AFP World

Rouvrir Alcatraz, une idée glanée par Trump dans les films ?

Donald Trump a-t-il eu l’idée de rouvrir la célèbre prison insulaire d’Alcatraz en regardant la télévision ? Certains Américains s’interrogent avec dérision, après la dernière décision choc du président américain, sortie de nulle part ce week-end.Sur son réseau Truth Social, le milliardaire républicain a soudainement ordonné dimanche à son administration “de rouvrir Alcatraz, après l’avoir considérablement agrandie et reconstruite, afin d’y accueillir les criminels les plus violents et les plus impitoyables des États-Unis”.Construite sur une île en face de San Francisco, cette forteresse carcérale a imprimé sa marque dans l’imaginaire américain avec l’évasion de trois détenus en 1962, qui a inspiré le film “L’Evadé d’Alcatraz” de Clint Eastwood.Ce long-métrage était diffusé samedi soir à la télévision en Floride, où se trouvait Donald Trump car il passait le week-end dans sa résidence Mar-a-Lago. Une coïncidence qui n’a pas échappé aux réseaux sociaux.”Est-il possible que Trump ait regardé le film et se soit laissé emporter ? Ce qui a conduit à la brillante idée de reconstruire Alcatraz ?”, s’interroge une utilisatrice sur X. “La politique américaine s’inspire-t-elle des programmes télévisés ?””Nous allons dépenser un demi-milliard de dollars pour rénover Alcatraz (…), tout cela parce qu’un vieil homme s’ennuyait et zappait devant la télévision un samedi soir”, plaisante un autre internaute. – “Cinéaste” -Interrogé lundi sur l’origine de son idée, M. Trump a entretenu l’ambiguïté.”Je suppose que j’étais destiné à être cinéaste”, a-t-il déclaré à la presse dans le Bureau ovale. La prison “représente quelque chose de très fort, de très puissant, en termes de loi et d’ordre”, a-t-il estimé. “Personne ne s’est jamais échappé”, a observé le président, en étayant son propos avec des approximations. “Une personne a failli y arriver, mais ils (…) ont retrouvé ses vêtements en lambeaux, avec de nombreuses morsures de requins.”Selon l’administration pénitentiaire américaine, 36 personnes ont tenté de s’échapper d’Alcatraz. Si la plupart ont été rattrapées ou sont mortes lors de leur tentative, le sort de cinq d’entre elles reste inconnu et elles sont répertoriées comme “disparues et présumées noyées”.Mais aucun fugitif n’a jamais été dévoré par un requin, contrairement aux légendes entourant la mythique prison.”Il n’y a pas de requins +mangeurs d’hommes+ dans la baie de San Francisco, seulement de petits requins qui se nourrissent au fond de l’eau”, précise l’administration pénitentiaire sur son site.Quoi qu’il en soit, l’administration pénitentiaire “mettra tout en œuvre pour soutenir et appliquer le programme du président”, a déclaré son nouveau directeur William Marshall.Il a ordonné “une évaluation immédiate afin de déterminer nos besoins et les prochaines étapes” pour rouvrir Alcatraz.- Coûts exorbitants -Construite pour abriter une garnison militaire, Alcatraz a ensuite été reconvertie en prison. Mais l’établissement pénitentiaire n’a opéré que pendant 29 ans, avant de fermer ses portes en 1963, à cause de ses coûts exorbitants.Il fallait acheminer chaque semaine sur l’île la nourriture, le matériel, l’essence et même l’eau potable nécessaire à son fonctionnement. La prison coûtait donc trois fois plus cher qu’un établissement pénitentiaire classique.Au moment de sa fermeture, Alcatraz était délabrée et son éventuelle rénovation était estimée à cinq millions de dollars. Les autorités ont préféré construire de nouvelles prisons ailleurs et mettre un terme à son activité.Après sa reconversion en attraction touristique en 1973, elle est devenue un passage quasiment obligé pour les voyageurs séjournant à San Francisco. Plus d’un million de visiteurs y défilent chaque année.Ils y découvrent les cellules spartiates, sans porte et avec de simples barreaux, qui permettaient aux gardiens de surveiller en permanence les détenus – dont le mafieux Al Capone, qui y a passé près de cinq ans.Ils visitent également les pièces d’isolement brutales et plongées dans l’obscurité totale, où les prisonniers étaient enfermés s’ils se mettaient en travers du chemin du redoutable directeur.Difficile de dire à quel point cet univers sera ressuscité par l’administration Trump. Mais en cas de réouverture une chose semble acquise : la boutique de souvenirs, qui vend des t-shirts et des affiches de la prison insulaire, semble condamnée à la fermeture.

A la frontière indo-pakistanaise, la bataille du chapardage des pigeons

Le face-à-face tendu entre l’Inde et le Pakistan a bloqué à leur frontière la circulation des hommes et des marchandises. Pas celle des pigeons, qui continuent à la franchir et perpétuent une bataille méconnue entre colombophiles des deux camps.Dans le petit village indien de Pangali, Pyara Singh, 33 ans, est l’un des combattants d’une étonnante bataille aérienne qui se joue le long de la “ligne de contrôle” entre les deux pays.Chaque jour, il essaie de capturer des pigeons voyageurs qui viennent du Pakistan, et s’efforce d’empêcher les siens de faire le chemin inverse.”Nous attrapons des pigeons du Pakistan. Et parfois, ils attrapent les nôtres”, résume-t-il.Depuis qu’un attentat a tué 26 civils le 22 avril dernier à Pahalgam, une ville touristique dans la partie indienne du Cachemire, l’Inde et le Pakistan sont à nouveau sur le pied de guerre.New Delhi a dénoncé l’implication dans l’attaque d’Islamabad, qui l’a aussitôt démentie. Les deux puissances nucléaires ont échangé des sanctions, expulsé leurs ressortissants et, chaque nuit, leurs soldats font le coup de feu.Les risques de confrontation militaire sont au plus haut mais pas au point, semble-t-il, de menacer la pratique centenaire du “kabutar-baazi”, l’art de contrôler le vol des pigeons.A Pangali, Pyara Singh entraîne une bonne centaine d’oiseaux, dont il guide les vols à coups de sifflet et ne se lasse pas d’admirer les arabesques en formation serrée dans le ciel.- “Meilleurs et plus forts” -Mais à ses yeux, les pigeons pakistanais sont d’une autre trempe. “Meilleurs et plus forts”, dit-il.”Ils sont très recherchés”, complète un de ses collègues du village voisin de Sainth, Aarav Khajuria, en présentant fièrement sa propre escadrille forte de 29 spécimens.Le jeune homme raconte être entré dans le métier il y a quatre ans. “J’étais fasciné”, se souvient-il. “Depuis je passe tout mon temps sur mon toit avant et après l’école”.Dans sa volée, Aarav Khajuria est particulièrement fier de ses trois pigeons pakistanais.”Ils sont meilleurs parce que mieux entraînés, ils peuvent voler plus longtemps dans les compétitions et ils perdent jamais leur chemin”, énumère le colombophile. “J’ai réussi à les attraper une fois qu’ils avaient franchi la frontière”.Les pigeons ne sont pas très farouches. Quelques grains de céréales, un peu d’eau où simplement la présence d’autres volatiles suffisent à les attirer.Alors les propriétaires les plus prudents les équipent d’une bague portant leur nom et leur numéro de téléphone.”Si on attrape un oiseau qui appartient à quelqu’un d’un village des environs ou que l’on connaît, on l’appelle et on le lui rend”, assure Pyara Singh.- “Pigeons sans frontières” -“Mais vu la situation et les risques qu’elle comporte, personne ne s’aventure à prendre contact si l’oiseau vient de l’autre côté”, s’empresse-t-il d’ajouter. “Personne ne veut d’ennui. Vous imaginez ? Un Indien qui communique avec un Pakistanais…”A chaque crise entre les deux pays, les colombophiles indiens confient observer d’un peu plus près les pigeons qui viennent d’en face, afin de s’assurer qu’ils ne jouent pas les espions…La police indienne a confirmé en avoir déjà intercepté plusieurs qui portaient des messages destinés au Pakistan ou la Chine.”Les Pakistanais identifient souvent leurs pigeons en les marquant d’un nom ou en les équipant d’une bague, mais nous n’avons vraiment rien remarqué de suspect jusque-là”, note Pyara Singh.”Si on en trouve un, on prévient l’armée. Mais on n’est encore jamais tombé sur un pigeon équipé d’une caméra”, s’amuse-t-il.Comme de nombreux autres frontaliers indiens, le colombophile s’inquiète d’une possible guerre avec le Pakistan. “J’espère que ça n’arrivera pas”, dit-il, même si l’attentat “est tellement grave qu’il ne devrait pas rester sans riposte”.Quoi qu’il arrive, Pyara Singh veut croire que des combats n’affecteront pas l’activité de ses pigeons.”Les oiseaux ne connaissent pas de frontière. Ces barrières et ces soldats ne sont là que pour nous”, se réjouit le colombophile. “Les oiseaux peuvent voler par-dessus, rien ne saurait les arrêter, eux”.

Grève: la SNCF propose une compensation aux clients touchés ce weekend

La SNCF a annoncé mardi qu’une compensation financière serait proposée aux clients touchés par des annulations de trains liées à la grève des cheminots ce week-end, tout en assurant que 90% des trajets seraient assurés.”On ne sera pas loin de 90% de trains qui vont rouler” ce week-end, malgré l’appel à la grève de plusieurs syndicats, a assuré le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, appelant les clients à ne pas annuler leur réservation.Deux syndicats de l’entreprise publique ont déposé plusieurs préavis de grève pour cette semaine comportant un week-end prolongé, durant lequel 1,8 million de personnes ont prévu de prendre le train.Les revendications syndicales portent principalement sur la revalorisation d’une prime et sur l’organisation du travail.”Tous les départs vont bien se passer puisqu’il n’y a quasiment pas de grève mercredi, jeudi” et “il y aura un train dimanche pour ramener tout le monde”, a affirmé M. Farandou sur France Inter. “N’annulez pas, votre train roulera”, a lancé le patron de l’entreprise publique, estimant que “la plupart des clients auraient vraiment le train pour lequel ils ont acheté un billet”, tandis que “quelques-uns devront peut-être se déplacer d’une heure ou deux”.Pour assurer ces neuf circulations sur dix, la SNCF a formé aux tâches de chef de bord des volontaires, “des cadres qui sont dans des missions différentes dans les bureaux”, a précisé Alain Krakovitch, le directeur de TGV-Intercités.- Compensation -La SNCF a promis d’informer les clients sur le maintien ou l’annulation de leur train au plus tard mercredi matin. Les conséquences sur les trains Intercités devraient être “très faibles”, a précisé M. Krakovitch lors d’une conférence devant la gare Montparnasse, à Paris, où seul un train Paris-Le Mans était perturbé mardi, avec un terminus exceptionnel à Chartres.Les trains internationaux seront tous assurés, ainsi que tous les trajets des enfants qui circulent dans le cadre de l’offre “Junior & Cie”.Tous les billets restent échangeables et remboursables sans frais sur les TGV Inoui comme les Ouigo pour la semaine du 5 au 11 mai.Par ailleurs, tous les passagers touchés par des annulations recevront un bon de réduction de 50% à valoir sur un prochain trajet, même s’ils décident de changer de train, a précisé M. Krakovitch.La première journée de grève lundi n’a pas perturbé les grandes lignes mais rendu les trajets compliqués sur certains réseaux régionaux, comme dans le Nord et en Ile-de-France.Mardi, le trafic était à nouveau “fortement perturbé” sur certaines lignes d’Ile-de-France, comme les RER B et C, selon le site Transilien.En ce qui concerne les TER et les Transilien, “on a bon espoir que le mouvement s’arrête assez vite et que le service public puisse reprendre ses droits”, a indiqué M. Farandou.- Collectif de contrôleurs -La CGT-Cheminots et SUD-Rail réclament une hausse des rémunérations et une meilleure anticipation des plannings, trop souvent modifiés à la dernière minute d’après eux. Pour le pont du 8-Mai, un influent collectif de contrôleurs, baptisé Collectif national ASCT (CNA), s’est joint à l’appel à la mobilisation, lui donnant de l’ampleur.Après plusieurs négociations ces dernières années, “je crois que les Français ne comprennent pas bien pourquoi quelques catégories de cheminots revendiquent encore, en fait, de l’argent”, a estimé M. Farandou. Les négociations sont “ouvertes” et “ça ne sert à rien de faire des grèves catégorielles (…) qui embêtent tout le monde”, a jugé le PDG. “Il faut avoir une capacité à dialoguer tranquillement, à froid, sereinement, en écoutant tous les syndicats”, a-t-il ajouté. Des rendez-vous sont prévus début juin avec les représentants des conducteurs et des chefs de bord.En raison des appels à la grève, certains clients ont déjà commencé à chercher des alternatives.”Il y a déjà des gens qui ont annulé”, des “milliers” selon M. Farandou. “Nos concurrents rigolent. Il y a des trains qui sont archi-pleins. Et Blablacar, c’est plus de 20 ou 30%. La location de voiture, pareil”, a regretté M. Farandou.

Gaza: le Hamas dit que de nouvelles négociations de trêve n’ont plus d’intérêt

Le Hamas a estimé mardi que des négociations pour une trêve à Gaza n’avaient plus d’intérêt à ce stade et appelé le monde à faire pression sur Israël pour faire cesser “la guerre de la faim”, au lendemain de l’annonce par Israël d’un plan de “conquête” du territoire palestinien.”Il n’y a aucun sens à engager des négociations, ni à examiner de nouvelles propositions de cessez-le-feu tant que se poursuivent la guerre de la faim et la guerre d’extermination dans la bande de Gaza”, a déclaré à l’AFP Bassem Naïm, un membre du bureau politique du mouvement islamiste palestinien.”Le monde doit faire pression sur le gouvernement (de Benjamin) Netanyahu pour mettre fin aux crimes de la faim, de la soif et aux meurtres” à Gaza, a-t-il ajouté.Ces déclarations surviennent au lendemain de l’annonce par le gouvernement israélien d’une nouvelle campagne militaire qui prévoit la “conquête” de la bande de Gaza et un déplacement massif de sa population à l’intérieur du territoire.”L’opération inclut une attaque de grande envergure” et “le déplacement de la plupart de la population de la bande de Gaza” hors des zones de combat, a déclaré lundi le général de brigade Effi Defrin, porte-parole de l’armée.La France a “fermement” condamné ce plan mardi. Son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé que le gouvernement israélien était “en infraction avec le droit humanitaire”. La Chine “s’oppose à la poursuite des opérations militaires israéliennes à Gaza”, a de son côté réagi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. La veille, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’était dit “alarmé” par le plan israélien.- “Forte explosion” -La bande de Gaza, dont la quasi-totalité des 2,4 millions d’habitants ont déjà été déplacés, souvent à plusieurs reprises, depuis le début de la guerre, est soumise à un blocus hermétique par Israël depuis le 2 mars et en proie à une grave crise humanitaire.Le porte-parole de la défense civile à Gaza, Mahmoud Bassal, a déclaré mardi qu’au moins trois Palestiniens, parmi lesquels une fillette, avaient été tués à la suite de bombardements israéliens à l’aube dans différentes zones de la bande de Gaza.”Nous avons été réveillés à une heure et quart du matin par une très forte explosion. Tout était couvert de poussière (…), on ne voyait plus rien. Nous n’avons pas pu secourir les blessés”, a déclaré à l’AFP Moaz Hamdan, qui a perdu des membres de sa famille dans une frappe à Nousseirat (centre).L’armée israélienne a repris son offensive sur le territoire le 18 mars, mettant fin à deux mois de trêve avec le Hamas.L’objectif affiché par le gouvernement de Benjamin Netanyahu est toujours de “vaincre” le mouvement islamiste, qui a déclenché la guerre avec son attaque sans précédent du 7 octobre 2023 contre Israël, et de “ramener les otages” enlevés ce jour-là.- “Mettre fin à la guerre” -En Israël, l’armée a lancé un appel à des dizaines de milliers de réservistes mais un haut responsable sécuritaire a affirmé lundi qu’il restait une “fenêtre” de négociations en vue de la libération des otages jusqu’à la fin de la visite du président américain Donald Trump au Moyen-Orient.Cette visite est prévue du 13 au 16 mai.Le président israélien Isaac Herzog a estimé mardi que “toutes les parties devraient faire des efforts supplémentaires (…) afin de voir nos otages revenir immédiatement”, selon un communiqué de son bureau.Des centaines d’Israéliens ont manifesté lundi devant la Knesset à Jérusalem, à l’occasion de l’ouverture d’une session parlementaire, pour exprimer leur opposition au nouveau plan du gouvernement.”Si nous voulons libérer les otages, nous devons mettre fin à la guerre maintenant, garantir leur libération, et ensuite, le Hamas nous donnera mille raisons de revenir combattre”, a déclaré à l’AFP Yaya Fink, l’un des organisateurs de la contestation.L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées, 58 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne. Le Hamas retient également la dépouille d’un soldat israélien tué lors d’une précédente guerre à Gaza, en 2014.La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 52.567 morts à Gaza, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Gaza: le Hamas dit que de nouvelles négociations de trêve n’ont plus d’intérêt

Le Hamas a estimé mardi que des négociations pour une trêve à Gaza n’avaient plus d’intérêt à ce stade et appelé le monde à faire pression sur Israël pour faire cesser “la guerre de la faim”, au lendemain de l’annonce par Israël d’un plan de “conquête” du territoire palestinien.”Il n’y a aucun sens à engager des négociations, ni à examiner de nouvelles propositions de cessez-le-feu tant que se poursuivent la guerre de la faim et la guerre d’extermination dans la bande de Gaza”, a déclaré à l’AFP Bassem Naïm, un membre du bureau politique du mouvement islamiste palestinien.”Le monde doit faire pression sur le gouvernement (de Benjamin) Netanyahu pour mettre fin aux crimes de la faim, de la soif et aux meurtres” à Gaza, a-t-il ajouté.Ces déclarations surviennent au lendemain de l’annonce par le gouvernement israélien d’une nouvelle campagne militaire qui prévoit la “conquête” de la bande de Gaza et un déplacement massif de sa population à l’intérieur du territoire.”L’opération inclut une attaque de grande envergure” et “le déplacement de la plupart de la population de la bande de Gaza” hors des zones de combat, a déclaré lundi le général de brigade Effi Defrin, porte-parole de l’armée.La France a “fermement” condamné ce plan mardi. Son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé que le gouvernement israélien était “en infraction avec le droit humanitaire”. La Chine “s’oppose à la poursuite des opérations militaires israéliennes à Gaza”, a de son côté réagi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. La veille, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’était dit “alarmé” par le plan israélien.- “Forte explosion” -La bande de Gaza, dont la quasi-totalité des 2,4 millions d’habitants ont déjà été déplacés, souvent à plusieurs reprises, depuis le début de la guerre, est soumise à un blocus hermétique par Israël depuis le 2 mars et en proie à une grave crise humanitaire.Le porte-parole de la défense civile à Gaza, Mahmoud Bassal, a déclaré mardi qu’au moins trois Palestiniens, parmi lesquels une fillette, avaient été tués à la suite de bombardements israéliens à l’aube dans différentes zones de la bande de Gaza.”Nous avons été réveillés à une heure et quart du matin par une très forte explosion. Tout était couvert de poussière (…), on ne voyait plus rien. Nous n’avons pas pu secourir les blessés”, a déclaré à l’AFP Moaz Hamdan, qui a perdu des membres de sa famille dans une frappe à Nousseirat (centre).L’armée israélienne a repris son offensive sur le territoire le 18 mars, mettant fin à deux mois de trêve avec le Hamas.L’objectif affiché par le gouvernement de Benjamin Netanyahu est toujours de “vaincre” le mouvement islamiste, qui a déclenché la guerre avec son attaque sans précédent du 7 octobre 2023 contre Israël, et de “ramener les otages” enlevés ce jour-là.- “Mettre fin à la guerre” -En Israël, l’armée a lancé un appel à des dizaines de milliers de réservistes mais un haut responsable sécuritaire a affirmé lundi qu’il restait une “fenêtre” de négociations en vue de la libération des otages jusqu’à la fin de la visite du président américain Donald Trump au Moyen-Orient.Cette visite est prévue du 13 au 16 mai.Le président israélien Isaac Herzog a estimé mardi que “toutes les parties devraient faire des efforts supplémentaires (…) afin de voir nos otages revenir immédiatement”, selon un communiqué de son bureau.Des centaines d’Israéliens ont manifesté lundi devant la Knesset à Jérusalem, à l’occasion de l’ouverture d’une session parlementaire, pour exprimer leur opposition au nouveau plan du gouvernement.”Si nous voulons libérer les otages, nous devons mettre fin à la guerre maintenant, garantir leur libération, et ensuite, le Hamas nous donnera mille raisons de revenir combattre”, a déclaré à l’AFP Yaya Fink, l’un des organisateurs de la contestation.L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées, 58 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne. Le Hamas retient également la dépouille d’un soldat israélien tué lors d’une précédente guerre à Gaza, en 2014.La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 52.567 morts à Gaza, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l’ONU.