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Turquie: l’opposition réunit des dizaines de milliers de personnes à Istanbul

L’opposition turque a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes mercredi soir à Istanbul, sept semaines après l’arrestation du maire de la ville, Ekrem Imamoglu, dont le sort continue d’agiter la Turquie, ont constaté des journalistes de l’AFP.”Notre lutte est une lutte pour la démocratie. Pour la liberté !”, a lancé le chef du Parti …

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Turquie: l’opposition réunit des dizaines de milliers de personnes à Istanbul

L’opposition turque a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes mercredi soir à Istanbul, sept semaines après l’arrestation du maire de la ville, Ekrem Imamoglu, dont le sort continue d’agiter la Turquie, ont constaté des journalistes de l’AFP.”Notre lutte est une lutte pour la démocratie. Pour la liberté !”, a lancé le chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), Özgür Özel, qui tente de maintenir la vaste mobilisation déclenchée par l’arrestation le 19 mars de M. Imamoglu.Les manifestations en soutien au maire emprisonné d’Istanbul, principal rival du président turc Recep Tayyip Erdogan, ont perdu en intensité au fil des semaines, après avoir essaimé dans le pays et avoir rassemblé des dizaines de milliers de personnes chaque soir à Istanbul aux premiers jours de la contestation, inédite depuis 2013.”Hé Erdogan (…) Tu partiras comme tu es venu”, a clamé M. Özel, chef de la principale force d’opposition, devant le grand portail de l’université d’Istanbul qui avait annulé le diplôme de M. Imamoglu le 18 mars, à la veille de son arrestation, l’empêchant de facto d’être candidat à l’élection présidentielle de 2028, malgré l’investiture de son parti.”Nous sommes venus ici aujourd’hui pour récupérer (son) diplôme”, a poursuivi M. Özel, juché sur un autocar face à une foule dense, exhortant une nouvelle fois le président Erdogan à convoquer des élections anticipées.Selon M. Özel, une pétition du CHP demandant la libération de M. Imamoglu – incarcéré pour “corruption”, ce qu’il nie – et la tenue d’élections dans les plus brefs délais a récolté 14,8 millions de signatures à travers le pays.

La principale base navale du Soudan visée par une attaque de drone

Une attaque de drone a visé la principale base navale du Soudan mercredi, a annoncé une source militaire, après des frappes sur d’autres sites stratégiques de Port-Soudan, siège provisoire du gouvernement.Depuis avril 2023, ce pays d’Afrique de l’Est est dévasté par une guerre opposant le général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du pays depuis un coup d’Etat en 2021, et son ancien adjoint, le général Mohamed Hamdane Daglo, à la tête des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).Longtemps épargnée, la ville de Port-Soudan (est), plaque tournante de l’aide humanitaire qui abrite des agences de l’ONU et des milliers de déplacés, est depuis dimanche la cible de frappes que l’armée attribue aux FSR avec des “armes stratégiques et sophistiquées” fournies par les Emirats arabes unis.Mercredi matin, des drones “ont attaqué la base Flamingo et les missiles anti-aériens sont entrés en action”, a déclaré à l’AFP la source militaire sous couvert d’anonymat.A l’aube, un correspondant de l’AFP a entendu une série d’explosions dans la zone du port et vu une colonne de fumée s’élever du secteur de la base. Dans la journée, des habitants ont signalé que la défense aérienne était en action au-dessus de la ville.La veille, des frappes également attribuées par l’armée aux FSR avaient endommagé des infrastructures stratégiques, notamment l’aéroport civil, le dernier encore opérationnel du pays, une base militaire, une station électrique et des dépôts de carburant à Port-Soudan, principal port du pays.Depuis la fin avril, la ville d’Atbara, capitale de l’État du Nil, souffre d’une panne de courant majeure après une attaque de drone ayant endommagé la centrale électrique, “perturbant gravement l’approvisionnement en oxygène dans les hôpitaux”, selon Médecins Sans Frontières.”Les attaques contre les infrastructures critiques, telles que les centrales électriques, ont un impact dévastateur sur la santé des communautés locales et limitent gravement la capacité d’un système de santé déjà surchargé”, a déclaré Marta Cazorla, coordinatrice des urgences de MSF au Soudan.- “Lien vital” -A près de 600 kilomètres plus au sud, “trois drones ont tenté de frapper des installations aéroportuaires” à Kassala, une ville tenue par l’armée, près de la frontière avec l’Erythrée, a rapporté mercredi une source sécuritaire.Les frappes font craindre une interruption de l’aide humanitaire au Soudan, où la famine a déjà été déclarée dans certaines régions et où près de 25 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire grave.Les récentes attaques “marquent une extension significative et préoccupante du conflit” dans des zones autrefois sûres, a déclaré Anouar El Anouni, un porte-parole de l’Union européenne.Tom Fletcher, responsable des secours de l’ONU, s’est déclaré “très préoccupé” par les frappes de drones sur Port-Soudan, “point d’entrée clé pour l’aide” humanitaire.La guerre au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts et déraciné 13 millions de personnes.- Des drones “disponibles dans certains pays” -L’attaque de mercredi survient au lendemain de l’annonce de la rupture par le Soudan de ses relations diplomatiques avec les Emirats arabes unis, accusés par Khartoum d’équiper les FSR. Abou Dhabi, qui a toujours nié ces accusations, malgré des rapports d’experts de l’ONU, de responsables politiques américains et d’organisations internationales, a indiqué mercredi “ne pas reconnaître” la rupture des relations diplomatiques.Les drones utilisés lors des récentes attaques “ne sont disponibles que dans certains pays” et les autorités “disposent d’informations documentées sur la nature et l’origine de ces armes”, a affirmé mercredi le ministère soudanais des Affaires étrangères.Après avoir perdu plusieurs positions, dont la capitale Khartoum en mars, les FSR, privées d’aviation, recourent davantage aux drones déployés depuis leurs bases dans la région du Darfour, à quelque 1.500 kilomètres à l’ouest de Port-Soudan. Le but est de couper les approvisionnements de l’armée, selon des experts.L’Egypte, voisine du Soudan, reste le principal soutien de l’armée soudanaise, dont le chef s’est également rapproché de la Turquie et de l’Iran, qui lui auraient fourni des drones.La Russie, qui soutenait auparavant les FSR, a désormais rejoint le camp de l’armée, cherchant à obtenir une base navale sur la mer Rouge.

Fumée noire au Vatican, pas de pape après le premier jour du conclave

Il faudra patienter pour connaître le nom du futur pape: mercredi c’est une fumée noire qui est sortie de la cheminée installée sur le toit de la chapelle Sixtine, où 133 cardinaux ont débuté leur conclave pour élire dans le plus grand secret le successeur de François.Vers 21H00 (19H00 GMT), de sombres volutes se sont échappées de la cheminée, visibles malgré la nuit déjà tombée depuis la place Saint-Pierre où des milliers de curieux et fidèles avaient afflué pour connaître le résultat en direct, demeurant sur place malgré trois heures d’attente.  Ce premier tour permettant de jauger les forces en présence, il était peu probable que la majorité des deux tiers, c’est-à-dire 89 voix, soit déjà atteinte.Les cardinaux se retrouveront donc jeudi pour une deuxième journée de conclave à huis clos, avec deux tours de scrutin le matin et deux l’après-midi.Plus de deux semaines après la mort de Jorge Bergoglio, les 133 cardinaux électeurs venant de 70 pays – un record – avaient ouvert dans la journée ce processus au cérémonial très codifié et suivi avec attention par 1,4 milliard de catholiques dans le monde.Peu après 16H00 (14H00 GMT) les prélats vêtus de rouge et blanc se sont retrouvés pour une prière commune dans la chapelle Pauline avant de se rendre en lente procession dans la chapelle Sixtine voisine.La main posée à plat sur une page de l’Evangile, ils se sont alors engagés en latin (“je promets, je m’oblige et je jure”) à garder le secret sur ce conclave, sous peine d’excommunication.”Extra omnes!” (“tous dehors!”), a ensuite lancé le maître des célébrations liturgiques pontificales, pour faire sortir les personnes non autorisées à participer à cette réunion à l’isolement drastique: aucun téléphone portable n’est autorisé.A 17H45 (15H45 GMT), les portes se sont refermées sur les “princes de l’Eglise” et le secret de leur choix, face à la fresque majestueuse du Jugement dernier de Michel-Ange.- Intérêt massif -Le monde a depuis les yeux rivés sur la cheminée qui libérera, à la fin de chaque session, sa fumée annonciatrice: noire en l’absence de choix, et blanche si le pape est élu.Couvert par quelque 5.000 journalistes, ce conclave suscite un intérêt massif dans le monde, bien au-delà des sphères religieuses, comme en témoignent les millions d’euros de paris sur l’identité du prochain pape, le succès des jeux en ligne ou les records du film “Conclave”, sorti en 2024.La sécurité a été renforcée aux abords de la place Saint-Pierre dont le nombre de points d’accès a été limité, et des fouilles des sacs organisées par la police.”Nous avons su que le conclave commençait aujourd’hui et nous sommes venues. (…) Ce serait merveilleux de voir la fumée, peu importe si elle n’est pas blanche!”, a affirmé à l’AFP Gabriella Sanz Balsells, une Argentine de 48 ans.Dans un parc à proximité du Vatican, des militantes catholiques ont elles agité des fumigènes roses pour demander à ce que les femmes puissent être ordonnées prêtres.Qui, parmi les 133 cardinaux, se présentera habillé de blanc au balcon de la basilique Saint-Pierre ? Des Italiens Pietro Parolin et Pierbattista Pizzaballa au Maltais Mario Grech en passant par l’archevêque de Marseille, le Français Jean-Marc Aveline, ou le Philippin Luis Antonio Tagle, plusieurs noms ont émergé parmi les “papabili”, considérés comme favoris.Mais ce conclave s’annonce particulièrement ouvert avec une représentation inédite des “périphéries” chères au pape François, qui a nommé 81% des cardinaux électeurs.”Il y a sans doute une opposition à la fois culturelle, et (faite) de ressentiment politique, de certaines Eglises du Sud à l’égard des Occidentaux et notamment des Européens”, affirme à l’AFP François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux.Il existe aussi, selon lui, “un clivage” entre “ceux qui estiment qu’il faut rappeler en permanence la doctrine, et les profils plus pastoraux, dans une logique d’accompagnement” des fidèles.Pour confronter leurs points de vue sur les défis de l’Eglise, les cardinaux ont tenu ces derniers jours 12 “congrégations générales” permettant de dessiner le profil du prochain pape.Mais dans cette élection très ouverte, le contexte géopolitique pourrait peser.”On peut tout à fait imaginer que les cardinaux sensibles au contexte international qu’on connaît depuis le retour de (Donald) Trump se disent qu’il faut une personne expérimentée à la tête de l’Eglise catholique, et notamment quelqu’un qui connaît parfaitement les relations internationales”, ajoute François Mabille.

Fumée noire au Vatican, pas de pape après le premier jour du conclave

Il faudra patienter pour connaître le nom du futur pape: mercredi c’est une fumée noire qui est sortie de la cheminée installée sur le toit de la chapelle Sixtine, où 133 cardinaux ont débuté leur conclave pour élire dans le plus grand secret le successeur de François.Vers 21H00 (19H00 GMT), de sombres volutes se sont échappées de la cheminée, visibles malgré la nuit déjà tombée depuis la place Saint-Pierre où des milliers de curieux et fidèles avaient afflué pour connaître le résultat en direct, demeurant sur place malgré trois heures d’attente.  Ce premier tour permettant de jauger les forces en présence, il était peu probable que la majorité des deux tiers, c’est-à-dire 89 voix, soit déjà atteinte.Les cardinaux se retrouveront donc jeudi pour une deuxième journée de conclave à huis clos, avec deux tours de scrutin le matin et deux l’après-midi.Plus de deux semaines après la mort de Jorge Bergoglio, les 133 cardinaux électeurs venant de 70 pays – un record – avaient ouvert dans la journée ce processus au cérémonial très codifié et suivi avec attention par 1,4 milliard de catholiques dans le monde.Peu après 16H00 (14H00 GMT) les prélats vêtus de rouge et blanc se sont retrouvés pour une prière commune dans la chapelle Pauline avant de se rendre en lente procession dans la chapelle Sixtine voisine.La main posée à plat sur une page de l’Evangile, ils se sont alors engagés en latin (“je promets, je m’oblige et je jure”) à garder le secret sur ce conclave, sous peine d’excommunication.”Extra omnes!” (“tous dehors!”), a ensuite lancé le maître des célébrations liturgiques pontificales, pour faire sortir les personnes non autorisées à participer à cette réunion à l’isolement drastique: aucun téléphone portable n’est autorisé.A 17H45 (15H45 GMT), les portes se sont refermées sur les “princes de l’Eglise” et le secret de leur choix, face à la fresque majestueuse du Jugement dernier de Michel-Ange.- Intérêt massif -Le monde a depuis les yeux rivés sur la cheminée qui libérera, à la fin de chaque session, sa fumée annonciatrice: noire en l’absence de choix, et blanche si le pape est élu.Couvert par quelque 5.000 journalistes, ce conclave suscite un intérêt massif dans le monde, bien au-delà des sphères religieuses, comme en témoignent les millions d’euros de paris sur l’identité du prochain pape, le succès des jeux en ligne ou les records du film “Conclave”, sorti en 2024.La sécurité a été renforcée aux abords de la place Saint-Pierre dont le nombre de points d’accès a été limité, et des fouilles des sacs organisées par la police.”Nous avons su que le conclave commençait aujourd’hui et nous sommes venues. (…) Ce serait merveilleux de voir la fumée, peu importe si elle n’est pas blanche!”, a affirmé à l’AFP Gabriella Sanz Balsells, une Argentine de 48 ans.Dans un parc à proximité du Vatican, des militantes catholiques ont elles agité des fumigènes roses pour demander à ce que les femmes puissent être ordonnées prêtres.Qui, parmi les 133 cardinaux, se présentera habillé de blanc au balcon de la basilique Saint-Pierre ? Des Italiens Pietro Parolin et Pierbattista Pizzaballa au Maltais Mario Grech en passant par l’archevêque de Marseille, le Français Jean-Marc Aveline, ou le Philippin Luis Antonio Tagle, plusieurs noms ont émergé parmi les “papabili”, considérés comme favoris.Mais ce conclave s’annonce particulièrement ouvert avec une représentation inédite des “périphéries” chères au pape François, qui a nommé 81% des cardinaux électeurs.”Il y a sans doute une opposition à la fois culturelle, et (faite) de ressentiment politique, de certaines Eglises du Sud à l’égard des Occidentaux et notamment des Européens”, affirme à l’AFP François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux.Il existe aussi, selon lui, “un clivage” entre “ceux qui estiment qu’il faut rappeler en permanence la doctrine, et les profils plus pastoraux, dans une logique d’accompagnement” des fidèles.Pour confronter leurs points de vue sur les défis de l’Eglise, les cardinaux ont tenu ces derniers jours 12 “congrégations générales” permettant de dessiner le profil du prochain pape.Mais dans cette élection très ouverte, le contexte géopolitique pourrait peser.”On peut tout à fait imaginer que les cardinaux sensibles au contexte international qu’on connaît depuis le retour de (Donald) Trump se disent qu’il faut une personne expérimentée à la tête de l’Eglise catholique, et notamment quelqu’un qui connaît parfaitement les relations internationales”, ajoute François Mabille.

Macron appelle le président al-Chareh à protéger “tous les Syriens” mais justifie sa venue en France

Emmanuel Macron a exhorté mercredi à Paris le président syrien Ahmad al-Chareh à protéger “tous les Syriens sans exception” mais a justifié la venue en France de ce dirigeant au passé de jihadiste, vivement critiquée par une partie de la classe politique française.Le président français semble clairement faire le pari d’accompagner la transition dirigée par …

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Macron appelle le président al-Chareh à protéger “tous les Syriens” mais justifie sa venue en France

Emmanuel Macron a exhorté mercredi à Paris le président syrien Ahmad al-Chareh à protéger “tous les Syriens sans exception” mais a justifié la venue en France de ce dirigeant au passé de jihadiste, vivement critiquée par une partie de la classe politique française.Le président français semble clairement faire le pari d’accompagner la transition dirigée par une coalition islamiste depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre. Ahmad al-Chareh, accueilli à l’Elysée avec les honneurs de la garde républicaine pour sa première visite officielle dans un pays occidental, l’en a vivement remercié.A ses côtés lors d’une rare conférence de presse conjointe, après un entretien de plus de deux heures, Emmanuel Macron lui a demandé de “tout mettre en œuvre pour assurer la protection de tous les Syriens sans exception, quelles que soient leur origine, leur religion, leur confession, leurs opinions”.Il lui a aussi dit qu’il devait “s’assurer que les auteurs” des récentes violences soient “poursuivis et jugés”. Il a même plaidé pour que l’Union européenne “sanctionne systématiquement les auteurs de ces crimes qui ont profondément choqué tous les amis de la Syrie”.Des massacres qui ont fait 1.700 morts, majoritairement alaouites, dans l’ouest du pays en mars, de récents combats avec des druzes, et des sévices documentés par des ONG ont soulevé des doutes sur la capacité des nouvelles autorités à contrôler certains combattants extrémistes qui leur sont affiliés.Et ce alors même que la coalition islamiste tente de présenter un visage rassurant à la communauté internationale qui l’exhorte à respecter les libertés et protéger les minorités.- “Postures” -La sécurité des Syriens est “la première priorité”, a assuré Ahmad al-Chareh à l’Elysée. Il a aussi martelé qu’il n’y aurait “pas de place pour les confrontations confessionnelles” en Syrie, et a estimé avoir “prouvé” être “un partenaire fiable pour la lutte contre le terrorisme”.En jeu, la levée des sanctions imposées au pouvoir de Bachar al-Assad, qui pèsent lourdement sur l’économie du pays, exsangue après 14 années de guerre civile, avec, selon l’ONU, 90% des Syriens vivant sous le seuil de pauvreté.”Rien ne justifie qu’elles soient maintenues”, a lancé le président syrien.Emmanuel Macron a abondé dans son sens: il a plaidé pour une “levée des sanctions” économiques européennes dès juin, et a appelé les Etats-Unis à en faire autant, quitte à refaire le point régulièrement pour voir si Damas tient ses engagements.Il a aussi estimé que Washington devait retarder “au maximum” le retrait annoncé de la moitié de leurs militaires déployés en Syrie dans le cadre de la coalition contre les jihadistes du groupe Etat islamique.Le président al-Chareh a longtemps dirigé le groupe armé Hayat Tahrir al-Sham issu de l’ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie. Il a tenu à se démarquer des “actes terroristes”, notamment de ceux menés en France par des jihadistes passés en Syrie.Mais à ce titre, l’invitation faite par Emmanuel Macron a été critiquée par la droite et l’extrême droite françaises.”Stupeur et consternation”, a réagi la leader du Rassemblement national Marine Le Pen. “On ne reçoit pas des dirigeants qui sont d’anciens terroristes membres d’organisations qui veulent attaquer la France”, a également affirmé le chef des députés Les Républicains Laurent Wauquiez.Des “postures à des fins politiciennes pour parler à des électorats”, a balayé le président français.”Ce que je vois, c’est qu’il y a un dirigeant qui est en place. Il a mis fin à un régime que nous avions condamné, combattu, dont nous connaissons la responsabilité et il est prêt à s’engager. Les premiers actes ont conduit à des résultats”, a-t-il ajouté, estimant qu’Ahmad al-Chareh était “lucide”.Plusieurs dizaines de membres des minorités religieuses syriennes ont d’ailleurs manifesté mercredi la place de la République, à Paris, sous le drapeau syrien.”Jolani dégage ! Dégage de France, dégage de Syrie !”, ont crié les manifestants issus des communautés alaouites, druzes, chrétiennes ou encore sunnites, en utilisant l’ex-nom de guerre d’Ahmad al-Chareh.Auparavant, le dirigeant syrien avait rencontré l’homme qui avait été à l’origine de milliers de photos de corps suppliciés dans des centres de détention syriens sous le règne de Bachar al-Assad. Aujourd’hui installé en France, Farid al-Mazhan, alias César, avait témoigné devant une commission du Congrès américain, et ses photos ont inspiré une loi américaine adoptée en 2020 -la loi César-, instaurant des sanctions économiques contre le régime syrien.

Macron appelle le président al-Chareh à protéger “tous les Syriens” mais justifie sa venue en France

Emmanuel Macron a exhorté mercredi à Paris le président syrien Ahmad al-Chareh à protéger “tous les Syriens sans exception” mais a justifié la venue en France de ce dirigeant au passé de jihadiste, vivement critiquée par une partie de la classe politique française.Le président français semble clairement faire le pari d’accompagner la transition dirigée par une coalition islamiste depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre. Ahmad al-Chareh, accueilli à l’Elysée avec les honneurs de la garde républicaine pour sa première visite officielle dans un pays occidental, l’en a vivement remercié.A ses côtés lors d’une rare conférence de presse conjointe, après un entretien de plus de deux heures, Emmanuel Macron lui a demandé de “tout mettre en œuvre pour assurer la protection de tous les Syriens sans exception, quelles que soient leur origine, leur religion, leur confession, leurs opinions”.Il lui a aussi dit qu’il devait “s’assurer que les auteurs” des récentes violences soient “poursuivis et jugés”. Il a même plaidé pour que l’Union européenne “sanctionne systématiquement les auteurs de ces crimes qui ont profondément choqué tous les amis de la Syrie”.Des massacres qui ont fait 1.700 morts, majoritairement alaouites, dans l’ouest du pays en mars, de récents combats avec des druzes, et des sévices documentés par des ONG ont soulevé des doutes sur la capacité des nouvelles autorités à contrôler certains combattants extrémistes qui leur sont affiliés.Et ce alors même que la coalition islamiste tente de présenter un visage rassurant à la communauté internationale qui l’exhorte à respecter les libertés et protéger les minorités.- “Postures” -La sécurité des Syriens est “la première priorité”, a assuré Ahmad al-Chareh à l’Elysée. Il a aussi martelé qu’il n’y aurait “pas de place pour les confrontations confessionnelles” en Syrie, et a estimé avoir “prouvé” être “un partenaire fiable pour la lutte contre le terrorisme”.En jeu, la levée des sanctions imposées au pouvoir de Bachar al-Assad, qui pèsent lourdement sur l’économie du pays, exsangue après 14 années de guerre civile, avec, selon l’ONU, 90% des Syriens vivant sous le seuil de pauvreté.”Rien ne justifie qu’elles soient maintenues”, a lancé le président syrien.Emmanuel Macron a abondé dans son sens: il a plaidé pour une “levée des sanctions” économiques européennes dès juin, et a appelé les Etats-Unis à en faire autant, quitte à refaire le point régulièrement pour voir si Damas tient ses engagements.Il a aussi estimé que Washington devait retarder “au maximum” le retrait annoncé de la moitié de leurs militaires déployés en Syrie dans le cadre de la coalition contre les jihadistes du groupe Etat islamique.Le président al-Chareh a longtemps dirigé le groupe armé Hayat Tahrir al-Sham issu de l’ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie. Il a tenu à se démarquer des “actes terroristes”, notamment de ceux menés en France par des jihadistes passés en Syrie.Mais à ce titre, l’invitation faite par Emmanuel Macron a été critiquée par la droite et l’extrême droite françaises.”Stupeur et consternation”, a réagi la leader du Rassemblement national Marine Le Pen. “On ne reçoit pas des dirigeants qui sont d’anciens terroristes membres d’organisations qui veulent attaquer la France”, a également affirmé le chef des députés Les Républicains Laurent Wauquiez.Des “postures à des fins politiciennes pour parler à des électorats”, a balayé le président français.”Ce que je vois, c’est qu’il y a un dirigeant qui est en place. Il a mis fin à un régime que nous avions condamné, combattu, dont nous connaissons la responsabilité et il est prêt à s’engager. Les premiers actes ont conduit à des résultats”, a-t-il ajouté, estimant qu’Ahmad al-Chareh était “lucide”.Plusieurs dizaines de membres des minorités religieuses syriennes ont d’ailleurs manifesté mercredi la place de la République, à Paris, sous le drapeau syrien.”Jolani dégage ! Dégage de France, dégage de Syrie !”, ont crié les manifestants issus des communautés alaouites, druzes, chrétiennes ou encore sunnites, en utilisant l’ex-nom de guerre d’Ahmad al-Chareh.Auparavant, le dirigeant syrien avait rencontré l’homme qui avait été à l’origine de milliers de photos de corps suppliciés dans des centres de détention syriens sous le règne de Bachar al-Assad. Aujourd’hui installé en France, Farid al-Mazhan, alias César, avait témoigné devant une commission du Congrès américain, et ses photos ont inspiré une loi américaine adoptée en 2020 -la loi César-, instaurant des sanctions économiques contre le régime syrien.