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Soudan: première attaque des paramilitaires sur Port-Soudan, selon l’armée

Les paramilitaires soudanais ont frappé dimanche la ville de Port-Soudan, siège provisoire du gouvernement dans l’est du pays, a annoncé l’armée, dans la première attaque de ce type en deux ans de guerre. Ces dernières semaines, les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont élargi la portée et la fréquence de leurs attaques aériennes contre les zones tenues par l’armée, à laquelle ils ont dû céder le contrôle de pans entiers de territoire. Le Soudan est en proie depuis le 15 avril 2023 à une lutte pour le pouvoir entre le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, et son ancien adjoint, le général Mohamed Hamdane Daglo, à la tête des FSR. “L’ennemi a ciblé ce matin la base aérienne d’Osman Digna avec des drones explosifs, un entrepôt de marchandises et certaines installations civiles” à Port-Soudan, a indiqué le porte-parole de l’armée, le général Nabil Abdoullah.Il n’a signalé que des “dégâts limités” dans cette ville située sur la mer Rouge, à quelque 650 kilomètres des plus proches positions connues des FSR, en périphérie de Khartoum.Des images de l’AFP ont montré de la fumée s’élevant du secteur de l’aéroport. Après avoir été suspendus, les vols vers et depuis Port-Soudan ont repris à 15H00 GMT, a indiqué l’Autorité de l’aviation civile.- Aéroport évacué -A l’aube, un correspondant de l’AFP a senti sa maison, située à une vingtaine de kilomètres de l’aéroport, trembler, alors que des explosions étaient entendues. “Nous étions en route vers l’avion quand nous avons été rapidement évacués et emmenés hors du terminal”, a témoigné un passager. Plus tard, un correspondant de l’AFP a rapporté que des missiles antiaériens avaient tenté d’abattre un drone qui se dirigeait vers une base aérienne à l’ouest de la ville. A Kassala, une ville frontalière avec l’Erythrée, elle aussi tenue par l’armée à quelque 500 kilomètres au sud de Port-Soudan, des témoins ont indiqué que trois drones avaient frappé l’aéroport.Dans le sud, des habitants ont déclaré à l’AFP avoir vu des drones survoler la capitale du Kordofan-Nord, El-Obeid, dimanche soir, puis avoir entendu des explosions et vu de la fumée s’élever au-dessus du secteur du marché.L’armée, chassée de Khartoum par les FSR au début de la guerre, s’était repliée vers l’est et avait transféré le siège du gouvernement à Port-Soudan, qui abrite également des agences de l’ONU et des centaines de milliers de déplacés. Fin mars, elle a repris Khartoum aux paramilitaires.L’armée contrôle à présent le centre, l’est et le nord du Soudan, tandis que les paramilitaires tiennent à l’ouest la quasi-totalité du Darfour et certaines parties du sud.Les FSR, privées d’aviation, s’appuient sur des drones, que le gouvernement soudanais accuse les Emirats arabes unis de leur fournir.Malgré des rapports d’experts de l’ONU, de responsables américains et d’organisations internationales faisant état d’un soutien émirati aux FSR, Abou Dhabi nie toute implication.Selon le laboratoire humanitaire de recherche de l’Université Yale (HLR), six drones ont été identifiés sur des images satellites à l’aéroport de Nyala, contrôlé par les FSR au Darfour.Selon l’analyste soudanais Hamid Khalafallah, les FSR, après avoir perdu Khartoum, s’appuient de plus en plus sur des drones à longue portée pour ne pas se retrouver “confinés au Darfour”.- “Aucun endroit n’est sûr” -L’Arabie saoudite, qui avait mené une médiation en vue d’une trêve, a condamné les attaques visant “des infrastructures vitales” à Port-Soudan et Kassala. Selon un ex-général soudanais s’exprimant sous couvert d’anonymat, les FSR entendent démontrer “qu’aucun endroit n’est sûr” au Soudan et qu’ils sont en mesure de frapper “n’importe quelle région” du pays.Les FSR chercheraient également, selon lui, “à perturber le trafic aérien”, et détruire “le dépôt d’armes de la base d’Osman Digna”. En avril, une frappe contre des infrastructures électriques dans la ville d’Atbara, dans le nord du Soudan, avait plongé le pays dans le noir. Port-Soudan reste privé d’électricité depuis une dizaine de jours.La guerre au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts, déraciné 13 millions d’habitants et plongé certaines régions dans la famine, provoquant “la pire catastrophe humanitaire” au monde, selon l’ONU.

Trump “ne sait pas” s’il doit respecter la Constitution

Donald Trump, qui s’efforce de repousser les limites du pouvoir présidentiel depuis son retour à la Maison Blanche, a affirmé ne pas savoir s’il devait respecter la Constitution, la norme juridique suprême des Etats-Unis.”Je ne sais pas”, a répondu le président américain, interrogé dimanche par NBC pour savoir s’il pensait devoir respecter la Constitution, qui …

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Trump “ne sait pas” s’il doit respecter la Constitution

Donald Trump, qui s’efforce de repousser les limites du pouvoir présidentiel depuis son retour à la Maison Blanche, a affirmé ne pas savoir s’il devait respecter la Constitution, la norme juridique suprême des Etats-Unis.”Je ne sais pas”, a répondu le président américain, interrogé dimanche par NBC pour savoir s’il pensait devoir respecter la Constitution, qui garantit une procédure judiciaire équitable pour toutes les personnes se trouvant sur le territoire américain.”J’ai de brillants avocats qui travaillent pour moi, et ils vont évidemment suivre ce que la Cour suprême a dit”, a-t-il toutefois ajouté.Depuis le début de son second mandat, en janvier, Donald Trump a exercé le pouvoir exécutif comme aucun autre président dans l’histoire moderne, signant plus de 140 décrets pour réduire drastiquement l’immigration illégale, batailler contre les programmes de diversité ou d’inclusion haïs par les conservateurs et démanteler la bureaucratie fédérale.Mais même l’autorité du président a ses limites et plusieurs de ses décisions ont été bloquées par des juges, ce qui suscite régulièrement la fureur du républicain.Des tribunaux et cours d’appel fédéraux ainsi que la Cour suprême ont notamment bloqué provisoirement le recours à une loi de 1798 sur “les ennemis étrangers”, jusqu’alors utilisée exclusivement en temps de guerre, et exhumée par l’administration Trump pour pouvoir arrêter des immigrés accusés d’appartenir à des gangs et les expulser manu militari vers le Salvador sans autre forme de procès.Cette procédure a également été dénoncée par des associations de défense des droits et des organisations internationales.Interrogé pour savoir si les étrangers présents sur le sol américain devaient bénéficier d’une procédure judiciaire régulière, comme le prévoit la Constitution, le milliardaire républicain a déclaré: “Je ne suis pas avocat. Je ne sais pas.”- Pas de troisième mandat -La conception très personnelle du pouvoir dont fait preuve le républicain inquiète une partie des Américains, qui craignent une dérive autoritaire.”Etes-vous en train de mener le pays sur la voie de l’autoritarisme?”, lui a demandé dimanche la journaliste de NBC.”Pourquoi ne posez-vous pas la question différemment ? Beaucoup de gens veulent venir dans notre pays. Beaucoup de gens aiment Trump. J’ai gagné les élections”, a asséné l’intéressé.Il a également affirmé que les Américains avaient “absolument” le droit de le critiquer sans craindre de représailles, avant de qualifier certains de ses détracteurs de “personnes malveillantes”.Il en a profité pour s’en prendre à nouveau au meilleur de ses ennemis, l’ex-président démocrate Joe Biden, responsable selon lui des “mauvais côtés” de l’économie américaine, dont Donald Trump s’attribue les “bons côtés”.L’économie américaine a viré au négatif au premier trimestre, un tournant spectaculaire alors qu’elle était encore florissante fin 2024. Donald Trump a également semblé rejeter dans son interview l’hypothèse, que la Constitution interdit, d’un troisième mandat: “Ce n’est pas ce que je cherche à faire”, a-t-il déclaré.- Déséquilibre commercial avec le Canada -Il avait pourtant multiplié depuis son retour à la Maison Blanche les allusions à cette éventualité, affirmant qu’il existait “des méthodes” pour le faire, et allant jusqu’à proposer des vêtements portant l’inscription “Trump 2028″ – l’année de la prochaine élection présidentielle américaine – sur sa boutique en ligne.”Je souhaite passer quatre très bonnes années et laisser la place à quelqu’un d’autre, idéalement un grand républicain”, a-t-il assuré.Le président a cité son vice-président JD Vance et son secrétaire d’Etat Marco Rubio comme potentiels successeurs.Mais il est encore “beaucoup trop tôt pour le dire”, a-t-il aussi estimé.A deux jours de la visite mardi à Washington du nouveau Premier ministre canadien Mark Carney, Donald Trump a également été interrogé sur le fait de savoir s’il comptait réitérer son appel à faire du Canada le 51e Etat américain.”Je parlerai toujours de cela”, a répondu le républicain, qui ne cesse de dénoncer le déséquilibre commercial entre les deux pays – qui ne pourrait selon lui avoir de sens que si le Canada devenait américain.Le locataire de la Maison Blanche a toutefois estimé qu’il était “très improbable” que les Etats-Unis recourent à la force contre leur voisin.”Je pense que nous n’en arriverons jamais là”, a-t-il déclaré.

Trump “ne sait pas” s’il doit respecter la Constitution

Donald Trump, qui s’efforce de repousser les limites du pouvoir présidentiel depuis son retour à la Maison Blanche, a affirmé ne pas savoir s’il devait respecter la Constitution, la norme juridique suprême des Etats-Unis.”Je ne sais pas”, a répondu le président américain, interrogé dimanche par NBC pour savoir s’il pensait devoir respecter la Constitution, qui garantit une procédure judiciaire équitable pour toutes les personnes se trouvant sur le territoire américain.”J’ai de brillants avocats qui travaillent pour moi, et ils vont évidemment suivre ce que la Cour suprême a dit”, a-t-il toutefois ajouté.Depuis le début de son second mandat, en janvier, Donald Trump a exercé le pouvoir exécutif comme aucun autre président dans l’histoire moderne, signant plus de 140 décrets pour réduire drastiquement l’immigration illégale, batailler contre les programmes de diversité ou d’inclusion haïs par les conservateurs et démanteler la bureaucratie fédérale.Mais même l’autorité du président a ses limites et plusieurs de ses décisions ont été bloquées par des juges, ce qui suscite régulièrement la fureur du républicain.Des tribunaux et cours d’appel fédéraux ainsi que la Cour suprême ont notamment bloqué provisoirement le recours à une loi de 1798 sur “les ennemis étrangers”, jusqu’alors utilisée exclusivement en temps de guerre, et exhumée par l’administration Trump pour pouvoir arrêter des immigrés accusés d’appartenir à des gangs et les expulser manu militari vers le Salvador sans autre forme de procès.Cette procédure a également été dénoncée par des associations de défense des droits et des organisations internationales.Interrogé pour savoir si les étrangers présents sur le sol américain devaient bénéficier d’une procédure judiciaire régulière, comme le prévoit la Constitution, le milliardaire républicain a déclaré: “Je ne suis pas avocat. Je ne sais pas.”- Pas de troisième mandat -La conception très personnelle du pouvoir dont fait preuve le républicain inquiète une partie des Américains, qui craignent une dérive autoritaire.”Etes-vous en train de mener le pays sur la voie de l’autoritarisme?”, lui a demandé dimanche la journaliste de NBC.”Pourquoi ne posez-vous pas la question différemment ? Beaucoup de gens veulent venir dans notre pays. Beaucoup de gens aiment Trump. J’ai gagné les élections”, a asséné l’intéressé.Il a également affirmé que les Américains avaient “absolument” le droit de le critiquer sans craindre de représailles, avant de qualifier certains de ses détracteurs de “personnes malveillantes”.Il en a profité pour s’en prendre à nouveau au meilleur de ses ennemis, l’ex-président démocrate Joe Biden, responsable selon lui des “mauvais côtés” de l’économie américaine, dont Donald Trump s’attribue les “bons côtés”.L’économie américaine a viré au négatif au premier trimestre, un tournant spectaculaire alors qu’elle était encore florissante fin 2024. Donald Trump a également semblé rejeter dans son interview l’hypothèse, que la Constitution interdit, d’un troisième mandat: “Ce n’est pas ce que je cherche à faire”, a-t-il déclaré.- Déséquilibre commercial avec le Canada -Il avait pourtant multiplié depuis son retour à la Maison Blanche les allusions à cette éventualité, affirmant qu’il existait “des méthodes” pour le faire, et allant jusqu’à proposer des vêtements portant l’inscription “Trump 2028″ – l’année de la prochaine élection présidentielle américaine – sur sa boutique en ligne.”Je souhaite passer quatre très bonnes années et laisser la place à quelqu’un d’autre, idéalement un grand républicain”, a-t-il assuré.Le président a cité son vice-président JD Vance et son secrétaire d’Etat Marco Rubio comme potentiels successeurs.Mais il est encore “beaucoup trop tôt pour le dire”, a-t-il aussi estimé.A deux jours de la visite mardi à Washington du nouveau Premier ministre canadien Mark Carney, Donald Trump a également été interrogé sur le fait de savoir s’il comptait réitérer son appel à faire du Canada le 51e Etat américain.”Je parlerai toujours de cela”, a répondu le républicain, qui ne cesse de dénoncer le déséquilibre commercial entre les deux pays – qui ne pourrait selon lui avoir de sens que si le Canada devenait américain.Le locataire de la Maison Blanche a toutefois estimé qu’il était “très improbable” que les Etats-Unis recourent à la force contre leur voisin.”Je pense que nous n’en arriverons jamais là”, a-t-il déclaré.

Référendum sur le budget: l’idée de Bayrou accueillie avec fraîcheur

L’idée avancée par François Bayrou d’un référendum sur “un plan d’ensemble” de réduction des déficits, alors que son gouvernement cherche 40 milliards d’euros d’économie à réaliser pour l’année prochaine, a été accueillie avec scepticisme dimanche par la classe politique, à gauche comme à droite.”Il n’y a pas besoin de référendum pour savoir que les Français en ont assez des augmentations d’impôts. Et la seule chose qu’on demande au Premier ministre, c’est d’avoir enfin le courage de s’attaquer au gaspillage de l’argent public”, a taclé sur France 3 Laurent Wauquiez, le patron des députés Les Républicains, force qui participe pourtant à la coalition gouvernementale de M. Bayrou. “On a un Premier ministre qui tergiverse, qui cherche juste à gagner du temps et qui ne décide pas”, a-t-il regretté.”C’est un plan d’ensemble que je veux soumettre, il demandera des efforts à tout le monde, et par l’ampleur qui doit être la sienne, il ne peut réussir si le peuple français ne le soutient pas”, a justifié le Premier ministre dans une interview accordée au Journal du Dimanche et parue samedi soir.Le gouvernement, qui est parvenu à faire adopter les budgets 2025 de l’Etat et de la sécurité sociale en début d’année, en échappant à une série de motions de censure, est désormais engagé dans la préparation du budget pour 2026. Il estime qu’il lui faut trouver 40 milliards d’euros pour respecter ses objectifs de réduction du déficit public de 5,4% du Produit intérieur brut (PIB) cette année à 4,6% l’an prochain.Pour M. Bayrou, si son plan de réduction des déficits et de réforme de l’Etat était approuvé par référendum, cela lui conférerait une forme de légitimité.Suffisant, espère-t-il, pour faire adopter plus facilement par le Parlement les budgets de l’Etat et de la sécurité sociale.”Quand on réforme par les voies classiques, par le passage en force, que se passe-t-il ? Le pays entre en grève, les manifestations s’enchaînent”, a-t-il plaidé dans les colonnes du JDD.- Idée “loufoque” -Peu de chance cependant que cela convainque la gauche, massivement opposée à une réduction des dépenses et qui préférerait augmenter les recettes, notamment en taxant les grandes fortunes et les grosses entreprises. Pour le coordinateur national de La France insoumise (LFI) Manuel Bompard, interrogé dimanche sur LCI, l’idée du Premier ministre est “loufoque”.”Quelle question allez-vous poser aux gens ? Vous allez leur soumettre un projet de budget, vous allez leur demander s’ils sont pour ou contre ? Mais alors qui va avoir élaboré ce projet de budget, M. Bayrou lui-même ? Vous voyez bien que ça n’a rien de démocratique de manière générale”, a-t-il dénoncé.Aurore Bergé, la ministre chargée de l’Egalité femmes-hommes, membre du parti présidentiel Renaissance, n’y voit pas “forcément une façon de contourner le Parlement”. “Ça dépendrait de la question qui serait posée”, a-t-elle défendu sur RTL et M6.A gauche, tous les groupes parlementaires ont voté la censure de François Bayrou l’hiver dernier, sauf les socialistes qui ont ainsi permis au gouvernement de se maintenir. Et sur cette idée d’un référendum, leur soutien semble encore loin d’être acquis.Le patron du PS Olivier Faure a ainsi dénoncé une idée “assez farfelue” appelant, plutôt, à un référendum sur les retraites.”Je crains que ce soit un écran de fumée et que ce soit très difficile de voter par oui ou par non à un projet de budget qui engage l’ensemble des secteurs, de la défense jusqu’à l’éducation, en passant par tout ce que comprend un budget, c’est-à-dire la vie de la nation”, a-t-il argumenté sur BFMTV.Reste que la prérogative de demander leur avis aux Français par référendum appartient seulement au président de la République, qui avait été prévenu de la sortie de cette interview. “Le Premier ministre évoque un plan de réformes et d’économies et il est difficile de dire quoi que ce soit tant que ce plan n’est pas présenté”, a sobrement commenté un proche d’Emmanuel Macron auprès de l’AFP dimanche.Le référendum tel qu’esquissé par François Bayrou serait le premier de la Cinquième République à porter sur des questions budgétaires. Il apparaîtrait politiquement risqué pour un exécutif au plus bas dans les sondages de popularité.Les Français ont été consultés pour la dernière fois en 2005, sur la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe. Le “non” l’avait emporté.