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La frontière entre l’Inde et le Pakistan s’embrase, violents échanges d’artillerie

D’intenses tirs d’artillerie opposent mercredi l’Inde et le Pakistan le long de leur frontière contestée au Cachemire, quelques heures après des frappes indiennes sur le sol pakistanais en représailles à l’attentat meurtrier du 22 avril.Les missiles indiens qui se sont abattus sur six villes au Cachemire et au Pendjab pakistanais ont tué au moins huit civils, dont une fillette de trois ans, et en ont blessé 35 autres, selon le porte-parole de l’armée pakistanaise, le général Ahmed Chaudhry.L’Inde a pour sa part fait état de huit morts et 29 blessés dans le village cachemiri indien de Poonch (nord-ouest) lors des tirs d’artillerie opposant les armées des deux puissances nucléaires.Engagée dans la nuit, la bataille s’est poursuivie le matin autour du village visé par de nombreux obus pakistanais, selon des journalistes de l’AFP.La localité était surmontée d’un nuage de fumée noire et secouée à intervalles réguliers de très fortes explosions.”Nous avons été réveillés par des tirs (…) j’ai vu des obus tomber. J’ai dit à mes associés de sortir du bâtiment, j’ai eu peur que le toit ne s’écroule”, a rapporté à l’agence Press Trust of India (PTI) un habitant de Poonch, Farooq.  De violentes explosions ont également été entendues plus tôt dans la nuit autour de Srinagar, la principale ville de la partie indienne du Cachemire.- “Infrastructures terroristes” -Au matin, une source sécuritaire indienne a indiqué à l’AFP que trois chasseurs de l’armée de l’air indienne s’étaient écrasés, pour des raisons qui n’ont pas été immédiatement précisées.Les débris de deux appareils ont été retrouvés dans la partie indienne du Cachemire, l’autre dans l’Etat indien du Pendjab (nord-ouest), a précisé sous couvert d’anonymat cette source, sans donner de précision sur le sort des pilotes.Plus tôt, le ministre pakistanais de la Défense Khawaja Asif avait assuré à l’AFP que le Pakistan avait abattu “cinq avions ennemis” sans donner plus de détail. Il était également revenu sur une déclaration précédente dans laquelle il assurait que des soldats indiens avaient été capturés.Un photographe de l’AFP a observé les débris d’un aéronef portant des inscriptions en français dans un champ à Wuyan, non loin de Srinagar.L’avion est un Mirage 2000 de l’armée de l’air indienne, a indiqué à l’AFP une source sécuritaire indienne. Le sort de son pilote n’était pas immédiatement connu, a-t-elle ajouté.L’armée indienne a annoncé qu’elle tiendrait un point de presse à 10H00 locales (04H30 GMT).Trente minutes plus tard, le Pakistan réunira son Comité de la sécurité nationale, convoqué uniquement pour les urgences extrêmes.Deux semaines après l’attaque qui a fait 26 morts à Pahalgam, dans la partie indienne du Cachemire, l’Inde, qui assure qu’Islamabad est derrière cette attaque malgré ses dénégations, a mis ses menaces à exécution.Dans la nuit de mardi à mercredi, elle a tiré des missiles sur neuf sites abritant selon elle des “infrastructures terroristes” au Pakistan.Islamabad a démenti toute implication dans l’attentat, le plus meurtrier à avoir visé des civils au Cachemire depuis plus de 20 ans.L’un des sites ciblés dans la nuit par l’armée indienne est la mosquée Subhan, à Bahawalpur, dans le Pendjab pakistanais, liée selon le renseignement indien à des groupes proches du mouvement jihadiste Lashkar-e-Taiba (LeT).L’Inde accuse ce groupe, soupçonné des attaques qui avaient fait 166 morts à Bombay en 2008, d’avoir mené l’attentat de Pahalgam.- “Désamorcer la situation” -Les villes de Kotli et Muzaffarabad, à 120 et 130 kilomètres d’Islamabad, font partie des cibles visées par les missiles indiens, selon le Pakistan.A Muzaffarabad, la police et l’armée ont bloqué tous les accès à la mosquée Bilal, visée par sept projectiles indiens. Plusieurs habitations alentour ont été aussi été touchées et la population du quartier évacuée.Au Pendjab pakistanais, Mohammed Khourram, un habitant de Mouridke, une autre ville frappée, a raconté à l’AFP que tout avait commencé par “un grand boum, très bizarre”.”J’ai eu très peur, comme si c’était un tremblement de terre. Puis un missile est arrivé et a frappé, et un second une minute après, trois ou quatre ont suivi pendant les trois ou quatre minutes suivantes”, a-t-il poursuivi.G B Rajakumar, chauffeur à New Delhi, lui, se félicitait du fait que le Premier ministre indien Narendra “Modi fait ce qu’il dit”.”Il a vengé les morts (du 22 avril) en détruisant des cibles terroristes. Elles ont été visées une par une. C’est pour cela que ça a pris 10-15 jours pour les venger”, a-t-il assuré à l’AFP.La riposte pakistanaise n’a pas tardé, sous la forme de tirs d’artillerie visant plusieurs points en territoire indien.”La riposte a commencé et si Dieu le veut, elle va s’accentuer (…) il ne faudra pas beaucoup de temps pour régler le problème”, a menacé dans un entretien accordé à l’AFP le ministre Asif.Environ 200 Pakistanais ont défilé tôt mercredi matin dans la ville méridionale de Hyderabad, brûlant des drapeaux indiens et des portraits de Narendra Modi.Dans la nuit, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s’est entretenu avec ses homologues indien et pakistanais, les appelant au dialogue pour “désamorcer la situation et éviter une nouvelle escalade”, selon la Maison Blanche.Interrogé peu auparavant, Donald Trump a dit espérer que les affrontements “s’arrêtent très rapidement”.”Le monde ne peut pas se permettre une confrontation militaire”, a pour sa part plaidé l’ONU.La Chine a appelé les deux pays “à éviter de prendre des mesures qui compliqueraient davantage la situation”.- Guerre de l’eau -“Aucune installation militaire pakistanaise n’a été visée”, a assuré le gouvernement indien, estimant faire preuve d’une “retenue considérable” pour “éviter toute escalade”.”L’action irresponsable de l’Inde rapproche les deux Etats nucléaires d’un conflit majeur”, a pour sa part estimé la diplomatie pakistanaise.New Delhi doit recevoir mercredi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui était lundi à Islamabad pour une médiation.Juste avant les premières frappes de son armée, Narendra Modi avait annoncé son intention de “couper l’eau” des fleuves qui prennent leur source en Inde et irriguent le Pakistan — une menace impossible à mettre à exécution à court terme, selon les experts.”L’eau appartenant à l’Inde s’écoulait jusque-là vers l’extérieur, elle sera désormais stoppée pour servir les intérêts de l’Inde”, a déclaré M. Modi.Dès le lendemain de l’attentat, l’Inde avait suspendu sa participation à un traité de partage des eaux signé en 1960 avec son voisin.Mardi, le Pakistan avait accusé l’Inde de modifier le débit du fleuve Chenab, l’un des trois placés sous son contrôle selon le traité dit de l’Indus.Ce document accorde à New Delhi le droit d’utiliser les fleuves partagés pour ses barrages ou ses cultures, mais lui interdit de détourner des cours d’eau ou d’altérer le volume d’eau en aval.burs-pa/roc/tmt

La frontière entre l’Inde et le Pakistan s’embrase, violents échanges d’artillerie

D’intenses tirs d’artillerie opposent mercredi l’Inde et le Pakistan le long de leur frontière contestée au Cachemire, quelques heures après des frappes indiennes sur le sol pakistanais en représailles à l’attentat meurtrier du 22 avril.Les missiles indiens qui se sont abattus sur six villes au Cachemire et au Pendjab pakistanais ont tué au moins huit civils, dont une fillette de trois ans, et en ont blessé 35 autres, selon le porte-parole de l’armée pakistanaise, le général Ahmed Chaudhry.L’Inde a pour sa part fait état de huit morts et 29 blessés dans le village cachemiri indien de Poonch (nord-ouest) lors des tirs d’artillerie opposant les armées des deux puissances nucléaires.Engagée dans la nuit, la bataille s’est poursuivie le matin autour du village visé par de nombreux obus pakistanais, selon des journalistes de l’AFP.La localité était surmontée d’un nuage de fumée noire et secouée à intervalles réguliers de très fortes explosions.”Nous avons été réveillés par des tirs (…) j’ai vu des obus tomber. J’ai dit à mes associés de sortir du bâtiment, j’ai eu peur que le toit ne s’écroule”, a rapporté à l’agence Press Trust of India (PTI) un habitant de Poonch, Farooq.  De violentes explosions ont également été entendues plus tôt dans la nuit autour de Srinagar, la principale ville de la partie indienne du Cachemire.- “Infrastructures terroristes” -Au matin, une source sécuritaire indienne a indiqué à l’AFP que trois chasseurs de l’armée de l’air indienne s’étaient écrasés, pour des raisons qui n’ont pas été immédiatement précisées.Les débris de deux appareils ont été retrouvés dans la partie indienne du Cachemire, l’autre dans l’Etat indien du Pendjab (nord-ouest), a précisé sous couvert d’anonymat cette source, sans donner de précision sur le sort des pilotes.Plus tôt, le ministre pakistanais de la Défense Khawaja Asif avait assuré à l’AFP que le Pakistan avait abattu “cinq avions ennemis” sans donner plus de détail. Il était également revenu sur une déclaration précédente dans laquelle il assurait que des soldats indiens avaient été capturés.Un photographe de l’AFP a observé les débris d’un aéronef portant des inscriptions en français dans un champ à Wuyan, non loin de Srinagar.L’avion est un Mirage 2000 de l’armée de l’air indienne, a indiqué à l’AFP une source sécuritaire indienne. Le sort de son pilote n’était pas immédiatement connu, a-t-elle ajouté.L’armée indienne a annoncé qu’elle tiendrait un point de presse à 10H00 locales (04H30 GMT).Trente minutes plus tard, le Pakistan réunira son Comité de la sécurité nationale, convoqué uniquement pour les urgences extrêmes.Deux semaines après l’attaque qui a fait 26 morts à Pahalgam, dans la partie indienne du Cachemire, l’Inde, qui assure qu’Islamabad est derrière cette attaque malgré ses dénégations, a mis ses menaces à exécution.Dans la nuit de mardi à mercredi, elle a tiré des missiles sur neuf sites abritant selon elle des “infrastructures terroristes” au Pakistan.Islamabad a démenti toute implication dans l’attentat, le plus meurtrier à avoir visé des civils au Cachemire depuis plus de 20 ans.L’un des sites ciblés dans la nuit par l’armée indienne est la mosquée Subhan, à Bahawalpur, dans le Pendjab pakistanais, liée selon le renseignement indien à des groupes proches du mouvement jihadiste Lashkar-e-Taiba (LeT).L’Inde accuse ce groupe, soupçonné des attaques qui avaient fait 166 morts à Bombay en 2008, d’avoir mené l’attentat de Pahalgam.- “Désamorcer la situation” -Les villes de Kotli et Muzaffarabad, à 120 et 130 kilomètres d’Islamabad, font partie des cibles visées par les missiles indiens, selon le Pakistan.A Muzaffarabad, la police et l’armée ont bloqué tous les accès à la mosquée Bilal, visée par sept projectiles indiens. Plusieurs habitations alentour ont été aussi été touchées et la population du quartier évacuée.Au Pendjab pakistanais, Mohammed Khourram, un habitant de Mouridke, une autre ville frappée, a raconté à l’AFP que tout avait commencé par “un grand boum, très bizarre”.”J’ai eu très peur, comme si c’était un tremblement de terre. Puis un missile est arrivé et a frappé, et un second une minute après, trois ou quatre ont suivi pendant les trois ou quatre minutes suivantes”, a-t-il poursuivi.G B Rajakumar, chauffeur à New Delhi, lui, se félicitait du fait que le Premier ministre indien Narendra “Modi fait ce qu’il dit”.”Il a vengé les morts (du 22 avril) en détruisant des cibles terroristes. Elles ont été visées une par une. C’est pour cela que ça a pris 10-15 jours pour les venger”, a-t-il assuré à l’AFP.La riposte pakistanaise n’a pas tardé, sous la forme de tirs d’artillerie visant plusieurs points en territoire indien.”La riposte a commencé et si Dieu le veut, elle va s’accentuer (…) il ne faudra pas beaucoup de temps pour régler le problème”, a menacé dans un entretien accordé à l’AFP le ministre Asif.Environ 200 Pakistanais ont défilé tôt mercredi matin dans la ville méridionale de Hyderabad, brûlant des drapeaux indiens et des portraits de Narendra Modi.Dans la nuit, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s’est entretenu avec ses homologues indien et pakistanais, les appelant au dialogue pour “désamorcer la situation et éviter une nouvelle escalade”, selon la Maison Blanche.Interrogé peu auparavant, Donald Trump a dit espérer que les affrontements “s’arrêtent très rapidement”.”Le monde ne peut pas se permettre une confrontation militaire”, a pour sa part plaidé l’ONU.La Chine a appelé les deux pays “à éviter de prendre des mesures qui compliqueraient davantage la situation”.- Guerre de l’eau -“Aucune installation militaire pakistanaise n’a été visée”, a assuré le gouvernement indien, estimant faire preuve d’une “retenue considérable” pour “éviter toute escalade”.”L’action irresponsable de l’Inde rapproche les deux Etats nucléaires d’un conflit majeur”, a pour sa part estimé la diplomatie pakistanaise.New Delhi doit recevoir mercredi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui était lundi à Islamabad pour une médiation.Juste avant les premières frappes de son armée, Narendra Modi avait annoncé son intention de “couper l’eau” des fleuves qui prennent leur source en Inde et irriguent le Pakistan — une menace impossible à mettre à exécution à court terme, selon les experts.”L’eau appartenant à l’Inde s’écoulait jusque-là vers l’extérieur, elle sera désormais stoppée pour servir les intérêts de l’Inde”, a déclaré M. Modi.Dès le lendemain de l’attentat, l’Inde avait suspendu sa participation à un traité de partage des eaux signé en 1960 avec son voisin.Mardi, le Pakistan avait accusé l’Inde de modifier le débit du fleuve Chenab, l’un des trois placés sous son contrôle selon le traité dit de l’Indus.Ce document accorde à New Delhi le droit d’utiliser les fleuves partagés pour ses barrages ou ses cultures, mais lui interdit de détourner des cours d’eau ou d’altérer le volume d’eau en aval.burs-pa/roc/tmt

Royaume-Uni: six Bulgares coupables d’espionnage au profit de Moscou dans l’attente de leur peine

Six Bulgares, quatre hommes et deux femmes membres d’un réseau d’espions surnommé “Les Minions”, comparaissent à partir de mercredi devant la justice londonienne et risquent plusieurs années de prison pour espionnage au profit de la Russie.Vanya Gaberova, 30 ans, Katrin Ivanova, 33 ans, Tihomir Ivanov Ivanchev, 39 ans, Orlin Roussev, 47 ans, Biser Dzhambazov, 43, et Ivan Stoyanov, 34 ans, encourent jusqu’à 14 années de prison et connaîtront leur peine à l’issue de plusieurs jours d’audience devant la Cour criminelle de l’Old Bailey à Londres.Entre 2020 et 2023, ils ont mené des opérations d’espionnage au Royaume-Uni, en Autriche, en Espagne, en Allemagne et au Monténégro, visant en particulier des dissidents du Kremlin et des journalistes.L’un des membres avait surnommé le groupe “Les Minions”: à l’image des petits personnages jaunes de la série d’animation qui travaillent pour le méchant Gru, eux ont mené leurs opérations au profit du GRU, le service de renseignement militaire russe.Les trois premiers accusés, qui avaient contesté les charges retenues contre eux, ont été jugés coupables début mars à l’issue d’un procès de plusieurs semaines, tandis que les trois autres ont reconnu les faits.Durant son enquête, la police a pu reconstituer six opérations, grâce à l’analyse de plus de 100.000 messages retrouvés sur la plateforme Telegram utilisée par Orlin Roussev, qui dirigeait les opérations du groupe depuis son domicile de Great Yarmouth (est de l’Angleterre).Il prenait notamment ses consignes de l’Autrichien Jan Marsalek, ancien directeur des opérations du fleuron déchu de la finance numérique Wirecard. Depuis sa fuite d’Allemagne en 2020 où il est recherché par la justice, Jan Marsalek se trouverait à Moscou sous une fausse identité, protégé par les services de renseignement russes, selon une investigation journalistique internationale parue en 2022.- “Echelle industrielle” -Orlin Roussev avait ainsi reçu plus de 200.000 euros pour financer ses activités. Après l’arrestation du groupe en février 2023, les enquêteurs ont retrouvé chez lui de nombreux équipements d’espionnage, comme des micros et caméras cachés dans une cravate, une pierre, une peluche ou une bouteille de soda, des logiciels, ou encore un kit de fabrication de faux passeports.Le groupe a notamment visé le journaliste d’investigation bulgare Christo Grozev, qui a enquêté sur le renseignement russe. Ainsi que Roman Dobrokhotov, un journaliste russe et dissident basé au Royaume-Uni, fondateur du site The Insider.Ils ont aussi ciblé Bergey Ryskaliev, un ancien homme politique kazakh ayant obtenu le statut de réfugié au Royaume-Uni.Ils ont également surveillé la base militaire américaine de Patch Barracks à Stuttgart, en Allemagne, pensant que des soldats ukrainiens y étaient formés à l’utilisation du système de défense aérienne Patriot.Le groupe pratiquait “l’espionnage pour la Russie à l’échelle industrielle”, a déclaré le commandant en chef de l’unité antiterroriste de la Metropolitan Police Dominic Murphy à l’issue du procès, ajoutant qu’il n’avait jamais vu cela en plus de 20 ans de carrière.Le ministre britannique à la Sécurité Dan Jarvis a affirmé que ce procès envoyait “un avertissement clair à ceux qui souhaitent nuire au Royaume-Uni”.Les relations entre Londres et Moscou sont particulièrement tendues depuis l’invasion de la Russie contre l’Ukraine, en février 2022. Les deux pays s’accusent régulièrement d’espionnage, ce qui se traduit par de fréquentes expulsions croisées de diplomates.Au Royaume-Uni, la justice a été saisie de plusieurs affaires d’espionnage présumé impliquant Moscou.Un homme de 64 ans, Howard Michael Phillips, accusé d’assistance envers le service de renseignement russe, doit notamment être jugé en juillet.

Merz se rend en chancelier allemand fragilisé à Paris, puis Varsovie

Après avoir été élu dans la douleur, Friedrich Merz se rend mercredi en chancelier allemand affaibli mais “très européen” à Paris, puis Varsovie, deux capitales où il espère relancer des relations en souffrance.Le président Emmanuel Macron l’a certes félicité après sa nomination en anticipant un moteur franco-allemand “plus fort que jamais”. Mais l’élection mardi aux forceps de Friedrich Merz au poste suprême par les députés allemands, après deux tours de scrutin alors qu’il devait s’agir d’une formalité, inquiète. Car elle a révélé au grand jour la fragilité politique du dirigeant conservateur et de sa coalition avec les sociaux-démocrates, sur qui toute l’Europe comptait pour remettre l’Allemagne au centre du jeu après des années de surplace sous l’ère Olaf Scholz et six mois de crise politique intérieure.”La situation en Allemagne est un choc politique”, a asséné l’eurodéputée française Valérie Hayer sur X. “Une catastrophe absolue”, affirmait une ministre française sous couvert d’anonymat à l’AFP.”Jusqu’ici, il avait renvoyé l’image d’un gouvernement soudé, fort et efficace. Or cela vient brouiller ce message. Cela brouille l’image du retour de l’Allemagne sur la scène européenne”, commente Claire Demesmay, chercheuse associée au Centre Marc Bloch de Berlin, dans un entretien avec l’AFP.Comme il est d’usage en Allemagne, tout nouveau chancelier effectue sa première visite officielle à l’étranger en France, puis en Pologne. Mardi soir, Friedrich Merz, qui ira aussi vendredi à Bruxelles, s’est qualifié sur la chaîne NTV de “chancelier très européen”.- Espoirs -Paris nourrit de grands espoirs dans le président du parti démocrate-chrétien allemand, qui parle ouvertement de renforcer la souveraineté européenne, y compris militaire. Le nouveau gouvernement allemand de coalition promet de “renforcer l’amitié” aussi bien entre l’Allemagne et la France qu’avec la Pologne, notamment dans le cadre du “Triangle de Weimar”, ce forum de coopération trilatérale entre la France, l’Allemagne et la Pologne créé en 1991. “La volonté d’échanger avec ces deux pays est clairement là”, a noté dans un entretien avec l’AFP Martin Koopmann, directeur de la fondation Genshagen, basée près de Berlin et chargée de développer les relations entre ces trois pays. Mais il souligne la nature compliquée des relations entre l’Allemagne et la Pologne qui, par ailleurs, n’est pas dans la zone euro contrairement à Paris et Berlin.Le parti nationaliste Droit et Justice (PiS), actuellement dans l’opposition, continue de réclamer des réparations pour les dégâts et pertes de la Seconde Guerre mondiale à l’Allemagne.A moins de deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle polonaise, le 18 mai, ce sujet est particulièrement sensible: pour le Premier ministre Donald Tusk, européen convaincu, il est délicat d’afficher une trop grande proximité avec le chancelier allemand. M. Tusk s’est d’ailleurs contenté sur X d’un bref message de félicitations et d’un “see you tomorrow in Warsaw”.Sur les questions de défense et l’Ukraine, l’hostilité affichée par Donald Trump et son administration à l’égard de l’Europe et les doutes sur le soutien militaire américain ont fait bouger les lignes en Allemagne.- Divergences -Friedrich Merz est favorable à l’idée de placer son pays – dépendant jusqu’ici de la protection nucléaire américaine – sous le parapluie français et britannique. Ce qui constitue une césure énorme avec la tradition atlantiste germanique.Il est aussi – prudemment – ouvert à l’idée de fournir des missiles longue portée Taurus à Kiev.D’autres divergences traditionnelles entre ces trois pays ne devraient toutefois pas disparaître du jour au lendemain.Berlin a certes assoupli en mars sa règle du “frein à l’endettement”, qui limite la capacité d’emprunt du pays pour les dépenses militaires et pour les régions, mais elle n’est pas prête à donner son feu vert à des euro-obligations, promues par la France.Sur le plan commercial, l’Allemagne, nation fortement exportatrice, devrait continuer à pousser à la signature d’accords de libre-échange, comme celui du Mercosur, tandis que la France, craignant une fronde agricole, y est défavorable.”Sur le plan de la politique énergétique, les différences restent également très fortes entre les trois pays”, note M. Koopmann, “même si la Pologne commence à se tourner vers les renouvelables et la France a fait quelques concessions sur le nucléaire”.

Merz se rend en chancelier allemand fragilisé à Paris, puis Varsovie

Après avoir été élu dans la douleur, Friedrich Merz se rend mercredi en chancelier allemand affaibli mais “très européen” à Paris, puis Varsovie, deux capitales où il espère relancer des relations en souffrance.Le président Emmanuel Macron l’a certes félicité après sa nomination en anticipant un moteur franco-allemand “plus fort que jamais”. Mais l’élection mardi aux forceps de Friedrich Merz au poste suprême par les députés allemands, après deux tours de scrutin alors qu’il devait s’agir d’une formalité, inquiète. Car elle a révélé au grand jour la fragilité politique du dirigeant conservateur et de sa coalition avec les sociaux-démocrates, sur qui toute l’Europe comptait pour remettre l’Allemagne au centre du jeu après des années de surplace sous l’ère Olaf Scholz et six mois de crise politique intérieure.”La situation en Allemagne est un choc politique”, a asséné l’eurodéputée française Valérie Hayer sur X. “Une catastrophe absolue”, affirmait une ministre française sous couvert d’anonymat à l’AFP.”Jusqu’ici, il avait renvoyé l’image d’un gouvernement soudé, fort et efficace. Or cela vient brouiller ce message. Cela brouille l’image du retour de l’Allemagne sur la scène européenne”, commente Claire Demesmay, chercheuse associée au Centre Marc Bloch de Berlin, dans un entretien avec l’AFP.Comme il est d’usage en Allemagne, tout nouveau chancelier effectue sa première visite officielle à l’étranger en France, puis en Pologne. Mardi soir, Friedrich Merz, qui ira aussi vendredi à Bruxelles, s’est qualifié sur la chaîne NTV de “chancelier très européen”.- Espoirs -Paris nourrit de grands espoirs dans le président du parti démocrate-chrétien allemand, qui parle ouvertement de renforcer la souveraineté européenne, y compris militaire. Le nouveau gouvernement allemand de coalition promet de “renforcer l’amitié” aussi bien entre l’Allemagne et la France qu’avec la Pologne, notamment dans le cadre du “Triangle de Weimar”, ce forum de coopération trilatérale entre la France, l’Allemagne et la Pologne créé en 1991. “La volonté d’échanger avec ces deux pays est clairement là”, a noté dans un entretien avec l’AFP Martin Koopmann, directeur de la fondation Genshagen, basée près de Berlin et chargée de développer les relations entre ces trois pays. Mais il souligne la nature compliquée des relations entre l’Allemagne et la Pologne qui, par ailleurs, n’est pas dans la zone euro contrairement à Paris et Berlin.Le parti nationaliste Droit et Justice (PiS), actuellement dans l’opposition, continue de réclamer des réparations pour les dégâts et pertes de la Seconde Guerre mondiale à l’Allemagne.A moins de deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle polonaise, le 18 mai, ce sujet est particulièrement sensible: pour le Premier ministre Donald Tusk, européen convaincu, il est délicat d’afficher une trop grande proximité avec le chancelier allemand. M. Tusk s’est d’ailleurs contenté sur X d’un bref message de félicitations et d’un “see you tomorrow in Warsaw”.Sur les questions de défense et l’Ukraine, l’hostilité affichée par Donald Trump et son administration à l’égard de l’Europe et les doutes sur le soutien militaire américain ont fait bouger les lignes en Allemagne.- Divergences -Friedrich Merz est favorable à l’idée de placer son pays – dépendant jusqu’ici de la protection nucléaire américaine – sous le parapluie français et britannique. Ce qui constitue une césure énorme avec la tradition atlantiste germanique.Il est aussi – prudemment – ouvert à l’idée de fournir des missiles longue portée Taurus à Kiev.D’autres divergences traditionnelles entre ces trois pays ne devraient toutefois pas disparaître du jour au lendemain.Berlin a certes assoupli en mars sa règle du “frein à l’endettement”, qui limite la capacité d’emprunt du pays pour les dépenses militaires et pour les régions, mais elle n’est pas prête à donner son feu vert à des euro-obligations, promues par la France.Sur le plan commercial, l’Allemagne, nation fortement exportatrice, devrait continuer à pousser à la signature d’accords de libre-échange, comme celui du Mercosur, tandis que la France, craignant une fronde agricole, y est défavorable.”Sur le plan de la politique énergétique, les différences restent également très fortes entre les trois pays”, note M. Koopmann, “même si la Pologne commence à se tourner vers les renouvelables et la France a fait quelques concessions sur le nucléaire”.