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Le Pakistan bombarde Kaboul dans la “guerre ouverte” déclarée aux autorités talibanes

Le gouvernement pakistanais a déclaré vendredi la “guerre ouverte” aux autorités talibanes après une offensive afghane lancée la veille à sa frontière, qui a conduit Islamabad à bombarder notamment Kaboul en représailles, après des mois de dégradation de leurs relations. Longtemps proches, le Pakistan, puissance nucléaire, et l’Afghanistan s’affrontent sporadiquement depuis que les dirigeants talibans ont repris le contrôle de Kaboul en août 2021. Le Pakistan accuse les autorités afghanes d’abriter des activistes armés qui lancent des attaques sur le territoire pakistanais – ce que l’Afghanistan dément. La plupart des attaques ont été revendiquées par les talibans pakistanais (TTP).Les heurts se sont intensifiés dernièrement et depuis les combats d’octobre qui ont fait 70 morts de part et d’autre, leur frontière commune reste largement fermée.Le Pakistan a frappé dans la nuit plusieurs sites afghans dont les principales villes Kaboul et Kandahar et la province frontalière de Paktia (est). Une “réponse appropriée” à l’attaque afghane de la veille, selon le ministre pakistanais de l’Intérieur Mohsin Naqvi.”Notre patience a atteint ses limites. C’est désormais la guerre ouverte entre nous et vous”, a déclaré le ministre de la Défense pakistanais, Khawaja Asif, sur X.”Nos troupes ont toute la capacité nécessaire pour écraser toute ambition agressive”, a renchéri le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, sur le compte X de son gouvernement.Des journalistes de l’AFP à Kaboul ont entendu plusieurs violentes explosions ainsi que des avions de chasse tôt vendredi jusqu’à l’aube. A Kandahar (sud), où réside le chef suprême des talibans Hibatullah Akhundzada, un autre journaliste de l’AFP a également indiqué avoir entendu des avions.Les rues de Kaboul étaient redevenues calmes après le lever du jour, en ce vendredi du mois de ramadan. Des journalistes de l’AFP n’ont pas observé de présence renforcée des forces de sécurité dans la ville ni aux points de contrôle.En réponse aux bombardements nocturnes, les autorités talibanes ont annoncé vendredi de nouvelles frappes à “grande échelle contre des positions de soldats pakistanais”. – Poste-frontière -Vers 09H30 (05H00 GMT), des coups de feu et des tirs d’artillerie ont été entendus vendredi par des journalistes de l’AFP en territoire afghan, près du poste-frontière stratégique de Torkham, l’un des rares restés ouverts entre Afghanistan et Pakistan. Près du poste-frontière, le camp d’Omari, qui accueille des Afghans rapatriés en masse du Pakistan, a essuyé des tirs pendant la nuit, poussant des personnes à fuir.”J’ai vu du sang, (des tirs) ont blessé deux ou trois enfants et deux ou trois femmes”, a déclaré vendredi à l’AFP Gander Khan, rapatrié afghan de 65 ans. Jeudi, l’armée afghane avait lancé des “attaques massives” à la frontière, en riposte à des bombardements pakistanais le weekend dernier.Islamabad avait alors dit avoir visé des camps “terroristes” réponse à des attentats-suicides au Pakistan, et fait plus de 80 morts, selon une source sécuritaire.En retour, le porte-parole des autorités talibanes Zabihullah Mujahid a affirmé que les forces afghanes avaient pris, jeudi, 15 avant-postes pakistanais et tué des “dizaines” de soldats.Le gouvernement taliban a confirmé vendredi les frappes pakistanaises. Le ministère afghan de la Défense a indiqué que huit de ses soldats avaient été tués lors de l’offensive terrestre de jeudi.Un porte-parole du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a lui évoqué de “lourdes pertes” infligées aux Afghans.Le ministère pakistanais de l’Information a accusé l’Afghanistan d’avoir “ouvert le feu unilatéralement”.- Offre de médiation iranienne et chinoise -Selon la mission de l’ONU en Afghanistan, les bombardements du weekend dernier, les plus importants depuis octobre, ont tué au moins 13 civils, tandis que le gouvernement taliban a affirmé qu’au moins 18 personnes avaient péri.Avec ces frappes nocturnes, “le Pakistan semble avoir étendu ses frappes, qui ne visent plus seulement le TTP (talibans pakistanais) mais désormais aussi le régime taliban”, a observé sur X Michael Kugelman, spécialiste de l’Asie du Sud, notant une “escalade significative et dangereuse”.Une brève trêve entérinée le 19 octobre avait été jugée caduque neuf jours plus tard par le Pakistan qui avait accusé l’Afghanistan d’orchestrer des attentats menés par les TTP.Depuis, des cycles de négociations ont échoué à désamorcer le conflit, même si une intervention de l’Arabie saoudite a permis de faciliter la libération de trois soldats pakistanais capturés par les Afghans en octobre.Les ministères iranien puis chinois des Affaires étrangères ont proposé vendredi d’œuvrer à la médiation entre les deux pays voisins.Les chefs de la diplomatie saoudienne et pakistanaise se sont aussi entretenus au téléphone des moyens “de réduire les tensions” dans la région, selon un communiqué publié vendredi par Ryad.burs/phs/lgo/ega

En Inde, espoir autour d’un vaccin contre la dengue dans sa phase finale d’essais

Un vaccin à dose unique contre la dengue entre dans sa dernière phase d’essais en Inde, suscitant l’espoir d’un remède efficace contre cette maladie transmise par les moustiques en forte recrudescence dans le monde.Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la moitié de la population mondiale est aujourd’hui exposée au risque de dengue, responsable de 100 à 400 millions d’infections chaque année.Le virus peut provoquer forte fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, nausées et éruptions cutanées. Dans de rares cas, il peut être mortel.A l’heure actuelle, l’OMS ne recommande qu’un seul vaccin contre la dengue – le Qdenga, produit par le japonais Takeda – pour les enfants âgés de 6 à 16 ans vivant dans des zones à forte transmission. Il nécessite deux doses.Par ailleurs, un premier vaccin à dose unique contre cette maladie virale a été approuvé par le Brésil fin 2025.Aucun n’est disponible en Inde, alors que le pays le plus peuplé de la planète – près de 1,5 milliard d’habitants – a recensé depuis 2021 plus d’un million de cas et au moins 1.500 décès.Mais, après quelque 15 années de recherche, le groupe pharmaceutique indien Panacea Biotec a entamé la phase finale des essais cliniques de son vaccin, DengiAll.Il sera testé sur plus de 10.000 volontaires à travers le pays, qui recevront soit le vaccin, soit un placebo. Les résultats sont attendus en fin d’année. “Nous allons essayer de rendre ce vaccin disponible le plus rapidement possible”, déclare à l’AFP Syed Khalid Ali, le directeur scientifique de Panacea Biotec.- “Encore trop tôt” -Selon Ekta Gupta, professeure de virologie à l’Institut des sciences du foie et des voies biliaires à New Delhi, la dengue est désormais considérée comme hyper-endémique en Inde.”Ce vaccin est vraiment nécessaire à l’heure actuelle pour limiter le nombre de cas ou au moins en prévenir les formes graves”, souligne-t-elle.Lors de la mousson estivale, la hausse des températures et les fortes précipitations favorisent la prolifération du moustique tigre et entraînent généralement une augmentation des cas.Les hôpitaux se retrouvent souvent débordés et, dans les régions rurales, les patients sont diagnostiqués tardivement et disposent d’un accès insuffisant aux soins.A l’image du vaccin mis au point au Brésil, DengiAll serait capable de cibler les quatre types de virus de la dengue, qui circulent simultanément en Inde. Un défi de longue date, l’immunité acquise contre une souche ne protégeant pas contre les autres.Le vaccin doit encore être approuvé par les autorités sanitaires pour être rendu disponible dans le pays.Dans les laboratoires de Panacea BiotecPriyanka Priyadarsiny, responsable recherche et développement, explique que “ce n’est qu’après avoir satisfait aux spécifications réglementaires qu’un produit peut être considéré comme une substance pharmaceutique”. Syed Khalid Ali affirme que DengiAll pourrait être administré aux personnes âgées de 1 à 60 ans et devrait leur offrir une protection durable.Des experts soulignent qu’un vaccin efficace et fabriqué en Inde pourrait être déployé à grande échelle dans nombre d’autres pays à faible revenu. Le virologue et chercheur à l’université d’Oxford Shahid Jameel a averti que l’incidence de la dengue pourrait augmenter de 50 à 75% d’ici 2050, le virus se propageant rapidement sous l’effet du changement climatique et de la mondialisation. “Des essais de phase III et un suivi sont nécessaires pour savoir (…) s’il est sûr et efficace”, rappelle le virologue. “Il est encore trop tôt, mais l’avenir laisse entrevoir des perspectives.”

Bill Clinton passe au gril sur ses liens de proximité avec Epstein

L’ex-président américain Bill Clinton va devoir s’expliquer vendredi devant une commission d’enquête parlementaire sur ses liens avec Jeffrey Epstein, nombreux et documentés, au moment où les démocrates tentent de mettre les projecteurs sur la relation entre Donald Trump et le criminel sexuel. Comme pour l’actuel président américain, lui aussi âgé de 79 ans, le nom de celui qui a occupé la fonction entre 1993 et 2001 apparaît à de multiples reprises dans le dossier, sans qu’aucun fait répréhensible ne lui ait jamais été imputé.Car tout comme Donald Trump, Bill Clinton a été proche du financier new-yorkais, voyageant à plusieurs reprises à bord de son jet privé, et ayant été photographié de nombreuses fois en sa compagnie. Parmi les images récemment déclassifiées par la justice américaine, on le voit participer avec lui à des événements mondains, mais aussi dans des cadres privés, parfois aux côtés de femmes dont le visage a été masqué avant publication. Sur une photo, il est dans un bain à remous.A plusieurs reprises, Bill Clinton a assuré qu’il ignorait tout des crimes du financier, qui avait plaidé coupable en 2008 de sollicitation de prostitution de mineure et exécuté une peine de 18 mois de prison. L’année de la mort de Jeffrey Epstein en 2019, l’ex-président déclarait ne pas lui avoir parlé depuis plus d’une décennie.Une ligne de défense rappelée par son épouse, Hillary Clinton, entendue jeudi dans les mêmes conditions.”La grande majorité des personnes qui ont eu des contacts avec lui avant ses aveux de culpabilité en 2008 (…) ne savaient pas ce qu’il faisait”, a-t-elle insisté devant la presse.Comme elle, l’ex-chef de l’Etat va être entendu dans une salle municipale de la petite ville cossue de Chappaqua, au nord de New York, où le couple possède une maison.L’ancienne cheffe de la diplomatie américaine, qui a répété qu’elle n’avait pour sa part jamais rencontré le criminel sexuel, s’est montrée pugnace devant les membres de la commission à majorité républicaine. – Nouvelles révélations -“Si cette commission voulait sérieusement connaître la vérité sur les crimes d’exploitation sexuelle d’Epstein (…) elle demanderait directement à notre président actuel de s’expliquer sous serment sur les dizaines de milliers de fois où il apparaît dans le dossier”, a-t-elle lancé.Les élus démocrates au sein de la commission ont aussi réclamé une audition du président américain en exercice, se basant sur de nouvelles révélations de la presse américaine.Selon celles-ci, le ministère de la Justice aurait récemment empêché la publication de documents relayant les accusations d’une femme affirmant avoir été agressée sexuellement quand elle était mineure par Jeffrey Epstein et par Donald Trump.”Ce sont des documents qui accusent le président des Etats-Unis de faits très graves de violence sexuelle”, a insisté le représentant de Californie Robert Garcia.Le témoignage des époux Clinton clôt des mois de bataille avec le chef républicain de la commission d’enquête, James Comer.Initialement convoqués en octobre, Bill et Hillary Clinton avaient refusé de se présenter, dénonçant une tentative des républicains de détourner l’attention de la proximité passée entre Jeffrey Epstein et Donald Trump.Menacé par la commission de poursuites pour entrave au Congrès, le couple a finalement annoncé fin janvier accepter d’être entendu. Tous deux ont exigé en vain des auditions publiques, disant vouloir éviter une instrumentalisation de leurs propos par les républicains.Si l’audition n’est pas publique, son enregistrement devrait toutefois être dévoilé à son issue, probablement vendredi soir.Depuis la publication le 30 janvier d’une nouvelle salve de documents, pour partie caviardés, plusieurs dirigeants et personnalités du monde entier ont été éclaboussés pour leurs liens passés avec Jeffrey Epstein, provoquant enquêtes pénales, arrestations et démissions, principalement en Europe.

Le Pakistan déclare la “guerre” aux autorités talibanes d’Afghanistan

Le gouvernement pakistanais a déclaré vendredi la “guerre ouverte” aux autorités talibanes après une offensive afghane lancée la veille à sa frontière, qui a conduit Islamabad à bombarder notamment Kaboul en représailles.Le Pakistan a frappé dans la nuit plusieurs sites afghans dont les principales villes Kaboul et Kandahar, une “réponse appropriée”, selon le ministre pakistanais de l’Intérieur Mohsin Naqvi, à l’attaque afghane de la veille.”Notre patience a atteint ses limites. C’est désormais la guerre ouverte entre nous et vous”, a déclaré le ministre de la Défense pakistanais, Khawaja Asif, sur X.”Nos troupes ont toute la capacité nécessaire pour écraser toute ambition agressive”, a renchéri le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, sur le compte X de son gouvernement.Des journalistes de l’AFP à Kaboul ont entendu plusieurs violentes explosions ainsi que des avions de chasse tôt vendredi jusqu’à l’aube. A Kandahar (sud), où réside le chef suprême des talibans Hibatullah Akhundzada, un autre journaliste de l’AFP a également indiqué avoir entendu des avions.Les rues de Kaboul étaient redevenues calmes après le lever du jour, en ce vendredi du mois de ramadan. Des journalistes de l’AFP n’ont pas observé de présence renforcée des forces de sécurité dans la ville ni aux points de contrôle.Les relations entre le Pakistan, puissance nucléaire, et l’Afghanistan dirigé par les autorités talibanes depuis 2021 se sont fortement dégradées ces derniers mois. Les points de passage terrestres sont largement fermés depuis de précédents combats qui ont fait plus de 70 morts de part et d’autre en octobre.- “Attaques massives” -Jeudi, l’armée afghane a annoncé des “attaques massives” à la frontière, en riposte à des bombardements pakistanais le weekend dernier.Islamabad avait alors dit avoir visé des camps “terroristes” et fait plus de 80 morts, selon une source sécuritaire.En retour, le porte-parole des autorités talibanes Zabihullah Mujahid a affirmé que les forces afghanes avaient pris jeudi 15 avant-postes pakistanais et tué des “dizaines” de soldats.Le gouvernement taliban a confirmé vendredi les frappes pakistanaises, qui selon M. Mujahid n’ont pas fait de victimes.Le ministre de l’information pakistanais Attaullah Tarar a précisé qu’elles avaient visé “des cibles de la défense talibane afghane” à Kaboul, Kandahar et dans la province frontalière de Paktia (est). Les autorités talibanes ont en retour annoncé vendredi de nouvelles frappes à “grande échelle contre des positions de soldats pakistanais”.Le ministère afghan de la Défense a indiqué que huit de ses soldats avaient été tués lors de l’offensive terrestre de jeudi, déclenchée depuis les provinces afghanes de Nangarhar et Kunar.Un porte-parole du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a lui évoqué de “lourdes pertes” infligées alors aux Afghans.Le ministère pakistanais de l’Information a accusé l’Afghanistan d’avoir jeudi “ouvert le feu unilatéralement sur plusieurs positions”, le long de la frontière avec la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa.- Escalade -L’assaut des forces afghanes fait suite aux frappes aériennes pakistanaises du weekend dernier dans les provinces de Nangarhar et de Paktika, présentées par Islamabad comme une réponse à des attentats-suicides au Pakistan.Selon la mission de l’ONU en Afghanistan, ces bombardements, les plus importants depuis octobre, ont causé la mort d’au moins 13 civils, tandis que le gouvernement taliban a affirmé qu’au moins 18 personnes avaient péri.Longtemps proches, le Pakistan et l’Afghanistan s’affrontent sporadiquement depuis que les dirigeants talibans ont pris le contrôle de Kaboul en août 2021. Islamabad accuse les autorités afghanes d’abriter des activistes armés qui lancent des attaques sur le territoire pakistanais. Ce que Kaboul dément.La plupart des attaques ont été revendiquées par les talibans pakistanais (TTP).- Offre iranienne -Les frappes nocturnes marquent “une escalade significative et dangereuse par rapport aux affrontements précédents”, a observé sur X Michael Kugelman, spécialiste de l’Asie du Sud. “Le Pakistan semble avoir étendu ses frappes, qui ne visent plus seulement le TTP mais désormais aussi le régime taliban”, a-t-il ajouté.Depuis octobre, les points de passage terrestres entre les deux pays ne sont ouverts qu’aux Afghans voulant rentrer dans leur pays.Une brève trêve entérinée le 19 octobre après une médiation du Qatar et de la Turquie avait été jugée caduque neuf jours plus tard par le Pakistan qui avait accusé l’Afghanistan d’orchestrer des attentats menés par les talibans pakistanais (TTP).Des cycles de négociations ont depuis échoué à désamorcer le conflit, même si une intervention de l’Arabie saoudite a permis de faciliter la libération de trois soldats pakistanais capturés par les Afghans en octobre.Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a offert vendredi l’aide de l’Iran pour “faciliter le dialogue” entre les deux pays voisins après cet embrasement.Les chefs de la diplomatie saoudienne et pakistanaise se sont aussi entretenus au téléphone des moyens “de réduire les tensions” dans la région, selon un communiqué publié vendredi par Ryad.burs/phs/lgo/ega

L’heure du réquisitoire au procès en appel sur l’assassinat de Samuel Paty

Les avocates générales prennent vendredi leurs réquisitions contre quatre hommes jugés en appel pour leur rôle dans l’assassinat du professeur Samuel Paty, décapité par un islamiste radical pour avoir montré des caricatures du Prophète Mahomet dans son cours sur la liberté d’expression.Initialement prévu vendredi, le verdict de la cour d’assises spéciale de Paris a été repoussé à lundi, au terme de cinq semaines d’une audience houleuse sur ce crime commis le 16 octobre 2020 par Abdoullakh Anzorov, près du collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Ce jihadiste tchétchène de 18 ans avait été abattu par la police, qu’il menaçait.Un parent d’élèves, Brahim Chnina, aujourd’hui âgé de 54 ans, et un militant islamiste aguerri, Abdelhahim Sefrioui, 66 ans, comparaissent pour avoir été les artisans de la campagne de haine en ligne contre le professeur d’histoire-géographie, dont Anzorov avait pris connaissance sur les réseaux sociaux. En première instance, ils avaient été respectivement condamnés à 13 et 15 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste.Deux proches d’Anzorov, originaires comme lui du quartier de la Madeleine à Evreux, répondent de complicité d’assassinat. Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans, condamnés à seize ans de réclusion en 2024, disent ne pas avoir eu conscience de la dérive jihadiste de leur ami, ni du crime qu’il préparait. Ils ne présentent pas un profil d’islamistes radicaux.Si Brahim Chnina a exprimé sa “honte” et ses regrets pour la cabale en ligne, cela n’a pas été le cas d’Abdelhakim Sefrioui: entre deux digressions théologico-politiques, il s’est posé en héraut des droits des musulmans, livré à la “vindicte” publique par les autorités françaises avec la complicité de “médias aux ordres”. Les deux hommes nient que leur campagne ait été déclenchée par la question du blasphème ou les caricatures, même si Abdelhakim Sefrioui a affirmé que celles-ci n’étaient “acceptées par aucun musulman”. Au moment des faits, Al-Qaïda venait de menacer de nouveau la France après la republication de ses caricatures par Charlie Hebdo à l’occasion du procès des attentats de janvier 2015. Et le 25 septembre, deux personnes avaient été blessées lors d’une attaque jihadiste devant les anciens locaux parisiens de l’hebdomadaire.- Débats éprouvants -Abdelhakim Sefrioui affirme avoir agi contre ce qu’il pensait alors être une “stigmatisation” des élèves musulmans par Samuel Paty; quant à Brahim Chnina, il n’aurait été animé que par la colère de ce qu’il pensait être une injustice faite à sa fille, élève du collège.Pour dissimuler une exclusion pour indiscipline, celle-ci avait affirmé à ses parents que Samuel Paty avait demandé aux élèves musulmans de sortir de son cours au moment de montrer des caricatures. Ces lignes de défense ont été fragilisées par les témoignages de la fille d’Abdelhakim Sefrioui et de la principale du collège, ainsi que par les contenus des messages et des vidéos d’une cabale qui ne s’est arrêtée qu’avec la mort du professeur.Accusation et parties civiles campent sur la ligne du verdict de première instance: selon la première cour d’assises, en lançant une “véritable fatwa numérique” contre Samuel Paty, les deux hommes “savaient nécessairement” que cette campagne pouvait “conduire à des réactions violentes, voire mortelles, de la part d’individus radicalisés” et étaient “conscients de la réalité de la menace terroriste” qu’ils faisaient peser sur leur cible.Pour la défense, au contraire, les deux hommes n’avaient ni conscience du crime à venir ni intention qu’il advienne. Une confirmation de la condamnation marquerait une vision bien trop extensive de l’incrimination d’association de malfaiteurs terroriste, selon leurs avocats.Eprouvants pour la famille de Samuel Paty, les débats ont été hachés par une succession d’incidents et de contentieux soulevés par la défense. Fait rarissime, deux magistrates assesseures ont été écartées de la cour après que la défense a mis en doute leur impartialité. Les variations dans les deux auditions successives du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a par ailleurs pris l’initiative étonnante d’écrire directement à la présidente de la cour pour lui préciser sa pensée et sa conviction de la culpabilité de Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui, ont occupé plusieurs jours la cour. Avec du côté de la défense, la volonté évidente de fourbir ses armes en cas de pourvoi en cassation.

L’Iran salue de “bons progrès”, nouveaux pourparlers avec Washington “dans moins d’une semaine”

De “très bons progrès”: l’Iran s’est montré confiant jeudi soir après des discussions indirectes à Genève avec les Etats-Unis, et a annoncé une probable nouvelle session dans moins d’une semaine. Ces pourparlers apparaissent comme ceux de la dernière chance pour éviter une confrontation militaire après un déploiement américain massif au Moyen-Orient.Donald Trump avait lancé le 19 …

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Bateau intercepté: Cuba dit les Etats-Unis prêts à “coopérer” à l’enquête

Cuba a affirmé jeudi que les Etats-Unis s’étaient dits prêts à “coopérer” à l’enquête sur l’échange de tirs meurtrier survenu mercredi au large de ses côtes, assurant que l’île se défendrait contre toute “agression terroriste”. La Havane a dénoncé mercredi une tentative d’”infiltration à des fins terroristes” d’un groupe armé après avoir abattu au large de …

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Affaire Epstein: auditionnée, Hillary Clinton juge que c’est Trump qui doit être entendu

L’ex-cheffe de la diplomatie américaine Hillary Clinton a contre-attaqué jeudi, lors de son audition devant une commission d’enquête parlementaire sur les relations de son couple avec Jeffrey Epstein, en réclamant que Donald Trump soit entendu sur ses liens avec le criminel sexuel.Au terme de l’audition, elle a répété devant la presse ce qu’elle a toujours …

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L’Iran salue de “bons progrès”, nouveaux pourparlers avec Washington “dans moins d’une semaine”

De “très bons progrès”: l’Iran s’est montré confiant jeudi soir après des discussions indirectes à Genève avec les Etats-Unis, et a annoncé une probable nouvelle session dans moins d’une semaine. Ces pourparlers apparaissent comme ceux de la dernière chance pour éviter une confrontation militaire après un déploiement américain massif au Moyen-Orient.Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de “10 à 15 jours” pour décider si un accord avec Téhéran était possible ou s’il allait recourir à la force. “Nous avons fait de très bons progrès et abordé très sérieusement les éléments d’un accord, tant dans le domaine nucléaire que dans celui des sanctions”, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, à la télévision d’Etat.”Il a (…) été décidé que le prochain cycle de négociations se tiendrait très bientôt, peut-être dans moins d’une semaine”, a-t-il ajouté.Il a confié plus tard sur X que la dernière session de négociations à Genève avait été “la plus intense à ce jour”, estimant que “de nouveaux progrès ont été réalisés dans notre engagement diplomatique avec les Etats-Unis”.Des discussions “entre équipes techniques” se tiendront au prélable lundi à Vienne en Autriche, avec “l’aide d’experts” de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).Le médiateur omanais a également parlé “de progrès significatifs”, via son chef de la diplomatie Badr al-Busaidi.- Portée de missiles -Les deux parties ont mené jeudi pendant plusieurs heures, interrompues par une pause à la mi-journée, une troisième session de pourparlers à la résidence de l’ambassadeur d’Oman, près de Genève. Washington veut arracher un accord empêchant notamment l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, une crainte des Occidentaux alimentant de longue date les tensions avec Téhéran.La République islamique dément nourrir de telles ambitions mais campe sur son “droit” au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.Autre sujet de discorde: Washington exige d’aborder la question du programme balistique iranien, ce qu’exclut l’Iran, dont la diplomatie a affirmé que seul le dossier nucléaire serait débattu.Dans son discours sur l’état de l’Union, le président Trump a accusé mardi l’Iran de disposer de “missiles qui peuvent menacer l’Europe” et les bases militaires américaines, et d’oeuvrer à en concevoir des plus puissants, capables “d’atteindre bientôt les Etats-Unis”. Téhéran, qui affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2.000 km, a dénoncé de “gros mensonges”.L’Iran dispose d’un large arsenal conçu localement, incluant des Shahab-3, qui peuvent atteindre Israël, son ennemi juré, et des pays d’Europe orientale.- “Idées nouvelles et créatives” -“Les négociateurs font preuve d’une ouverture sans précédent à des idées et solutions nouvelles et créatives”, a salué plus tôt jeudi M. Busaidi, après avoir rencontré l’émissaire américain Steve Witkoff, qui est accompagné du gendre de Donald Trump, Jared Kushner.Selon le Wall Street Journal, ces derniers porteraient toutefois des demandes maximalistes, incluant un démantèlement total des trois principaux sites nucléaires iraniens, Fordo, Natanz et Ispahan – ciblés par des frappes américaines en juin – et la remise aux Etats-Unis des stocks d’uranium enrichi du pays.  Les deux pays ennemis avaient renoué le dialogue le 6 février à Oman, avant de se retrouver le 17 – déjà en Suisse. De précédents pourparlers avaient été interrompus par la guerre déclenchée en juin 2025 par Israël contre l’Iran, à laquelle Washington s’était brièvement joint. – Etudiants suspendus -Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang en janvier d’un vaste mouvement de contestation des Iraniens, auxquels Donald Trump avait alors promis de venir “en aide”. De nouveaux rassemblements ont eu lieu ces derniers jours dans les universités, et trois étudiants ont été suspendus pour avoir brûlé le drapeau de la République islamique, adopté après la révolution de 1979 qui a renversé la monarchie.Washington compte actuellement 13 navires de guerre au Moyen-Orient. Il y a déployé deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, qui a repris la mer jeudi après un arrêt en Crète, selon un photographe de l’AFP.

“L’Attachement” et “Nouvelle Vague” s’imposent aux Césars

La 51e cérémonie des César a récompensé jeudi le long-métrage “Nouvelle Vague” de quatre prix, tandis que “L’Attachement” a remporté trois trophées dont celui de meilleur film, au cours d’une soirée qui a rendu hommage au peuple iranien, victime d’une répression sanglante.Dès le début de cette édition, sa présidente Camille Cottin a tenu à la dédier “à tous les peuples qui, dans le monde, luttent pour la liberté”, alors que certains invités arboraient un pin’s en solidarité avec le peuple iranien sur le tapis rouge.L’actrice franco-iranienne Golshifteh Farahani, qui remettait le prix du meilleur scénario original, a ensuite rendu hommage tout de noir vêtue au “peuple iranien qui se bat depuis des décennies pour sa liberté, les mains vides, souvent seul, armé de son courage et d’une culture parmi les plus anciennes du monde”.Le réalisateur iranien Jafar Panahi — Palme d’or au dernier Festival de Cannes et dont le film prétendait au César du meilleur long-métrage –, qui a été condamné à un an de prison dans son pays, était présent dans la salle.Vimala Pons et Pierre Lottin, tous les deux récompensés d’un César pour un second rôle, ont aussi lancé un message de solidarité avec les Iraniens en recevant leur trophée.- Léa Drucker, deuxième -La soirée a finalement couronné “Nouvelle Vague”, film le plus récompensé avec quatre statuettes, qui revisite le tournage du mythique “A bout de souffle” à la fin des années 1950. Richard Linklater a décroché le César de la meilleure réalisation.”Ceci est pour moi un honneur presque écrasant”, a remercié le cinéaste américain, absent et s’exprimant par la voix de l’acteur Guillaume Marbeck, Jean-Luc Godard à l’écran.L’autre grand vainqueur est “L’Attachement” de Carine Tardieu, récompensé trois fois, dont la distinction de meilleur film. “La trame repose sur tout ce qui nous relie les uns aux autres dans cette société qui érige des murs un peu partout”, a exprimé la réalisatrice de 52 ans.Son film raconte la relation d’une femme avec les enfants de son voisin à la mort de leur mère et la place qu’elle prend peu à peu dans leur vie.Chez les acteurs, deux figures installées du cinéma français ont été distinguées. Léa Drucker, pour son rôle d’enquêtrice de l’IGPN dans “Dossier 137”, a reçu son deuxième César de la meilleure actrice. Une performance réalisée seulement par Isabelle Huppert, Catherine Deneuve, Nathalie Baye, Romy Schneider ou encore Sabine Azéma avant elle.Chez les hommes, Laurent Lafitte a lui reçu le tout premier César de sa carrière à 52 ans pour son rôle flamboyant inspiré du photographe François-Marie Banier dans “La femme la plus riche du monde” avec Isabelle Huppert en Liliane Bettencourt.- Bardot huée -La soirée a aussi été l’occasion d’un hommage à l’acteur Jim Carrey. Le réalisateur français Michel Gondry, qui lui a offert l’un de ses rôles les plus marquants dans “Eternal Sunshine of the Spotless Mind”, lui a remis un César d’honneur.L’acteur de 64 ans, connu pour certaines des comédies les plus populaires des années 1990 (“The Mask”, “Ace Ventura”, Dumb and Dumber”), a remercié l’Académie dans un discours intégralement en français.Un bref hommage a aussi été rendu à Brigitte Bardot, légende du cinéma des années 1950 et 1960, disparue le 28 décembre dernier à 91 ans. Un geste qui a été accueilli par quelques huées, alors que l’actrice a été proche de l’extrême droite.La cérémonie a comme à son habitude servi de relais au monde du cinéma pour porter certains combats, en présence de la nouvelle ministre de la Culture Catherine Pégard, nommée jeudi. L’acteur Emmanuel Curtil, doubleur et voix française de Jim Carrey, a notamment demandé à la ministre un rendez-vous pour discuter de la protection du travail des artistes face à l’intelligence artificielle.Enfin, un visage très connu du public français a décroché le tout premier César de sa carrière: Franck Dubosc a remporté le meilleur scénario original pour son film “Un ours dans le Jura”.