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Allemagne: décès à 103 ans de Margot Friedländer, rescapée de la Shoah

Margot Friedländer, rescapée de l’Holocauste et l’un des témoins les plus éminents en Allemagne des horreurs du nazisme, est décédée vendredi à 103 ans dans sa ville de Berlin, a annoncé sa fondation. “Avec sa mort, l’Allemagne perd une voix importante de l’histoire contemporaine”, a estimé la fondation dans un communiqué.”Depuis son retour dans sa ville natale, après six décennies d’exil à New York, cette citoyenne d’honneur de Berlin s’était engagée sans relâche en faveur de la réconciliation et de la mémoire”, a-t-elle ajouté.Margot Friedländer aurait dû recevoir ce vendredi l’une des plus hautes décorations allemandes des mains du chef de l’Etat Frank-Walter Steinmeier, mais la cérémonie avait été annulée au dernier moment en raison de sa santé.”La nouvelle du décès de Margot Friedländer m’emplit d’une profonde tristesse”, a déclaré ce dernier. “Elle a offert la réconciliation à notre pays, malgré tout ce que les Allemands lui ont fait subir lorsqu’elle était jeune. Nous ne saurions trop lui être reconnaissants pour ce cadeau”, a-t-il dit dans un communiqué.”Nous nous inclinons devant Margot Friedländer, cette merveilleuse Juive allemande de Berlin”, a-t-il ajouté.Cette femme d’apparence frêle toujours élégamment vêtue – elle avait posé en Une du magazine de mode Vogue en 2024 – était revenue dans sa ville natale de Berlin pour la première fois en 2003.Elle avait alors dédié sa vie à aller à la rencontre des jeunes pour raconter son histoire et prôner l’empathie comme antidote contre la haine.”Ne regardez pas ce qui vous sépare. Regardez ce qui vous unit. Soyez humains”, avait-elle encore plaidé l’an passé.Née Margot Bendheim en 1921 dans une famille de fabricants de boutons, elle a suivi une formation de couturière.Sous le nazisme, elle a perdu ses parents et son jeune frère, assassinés dans les camps de concentration. Elle même fut envoyée en 1944 dans celui de Theresienstadt, en actuelle République tchèque, où elle rencontra son futur mari Adolf Friedländer. Tous deux ont survécu, se sont mariés et sont partis faire leur vie aux Etats-Unis. Après le décès d’Adolf en 1997, elle avait rencontré le producteur allemand Thomas Halaczinsky qui lui avait proposé de venir à Berlin pour tourner un documentaire sur sa vie.En 2010, elle décidera finalement de s’installer définitivement dans sa ville natale.

Léon XIV déplore le recul de la foi lors de sa première messe

Léon XIV, premier pape américain de l’Histoire, a déploré le recul de la foi vendredi lors d’une première messe dans la droite ligne de son prédecesseur François. Après quelques mots en anglais pour inviter à “annoncer l’Évangile”, Robert Francis Prevost, 69 ans, a prononcé en italien sa première homélie en tant que chef de l’Eglise catholique, devant les cardinaux réunis dans la chapelle Sixtine.Ce pasteur augustinien féru d’histoire chrétienne et de mathématiques y a déploré le recul de la foi au profit “d’autres certitudes comme la technologie, l’argent, le succès, le pouvoir, le plaisir”.Léon XIV, qui portait des chaussures noires comme François et non rouges comme le veut la tradition papale, a également déploré “les contextes où Jésus, bien qu’apprécié en tant qu’homme, est réduit à une sorte de leader charismatique ou de surhomme”.Lors de sa première apparition jeudi soir devant une foule en liesse de quelque 100.000 personnes place Saint-Pierre, Léon XIV s’était adressé aux plus de 1,4 milliard de catholiques: “Que la paix soit avec vous tous!”Vendredi en milieu de journée, le Vatican a rendu public tous les engagement prévus à court terme de Léon XIV.La messe d’inauguration de son pontificat aura lieu ainsi le dimanche 18 mai place Saint-Pierre où il tiendra trois jours plus tard, le mercredi 21 mai, sa première audience générale.”Le pape Léon XIV va apporter son génie propre à l’Eglise, c’est quelque chose de très positif” a affirmé vendredi à l’AFP le cardinal français François-Xavier Bustillo, décrivant un pape “doux et déterminé”.Les réactions internationales se sont multipliées après son élection.Donald Trump a parlé d’un “grand honneur” pour les Etats-Unis, le président français Emmanuel Macron a plaidé pour un pontificat “porteur de paix et d’espérance”. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a espéré que le Vatican continuera à soutenir “moralement et spirituellement” Kiev, et Vladimir Poutine s’est dit certain d’une coopération constructive entre la Russie et le Vatican.- “Héritage de François” -Son élection a suscité la fierté de nombreux fidèles au Pérou, où Robert Francis Prevost a passé des années. “Il a montré sa proximité, sa simplicité avec les gens”, a affirmé à l’AFP Luis Alberto Barrera, l’évêque d’El Callao.”J’espère juste qu’il va porter l’héritage de François”, a affirmé à Houston Azul Montemayor, 29 ans, en espérant “qu’il ne se laissera pas entraîner par une idéologie plus conservatrice comme on en a en ce moment aux Etats-Unis avec le président Trump”.Avant d’être élu pape, Robert Francis Prevost a été très actif sur les réseaux sociaux, n’hésitant pas à affirmer sur X que le vice-président américain “JD Vance a tort” car “Jésus ne nous demande pas de hiérarchiser notre amour pour les autres”.Dans les prochains jours, Léon XIV honorera une série de rendez-vous, dont la prière du Regina Coeli dimanche à 12H00 (10H00 GMT), et rencontrera lundi matin les journalistes au Vatican.Ses premiers faits et gestes seront observés de près: décidera-t-il de vivre à la résidence Sainte-Marthe, comme François, ou reviendra-t-il dans les appartements pontificaux? Quelles seront ses premières décisions?Le natif de Chicago devra rapidement affronter des défis considérables pour une Eglise en perte de vitesse en Europe: finances, lutte contre la pédocriminalité, baisse des vocations… Il devra aussi apaiser une Eglise parfois bousculée par le pontificat de François (2013-2025), ponctué de réformes qui ont fait l’objet de vives critiques internes. Sa connaissance parfaite de la Curie romaine (administration du Saint-Siège) devrait l’aider dans cette tâche.Elu par les cardinaux après à peine 24 heures de conclave, le 267e pape de l’Eglise catholique est le quatrième non italien de suite après le Polonais Jean-Paul II (1978-2005), l’Allemand Benoît XVI (2005-2013) et l’Argentin François.- “Manifeste social” -Léon XIV porte “dans son nom un manifeste social” venu de Léon XIII, soulignait vendredi le quotidien Il Messaggero, tandis que La Stampa décrivait un “pape des deux mondes”, né au Nord mais enraciné au Sud.Avec Robert Francis Prevost, homme d’écoute et de synthèse, classé parmi les modérés, les cardinaux ont opté pour la continuité, même si cet Américain, créé cardinal en 2023 par François qui a porté son ascension au Vatican, devrait mettre davantage les formes que son prédécesseur.”Nous cherchions quelqu’un qui suive la voie de François, mais (…) je crois que le pape Léon XIV ne sera pas une photocopie du pape François”, a déclaré le cardinal américain Robert W. McElroy.”C’est à la fois une opposition au gouvernement américain et la prise en considération des critères géopolitiques”, a affirmé à l’AFP François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux.”Et c’est également, à la fois par le choix de son nom Léon XIV, et par son origine missionnaire, un lien qui est fait avec l’Amérique latine, où il vivait”, a-t-il ajouté.

Léon XIV déplore le recul de la foi lors de sa première messe

Léon XIV, premier pape américain de l’Histoire, a déploré le recul de la foi vendredi lors d’une première messe dans la droite ligne de son prédecesseur François. Après quelques mots en anglais pour inviter à “annoncer l’Évangile”, Robert Francis Prevost, 69 ans, a prononcé en italien sa première homélie en tant que chef de l’Eglise catholique, devant les cardinaux réunis dans la chapelle Sixtine.Ce pasteur augustinien féru d’histoire chrétienne et de mathématiques y a déploré le recul de la foi au profit “d’autres certitudes comme la technologie, l’argent, le succès, le pouvoir, le plaisir”.Léon XIV, qui portait des chaussures noires comme François et non rouges comme le veut la tradition papale, a également déploré “les contextes où Jésus, bien qu’apprécié en tant qu’homme, est réduit à une sorte de leader charismatique ou de surhomme”.Lors de sa première apparition jeudi soir devant une foule en liesse de quelque 100.000 personnes place Saint-Pierre, Léon XIV s’était adressé aux plus de 1,4 milliard de catholiques: “Que la paix soit avec vous tous!”Vendredi en milieu de journée, le Vatican a rendu public tous les engagement prévus à court terme de Léon XIV.La messe d’inauguration de son pontificat aura lieu ainsi le dimanche 18 mai place Saint-Pierre où il tiendra trois jours plus tard, le mercredi 21 mai, sa première audience générale.”Le pape Léon XIV va apporter son génie propre à l’Eglise, c’est quelque chose de très positif” a affirmé vendredi à l’AFP le cardinal français François-Xavier Bustillo, décrivant un pape “doux et déterminé”.Les réactions internationales se sont multipliées après son élection.Donald Trump a parlé d’un “grand honneur” pour les Etats-Unis, le président français Emmanuel Macron a plaidé pour un pontificat “porteur de paix et d’espérance”. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a espéré que le Vatican continuera à soutenir “moralement et spirituellement” Kiev, et Vladimir Poutine s’est dit certain d’une coopération constructive entre la Russie et le Vatican.- “Héritage de François” -Son élection a suscité la fierté de nombreux fidèles au Pérou, où Robert Francis Prevost a passé des années. “Il a montré sa proximité, sa simplicité avec les gens”, a affirmé à l’AFP Luis Alberto Barrera, l’évêque d’El Callao.”J’espère juste qu’il va porter l’héritage de François”, a affirmé à Houston Azul Montemayor, 29 ans, en espérant “qu’il ne se laissera pas entraîner par une idéologie plus conservatrice comme on en a en ce moment aux Etats-Unis avec le président Trump”.Avant d’être élu pape, Robert Francis Prevost a été très actif sur les réseaux sociaux, n’hésitant pas à affirmer sur X que le vice-président américain “JD Vance a tort” car “Jésus ne nous demande pas de hiérarchiser notre amour pour les autres”.Dans les prochains jours, Léon XIV honorera une série de rendez-vous, dont la prière du Regina Coeli dimanche à 12H00 (10H00 GMT), et rencontrera lundi matin les journalistes au Vatican.Ses premiers faits et gestes seront observés de près: décidera-t-il de vivre à la résidence Sainte-Marthe, comme François, ou reviendra-t-il dans les appartements pontificaux? Quelles seront ses premières décisions?Le natif de Chicago devra rapidement affronter des défis considérables pour une Eglise en perte de vitesse en Europe: finances, lutte contre la pédocriminalité, baisse des vocations… Il devra aussi apaiser une Eglise parfois bousculée par le pontificat de François (2013-2025), ponctué de réformes qui ont fait l’objet de vives critiques internes. Sa connaissance parfaite de la Curie romaine (administration du Saint-Siège) devrait l’aider dans cette tâche.Elu par les cardinaux après à peine 24 heures de conclave, le 267e pape de l’Eglise catholique est le quatrième non italien de suite après le Polonais Jean-Paul II (1978-2005), l’Allemand Benoît XVI (2005-2013) et l’Argentin François.- “Manifeste social” -Léon XIV porte “dans son nom un manifeste social” venu de Léon XIII, soulignait vendredi le quotidien Il Messaggero, tandis que La Stampa décrivait un “pape des deux mondes”, né au Nord mais enraciné au Sud.Avec Robert Francis Prevost, homme d’écoute et de synthèse, classé parmi les modérés, les cardinaux ont opté pour la continuité, même si cet Américain, créé cardinal en 2023 par François qui a porté son ascension au Vatican, devrait mettre davantage les formes que son prédécesseur.”Nous cherchions quelqu’un qui suive la voie de François, mais (…) je crois que le pape Léon XIV ne sera pas une photocopie du pape François”, a déclaré le cardinal américain Robert W. McElroy.”C’est à la fois une opposition au gouvernement américain et la prise en considération des critères géopolitiques”, a affirmé à l’AFP François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux.”Et c’est également, à la fois par le choix de son nom Léon XIV, et par son origine missionnaire, un lien qui est fait avec l’Amérique latine, où il vivait”, a-t-il ajouté.

9-Mai: Poutine célèbre les soldats russes en Ukraine en présence de dirigeants étrangers

Le président Vladimir Poutine a célébré vendredi le “courage” des soldats russes engagés en Ukraine, devant des milliers de militaires rassemblés sur la place Rouge et une vingtaine de dirigeants étrangers, qui ont fait le déplacement à Moscou pour assister aux commémorations des 80 ans de la victoire sur l’Allemagne nazie.M. Poutine a une nouvelle fois dressé des parallèles historiques entre la Seconde Guerre mondiale et l’assaut de grande ampleur contre l’Ukraine qu’il a ordonné en février 2022, à l’occasion du 9-Mai, date centrale du calendrier patriotique russe.”L’ensemble du pays, la société, le peuple soutiennent les participants à l’opération militaire spéciale” en Ukraine, a déclaré M. Poutine, utilisant l’euphémisme en vigueur pour désigner le conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts civils et militaires et dévaste le territoire ukrainien.”Nous sommes fiers de leur courage et de leur détermination, de leur force d’âme qui nous a toujours apporté la victoire”, a-t-il ajouté, tout en assurant que la Russie “a été et sera une barrière indestructible contre le nazisme, la russophobie, l’antisémitisme”.Vladimir Poutine n’a “aucun droit” de “monopoliser” la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, a réagi Andriï Sibyga, le chef de la diplomatie ukrainienne, en marge d’une rencontre avec ses homologues européens à Lviv, en Ukraine, consacrée à la création d’un tribunal spécial pour juger le “crime d’agression” russe.Dans les tribunes sur la place Rouge se tenaient des vétérans et une vingtaine de dirigeants, dont de nombreux alliés ou partenaires de Moscou comme la Chine, le Brésil, le Kazakhstan, le Bélarus, le Vietnam, l’Arménie, Cuba et le Venezuela.Après le défilé, M. Poutine a reçu au Kremlin le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, ainsi que le Premier ministre slovaque Robert Fico, qui a défié les injonctions de Bruxelles en se rendant à Moscou.Malgré la politique d’isolement prônée par les Occidentaux, le chef de l’Etat serbe Aleksandar Vucic était également présent à Moscou, de même que le président des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, recherché par la justice bosnienne.  – Nombreux armements -Quelque 11.000 soldats ont défilé, dont 1.500 militaires ayant combattu en Ukraine, selon l’agence TASS. Des soldats de 13 pays ont aussi participé à la parade, dont ceux de la Chine, du Vietnam, de la Birmanie et de l’Egypte.M. Poutine a brièvement salué des officiers nord-coréens en marge de la cérémonie, alors que des soldats de Pyongyang ont récemment combattu les Ukrainiens dans la région russe de Koursk.Cette année, de nombreux armements étaient présents au défilé, dont des chars modernes T-90, des missiles Iskander, des systèmes antiaériens S-400 et, pour la première fois, des drones.Un déploiement d’armes plus conséquent que lors des parades de mai 2023 et 2024, lorsque les forces russes étaient dans une situation plus difficile sur le front.Dans les rues de Moscou, décorées avec moult drapeaux et affiches, Elena Gogoleva, une professeur d’université de 65 ans, dit à l’AFP qu’il était “sacré” pour elle de regarder la parade.”J’espère que l’humanité progressiste appréciera l’exploit qu’accomplit notre président”, ajoute-t-elle, en disant être contente de la venue de dirigeants étrangers : “C’est bien, nous ne sommes pas seuls.””C’est super que beaucoup de dirigeants soient venus, ça signifie qu’on se rapproche de la victoire” en Ukraine, abonde Andreï Malakhov, un entrepreneur de 39 ans.- Trêve violée selon Kiev -Le président russe a ordonné d’observer un cessez-le-feu du 8 au 10 mai, à l’occasion des célébrations, mais Kiev a accusé jeudi son adversaire d’attaquer sur tout le front. L’armée russe a, de son côté, dit “respecter strictement” ce cessez-le-feu et simplement “répondre” à des violations ukrainiennes.Des militaires ukrainiens opérant près de la ville de Pokrovsk, dans l’est du pays, ont affirmé à l’AFP vendredi que les combats se poursuivaient, même si des accalmies localisées ont permis évacuer des soldats blessés ou morts.Depuis mardi, l’Ukraine avait multiplié les frappes de drones en Russie, visant notamment la capitale et provoquant le retard ou l’annulation de centaines de vols. La situation était toutefois calme vendredi à Moscou, où l’internet mobile était néanmoins brouillé sur la place Rouge, pour prévenir toute attaque de drones.Ces trois dernières années, M. Poutine a invoqué la mémoire de la victoire sur Hitler pour défendre l’offensive contre l’Ukraine, la Russie assurant vouloir “dénazifier” ce pays dont elle occupe environ 20% du territoire.La Seconde Guerre mondiale, qui a fait plus de 20 millions de morts en URSS et réclamé des sacrifices inouïs à la population, a causé un traumatisme qui nourrit le patriotisme exploité par le président Poutine.

9-Mai: Poutine célèbre les soldats russes en Ukraine en présence de dirigeants étrangers

Le président Vladimir Poutine a célébré vendredi le “courage” des soldats russes engagés en Ukraine, devant des milliers de militaires rassemblés sur la place Rouge et une vingtaine de dirigeants étrangers, qui ont fait le déplacement à Moscou pour assister aux commémorations des 80 ans de la victoire sur l’Allemagne nazie.M. Poutine a une nouvelle fois dressé des parallèles historiques entre la Seconde Guerre mondiale et l’assaut de grande ampleur contre l’Ukraine qu’il a ordonné en février 2022, à l’occasion du 9-Mai, date centrale du calendrier patriotique russe.”L’ensemble du pays, la société, le peuple soutiennent les participants à l’opération militaire spéciale” en Ukraine, a déclaré M. Poutine, utilisant l’euphémisme en vigueur pour désigner le conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts civils et militaires et dévaste le territoire ukrainien.”Nous sommes fiers de leur courage et de leur détermination, de leur force d’âme qui nous a toujours apporté la victoire”, a-t-il ajouté, tout en assurant que la Russie “a été et sera une barrière indestructible contre le nazisme, la russophobie, l’antisémitisme”.Vladimir Poutine n’a “aucun droit” de “monopoliser” la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, a réagi Andriï Sibyga, le chef de la diplomatie ukrainienne, en marge d’une rencontre avec ses homologues européens à Lviv, en Ukraine, consacrée à la création d’un tribunal spécial pour juger le “crime d’agression” russe.Dans les tribunes sur la place Rouge se tenaient des vétérans et une vingtaine de dirigeants, dont de nombreux alliés ou partenaires de Moscou comme la Chine, le Brésil, le Kazakhstan, le Bélarus, le Vietnam, l’Arménie, Cuba et le Venezuela.Après le défilé, M. Poutine a reçu au Kremlin le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, ainsi que le Premier ministre slovaque Robert Fico, qui a défié les injonctions de Bruxelles en se rendant à Moscou.Malgré la politique d’isolement prônée par les Occidentaux, le chef de l’Etat serbe Aleksandar Vucic était également présent à Moscou, de même que le président des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, recherché par la justice bosnienne.  – Nombreux armements -Quelque 11.000 soldats ont défilé, dont 1.500 militaires ayant combattu en Ukraine, selon l’agence TASS. Des soldats de 13 pays ont aussi participé à la parade, dont ceux de la Chine, du Vietnam, de la Birmanie et de l’Egypte.M. Poutine a brièvement salué des officiers nord-coréens en marge de la cérémonie, alors que des soldats de Pyongyang ont récemment combattu les Ukrainiens dans la région russe de Koursk.Cette année, de nombreux armements étaient présents au défilé, dont des chars modernes T-90, des missiles Iskander, des systèmes antiaériens S-400 et, pour la première fois, des drones.Un déploiement d’armes plus conséquent que lors des parades de mai 2023 et 2024, lorsque les forces russes étaient dans une situation plus difficile sur le front.Dans les rues de Moscou, décorées avec moult drapeaux et affiches, Elena Gogoleva, une professeur d’université de 65 ans, dit à l’AFP qu’il était “sacré” pour elle de regarder la parade.”J’espère que l’humanité progressiste appréciera l’exploit qu’accomplit notre président”, ajoute-t-elle, en disant être contente de la venue de dirigeants étrangers : “C’est bien, nous ne sommes pas seuls.””C’est super que beaucoup de dirigeants soient venus, ça signifie qu’on se rapproche de la victoire” en Ukraine, abonde Andreï Malakhov, un entrepreneur de 39 ans.- Trêve violée selon Kiev -Le président russe a ordonné d’observer un cessez-le-feu du 8 au 10 mai, à l’occasion des célébrations, mais Kiev a accusé jeudi son adversaire d’attaquer sur tout le front. L’armée russe a, de son côté, dit “respecter strictement” ce cessez-le-feu et simplement “répondre” à des violations ukrainiennes.Des militaires ukrainiens opérant près de la ville de Pokrovsk, dans l’est du pays, ont affirmé à l’AFP vendredi que les combats se poursuivaient, même si des accalmies localisées ont permis évacuer des soldats blessés ou morts.Depuis mardi, l’Ukraine avait multiplié les frappes de drones en Russie, visant notamment la capitale et provoquant le retard ou l’annulation de centaines de vols. La situation était toutefois calme vendredi à Moscou, où l’internet mobile était néanmoins brouillé sur la place Rouge, pour prévenir toute attaque de drones.Ces trois dernières années, M. Poutine a invoqué la mémoire de la victoire sur Hitler pour défendre l’offensive contre l’Ukraine, la Russie assurant vouloir “dénazifier” ce pays dont elle occupe environ 20% du territoire.La Seconde Guerre mondiale, qui a fait plus de 20 millions de morts en URSS et réclamé des sacrifices inouïs à la population, a causé un traumatisme qui nourrit le patriotisme exploité par le président Poutine.

De la Gestapo au trafic de cocaïne: la reconversion de Klaus Barbie exposée dans une enquête

Le criminel de guerre nazi Klaus Barbie a joué un rôle central dans le développement du trafic de cocaïne en Amérique latine, selon une longue enquête de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel parue vendredi.L’hebdomadaire a eu accès à des archives de la CIA et du Congrès américain détaillant les liens de l’ancien chef de la Gestapo lyonnaise avec Roberto Suarez, baron de la drogue bolivien.”Sans lui, Suarez ne serait sans doute pas devenu aussi puissant, la Bolivie ne serait pas devenue le berceau d’une industrie mondiale de la cocaïne, Pablo Escobar et le cartel de Medellin n’auraient pas grandi aussi vite”, détaille le Spiegel.Sous le nom de Klaus Altmann, l’Allemand fait la connaissance du “roi de la cocaïne” à la fin des années 1970 et devient son conseiller en sécurité.Nommé chef de la police nazie à Lyon entre 1942 et 1943, Klaus Barbie avait commandité l’assassinat, la torture et la déportation de résistants et familles juives. Traqué par la justice française après 1945, il fuit en Bolivie en 1951 et s’y forge une réputation locale, jusqu’à conseiller les présidents boliviens en matière de répression, une activité déjà connue.L’ex-“boucher de Lyon” devient “de facto le chef de l’ensemble des services secrets”, avait raconté dans un documentaire l’ancien ministre bolivien de l’Intérieur Gustavo Sánchez.L’article étaye le rôle d’intermédiaire de Klaus Barbie entre les militaires et Roberto Suarez, qui organise dans les années 1970 la culture naissante de la coca.Les deux hommes travaillent étroitement avec le Colombien Pablo Escobar, qui achemine la cocaïne vers les États-Unis.En Bolivie, l’argent de la drogue sert à armer les militaires, auteurs d’un putsch sanglant en 1980.Parmi ces militaires se trouve un groupe de mercenaires néo-nazis, les “Époux de la mort”, dont le quartier général baptisé “Club Bavaria” était orné de croix gammées.Barbie et Suarez “renversent le gouvernement bolivien, installent un régime corrompu qui alimente le trafic de drogue”, d’après l’article.Il révèle aussi que la CIA était au courant de l’implication de Barbie dans le trafic de drogue.En 1982, l’alliance des militaires et des narcotrafiquants implose et Suarez est envoyé en prison en 1988.Klaus Barbie est lui extradé en France en 1983 après avoir été traqué par les époux Klarsfeld. Condamné pour “crime contre l’humanité”, il meurt en prison en 1991, à 77 ans.L’enquête précise que la femme de Roberto Suarez était d’origine juive et que sa tante, résidant à Lyon, avait été déportée sur ordre de Klaus Barbie.