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Après un an de gouvernement de droite, le Portugal de nouveau en campagne

Le Portugal est entré officiellement dimanche en campagne électorale pour les législatives anticipées du 18 mai, les troisièmes depuis janvier 2022, pour lesquelles le gouvernement sortant de droite modérée fait figure de favori, mais sans la garantie qu’une victoire assurerait la stabilité du prochain exécutif.Le scrutin de mars 2024 avait vu le pays basculer à droite après huit années de gouvernements socialistes, mais la coalition emmenée par le Premier ministre Luis Montenegro, un juriste de 52 ans, ne disposait pas de majorité au Parlement, où elle a perdu un vote de confiance en mars sur fond de soupçons de conflit d’intérêt.D’après les enquêtes, son Alliance démocratique (AD) est désormais créditée de 32,5% des intentions de vote, contre 27,3% pour le Parti socialiste (PS) et 17% pour la formation d’extrême droite Chega (“Assez”), selon un agrégateur de sondages fourni par la Radio Renascença.Mais la coalition gouvernementale a cette fois-ci “fait le pari d’obtenir une majorité absolue” en négociant le soutien d’une formation libérale créditée de 7% des voix, souligne la politologue Marina Costa Lobo, de l’Institut des sciences sociales (ICS) de l’Université de Lisbonne.”Mais même cela peut ne pas suffire et, par conséquent, la question de la stabilité gouvernementale est absolument centrale”, insiste-t-elle auprès de l’AFP.Conscient du risque de se retrouver à nouveau à la tête d’un gouvernement minoritaire, Luis Montenegro, qui continue d’exclure tout accord avec l’extrême droite, a mis en garde les électeurs contre ce scénario.”Si nous n’arrivons pas à garantir la stabilité le jour des élections, le lendemain sera beaucoup plus complexe”, a-t-il reconnu à deux semaines du scrutin.”En ce moment, Luis Montenegro est le principal facteur d’instabilité politique au Portugal”, riposte le chef de l’opposition socialiste, Pedro Nuno Santos, en référence à de nouvelles révélations embarrassantes dans l’affaire qui a provoqué la chute du gouvernement.Accusé de conflit d’intérêts concernant l’activité d’une société de conseil qu’il avait créée avant de la mettre au nom de ses enfants, le Premier ministre avait alors préféré se soumettre à un vote de confiance au Parlement, qu’il a perdu, plutôt que de répondre devant la commission d’enquête parlementaire que l’opposition voulait mettre en place.- PIB en baisse -M. Montenegro a beau répéter qu’il n’a commis aucune infraction, ce scandale a continué de marquer la période de pré-campagne qui s’est achevée dimanche, et notamment le duel télévisé qui l’a opposé à son principal rival.La gestion de la méga-panne d’électricité qui a touché la péninsule ibérique lundi dernier a également fourni des arguments à l’opposition pour attaquer le gouvernement.Le candidat socialiste a aussi mis en avant la situation économique du Portugal, qui a vu son PIB reculer de 0,5% au premier trimestre, en affirmant vendredi qu’il s’agissait du “pire résultat économique depuis 2021, l’année de la pandémie”.Sans réagir à ces données, le gouvernement a choisi d’annoncer ce week-end que son durcissement de la politique migratoire permettrait le renvoi d’un premier contingent de 18.000 immigrés en situation irrégulière, un clin d’œil aux électeurs de Chega.Avec la crise du logement, la question de l’immigration est devenue centrale dans le débat politique au Portugal, où la population étrangère a été multipliée par quatre depuis 2017, et atteint désormais environ 15% de la population de quelque dix millions d’habitants.”La corruption et l’éthique, avec l’immigration, sont des thèmes centraux du débat politique actuel au Portugal et cela donne une marge de croissance à Chega”, note la politologue Marina Costa Lobo.Le parti de droite radicale dirigé par André Ventura, 42 ans, avait réalisé l’an dernier une nouvelle percée électorale, confirmant son statut de troisième force politique du pays avec 18% des voix et une cinquantaine de députés.”Nous demandons au pays de nous donner une opportunité de gouverner. Cela fait 50 ans que les mêmes échouent”, a affirmé dimanche le président de Chega, alors que le pays n’a connu que des gouvernements de centre droit ou de centre gauche depuis l’avènement de la démocratie, en 1974.

Après un an de gouvernement de droite, le Portugal de nouveau en campagne

Le Portugal est entré officiellement dimanche en campagne électorale pour les législatives anticipées du 18 mai, les troisièmes depuis janvier 2022, pour lesquelles le gouvernement sortant de droite modérée fait figure de favori, mais sans la garantie qu’une victoire assurerait la stabilité du prochain exécutif.Le scrutin de mars 2024 avait vu le pays basculer à …

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La Roumanie rejoue la présidentielle, l’extrême droite favorite

Cinq mois après l’annulation choc du premier tour de la présidentielle, la Roumanie est de retour aux urnes dimanche dans une ambiance tendue, avec à la clé une possible nouvelle victoire de l’extrême droite.Réseaux sociaux omniprésents, colère et désillusion d’une partie de la population, nombreux indécis: les ingrédients sont les mêmes que le 24 novembre, quand le candidat Calin Georgescu avait surgi en tête à la surprise générale, plongeant le pays d’Europe orientale dans la tourmente politique.Exclu de l’élection par la Cour constitutionnelle après une campagne massive sur TikTok entachée de suspicions d’ingérence russe, il a appelé à “récupérer” le scrutin “volé”, après avoir voté à Mogosoaia, près de Bucarest, aux côtés de celui qui l’a remplacé, George Simion.”Calin, nous t’aimons”, “Georgescu président”, criait une petite foule rassemblée devant les lieux. Nombreux espèrent, comme Robert Teodoroiu, conducteur de 37 ans, que leur bulletin, infructueux en novembre, aboutisse cette fois. “Je retente ma chance”, explique-t-il à l’AFP dans les rues de la capitale.- “Président MAGA” -Onze candidats au total briguent un poste essentiellement protocolaire mais influent en politique étrangère, dans ce pays membre de l’UE de 19 millions d’habitants devenu un pilier essentiel de l’Otan depuis l’invasion russe de l’Ukraine voisine.Le taux de participation, similaire au dernier scrutin, s’élevait à quelque 42% en milieu d’après-midi. Les bureaux de vote ferment à 21H00 (18H00 GMT), les sondages de sortie des urnes étant publiés peu après.Crédité de 30% des suffrages selon des sondages à manier avec précaution, George Simion brandit à 38 ans sa jeunesse, sa rhétorique souverainiste et sa maîtrise de la plateforme TikTok pour espérer venger son désormais allié Georgescu. Si le chef du parti nationaliste AUR nie toute inclination pour la Russie, il partage la même aversion pour “les bureaucrates bruxellois” et s’oppose à tout soutien militaire à Kiev.Sur les marchés ou à l’étranger pour convaincre l’importante diaspora, ce fan de Donald Trump se rêve en “président MAGA” (Make America Great Again), slogan parfois affiché sur ses casquettes.”Nous sommes ici avec une seule mission: rétablir la démocratie (…) et rendre justice à la Roumanie”, a-t-il déclaré dimanche.Ce discours plaît à Stela Ivan, 67 ans, qui “espère de tout coeur” sa victoire. George Simion apporterait “du changement” et ferait revenir ses fils partis vivre en Espagne, estime-t-elle, lasse des partis politiques au pouvoir depuis la fin du communisme. L’inflation, très élevée en Roumanie, est aussi sur toutes les lèvres, Silvia Tomescu, infirmière de 52 ans, disant par exemple aspirer à “une vie meilleure et à des salaires plus élevés”. – Un scrutin sous surveillance -Face à George Simion, trois prétendants peuvent accéder au second tour prévu le 18 mai.Le candidat de la coalition pro-européenne au pouvoir, Crin Antonescu, offre la “stabilité”. Le maire de Bucarest, Nicusor Dan, promet la lutte contre la “corruption”, se voulant le porte-voix des “Roumains silencieux et honnêtes”. Plus loin derrière, l’ancien Premier ministre social-démocrate Victor Ponta mise sur un discours aux accents trumpistes teinté de références à Dieu. “La course est devenue très serrée”, commente pour l’AFP Remus Stefureac, directeur du cabinet de recherches INSCOP. “Chacun des quatre peut prétendre au poste de président”.Mais tout peut arriver selon lui: la campagne sur internet “dopée aux stéroïdes”, les attaques verbales et judiciaires dans la dernière ligne droite et “le grand nombre d’indécis” peuvent “complètement bousculer” les pronostics.Après l’annulation, décision rarissime au sein de l’UE, le scrutin est sous haute surveillance. Des milliers de personnes ont manifesté ces derniers mois pour dénoncer “un coup d’Etat”. Les Etats-Unis sont également intervenus, le vice-président JD Vance appelant à écouter la voix d’un peuple qu’on a fait taire “sur la base des faibles soupçons d’une agence de renseignement”.Les autorités, qui ont renforcé les mesures de prévention et la collaboration avec le réseau TikTok, assurent avoir “tiré les leçons” du fiasco.Alors que l’extrême droite évoque “de multiples signes de fraude”, le gouvernement a pointé des campagnes de désinformation, y voyant de “nouvelles tentatives de manipulation et d’ingérence menée par des acteurs étatiques”.

La Roumanie rejoue la présidentielle, l’extrême droite favorite

Cinq mois après l’annulation choc du premier tour de la présidentielle, la Roumanie est de retour aux urnes dimanche dans une ambiance tendue, avec à la clé une possible nouvelle victoire de l’extrême droite.Réseaux sociaux omniprésents, colère et désillusion d’une partie de la population, nombreux indécis: les ingrédients sont les mêmes que le 24 novembre, quand le candidat Calin Georgescu avait surgi en tête à la surprise générale, plongeant le pays d’Europe orientale dans la tourmente politique.Exclu de l’élection par la Cour constitutionnelle après une campagne massive sur TikTok entachée de suspicions d’ingérence russe, il a appelé à “récupérer” le scrutin “volé”, après avoir voté à Mogosoaia, près de Bucarest, aux côtés de celui qui l’a remplacé, George Simion.”Calin, nous t’aimons”, “Georgescu président”, criait une petite foule rassemblée devant les lieux. Nombreux espèrent, comme Robert Teodoroiu, conducteur de 37 ans, que leur bulletin, infructueux en novembre, aboutisse cette fois. “Je retente ma chance”, explique-t-il à l’AFP dans les rues de la capitale.- “Président MAGA” -Onze candidats au total briguent un poste essentiellement protocolaire mais influent en politique étrangère, dans ce pays membre de l’UE de 19 millions d’habitants devenu un pilier essentiel de l’Otan depuis l’invasion russe de l’Ukraine voisine.Le taux de participation, similaire au dernier scrutin, s’élevait à quelque 42% en milieu d’après-midi. Les bureaux de vote ferment à 21H00 (18H00 GMT), les sondages de sortie des urnes étant publiés peu après.Crédité de 30% des suffrages selon des sondages à manier avec précaution, George Simion brandit à 38 ans sa jeunesse, sa rhétorique souverainiste et sa maîtrise de la plateforme TikTok pour espérer venger son désormais allié Georgescu. Si le chef du parti nationaliste AUR nie toute inclination pour la Russie, il partage la même aversion pour “les bureaucrates bruxellois” et s’oppose à tout soutien militaire à Kiev.Sur les marchés ou à l’étranger pour convaincre l’importante diaspora, ce fan de Donald Trump se rêve en “président MAGA” (Make America Great Again), slogan parfois affiché sur ses casquettes.”Nous sommes ici avec une seule mission: rétablir la démocratie (…) et rendre justice à la Roumanie”, a-t-il déclaré dimanche.Ce discours plaît à Stela Ivan, 67 ans, qui “espère de tout coeur” sa victoire. George Simion apporterait “du changement” et ferait revenir ses fils partis vivre en Espagne, estime-t-elle, lasse des partis politiques au pouvoir depuis la fin du communisme. L’inflation, très élevée en Roumanie, est aussi sur toutes les lèvres, Silvia Tomescu, infirmière de 52 ans, disant par exemple aspirer à “une vie meilleure et à des salaires plus élevés”. – Un scrutin sous surveillance -Face à George Simion, trois prétendants peuvent accéder au second tour prévu le 18 mai.Le candidat de la coalition pro-européenne au pouvoir, Crin Antonescu, offre la “stabilité”. Le maire de Bucarest, Nicusor Dan, promet la lutte contre la “corruption”, se voulant le porte-voix des “Roumains silencieux et honnêtes”. Plus loin derrière, l’ancien Premier ministre social-démocrate Victor Ponta mise sur un discours aux accents trumpistes teinté de références à Dieu. “La course est devenue très serrée”, commente pour l’AFP Remus Stefureac, directeur du cabinet de recherches INSCOP. “Chacun des quatre peut prétendre au poste de président”.Mais tout peut arriver selon lui: la campagne sur internet “dopée aux stéroïdes”, les attaques verbales et judiciaires dans la dernière ligne droite et “le grand nombre d’indécis” peuvent “complètement bousculer” les pronostics.Après l’annulation, décision rarissime au sein de l’UE, le scrutin est sous haute surveillance. Des milliers de personnes ont manifesté ces derniers mois pour dénoncer “un coup d’Etat”. Les Etats-Unis sont également intervenus, le vice-président JD Vance appelant à écouter la voix d’un peuple qu’on a fait taire “sur la base des faibles soupçons d’une agence de renseignement”.Les autorités, qui ont renforcé les mesures de prévention et la collaboration avec le réseau TikTok, assurent avoir “tiré les leçons” du fiasco.Alors que l’extrême droite évoque “de multiples signes de fraude”, le gouvernement a pointé des campagnes de désinformation, y voyant de “nouvelles tentatives de manipulation et d’ingérence menée par des acteurs étatiques”.

Israël menace les Houthis après le tir d’un missile près de l’aéroport de Tel-Aviv

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis dimanche des représailles contre les Houthis du Yémen, après le tir d’un missile qui a touché, pour la première fois, la zone de l’aéroport Ben-Gourion, près de Tel-Aviv, où le trafic aérien a été brièvement suspendu. Ce tir a été revendiqué par les rebelles yéménites pro-iraniens qui contrôlent de larges pans du Yémen, à plus de 1.800 kilomètres de la frontière sud d’Israël. “Nous avons visé l’aéroport Ben Gourion avec un missile balistique hypersonique qui a atteint sa cible avec succès”, ont-ils dit.”Nous avons agi contre eux par le passé et nous agirons dans l’avenir (…) ça ne se passera pas en +un seul boum+ mais il y aura +beaucoup de boums+”, a affirmé M. Netanyahu, avant une réunion du cabinet de sécurité israélien prévue à 19H00 locales (16H00 GMT). L’armée israélienne a confirmé que le projectile avait “touché la zone de l’aéroport”, où l’impact a causé un cratère à quelques centaines de mètres seulement de l’aérogare principale, après “plusieurs tentatives” pour l’intercepter.Selon un photographe de l’AFP, le missile est tombé dans une zone plantée d’arbres à côté d’une bretelle d’accès aux parkings du Terminal 3, le plus important de l’aéroport. Les secours israéliens ont fait état de six blessés.”C’est la première fois qu’un missile tombe aussi près du terminal et des pistes d’atterrissage”, a déclaré à l’AFP une porte-parole de l’Autorité des aéroports israéliens.Alliés du mouvement islamiste palestinien Hamas, les Houthis ont revendiqué des dizaines d’attaques de missiles et de drones contre Israël, dont des tirs en direction de l’aéroport, depuis le début de la guerre à Gaza. La quasi-totalité des tirs ont été interceptés.- “On l’a échappé belle” -“Ce qui est arrivé ce matin ne s’était pas produit de longue date. Il y a plusieurs mois, nous avons eu des roquettes (tirées par le Hamas) tombées près de l’aéroport, mais aujourd’hui on l’a échappé belle”, a dit à l’AFP un cadre israélien travaillant pour une compagnie aérienne étrangère.Les sirènes d’alerte ont retenti dans plusieurs régions d’Israël où la défense anti-aérienne est entrée en action, selon l’armée.Une forte détonation a été entendue à l’intérieur du Terminal 3, a constaté un journaliste de l’AFP. Le personnel de sécurité a aussitôt demandé aux passagers de se diriger vers les abris.Les autorités aéroportuaires ont annoncé la reprise du trafic aérien après une brève interruption.Les compagnies Lufthansa et Air India ont néanmoins suspendu leurs vols vers Tel-Aviv jusqu’au 6 mai et British Airways jusqu’au 7 mai.Le ministre de la Défense Israël Katz a aussi menacé les Houthis, dont des positions ont déjà été frappées plusieurs fois par Israël. “Celui qui nous frappe sera frappé sept fois plus fort”, a-t-il dit. Depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, les Houthis affirment mener leurs attaques contre Israël en “solidarité” avec les Palestiniens et ont pris pour cible des navires qu’ils estiment liés à Israël au large du Yémen. Après une suspension de deux mois, ils ont repris ces attaques avec la rupture de la trêve dans la bande de Gaza le 18 mars, tandis que les Etats-Unis ont intensifié avec le retour de Donald Trump au pouvoir la campagne aérienne les visant. – Seize morts à Gaza – Selon les médias israéliens, la réunion du cabinet de sécurité doit aussi examiner une expansion de l’offensive à Gaza, où des frappes israéliennes ont tué dimanche 16 Palestiniens selon les secours.Selon les médias, le gouvernement a décidé le rappel de dizaines de milliers de réservistes en vue de cette extension de ses opérations militaires. M. Netanyahu assure qu’une pression militaire accrue est le seul moyen de forcer le Hamas à rendre les otages retenus à Gaza.L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres officiels. Sur 251 personnes enlevées, 58 sont toujours retenues à Gaza dont 34 sont mortes selon l’armée israélienne.L’offensive israélienne menée en représailles a fait au moins 52.535 morts à Gaza, en majorité des civils, selon des chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l’ONU.

Israël menace les Houthis après le tir d’un missile près de l’aéroport de Tel-Aviv

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis dimanche des représailles contre les Houthis du Yémen, après le tir d’un missile qui a touché, pour la première fois, la zone de l’aéroport Ben-Gourion, près de Tel-Aviv, où le trafic aérien a été brièvement suspendu. Ce tir a été revendiqué par les rebelles yéménites pro-iraniens qui contrôlent de larges pans du Yémen, à plus de 1.800 kilomètres de la frontière sud d’Israël. “Nous avons visé l’aéroport Ben Gourion avec un missile balistique hypersonique qui a atteint sa cible avec succès”, ont-ils dit.”Nous avons agi contre eux par le passé et nous agirons dans l’avenir (…) ça ne se passera pas en +un seul boum+ mais il y aura +beaucoup de boums+”, a affirmé M. Netanyahu, avant une réunion du cabinet de sécurité israélien prévue à 19H00 locales (16H00 GMT). L’armée israélienne a confirmé que le projectile avait “touché la zone de l’aéroport”, où l’impact a causé un cratère à quelques centaines de mètres seulement de l’aérogare principale, après “plusieurs tentatives” pour l’intercepter.Selon un photographe de l’AFP, le missile est tombé dans une zone plantée d’arbres à côté d’une bretelle d’accès aux parkings du Terminal 3, le plus important de l’aéroport. Les secours israéliens ont fait état de six blessés.”C’est la première fois qu’un missile tombe aussi près du terminal et des pistes d’atterrissage”, a déclaré à l’AFP une porte-parole de l’Autorité des aéroports israéliens.Alliés du mouvement islamiste palestinien Hamas, les Houthis ont revendiqué des dizaines d’attaques de missiles et de drones contre Israël, dont des tirs en direction de l’aéroport, depuis le début de la guerre à Gaza. La quasi-totalité des tirs ont été interceptés.- “On l’a échappé belle” -“Ce qui est arrivé ce matin ne s’était pas produit de longue date. Il y a plusieurs mois, nous avons eu des roquettes (tirées par le Hamas) tombées près de l’aéroport, mais aujourd’hui on l’a échappé belle”, a dit à l’AFP un cadre israélien travaillant pour une compagnie aérienne étrangère.Les sirènes d’alerte ont retenti dans plusieurs régions d’Israël où la défense anti-aérienne est entrée en action, selon l’armée.Une forte détonation a été entendue à l’intérieur du Terminal 3, a constaté un journaliste de l’AFP. Le personnel de sécurité a aussitôt demandé aux passagers de se diriger vers les abris.Les autorités aéroportuaires ont annoncé la reprise du trafic aérien après une brève interruption.Les compagnies Lufthansa et Air India ont néanmoins suspendu leurs vols vers Tel-Aviv jusqu’au 6 mai et British Airways jusqu’au 7 mai.Le ministre de la Défense Israël Katz a aussi menacé les Houthis, dont des positions ont déjà été frappées plusieurs fois par Israël. “Celui qui nous frappe sera frappé sept fois plus fort”, a-t-il dit. Depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, les Houthis affirment mener leurs attaques contre Israël en “solidarité” avec les Palestiniens et ont pris pour cible des navires qu’ils estiment liés à Israël au large du Yémen. Après une suspension de deux mois, ils ont repris ces attaques avec la rupture de la trêve dans la bande de Gaza le 18 mars, tandis que les Etats-Unis ont intensifié avec le retour de Donald Trump au pouvoir la campagne aérienne les visant. – Seize morts à Gaza – Selon les médias israéliens, la réunion du cabinet de sécurité doit aussi examiner une expansion de l’offensive à Gaza, où des frappes israéliennes ont tué dimanche 16 Palestiniens selon les secours.Selon les médias, le gouvernement a décidé le rappel de dizaines de milliers de réservistes en vue de cette extension de ses opérations militaires. M. Netanyahu assure qu’une pression militaire accrue est le seul moyen de forcer le Hamas à rendre les otages retenus à Gaza.L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres officiels. Sur 251 personnes enlevées, 58 sont toujours retenues à Gaza dont 34 sont mortes selon l’armée israélienne.L’offensive israélienne menée en représailles a fait au moins 52.535 morts à Gaza, en majorité des civils, selon des chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l’ONU.

Les paramilitaires bombardent l’aéroport de Port-Soudan, selon l’armée

Les paramilitaires soudanais ont frappé dimanche pour la première fois l’aéroport de Port-Soudan, siège provisoire des autorités, a indiqué l’armée, une attaque qui a provoqué la suspension des vols.Le Soudan est en proie depuis le 15 avril 2023 à une guerre entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), dirigés par son ancien adjoint, le général Mohamed Hamdane Daglo.Au début de la guerre, l’armée avait été chassée de Khartoum par les FSR et s’était repliée vers l’est, transférant le siège du gouvernement à Port-Soudan sur la mer Rouge. Mais fin mars, elle a repris Khartoum aux paramilitaires.”L’ennemi a ciblé ce matin la base aérienne d’Osman Digna avec des drones explosifs, un entrepôt de marchandises et certaines installations civiles dans la ville de Port Soudan”, a indiqué le porte-parole de l’armée, le général Nabil Abdullah dans un communiqué.L’attaque n’a pas fait de victimes, a ajouté la même source ainsi qu’un responsable de l’aéroport, qui a confirmé l’attaque. Les vols vers et depuis Port-Soudan ont été suspendus, a indiqué un responsable gouvernemental.Tenue par l’armée, la ville de Port-Soudan, jusqu’à présent épargnée par les violences, abrite également des agences de l’ONU et des centaines de milliers de déplacés. C’est la première fois depuis le début de la guerre qu’une attaque vise cette ville située à plus de 600 kilomètres à l’est de Khartoum.- Aéroport évacué -Un correspondant de l’AFP à Port-Soudan a indiqué avoir ressenti une détonation à l’aéroport situé à 20 kilomètres au sud de la ville.”Nous étions en route vers l’avion lorsque nous avons été évacués très rapidement”, a raconté à l’AFP un témoin présent sur place. Sur des photos de l’AFP, on peut voir une épaisse colonne de fumée noire s’élevant au dessus de l’aéroport.Alors que le conflit vient d’entrer dans sa troisième année, le pays est fracturé: l’armée contrôle le centre, l’est et le nord, tandis que les paramilitaires tiennent à l’ouest la quasi-totalité du Darfour et certaines parties du sud.Port-Soudan se trouve à plus de 600 kilomètres des positions connues les plus proches des FSR, situées dans le sud d’Omdourman, ville jumelle de Khartoum. Les FSR, privées d’aviation, s’appuient sur des drones, artisanaux ou sophistiqués, pour leurs offensives, des équipements que le gouvernement soudanais accuse les Emirats arabes unis de fournir.Malgré des rapports d’experts de l’ONU, de responsables américains et d’organisations internationales faisant état d’un soutien émirati aux FSR, Abou Dhabi nie toute implication.Selon le laboratoire humanitaire de recherche de l’Université Yale (HLR), qui suit l’évolution du conflit grâce à des données de télédétection, six drones ont été identifiés sur des images satellites à l’aéroport de Nyala, contrôlé par les FSR dans la région occidentale du Darfour.En avril, le laboratoire avait indiqué que ces drones, d’origine chinoise, étaient dotés de “technologies avancées de surveillance électronique et de capacités de guerre”, et pouvaient être équipés d’armements air-sol. – “Aucun endroit n’est sûr” -Dimanche, l’Arabie saoudite, qui a été l’un des médiateurs dans la guerre au Soudan, a condamné les attaques contre les infrastructures à Port Soudan et à Kassala, les décrivant comme “une menace pour la stabilité et la sécurité” régionale. Ces dernières semaines, les FSR ont multiplié leurs attaques de drones contre des sites civils et militaires stratégiques.En avril, une frappe contre des infrastructures électriques dans la ville d’Atbara (nord) avait plongé le pays dans le noir.Port-Soudan est toujours privé d’électricité depuis une dizaine de jours.Selon un ex-général soudanais s’exprimant sous couvert d’anonymat, ces attaques visent à démontrer “qu’aucun endroit n’est sûr” et que les paramilitaires sont en mesure de frapper “n’importe quelle région du Soudan ”.Les FSR chercheraient également “à perturber le trafic aérien et à dissuader les compagnies internationales, comme EgyptAir ou Ethiopian Airlines, que le ciel du Soudan n’est pas sans danger”, explique-t-il.Une frappe attribuée aussi aux paramilitaires a touché samedi la ville de Kassala, à la frontière avec l’Erythrée, dans l’est du pays, selon une source gouvernementale.Des témoins ont déclaré à l’AFP que l’armée avait déployé ses défenses aériennes après de nouvelles attaques dimanche sur cet aéroport.La guerre au Soudan a tué des dizaines de milliers de personnes, déraciné 13 millions et plongé certaines régions dans la famine, provoquant “la pire catastrophe humanitaire” au monde, selon l’ONU.