américains déchantent

Après 100 jours de chaos et de colère qui lui ont valu de chuter dans les sondages, Donald Trump espère retrouver mardi, l’espace d’un meeting, l’adulation sans réserve de ses partisans.Pour marquer cette étape symbolique de son second mandat, le président républicain se rend sur le lieu de l’un de ses derniers rassemblements de campagne, à Warren dans le Michigan (nord), un Etat qu’il a fait basculer de son côté le 5 novembre dernier.”La première fois, je devais faire deux choses: diriger le pays et survivre, j’avais tous ces escrocs autour de moi”, a dit Donald Trump aux journalistes de The Atlantic, en référence aux valses de ministres et conseillers de son premier mandat (2017-2021).”La deuxième fois, je dirige le pays et le monde”, s’est-il félicité, en assurant aussi, auprès des reporters du mensuel, qu’il “passait un très bon moment”.Nombre d’électeurs de l’ancien promoteur immobilier lui restent fidèles.”Il sait ce qu’il fait”, a confié à l’AFP Karen Miner, qui tient une cave à vins à Reno (Nevada).- “Pas d’égal” -“Pour l’instant, je suis très content de son boulot”, lance Frank Tuoti, un ouvrier à la retraite du New Hampshire (nord-est), même s’il se dit “un peu inquiet à propos de l’économie”.L’économie sera justement au menu mardi matin d’un point presse de la porte-parole Karoline Leavitt, qui a consacré celui de lundi à la politique migratoire.Le président américain “n’a pas d’égal, personne ne lui arrive à la cheville”, a déclaré devant les journalistes Tom Homan, qui met en œuvre le programme d’expulsions massives du gouvernement, au mépris, selon ses opposants, des droits fondamentaux et de la répartition des pouvoirs.Désormais entouré exclusivement de fidèles dévoués, Donald Trump laisse depuis le 20 janvier libre cours à toutes ses impulsions en matière de droits de douane, de politique extérieure, de revanche politique.Dans le hall d’honneur de la Maison Blanche, il a remplacé un portrait de l’ancien président Barack Obama par un tableau tiré de la tentative d’assassinat contre lui. Dans le Bureau ovale, le milliardaire au goût notoirement tapageur a accumulé les ornements dorés. Repoussant les limites du pouvoir présidentiel, le républicain a déjà signé plus de 140 décrets.- Bras de fer -Il a par ce biais remis en cause le droit du sol, attaqué des universités et des cabinets d’avocats, défait des politiques environnementales, confié à son allié Elon Musk la tâche de démanteler la bureaucratie fédérale, et lancé, avant de se rétracter en partie, une violente offensive protectionniste.Nombre de décrets ont été bloqués par des juges, avec lesquels le pouvoir exécutif a engagé un bras de fer sans précédent.Donald Trump, dont la carrière politique s’est faite en creusant les divisions, ne peut pas prétendre au relatif état de grâce accompagnant généralement les 100 premiers jours d’un président, lui qu’un nombre irréductible d’Américains haïssent ou adorent.Les sondages d’opinion s’accordent au contraire pour constater une glissade particulièrement brutale de sa cote de confiance, nourrie par les inquiétudes liées aux droits de douane, mais aussi à ses attaques de l’ordre institutionnel.D’après un sondage publié dimanche par le Washington Post et ABC News, 39% des Américains seulement “approuvent” la manière dont Donald Trump mène sa présidence.- “Trop loin” -64% des personnes interrogées jugent qu’il va “trop loin” dans sa tentative d’étendre les pouvoirs présidentiels.Impossible de prédire combien de temps Donald Trump, qui est devenu, à 78 ans, le plus vieux président américain à avoir jamais prêté serment, va maintenir un rythme frénétique.Le républicain donne certains signes d’impatience, en particulier liés aux dossiers diplomatiques, lui qui ne jure que par des “deals” rapides.Concernant la guerre en Ukraine, il n’a à l’évidence pas tenu sa promesse de campagne de mettre fin au conflit en un jour, dès son retour au pouvoir. Interrogé à ce sujet par le magazine Time, l’ancien animateur de téléréalité a assuré: “Les gens savent bien que lorsque j’ai dit ça, c’était sur le ton de la blague.”

Ossements solitaires: une cérémonie pour les morts non réclamés en Thaïlande

Des flammes crépitent au milieu d’une pile de centaines de crânes humains et une épaisse fumée grise envahit le ciel dans un rituel macabre mais d’une grande importance spirituelle, dans le nord-est de la Thaïlande.La cérémonie du Lang Pacha est pratiquée par les Thaïlandais d’origine chinoise pour offrir des funérailles dignes aux morts non réclamés.En Thaïlande, les hôpitaux confient les corps non identifiés et ceux à qui personne ne peut donner les derniers sacrements à des fondations locales.Celles-ci les enterrent dans des cimetières pendant des années, avant un rituel de plusieurs semaines au cours duquel elles exhument les cadavres, les nettoient et procèdent à une crémation collective.Selon la croyance bouddhiste, les esprits des personnes non incinérées restent coincés entre deux mondes et ne peuvent se réincarner tant que les moines n’ont pas accompli les rites nécessaires.”Les esprits qui n’ont pas été incinérés continuent à errer”, observe Pisit Pongsirisupakul, vice-président de la fondation Dhamma du Bouddha de la région de Nakhon Ratchasima, qui a organisé l’événement.”Ils souffrent et ne peuvent pas renaître. Nous les aidons à évoluer, c’est pourquoi il s’agit d’un acte méritoire”, a-t-il déclaré à l’AFP.Les bouddhistes croient que la mort marque le début d’une nouvelle vie et que les actes méritoires permettent une renaissance dans de meilleures conditions.”Cela ne fait pas peur”, indique M. Pisit. “Quand on meurt, on a tous la même apparence, celle d’un squelette”.- Orbite nettoyée -Le rituel commence par l’ouverture des tombes par des volontaires, qui brossent les ossements pour enlever saletés et chairs avant de laver les dépouilles dans de l’eau bénite bouillie avec des feuilles de thé.Un homme frotte avec détermination l’orbite vide d’un crâne avec une brosse à dents dans une atmosphère étonnamment joyeuse.”C’est si bon, c’est si bon”, affirme en riant Pimjai Sornrach en tenant un crâne dans ses mains couvertes de gants chirurgicaux bleus. Son ami, tout sourire, brandit un fémur devant l’objectif.”Je veux être là chaque fois qu’il y a un événement comme celui-ci”, dit la commerçante de 54 ans.Depuis ses 17 ans, elle est régulièrement volontaire pour ces tâches, après avoir vu deux personnes en fuite abattues. Elle considère que ce rituel aide les autres et lui apporte du mérite. “Mon cœur me dit d’y aller”.Le site contient quelque 600 cadavres, accumulés depuis une décennie, mais certains n’étant que récemment décédés, une odeur de décomposition plane.Certaines dépouilles sont celles de patients atteints d’Alzheimer jamais retrouvés par leur famille, d’autres des victimes d’accidents de la route ou des migrants sans papiers de Birmanie.Les restes sont mis à sécher, rassemblés et divisés par type d’os, puis disposés sur des nattes ou empilés dans des seaux: des centaines de crânes, d’os de jambe et autres.- “Tranquillité d’esprit” -Les jours précédant le pic de la cérémonie, des volontaires appliquent des feuilles d’or sur les os, et reconstruisent des visages sur certains d’entre eux.Chaque groupe d’os est placé dans deux tours de crémation distinctes — l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes — et les crânes sont posés sur le dessus.Les moines chantent et prient avant que les flammes ne soient allumées. Plus tard, les cendres de chaque tour seront enterrées dans le cimetière.Thitiwat Pornpiratsakul, 63 ans, a commencé à faire du bénévolat après avoir survécu, avec sa femme et ses deux fils, à un accident de bus il y a 20 ans.”Notre bus s’est retourné et personne n’est venu nous aider”, se souvient-il. “Ma femme et mes enfants étaient avec moi. Nous nous sommes sentis impuissants”. Depuis, il participe chaque année au rituel.”Avec ma famille, nous sommes restés en bonne santé, je crois que c’est parce que nous participons à cette cérémonie”, dit-il.Les organisateurs soulignent que l’événement rend hommage aux morts, mais qu’il met également en lumière la nécessité d’une réforme juridique.M. Pisit fait campagne pour démocratiser les tests ADN et relier les registres d’état civil à la police scientifique, afin de mieux identifier les personnes non réclamées.”Nous avons besoin d’une base de données centralisée pour que les familles puissent effectuer des recherches par identité et retrouver leurs proches”, indique-t-il à l’AFP.Les actes méritoires, essentiels dans le bouddhisme, “nous apportent la tranquillité d’esprit, mais nous devons aussi vivre avec conscience”, note-t-il. “C’est une question d’équilibre”.

Ossements solitaires: une cérémonie pour les morts non réclamés en Thaïlande

Des flammes crépitent au milieu d’une pile de centaines de crânes humains et une épaisse fumée grise envahit le ciel dans un rituel macabre mais d’une grande importance spirituelle, dans le nord-est de la Thaïlande.La cérémonie du Lang Pacha est pratiquée par les Thaïlandais d’origine chinoise pour offrir des funérailles dignes aux morts non réclamés.En …

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Législatives à Trinité-et-Tobago: victoire de l’opposition, Persad-Bissessar prochaine Première ministre

L’ancienne Première ministre de Trinité-et-Tobago Kamla Persad-Bissessar (2010-2015) va de nouveau diriger le gouvernement, son parti centriste disposant d’un majorité absolue selon les résultats partiels non officiels des législatives de lundi.Le Congrès national uni (UNC) a annoncé sa victoire en soirée alors que le Mouvement national du peuple (PNM, centre-gauche) qui dirigeait ce petit archipel anglophone situé près des côtes vénézuéliennes, a reconnu sa défaite.”Tout indique que l’UNC a remporté les élections. Ne devenez pas vantards et arrogants, nous avons beaucoup de travail à faire (…) Quand l’UNC gagne tout le monde gagne”, a-t-elle lancé Kamla Persad-Bissessar, 73 ans, à ses partisans en soirée. L’UNC a d’ores et déjà remporté plus de 21 des 41 sièges de la Chambre des représentants, selon les résultats partiels non officiels dans ce pays de 1,4 million d’habitants au régime parlementaire, secoué par la violence et qui traverse une crise économique.L’ancien Premier ministre Keith Rowley, qui avait cédé sa place à Stuart Young, 50 ans, pour insuffler du sang neuf en avril après dix ans pouvoir, a reconnu la défaite de leur parti: “Il est clair en ce moment que nous avons perdu l’élection”, a-il dit estimant que la population a choisi “un paquet de promesses”. Il a toutefois souligné la bonne organisation des élections et la forte participation constatée: “Ce n’est pas une bonne soirée pour le PNM mais c’est peut-être une bonne soirée pour Trinité-et-Tobago. D’après tous les rapports, les choses (élections) se sont très bien passées”. – Démocratie “bien portante”Le parti de Mme Persad-Bissessar, qui était donnée favorite des sondages, a dénoncé 19 irrégularités lors du processus, notamment des longues files d’attente qui ont créé des retards ou empêché certains de voter, ainsi que des ouvertures tardives de bureaux.”Je vote depuis l’âge de 18 ans et je n’ai jamais manqué une élection. La génération de nos parents nous a toujours incités à accomplir notre devoir civique pour préserver la démocratie”, avait affirmé un électrice Carol Jaggernauth, 43 ans, qui travaille dans la communication.  Le Premier ministre sortant Stuart Young s’était lui aussi félicité de l’affluence dans les bureaux: “Il y avait une assez longue file d’attente. (…) Je vois ça comme un très bon signe: la démocratie est très vivante et bien portante”La future Premier ministre, qui notamment promis une revalorisation des salaires dans la fonction publique, a principalement deux défis à relever dans ce pays réputé pour son carnaval et ses plages.L’archipel est sorti mi-avril d’un état d’urgence décrété en décembre 2024 en raison de la violence. Selon les données officielles, près de 600 homicides, dont de nombreux liés à des gangs criminels, ont été enregistrés en 2024 dans l’archipel, situé à quelques kilomètres des côtes vénézuéliennes. Un chiffre en hausse par rapport à 2023.Trinité-et-Tobago, deuxième producteur caribéen de gaz, connaît une récession économique qu’il espérait dépasser grâce à l’exploitation du grand champ gazier “Dragon”, à cheval entre le Venezuela et l’archipel.Mais les Etats-Unis, qui cherchent à asphyxier économiquement le Venezuela, ont révoqué en avril, sous peine de sanctions, le permis permettant au pays de développer le champ avec le Venezuela. Mme Persad-Bissessar devrait chercher à convaincre Washington de l’important impact de la décision américaine pour ce petit pays dont un peu plus de 15% de la population vit dans la pauvreté selon l’ONU.”J’ai été appelée +jamette+ (prostituée) (…) ivrogne, chienne (…) Mais pour vous, mes fidèles membres de la base de l’UNC, j’ai toujours été Kamla”, avait lancé Mme Persad-Bissessar en concluant sa campagne samedi soir, ajoutant: “Vous avez eu des leaders avant moi, vous aurez toujours des leaders après moi, mais vous n’aurez jamais un leader qui vous aime autant que moi !”

Canada: le libéral Mark Carney donné vainqueur après une campagne centrée sur Trump

Le Parti libéral de Mark Carney a remporté lundi les législatives canadiennes, selon les projections des médias locaux, après une campagne centrée sur les menaces du président américain Donald Trump contre le pays.Toutefois, selon des résultats encore préliminaires, les libéraux pourraient rester minoritaires au Parlement et seraient donc contraints de gouverner avec l’appui d’un autre parti.Il y a quelques mois encore, la voie semblait toute tracée pour permettre aux conservateurs canadiens emmenés par Pierre Poilievre de revenir aux affaires, après dix ans de pouvoir de Justin Trudeau. Mais le retour de Donald Trump à la Maison Blanche et son offensive inédite contre le Canada, à coups de droits de douane et de menaces d’annexion, ont changé la donne.A Ottawa, où les libéraux sont réunis pour la soirée électorale dans une aréna de hockey, l’annonce des résultats a provoqué une salve d’applaudissements et des cris enthousiastes. “Je suis si heureuse”, lâche sur place Dorothy Goubault, originaire de la région des Mille Iles en Ontario. “Je suis contente car nous avons quelqu’un qui peut parler à M. Trump à son niveau. M. Trump est un homme d’affaires. M. Carney est un homme d’affaires, et je pense qu’ils peuvent tous les deux se comprendre”.Pour le ministre Steven Guilbeault, “les nombreuses attaques du président Trump sur l’économie canadienne, mais aussi sur notre souveraineté et notre identité même, ont vraiment mobilisé les Canadiens”, a-t-il déclaré sur la chaine publique CBC.Et les électeurs “ont vu que le Premier ministre Carney avait de l’expérience sur la scène mondiale”.Mark Carney n’avait pas encore pris la parole à minuit locales (04H00 GMT), tandis que se poursuivait le dépouillement.Dans les longues files devant les bureaux de vote toute la journée, les électeurs ont souligné l’importance de ce scrutin, parlant d’élections historiques et déterminantes pour l’avenir de ce pays de 41 millions d’habitants.- “Chaos” -À 60 ans, Mark Carney, novice en politique mais économiste reconnu, a su convaincre une population inquiète pour l’avenir économique et souverain du pays qu’il était la bonne personne pour piloter le pays en ces temps troublés.Cet ancien gouverneur de la banque du Canada et de Grande-Bretagne n’a cessé de rappeler pendant la campagne que la menace américaine est réelle pour le Canada.”Ils veulent nos ressources, notre eau. Les Américains veulent notre pays”, a-t-il prévenu.”Le chaos est entré dans nos vies. C’est une tragédie, mais c’est aussi une réalité. La question clé de cette élection est de savoir qui est le mieux placé pour s’opposer au président Trump?”, a-t-il expliqué pendant la campagne.Pour faire face, il a promis de maintenir des droits de douane sur les produits américains tant que les mesures de Washington seront en place.Mais aussi de développer le commerce au sein de son pays en levant les barrières douanières entre provinces et de chercher de nouveaux débouchés, notamment en Europe.En face, le chef conservateur, qui avait promis des baisses d’impôts et des coupes dans les dépenses publiques, n’a pas réussi à convaincre les électeurs de ce pays du G7, 9e puissance mondiale, de tourner le dos aux libéraux.Pierre Poilievre aura aussi souffert jusqu’au bout de la proximité, de par son style et certaines de ses idées, avec le président américain, ce qui lui a aliéné une partie de l’électorat, selon les analystes.Au QG des conservateurs à Ottawa, Jason Piche se dit toutefois “surpris” des résultats, “je pensais que ce serait plus serré que ça”.Un peu plus loin, Jean-Guy Bourguignon, homme d’affaires de 59 ans, se dit carrément “très triste”. “Est-ce que c’est vraiment ça le pays dans lequel nous voulons vivre?”, demande-t-il alors qu’il énumère les politiques des libéraux, qu’il juge liberticides.Près de 29 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes dans ce vaste pays du G7 qui s’étend sur six fuseaux horaires. Et plus de 7,3 millions de personnes avaient voté par anticipation, un record.

Canada: le libéral Mark Carney donné vainqueur après une campagne centrée sur Trump

Le Parti libéral de Mark Carney a remporté lundi les législatives canadiennes, selon les projections des médias locaux, après une campagne centrée sur les menaces du président américain Donald Trump contre le pays.Toutefois, selon des résultats encore préliminaires, les libéraux pourraient rester minoritaires au Parlement et seraient donc contraints de gouverner avec l’appui d’un autre parti.Il y a quelques mois encore, la voie semblait toute tracée pour permettre aux conservateurs canadiens emmenés par Pierre Poilievre de revenir aux affaires, après dix ans de pouvoir de Justin Trudeau. Mais le retour de Donald Trump à la Maison Blanche et son offensive inédite contre le Canada, à coups de droits de douane et de menaces d’annexion, ont changé la donne.A Ottawa, où les libéraux sont réunis pour la soirée électorale dans une aréna de hockey, l’annonce des résultats a provoqué une salve d’applaudissements et des cris enthousiastes. “Je suis si heureuse”, lâche sur place Dorothy Goubault, originaire de la région des Mille Iles en Ontario. “Je suis contente car nous avons quelqu’un qui peut parler à M. Trump à son niveau. M. Trump est un homme d’affaires. M. Carney est un homme d’affaires, et je pense qu’ils peuvent tous les deux se comprendre”.Pour le ministre Steven Guilbeault, “les nombreuses attaques du président Trump sur l’économie canadienne, mais aussi sur notre souveraineté et notre identité même, ont vraiment mobilisé les Canadiens”, a-t-il déclaré sur la chaine publique CBC.Et les électeurs “ont vu que le Premier ministre Carney avait de l’expérience sur la scène mondiale”.Mark Carney n’avait pas encore pris la parole à minuit locales (04H00 GMT), tandis que se poursuivait le dépouillement.Dans les longues files devant les bureaux de vote toute la journée, les électeurs ont souligné l’importance de ce scrutin, parlant d’élections historiques et déterminantes pour l’avenir de ce pays de 41 millions d’habitants.- “Chaos” -À 60 ans, Mark Carney, novice en politique mais économiste reconnu, a su convaincre une population inquiète pour l’avenir économique et souverain du pays qu’il était la bonne personne pour piloter le pays en ces temps troublés.Cet ancien gouverneur de la banque du Canada et de Grande-Bretagne n’a cessé de rappeler pendant la campagne que la menace américaine est réelle pour le Canada.”Ils veulent nos ressources, notre eau. Les Américains veulent notre pays”, a-t-il prévenu.”Le chaos est entré dans nos vies. C’est une tragédie, mais c’est aussi une réalité. La question clé de cette élection est de savoir qui est le mieux placé pour s’opposer au président Trump?”, a-t-il expliqué pendant la campagne.Pour faire face, il a promis de maintenir des droits de douane sur les produits américains tant que les mesures de Washington seront en place.Mais aussi de développer le commerce au sein de son pays en levant les barrières douanières entre provinces et de chercher de nouveaux débouchés, notamment en Europe.En face, le chef conservateur, qui avait promis des baisses d’impôts et des coupes dans les dépenses publiques, n’a pas réussi à convaincre les électeurs de ce pays du G7, 9e puissance mondiale, de tourner le dos aux libéraux.Pierre Poilievre aura aussi souffert jusqu’au bout de la proximité, de par son style et certaines de ses idées, avec le président américain, ce qui lui a aliéné une partie de l’électorat, selon les analystes.Au QG des conservateurs à Ottawa, Jason Piche se dit toutefois “surpris” des résultats, “je pensais que ce serait plus serré que ça”.Un peu plus loin, Jean-Guy Bourguignon, homme d’affaires de 59 ans, se dit carrément “très triste”. “Est-ce que c’est vraiment ça le pays dans lequel nous voulons vivre?”, demande-t-il alors qu’il énumère les politiques des libéraux, qu’il juge liberticides.Près de 29 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes dans ce vaste pays du G7 qui s’étend sur six fuseaux horaires. Et plus de 7,3 millions de personnes avaient voté par anticipation, un record.

L’électricité en grande partie rétablie en Espagne et au Portugal après une coupure géante

L’électricité revient mardi en Espagne et au Portugal après de longues heures d’une coupure de courant “exceptionnelle”, d’origine inconnue, qui a semé le chaos dans toute la péninsule ibérique.Dans les rues de différents quartiers de Madrid, le retour du courant a souvent été accompagné dans la soirée d’applaudissements et de cris de joie des habitants, après une longue journée sans électricité, mais aussi le plus souvent sans internet et sans téléphone mobile.Vers 05H00 heure espagnole (03H00 GMT) 92,09% de l’approvisionnement électrique national était rétabli en Espagne continentale, a annoncé le gestionnaire du réseau REE.Au Portugal, selon le gestionnaire du réseau électrique, quelque 6,2 millions de foyers avaient de nouveau le courant en milieu de nuit sur un total de 6,5 millions.Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez ne s’est pas risqué à donner une explication sur les causes de ce blackout qui a débuté à 10H33 GMT lundi (12H33 en Espagne).”Aucune hypothèse” n’est “écartée”, a-t-il martelé lors d’une conférence de presse. “Jamais” il n’y avait eu un tel “effondrement” du réseau espagnol, a-t-il poursuivi, précisant que “15 gigawatts” d’électricité avaient été “soudainement perdus” sur le réseau espagnol, le tout “en à peine cinq secondes”.”Quinze gigawatts correspondent approximativement à 60% de la demande” en électricité de l’Espagne à cette heure-là de la journée, a décrit le chef du gouvernement.Son homologue portugais Luis Montenegro a de son côté évoqué une “situation grave et inédite” dont l’origine est à trouver “probablement en Espagne”.Le retour progressif à la normale a constitué une bonne nouvelle des deux côtés de la frontière, après une longue journée passée à jongler avec les difficultés, entre métros fermés, bus saturés, trains bloqués et communications extrêmement difficiles.- Embouteillages monstres -A Lisbonne, “j’étais au bureau quand tout d’un coup mon ordinateur s’est éteint”, a témoigné auprès de l’AFP Edgar Parreira, un publicitaire de 34 ans.”Au début on s’est dit que c’était un problème dans l’immeuble, puis on commencé à appeler nos proches et on a compris que c’était toute la ville et ensuite que ça arrivait aussi en Espagne”, a-t-il ajouté.Dans le centre de Madrid, habitants et touristes se sont réunis devant les façades des hôtels chics ou des banques, pour profiter quelques instants d’un WiFi gratuit encore alimenté par des groupes électrogènes.En fin de journée, des milliers de personnes ont dû traverser patiemment la ville, tentant de rentrer chez elles à pied. Les grandes artères de la capitale ont été en proie à des embouteillages monstres, au milieu desquels zigzaguaient des piétons tentant de se frayer un chemin.Mêmes scènes à Barcelone, où de nombreux habitants sont descendus dans la rue, leur téléphone à la main, en quête d’un hypothétique réseau.De longues files improvisées se sont étirées sur plusieurs centaines de mètres aux arrêts de bus. “Regardez, la queue fait mille virages”, se désespérait à Madrid Rosario Pena, une employée de fast-food de 39 ans. “J’ai déjà mis une heure et demie à arriver ici, et je ne sais pas combien il me reste encore jusqu’à chez moi…”Quelques heures plus tard, feux tricolores et façades des boutiques se sont à nouveau illuminés, signe d’une amélioration de la situation, au moins dans la capitale espagnole.Dans la seule région de Madrid, 286 opérations ont eu lieu pour venir en aide à des personnes piégées à l’intérieur d’ascenseurs, selon les autorités régionales.- Trains bloqués -Mardi matin, trois trains étaient encore bloqués en Espagne avec des passagers à bord, selon le ministre des Transports Oscar Puente.Le trafic ferroviaire à grande vitesse doit reprendre normalement mardi matin sur plusieurs lignes principales, dont Madrid-Barcelone et Madrid-Valence, mais reste interrompu sur d’autres comme Barcelone-Alicante et entre Madrid et la Galice (nord-ouest), a écrit sur X M. Puente.Le trafic aérien a aussi été très perturbé, notamment aux aéroports de Madrid, Barcelone et Lisbonne, selon l’organisme de surveillance du ciel européen Eurocontrol. Mais le Premier ministre espagnol a souligné dans la soirée que seuls 344 vols sur 6.000 programmés dans le pays lundi avaient été annulés.”Il n’y a pas de problèmes d’insécurité. Notre système hospitalier marche correctement”, a assuré Pedro Sanchez dans la journée de lundi, appelant les citoyens “à agir avec responsabilité et civisme”. Et de fait, malgré le chaos et la confusion, l’ambiance est restée calme et bon enfant dans les rues de Madrid tout au long de la panne.L’approvisionnement a été partiellement rétabli grâce aux interconnexions avec la France et le Maroc, et les centrales à gaz et hydroélectriques ont “été réactivées dans tout le pays”, selon M. Sanchez.Les centrales nucléaires espagnoles ont elles été mises à l’arrêt, une procédure de sécurité normale en cas de coupure d’électricité.En Europe, une défaillance du réseau allemand le 4 novembre 2006 avait plongé dans le noir 10 millions de personnes dont la moitié en France et le reste en Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Italie, Espagne, pendant près d’une heure.Trois ans auparavant, l’Italie toute entière, sauf la Sardaigne, avait été privée d’électricité le 28 septembre 2003.burx-cn-mig/mdm/roc/tmt/gmo

L’électricité en grande partie rétablie en Espagne et au Portugal après une coupure géante

L’électricité revient mardi en Espagne et au Portugal après de longues heures d’une coupure de courant “exceptionnelle”, d’origine inconnue, qui a semé le chaos dans toute la péninsule ibérique.Dans les rues de différents quartiers de Madrid, le retour du courant a souvent été accompagné dans la soirée d’applaudissements et de cris de joie des habitants, après une longue journée sans électricité, mais aussi le plus souvent sans internet et sans téléphone mobile.Vers 05H00 heure espagnole (03H00 GMT) 92,09% de l’approvisionnement électrique national était rétabli en Espagne continentale, a annoncé le gestionnaire du réseau REE.Au Portugal, selon le gestionnaire du réseau électrique, quelque 6,2 millions de foyers avaient de nouveau le courant en milieu de nuit sur un total de 6,5 millions.Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez ne s’est pas risqué à donner une explication sur les causes de ce blackout qui a débuté à 10H33 GMT lundi (12H33 en Espagne).”Aucune hypothèse” n’est “écartée”, a-t-il martelé lors d’une conférence de presse. “Jamais” il n’y avait eu un tel “effondrement” du réseau espagnol, a-t-il poursuivi, précisant que “15 gigawatts” d’électricité avaient été “soudainement perdus” sur le réseau espagnol, le tout “en à peine cinq secondes”.”Quinze gigawatts correspondent approximativement à 60% de la demande” en électricité de l’Espagne à cette heure-là de la journée, a décrit le chef du gouvernement.Son homologue portugais Luis Montenegro a de son côté évoqué une “situation grave et inédite” dont l’origine est à trouver “probablement en Espagne”.Le retour progressif à la normale a constitué une bonne nouvelle des deux côtés de la frontière, après une longue journée passée à jongler avec les difficultés, entre métros fermés, bus saturés, trains bloqués et communications extrêmement difficiles.- Embouteillages monstres -A Lisbonne, “j’étais au bureau quand tout d’un coup mon ordinateur s’est éteint”, a témoigné auprès de l’AFP Edgar Parreira, un publicitaire de 34 ans.”Au début on s’est dit que c’était un problème dans l’immeuble, puis on commencé à appeler nos proches et on a compris que c’était toute la ville et ensuite que ça arrivait aussi en Espagne”, a-t-il ajouté.Dans le centre de Madrid, habitants et touristes se sont réunis devant les façades des hôtels chics ou des banques, pour profiter quelques instants d’un WiFi gratuit encore alimenté par des groupes électrogènes.En fin de journée, des milliers de personnes ont dû traverser patiemment la ville, tentant de rentrer chez elles à pied. Les grandes artères de la capitale ont été en proie à des embouteillages monstres, au milieu desquels zigzaguaient des piétons tentant de se frayer un chemin.Mêmes scènes à Barcelone, où de nombreux habitants sont descendus dans la rue, leur téléphone à la main, en quête d’un hypothétique réseau.De longues files improvisées se sont étirées sur plusieurs centaines de mètres aux arrêts de bus. “Regardez, la queue fait mille virages”, se désespérait à Madrid Rosario Pena, une employée de fast-food de 39 ans. “J’ai déjà mis une heure et demie à arriver ici, et je ne sais pas combien il me reste encore jusqu’à chez moi…”Quelques heures plus tard, feux tricolores et façades des boutiques se sont à nouveau illuminés, signe d’une amélioration de la situation, au moins dans la capitale espagnole.Dans la seule région de Madrid, 286 opérations ont eu lieu pour venir en aide à des personnes piégées à l’intérieur d’ascenseurs, selon les autorités régionales.- Trains bloqués -Mardi matin, trois trains étaient encore bloqués en Espagne avec des passagers à bord, selon le ministre des Transports Oscar Puente.Le trafic ferroviaire à grande vitesse doit reprendre normalement mardi matin sur plusieurs lignes principales, dont Madrid-Barcelone et Madrid-Valence, mais reste interrompu sur d’autres comme Barcelone-Alicante et entre Madrid et la Galice (nord-ouest), a écrit sur X M. Puente.Le trafic aérien a aussi été très perturbé, notamment aux aéroports de Madrid, Barcelone et Lisbonne, selon l’organisme de surveillance du ciel européen Eurocontrol. Mais le Premier ministre espagnol a souligné dans la soirée que seuls 344 vols sur 6.000 programmés dans le pays lundi avaient été annulés.”Il n’y a pas de problèmes d’insécurité. Notre système hospitalier marche correctement”, a assuré Pedro Sanchez dans la journée de lundi, appelant les citoyens “à agir avec responsabilité et civisme”. Et de fait, malgré le chaos et la confusion, l’ambiance est restée calme et bon enfant dans les rues de Madrid tout au long de la panne.L’approvisionnement a été partiellement rétabli grâce aux interconnexions avec la France et le Maroc, et les centrales à gaz et hydroélectriques ont “été réactivées dans tout le pays”, selon M. Sanchez.Les centrales nucléaires espagnoles ont elles été mises à l’arrêt, une procédure de sécurité normale en cas de coupure d’électricité.En Europe, une défaillance du réseau allemand le 4 novembre 2006 avait plongé dans le noir 10 millions de personnes dont la moitié en France et le reste en Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Italie, Espagne, pendant près d’une heure.Trois ans auparavant, l’Italie toute entière, sauf la Sardaigne, avait été privée d’électricité le 28 septembre 2003.burx-cn-mig/mdm/roc/tmt/gmo

Les violences sexuelles dans l’Eglise, défi majeur du prochain pape

Pendant des décennies, les violences sexuelles sur des enfants par des clercs ont été dissimulées par l’Eglise catholique. Les cardinaux les ont pourtant inscrites parmi les principaux “défis” auxquels devra faire face le prochain pape, dont le processus d’élection débutera le 7 mai.Lors d’une réunion préparatoire lundi, les cardinaux ont évoqué “l’évangélisation, le rapport avec les autres confessions” et “la question des abus (sexuels)” comme “des sujets particulièrement importants pour l’avenir de l’Eglise”.Une déclaration saluée par la militante Anne Barrett Doyle, cofondatrice de l’ONG américaine BishopAccountability, qui documente ce sujet.”L’Eglise mondiale, avec ses paroisses, écoles, hôpitaux et orphelinats, s’occupe de dizaines de millions d’enfants”, a-t-elle rappelé auprès de l’AFP.”L’obligation la plus sacrée du prochain pape doit être de les protéger contre les abus. Leur sécurité est en jeu, tout comme l’autorité morale de l’Eglise”, a-t-elle insisté.Le pape François, décédé le 21 avril à 88 ans, a lutté contre ce fléau, qui avait miné le pontificat de son prédécesseur allemand Benoît XVI.Mais pour nombre d’observateurs critiques, les mesures de l’Argentin au cours de ses 12 ans de pontificat ont été bien en deçà de la “tolérance zéro” qu’il avait promise. “Ce que nous attendons du prochain pape, c’est une action significative, pas plus de rhétorique”, souligne Anne Barrett Doyle. “Nous avons besoin qu’il adopte une loi universelle de l’Eglise démettant définitivement de leurs fonctions publiques tous les agresseurs avérés d’enfants”, poursuit la militante.Elle souhaite aussi “qu’il publie les noms des milliers de prêtres reconnus coupables à ce jour en vertu de la loi de l’Eglise”.- Signalement obligatoire -A l’élection de François en mars 2013, l’Eglise peine à répondre à une avalanche de révélations, qui horrifie alors de nombreux catholiques.Un tournant décisif survient en 2018, lors d’un voyage au Chili. Mal informé, François, le premier pape sud-américain de l’Histoire, défend d’abord un évêque chilien soupçonné d’avoir tu les crimes d’un prêtre et demande aux victimes présumées des “preuves”.Avant de présenter des excuses personnelles pour ses propos et de dépêcher au Chili un enquêteur. L’affaire débouchera sur de spectaculaires exclusions et démissions au sein de l’Eglise chilienne.En quelques mois, le jésuite argentin prend des décisions fortes, en défroquant notamment l’influent cardinal américain Theodore McCarrick, reconnu coupable de violences sexuelles sur mineurs, une première historique. A un sommet inédit au Vatican sur la protection des mineurs en 2019 succède une série de mesures: levée du secret pontifical sur les violences sexuelles du clergé, plateformes d’écoute dans les diocèses du monde entier…Avec le texte “Vos Estis Lux Mundi” (“Vous êtes la lumière du monde”), il rend aussi obligatoire le signalement dans l’Eglise de tout soupçon d’agression sexuelle ou de harcèlement, et de toute tentative de couverture par la hiérarchie, tout en fixant une procédure sur la manière de traiter les cas.- “Demi-mesure” -Mais le clergé n’est pas obligé de dénoncer d’éventuels crimes auprès de la justice civile, sauf si les lois du pays l’y obligent. Et le secret de la confession demeure absolu.Le texte Vos Estis Lux Mundi “n’obligeait pas à un contrôle externe”, ni à une “transparence envers le public”, relève encore Anne Barrett Doyle.”Et il n’impliquait même pas de signalement aux forces de l’ordre. C’était, en quelque sorte, une continuation de ce que nous avons toujours eu”, déplore-t-elle.François n’a pas non plus reconnu le caractère systémique de ces violences et n’a jamais reçu la Commission française (Ciase) qui avait publié en 2021 un rapport accablant estimant à 330.000 le nombre de mineurs victimes dans l’Eglise en France depuis 1950.Dans un rapport de février 2025, le réseau américain de défense des victimes “Snap” a estimé qu’en réalité, le Vatican continuait de dissimuler des documents sur les cas de violences sexuelles, et a également condamné le signalement obligatoire comme une “demi-mesure”.Snap et BishopAccountability se tournent désormais vers le prochain pape.Anne Barrett Doyle s’est rendue à Rome pour défendre sa cause. Et Snap a mis en place un site web dédié, ConclaveWatch.org, qui examine la façon dont les cardinaux ont répondu au problème dans leurs diocèses, ordres religieux ou au sein de la Curie.”Les trois derniers papes ont tous couvert les abus sexuels du clergé. Nous ne pouvons pas nous permettre un quatrième” qui fasse de même, note le site.

Le procès d’un ex-rebelle syrien pour complicité de crimes de guerre s’ouvre à Paris

Le procès d’un ex-rebelle salafiste, Majdi Nema, s’ouvre mardi devant la cour d’assises de Paris, qui va le juger pour complicité de crimes de guerre commis entre 2013 et 2016 en Syrie, en vertu du principe de la compétence universelle de la justice française.Cet ancien membre de Jaysh al-Islam (JAI, Armée de l’islam), âgé aujourd’hui de 36 ans, conteste les accusations, affirmant n’avoir eu qu’un “rôle limité” dans ce groupe prônant la charia et qui combattait le régime syrien.Placé en détention provisoire depuis janvier 2020, il va comparaître pour complicité de crimes de guerre et entente en vue de la préparation de crimes de guerre. Il est notamment soupçonné d’avoir aidé à enrôler des enfants ou des adolescents dans les rangs des “Lionceaux de l’islam” et à les former à l’action armée.Pour ces faits, il encourt 20 ans de réclusion criminelle.”Ce dossier sera l’occasion de mettre en lumière toute la complexité du conflit syrien qui ne se limitait pas aux crimes du régime”, estime Marc Bailly, avocat de la Fédération internationale des droits humains (FIDH) et de plusieurs parties civiles aux côtés de Me Clémence Bectarte. Il s’agit du deuxième procès qui se tient en France concernant les crimes commis en Syrie, après un premier tenu par défaut en mai 2024 visant de hauts dignitaires du régime syrien, condamnés pour la disparition forcée et la mort de deux Franco-Syriens.Ex-officier de l’armée syrienne, Majdi Nema avait fait défection en novembre 2012 pour rejoindre Zahran Alloush, fondateur et commandant en chef de Liwa al-Islam, devenu JAI en 2013. Ce groupe avait pris dès 2011 le contrôle de la Ghouta orientale, au nord-est de Damas, et est aujourd’hui soupçonné d’être impliqué dans la commission de crimes de guerre commis notamment au préjudice de la population civile.Connu sous le nom de guerre d’Islam Alloush, il affirme avoir quitté la Ghouta orientale fin mai 2013 pour rejoindre la Turquie, d’où il agissait comme porte-parole de JAI, ce qui prouverait qu’il n’a pu commettre les crimes reprochés. Il dit avoir quitté le groupe en 2016.En novembre 2019, il était arrivé en France pour suivre comme étudiant un cycle de conférences à l’Institut de recherche sur le monde arabe et musulman de l’université Aix-Marseille.- Compétence contestée -Alors qu’une plainte avait été déposée en France contre JAI quelques mois auparavant, il avait été interpellé en janvier 2020 et mis en examen par un juge du pôle crimes contre l’humanité du tribunal de Paris.Au terme de la procédure, il avait aussi été renvoyé devant les assises pour complicité de disparitions forcées. Il était mis en cause, en tant que membre de JAI, dans l’enlèvement le 9 décembre 2013 de quatre militants des droits humains, dont l’avocate et journaliste syrienne Razan Zeitouneh, jamais retrouvés.Mais la cour d’appel de Paris a annulé ces poursuites en novembre 2023 pour des raisons procédurales, même si elle affirmait dans son arrêt que “Jaysh al-Islam doit être considéré comme responsable de la disparition” des quatre activistes. Ce qui avait été ensuite validé par la Cour de cassation.Pendant l’instruction, la défense de Majdi Nema a contesté le principe de la compétence universelle de la justice française, qui lui permet de juger un étranger pour des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre commis à l’étranger contre des étrangers, mais la Cour de cassation a rejeté son pourvoi.Pour les avocats de l’accusé, Romain Ruiz et Raphaël Kempf, la chute en décembre 2024 du régime de Bachar al-Assad ouvre de nouvelles perspectives et pose la “question de la légitimité” de ce procès.Me Bailly rétorque qu'”en l’état actuel, il est impossible de faire un procès en Syrie pour ces crimes”.D’autant que le flou règne sur les rapports entre le groupe et les nouvelles autorités syriennes.Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, JAI avait des liens avec le groupe rebelle islamiste Hayat Tahrir al-Sham, dirigé par Ahmad al-Chareh, désormais président par intérim du pays. JAI pourrait agir sous d’autres noms depuis que le nouveau pouvoir a annoncé la dissolution des groupes armés et leur intégration dans la nouvelle armée.Verdict prévu le 27 mai.