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Gabon: Oligui Nguema investi après 19 mois de transition

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a été investi samedi dans un stade près de Libreville devant environ 40.000 personnes, mettant fin à son rôle de chef de la transition, après 19 mois de régime d’exception.M. Oligui, général de brigade, tombeur de la dynastie Bongo, a prêté serment sur la nouvelle constitution approuvée par référendum pendant la transition en novembre 2024.”L’élection du Président de la République met fin au processus de transition et marque en conséquence le retour à l’ordre constitutionnel”, a-t-il martelé lors de son discours d’investiture.Le général-président, plébiscité le 12 avril avec 94,85% des voix, avait fait son entrée dans le stade vers 13H30 (12H30 GMT) saluant la foule debout à l’arrière d’une voiture au toit ouvert, en costume civil sombre, écharpe rouge sur le torse. Il prend officiellement les commandes du pays pour un mandat de sept ans.Avant un retour complet à l’ordre constitutionnel, le Gabon devra encore organiser des élections législatives et locales. Le président a annoncé samedi qu’elles se tiendront à l’automne 2025.Dès 07H00 (06H00 GMT), des encombrements étaient visibles dans les rues de Libreville et aux abords du stade à Akanda, au nord de la capitale, ont constaté des journalistes de l’AFP.-“Modèle de transition réussie”-Les spectateurs, arborant t-shirts et drapeaux à l’effigie du président, ont attendu une grande partie de la journée dans une ambiance festive le remplissage progressif des tribunes.Le stade d’Angondjé ou stade de l’amitié sino-gabonaise, au nord de la capitale, a accueilli gratuitement les Gabonais. C’est la première fois au Gabon qu’une cérémonie de prestation de serment présidentielle a lieu devant un public aussi large.Seize chefs d’Etat du continent africain ont assisté à l’événement, dont Umaro Sissoco Embalo (Guinée Bissau), Adama Barrow (Gambie), Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique) ou encore Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale).Le président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi était aussi présent, de même que le chef de l’Etat rwandais Paul Kagame. Kigali et Kinshasa sont actuellement en pourparlers pour tenter de mettre fin au conflit dans l’Est de la RDC. Et le général Mamadi Doumbouya, qui a pris le pouvoir par la force en septembre 2021 en Guinée, est arrivé vêtu d’habits traditionnels africains, comme le président tchadien Mahamat Déby.”Désormais, le Gabon est membre à part entière des Etats démocratiques et sera à tout jamais un modèle type de transition réussie”, a dit M. Touadéra dans une allocution en tant que facilitateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEAC) pour la transition gabonaise.La France était représentée à Libreville par son ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad.Dès mardi soir, dans un ultime communiqué, les militaires et membres des forces de sécurité du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), l’organe mis en place après la chute d’Ali Bongo, ont annoncé leur dissolution.-“Militaires dans les casernes”-Dans un communiqué vidéo le colonel Ulrich Manfoumbi, porte-parole du CTRI, a estimé que cette dissolution officialisait le “retour des militaires dans leurs casernes”.De sérieux défis attendent désormais M. Oligui Nguema, à la tête d’un pays riche en pétrole mais dont l’économie est en difficulté.Parmi les principales préoccupations, le réseau d’électricité vieillissant occasionne de nombreuses coupures d’électricité, le chômage des jeunes avoisine les 40%, les infrastructures routières sont absentes ou dégradées et la dette du pays devrait atteindre les 80% du PIB en 2025.La lutte contre la corruption fait également partie des priorités du président qui a estimé que le nouveau régime “pose l’exigence de mettre fin à l’impunité, à la corruption, au laxisme et à la paresse”.Selon la nouvelle Constitution, le président élu prendra la tête du pays avec des pouvoirs élargis. Le poste de Premier ministre a été supprimé à la faveur de la création d’un poste de vice-président.”Le chemin qui conduit à l’essor vers la félicité sera long, mais avec le travail, la discipline, l’effort, la foi en notre pays, nous déplacerons les montagnes”, a-t-il conclu en référence aux paroles de l’hymne national.La cérémonie s’est achevée en fin d’après-midi par un défilé militaire.

Gabon: Oligui Nguema investi après 19 mois de transition

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a été investi samedi dans un stade près de Libreville devant environ 40.000 personnes, mettant fin à son rôle de chef de la transition, après 19 mois de régime d’exception.M. Oligui, général de brigade, tombeur de la dynastie Bongo, a prêté serment sur la nouvelle constitution approuvée par référendum pendant la transition en novembre 2024.”L’élection du Président de la République met fin au processus de transition et marque en conséquence le retour à l’ordre constitutionnel”, a-t-il martelé lors de son discours d’investiture.Le général-président, plébiscité le 12 avril avec 94,85% des voix, avait fait son entrée dans le stade vers 13H30 (12H30 GMT) saluant la foule debout à l’arrière d’une voiture au toit ouvert, en costume civil sombre, écharpe rouge sur le torse. Il prend officiellement les commandes du pays pour un mandat de sept ans.Avant un retour complet à l’ordre constitutionnel, le Gabon devra encore organiser des élections législatives et locales. Le président a annoncé samedi qu’elles se tiendront à l’automne 2025.Dès 07H00 (06H00 GMT), des encombrements étaient visibles dans les rues de Libreville et aux abords du stade à Akanda, au nord de la capitale, ont constaté des journalistes de l’AFP.-“Modèle de transition réussie”-Les spectateurs, arborant t-shirts et drapeaux à l’effigie du président, ont attendu une grande partie de la journée dans une ambiance festive le remplissage progressif des tribunes.Le stade d’Angondjé ou stade de l’amitié sino-gabonaise, au nord de la capitale, a accueilli gratuitement les Gabonais. C’est la première fois au Gabon qu’une cérémonie de prestation de serment présidentielle a lieu devant un public aussi large.Seize chefs d’Etat du continent africain ont assisté à l’événement, dont Umaro Sissoco Embalo (Guinée Bissau), Adama Barrow (Gambie), Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique) ou encore Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale).Le président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi était aussi présent, de même que le chef de l’Etat rwandais Paul Kagame. Kigali et Kinshasa sont actuellement en pourparlers pour tenter de mettre fin au conflit dans l’Est de la RDC. Et le général Mamadi Doumbouya, qui a pris le pouvoir par la force en septembre 2021 en Guinée, est arrivé vêtu d’habits traditionnels africains, comme le président tchadien Mahamat Déby.”Désormais, le Gabon est membre à part entière des Etats démocratiques et sera à tout jamais un modèle type de transition réussie”, a dit M. Touadéra dans une allocution en tant que facilitateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEAC) pour la transition gabonaise.La France était représentée à Libreville par son ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad.Dès mardi soir, dans un ultime communiqué, les militaires et membres des forces de sécurité du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), l’organe mis en place après la chute d’Ali Bongo, ont annoncé leur dissolution.-“Militaires dans les casernes”-Dans un communiqué vidéo le colonel Ulrich Manfoumbi, porte-parole du CTRI, a estimé que cette dissolution officialisait le “retour des militaires dans leurs casernes”.De sérieux défis attendent désormais M. Oligui Nguema, à la tête d’un pays riche en pétrole mais dont l’économie est en difficulté.Parmi les principales préoccupations, le réseau d’électricité vieillissant occasionne de nombreuses coupures d’électricité, le chômage des jeunes avoisine les 40%, les infrastructures routières sont absentes ou dégradées et la dette du pays devrait atteindre les 80% du PIB en 2025.La lutte contre la corruption fait également partie des priorités du président qui a estimé que le nouveau régime “pose l’exigence de mettre fin à l’impunité, à la corruption, au laxisme et à la paresse”.Selon la nouvelle Constitution, le président élu prendra la tête du pays avec des pouvoirs élargis. Le poste de Premier ministre a été supprimé à la faveur de la création d’un poste de vice-président.”Le chemin qui conduit à l’essor vers la félicité sera long, mais avec le travail, la discipline, l’effort, la foi en notre pays, nous déplacerons les montagnes”, a-t-il conclu en référence aux paroles de l’hymne national.La cérémonie s’est achevée en fin d’après-midi par un défilé militaire.

Gaza: le Hamas publie une vidéo d’un otage, 11 morts dans un raid israélien

Le Hamas a publié samedi une vidéo d’un otage russo-israélien apparemment blessé et retenu à Gaza, où onze Palestiniens dont trois enfants en bas âge ont été tués dans une frappe israélienne selon la Défense civile locale.L’armée israélienne a repris son offensive dans la bande de Gaza le 18 mars, mettant fin à deux mois de trêve avec le Hamas dans la guerre déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sud d’Israël le 7 octobre 2023.Cette attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, la plupart des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours retenues à Gaza dont 34 déclarées mortes par l’armée israélienne. En représailles, Israël a juré de détruire le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, et lancé une campagne aérienne et une offensive terrestre d’envergure qui ont dévasté le territoire exigu et fait au moins 52.495 morts, en majorité des civils, selon des chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l’ONU. Samedi, les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont diffusé un enregistrement dans lequel apparaît un homme allongé, la tête et le bras gauche couverts de bandages avec des tâches marron.- “Prisonnier numéro 24” – Parlant hébreu avec un accent russe, l’homme dans la vidéo se présente comme “le prisonnier numéro 24” et laisse entendre qu’il a été blessé dans un bombardement israélien.L’AFP, comme la plupart des médias israéliens, a identifié l’otage comme étant Maxim Herkin, qui aura 37 ans fin mai, mais n’a aucun moyen de vérifier son état de santé.Sa famille a publié un communiqué demandant aux médias de ne pas diffuser la vidéo.Parlant sous la contrainte comme tous les otages apparaissant dans de précédentes vidéos, l’homme fait référence au fait qu’Israël va bientôt fêter l’anniversaire de sa création.Ce qui laisse supposer que la vidéo a été tournée peu avant le 1er mai, date à laquelle Israël a célébré selon le calendrier juif le 77e anniversaire de sa création, le 15 mai 1948.M. Herkin, qui avait émigré en Israël avec sa mère, a été enlevé le 7 octobre 2023 à la rave-party Nova, théâtre du plus gros massacre commis ce jour-là par les combattants du Hamas.Père d’une fillette, il avait écrit à sa mère juste avant son enlèvement: “Tout va bien. Je rentre à la maison.”Samedi soir, quelques milliers d’Israéliens brandissant des portraits d’otages se sont à nouveau rassemblés à Tel-Aviv pour réclamer de leur gouvernement qu’il agisse pour obtenir leur libération.Le gouvernement de Benjamin Netanyahu affirme que la pression militaire est le seul moyen de forcer le Hamas à libérer les otages.Depuis le 18 mars, le Hamas a publié plusieurs vidéos d’otages et affirme qu’Israël met leur vie en danger en poursuivant ses bombardements quotidiens sur Gaza.- “Une lumière, une explosion” -Samedi avant l’aube, 11 Palestiniens ont été tués dans un “bombardement du domicile de la famille Al-Bayram à Khan Younès (sud)”, a déclaré à l’AFP Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile à Gaza. Parmi les huit morts identifiés, tous de la même famille élargie, figurent une fillette et un garçon âgés d’un an, ainsi qu’un nourrisson d’un mois, a-t-il précisé.A la lumière de lampes torches, des secouristes et des civils ont fouillé à mains nues dans les décombres pour en extraire des victimes, selon des images de l’AFP. L’un deux repart en portant le corps inanimé d’un très jeune enfant.”J’ai vu une lumière brillante, puis il y a eu une explosion et la poussière a tout recouvert. On ne voyait plus rien. Nos fenêtres ont été soufflées et nos chambres détruites”, a dit Fayka Abou Hatab, une voisine.L’armée israélienne a confirmé la frappe indiquant sans plus de précisions qu’elle avait visé “un terroriste du Hamas”.Israël assiège les quelque 2,4 millions de Palestiniens dans la bande de Gaza et empêche depuis le 2 mars l’entrée de toute aide humanitaire dans ce territoire, vitale pour la population confrontée à une situation humanitaire catastrophique et exposée à la famine selon des responsables onusiens.Malgré les appels internationaux persistants à autoriser l’entrée de l’aide, Israël refuse en accusant le Hamas de la détourner.

Gaza: le Hamas publie une vidéo d’un otage, 11 morts dans un raid israélien

Le Hamas a publié samedi une vidéo d’un otage russo-israélien apparemment blessé et retenu à Gaza, où onze Palestiniens dont trois enfants en bas âge ont été tués dans une frappe israélienne selon la Défense civile locale.L’armée israélienne a repris son offensive dans la bande de Gaza le 18 mars, mettant fin à deux mois de trêve avec le Hamas dans la guerre déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sud d’Israël le 7 octobre 2023.Cette attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, la plupart des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours retenues à Gaza dont 34 déclarées mortes par l’armée israélienne. En représailles, Israël a juré de détruire le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, et lancé une campagne aérienne et une offensive terrestre d’envergure qui ont dévasté le territoire exigu et fait au moins 52.495 morts, en majorité des civils, selon des chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l’ONU. Samedi, les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont diffusé un enregistrement dans lequel apparaît un homme allongé, la tête et le bras gauche couverts de bandages avec des tâches marron.- “Prisonnier numéro 24” – Parlant hébreu avec un accent russe, l’homme dans la vidéo se présente comme “le prisonnier numéro 24” et laisse entendre qu’il a été blessé dans un bombardement israélien.L’AFP, comme la plupart des médias israéliens, a identifié l’otage comme étant Maxim Herkin, qui aura 37 ans fin mai, mais n’a aucun moyen de vérifier son état de santé.Sa famille a publié un communiqué demandant aux médias de ne pas diffuser la vidéo.Parlant sous la contrainte comme tous les otages apparaissant dans de précédentes vidéos, l’homme fait référence au fait qu’Israël va bientôt fêter l’anniversaire de sa création.Ce qui laisse supposer que la vidéo a été tournée peu avant le 1er mai, date à laquelle Israël a célébré selon le calendrier juif le 77e anniversaire de sa création, le 15 mai 1948.M. Herkin, qui avait émigré en Israël avec sa mère, a été enlevé le 7 octobre 2023 à la rave-party Nova, théâtre du plus gros massacre commis ce jour-là par les combattants du Hamas.Père d’une fillette, il avait écrit à sa mère juste avant son enlèvement: “Tout va bien. Je rentre à la maison.”Samedi soir, quelques milliers d’Israéliens brandissant des portraits d’otages se sont à nouveau rassemblés à Tel-Aviv pour réclamer de leur gouvernement qu’il agisse pour obtenir leur libération.Le gouvernement de Benjamin Netanyahu affirme que la pression militaire est le seul moyen de forcer le Hamas à libérer les otages.Depuis le 18 mars, le Hamas a publié plusieurs vidéos d’otages et affirme qu’Israël met leur vie en danger en poursuivant ses bombardements quotidiens sur Gaza.- “Une lumière, une explosion” -Samedi avant l’aube, 11 Palestiniens ont été tués dans un “bombardement du domicile de la famille Al-Bayram à Khan Younès (sud)”, a déclaré à l’AFP Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile à Gaza. Parmi les huit morts identifiés, tous de la même famille élargie, figurent une fillette et un garçon âgés d’un an, ainsi qu’un nourrisson d’un mois, a-t-il précisé.A la lumière de lampes torches, des secouristes et des civils ont fouillé à mains nues dans les décombres pour en extraire des victimes, selon des images de l’AFP. L’un deux repart en portant le corps inanimé d’un très jeune enfant.”J’ai vu une lumière brillante, puis il y a eu une explosion et la poussière a tout recouvert. On ne voyait plus rien. Nos fenêtres ont été soufflées et nos chambres détruites”, a dit Fayka Abou Hatab, une voisine.L’armée israélienne a confirmé la frappe indiquant sans plus de précisions qu’elle avait visé “un terroriste du Hamas”.Israël assiège les quelque 2,4 millions de Palestiniens dans la bande de Gaza et empêche depuis le 2 mars l’entrée de toute aide humanitaire dans ce territoire, vitale pour la population confrontée à une situation humanitaire catastrophique et exposée à la famine selon des responsables onusiens.Malgré les appels internationaux persistants à autoriser l’entrée de l’aide, Israël refuse en accusant le Hamas de la détourner.

A Harvard, la fierté et la peur face à la “guerre éclair” de Trump

Comme chaque jour, à Harvard, des étudiants arpentent les rues bordées d’arbres et de bâtiments de briques rouges du campus, croisant des touristes curieux alors qu’ils se rendent en cours pour préparer les examens. Mais, sous ce vernis de normalité, la peur s’est infiltrée sur le campus de la prestigieuse université du nord-est des Etats-Unis, qui …

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A Harvard, la fierté et la peur face à la “guerre éclair” de Trump

Comme chaque jour, à Harvard, des étudiants arpentent les rues bordées d’arbres et de bâtiments de briques rouges du campus, croisant des touristes curieux alors qu’ils se rendent en cours pour préparer les examens. Mais, sous ce vernis de normalité, la peur s’est infiltrée sur le campus de la prestigieuse université du nord-est des Etats-Unis, qui mène un combat “existentiel” contre Donald Trump.Le président américain accuse Harvard et d’autres universités américaines de renom – Columbia en particulier – d’avoir laissé prospérer l’antisémitisme sur son campus pendant les mouvements étudiants contre la guerre à Gaza menée par Israël après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, et d’être des foyers de contestation progressiste.Arrestations d’étudiants et de chercheurs étrangers, gel de subventions fédérales, menaces… Pour Sheila Jasanoff, professeure à la Harvard Kennedy School, il s’agit d'”une guerre éclair”, avec “les plus grosses armes” dont dispose l’administration Trump.”C’est ce qu’ils méritent!”, a lancé vendredi sur sa plateforme Truth Social Donald Trump. – “Bataille politique” -Contrairement à d’autres universités, qui se sont pliées à ses exigences, Harvard a attaqué l’administration Trump en justice, une fronde saluée par ses étudiants et ses professeurs.”Nous sommes à l’avant-garde d’une bataille politique”, souligne Alice Goyer, assise dans un parc près du campus, où des étudiants sirotent un café au son d’une guitare.Accusant le président de faire preuve d'”autoritarisme”, cette étudiante de quatrième année se dit particulièrement inquiète pour ses camarades étrangers.”Il y a beaucoup plus de méfiance” chez ces derniers, qui craignent d’être victime de descentes de police, confirme Feodora Douplitzky-Lunati, en première année à Harvard.Des étudiants engagés dans des manifestations pro-palestiniennes sur d’autres campus, comme à Columbia ou à Tufts, ont été arrêtés et sont désormais menacés d’expulsion.Kseniia Petrova, une chercheuse de Harvard, est également détenue depuis février après que son visa a été révoqué.De nombreux étudiants étrangers hésitent à rentrer dans leur pays pour les vacances estivales, craignant de se voir refuser l’entrée aux Etats-Unis à leur retour.”C’est une source de stress importante”, explique Feodora Douplitzky-Lunati, 18 ans. L’administration Trump a imposé aux universités la date limite du 30 avril pour transmettre des données sur leurs étudiants internationaux – qui représentent près d’un tiers des effectifs à Harvard -, sous peine de perdre une certification clé pour les accueillir.Dans un courriel vu par l’AFP, Harvard a déclaré qu’elle s’était conformée à cette exigence, et encouragé les étudiants à se concentrer sur leurs études. – “Chaos” -En plus de ces mesures, le gouvernement s’est attaqué aux finances de la prestigieuse université en décidant de geler 2,2 milliards de dollars de fonds fédéraux qui lui étaient destinés.Harvard a dû se résoudre en conséquence à mettre en pause les embauches, et plusieurs programmes de recherche ont été interrompus. Dans un message adressé mercredi aux anciens étudiants dont l’AFP a eu connaissance, le président de Harvard, Alan Garber, a souligné que l’université était engagée dans une longue bataille existentielle et a lancé un appel aux dons.Tout en se disant “très fière d’être étudiante à Harvard en ce moment”, en raison de ses efforts pour tenir tête à l’administration, Alice Goyer fait remarquer que l’université semble toutefois avoir cédé sur certains points.Harvard a annoncé qu’elle rebaptiserait son programme de promotion de la diversité, l’équité et l’inclusion (“DEI”) – dans le viseur de Donald Trump – et qu’elle supprimerait des événements de remise de diplômes organisés spécifiquement pour les étudiants noirs, latinos, LGBTQ et d’autres minorités.”C’est une façon de s’incliner devant Trump”, juge Alice Goyer.Etudiant originaire de Suède, Leo Gerden a choisi lui de braver les risques pour devenir une figure en vue des manifestations contre le gouvernement.”Les gens ont peur, et je les comprends”, déclare-t-il, citant l’arrestation par la police de l’immigration de Rumeysa Ozturk, une étudiante turque de l’université voisine de Tufts qui avait dénoncé dans une tribune à un journal étudiant la façon dont son établissement gérait le mouvement de contestation contre la guerre à Gaza.”La stratégie de Trump est de faire un exemple de quelques personnes, comme Rumeysa, pour effrayer tous les autres et les réduire au silence”, explique-t-il. “J’espère que d’ici la fin de l’année, nous verrons des manifestations aussi importantes que pendant la guerre du Vietnam.”

Présidentielle ivoirienne: le principal parti d’opposition mobilise et hausse le ton

Le principal parti d’opposition en Côte d’Ivoire, dont le candidat Tidjane Thiam a été exclu de la présidentielle d’octobre, a mobilisé des milliers de personnes samedi à Abidjan et haussé le ton en exhortant à la “mobilisation nationale” face à “l’injustice, la tyrannie et la peur”.Il s’agit du plus important rassemblement du Parti démocratique de …

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Présidentielle ivoirienne: le principal parti d’opposition mobilise et hausse le ton

Le principal parti d’opposition en Côte d’Ivoire, dont le candidat Tidjane Thiam a été exclu de la présidentielle d’octobre, a mobilisé des milliers de personnes samedi à Abidjan et haussé le ton en exhortant à la “mobilisation nationale” face à “l’injustice, la tyrannie et la peur”.Il s’agit du plus important rassemblement du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) depuis la radiation de son candidat de la liste électorale après qu’un tribunal a estimé le 22 avril qu’il avait perdu sa nationalité ivoirienne au moment de son inscription en 2022.Les autres figures de l’opposition, dont le président (2000-2011) Laurent Gbagbo, sont également exclues de la course à la présidentielle en raison de condamnations judiciaires.Le président Alassane Ouattara, 83 ans, président depuis 2011, ne s’est de son côté pas encore prononcé sur une éventuelle candidature mais s’est déjà dit “désireux de continuer à servir son pays”.”A toutes les Ivoiriennes et à tous les Ivoiriens, je voudrais lancer un appel vibrant pour un sursaut national”, a déclaré devant les militants Noël Akossi Bendjo, vice-président du PDCI, présenté comme parlant au nom de M. Thiam, un banquier international de 62 ans actuellement en France.”Ayons le courage, armons-nous de courage et de détermination pour faire reculer cette injustice flagrante dans notre pays, cette tyrannie et la peur. Est-ce que vous avez peur maintenant ? Débarrassez-vous de votre peur. C’est parce que vous avez peur qu’ils continuent de faire ce qu’ils font, à nous écraser”, a-t-il insisté.- “Sortez!” -Un rassemblement des jeunes du PDCI est prévu dimanche au siège du parti, dans le quartier de Cocody à Abidjan. Et un meeting doit avoir lieu jeudi au Plateau, le quartier des affaires et centre du pouvoir politique de la capitale économique ivoirienne. “Fini la politique du salon, sortez !”, a lancé aux militants Véronique Aka, présidente de l’Union des femmes PDCI rurale.”Ils (les gens du pouvoir, ndlr) pensaient qu’ils allaient nous avoir à l’usure… Ils vont constater que c’est maintenant que ça va commencer”, a renchéri le député Yohou Dia Houphouet Augustin, s’exprimant aux noms des élus du district d’Abidjan du parti.”À partir d’aujourd’hui, on ne dort plus… de façon à ce que notre Titi (surnom de Tidjane Thiam) soit sur la liste électorale”, a ajouté Emmou Sylvestre, Secrétaire exécutif du PDCI.La publication de la liste électorale définitive est attendue le 20 juin.Le PDCI “clame haut et fort que le président Tidjane Thiam est ivoirien et sa nationalité ne souffre d’aucune contestation”, a martelé le vice-président du parti, devant les militants qui scandaient “Titi, président !” sur fond de cris et de vuvuzelas. – “Unique candidat” -“Le président Tidjane Thiam est l’unique candidat du PDCI à l’élection présidentielle” et il n’y a “aucun autre plan en dehors du candidat Tidjane Thiam”, a-t-il rappelé.Né en Côte d’Ivoire, M. Thiam a obtenu la nationalité française en 1987 et y a renoncé en mars, afin de se présenter à la présidentielle, scrutin pour lequel un candidat ne peut être binational.Mais la justice invoque l’article 48 du code de la nationalité, datant des années 1960, qui indique que l’acquisition d’une autre nationalité entraîne la perte de la nationalité ivoirienne.”Thiam peut aider la Côte d’Ivoire. Il a des idées novatrices. Donc l’empêcher d’être candidat à la présidentielle est une injustice qu’on ne peut pas accepter”, a souligné Kouassi Adou, un chauffeur de 50 ans.Cette mobilisation du principal parti d’opposition intervient quelques jours après le mot d’ordre “Trop, c’est trop”, lancé le 26 avril par l’ex-président Gbagbo dans un pays “fracturé en deux” selon lui entre les “opprimés” et les “privilégiés”. A la mi-juin, son parti a averti “se réserver le droit d’un nouveau palier dans la lutte”.Dans une vidéo mise en ligne le 1er mai sur les réseaux sociaux, l’ancien Premier ministre et ex-chef rebelle Guillaume Soro, lui aussi exclu de la présidentielle et qui vit en exil, a pour sa part dénoncé une “dérive autoritaire assumée”, affirmant que les autorités ivoiriennes ont “choisi l’injustice comme méthode, l’arbitraire comme politique, la peur comme stratégie”.