AFP World

Washington menace de jeter l’éponge face à Moscou et Kiev

Se montrant de plus en plus agacés, les Etats-Unis ont exhorté mardi la Russie et l’Ukraine à faire des “propositions concrètes” en vue de mettre fin à la guerre, faute de quoi ils cesseront leur médiation.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lui appelé à ne faire “cadeau” d’aucun territoire à son homologue russe Vladimir Poutine, alors que la reconnaissance de régions occupées par Moscou semble être envisagée par Washington.”Nous sommes arrivés à un moment où les deux parties doivent faire des propositions concrètes pour mettre fin à ce conflit”, a affirmé à la presse la porte-parole du département d’Etat, Tammy Bruce, disant lire un message de son patron Marco Rubio.”S’il n’y a pas de progrès, nous nous retirerons en tant que médiateurs dans ce processus”, a-t-elle ajouté.Le président Donald Trump a quant à lui estimé mardi que le président russe Vladimir Poutine voulait la paix. “Je pense que son rêve était de s’emparer de tout le pays”, mais “à cause de moi, il ne va pas le faire”, a déclaré le républicain sur la chaîne ABC.”Je pense qu’il le veut”, a répondu M. Trump à un journaliste d’ABC qui lui demandait s’il pensait que M. Poutine souhaitait mettre un terme au conflit.Le secrétaire d’Etat américain avait jugé dimanche que les négociations sur l’Ukraine entraient dans une “semaine cruciale”.Il a déjà, à plusieurs reprises, suggéré que les Etats-Unis pourraient se désengager faute d’accord, mais en parlant explicitement de la fin de la médiation américaine, le message se durcit très visiblement.Donald Trump appelle Kiev et Moscou à conclure un cessez-le-feu et un accord de paix, trois ans après le début de l’offensive russe ayant fait des dizaines de milliers de morts civils et militaires.Depuis son retour au pouvoir, il s’est rapproché de Vladimir Poutine, a initié des négociations séparées avec les Russes et les Ukrainiens, rencontré en tête-à-tête samedi au Vatican le président ukrainien et dépêché plusieurs fois son émissaire Steve Witkoff en Russie.Le président russe a annoncé lundi une trêve sur le front en Ukraine durant trois jours du 8 au 10 mai, à l’occasion de la commémoration de la victoire sur l’Allemagne nazie, mais M. Zelensky a dénoncé une “tentative de manipulation”.Les Etats-Unis ne veulent “pas d’un cessez-le-feu de trois jours pour pouvoir célébrer autre chose, mais un cessez-le-feu complet et durable et la fin du conflit”, a martelé Mme Bruce.- “Pas de cadeau” -L’ambassadeur russe aux Nations unies, Vassili Nebenzia, a cherché à blâmer M. Zelensky et a déclaré que la Russie continuerait à parler avec les Etats-Unis.M. Zelensky “est déterminé à intensifier le conflit. Il rejette imprudemment les propositions de paix équilibrées des Etats-Unis”, a-t-il déclaré lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.Le représentant américain John Kelley a lui affirmé que les Etats-Unis avaient présenté aux deux parties un cadre pour un accord de paix, et il a condamné les frappes russes en Ukraine. “En ce moment, la Russie a une grande opportunité de parvenir à une paix durable”, a déclaré M. Kelley.Au moins une personne est morte et 39 autres ont été blessées dans des frappes russes sur les villes ukrainiennes de Dnipro (centre-est) et Kharkiv (nord-est), ont indiqué les autorités locales dans la nuit de mardi à mercredi.Pour la sénatrice Jeanne Shaheen, principale démocrate de la commission des Affaires étrangères du Sénat, “le président Trump et son équipe ont terriblement mal géré ces négociations”.”Nous voulons tous que cette guerre se termine de manière équitable, sans cadeau pour Poutine, et surtout pas des terres”, a dit M. Zelensky lors d’un sommet régional.La Russie occupe partiellement quatre régions du sud et de l’est de l’Ukraine, dont elle a revendiqué l’annexion en 2022 : celles de Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson.Elle a aussi annexé en 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée.Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a déclaré lundi que la reconnaissance internationale de ces annexions était une condition “impérative” pour la fin de la guerre en Ukraine, déclenchée par l’invasion russe de février 2022.L’administration de Donald Trump envisage de reconnaître la Crimée comme russe.Volodymyr Zelensky a répété ces derniers jours qu’une telle éventualité serait inacceptable pour Kiev.M. Trump avait estimé dimanche que la position du dirigeant ukrainien à ce sujet pourrait changer.Dans son adresse quotidienne mardi, M. Zelensky a aussi appelé une nouvelle fois la Russie à accepter un cessez-le-feu “inconditionnel et global” de 30 jours.

Washington menace de jeter l’éponge face à Moscou et Kiev

Se montrant de plus en plus agacés, les Etats-Unis ont exhorté mardi la Russie et l’Ukraine à faire des “propositions concrètes” en vue de mettre fin à la guerre, faute de quoi ils cesseront leur médiation.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lui appelé à ne faire “cadeau” d’aucun territoire à son homologue russe Vladimir Poutine, alors que la reconnaissance de régions occupées par Moscou semble être envisagée par Washington.”Nous sommes arrivés à un moment où les deux parties doivent faire des propositions concrètes pour mettre fin à ce conflit”, a affirmé à la presse la porte-parole du département d’Etat, Tammy Bruce, disant lire un message de son patron Marco Rubio.”S’il n’y a pas de progrès, nous nous retirerons en tant que médiateurs dans ce processus”, a-t-elle ajouté.Le président Donald Trump a quant à lui estimé mardi que le président russe Vladimir Poutine voulait la paix. “Je pense que son rêve était de s’emparer de tout le pays”, mais “à cause de moi, il ne va pas le faire”, a déclaré le républicain sur la chaîne ABC.”Je pense qu’il le veut”, a répondu M. Trump à un journaliste d’ABC qui lui demandait s’il pensait que M. Poutine souhaitait mettre un terme au conflit.Le secrétaire d’Etat américain avait jugé dimanche que les négociations sur l’Ukraine entraient dans une “semaine cruciale”.Il a déjà, à plusieurs reprises, suggéré que les Etats-Unis pourraient se désengager faute d’accord, mais en parlant explicitement de la fin de la médiation américaine, le message se durcit très visiblement.Donald Trump appelle Kiev et Moscou à conclure un cessez-le-feu et un accord de paix, trois ans après le début de l’offensive russe ayant fait des dizaines de milliers de morts civils et militaires.Depuis son retour au pouvoir, il s’est rapproché de Vladimir Poutine, a initié des négociations séparées avec les Russes et les Ukrainiens, rencontré en tête-à-tête samedi au Vatican le président ukrainien et dépêché plusieurs fois son émissaire Steve Witkoff en Russie.Le président russe a annoncé lundi une trêve sur le front en Ukraine durant trois jours du 8 au 10 mai, à l’occasion de la commémoration de la victoire sur l’Allemagne nazie, mais M. Zelensky a dénoncé une “tentative de manipulation”.Les Etats-Unis ne veulent “pas d’un cessez-le-feu de trois jours pour pouvoir célébrer autre chose, mais un cessez-le-feu complet et durable et la fin du conflit”, a martelé Mme Bruce.- “Pas de cadeau” -L’ambassadeur russe aux Nations unies, Vassili Nebenzia, a cherché à blâmer M. Zelensky et a déclaré que la Russie continuerait à parler avec les Etats-Unis.M. Zelensky “est déterminé à intensifier le conflit. Il rejette imprudemment les propositions de paix équilibrées des Etats-Unis”, a-t-il déclaré lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.Le représentant américain John Kelley a lui affirmé que les Etats-Unis avaient présenté aux deux parties un cadre pour un accord de paix, et il a condamné les frappes russes en Ukraine. “En ce moment, la Russie a une grande opportunité de parvenir à une paix durable”, a déclaré M. Kelley.Au moins une personne est morte et 39 autres ont été blessées dans des frappes russes sur les villes ukrainiennes de Dnipro (centre-est) et Kharkiv (nord-est), ont indiqué les autorités locales dans la nuit de mardi à mercredi.Pour la sénatrice Jeanne Shaheen, principale démocrate de la commission des Affaires étrangères du Sénat, “le président Trump et son équipe ont terriblement mal géré ces négociations”.”Nous voulons tous que cette guerre se termine de manière équitable, sans cadeau pour Poutine, et surtout pas des terres”, a dit M. Zelensky lors d’un sommet régional.La Russie occupe partiellement quatre régions du sud et de l’est de l’Ukraine, dont elle a revendiqué l’annexion en 2022 : celles de Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson.Elle a aussi annexé en 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée.Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a déclaré lundi que la reconnaissance internationale de ces annexions était une condition “impérative” pour la fin de la guerre en Ukraine, déclenchée par l’invasion russe de février 2022.L’administration de Donald Trump envisage de reconnaître la Crimée comme russe.Volodymyr Zelensky a répété ces derniers jours qu’une telle éventualité serait inacceptable pour Kiev.M. Trump avait estimé dimanche que la position du dirigeant ukrainien à ce sujet pourrait changer.Dans son adresse quotidienne mardi, M. Zelensky a aussi appelé une nouvelle fois la Russie à accepter un cessez-le-feu “inconditionnel et global” de 30 jours.

Proportionnelle aux législatives: une multitude de modèles possibles

La proportionnelle aux élections législatives, dont François Bayrou commence à discuter mercredi avec les formations politiques, peut se décliner en une multitude de variantes, aux conséquences électorales très différentes, selon la taille de la circonscription, le seuil pour obtenir des élus, l’existence d’une prime pour la liste arrivée en tête, etc…”Il y a autant de proportionnelles que de fromages dans ce pays”, résume le député Pierre Cazeneuve, spécialiste du sujet au sein du groupe macroniste Renaissance.Voici quelques modèles possibles :. Une proportionnelle intégrale nationaleC’est le modèle des élections européennes: une proportionnelle intégrale à un tour dans une seule circonscription nationale. Les 577 élus sont alors répartis en fonction des résultats obtenus par chaque liste. Dans ce modèle, défendu notamment par LFI, l’une des variables clé est le seuil d’entrée. Plus il est bas, comme aux Pays-Bas où il est quasi-nul, plus il favorise les petites formations.A 5% comme aux européennes, le Parti communiste pourrait ne plus être représenté à l’Assemblée au vu de ses derniers résultats. A l’inverse, à 2 ou 3%, des formations du type Parti animaliste pourraient faire leur entrée.A la différence du scrutin majoritaire, la proportionnelle incite les partis (qui se sentent capable de franchir ce seuil) à partir séparément aux élections et à s’affranchir d’un partenaire dominant. Les socialistes ne se seraient ainsi probablement pas alliés aux Insoumis aux législatives de 2024.En revanche, comme un parti ne peut prétendre avoir la majorité seule – sauf victoire écrasante – cela pousse à constituer des coalitions post-électorales pour gouverner comme dans la plupart des pays européens. Mais gros inconvénient, sur une liste nationale, les députés n’ont plus un ancrage local comme celui des circonscriptions actuelles et l’équilibre géographique entre les élus n’est plus garanti. . Une proportionnelle intégrale départementale ou régionalePour garder cet ancrage local, François Bayrou milite pour la proportionnelle départementale à un tour, celle utilisée pour les législatives de 1986, les dernières à la proportionnelle en France.Mais ce scrutin entraîne des inégalités fortes. Dans la vingtaine de départements où il n’y a que deux députés (Cantal, Corrèze…), l’effet proportionnel est presque nul puisque la formation arrivée troisième n’obtient aucun député même avec 25% des voix. A l’inverse, cet effet joue à plein dans les gros départements (23 députés dans le Nord, 20 à Paris…) Pour contourner cette difficulté, une alternative pourrait être le niveau régional, même si les régions sont aussi de taille différente. Pour garder un lien territorial, les listes régionales pourraient être divisées en sections départementales, comme c’est le cas aux élections régionales. Les élections régionales sont d’ailleurs une autre variante de proportionnelle, à deux tours et avec possibilité de fusion de listes entre les deux tours. . Un scrutin mixte avec une dose de proportionnelleEn 2018, pour assurer une meilleure représentativité à l’Assemblée (le RN n’avait eu en 2017 que 8 députés pour 13% des voix), Emmanuel Macron avait proposé d’introduire “une dose de proportionnelle”. Mais les effets sont très différents si la dose retenue est de 15%, comme évoqué alors, ou 50%.La présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet a récemment proposé que la proportionnelle soit appliquée uniquement aux départements qui comptent 11 députés ou plus, soit 152 parlementaires sur 577. Ses détracteurs estiment que cela crée deux catégories de députés, certains élus en circonscription au scrutin majoritaire, d’autres sur une liste à la proportionnelle. Mais c’est déjà le cas au Sénat.Il existe plusieurs types de scrutin mixte. En Allemagne, chaque citoyen dispose de deux voix, l’une pour un candidat de sa circonscription, l’autre pour une liste de candidats présentée par un parti.. Une proportionnelle avec une prime majoritaireC’est le système qui existe aux municipales (dans les communes de plus de 1.000 habitants) pour dégager plus facilement des majorités. Une partie des sièges (50% aux municipales) sont réservés à la liste arrivée en tête, tandis que le reste est réparti à la proportionnelle.Le RN propose d’appliquer ce type de scrutin aux législatives mais avec une prime majoritaire de 25%. Du fait de son isolement politique, c’est le seul mode de scrutin qui lui permettrait d’envisager une majorité absolue à lui tout seul.

Proportionnelle: Bayrou consulte mais les avis divergent

François Bayrou entame mercredi avec le Rassemblement national une série de consultations des forces politiques sur la proportionnelle, que lui-même réclame depuis longtemps mais sur laquelle les désaccords restent nombreux.Le Premier ministre recevra chacun des chefs de partis et des présidents de groupes parlementaires représentés à l’Assemblée nationale, suivant un ordre lié à leur importance numérique. La cheffe de file des députés RN Marine Le Pen, qui forment le groupe le plus important à l’Assemblée, et le président du parti à la flamme Jordan Bardella seront ainsi reçus en premier à 10H00.Suivra un entretien jeudi 1er mai à 17H00 avec le président du groupe macroniste et du parti Renaissance Gabriel Attal. Il sera accompagné par le député Pierre Cazeneuve, qui a mené une analyse comparative des différents modes de scrutin.François Bayrou défend un scrutin à la proportionnelle intégrale, dans tous les départements, pour les élections législatives, alors que depuis l’instauration de la Ve République – à l’exception des législatives de 1986 -, les députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.Le RN réclame lui aussi la proportionnelle, mais avec une prime majoritaire pour la liste arrivée en tête. “La tripolarisation de la vie politique entraîne une absence de majorité”, a soutenu mardi Mme Le Pen, qui “n’imagine pas que le Premier ministre (…) puisse reculer sur ce sujet”.- “Moins pire” -En discutant de cette revendication commune avec le RN, François Bayrou espère sans doute faire baisser la tension avec l’extrême droite, qui fait planer la menace d’une motion de censure contre son gouvernement. Le RN dénonce l’absence de perspectives législatives sur la proportionnelle, sur l’immigration ainsi que sur la feuille de route énergétique (programmation pluriannuelle de l’énergie, PPE). François Bayrou l’a à cet égard ménagé lundi en reportant la date de publication d’un décret sur la PPE.Mais le Premier ministre n’est pas assuré d’avoir cette fois le soutien des macronistes, traversés par moult “interrogations”, selon Pierre Cazeneuve.En 2018, le président Emmanuel Macron avait souhaité l’instauration d’un système mixte avec 15% des députés élus à la proportionnelle, puis la réforme avait été abandonnée.Or les députés Renaissance considèrent désormais que le mode de scrutin actuel est “le moins pire”, car la “distorsion” entre le nombre de voix et le nombre de députés “n’existe plus” dans l’Assemblée actuelle, et ce changement n’est “pas forcément une priorité” pour les Français au vu du nouveau contexte international, a expliqué M. Cazeneuve lors d’un point presse.- Cumul des mandats -Gabriel Attal et Pierre Cazeneuve entendent jeudi élargir le débat à la question de “l’efficacité de l’action publique”, en reparlant de la réduction du nombre de parlementaires et de la “simplification du millefeuille administratif”.Mais ils jugent “délétère” de proposer la proportionnelle en échange du cumul des mandats, soutenu avec force par François Bayrou.Le président du parti Horizons Edouard Philippe défend pour sa part le scrutin majoritaire, qui “impose un lien entre un député et les électeurs d’un territoire”. Il pourrait soutenir la proportionnelle “si était rétablie la possibilité de cumuler un mandat exécutif local et le mandat parlementaire”.Les indépendants du groupe Liot sont “plutôt largement très défavorables” à réformer le mode de scrutin, selon son président Laurent Panifous.A droite, Les Républicains (LR) y sont fermement opposés, comme l’a rappelé Laurent Wauquiez.”La proportionnelle aboutira à ce qu’on va institutionnaliser le chaos politique qu’on connaît en ce moment”, a tonné le patron de la droite dimanche, avant de critiquer mardi la “hiérarchie des priorités” du gouvernement dans un pays “qui est ruiné” et “où il y a une telle explosion de l’insécurité et de l’immigration”, au vu des “menaces” sur le plan international.Le gouvernement souhaite pouvoir légiférer à ce sujet “avant la fin de la session parlementaire si le débat est mûr”, a précisé mercredi sa porte-parole LR Sophie Primas.D’autres partis, notamment à gauche, souhaitent une évolution du mode de scrutin. Mais le PS est divisé. L’ancien président François Hollande est pour, tandis que son Premier secrétaire Olivier Faure est contre à titre personnel. Le député PS Emmanuel Grégoire a rappelé mardi que “derrière ce mot un peu vague de proportionnelle, se cache une subtilité immense, immense, de déclinaisons pratiques”.

Ranch au Mexique: un centre d’entraînement mais pas d'”extermination” (parquet)

Un ranch découvert au Mexique début mars était bien un centre d’entraînement d’un cartel, mais pas d’exécution de ses recrues forcées, a estimé mardi le parquet général, provoquant la colère des proches de personnes disparues.Le site abandonné a été inspecté le 5 mars dans l’Etat du Jalisco (nord-ouest) à l’initiative d’un collectif de proches de personnes disparues, dont le nombre dépasse les 100.000 au Mexique.Les membres du collectif “Guerreros buscadores” ont retrouvé des petits morceaux d’os calcinés et des centaines d’habits et de chaussures dans ce ranch situé à Teuchitlan, à 80 kilomètres à l’ouest de la capitale régionale Guadalajara.”Guerreros buscadores” avait affirmé que le site était un “camp d’extermination” à l’usage du narcotrafic dans cette zone dominée par le Cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG).Aucun indice ne permet de parler de “crématoriums”, a déclaré mardi à la presse le procureur général Alejandro Gertz.”On a trouvé un petit vase avec de très petits fragments d’os”, a-t-il dit.”Il n’y a pas une preuve qui accrédite cette thèse”, a insisté le procureur Gertz, en réaction à une hypothèse du collectif selon laquelle le cartel faisait disparaître en les brûlant les corps de ses recrues forcées, assassinées après avoir été enlevées.”Le procureur n’a pas fait disparaître nos enfants, mais il veut faire disparaître la vérité”, a réagi le groupe “Guerreros buscadores” dans une lettre à la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum.”Que croyez-vous que ressente une mère en ramassant des os calcinés de ses propres mains ? Que croyez-vous qu’elle ressente quand (…) on l’appelle menteuse ?”, a ajouté le collectif.Le Mexique compte d’après certaines statistiques plus de 127.000 personnes disparues, “une tragédie humaine” selon un comité spécialisé des Nations unies.La plupart des disparitions ont été enregistrées après 2006, quand l’armée fédérale a lancé une opération militaire provoquant la balkanisation des cartels.L’Etat du Jalisco est le plus touché par les disparitions avec plus de 15.000 cas.Les enquêtes continuent pour déterminer combien de personnes ont pu être emmenées de force au ranch.Les autorités municipales vont aussi faire l’objet d’une enquête pour complicité présumée avec les criminels, a indiqué M. Gertz.Le CJNG est l’un des six cartels ou mafias mexicains placés par le président américain Donald Trump sur une liste d’organisations dites “terroristes”.

La Cour suprême américaine examine la possibilité d’écoles religieuses sous contrat

La conservatrice Cour suprême américaine se penche mercredi sur l’interdiction d’écoles religieuses à gestion privée bénéficiant de financements publics, une affaire liée au principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat et potentiellement lourde de conséquences pour des millions de familles.La quasi totalité des 50 Etats américains autorisent les “charter schools”, écoles à gestion privée sous contrat à financement public. Mais pour la première fois, en 2023, les autorités scolaires de l’Oklahoma (sud) conservateur ont autorisé une “charter school” administrée par un culte, en l’occurrence l’Eglise catholique.Cet établissement prodiguant des cours en ligne, baptisé Saint Isidore de Séville en hommage au patron de l’internet – un évêque espagnol du VIIe siècle – n’a encore jamais fonctionné.La Cour suprême de l’Oklahoma, saisie par le procureur général républicain de l’Etat, Gentner Drummond, a en effet considéré que sa création violait la Constitution américaine ainsi que celle de l’Etat.Le Premier amendement de la Constitution américaine prohibe notamment l’établissement d’une religion nationale ou la prééminence d’une religion sur une autre.Mais les plaignants, représentés par la très conservatrice Alliance Defending Freedom (ADF), font valoir que l’exclusion des écoles confessionnelles du système de financement public des “charter schools” contrevient à une autre clause du Premier amendement, celle qui garantit la liberté de culte.Ils exhortent la Cour suprême à autoriser la création de cet établissement catholique sous contrat, assurant dans leurs arguments écrits qu’une telle décision “promouvrait le choix parental, la liberté individuelle, la diversité éducative et la réussite des étudiants”.Ils invoquent également l’intérêt des “familles et des enfants économiquement défavorisés”.- “Chaos et confusion” -Mais pour le procureur général de l’Oklahoma, donner raison aux plaignants “bouleverserait le programme fédéral d’écoles sous contrat et les lois sur les charter schools à l’échelle nationale, semant le chaos et la confusion pour des millions d’élèves” de ces établissements. De plus, une telle décision “éliminerait la séparation appliquée de longue date par la Cour suprême entre l’éducation religieuse et les écoles publiques”, souligne-t-il.Les débats devraient porter essentiellement sur la nature publique ou privée des “charter schools”, eu égard à leur financement, et en conséquence sur les obligations que peuvent leur imposer les Etats.La majorité conservatrice de la Cour, soit six juges sur neuf, s’est montrée ces dernières années favorable à une extension de la place de la religion dans l’espace public, notamment dans le domaine de l’éducation.En 2022, elle a ainsi obligé l’Etat du Maine (nord-est) à inclure les écoles confessionnelles dans un dispositif de subventions publiques, jugeant leur exclusion “discriminatoire envers la religion”.La majorité conservatrice avait également la même année invalidé le licenciement par les autorités scolaires d’un entraîneur de football américain de la région de Seattle (nord-ouest) qui priait sur les terrains.Seuls huit des juges participeront aux débats et à la décision, attendue d’ici le terme de la session actuelle, fin juin. La magistrate conservatrice Amy Coney Barrett s’est récusée, vraisemblablement en raison de ses liens avec certains juristes défendant la création d’écoles religieuses sous contrat.

La Cour suprême américaine examine la possibilité d’écoles religieuses sous contrat

La conservatrice Cour suprême américaine se penche mercredi sur l’interdiction d’écoles religieuses à gestion privée bénéficiant de financements publics, une affaire liée au principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat et potentiellement lourde de conséquences pour des millions de familles.La quasi totalité des 50 Etats américains autorisent les “charter schools”, écoles à gestion privée sous contrat à financement public. Mais pour la première fois, en 2023, les autorités scolaires de l’Oklahoma (sud) conservateur ont autorisé une “charter school” administrée par un culte, en l’occurrence l’Eglise catholique.Cet établissement prodiguant des cours en ligne, baptisé Saint Isidore de Séville en hommage au patron de l’internet – un évêque espagnol du VIIe siècle – n’a encore jamais fonctionné.La Cour suprême de l’Oklahoma, saisie par le procureur général républicain de l’Etat, Gentner Drummond, a en effet considéré que sa création violait la Constitution américaine ainsi que celle de l’Etat.Le Premier amendement de la Constitution américaine prohibe notamment l’établissement d’une religion nationale ou la prééminence d’une religion sur une autre.Mais les plaignants, représentés par la très conservatrice Alliance Defending Freedom (ADF), font valoir que l’exclusion des écoles confessionnelles du système de financement public des “charter schools” contrevient à une autre clause du Premier amendement, celle qui garantit la liberté de culte.Ils exhortent la Cour suprême à autoriser la création de cet établissement catholique sous contrat, assurant dans leurs arguments écrits qu’une telle décision “promouvrait le choix parental, la liberté individuelle, la diversité éducative et la réussite des étudiants”.Ils invoquent également l’intérêt des “familles et des enfants économiquement défavorisés”.- “Chaos et confusion” -Mais pour le procureur général de l’Oklahoma, donner raison aux plaignants “bouleverserait le programme fédéral d’écoles sous contrat et les lois sur les charter schools à l’échelle nationale, semant le chaos et la confusion pour des millions d’élèves” de ces établissements. De plus, une telle décision “éliminerait la séparation appliquée de longue date par la Cour suprême entre l’éducation religieuse et les écoles publiques”, souligne-t-il.Les débats devraient porter essentiellement sur la nature publique ou privée des “charter schools”, eu égard à leur financement, et en conséquence sur les obligations que peuvent leur imposer les Etats.La majorité conservatrice de la Cour, soit six juges sur neuf, s’est montrée ces dernières années favorable à une extension de la place de la religion dans l’espace public, notamment dans le domaine de l’éducation.En 2022, elle a ainsi obligé l’Etat du Maine (nord-est) à inclure les écoles confessionnelles dans un dispositif de subventions publiques, jugeant leur exclusion “discriminatoire envers la religion”.La majorité conservatrice avait également la même année invalidé le licenciement par les autorités scolaires d’un entraîneur de football américain de la région de Seattle (nord-ouest) qui priait sur les terrains.Seuls huit des juges participeront aux débats et à la décision, attendue d’ici le terme de la session actuelle, fin juin. La magistrate conservatrice Amy Coney Barrett s’est récusée, vraisemblablement en raison de ses liens avec certains juristes défendant la création d’écoles religieuses sous contrat.

Cuba: le dissident José Daniel Ferrer à nouveau arrêté

L’opposant historique cubain José Daniel Ferrer et un autre dissident ont été arrêtés mardi à Cuba après la révocation de la mesure de libération conditionnelle qui leur avait été accordée en janvier. José Daniel Ferrer, 54 ans, et Felix Navarro, 72 ans, avaient été remis en liberté dans le cadre d’un accord négocié avec le Vatican après le retrait de l’île de la liste noire américaine des pays soutenant le terrorisme par l’ex-président américain Joe Biden, qui prévoyait la libération de 553 prisonniers cubains. Donald Trump a par la suite réinscrit Cuba sur cette liste.La justice a révoqué “la liberté conditionnelle de deux condamnés, appartenant au groupe des 553, qui n’ont pas respecté ce qui est établi par la loi pendant la période probatoire à laquelle ils étaient soumis”, a annoncé la Cour suprême dans un communiqué, en citant le cas des deux dissidents, mais sans préciser leur lieu de détention.José Daniel Ferrer, fondateur du mouvement Union patriotique de Cuba (Unpacu) et défenseur de la lutte pacifique en faveur d’un changement démocratique sur l’île, avait été remis en liberté le 16 janvier à Santiago de Cuba (est).Sa sœur, Ana Belkis Ferrer, installée aux Etats-Unis, a indiqué sur X que les forces de sécurité avaient “attaqué (mardi matin) le siège principal de l’Unpacu” installé au domicile du dissident, et avaient “emmené” José Daniel Ferrer, son épouse et leur fils, ainsi que des militants de son organisation “vers des lieux inconnus”. L’épouse et le fils du dissident ont ensuite été relâchés après “plusieurs heures” de détention, selon elle.M. Ferrer a été emprisonné le 11 juillet 2021, tandis qu’il tentait de rejoindre les manifestations antigouvernementales historiques qui secouaient le pays. Un tribunal avait mis fin à sa liberté conditionnelle et l’avait renvoyé en prison pour terminer de purger une peine de quatre ans et demi à laquelle il avait été condamné en 2020.- Convocations – Mardi, la Cour suprême a justifié la décision de révoquer à nouveau la mesure de liberté conditionnelle en indiquant qu’il ne s’était pas rendu à deux convocations judiciaires.”Non seulement il ne s’est pas présenté, mais il a également annoncé (…) sur les réseaux sociaux, en défi flagrant et violation de la loi, qu’il ne comparaîtrait pas devant l’autorité judiciaire”, a ajouté la Cour.Depuis sa remise en liberté, le dissident a défié les autorités en critiquant le pouvoir communiste sur les réseaux sociaux. Il a également mis en place une cantine à son domicile pour accueillir des indigents, financée par des Cubains de l’étranger. Il avait indiqué à l’AFP que les autorités n’appréciaient pas son activisme social car cela mettait en évidence la pauvreté de certains habitants.Felix Navarro, remis en liberté le 18 janvier dans le cadre de l’accord passé avec le Vatican et habitant à une centaine de kilomètres de La Havane, a également vu sa mesure de liberté conditionnelle révoquée pour avoir “quitté à sept reprises sa commune sans demander l’autorisation du juge d’application des peines”. Il “a été arrêté chez lui à 6H30 du matin (…)”, a déclaré sur X l’opposant Manuel Cuesta Morrua. – “Printemps noir” -Les deux hommes ont fait partie des 75 opposants arrêtés en 2003 lors du “Printemps noir”, une vague de répression contre la dissidence. Ils avaient été libérés en 2011.Le département d’Etat américain, par la voix de sa porte-parole Tammy Bruce, a dénoncé “le traitement brutal et la détention injuste” de “patriotes cubains”.La Cour suprême a également affirmé que les deux dissidents “maintiennent des liens publics avec le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Cuba”, Mike Hammer, en poste depuis novembre 2024. Depuis le début de l’année, le diplomate a rendu visite à plusieurs dissidents dans différentes provinces de l’île. Lundi, il a rencontré à Santa Clara (centre) l’opposant Coco Fariñas, récompensé en 2010 par le prix Sakharov, distinction de l’Union européenne pour les droits humains, a indiqué mardi l’ambassade des Etats-Unis à La Havane. “Cuba a-t-elle le droit de (…) s’opposer à ce que le diplomate en chef des États-Unis à La Havane soit un activiste qui encourage les Cubains à agir contre leur pays ? (…) Telle est la question”, a déclaré sur X en anglais, le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio.Cuba nie l’existence de prisonniers politiques et accuse les opposants d’être des “mercenaires” à la solde des Etats-Unis.