AFP World

Tuniques et turbans: les élèves afghans sommés de s’habiller en petits talibans

Au placard l’uniforme d’écolier: depuis la rentrée en mars, les jeunes Afghans doivent porter l’habit traditionnel des talibans, turbans et longues tuniques, et n’ont plus que leurs visages glabres pour se distinguer des adultes.Renforcer la discipline, masquer les inégalités sociales et respecter la décence prescrite par la loi islamique sont les raisons avancées par le ministère de l’Education, dont la mesure divise.”L’habillement d’après la loi islamique définit l’identité du musulman et de la musulmane. Il est un moyen de préserver la dignité de l’individu et de protéger la société contre la dépravation morale”, estime le ministère dans sa circulaire.Celle-ci renforce l’uniformisation vestimentaire qui s’opère depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021: davantage d’hommes optent pour la tenue phare des pachtounes, l’ethnie des talibans, pour s’éviter des ennuis.Déjà portés dans les écoles religieuses, le turban et le shalwar kameez (longue tunique et pantalon de couleur unie) s’imposent donc désormais à tous les élèves du public comme du privé.Les filles portent déjà des tenues imposées, souvent une longue robe noire sur un pantalon assorti et un voile blanc, dès le plus jeune âge. Et elles ne peuvent de toute façon plus étudier au-delà de 12 ans dans les écoles non-religieuses.- Renvoyés faute de turban -Pour les lycéens, shalwar kameez et turban blancs, pour les collégiens, tenue bleue claire et chapeau.La mesure — signée de la main même du chef suprême des talibans, l’émir Hibatullah Akhundzada — a mis du temps à être appliquée depuis la rentrée fin mars et l’est encore diversement à travers le pays.A Hérat, dans l’ouest, Nassir Ahmad et ses camarades n’ont plus le choix.”Nos professeurs nous ont dit de ne pas venir sans: si on n’a pas l’uniforme et le chapeau, on ne peut pas entrer en classe”, dit le collégien de 13 ans à l’AFP.”J’ai vu plusieurs de mes amis refoulés car ils n’avaient pas le turban”, raconte aussi Qassim, un lycéen de 17 ans, dont c’est le seul nom.”Les brigades de la Propagation de la vertu et de la Prévention du vice (PVPV) viennent surveiller”.A Kandahar, berceau des talibans dans le Sud, le nouvel habit semble satisfaire les élèves.Mohammad Wali, 17 ans, se dit “très content” de porter le “vêtement du prophète”.”Cela crée une distinction entre les élèves et les autres gens dans la rue”, assure l’adolescent à l’AFP.A Kaboul, certains enfilent le turban au lycée et le fourrent dans leur sac dès la sortie.- Trop cher -Et parmi les enseignants et directeurs d’établissement, eux aussi forcés de troquer le costume-cravate ou tenue décontractée pour un turban noir, certains grincent des dents.”Aujourd’hui tout le monde se ressemble: un docteur ne ressemble plus à un docteur et un cuisinier ne ressemble plus à un cuisinier”, se désole le directeur d’un lycée de la capitale.”L’uniforme crée de la discipline”, concède-t-il sous le couvert de l’anonymat par peur de représailles. Mais pour certaines familles, relève-t-il, débourser 1.000 afghanis en moyenne, soient 12 euros, est impossible, dans un pays où 85% des habitants vivent avec moins d’un dollar par jour.”S’il y a cinq ou six enfants par famille, comment font-elles ?”, s’interroge-t-il dans son bureau.De fait, les élèves portent leurs habits neufs dans des écoles souvent vétustes, des classes parfois sans pupitres et avec un grand tapis pour seul endroit où s’asseoir face au tableau.Dans les zones reculées, la classe se fait parfois en extérieur à l’ombre des arbres, voire aux abords d’un cimetière comme dans le village de Mohmand Dara, dans la province de Nangarhar.Pas de quoi ébranler les inspecteurs: désormais, dit le directeur à Kaboul, des responsables du ministère de l’Education débarquent dans son établissement deux à trois fois par semaine pour surveiller le port des uniformes.”Les gens en Afghanistan n’ont pas le choix”, se désole-t-il. “Ils obéissent et ils ne peuvent pas se plaindre”.

A la frontière inter-coréenne, un café-bunker qui rêve de paix

Vautrés dans les divans du café Daonsoop, en Corée du Sud, les clients sirotent leurs americanos glacés en contemplant, de l’autre côté des barbelés, les montagnes de Corée du Nord et les miradors surmontés de drapeaux à étoile rouge.Ouvert en 2022 à Paju, près de Séoul, ce café est si proche des lignes nord-coréennes que les autorités ont posé des conditions spéciales pour délivrer le permis de construire: l’aménagement sur la propriété d’un bunker avec 25 meurtrières orientées vers le nord et de quatre positions fortifiées pour chars.A vol d’oiseau, le café est à moins de deux kilomètres de la frontière. Malgré les contraintes que cela implique, c’est cette proximité que recherchait sa fondatrice Lee Oh-sook et son mari, tous deux enfants de réfugiés nord-coréens.”D’ici, on peut voir la Corée du Nord, si proche mais inaccessible (…) Nos parents ont toujours espéré retourner dans leur terre natale, mais ils sont décédés avant de réaliser ce rêve. Alors nous avons choisi un lieu proche, pour penser à eux plus souvent”, raconte à l’AFP l’entrepreneuse de 63 ans.La guerre de Corée (1950-1953) s’étant conclue par un simple armistice et non par un traité de paix, elle n’a jamais officiellement pris fin. L’armée sud-coréenne continue à parler de “ligne de front” pour désigner la frontière.Sous les baies vitrées du café Daonsoop passe Jayu-ro, la “Route de la Liberté” qui dans un avenir idéal reliera Séoul à Pyongyang, mais qui pour le moment s’arrête à quelques kilomètres de Paju.Camions et voitures y circulent comme sur n’importe quelle autoroute, mais les glissières de sécurité du côté nord sont hérissées de barbelés. Car juste à côté coule la rivière Imjin, qui sépare les deux Corées. Entre les deux s’étend un terrain militaire où tout intrus sera “considéré comme suspect ou ennemi et abattu”, prévient un panneau.- Bunker et galerie d’art -La nuit, des hauts-parleurs géants diffusent depuis le Nord une bande sonore à glacer le sang, mélange de hurlements de loups et de grincements fantomatiques, si puissants qu’ils font parfois trembler les vitres. Une riposte à la k-pop diffusée par le Sud pendant la journée.Daonsoop est loin d’être le seul café avec vue sur la Corée du Nord (un Starbucks, ouvert l’an dernier dans un observatoire à la frontière, est même devenu une attraction touristique en soi). Mais il est l’un des plus proches du pays-ermite.Son bunker est réquisitionné une fois par an par l’armée pour des exercices. Le reste du temps, un voisin et ami de la maison, le dessinateur Kim Dae-nyeon, alias Danny Kim, y expose ses oeuvres.Accrochés entre les meurtrières, ses dessins évoquent la douleur de la division et les espoirs de réunification de la Corée.”Ce bunker est certes un espace conçu pour le combat, mais pour ma part, je ne le vois pas ainsi”, explique l’artiste “Je le considère comme un lieu où commencent la liberté et la paix, et qui sert à les protéger”.Un de ses dessins montre un pont imaginaire qui enjambe la rivière Imjin. Un autre des belettes qui manifestent avec des casques anti-bruit contre les nuisances sonores du Nord.Quant aux emplacements pour chars, l’artiste en a peint les murs aux couleurs des quatre saisons.Avant de devenir artiste à temps plein à sa retraite, M. Kim, 68 ans, était le chef de la Commission électorale nationale de Corée du Sud. Une carrière de 40 ans au service de la démocratie qui a, dit-il, “profondément” influencé son art.- “Division normalisée” -“J’aimerais que la Corée du Nord adopte aussi la démocratie et la liberté un jour. Mes convictions de paix et de liberté se sont poursuivies tout au long de ma carrière publique et aujourd’hui, dans mon travail artistique”, affirme-t-il.Réputé pour ses brunches roboratifs et ses bières artisanales, le café attire souvent des réfugiés nord-coréens, surtout pendant les fêtes familiales de Seollal (le Nouvel an lunaire) et de Chuseok à l’automne. Depuis la terrasse, ils s’y recueillent devant leur terre natale, de l’autre côté des vases de la rivière Imjin que seuls les hérons ou les grues blanches peuvent pour l’instant franchir.En face, agriculteurs et soldats nord-coréens vaquent à leurs occupations. A la fin de l’hiver, la fumée des brûlis dans les rizières du côté nord – une pratique polluante éradiquée au Sud – enveloppe le café de son odeur âcre.Et pourtant, un grand nombre de clients, indifférents comme beaucoup de Sud-Coréens à ce qui se passe en Corée du Nord, n’ont aucune idée d’où ils se trouvent, regrette Mme Lee.”Beaucoup de visiteurs ne savent pas que le Nord est juste en face”, dit-elle. “La plupart des gens oublient que le pays est divisé et que cette réalité est normalisée. Mais lorsqu’ils viennent ici, ils sont souvent profondément surpris.”

Environ 600 soldats nord-coréens tués au combat au côté de la Russie, selon un député sud-coréen

Environ 600 soldats nord-coréens ont été tués en combattant au côté des forces russes dans leur guerre contre l’Ukraine, a affirmé mercredi un député sud-coréen spécialiste du renseignement.”Jusqu’à présent, les pertes des troupes nord-coréennes sont estimées à environ 4.700, dont environ 600 morts”, a déclaré à la presse le député Lee Seong-kweun, membre de la commission parlementaire du renseignement, au sortir d’un briefing avec les services secrets sud-coréens.Environ 2.000 soldats blessés ont été rapatriés en Corée du Nord entre janvier et mars par voie aérienne et ferroviaire, et ils seraient placés à l’isolement à Pyongyang et dans d’autres régions du pays, a poursuivi M. Lee. Quant aux morts, leurs corps ont été incinérés en Russie et leurs cendres rapatriées en Corée du Nord, selon lui.”La Corée du Nord a soutenu la reprise de Koursk par la Russie en déployant 18.000 soldats en deux phases. Depuis le mois de mars, date de la reprise effective de Koursk, le nombre d’affrontements a diminué”, a expliqué le député.D’après lui, “la possibilité d’une troisième phase ne peut pas être totalement exclue”, même si Pyongyang n’a pour le moment donné aucun signe laissant présager l’envoi de nouvelles troupes en Russie.- Capacité de combat “améliorée” -“Six mois après l’entrée en guerre des forces nord-coréennes, on estime que leur capacité de combat s’est considérablement améliorée, car leur inexpérience initiale a diminué et elles sont devenues plus compétentes dans l’utilisation de nouveaux systèmes d’armes, y compris les drones”, a encore dit le député sud-coréen.”Toutefois, en raison du déploiement prolongé, des cas de mauvaise conduite au sein des forces nord-coréennes ont été signalés, notamment des excès de boisson et des vols”, a-t-il affirmé.Les soldats envoyés en Russie, qui appartiendraient aux forces spéciales, ont reçu l’ordre de se suicider plutôt que d’être faits prisonniers, avait précédemment déclaré Séoul.La Corée du Nord a pour la première fois reconnu cette semaine avoir envoyé des troupes en Russie pour l’aider à reprendre aux Ukrainiens les zones de la région russe de Koursk dont ils s’étaient emparés.”Ceux qui se sont battus pour la justice sont tous des héros et des représentants de l’honneur de la patrie”, a déclaré le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, cité lundi par l’agence officielle KCNA.Il a ajouté qu’un monument commémorant les “exploits de la bataille” serait bientôt érigé dans la capitale Pyongyang.Vladimir Poutine a pour sa part remercié Kim Jong Un pour “l’exploit” de ses soldats.”Les amis coréens ont agi, guidés par le sentiment de solidarité, de justice et de vraie camaraderie”, a estimé le président russe, dans une déclaration publiée par le Kremlin. “Nous l’apprécions beaucoup et sommes sincèrement reconnaissants personnellement au camarade Kim Jong Un (…) et au peuple nord-coréen”, a-t-il continué.Moscou a revendiqué la reprise complète de la région frontalière de Koursk, ce que l’Ukraine a démenti.Le chef d’état-major de l’armée russe Valéri Guérassimov avait confirmé pour la première fois samedi la présence de troupes nord-coréennes dans son pays et salué leur “héroïsme”.Depuis plusieurs mois, les Ukrainiens, les Sud-Coréens et les Occidentaux dénonçaient la participation de milliers de soldats nord-coréens aux hostilités, ce que Moscou et Pyongyang n’avaient jamais confirmé ni démenti.La Russie et la Corée du Nord ont signé en juin 2024 un accord de partenariat stratégique qui prévoit une aide militaire “mutuelle” en cas d’attaque contre l’un des deux pays.

Environ 600 soldats nord-coréens tués au combat au côté de la Russie, selon un député sud-coréen

Environ 600 soldats nord-coréens ont été tués en combattant au côté des forces russes dans leur guerre contre l’Ukraine, a affirmé mercredi un député sud-coréen spécialiste du renseignement.”Jusqu’à présent, les pertes des troupes nord-coréennes sont estimées à environ 4.700, dont environ 600 morts”, a déclaré à la presse le député Lee Seong-kweun, membre de la commission parlementaire du renseignement, au sortir d’un briefing avec les services secrets sud-coréens.Environ 2.000 soldats blessés ont été rapatriés en Corée du Nord entre janvier et mars par voie aérienne et ferroviaire, et ils seraient placés à l’isolement à Pyongyang et dans d’autres régions du pays, a poursuivi M. Lee. Quant aux morts, leurs corps ont été incinérés en Russie et leurs cendres rapatriées en Corée du Nord, selon lui.”La Corée du Nord a soutenu la reprise de Koursk par la Russie en déployant 18.000 soldats en deux phases. Depuis le mois de mars, date de la reprise effective de Koursk, le nombre d’affrontements a diminué”, a expliqué le député.D’après lui, “la possibilité d’une troisième phase ne peut pas être totalement exclue”, même si Pyongyang n’a pour le moment donné aucun signe laissant présager l’envoi de nouvelles troupes en Russie.- Capacité de combat “améliorée” -“Six mois après l’entrée en guerre des forces nord-coréennes, on estime que leur capacité de combat s’est considérablement améliorée, car leur inexpérience initiale a diminué et elles sont devenues plus compétentes dans l’utilisation de nouveaux systèmes d’armes, y compris les drones”, a encore dit le député sud-coréen.”Toutefois, en raison du déploiement prolongé, des cas de mauvaise conduite au sein des forces nord-coréennes ont été signalés, notamment des excès de boisson et des vols”, a-t-il affirmé.Les soldats envoyés en Russie, qui appartiendraient aux forces spéciales, ont reçu l’ordre de se suicider plutôt que d’être faits prisonniers, avait précédemment déclaré Séoul.La Corée du Nord a pour la première fois reconnu cette semaine avoir envoyé des troupes en Russie pour l’aider à reprendre aux Ukrainiens les zones de la région russe de Koursk dont ils s’étaient emparés.”Ceux qui se sont battus pour la justice sont tous des héros et des représentants de l’honneur de la patrie”, a déclaré le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, cité lundi par l’agence officielle KCNA.Il a ajouté qu’un monument commémorant les “exploits de la bataille” serait bientôt érigé dans la capitale Pyongyang.Vladimir Poutine a pour sa part remercié Kim Jong Un pour “l’exploit” de ses soldats.”Les amis coréens ont agi, guidés par le sentiment de solidarité, de justice et de vraie camaraderie”, a estimé le président russe, dans une déclaration publiée par le Kremlin. “Nous l’apprécions beaucoup et sommes sincèrement reconnaissants personnellement au camarade Kim Jong Un (…) et au peuple nord-coréen”, a-t-il continué.Moscou a revendiqué la reprise complète de la région frontalière de Koursk, ce que l’Ukraine a démenti.Le chef d’état-major de l’armée russe Valéri Guérassimov avait confirmé pour la première fois samedi la présence de troupes nord-coréennes dans son pays et salué leur “héroïsme”.Depuis plusieurs mois, les Ukrainiens, les Sud-Coréens et les Occidentaux dénonçaient la participation de milliers de soldats nord-coréens aux hostilités, ce que Moscou et Pyongyang n’avaient jamais confirmé ni démenti.La Russie et la Corée du Nord ont signé en juin 2024 un accord de partenariat stratégique qui prévoit une aide militaire “mutuelle” en cas d’attaque contre l’un des deux pays.

Vietnam: parade géante pour les 50 ans de la chute de Saïgon

Le Vietnam célèbre mercredi en grande pompe les 50 ans de la chute de Saïgon, qui avait marqué la réunification du pays sous l’égide du Parti communiste, en présence, pour la première fois, de soldats chinois.La parade militaire a commencé dans la matinée à Ho Chi Minh-Ville, l’ancienne Saïgon, avec vers la tête du cortège un char portant le portrait du leader révolutionnaire Ho Chi Minh, survolé par des avions de chasse et des hélicoptères traînant des drapeaux, ont constaté des journalistes de l’AFP.Plus de 13.000 personnes participent au défilé dans cette cité ou le Sud pro-américain a acté sa reddition le 30 avril 1975, au terme de l’un des épisodes les plus marquants de la guerre froide.”On va passer du bon temps”, a anticipé auprès de l’AFP Tran Hoang Yen, une Saïgonnaise de 22 ans, en posant en robe traditionnelle devant le palais de l’Indépendance, qui servait de résidence au président du Sud-Vietnam. “Ca n’arrive qu’une fois dans la vie.”Depuis plusieurs jours, une ambiance festive a gagné la mégapole, où flotte une myriade de drapeaux, dont celui, rouge et bleu, frappé d’une étoile dorée, de l’armée Viet Cong.Le 30 avril est célébré comme étant “le jour de la réunification” par le Parti communiste.”Nous devons notre succès (…) à l’immense soutien venu d’Union soviétique, de Chine (…) et à la solidarité du Laos et du Cambodge”, a décrit le secrétaire général du Parti communiste vietnamien, To Lam, lors d’un discours en amont du défilé.Considéré comme le dirigeant le plus puissant du Vietnam, il a également rendu hommage aux “progressistes du monde entier parmi lesquels des Américains”.Dans un article paru dimanche sur le portail d’informations du gouvernement, To Lam a dit espérer que le pays se débarrassera de “la haine, de l’esprit de séparation ou de division” afin d’éviter aux jeunes générations la guerre.- Amnisties -Le gouvernement va libérer à partir de jeudi 8.000 prisonniers pour marquer l’événement, mais aucun militant politique, dans un contexte de répression accrue de toute voix critique du pouvoir, selon les organisations de défense des droits.”Je ne ressens plus de haine pour ceux qui étaient de l’autre côté. Nous devons nous donner la main pour célébrer la fin de la guerre”, assure Tran Van Truong, un ancien combattant de 75 ans, venu de Hanoï.Le conflit a fait des millions de morts côté vietnamien dont de nombreux civils tués dans des bombardements. Des centaines de milliers d’autres ont été blessés, dont de nombreux intoxiqués par l’agent orange, herbicide contenant de la dioxine qui avait été pulvérisé par les Américains sur de vastes étendues du pays.Côté américain, quelque 58.000 soldats ont trouvé la mort. La guerre du Vietnam reste pour Washington la première grande défaite d’une superpuissance qui se pensait imbattable.Pendant longtemps, cette victoire a servi de fondement pour légitimer la mainmise au pouvoir du Parti communiste, avant que son autorité ne devienne liée à la croissance économique et à l’amélioration du niveau de vie.Pour la première fois, 300 soldats venus des trois pays qui partagent une frontière terrestre avec le Vietnam – Chine, Laos et Cambodge – ont participé au défilé.Pékin a soutenu le Vietnam du Nord durant la guerre, mais les deux pays se sont opposés en 1979 dans un bref conflit frontalier. Depuis, des différends liés à des îlots en mer de Chine méridionale restent comme des pierres dans le jardin de leur histoire commune.- “Reconnaissance” -“Je pense que Hanoï signale à la Chine sa reconnaissance pour sa contribution historique”, explique Zach Abuza, professeur au National War College à Washington.”C’est aussi une autre manière pour eux de dire: +Ne pensez pas que notre politique étrangère penche vers les Américains. Nous sommes indépendants et neutres+”, poursuit-il.Selon les médias d’Etat vietnamiens, plus de 300.000 soldats chinois ont participé à la guerre du Vietnam, apportant un soutien crucial à la défense antiaérienne, à la logistique et au ravitaillement.Le défilé tombe également deux semaines après la visite à Hanoï du président chinois Xi Jinping, dans un contexte d’offensive protectionniste américaine.Le Vietnam veille à entretenir de bonnes relations avec la Chine et les Etats-Unis, afin de maximiser ses intérêts commerciaux, dans la lignée de sa “diplomatie du bambou”.Dans un pays où une majorité de la population est née après la guerre, un certain enthousiasme semblait circuler sur les réseaux sociaux et les médias, complètement contrôlés par le pouvoir.”Je pense que beaucoup de jeunes sont très impatients à l’idée de sortir et de voir de très beaux jeunes soldats et de très belles femmes qui sont dans l’armée”, a estimé Vu Minh Hoang, professeur d’histoire et d’études vietnamiennes à l’université Fulbright, à Ho Chi Minh-Ville.

Vietnam: parade géante pour les 50 ans de la chute de Saïgon

Le Vietnam célèbre mercredi en grande pompe les 50 ans de la chute de Saïgon, qui avait marqué la réunification du pays sous l’égide du Parti communiste, en présence, pour la première fois, de soldats chinois.La parade militaire a commencé dans la matinée à Ho Chi Minh-Ville, l’ancienne Saïgon, avec vers la tête du cortège un char portant le portrait du leader révolutionnaire Ho Chi Minh, survolé par des avions de chasse et des hélicoptères traînant des drapeaux, ont constaté des journalistes de l’AFP.Plus de 13.000 personnes participent au défilé dans cette cité ou le Sud pro-américain a acté sa reddition le 30 avril 1975, au terme de l’un des épisodes les plus marquants de la guerre froide.”On va passer du bon temps”, a anticipé auprès de l’AFP Tran Hoang Yen, une Saïgonnaise de 22 ans, en posant en robe traditionnelle devant le palais de l’Indépendance, qui servait de résidence au président du Sud-Vietnam. “Ca n’arrive qu’une fois dans la vie.”Depuis plusieurs jours, une ambiance festive a gagné la mégapole, où flotte une myriade de drapeaux, dont celui, rouge et bleu, frappé d’une étoile dorée, de l’armée Viet Cong.Le 30 avril est célébré comme étant “le jour de la réunification” par le Parti communiste.”Nous devons notre succès (…) à l’immense soutien venu d’Union soviétique, de Chine (…) et à la solidarité du Laos et du Cambodge”, a décrit le secrétaire général du Parti communiste vietnamien, To Lam, lors d’un discours en amont du défilé.Considéré comme le dirigeant le plus puissant du Vietnam, il a également rendu hommage aux “progressistes du monde entier parmi lesquels des Américains”.Dans un article paru dimanche sur le portail d’informations du gouvernement, To Lam a dit espérer que le pays se débarrassera de “la haine, de l’esprit de séparation ou de division” afin d’éviter aux jeunes générations la guerre.- Amnisties -Le gouvernement va libérer à partir de jeudi 8.000 prisonniers pour marquer l’événement, mais aucun militant politique, dans un contexte de répression accrue de toute voix critique du pouvoir, selon les organisations de défense des droits.”Je ne ressens plus de haine pour ceux qui étaient de l’autre côté. Nous devons nous donner la main pour célébrer la fin de la guerre”, assure Tran Van Truong, un ancien combattant de 75 ans, venu de Hanoï.Le conflit a fait des millions de morts côté vietnamien dont de nombreux civils tués dans des bombardements. Des centaines de milliers d’autres ont été blessés, dont de nombreux intoxiqués par l’agent orange, herbicide contenant de la dioxine qui avait été pulvérisé par les Américains sur de vastes étendues du pays.Côté américain, quelque 58.000 soldats ont trouvé la mort. La guerre du Vietnam reste pour Washington la première grande défaite d’une superpuissance qui se pensait imbattable.Pendant longtemps, cette victoire a servi de fondement pour légitimer la mainmise au pouvoir du Parti communiste, avant que son autorité ne devienne liée à la croissance économique et à l’amélioration du niveau de vie.Pour la première fois, 300 soldats venus des trois pays qui partagent une frontière terrestre avec le Vietnam – Chine, Laos et Cambodge – ont participé au défilé.Pékin a soutenu le Vietnam du Nord durant la guerre, mais les deux pays se sont opposés en 1979 dans un bref conflit frontalier. Depuis, des différends liés à des îlots en mer de Chine méridionale restent comme des pierres dans le jardin de leur histoire commune.- “Reconnaissance” -“Je pense que Hanoï signale à la Chine sa reconnaissance pour sa contribution historique”, explique Zach Abuza, professeur au National War College à Washington.”C’est aussi une autre manière pour eux de dire: +Ne pensez pas que notre politique étrangère penche vers les Américains. Nous sommes indépendants et neutres+”, poursuit-il.Selon les médias d’Etat vietnamiens, plus de 300.000 soldats chinois ont participé à la guerre du Vietnam, apportant un soutien crucial à la défense antiaérienne, à la logistique et au ravitaillement.Le défilé tombe également deux semaines après la visite à Hanoï du président chinois Xi Jinping, dans un contexte d’offensive protectionniste américaine.Le Vietnam veille à entretenir de bonnes relations avec la Chine et les Etats-Unis, afin de maximiser ses intérêts commerciaux, dans la lignée de sa “diplomatie du bambou”.Dans un pays où une majorité de la population est née après la guerre, un certain enthousiasme semblait circuler sur les réseaux sociaux et les médias, complètement contrôlés par le pouvoir.”Je pense que beaucoup de jeunes sont très impatients à l’idée de sortir et de voir de très beaux jeunes soldats et de très belles femmes qui sont dans l’armée”, a estimé Vu Minh Hoang, professeur d’histoire et d’études vietnamiennes à l’université Fulbright, à Ho Chi Minh-Ville.

Le Pakistan dit disposer de preuves “crédibles” d’une frappe militaire indienne imminente

Le Pakistan a dit mercredi anticiper une frappe militaire indienne sous moins de deux jours, après que le Premier ministre indien Narendra Modi a donné son feu vert pour les représailles à l’attaque au Cachemire.Malgré les appels internationaux à la désescalade, la tension franchit chaque jour un nouveau palier entre les deux puissances nucléaires, plus d’une semaine après la mort de 26 civils dans l’attaque à Pahalgam, au Cachemire sous contrôle indien.New Delhi a aussitôt accusé Islamabad de cet attentat jamais revendiqué. Le Pakistan, lui, réclame une “enquête neutre” et renvoie l’accusation de “soutien au terrorisme transfrontalier” à son voisin et rival historique.Deux jours après cette attaque, après des séries de sanctions diplomatiques, des accords rompus et des visas annulés, les deux pays nés en 1947 d’une partition sanglante ont commencé à échanger des tirsPour la sixième nuit consécutive, leurs soldats, parfois à quelques dizaines de mètres de distance sur la Ligne de contrôle (LoC), la frontière de facto au Cachemire, ont tiré, rapporte mercredi matin l’armée indienne.Le Pakistan, lui, ne commente pas, même si des habitants ont confirmé au moins deux épisodes de tirs nocturnes. Islamabad a en revanche annoncé avoir abattu un petit drone de surveillance indien entré dans son espace aérien au Cachemire.- Sous “24 à 36 heures” -Si ces escarmouches n’ont fait ni victimes ni dégâts d’importance, “le Pakistan dispose de renseignements crédibles selon lesquels l’Inde a l’intention de lancer une frappe militaire dans les prochaines 24 à 36 heures, en utilisant l’incident de Pahalgam comme prétexte”, a annoncé au beau milieu de la nuit le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar.”Toute agression entraînera une riposte décisive. L’Inde sera pleinement responsable de toute conséquence grave dans la région”, a-t-il prévenu.Selon l’entourage de M. Modi, le chef du gouvernement ultranationaliste hindou à New Delhi a donné mardi carte blanche à l’armée pour organiser la “riposte indienne à l’attaque”.Il a dit à ses chefs d’état-major, qu’ils “avaient la liberté de décider des cibles, du moment et du mode de la riposte”, selon une source gouvernementale.Il a également “réaffirmé la détermination nationale à porter un coup déterminant au terrorisme”, a ajouté cette source.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dans la foulée fait savoir qu’il s’était entretenu séparément par téléphone avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar pour les appeler à “éviter” la confrontation et ses “conséquences tragiques”.- “Pas aggraver la situation” -M. Sharif, lui, a renvoyé la balle dans le camp de l’Inde. Il a “encouragé” M. Guterres “à conseiller à l’Inde d’agir de manière responsable et de faire preuve de retenue”, menaçant: “le Pakistan (se) défendra (…) de toute ses forces en cas d’initiative malheureuse de l’Inde”.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio doit de son côté contacter ses homologues indien et pakistanais pour les exhorter à “ne pas aggraver la situation”, a indiqué sa porte-parole, Tammy Bruce.En 2019 déjà, après une attaque meurtrière contre ses soldats, l’Inde avait mené un raid aérien au Pakistan douze jours plus tard et Islamabad avait ensuite riposté. Les hostilités avaient ensuite rapidement cessé.La Chine, grand acteur régional, a de nouveau appelé ses deux voisins à “la retenue” pour “maintenir la paix et la stabilité régionales”, alors que Ryad dit déjà être en contact avec ses deux grands alliés pour éviter une escalade.Au Cachemire contrôlé par l’Inde, et depuis les minutes qui ont suivi l’attentat, les forces de sécurité poursuivent leur gigantesque traque pour retrouver les auteurs de l’attentat et leurs complices.Dans la région à majorité musulmane, elles multiplient arrestations, interrogatoires et destructions de maisons liées aux suspects de l’attaque et à leurs complices.Selon une source policière, l’armée a en déjà fait exploser neuf dans plusieurs villages.La police a pour sa part diffusé le portrait-robot de trois d’entre eux, dont deux ressortissants pakistanais.Elle les accuse de faire partie d’un groupe proche du LeT, le mouvement jihadiste Lashkar-e-Taiba basé au Pakistan, déjà soupçonné des attaques qui avaient fait 166 morts à Bombay en 2008.burs/phs/sbh/roc 

Le Pakistan dit disposer de preuves “crédibles” d’une frappe militaire indienne imminente

Le Pakistan a dit mercredi anticiper une frappe militaire indienne sous moins de deux jours, après que le Premier ministre indien Narendra Modi a donné son feu vert pour les représailles à l’attaque au Cachemire.Malgré les appels internationaux à la désescalade, la tension franchit chaque jour un nouveau palier entre les deux puissances nucléaires, plus d’une semaine après la mort de 26 civils dans l’attaque à Pahalgam, au Cachemire sous contrôle indien.New Delhi a aussitôt accusé Islamabad de cet attentat jamais revendiqué. Le Pakistan, lui, réclame une “enquête neutre” et renvoie l’accusation de “soutien au terrorisme transfrontalier” à son voisin et rival historique.Deux jours après cette attaque, après des séries de sanctions diplomatiques, des accords rompus et des visas annulés, les deux pays nés en 1947 d’une partition sanglante ont commencé à échanger des tirsPour la sixième nuit consécutive, leurs soldats, parfois à quelques dizaines de mètres de distance sur la Ligne de contrôle (LoC), la frontière de facto au Cachemire, ont tiré, rapporte mercredi matin l’armée indienne.Le Pakistan, lui, ne commente pas, même si des habitants ont confirmé au moins deux épisodes de tirs nocturnes. Islamabad a en revanche annoncé avoir abattu un petit drone de surveillance indien entré dans son espace aérien au Cachemire.- Sous “24 à 36 heures” -Si ces escarmouches n’ont fait ni victimes ni dégâts d’importance, “le Pakistan dispose de renseignements crédibles selon lesquels l’Inde a l’intention de lancer une frappe militaire dans les prochaines 24 à 36 heures, en utilisant l’incident de Pahalgam comme prétexte”, a annoncé au beau milieu de la nuit le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar.”Toute agression entraînera une riposte décisive. L’Inde sera pleinement responsable de toute conséquence grave dans la région”, a-t-il prévenu.Selon l’entourage de M. Modi, le chef du gouvernement ultranationaliste hindou à New Delhi a donné mardi carte blanche à l’armée pour organiser la “riposte indienne à l’attaque”.Il a dit à ses chefs d’état-major, qu’ils “avaient la liberté de décider des cibles, du moment et du mode de la riposte”, selon une source gouvernementale.Il a également “réaffirmé la détermination nationale à porter un coup déterminant au terrorisme”, a ajouté cette source.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dans la foulée fait savoir qu’il s’était entretenu séparément par téléphone avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar pour les appeler à “éviter” la confrontation et ses “conséquences tragiques”.- “Pas aggraver la situation” -M. Sharif, lui, a renvoyé la balle dans le camp de l’Inde. Il a “encouragé” M. Guterres “à conseiller à l’Inde d’agir de manière responsable et de faire preuve de retenue”, menaçant: “le Pakistan (se) défendra (…) de toute ses forces en cas d’initiative malheureuse de l’Inde”.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio doit de son côté contacter ses homologues indien et pakistanais pour les exhorter à “ne pas aggraver la situation”, a indiqué sa porte-parole, Tammy Bruce.En 2019 déjà, après une attaque meurtrière contre ses soldats, l’Inde avait mené un raid aérien au Pakistan douze jours plus tard et Islamabad avait ensuite riposté. Les hostilités avaient ensuite rapidement cessé.La Chine, grand acteur régional, a de nouveau appelé ses deux voisins à “la retenue” pour “maintenir la paix et la stabilité régionales”, alors que Ryad dit déjà être en contact avec ses deux grands alliés pour éviter une escalade.Au Cachemire contrôlé par l’Inde, et depuis les minutes qui ont suivi l’attentat, les forces de sécurité poursuivent leur gigantesque traque pour retrouver les auteurs de l’attentat et leurs complices.Dans la région à majorité musulmane, elles multiplient arrestations, interrogatoires et destructions de maisons liées aux suspects de l’attaque et à leurs complices.Selon une source policière, l’armée a en déjà fait exploser neuf dans plusieurs villages.La police a pour sa part diffusé le portrait-robot de trois d’entre eux, dont deux ressortissants pakistanais.Elle les accuse de faire partie d’un groupe proche du LeT, le mouvement jihadiste Lashkar-e-Taiba basé au Pakistan, déjà soupçonné des attaques qui avaient fait 166 morts à Bombay en 2008.burs/phs/sbh/roc