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Poutine célèbre le 9-Mai en grande pompe, sans trêve sur le front selon Kiev

Vladimir Poutine doit s’exprimer vendredi devant les troupes russes et les dirigeants d’une vingtaine de pays rassemblés sur la place Rouge à Moscou pour les 80 ans de la victoire sur l’Allemagne nazie, un événement commémoré pour la quatrième année consécutive dans l’ombre du conflit en Ukraine.Cette année, le président russe a ordonné à ses soldats d’observer un cessez-le-feu en Ukraine du 8 au 10 mai, à l’occasion de ces célébrations qui seront couronnées, comme chaque année, par un grand défilé militaire sous les murs du Kremlin.Mais l’Ukraine, qui fait face depuis 2022 à une offensive de grande ampleur, a accusé jeudi l’armée russe d’attaquer sur toute la ligne de front, évoquant des centaines de violations de la trêve.Les forces russes ont assuré, elles, “respecter strictement” le cessez-le-feu, affirmant simplement “répondre” à des violations ukrainiennes.Le président américain Donald Trump a appelé jeudi soir les deux pays à un “cessez-le-feu inconditionnel” de 30 jours.Les dirigeants d’une vingtaine de nations doivent se tenir aux côtés de M. Poutine, dont les présidents chinois Xi Jinping et brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, ainsi que ceux de pays traditionnellement alliés à la Russie tels que le Kazakhstan, le Bélarus, le Vietnam, l’Arménie, Cuba et le Venezuela.Malgré la politique d’isolement prônée par les Occidentaux, le Premier ministre slovaque Robert Fico – défiant les injonctions de Bruxelles – et le chef de l’Etat serbe Aleksandar Vucic sont également annoncés, de même que le président des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, recherché par la justice bosnienne.- Cérémonies d’une ampleur inédite -Depuis mardi, Moscou et Kiev ont continué leurs frappes aériennes croisées, entraînant en Russie le retard ou l’annulation de centaines de vols à cause d’attaques de drones ukrainiens.Le Kremlin a dit prendre “toutes les mesures nécessaires” pour assurer la sécurité des célébrations, y compris en limitant l’accès à internet pour contrecarrer les attaques de drones.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lui qualifié la parade militaire prévue à Moscou de défilé “de mensonges”.Les autorités russes ont promis cette année des cérémonies d’une ampleur inédite pour le 9-Mai, la principale grand-messe patriotique en Russie et dans d’autres ex-républiques soviétiques.Depuis plusieurs jours, les rues de la capitale russe sont pavoisées aux couleurs nationales et l’immense majorité des commerces et des restaurants ont placardé des affiches appelant à “se souvenir” de la victoire de 1945 et à se montrer “fiers”.Ces trois dernières années, M. Poutine a souvent renvoyé à la mémoire de la victoire sur l’Allemagne nazie pour défendre l’offensive militaire contre l’Ukraine, la Russie assurant vouloir “dénazifier” ce pays voisin dont elle occupe toujours environ 20% du territoire.La Seconde Guerre mondiale, qui a fait plus de 20 millions de morts en URSS et réclamé des sacrifices inouïs à la population, a causé un traumatisme qui se ressent toujours au sein de la société et qui a nourri un patriotisme exploité par le président russe.Peu après le début de l’assaut contre l’Ukraine, les autorités russes ont interdit toute critique des forces armées, accentuant une répression qui a jeté plusieurs centaines de personnes en prison et poussé des milliers d’autres à s’exiler.- Craintes d’attaques -Hormis les dirigeants, des soldats de 13 pays doivent prendre part à la grande parade sur la place Rouge, dont ceux de la Chine, du Vietnam, de la Birmanie et de l’Egypte.Jeudi, M. Poutine et son homologue chinois ont affiché leur entente face un Occident présenté comme “hégémonique”, lors d’une rencontre au Kremlin précédant les commémorations.La Chine est accusée d’aider la Russie à contourner les sanctions occidentales, voire de lui fournir des armes, comme l’a récemment affirmé Kiev, ce que dément Pékin.Les autorités de plusieurs régions de Russie, dont celle de Krasnodar dans le sud-ouest, ont annulé leurs défilés du 9 mai cette année par crainte de possibles attaques ukrainiennes.Le défilé du 9 mai attire chaque année à Moscou de grandes foules de spectateurs, qui viennent souvent en famille.

“Choc” et “exaltation” aux Etats-Unis pour le premier pape américain

A la fois surpris et fiers, les Américains ont appris jeudi midi l’élection du premier pape de l’Histoire venant des Etats-Unis, une nouvelle qui défie jusqu’aux pronostics des bookmakers.Assis sur le pas de la porte de la célèbre cathédrale Saint-Patrick, sur la 5e avenue à New York, Tim Anderson n’en revient toujours pas de l’élection de Robert Francis Prevost, sous le nom de Léon XIV.”Je suis sous le choc. Et puis, il y a la joie”, souffle cet homme de 61 ans, qui vit dans la région new-yorkaise.”Ce sera intéressant en ces temps où il y a tellement de folie de voir s’il parvient à rétablir ce que j’ai connu quand j’étais jeune, et que les églises étaient pleines et non vides comme elles le sont aujourd’hui”, dit-il, espérant voir le nouveau pape suivre les pas de son prédécesseur, François.Rosaria Vigorito, 66 ans, et originaire de Miami, en Floride, dit “avoir senti l’exaltation” en marchant dans et à l’extérieur de la cathédrale Saint-Patrick, foulée chaque jour par des milliers de touristes.”Je n’ai qu’un seul problème avec l’Eglise catholique, et j’espère qu’il sera corrigé, et que les femmes pourront être enfin ordonnées prêtres”, déclare-t-elle, petit crucifix en plastique autour du cou.Le pape François avait mené de nombreuses réformes au sein de l’Eglise catholique, et ouvert des portes, en nommant des femmes à des postes clés au sein de la Curie.Mais les espoirs des associations féministes pour l’ouverture au diaconat féminin ont été douchés à l’issue de la dernière assemblée mondiale sur l’avenir de l’Eglise.- Trump et le pape – Le président américain, Donald Trump, qui avait posté plus tôt cette semaine une image de lui en tenue papale, entretenait par ailleurs des relations compliquées avec le pape François.Après le retour au pouvoir du républicain le 20 janvier, le jésuite argentin, grand défenseur des exclus, n’avait pas radouci le ton, estimant que les expulsions de migrants “portaient atteinte à la dignité de nombreux hommes et femmes”.Américain et fort d’une sensibilité progressiste, Léon XIV, 69 ans, jouera-t-il la confrontation avec le président conservateur?”J’espère (qu’il) sera une voix juste. Point. Ni un démocrate, ni un républicain, qu’il ne fasse pas de politique, mais qu’il dise seulement (à Trump): regarde tes gens, regarde ton pays”, répond Annie Elm, originaire de Caroline du Nord, “exaltée” par l’annonce d’un pape américain.”Je pense qu’il a une tâche très difficile qui l’attend, avec tous les troubles que connaît le monde actuellement”, estime Francis Fah, une catholique de Los Angeles. Pour elle, le fait que le nouveau pape soit américain “est peut-être le signe qu’il pourra faire quelque chose pour apporter la paix et la stabilité dans le pays”.- Défier les pronostics -Le révérend Ronald Jameson, qui officie à la cathédrale Saint-Matthew à Washington est quant à lui partagé entre la surprise et la satisfaction de voir un nouveau pape qui devrait poursuivre le travail de François: “Je suis très fier, mais je dois dire, complètement sous le choc! Je ne m’attendais pas à voir nommé un pape américain de mon vivant”.”Voir un nouveau pape qui va s’inscrire dans les pas de François signifie beaucoup pour moi. François a été très important pour moi dans ma vie”, poursuit M. Jameson, qui l’avait accueilli dans sa cathédrale Saint-Matthew lors d’une visite du souverain pontife en 2015. “Je suis très heureux d’avoir entendu (Léon XIV) parler de paix ce matin dans sa première adresse. Il suit les pas de François.”A Houston, au Texas (sud), la surprise est identique: “Je ne m’attendais pas à ce qu’un Américain soit élu pape. J’espère juste qu’il va porter l’héritage de François, en étant plus inclusif, et qu’il ne se laissera pas entraîner par une idéologie plus conservatrice comme on en a en ce moment aux Etats-Unis avec le président Trump”, espère Azul Montemayor, coordinatrice dans une école âgée de 29 ans.Quelques minutes avant l’annonce d’un nouveau pape, les bookmakers s’attendaient à l’élection du cardinal italien Pietro Parolin, du Philippin Luis Antonio Tagle, voire du patriarche de Jérusalem Pierbattista Pizzaballa, mais pas d’un Américain. gl-gw-bdx-mav-rfo/pno

Trump conclut avec Londres la première trêve de sa guerre commerciale mondiale

Donald Trump a annoncé jeudi une première trêve dans son offensive commerciale mondiale sous la forme d’un compromis “historique” avec Londres, avant de tenter d’obtenir ce week-end des avancées avec un partenaire moins conciliant: Pékin.Le président américain s’est dit “ravi” d’annoncer un accord “historique” le jour anniversaire de la victoire des Alliés en 1945.Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, s’est joint par téléphone à une conférence de presse dans le Bureau ovale, et a lui aussi salué un “jour historique”.Donald Trump a assuré que le Royaume-Uni allait s’ouvrir davantage aux produits américains, “en particulier pour le boeuf américain, l’éthanol et quasiment tous les produits que produisent nos chers agriculteurs”.Depuis Londres, Keir Starmer a parlé d’un accord “extrêmement important” pour l’industrie automobile et la sidérurgie britanniques. En particulier, la surtaxe de 25% imposée par les Etats-Unis sur les voitures importées sera réduite à 10% pour les véhicules britanniques.La nouvelle n’a pas enchanté les constructeurs américains, qui estiment que leur secteur pâtit des nouvelles mesures douanières des Etats-Unis à l’encontre des voisins canadiens et mexicains, et que la priorité aurait dû être donnée “à nos partenaires d’Amérique du Nord”.L’empressement des Etats-Unis à annoncer un compromis encore vague, et dont les détails restent à discuter, “révèle une volonté de plus en plus désespérée [du gouvernement Trump] de revenir sur les droits de douane avant qu’ils n’affectent la croissance et l’inflation”, a estimé Paul Ashworth, économiste chez Capital Economics. – 10%, au moins -Le président américain a assuré qu’il n’exagérait pas la signification de l’accord, décrivant un compromis à la portée “maximale”. Les produits britanniques restent davantage taxés à leur entrée aux Etats-Unis qu’avant le retour du milliardaire à la Maison Blanche. Ils sont frappés, comme le reste du monde, par la taxe plancher de 10% annoncée le 2 avril sur la plupart des marchandises importées aux Etats-Unis.Le ministre américain du Commerce, Howard Lutnick, a d’ailleurs précisé dans la soirée que cette surtaxe de 10%, qui se cumule avec les droits de douane précédemment en vigueur, était le meilleur scénario possible pour les partenaires commerciaux des Etats-Unis. “Le plancher de 10%, c’est pour tous ceux qui ont des échanges équilibrés avec nous”, comme le Royaume-Uni, a-t-il dit sur la chaîne de télévision CNBC, ajoutant que les droits de douane seront “probablement plus élevés” pour les pays qui exportent plus vers les Etats-Unis que l’inverse, comme l’Union européenne.”S’ils ouvrent vraiment leur marché [aux produits américains], viennent nous voir en disant qu’ils veulent des échanges équitables et équilibrés avec l’Amérique, le mieux qu’ils puissent obtenir, c’est 10%, ce sera probablement plus élevé, mais au mieux c’est 10%”, a-t-il insisté.Le ministre Lutnick a aussi affirmé qu’il restait “beaucoup de travail” dans les négociations avec le Japon, l’Inde, la Corée du Sud et l’UE, mais qu’il pensait parvenir à un accord avec tous d’ici début juillet.Depuis son investiture en janvier, le président républicain, protectionniste convaincu, a lancé une guerre commerciale tous azimuts: nouveaux droits de douane sectoriels (+25% sur l’acier, l’aluminium, l’automobile), droits de douane universels (les +10%), d’autres en gestation. Des taxes encore plus lourdes étaient prévues pour les partenaires avec lesquels les Etats-Unis ont un déficit commercial. Donald Trump les a toutefois suspendues jusque début juillet, sauf pour la Chine, dont les produits sont frappés par un taux de 145%.Donald Trump a assuré que la Chine – avec laquelle des discussions commerciales sont prévues en Suisse ce week-end – était pressée de passer un accord pour que les échanges commerciaux puissent reprendre entre les deux pays.Plus tard dans la journée de jeudi, il s’est entretenu par téléphone avec le nouveau chancelier allemand, Friedrich Merz. Les deux hommes sont convenus, selon le gouvernement allemand, de mettre fin “rapidement aux différends commerciaux” entre les Etats-Unis et l’UE. L’UE a menacé le même jour de taxer pour 95 milliards d’euros d’importations américaines, dont les voitures et avions, en cas d’échec des négociations.

Ligue Europa: une finale 100% anglaise entre Manchester United et Tottenham

Manchester United et Tottenham s’affronteront dans une finale de la Ligue Europa entièrement anglaise le 21 mai à Bilbao.La finale de la Ligue Conférence opposera une autre équipe de Premier League, Chelsea, au Betis Séville le 28 mai à Wroclaw (Pologne).L’affiche de la C3, attendue après les résultats des matches aller, a été confirmée jeudi par la victoire à domicile des Mancuniens contre l’Athletic Bilbao 4 à 1 (3-0 à l’aller) et celle des Londoniens chez les Norvégiens de Bodoe/Glimt 2 à 0 (3-1 à l’aller).Elle sera la deuxième finale anglo-anglaise de l’histoire de la Ligue Europa après celle gagnée par Chelsea contre Arsenal en 2019 et elle opposera deux clubs qui n’en seront pas à leur première: Tottenham a déjà joué trois finales (deux titres en 1972 et 1984) et Manchester United deux (un titre en 2017).Manchester United et Tottenham, qui se suivent aux 15e et 16e places de la Premier League, se sont donné une dernière chance de sauver une saison ratée. L’enjeu est encore rehaussé par le précieux ticket pour la prochaine Ligue des champions offert au vainqueur.Les Red Devils avaient déjà brisé le rêve des Basques de jouer la finale devant leur public de San Mamés en s’imposant largement à l’extérieur la semaine dernière. Bien que dominés pendant les trois-quarts du match jeudi, ils ont encore fait exploser l’Athletic, sur la fin, grâce à des buts de Mason Mount (71e, 90e+1), Casemiro (79e) et Höjlund (85e).- Chelsea-Betis en C4 -Privés de leurs meilleures armes offensives, les frères Williams, blessés, les Basques avaient quand même fait vivre un semblant de suspense en ouvrant le score par Mikel Jauregizar en première mi-temps (31e).À Bodoe, au-delà du cercle polaire, l’équipe-surprise de la compétition n’a jamais pu croire à l’exploit sur la pelouse synthétique de l’Aspmyra Stadion.Forts de leurs deux buts d’avance à l’aller (3-1), les joueurs d’Ange Postecoglou ont d’abord résisté aux tentatives éparses des Norvégiens avant de porter l’estocade en deux temps peu après l’heure de jeu, d’abord  sur un corner prolongé de la tête par Romero et repris victorieusement par Dominic Solanke (63e) puis, sept minutes plus tard, par Pedro Porro dont le centre-tir a fait mouche avec l’aide du poteau opposé.En Ligue Conférence, Chelsea s’est contenté du minimum, une victoire 1 à 0 grâce à un but de Kiernan Dewbury-Hall, après avoir fait l’écart à Stockholm contre Djurgarden (4-1) la semaine dernière.Le Betis Séville a pris l’autre billet pour la finale grâce au but égalisateur d’Ez Abde pendant la prolongation (97e) face à la Fiorentina (2-2). Battue en Andalousie 2 à 1, la Viola avait refait son retard à la fin du temps réglementaire avec un doublé de Gosens (34e, 42e) contre un but d’Antony (30e) pour les Espagnols.  

L’Inde et le Pakistan s’accusent d’attaques de drones après une journée meurtrière

L’Inde et le Pakistan se sont mutuellement accusés jeudi d’avoir mené des attaques de drones, aggravant l’inquiétude d’une communauté internationale qui appelle les deux puissances nucléaires à une désescalade.Mercredi, les armées des deux pays ont échangé d’intenses tirs d’artillerie après des frappes indiennes au Pakistan visant, selon New Delhi, le groupe qu’il accuse d’avoir commis …

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L’Inde et le Pakistan s’accusent d’attaques de drones après une journée meurtrière

L’Inde et le Pakistan se sont mutuellement accusés jeudi d’avoir mené des attaques de drones, aggravant l’inquiétude d’une communauté internationale qui appelle les deux puissances nucléaires à une désescalade.Mercredi, les armées des deux pays ont échangé d’intenses tirs d’artillerie après des frappes indiennes au Pakistan visant, selon New Delhi, le groupe qu’il accuse d’avoir commis l’attentat du 22 avril dans sa partie du Cachemire. Ces bombardements ont fait au moins 48 morts dans les deux camps, quasiment tous civils.Jeudi, après une nuit plus calme dans le Cachemire, Lahore, la grande ville pakistanaise frontalière de l’Inde, s’est réveillée au son d’explosions qui ont repris par intermittence. L’Inde a affirmé avoir “neutralisé” la défense aérienne qui y était déployée. New Delhi assure avoir agi en réponse à une attaque nocturne de “missiles et de drones pakistanais” qui visait des “cibles militaires” sur son sol.L’armée pakistanaise a de son côté assuré dans la soirée avoir “abattu 28 des 29 drones de fabrication israélienne” envoyés par l’Inde sur au moins neuf villes, certaines abritant des QG militaires ou du renseignement, comme Rawalpindi, la ville-jumelle d’Islamabad.Le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar a assuré que les drones “ont tenté d’attaquer des sites militaires”, et ont “visé des civils”, en tuant un et blessant quatre soldats. “Les forces armées indiennes ont visé des radars et des systèmes de défense aérienne en plusieurs endroits du Pakistan”, a déclaré le ministère indien de la Défense, précisant que les installations de Lahore avaient été “neutralisées”.Jeudi dans la soirée, de fortes explosions, dont l’origine n’a pas été déterminée dans l’immédiat, ont secoué l’aéroport de la ville de Jammu, au Cachemire indien, a indiqué une source sécuritaire à l’AFP.Après quoi le Pakistan a nié avoir lancé des frappes, le principal porte-parole militaire qualifiant les frappes de drones indiennes de “défense fantôme”.- “Nouvelle escalade” ? -L’armée pakistanaise a dénoncé un “nouvel acte d’agression” de l’Inde mené avec des drones d’attaque de fabrication israélienne “Harop”, soit des drones kamikazes.A Rawalpindi, aux abords d’un périmètre fermé par les forces de sécurité, Wajid Khan, employé de la Défense civile, incitait le public à “ne pas céder à la panique et rester chez soi”.A Karachi, la capitale économique, l’indice boursier de référence a chuté après l’annonce des attaques au drone, entrainant une suspension des échanges.L’aviation civile pakistanaise a fermé l’aéroport de Karachi, qui doit rouvrir à minuit.Au même moment, le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar assurait à son homologue iranien Abbas Araghchi, venu en médiateur, qu’il n’était “pas dans (l’)intention (de l’Inde) de causer une nouvelle escalade”.Toutefois, a-t-il ajouté, toute attaque du Pakistan suscitera “une réponse très ferme”.Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif s’est de son côté entretenu jeudi par téléphone avec le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, “condamnant fermement les frappes de missiles et de drones menées par l’Inde”, a indiqué son bureau.M. Rubio a pour sa part indiqué que “les Etats-Unis suivaient la situation de près” et a appelé les deux voisins à “travailler ensemble pour désamorcer la situation”.Le vice-président américain a ensuite lui aussi appelé à la “désescalade”, mais en ajoutant sur la chaîne Fox News “nous n’allons pas nous impliquer dans une guerre qui n’est fondamentalement pas notre affaire”.- Frontière embrasée -Dans les jours qui ont suivi l’attaque du 22 avril — dont New Delhi tient Islamabad responsable malgré ses démentis — les soldats postés des deux côtés de la frontière de facto au Cachemire ont commencé à échanger chaque nuit des tirs à l’arme légère.Mais dans la nuit de mardi à mercredi, la situation s’est brutalement détérioriée : après les frappes indiennes, les soldats pakistanais ont sorti l’artillerie et bombardé sans répit la partie indienne de la région majoritairement musulmane que les deux pays se disputent.Ces échanges de tirs, les frappes indiennes et le face-à-face dans les airs qui se sont poursuivis dans la journée ont fait franchir mercredi un nouveau palier à la rivalité entre les deux Etats, nés en 1947 d’une douloureuse partition.Pour les experts, une telle intensité n’avait pas été atteinte depuis deux décennies.Comme le Premier ministre indien Narendra Modi l’avait promis, son armée a riposté en détruisant neuf “camps terroristes”, soigneusement identifiés pour “éviter la population ou des secteurs civils”, selon le ministre de la Défense, Rajnath Singh.Mais les missiles indiens qui ont plu sur six villes au Cachemire et au Pendjab pakistanais et les échanges de tirs le long de la frontière contestée ont fait 32 morts et 57 blessés côté pakistanais, selon le dernier bilan de l’armée.Islamabad affirme avoir “abattu cinq avions indiens” dans l’espace aérien de son voisin. Une source sécuritaire indienne a seulement indiqué à l’AFP que trois chasseurs s’étaient écrasés, sans précisions.Les deux voisins étaient sur le pied de guerre depuis l’attaque qui a fait 26 morts à Pahalgam, une ville touristique du Cachemire indien, et n’a pas été revendiquée.L’Inde a attribué celle-ci à un groupe jihadiste basé au Pakistan, le Lashkar-e-Taiba (LeT), et a accusé son voisin.- “Qu’ils arrêtent” -Dans la capitale du Cachemire pakistanais Muzaffarabad, dont une mosquée a été visée par les frappes indiennes, plusieurs maisons ont été détruites, et certains habitants blessés, comme la fille de 15 ans de Safeer Ahmad Awan.”Un éclat d’obus a transpercé la poitrine de ma fille”, raconte ce père de 50 ans à l’AFP.”Ce n’est que lorsque ses vêtements ont commencé à être tachés de sang que nous avons découvert la blessure”, a-t-il ajouté, précisant que le morceau de métal n’a pas encore pu être extrait.De l’autre côté de la frontière de facto, dans la ville de Poonch, dans le Cachemire administré par l’Inde, Madasar Choudhary raconte que sa soeur a vu deux enfants être tués sous ses yeux.”Elle était à la maison lorsque les premiers obus sont tombés”, raconte le jeune homme de 29 ans.”Elle a vu deux enfants sortir de chez son voisin en courant et a crié pour leur dire de rentrer se mettre à l’abri”, a-t-il poursuivi. “Mais des éclats les ont atteints et ils sont morts…”Au total, l’Inde recense 16 civils tués, dont trois femmes et cinq enfants.De nombreuses capitales ont renouvelé leurs appels à la retenue. “Je veux qu’ils arrêtent”, a lancé le président américain Donald Trump.burs-pa/sbh/jma/pt/def

L’Inde et le Pakistan s’accusent d’attaques de drones après une journée meurtrière

L’Inde et le Pakistan se sont mutuellement accusés jeudi d’avoir mené des attaques de drones, aggravant l’inquiétude d’une communauté internationale qui appelle les deux puissances nucléaires à une désescalade.Mercredi, les armées des deux pays ont échangé d’intenses tirs d’artillerie après des frappes indiennes au Pakistan visant, selon New Delhi, le groupe qu’il accuse d’avoir commis l’attentat du 22 avril dans sa partie du Cachemire. Ces bombardements ont fait au moins 48 morts dans les deux camps, quasiment tous civils.Jeudi, après une nuit plus calme dans le Cachemire, Lahore, la grande ville pakistanaise frontalière de l’Inde, s’est réveillée au son d’explosions qui ont repris par intermittence. L’Inde a affirmé avoir “neutralisé” la défense aérienne qui y était déployée. New Delhi assure avoir agi en réponse à une attaque nocturne de “missiles et de drones pakistanais” qui visait des “cibles militaires” sur son sol.L’armée pakistanaise a de son côté assuré dans la soirée avoir “abattu 28 des 29 drones de fabrication israélienne” envoyés par l’Inde sur au moins neuf villes, certaines abritant des QG militaires ou du renseignement, comme Rawalpindi, la ville-jumelle d’Islamabad.Le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar a assuré que les drones “ont tenté d’attaquer des sites militaires”, et ont “visé des civils”, en tuant un et blessant quatre soldats. “Les forces armées indiennes ont visé des radars et des systèmes de défense aérienne en plusieurs endroits du Pakistan”, a déclaré le ministère indien de la Défense, précisant que les installations de Lahore avaient été “neutralisées”.Jeudi dans la soirée, de fortes explosions, dont l’origine n’a pas été déterminée dans l’immédiat, ont secoué l’aéroport de la ville de Jammu, au Cachemire indien, a indiqué une source sécuritaire à l’AFP.Après quoi le Pakistan a nié avoir lancé des frappes, le principal porte-parole militaire qualifiant les frappes de drones indiennes de “défense fantôme”.- “Nouvelle escalade” ? -L’armée pakistanaise a dénoncé un “nouvel acte d’agression” de l’Inde mené avec des drones d’attaque de fabrication israélienne “Harop”, soit des drones kamikazes.A Rawalpindi, aux abords d’un périmètre fermé par les forces de sécurité, Wajid Khan, employé de la Défense civile, incitait le public à “ne pas céder à la panique et rester chez soi”.A Karachi, la capitale économique, l’indice boursier de référence a chuté après l’annonce des attaques au drone, entrainant une suspension des échanges.L’aviation civile pakistanaise a fermé l’aéroport de Karachi, qui doit rouvrir à minuit.Au même moment, le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar assurait à son homologue iranien Abbas Araghchi, venu en médiateur, qu’il n’était “pas dans (l’)intention (de l’Inde) de causer une nouvelle escalade”.Toutefois, a-t-il ajouté, toute attaque du Pakistan suscitera “une réponse très ferme”.Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif s’est de son côté entretenu jeudi par téléphone avec le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, “condamnant fermement les frappes de missiles et de drones menées par l’Inde”, a indiqué son bureau.M. Rubio a pour sa part indiqué que “les Etats-Unis suivaient la situation de près” et a appelé les deux voisins à “travailler ensemble pour désamorcer la situation”.Le vice-président américain a ensuite lui aussi appelé à la “désescalade”, mais en ajoutant sur la chaîne Fox News “nous n’allons pas nous impliquer dans une guerre qui n’est fondamentalement pas notre affaire”.- Frontière embrasée -Dans les jours qui ont suivi l’attaque du 22 avril — dont New Delhi tient Islamabad responsable malgré ses démentis — les soldats postés des deux côtés de la frontière de facto au Cachemire ont commencé à échanger chaque nuit des tirs à l’arme légère.Mais dans la nuit de mardi à mercredi, la situation s’est brutalement détérioriée : après les frappes indiennes, les soldats pakistanais ont sorti l’artillerie et bombardé sans répit la partie indienne de la région majoritairement musulmane que les deux pays se disputent.Ces échanges de tirs, les frappes indiennes et le face-à-face dans les airs qui se sont poursuivis dans la journée ont fait franchir mercredi un nouveau palier à la rivalité entre les deux Etats, nés en 1947 d’une douloureuse partition.Pour les experts, une telle intensité n’avait pas été atteinte depuis deux décennies.Comme le Premier ministre indien Narendra Modi l’avait promis, son armée a riposté en détruisant neuf “camps terroristes”, soigneusement identifiés pour “éviter la population ou des secteurs civils”, selon le ministre de la Défense, Rajnath Singh.Mais les missiles indiens qui ont plu sur six villes au Cachemire et au Pendjab pakistanais et les échanges de tirs le long de la frontière contestée ont fait 32 morts et 57 blessés côté pakistanais, selon le dernier bilan de l’armée.Islamabad affirme avoir “abattu cinq avions indiens” dans l’espace aérien de son voisin. Une source sécuritaire indienne a seulement indiqué à l’AFP que trois chasseurs s’étaient écrasés, sans précisions.Les deux voisins étaient sur le pied de guerre depuis l’attaque qui a fait 26 morts à Pahalgam, une ville touristique du Cachemire indien, et n’a pas été revendiquée.L’Inde a attribué celle-ci à un groupe jihadiste basé au Pakistan, le Lashkar-e-Taiba (LeT), et a accusé son voisin.- “Qu’ils arrêtent” -Dans la capitale du Cachemire pakistanais Muzaffarabad, dont une mosquée a été visée par les frappes indiennes, plusieurs maisons ont été détruites, et certains habitants blessés, comme la fille de 15 ans de Safeer Ahmad Awan.”Un éclat d’obus a transpercé la poitrine de ma fille”, raconte ce père de 50 ans à l’AFP.”Ce n’est que lorsque ses vêtements ont commencé à être tachés de sang que nous avons découvert la blessure”, a-t-il ajouté, précisant que le morceau de métal n’a pas encore pu être extrait.De l’autre côté de la frontière de facto, dans la ville de Poonch, dans le Cachemire administré par l’Inde, Madasar Choudhary raconte que sa soeur a vu deux enfants être tués sous ses yeux.”Elle était à la maison lorsque les premiers obus sont tombés”, raconte le jeune homme de 29 ans.”Elle a vu deux enfants sortir de chez son voisin en courant et a crié pour leur dire de rentrer se mettre à l’abri”, a-t-il poursuivi. “Mais des éclats les ont atteints et ils sont morts…”Au total, l’Inde recense 16 civils tués, dont trois femmes et cinq enfants.De nombreuses capitales ont renouvelé leurs appels à la retenue. “Je veux qu’ils arrêtent”, a lancé le président américain Donald Trump.burs-pa/sbh/jma/pt/def