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Allemagne : le débat sur le parti AfD, classé “extrémiste de droite”, est relancé
Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) a été classé “extrémiste de droite” par le renseignement intérieur allemand, une décision qui relance le débat sur son éventuelle interdiction à quelques jours de l’investiture de Friedrich Merz au poste de chancelier et a déclenché une polémique avec Washington.L’idéologie de l’AfD “dévalorise des groupes entiers de la population en Allemagne et porte atteinte à leur dignité humaine”, ce qui n’est “pas compatible avec l’ordre démocratique” du pays, a déclaré l’Office de protection de la Constitution vendredi dans un communiqué pour expliquer son verdict.L’AfD a promis de “se défendre juridiquement” contre cette décision qui permet aux autorités d’utiliser plus facilement des moyens de surveillance et de contrôle, y compris des communications privées, de ses membres. Le vice-président américain JD Vance n’a pas tardé à réagir, estimant que cette initiative équivalait à “reconstruire le mur de Berlin”. “L’AfD est le parti le plus populaire d’Allemagne, et de loin le plus représentatif de l’Allemagne de l’Est. Aujourd’hui, les bureaucrates tentent de le détruire. L’Ouest a abattu le mur de Berlin ensemble. Il a été reconstruit, non pas par les Soviétiques ou les Russes, mais par l’establishment allemand”, a-t-il dénoncé dans une publication sur le réseau X.Auparavant, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio avait qualifié ce classement de “tyrannie déguisée” et a déclaré que “l’Allemagne devrait faire marche arrière”.Le ministère allemand des Affaires étrangères a pris l’initiative inhabituelle de répondre directement à M. Rubio sur X, en postant “C’est ça la démocratie”. Le ministère a précisé que la “décision est le résultat d’une enquête approfondie et indépendante visant à protéger notre Constitution” et qu’elle pouvait faire l’objet d’un appel. “Notre histoire nous a appris qu’il faut arrêter l’extrémisme de droite”, a-t-il ajouté.Créé en 2013, l’AfD a effectué une percée historique aux élections législatives du 23 février, en arrivant deuxième derrière les conservateurs avec plus de 20% des voix, doublant son score par rapport au précédent scrutin.Depuis, l’AfD a même dépassé dans certains sondages l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Friedrich Merz qui doit être élu chancelier mardi par les députés.En pleine campagne électorale, ce dernier avait été accusé d’avoir brisé le “cordon sanitaire” entourant l’extrême droite, lorsque députés conservateurs et de l’AfD avaient allié pour la première fois leurs voix afin de faire adopter un texte visant à durcir la politique migratoire.- “Propagation de préjugés” -Pour défendre sa décision, l’Office souligne en particulier “l’attitude globalement hostile aux migrants et aux musulmans” de l’AfD qui “favorise la propagation et l’approfondissement de préjugés, ressentiments et peurs”.Le service de renseignement “opère de manière autonome” et sa décision résulte d'”un examen exhaustif et neutre, consigné dans un rapport de 1.100 pages”, a dit la ministre de l’Intérieur Nancy Faeser devant la presse vendredi.Les chefs de l’AfD, Alice Weidel et Tino Chrupalla, ont quant à eux dénoncé “un coup dur pour la démocratie allemande”, assurant que leur parti “continuera à se défendre juridiquement contre ces diffamations”.Tout ceci constitue un petit séisme compte tenu de l’ascension de cette formation, qui rêve de prendre le pouvoir à l’issue des prochaines législatives, en 2029.Les services de renseignements intérieurs allemands avaient déjà classé “extrémistes” l’organisation de la jeunesse et plusieurs branches régionales de l’AfD mais son classement global au niveau fédéral revêt une dimension supérieure.- “Aucun automatisme” -La décision de l’Office de protection de la Constitution a d’ores et déjà relancé le débat sur une éventuelle interdiction de ce parti, déjà évoquée ces derniers mois par certains responsables politiques.Les “ennemis de la démocratie” doivent être “combattus avec tous les moyens politiques et juridiques disponibles jusqu’à ce que le danger pour notre démocratie libérale soit écarté”, a ainsi estimé le député social-démocrate Ralf Stegner dans une réaction auprès du journal Handelsblatt.”Il n’existe aucun automatisme” après un classement de ce type, a quant à elle souligné Nancy Faeser.Si elle ne doit “pas être exclue”, la perspective d’une “procédure d’interdiction de l’AfD se heurte, pour de bonnes raisons, à des obstacles constitutionnels très élevés”.Elle exige que le Bundestag, le Bundesrat – les deux chambres du Parlement – ou le gouvernement allemand dépose une plainte très motivée auprès de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.En déplacement à Hanovre, le chancelier sortant Olaf Scholz a d’ailleurs mis en garde, selon le journal Bild, contre “une décision précipitée”, les juges suprêmes ayant déjà rejeté toutes les récentes demandes d’interdiction.Après une décision de la Cour suspendant le financement public d’un petit parti néonazi, début 2024, certains élus avaient évoqué une mesure similaire à l’encontre de l’AfD en lieu et place d’une interdiction.Vendredi, le politologue Wolfgang Schroeder, de l’université de Cassel (centre), a estimé, sur la chaîne de télévision Phoenix, qu’il n’était pas certain que le nouveau classement “réduise l’attrait de l’AfD” auprès de ses électeurs.
Allemagne : le débat sur le parti AfD, classé “extrémiste de droite”, est relancé
Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) a été classé “extrémiste de droite” par le renseignement intérieur allemand, une décision qui relance le débat sur son éventuelle interdiction à quelques jours de l’investiture de Friedrich Merz au poste de chancelier et a déclenché une polémique avec Washington.L’idéologie de l’AfD “dévalorise des groupes entiers de la population en Allemagne et porte atteinte à leur dignité humaine”, ce qui n’est “pas compatible avec l’ordre démocratique” du pays, a déclaré l’Office de protection de la Constitution vendredi dans un communiqué pour expliquer son verdict.L’AfD a promis de “se défendre juridiquement” contre cette décision qui permet aux autorités d’utiliser plus facilement des moyens de surveillance et de contrôle, y compris des communications privées, de ses membres. Le vice-président américain JD Vance n’a pas tardé à réagir, estimant que cette initiative équivalait à “reconstruire le mur de Berlin”. “L’AfD est le parti le plus populaire d’Allemagne, et de loin le plus représentatif de l’Allemagne de l’Est. Aujourd’hui, les bureaucrates tentent de le détruire. L’Ouest a abattu le mur de Berlin ensemble. Il a été reconstruit, non pas par les Soviétiques ou les Russes, mais par l’establishment allemand”, a-t-il dénoncé dans une publication sur le réseau X.Auparavant, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio avait qualifié ce classement de “tyrannie déguisée” et a déclaré que “l’Allemagne devrait faire marche arrière”.Le ministère allemand des Affaires étrangères a pris l’initiative inhabituelle de répondre directement à M. Rubio sur X, en postant “C’est ça la démocratie”. Le ministère a précisé que la “décision est le résultat d’une enquête approfondie et indépendante visant à protéger notre Constitution” et qu’elle pouvait faire l’objet d’un appel. “Notre histoire nous a appris qu’il faut arrêter l’extrémisme de droite”, a-t-il ajouté.Créé en 2013, l’AfD a effectué une percée historique aux élections législatives du 23 février, en arrivant deuxième derrière les conservateurs avec plus de 20% des voix, doublant son score par rapport au précédent scrutin.Depuis, l’AfD a même dépassé dans certains sondages l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Friedrich Merz qui doit être élu chancelier mardi par les députés.En pleine campagne électorale, ce dernier avait été accusé d’avoir brisé le “cordon sanitaire” entourant l’extrême droite, lorsque députés conservateurs et de l’AfD avaient allié pour la première fois leurs voix afin de faire adopter un texte visant à durcir la politique migratoire.- “Propagation de préjugés” -Pour défendre sa décision, l’Office souligne en particulier “l’attitude globalement hostile aux migrants et aux musulmans” de l’AfD qui “favorise la propagation et l’approfondissement de préjugés, ressentiments et peurs”.Le service de renseignement “opère de manière autonome” et sa décision résulte d'”un examen exhaustif et neutre, consigné dans un rapport de 1.100 pages”, a dit la ministre de l’Intérieur Nancy Faeser devant la presse vendredi.Les chefs de l’AfD, Alice Weidel et Tino Chrupalla, ont quant à eux dénoncé “un coup dur pour la démocratie allemande”, assurant que leur parti “continuera à se défendre juridiquement contre ces diffamations”.Tout ceci constitue un petit séisme compte tenu de l’ascension de cette formation, qui rêve de prendre le pouvoir à l’issue des prochaines législatives, en 2029.Les services de renseignements intérieurs allemands avaient déjà classé “extrémistes” l’organisation de la jeunesse et plusieurs branches régionales de l’AfD mais son classement global au niveau fédéral revêt une dimension supérieure.- “Aucun automatisme” -La décision de l’Office de protection de la Constitution a d’ores et déjà relancé le débat sur une éventuelle interdiction de ce parti, déjà évoquée ces derniers mois par certains responsables politiques.Les “ennemis de la démocratie” doivent être “combattus avec tous les moyens politiques et juridiques disponibles jusqu’à ce que le danger pour notre démocratie libérale soit écarté”, a ainsi estimé le député social-démocrate Ralf Stegner dans une réaction auprès du journal Handelsblatt.”Il n’existe aucun automatisme” après un classement de ce type, a quant à elle souligné Nancy Faeser.Si elle ne doit “pas être exclue”, la perspective d’une “procédure d’interdiction de l’AfD se heurte, pour de bonnes raisons, à des obstacles constitutionnels très élevés”.Elle exige que le Bundestag, le Bundesrat – les deux chambres du Parlement – ou le gouvernement allemand dépose une plainte très motivée auprès de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.En déplacement à Hanovre, le chancelier sortant Olaf Scholz a d’ailleurs mis en garde, selon le journal Bild, contre “une décision précipitée”, les juges suprêmes ayant déjà rejeté toutes les récentes demandes d’interdiction.Après une décision de la Cour suspendant le financement public d’un petit parti néonazi, début 2024, certains élus avaient évoqué une mesure similaire à l’encontre de l’AfD en lieu et place d’une interdiction.Vendredi, le politologue Wolfgang Schroeder, de l’université de Cassel (centre), a estimé, sur la chaîne de télévision Phoenix, qu’il n’était pas certain que le nouveau classement “réduise l’attrait de l’AfD” auprès de ses électeurs.
Attaques de prisons: 21 suspects mis en examen, la piste des narcotrafiquants confirmée
Vingt et un suspects ont été mis en examen par des juges d’instruction chargés de la criminalité organisée vendredi à Paris et la plupart incarcérés, l’enquête ayant démontré que les attaques contre des prisons et des agents pénitentiaires étaient imputables aux narcotrafiquants.Après leur mise en examen, la plupart des suspects ont été placés en détention provisoire par un juge des libertés et de la détention (JLD), conformément aux réquisitions de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), seule désormais à conduire les investigations.A 23H00, trois devaient encore comparaître devant un JLD.Dans le box, ceux qu’a pu voir l’AFP avant que le huis clos ne soit ordonné sont âgés d’une vingtaine d’années.La “dimension publique, politique” du dossier “est écrasante pour tous les mis en examen”, a réagi auprès de la presse l’avocate de l’un d’eux, Helin Köse.”Il faudra que l’instruction mette en exergue avec précision la responsabilité de chacun. Mon client, à titre d’exemple, n’avait aucune idée de l’ampleur des activités de ce groupe et les condamne fermement”, a-t-elle ajouté.”Les mises en examen automatiques dans ce dossier (…) reflètent une volonté de faire un exemple plutôt que de faire du droit”, a regretté Juliette Triquet, une autre avocate.Pour le conseil Maxence Gallo, les attaques de prisons traduisent “un appel à l’aide malvenu dans sa forme mais qui doit être écouté”.La procureure de Paris, Laure Beccuau, tiendra une conférence de presse samedi à 11H00 au tribunal.Parmi les 21 suspects, dont deux mineurs et sept déjà incarcérés, figure le créateur présumé “du premier compte Telegram intitulé DDPF (Défense des prisonniers français) et rédacteur du texte de revendication (…) mettant en cause la condition carcérale”, soulignent dans un communiqué commun le parquet national antiterroriste (Pnat) et la Junalco.Déjà en détention, condamné pour des infractions de droit commun, il sera prochainement jugé “pour des faits liés au narcobanditisme marseillais, proche de la DZ Mafia”.Dans le box, le jeune homme de 23 ans, pantalon noir bariolé et fine barbe, a écouté attentivement la JLD, mains croisées dans le dos. Son avocate n’a pas souhaité s’exprimer.Le groupe DDPF, totalement inconnu, avait publié vidéo et menaces sur cette messagerie cryptée, qui a fermé le canal.”Trois relais probables des actions violentes de +DDPF+, également inscrits dans la grande criminalité” et en détention, ont aussi été identifiés. Ces “donneurs d’ordres” ont désigné “des cibles (…) parmi les agents et les établissements pénitentiaires (…) et auraient sollicité des relais hors les murs, pour recruter des exécutants, parfois leur donner les moyens d’agir, et les rémunérer”, est-il détaillé.Les investigations “ont mis en évidence un mode opératoire similaire, déployé de façon répétée: à partir d’un mot d’ordre d’action donné par l’instigateur du mouvement +DDPF+ sur une chaîne Telegram, des offres d’actions ont été diffusées et relayées sur les réseaux sociaux, des exécutants ont été recrutés et sont passés à l’acte, moyennant une rémunération significative”, relate le communiqué.”Ce mode opératoire correspond à celui désormais habituellement employé par les organisations criminelles”, est-il ajouté.- Coup de filet -Au total, 30 personnes ont été interpellées entre lundi et mercredi lors d’un vaste coup de filet dans toute la France. Sept ont été relâchées. Un mineur de 16 ans a été mis en examen et incarcéré à Lyon pour “des incendies aux abords des maisons d’arrêt” dans le Rhône, selon son avocat, Hervé Banbanaste. La procédure, qui concerne également un majeur, n’a pu être liée avec l’enquête principale.L’information judiciaire ouverte vendredi par la Junalco pour notamment association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes et de délits et tentative de meurtre en bande organisée porte sur une quinzaine d’actions menées contre des prisons et des agents pénitentiaires à partir du 13 avril. Ce jour-là, à Agen, est apparu pour la première fois le tag “DDPF” près de sept voitures incendiées sur le parking de l’Ecole nationale de l’administration pénitentiaire (Enap).S’en est suivie une série d’incendies de voitures de personnels pénitentiaires un peu partout en France, des tirs de mortiers d’artifices sur des prisons, voire des tirs de Kalachnikov comme à Toulon. Et des tirs par arme à feu et des jets de cocktails Molotov le 21 avril dans un lotissement en Isère où résident des agents pénitentiaires, près de la prison de Saint-Quentin-Fallavier.Le Pnat s’est saisi de l’enquête le 15 avril mais à l’issue du coup de filet, “il n’apparaît pas que ces actions coordonnées procèdent d’une entreprise terroriste”.Les pistes de l’idéologie radicale violente et de l’ingérence étrangère, “pleinement explorées”, ont été abandonnées.”En revanche, les investigations ont permis d’inscrire résolument ces actions dans la très grande criminalité organisée”, selon le communiqué.Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait imputé dès le début les attaques à la criminalité organisée. Le Parlement a définitivement adopté mardi une proposition de loi destinée à renforcer la lutte contre les narcotrafiquants.
Attaques de prisons: 21 suspects présentés à la justice, la piste des narcotrafiquants confirmée
Au moins 18 des 21 suspects présentés vendredi à des juges d’instruction chargés de la criminalité organisée à Paris ont été mis en examen, l’enquête ayant démontré que les attaques contre des prisons et des agents pénitentiaires étaient imputables aux narcotrafiquants.Après leur mise en examen, les suspects comparaissent devant un juge des libertés et de la détention (JLD) qui doit statuer sur leur placement en détention provisoire, requis par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), seule désormais à conduire les investigations.Dans le box, ceux qu’a pu voir l’AFP avant que le huis clos ne soit ordonné sont âgés d’une vingtaine d’années.La “dimension publique, politique” du dossier “est écrasante pour tous les mis en examen”, a réagi auprès de la presse l’avocate de l’un d’eux, Helin Köse.”Il faudra que l’instruction mette en exergue avec précision la responsabilité de chacun. Mon client, à titre d’exemple, n’avait aucune idée de l’ampleur des activités de ce groupe et les condamne fermement”, a-t-elle ajouté.”Les mises en examen automatiques dans ce dossier (…) reflètent une volonté de faire un exemple plutôt que de faire du droit”, a regretté Juliette Triquet, une autre avocate.Pour le conseil Maxence Gallo, les attaques de prisons traduisent “un appel à l’aide malvenu dans sa forme mais qui doit être écouté”.La procureure de Paris, Laure Beccuau, tiendra une conférence de presse samedi à 11H00 au tribunal.Parmi les 21 suspects, dont deux mineurs et sept déjà incarcérés, figure le créateur présumé “du premier compte Telegram intitulé DDPF (Défense des prisonniers français) et rédacteur du texte de revendication (…) mettant en cause la condition carcérale”, soulignent dans un communiqué commun le parquet national antiterroriste (Pnat) et la Junalco.Déjà en détention, condamné pour des infractions de droit commun, il sera prochainement jugé “pour des faits liés au narcobanditisme marseillais, proche de la DZ Mafia”.Dans le box, le jeune homme de 23 ans, pantalon noir bariolé et fine barbe, a écouté attentivement la JLD, mains croisées dans le dos. Son avocate n’a pas souhaité s’exprimer.Le groupe DDPF, totalement inconnu, avait publié vidéo et menaces sur cette messagerie cryptée, qui a fermé le canal.”Trois relais probables des actions violentes de +DDPF+, également inscrits dans la grande criminalité” et en détention, ont aussi été identifiés. Ces “donneurs d’ordres” ont désigné “des cibles (…) parmi les agents et les établissements pénitentiaires (…) et auraient sollicité des relais hors les murs, pour recruter des exécutants, parfois leur donner les moyens d’agir, et les rémunérer”, est-il détaillé.Les investigations “ont mis en évidence un mode opératoire similaire, déployé de façon répétée: à partir d’un mot d’ordre d’action donné par l’instigateur du mouvement +DDPF+ sur une chaîne Telegram, des offres d’actions ont été diffusées et relayées sur les réseaux sociaux, des exécutants ont été recrutés et sont passés à l’acte, moyennant une rémunération significative”, relate le communiqué.”Ce mode opératoire correspond à celui désormais habituellement employé par les organisations criminelles”, est-il ajouté.- Coup de filet -Au total, 30 personnes ont été interpellées entre lundi et mercredi lors d’un vaste coup de filet dans toute la France. Sept ont été relâchées. Un mineur de 16 ans a été mis en examen et incarcéré à Lyon pour “des incendies aux abords des maisons d’arrêt” dans le Rhône, selon son avocat, Hervé Banbanaste. La procédure, qui concerne également un majeur, n’a pu être liée avec l’enquête principale.L’information judiciaire ouverte vendredi par la Junalco pour notamment association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes et de délits et tentative de meurtre en bande organisée porte sur une quinzaine d’actions menées contre des prisons et des agents pénitentiaires à partir du 13 avril. Ce jour-là, à Agen, est apparu pour la première fois le tag “DDPF” près de sept voitures incendiées sur le parking de l’Ecole nationale de l’administration pénitentiaire (Enap).S’en est suivie une série d’incendies de voitures de personnels pénitentiaires un peu partout en France, des tirs de mortiers d’artifices sur des prisons, voire des tirs de Kalachnikov comme à Toulon. Et des tirs par arme à feu et des jets de cocktails Molotov le 21 avril dans un lotissement en Isère où résident des agents pénitentiaires, près de la prison de Saint-Quentin-Fallavier.Le Pnat s’est saisi de l’enquête le 15 avril mais à l’issue du coup de filet, “il n’apparaît pas que ces actions coordonnées procèdent d’une entreprise terroriste”.Les pistes de l’idéologie radicale violente et de l’ingérence étrangère, “pleinement explorées”, ont été abandonnées.”En revanche, les investigations ont permis d’inscrire résolument ces actions dans la très grande criminalité organisée”, selon le communiqué.Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait imputé dès le début les attaques à la criminalité organisée. Le Parlement a définitivement adopté mardi une proposition de loi destinée à renforcer la lutte contre les narcotrafiquants.
Les Chypriotes-turcs manifestent contre l’autorisation du voile au lycée
Plusieurs milliers de Chypriotes-turcs ont défilé vendredi à Nicosie-Nord pour protester contre la récente autorisation du port du voile dans les lycées publics, une réforme dénoncée par ses opposants au nom des traditions laïques locales.”Il s’agit d’un symbole religieux. Un enfant de moins de 18 ans ne peut pas prendre cette décision de son plein gré, à mon avis”, lance à l’AFP Dila Ensari, 15 ans, qui participe au rassemblement avec sa mère, enseignante dans une école publique.Une centaine de syndicats avaient appelé à ce rassemblement dans la partie chypriote-turque de la capitale divisée pour exiger l’abrogation de la nouvelle règle.En mars, le conseil des ministre de la République turque de Chypre du Nord (RTCN) – autoproclamée en 1983 et reconnue uniquement par Ankara – a réformé le code de discipline scolaire pour autoriser le hijab au lycée, laissant les collèges décider si faire pareil ou pas.Le foulard, s’il est porté, doit être simple, de couleur unie et assortie à l’uniforme scolaire, selon la nouvelle réglementation.”Dans ce pays, il y a ceux qui ont des croyances religieuses et ceux qui n’en ont pas. Ceux qui vont à la mosquée et ceux qui n’y vont pas. Ce sont des choix individuels”, a défendu lors d’une émission matinale le président de la RTCN, Ersin Tatar.Le changement, qui a déclenché un levée de bouclier de la part des partis d’opposition, des milieux enseignants et des syndicats, a été décidé après un incident relayé sur les réseaux sociaux en mars dans une école de Nicosie-Nord, où une lycéenne s’était vue refuser l’entrée à cause de son hijab.Sur la vidéo, la jeune fille, un foulard bleu sur la tête est avec son père devant les portes de l’établissement, engagée dans une discussion houleuse avec ce qui semble être la direction tandis que les autres élèves entrent en classe.Les opposants à la réforme ont accusé le gouvernement de politiser le système éducatif et de porter atteinte aux valeurs de laïcité.- Le risque d’une “confrontation” -“Faire une exception sur les symboles religieux dans les écoles publiques est contraire à la laïcité et menace le bon développement des enfants”, s’insurge Burak Mavis, à la tête du syndicat des enseignants de la RTCN. “Les moins de 18 ans n’ont pas la capacité de faire leurs propres choix, c’est une erreur de penser qu’un choix idéologique et symbolique comme le foulard soit librement voulu”, ajoute-t-il à l’AFP.Même son de cloche chez Sara, une enseignante de 30 ans présente à la manifestation et qui a refusé de donner son nom complet par crainte de représailles. “Nous sommes pour une éducation laïque. Si l’une de mes élèves veut porter un hijab après 18 ans, je serai là pour protester en faveur de son droit à le faire”, lâche-t-elle.Plus de 10.000 personnes avaient déjà participé à une manifestation à Nicosie-Nord le mois dernier, selon M. Mavis, rassemblant des leaders du principal parti d’opposition, le Parti républicain turc (CTP), et d’autres groupes de gauche.”Avec cette réglementation, on est sûr de déclencher un débat de société voire une confrontation à propos de l’éducation laïque et des libertés individuelles”, a fustigé sur Facebook Tufan Erhurman, le leader du CTP. Majoritairement musulmans, les Chypriotes-turcs s’identifient largement à une pratique sécularisée de l’islam.Le foulard est rarement porté, la consommation d’alcool courante pour beaucoup et les plus pieux ont tendance à réserver leur pratique religieuse à la sphère privée.La population originaire de l’île se distingue en ce sens des habitants venus de Turquie, volontiers plus conservateurs et religieux, et qui seraient plus nombreux selon certaines estimations. Le débat n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui qu’a connu la Turquie en 2013 après la décision de lever l’interdiction du foulard pour les lycéennes.Dans les établissements de la République de Chypre, grécophone, reconnue internationalement et membre de l’UE, les élèves peuvent porter le foulard et d’autres signes religieux.




