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Moscou dit faire le maximum pour assurer la sécurité des célébrations du 9-Mai

Le Kremlin a dit mercredi prendre “toutes les mesures nécessaires” pour garantir à Moscou la sécurité des célébrations à venir des 80 ans de la victoire sur l’Allemagne nazie, auxquelles doivent participer près d’une trentaine de dirigeants étrangers aux côtés de Vladimir Poutine.Ces deux derniers jours, de multiples attaques de drones ukrainiens ont perturbé le fonctionnement d’aéroports dans l’ouest de la Russie, suscitant des craintes sur la tenue en bon ordre des cérémonies.Dans la nuit de mardi à mercredi, de nouvelles attaques aériennes croisées entre la Russie et l’Ukraine ont tué deux personnes à Kiev, fait une dizaine de blessés côté ukrainien, et entraîné la fermeture temporaire d’aéroports à Moscou.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé mercredi que la Russie prenait “toutes les mesures nécessaires” pour assurer la sécurité des célébrations, dont le point d’orgue sera le défilé militaire prévu vendredi sur la place Rouge, auquel doit notamment assister le président chinois Xi Jinping.Parmi les convives se trouvera également le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, qui a rencontré mercredi Vladimir Poutine au Kremlin et a signé avec lui un accord scellant un “partenariat stratégique” entre Moscou et Caracas. – Une trêve incertaine -Les célébrations du 9 mai occupent une place centrale dans le culte patriotique de la victoire de 1945 promu par le Kremlin, qui soutient que l’offensive en Ukraine, déclenchée en février 2022 et qui a fait des dizaines de milliers de morts dans chaque camp, est un prolongement de la guerre contre l’Allemagne nazie.A l’occasion des commémorations, le président russe Vladimir Poutine avait annoncé le 28 avril une trêve de trois jours, du 8 au 10 mai.  Mais cette proposition, qui doit entrer en vigueur mercredi à 21H00 GMT, a été vivement critiquée par l’Ukraine, dont l’armée russe occupe près de 20% du territoire. Le président Volodymyr Zelensky a déclaré qu’il ne “croyait pas” que Moscou respecterait la trêve, et a averti que l’Ukraine ne pouvait garantir la sécurité des dirigeants se rendant à Moscou.Rencontrée près d’une artère de Moscou, où passaient les véhicules militaires participant à la répétition générale du défilé du 9 mai, Valeria Pavlova, étudiante russe de 22 ans, a dit à l’AFP avoir “du mal à croire” que Kiev observe la trêve.- Sites militaires visés en Russie -L’Ukraine a poursuivi ses attaques nocturnes de drones en Russie, entraînant dans les premières heures de mercredi des déroutements de vols se dirigeant vers l’aéroport de Chérémétiévo, à Moscou, selon la compagnie nationale Aeroflot.Depuis mardi, au moins 350 vols ont été annulés ou retardés en Russie, et au moins 60.000 passagers ont été affectés, a annoncé mercredi l’association des tour-opérateurs russes. L’espace aérien de l’Ukraine, dont le territoire est bombardé quotidiennement et massivement par Moscou, est pour sa part complètement fermé depuis le début de l’attaque russe en 2022.La veille, les activités de plusieurs autres aéroports russes avaient déjà dû être suspendues à cause d’attaques ukrainiennes.L’Ukraine, via Andriï Kovalenko, un responsable chargé de lutter contre la désinformation, a par ailleurs revendiqué mercredi des attaques contre des cibles militaires en Russie : trois entreprises et deux bases aériennes. – Attaques meurtrières en Ukraine -L’armée russe a lancé pour sa part dans la nuit cinq missiles balistiques et 187 drones sur l’Ukraine, ont indiqué mercredi les forces aériennes ukrainiennes, affirmant avoir abattu deux de ces missiles et 81 drones.A Kiev, une mère et son fils ont été tuées et sept autres personnes ont été blessées, dont quatre enfants, a-t-il poursuivi.Selon M. Zelensky, les régions de Zaporijjia, Donetsk, Jitomir, Kherson et Dnipro ont également été visées. La ville de Zaporijjia (sud) a, elle, été attaquée par 13 drones, selon la police, qui a fait état de quatre blessés.Sur le front, l’armée russe a revendiqué mercredi la prise du bourg de Lypové, situé dans le nord de la région ukrainienne de Donetsk (est) où deux personnes ont été tuées dans la matinée à Oleksandro-Kalynové par des frappes russes, selon le gouverneur ukrainien Vadym Filachkine.Après les nouvelles frappes sur Kiev, Volodymyr Zelensky a réclamé “une pression considérablement accrue et des sanctions plus sévères” contre Moscou.Le vice-président américain JD Vance a, lui, appelé à des “négociations directes” entre Kiev et Moscou, alors que des pourparlers séparés, initiés par Washington, se prolongent depuis près de trois mois sans avancée majeure.

Moscou dit faire le maximum pour assurer la sécurité des célébrations du 9-Mai

Le Kremlin a dit mercredi prendre “toutes les mesures nécessaires” pour garantir à Moscou la sécurité des célébrations à venir des 80 ans de la victoire sur l’Allemagne nazie, auxquelles doivent participer près d’une trentaine de dirigeants étrangers aux côtés de Vladimir Poutine.Ces deux derniers jours, de multiples attaques de drones ukrainiens ont perturbé le fonctionnement d’aéroports dans l’ouest de la Russie, suscitant des craintes sur la tenue en bon ordre des cérémonies.Dans la nuit de mardi à mercredi, de nouvelles attaques aériennes croisées entre la Russie et l’Ukraine ont tué deux personnes à Kiev, fait une dizaine de blessés côté ukrainien, et entraîné la fermeture temporaire d’aéroports à Moscou.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé mercredi que la Russie prenait “toutes les mesures nécessaires” pour assurer la sécurité des célébrations, dont le point d’orgue sera le défilé militaire prévu vendredi sur la place Rouge, auquel doit notamment assister le président chinois Xi Jinping.Parmi les convives se trouvera également le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, qui a rencontré mercredi Vladimir Poutine au Kremlin et a signé avec lui un accord scellant un “partenariat stratégique” entre Moscou et Caracas. – Une trêve incertaine -Les célébrations du 9 mai occupent une place centrale dans le culte patriotique de la victoire de 1945 promu par le Kremlin, qui soutient que l’offensive en Ukraine, déclenchée en février 2022 et qui a fait des dizaines de milliers de morts dans chaque camp, est un prolongement de la guerre contre l’Allemagne nazie.A l’occasion des commémorations, le président russe Vladimir Poutine avait annoncé le 28 avril une trêve de trois jours, du 8 au 10 mai.  Mais cette proposition, qui doit entrer en vigueur mercredi à 21H00 GMT, a été vivement critiquée par l’Ukraine, dont l’armée russe occupe près de 20% du territoire. Le président Volodymyr Zelensky a déclaré qu’il ne “croyait pas” que Moscou respecterait la trêve, et a averti que l’Ukraine ne pouvait garantir la sécurité des dirigeants se rendant à Moscou.Rencontrée près d’une artère de Moscou, où passaient les véhicules militaires participant à la répétition générale du défilé du 9 mai, Valeria Pavlova, étudiante russe de 22 ans, a dit à l’AFP avoir “du mal à croire” que Kiev observe la trêve.- Sites militaires visés en Russie -L’Ukraine a poursuivi ses attaques nocturnes de drones en Russie, entraînant dans les premières heures de mercredi des déroutements de vols se dirigeant vers l’aéroport de Chérémétiévo, à Moscou, selon la compagnie nationale Aeroflot.Depuis mardi, au moins 350 vols ont été annulés ou retardés en Russie, et au moins 60.000 passagers ont été affectés, a annoncé mercredi l’association des tour-opérateurs russes. L’espace aérien de l’Ukraine, dont le territoire est bombardé quotidiennement et massivement par Moscou, est pour sa part complètement fermé depuis le début de l’attaque russe en 2022.La veille, les activités de plusieurs autres aéroports russes avaient déjà dû être suspendues à cause d’attaques ukrainiennes.L’Ukraine, via Andriï Kovalenko, un responsable chargé de lutter contre la désinformation, a par ailleurs revendiqué mercredi des attaques contre des cibles militaires en Russie : trois entreprises et deux bases aériennes. – Attaques meurtrières en Ukraine -L’armée russe a lancé pour sa part dans la nuit cinq missiles balistiques et 187 drones sur l’Ukraine, ont indiqué mercredi les forces aériennes ukrainiennes, affirmant avoir abattu deux de ces missiles et 81 drones.A Kiev, une mère et son fils ont été tuées et sept autres personnes ont été blessées, dont quatre enfants, a-t-il poursuivi.Selon M. Zelensky, les régions de Zaporijjia, Donetsk, Jitomir, Kherson et Dnipro ont également été visées. La ville de Zaporijjia (sud) a, elle, été attaquée par 13 drones, selon la police, qui a fait état de quatre blessés.Sur le front, l’armée russe a revendiqué mercredi la prise du bourg de Lypové, situé dans le nord de la région ukrainienne de Donetsk (est) où deux personnes ont été tuées dans la matinée à Oleksandro-Kalynové par des frappes russes, selon le gouverneur ukrainien Vadym Filachkine.Après les nouvelles frappes sur Kiev, Volodymyr Zelensky a réclamé “une pression considérablement accrue et des sanctions plus sévères” contre Moscou.Le vice-président américain JD Vance a, lui, appelé à des “négociations directes” entre Kiev et Moscou, alors que des pourparlers séparés, initiés par Washington, se prolongent depuis près de trois mois sans avancée majeure.

Macron et Merz veulent “répondre ensemble” aux défis de l’Europe

Le nouveau chancelier allemand Friedrich Merz, tout juste élu dans la douleur, et Emmanuel Macron ont affiché mercredi à Paris leur volonté de “répondre ensemble aux défis que l’Europe affronte” en donnant un “nouveau départ” à la relation bilatérale.”Nous souhaitons que l’action se construise systématiquement ensemble. Nous voulons répondre ensemble aux défis que l’Europe affronte”, a lancé le président français, appelant à relancer le “réflexe franco-allemand” après quatre années souvent compliquées avec le social-démocrate Olaf Scholz.”Nous avons convenu d’un nouveau départ pour l’Europe”, a renchéri Friedrich Merz lors d’une conférence de presse commune à l’Elysée, soulignant que le partenariat franco-allemand n’était pas toujours “évident” malgré une volonté sans cette réaffichée en ce sens.Friedrich Merz est aussi arrivé à Paris, première étape traditionnelle d’un nouveau dirigeant allemand à l’étranger, avec l’ambition de redonner tout son poids à l’Allemagne en Europe, après plusieurs années de retrait.”Nous avons une responsabilité particulière pour l’Europe. Nous allons oeuvrer ensemble pour un meilleur avenir commun”, a-t-il martelé, promettant des “impulsions décisives” pour la construction européenne.    Friedrich Merz se rendra dans la foulée mercredi à Varsovie, où il espère aussi relancer des relations en souffrance, puis à Bruxelles vendredi.L’élection mardi aux forceps du nouveau chancelier allemand par les députés du Bundestag, après deux tours de scrutin alors qu’il devait s’agir d’une formalité, inquiète. Car elle a révélé au grand jour la fragilité politique du dirigeant conservateur et de sa coalition avec les sociaux-démocrates, sur qui toute l’Europe compte pour remettre l’Allemagne au centre du jeu après des années de surplace sous l’ère Olaf Scholz et six mois de crise politique intérieure.Paris fonde de grands espoirs dans Friedrich Merz, qui parle ouvertement de renforcer la souveraineté européenne, y compris militaire.- Pas sans les Etats-Unis -Sur les questions de défense et l’Ukraine, l’hostilité affichée par Donald Trump et son administration à l’égard de l’Europe, et les doutes sur le soutien militaire américain, ont fait bouger les lignes en Allemagne.Concernant la participation allemande à une éventuelle force de réassurance européenne en Ukraine ou à d’autres garanties de sécurité, le chancelier a toutefois conditionné tout engagement à “un accord de paix” et à une participation américaine au “processus”.”La guerre en Ukraine ne prendra pas fin sans encore plus d’engagement politique et militaire des Etats-Unis, les Européens ne peuvent pas s’y substituer”, a-t-il estimé.Un futur cessez-le-feu “devrait être garanti par une participation des Etats-Unis”, a-t-il martelé alors que Donald Trump n’avance à cette heure aucun engagement en ce sens.Le nouveau chancelier a par ailleurs confirmé vouloir engager des discussions avec Paris et Londres, les deux seules puissances nucléaires en Europe, sur la dissuasion nucléaire.Il s’était déjà dit favorable à l’idée de placer son pays – dépendant jusqu’ici de la protection nucléaire américaine – sous le parapluie français et britannique. Ce qui constitue une rupture énorme avec la tradition atlantiste germanique.- Ratifier le Mercosur -“Nous allons donner mandat à nos ministres respectifs d’entamer cette discussion”, mais “pas pour se substituer aux garanties offertes par les Etats-Unis”, a-t-il toutefois souligné.Les deux dirigeants ont également indiqué vouloir “renforcer” le conseil de défense et de sécurité franco-allemand pour apporter des “réponses opérationnelles” concrètes aux défis stratégiques communs.Un conseil des ministres franco-allemand devrait aussi dès l’été concrétiser la volonté de relance tous azimuts de la coopération et la coordination bilatérales.D’autres divergences ne devraient cependant pas disparaître du jour au lendemain.Friedrich Merz, dont le pays est fortement exportateur, a demandé aux Etats de l’Union européenne de ratifier “rapidement” l’accord de libre échange entre l’UE et des pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay), auquel la France s’oppose, craignant une fronde agricole.”On trouvera des accords qui permettent la juste préservation des conditions de travail, l’équité pour nos producteurs”, a répondu le président français. Autre point de divergence, Berlin a certes assoupli en mars sa règle du “frein à l’endettement”, qui limite la capacité d’emprunt du pays pour les dépenses militaires et pour les régions, mais elle n’est pas prête à donner son feu vert à des euro-obligations, promues par Paris.

Macron et Merz veulent “répondre ensemble” aux défis de l’Europe

Le nouveau chancelier allemand Friedrich Merz, tout juste élu dans la douleur, et Emmanuel Macron ont affiché mercredi à Paris leur volonté de “répondre ensemble aux défis que l’Europe affronte” en donnant un “nouveau départ” à la relation bilatérale.”Nous souhaitons que l’action se construise systématiquement ensemble. Nous voulons répondre ensemble aux défis que l’Europe affronte”, a lancé le président français, appelant à relancer le “réflexe franco-allemand” après quatre années souvent compliquées avec le social-démocrate Olaf Scholz.”Nous avons convenu d’un nouveau départ pour l’Europe”, a renchéri Friedrich Merz lors d’une conférence de presse commune à l’Elysée, soulignant que le partenariat franco-allemand n’était pas toujours “évident” malgré une volonté sans cette réaffichée en ce sens.Friedrich Merz est aussi arrivé à Paris, première étape traditionnelle d’un nouveau dirigeant allemand à l’étranger, avec l’ambition de redonner tout son poids à l’Allemagne en Europe, après plusieurs années de retrait.”Nous avons une responsabilité particulière pour l’Europe. Nous allons oeuvrer ensemble pour un meilleur avenir commun”, a-t-il martelé, promettant des “impulsions décisives” pour la construction européenne.    Friedrich Merz se rendra dans la foulée mercredi à Varsovie, où il espère aussi relancer des relations en souffrance, puis à Bruxelles vendredi.L’élection mardi aux forceps du nouveau chancelier allemand par les députés du Bundestag, après deux tours de scrutin alors qu’il devait s’agir d’une formalité, inquiète. Car elle a révélé au grand jour la fragilité politique du dirigeant conservateur et de sa coalition avec les sociaux-démocrates, sur qui toute l’Europe compte pour remettre l’Allemagne au centre du jeu après des années de surplace sous l’ère Olaf Scholz et six mois de crise politique intérieure.Paris fonde de grands espoirs dans Friedrich Merz, qui parle ouvertement de renforcer la souveraineté européenne, y compris militaire.- Pas sans les Etats-Unis -Sur les questions de défense et l’Ukraine, l’hostilité affichée par Donald Trump et son administration à l’égard de l’Europe, et les doutes sur le soutien militaire américain, ont fait bouger les lignes en Allemagne.Concernant la participation allemande à une éventuelle force de réassurance européenne en Ukraine ou à d’autres garanties de sécurité, le chancelier a toutefois conditionné tout engagement à “un accord de paix” et à une participation américaine au “processus”.”La guerre en Ukraine ne prendra pas fin sans encore plus d’engagement politique et militaire des Etats-Unis, les Européens ne peuvent pas s’y substituer”, a-t-il estimé.Un futur cessez-le-feu “devrait être garanti par une participation des Etats-Unis”, a-t-il martelé alors que Donald Trump n’avance à cette heure aucun engagement en ce sens.Le nouveau chancelier a par ailleurs confirmé vouloir engager des discussions avec Paris et Londres, les deux seules puissances nucléaires en Europe, sur la dissuasion nucléaire.Il s’était déjà dit favorable à l’idée de placer son pays – dépendant jusqu’ici de la protection nucléaire américaine – sous le parapluie français et britannique. Ce qui constitue une rupture énorme avec la tradition atlantiste germanique.- Ratifier le Mercosur -“Nous allons donner mandat à nos ministres respectifs d’entamer cette discussion”, mais “pas pour se substituer aux garanties offertes par les Etats-Unis”, a-t-il toutefois souligné.Les deux dirigeants ont également indiqué vouloir “renforcer” le conseil de défense et de sécurité franco-allemand pour apporter des “réponses opérationnelles” concrètes aux défis stratégiques communs.Un conseil des ministres franco-allemand devrait aussi dès l’été concrétiser la volonté de relance tous azimuts de la coopération et la coordination bilatérales.D’autres divergences ne devraient cependant pas disparaître du jour au lendemain.Friedrich Merz, dont le pays est fortement exportateur, a demandé aux Etats de l’Union européenne de ratifier “rapidement” l’accord de libre échange entre l’UE et des pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay), auquel la France s’oppose, craignant une fronde agricole.”On trouvera des accords qui permettent la juste préservation des conditions de travail, l’équité pour nos producteurs”, a répondu le président français. Autre point de divergence, Berlin a certes assoupli en mars sa règle du “frein à l’endettement”, qui limite la capacité d’emprunt du pays pour les dépenses militaires et pour les régions, mais elle n’est pas prête à donner son feu vert à des euro-obligations, promues par Paris.

Au Pakistan, après les frappes indiennes, ruines et menaces

De la mosquée Bilal, il ne reste plus qu’une carcasse. Ici, dans la capitale du Cachemire pakistanais, les missiles indiens tombés du ciel ont emporté la vie de trois personnes, dont le vieux gardien des lieux que 600 personnes sont venues enterrer.Au milieu des barres métalliques noircies, des charpentes de bois écroulées et d’exemplaires du Coran que des fidèles ramassent, Mohammed Salman, qui vit juste à côté raconte à l’AFP. “Il y a eu des bruits terribles dans la nuit et la panique partout”, lâche-t-il. Ce qui a déchiré l’obscurité, surprenant dans leur sommeil les habitants de Muzzafarabad et de cinq autres villes du Pakistan, c’est la réponse indienne à une attaque meurtrière de l’autre côté de la frontière.Le 22 avril, des tireurs étaient sortis des bois pour abattre 26 hommes, des civils en villégiature sur les contreforts de l’Himalaya à Pahalgam, de l’autre côté de la frontière de facto au Cachemire, dans la partie administrée par l’Inde.Depuis, New Delhi accuse Islamabad, qui répond n’avoir aucun lien avec cet attentat jamais revendiqué. Et les deux voisins, rivaux depuis leur douloureuse partition il y a près de 80 ans, se menacent du pire.- “Sans abri maintenant” -L’Inde a tiré des missiles sur des “sites terroristes”, a dit son armée dans la nuit, tandis que le Pakistan a répliqué avec d’intenses tirs d’artillerie le long de la frontière de facto au Cachemire. Jusqu’ici les deux pays recensent une quarantaine de morts.Tariq Mir, qui vit près de la mosquée Bilal, s’éloigne.”Nous allons vers des zones plus sûres, nous sommes sans abri maintenant”, se lamente ce Pakistanais de 24 ans, touché à la jambe par des éclats d’obus. A Bahawalpur, dans le Pendjab frontalier de l’Inde, Ali Mohammed a lui aussi été réveillé en sursaut. Il y a eu les explosions et il y a eu les appels lancés depuis les haut-parleurs des mosquées des alentours qui ont suivi.”On dormait quand on a entendu une explosion”, raconte-t-il. “On est sorti pour aider, et quatre autres missiles ont frappé”, poursuit-il, au milieu de dizaines de badauds qui se pressent, pour la plupart encore sur leurs scooters, pour observer les restes de la mosquée Subhan.Le toit écroulé gît au milieu de débris de béton et de métal, à côté d’un bâtiment toujours surplombé par des dômes blancs. Alentour, les forces de sécurité bloquent les badauds.Cette immense école coranique connue à travers tout le pays est accusée par le renseignement indien d’être lié à des groupes proches du mouvement jihadiste Lashkar-e-Taiba (LeT) qu’il soupçonne d’avoir mené l’attaque du 22 avril.- “Coups rendus au centuple” -Reprenant les éléments de language répétés chaque jour à la télévision, dans des communiqués à la radio ou sur les réseaux sociaux par l’état-major, M. Mohammed assure: “Pour chaque coup donné, nous le rendrons au centuple”.”Nous sommes une puissance nucléaire”, martèle-t-il encore en guise de menace à l’égard du voisin indien, qui lui aussi possède la bombe nucléaire, faisant redouter au monde un engrenage sans retour.Jamila Bibi, elle, n’a qu’une priorité alors que les bruits de bottes sont devenus fracas des bombes à Muzzaffarabad: mettre sa famille à l’abri.”Les enfants sont terrorisés, nous n’avons pas pu quitter notre maison cette nuit mais maintenant nous allons nous installer chez des proches”, explique cette Pakistanaise de 52 ans, la tête couverte d’un voile rouge et blanc.Plus haut, sur les collines luxuriantes du Cachemire, des fidèles prient autour d’un cercueil en bois.Une petite dizaine d’hommes, têtes baissées, se met ensuite en branle pour emporter la gardien de la mosquée Bilal vers sa dernière demeure.vids-jma/sbh/lpt