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Un pompier grièvement blessé lors d’un rodéo urbain en Haute-Savoie

Un sapeur-pompier volontaire a été grièvement blessé après avoir été percuté samedi par un automobiliste lors d’un rodéo urbain en une “tentative d’homicide abjecte” selon Bruno Retailleau.Le ministre de l’Intérieur s’est rendu en fin d’après-midi avec le ministre attaché à l’Intérieur François-Noël Buffet dans la caserne d’Evian-les-Bains (Haute-Savoie) où s’est noué le drame et s’est entretenu avec les collègues “totalement bouleversés” de la victime. Les faits se sont produits vers 06h00 du matin alors que deux véhicules effectuaient des “dérapages” à proximité de la caserne, ce qui a conduit plusieurs pompiers à sortir pour leur demander d’arrêter, a rappelé le ministre devant la presse.Alors que les pompiers retournaient dans la caserne, l’un des conducteurs, âgé de 19 ans et dont le permis était suspendu, “a fait démarrer sa voiture en trombe, et a voulu en réalité tuer ceux qui étaient là”, a souligné M. Retailleau, dénonçant une “tentative d’homicide révoltante, (…) absolument abjecte”. Trois des pompiers ont été protégés par le trottoir mais cela n’a pas été le cas de la victime, “bousculée de façon brutale par cette voiture”. Le conducteur est allé jusqu’à “cracher sur la victime et sur un autre” pompier qui le secourait, s’est indigné le ministre.Le sapeur-pompier touché “lutte toujours, au moment où je vous parle, contre la mort”, a-t-il dit. Agé de 38 ans, il souffre d’un traumatisme crânien et d’un enfoncement thoracique, selon une source policière. Il est hospitalisé à Annecy.M. Retailleau a également félicité les forces de l’ordre qui ont interpellé le suspect en “moins de 40 minutes”. Ce dernier présentait un taux d’alcool de 0,28mg/l et des bouteilles d’alcool et de protoxyde d’azote (gaz hilarant) ont été retrouvées dans son véhicule, a indiqué le parquet de Thonon-les-Bains dans un communiqué. Le jeune homme et l’autre conducteur impliqué ont tous deux été mis en examen.”L’individu ne pouvait pas ne pas savoir qu’il avait affaire à des sapeurs-pompiers. (…) Cette société a engendré une fabrique de barbares. Les mots ne sont pas trop forts”, s’est indigné M. Retailleau, plaidant pour “la restauration de l’autorité dans les familles, à l’école, dans la société” et pour une “véritable révolution pour la justice pénale des mineurs” qui “redonne sens à la sanction”.Le Premier ministre François Bayrou avait auparavant lui aussi rendu hommage depuis Brest à “ce pompier qui s’est trouvé à ce point brutalisé, écrasé, comme si sa vie ne devait pas compter” et qualifié les rodéos de “malédiction pour un très grand nombre de maires et un très grand nombre de villes”. Le gouvernement travaille à édifier “des règles et des capacités pour pouvoir bloquer les gens sans conscience qui se livrent à ce genre de pratiques”, a-t-il souligné. – “Fléau qui pourrit la vie” -Vendredi, le ministre de la Justice Gérald Darmanin avait appelé à “la plus grande fermeté contre le fléau des rodéos urbains, qui pourrit la vie de nombreux Français”. Les procureurs de la République “devront désormais saisir systématiquement les véhicules impliqués dans des rodéos et, comme la loi le permet, les vendre ou les faire détruire avant même le jugement. Stop à l’impunité !”, a-t-il écrit sur X.Il y a deux ans, alors ministre de l’Intérieur, il avait déjà conseillé aux préfets d’autoriser l’usage de drones pour lutter contre les rodéos urbains, qui consistent à réaliser des manoeuvres dangereuses avec des engins motorisés (acrobaties, zigzag etc) en violation du code de la route, et parfois en groupe.Un rodéo urbain rassemblant 500 voitures et près de 3.000 personnes s’est tenu vendredi soir à Bordeaux, avant d’être stoppé et dispersé par une intervention des forces de l’ordre, a-t-on appris samedi auprès de la police.Les rodéos urbains ont donné lieu l’année dernière à 3.480 interpellations, 1.304 gardes-à-vue et près de 2.500 véhicules saisis par la police nationale, a indiqué sur X la porte-parole de la police nationale, selon qui la “mobilisation est totale”. 

Accord de cessez-le-feu entre l’Inde et le Pakistan

Après plusieurs jours d’attaques meurtrières de drones, de tirs d’artillerie et de frappes de missiles, le Pakistan et l’Inde ont accepté samedi un “cessez-le-feu immédiat”, a annoncé à la surprise générale le président américain Donald Trump, saluant le “bon sens” des deux puissances nucléaires.Depuis mercredi, les deux voisins, nés d’une douloureuse partition en 1947 au départ du colonisateur britannique, étaient sourds aux appels à la retenue des capitales étrangères qui redoutaient le point de non-retour.”Après une longue nuit de discussions sous la médiation américaine, je suis heureux d’annoncer que l’Inde et le Pakistan ont accepté un CESSEZ-LE-FEU TOTAL ET IMMEDIAT”, a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social, adressant ses “félicitations aux deux pays” pour leur “bon sens et grande intelligence”.Dans la foulée à Islamabad, le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar a confirmé sur X “un cessez-le-feu avec effet immédiat”. “Le Pakistan est reconnaissant envers les États-Unis d’avoir facilité ce résultat, que nous avons accepté dans l’intérêt de la paix et de la stabilité régionales”, a ensuite réagi sur X le Premier ministre, Shehbaz Sharif.Confirmant aussi un accord de cessez-le-feu, à Delhi, une source gouvernementale indienne indiquait toutefois qu’il avait été directement négocié entre l’Inde et le Pakistan et que les deux voisins n’avaient pas prévu de discuter d’autre chose que du cessez-le-feu.Le secrétaire d’État américain Marco Rubio venait de déclarer sur X que l’accord faisait suite à des négociations approfondies entre lui-même et le vice-président JD Vance avec les Premiers ministres indien et pakistanais, ainsi que d’autres hauts responsables.Il a ajouté que les deux gouvernements avaient “accepté de commencer des pourparlers sur un large éventail de questions dans un lieu neutre”.Plusieurs capitales occidentales ont salué l’accord, “extrêmement bienvenu” pour Londres, “le choix de la responsabilité” pour Paris, “une première étape importante” selon Berlin. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, comme l’Iran, ont eux exprimé l’espoir d’une “paix durable”.Peu après ces réactions, une source gouvernementale indienne a accusé le Pakistan d’avoir déjà violé l’accord de cessez-le-feu, sans que l’on en sache plus à ce stade.A Srinagar, principale ville du Cachemire indien (nord-ouest), une série de fortes détonations ont été entendues samedi soir, selon des journalistes de l’AFP.- “Vengé les morts innocents ” -Pourtant, juste après l’annonce du cessez-le-feu, c’était le soulagement au Cachemire, des deux côtés de la frontière.Côté pakistanais, pour Imran Mir, homme d’affaires de 30 ans, l’arrêt des hostilités est “vraiment bienvenu”. “On habite sur la Ligne de contrôle (la frontière de facto, NDLR), et à chaque conflit, c’est nous qui souffrons le plus”, a-t-il dit à l’AFP.Côté indien, c’est également une bonne nouvelle pour le chef du gouvernement local Omar Abdullah. “Maintenant, nous allons pouvoir mieux organiser l’approvisionnement et le traitement des blessés.”Sukesh Khajuria, Cachemiri indien, plaide lui pour “la vigilance”. “Le cessez-le-feu est bienvenu, mais c’est dur de faire confiance au Pakistan”.La brusque montée de tension a démarré le 22 avril avec un attentat qui a choqué l’Inde: des hommes armés ont abattu 26 civils sur un site touristique au Cachemire indien. New Delhi a accusé Islamabad de soutenir le groupe jihadiste qu’elle soupçonne de l’attaque, ce que son voisin a démenti fermement.Après des sanctions et menaces, les deux pays sont entrés mercredi dans leur pire confrontation militaire depuis des décennies.Ce jour-là, l’Inde a mené des frappes sur plusieurs villes pakistanaises assurant y détruire des “camps terroristes” et entraînant une spirale d’attaques et de contre-attaques. Samedi matin encore, le Pakistan annonçait lancer sa riposte après des tirs de missiles indiens sur des bases militaires, dont l’une aux portes d’Islamabad.Le Premier ministre pakistanais affirmait qu'”avec l’opération ‘Edifice compact'”, le Pakistan avait “donné à l’Inde une réponse adéquate et vengé les morts innocents” — une “vengeance” qu’il avait promise dans une adresse à la nation mercredi.L’Inde a confirmé avoir subi une série d’attaques, notamment de drones, contre plusieurs cibles militaires situées dans toute la partie nord-ouest de son territoire.Srinagar a été plusieurs fois secouée samedi par de violentes détonations, selon l’AFP.- Réouverture de l’espace aérien pakistanais – Touchée au petit matin, la base aérienne d’Awantipora, près de Srinagar, a encore été frappée à la mi-journée, selon une source policière.Marco Rubio avait alors exhorté ses homologues indien et pakistanais “à rétablir une communication directe pour éviter toute erreur de calcul”, tandis que la Chine haussait le ton, en appelant “fermement” les deux voisins à la retenue.Selon le bilan officiel des deux camps, les violences ont tué une soixantaine de civils depuis mercredi.Cet état de guerre a suscité d’importants mouvements de population de part et d’autre de la “ligne de contrôle” qui sépare la région contestée du Cachemire entre les deux pays. Après l’annonce du cessez-le-feu, le Pakistan a rouvert son espace aérien alors que côté indien, 32 aéroports du quart nord-ouest du pays restaient fermés.burs-pa-sbh/def

Accord de cessez-le-feu entre l’Inde et le Pakistan

Après plusieurs jours d’attaques meurtrières de drones, de tirs d’artillerie et de frappes de missiles, le Pakistan et l’Inde ont accepté samedi un “cessez-le-feu immédiat”, a annoncé à la surprise générale le président américain Donald Trump, saluant le “bon sens” des deux puissances nucléaires.Depuis mercredi, les deux voisins, nés d’une douloureuse partition en 1947 au départ du colonisateur britannique, étaient sourds aux appels à la retenue des capitales étrangères qui redoutaient le point de non-retour.”Après une longue nuit de discussions sous la médiation américaine, je suis heureux d’annoncer que l’Inde et le Pakistan ont accepté un CESSEZ-LE-FEU TOTAL ET IMMEDIAT”, a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social, adressant ses “félicitations aux deux pays” pour leur “bon sens et grande intelligence”.Dans la foulée à Islamabad, le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar a confirmé sur X “un cessez-le-feu avec effet immédiat”. “Le Pakistan est reconnaissant envers les États-Unis d’avoir facilité ce résultat, que nous avons accepté dans l’intérêt de la paix et de la stabilité régionales”, a ensuite réagi sur X le Premier ministre, Shehbaz Sharif.Confirmant aussi un accord de cessez-le-feu, à Delhi, une source gouvernementale indienne indiquait toutefois qu’il avait été directement négocié entre l’Inde et le Pakistan et que les deux voisins n’avaient pas prévu de discuter d’autre chose que du cessez-le-feu.Le secrétaire d’État américain Marco Rubio venait de déclarer sur X que l’accord faisait suite à des négociations approfondies entre lui-même et le vice-président JD Vance avec les Premiers ministres indien et pakistanais, ainsi que d’autres hauts responsables.Il a ajouté que les deux gouvernements avaient “accepté de commencer des pourparlers sur un large éventail de questions dans un lieu neutre”.Plusieurs capitales occidentales ont salué l’accord, “extrêmement bienvenu” pour Londres, “le choix de la responsabilité” pour Paris, “une première étape importante” selon Berlin. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, comme l’Iran, ont eux exprimé l’espoir d’une “paix durable”.Peu après ces réactions, une source gouvernementale indienne a accusé le Pakistan d’avoir déjà violé l’accord de cessez-le-feu, sans que l’on en sache plus à ce stade.A Srinagar, principale ville du Cachemire indien (nord-ouest), une série de fortes détonations ont été entendues samedi soir, selon des journalistes de l’AFP.- “Vengé les morts innocents ” -Pourtant, juste après l’annonce du cessez-le-feu, c’était le soulagement au Cachemire, des deux côtés de la frontière.Côté pakistanais, pour Imran Mir, homme d’affaires de 30 ans, l’arrêt des hostilités est “vraiment bienvenu”. “On habite sur la Ligne de contrôle (la frontière de facto, NDLR), et à chaque conflit, c’est nous qui souffrons le plus”, a-t-il dit à l’AFP.Côté indien, c’est également une bonne nouvelle pour le chef du gouvernement local Omar Abdullah. “Maintenant, nous allons pouvoir mieux organiser l’approvisionnement et le traitement des blessés.”Sukesh Khajuria, Cachemiri indien, plaide lui pour “la vigilance”. “Le cessez-le-feu est bienvenu, mais c’est dur de faire confiance au Pakistan”.La brusque montée de tension a démarré le 22 avril avec un attentat qui a choqué l’Inde: des hommes armés ont abattu 26 civils sur un site touristique au Cachemire indien. New Delhi a accusé Islamabad de soutenir le groupe jihadiste qu’elle soupçonne de l’attaque, ce que son voisin a démenti fermement.Après des sanctions et menaces, les deux pays sont entrés mercredi dans leur pire confrontation militaire depuis des décennies.Ce jour-là, l’Inde a mené des frappes sur plusieurs villes pakistanaises assurant y détruire des “camps terroristes” et entraînant une spirale d’attaques et de contre-attaques. Samedi matin encore, le Pakistan annonçait lancer sa riposte après des tirs de missiles indiens sur des bases militaires, dont l’une aux portes d’Islamabad.Le Premier ministre pakistanais affirmait qu'”avec l’opération ‘Edifice compact'”, le Pakistan avait “donné à l’Inde une réponse adéquate et vengé les morts innocents” — une “vengeance” qu’il avait promise dans une adresse à la nation mercredi.L’Inde a confirmé avoir subi une série d’attaques, notamment de drones, contre plusieurs cibles militaires situées dans toute la partie nord-ouest de son territoire.Srinagar a été plusieurs fois secouée samedi par de violentes détonations, selon l’AFP.- Réouverture de l’espace aérien pakistanais – Touchée au petit matin, la base aérienne d’Awantipora, près de Srinagar, a encore été frappée à la mi-journée, selon une source policière.Marco Rubio avait alors exhorté ses homologues indien et pakistanais “à rétablir une communication directe pour éviter toute erreur de calcul”, tandis que la Chine haussait le ton, en appelant “fermement” les deux voisins à la retenue.Selon le bilan officiel des deux camps, les violences ont tué une soixantaine de civils depuis mercredi.Cet état de guerre a suscité d’importants mouvements de population de part et d’autre de la “ligne de contrôle” qui sépare la région contestée du Cachemire entre les deux pays. Après l’annonce du cessez-le-feu, le Pakistan a rouvert son espace aérien alors que côté indien, 32 aéroports du quart nord-ouest du pays restaient fermés.burs-pa-sbh/def

Vu des rangs ukrainiens, la trêve de Poutine n’a pas enrayé la guerre

Des cernes soulignent les yeux azur d’Oleg, soignant militaire ukrainien de 42 ans, la courte trêve déclarée par la Russie cette semaine ne lui ayant pas permis de se reposer.”Si vous regardez la télévision, à l’écran, ça peut ressembler à une trêve mais sur le champ de bataille, ce n’est pas vraiment le cas”, dit le médecin, rencontré par l’AFP vendredi dans la région de Dnipropetrovsk. “La guerre continue.”Dans le bataillon Aïdar, dont Oleg fait partie, plusieurs soldats ont été blessés en dépit du cessez-le-feu annoncé unilatéralement par Vladimir Poutine, selon un porte-parole.Ils opèrent à l’ouest de Pokrovsk, dans la région orientale de Donetsk. La défense de cette ville contre l’assaut acharné des forces russes a déjà tué “des milliers de personnes”, a dit samedi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.Poutine a décrété unilatéralement une trêve de jeudi à samedi soir, à l’occasion des grandes célébrations à Moscou des 80 ans de la victoire sur l’Allemagne nazie.L’Ukraine a accusé la Russie d’avoir continué ses attaques tout le long de la ligne de front, tandis que Moscou a assuré se contenter de “répondre” à des violations ukrainiennes, des affirmations très difficilement vérifiables de façon indépendante. Selon Oleg, la trêve a été “insignifiante” à l’échelle du conflit, mais “efficace” par endroits.Elle a créé une “opportunité” pour évacuer des soldats blessés ou tués au front, explique le chef du service médical d’Aïdar, Vitaliï.Des militaires de son bataillon, “non armés” et portant un drapeau blanc, se sont risqués sur le champ de bataille pour les récupérer, détaille-t-il.Un soldat blessé ne peut pas toujours être évacué immédiatement, si les hostilités sont trop intenses. Or, le temps écoulé réduit ses chances de survie.L’équipe médicale du bataillon est donc soulagée d’avoir pu tirer ces hommes de là. Mais de là à en conclure que le nombre d’attaques russes a baissé durant la trêve, “non, ce n’était pas le cas”, reprend Vitaliï.Selon lui, les drones “volent toujours, l’artillerie fait toujours feu” et “peu de choses ont changé”.- “Calme” -Dans la région de Kharkiv (nord-est), l’intensité des combats est aussi restée “à peu près la même” qu’avant le début du cessez-le-feu, selon le porte-parole de la brigade Khartia.”Il n’y a pas de trêve pour l’instant”, dit-il samedi à l’AFP.Selon lui, les forces russes ont lancé contre ses troupes jusqu’à une centaine de tirs à l’arme lourde chaque jour depuis jeudi.Plus loin du front, les autorités régionales ukrainiennes ont fait part de frappes russes ayant tué ou blessé des civils, notamment à l’aide de drones. Mais l’Ukraine n’a pas fait état de frappes de missiles russes ou de drones de longue portée sur ses villes depuis le début de la trêve.Valentyn, soldat de 47 ans au sein du bataillon Aïdar, se dit que cela aura peut-être offert un semblant de répit aux civils, notamment aux proches de militaires, qui s’inquiètent constamment. “Au moins, cela tranquillisera nos mères, nos femmes”. Pour lui aussi, ces derniers jours ont été “un peu plus faciles, émotionnellement”. Habituellement, “on est à fleur de peau. Là, je me sens calme”, dit Valentyn, son fusil d’assaut posé à côté de lui. Ce conducteur de véhicule militaire profite d’une courte pause, mais il devra bientôt repartir sur les routes cabossées de l’Est, vers le chaos du front.- du “blabla” -Valentyn aurait bien voulu que le cessez-le-feu dure un peu plus longtemps, histoire “de souffler un peu”.En avril déjà, Moscou avait annoncé une trêve de 30 heures à Pâques, que les deux camps s’étaient déjà accusés d’avoir violée.Samedi, l’Ukraine et ses principaux alliés européens, de concert avec les Etats-Unis, ont proposé à la Russie un cessez-le-feu “complet et inconditionnel” de 30 jours à partir de lundi, sous peine de sanctions économiques.Mais pour les soldats ukrainiens interrogés vendredi, échaudés par plus de trois ans d’invasion russe, les promesses que pourraient faire le Kremlin ne valent rien.”C’est que du blabla”, lance le médecin Oleg.Il estime qu’une trêve temporaire est de toute façon une solution imparfaite. Dès sa fin, les tueries reprendront de plus belle.Oleg sort son téléphone, car il tient à montrer une photo prise en 2022. Il y apparaît souriant, un peu plus reposé, encadré des membres de son équipe en blouses médicales. A part lui, tous ont été tués ou gravement blessés depuis.

Vu des rangs ukrainiens, la trêve de Poutine n’a pas enrayé la guerre

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Les pourparlers Chine – États-Unis sont “une étape importante pour la “désescalade” commerciale

La Chine a jugé que les premières discussions commerciales avec les États-Unis depuis le déclenchement de la guerre commerciale par Donald Trump, entamées samedi en Suisse, étaient “une étape importante”.Signe de l’importance des enjeux, les deux capitales ont envoyé des représentants de haut rang à Genève ce weekend pour ces tractations : le Secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, le Représentant au Commerce Jamieson Greer et le vice-Premier ministre chinois He Lifeng.”Le contact établi en Suisse est une étape importante dans la promotion de la résolution du contentieux”, selon un commentaire publié par l’agence de presse officielle Xinhua, sans fournir plus de détails sur l’avancement des négociations.Interpellé par l’AFP samedi à son départ pour la réunion, Scott Bessent n’a fait aucun commentaire. La délégation américaine ne s’est pas non plus exprimée.Les discussions se tiennent depuis le milieu de matinée de samedi dans la villa cossue du Représentant permanent de la Suisse auprès des Nations unies à Genève.Elles semblaient se poursuivre aux alentours de 17H00 (15H00 GMT), ont constaté des journalistes de l’AFP et il est prévu qu’elles continuent dimanche.- Désescalade -La veille de la rencontre, Donald Trump a fait un geste en suggérant d’abaisser à 80% les droits de douane punitifs qu’il a lui-même imposés sur les produits chinois. “Le président aimerait régler le problème avec la Chine. Comme il l’a dit, il aimerait apaiser la situation”, a assuré vendredi soir le secrétaire au Commerce Howard Lutnick sur Fox News.Le geste reste symbolique, car à ce niveau les droits de douane ne seraient toujours pas supportables pour la plupart des exportations chinoises vers les États-Unis.Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier, Donald Trump a fait des droits de douane une arme politique. Il a imposé une surtaxe de 145% sur les marchandises venant de Chine, en plus des droits de douane préexistants. Pékin, qui a promis de combattre “jusqu’au bout” les surtaxes de Donald Trump, a riposté avec 125% de droits de douane sur les produits américains. Résultat: les échanges bilatéraux sont pratiquement à l’arrêt et les marchés ont connu de violents soubresauts.Les discussions organisées à Genève sont donc “un pas positif et constructif vers la désescalade”, a estimé la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) Ngozi Okonjo-Iweala à la veille des pourparlers.Mi-avril, elle s’était montrée “très préoccupée”. Elle avait estimé que même si les échanges Chine-USA “ne représentaient qu’environ 3% du commerce mondial de marchandises, un découplage” de ces deux grandes économies “pourrait avoir des conséquences considérables”. Pour elle, cela pourrait “contribuer à une fragmentation plus large de l’économie mondiale” qui serait alors organisée “selon des lignes géopolitiques en deux blocs isolés”.La présidente du pays hôte Karin Keller-Sutter en a appelé aux forces surnaturelles. “Hier (jeudi), le Saint-Esprit était à Rome. Il faut espérer qu’il descende maintenant à Genève pour le week-end”, a-t-elle espéré vendredi, en référence à l’élection du pape Léon XIV. – Un atout en main -Le vice-Premier ministre chinois semble arriver à la table des discussions avec un atout. Pékin a annoncé vendredi un bond de 8,1% de ses exportations en avril, un chiffre quatre fois supérieur aux prévisions des analystes, mais les exportations vers les États-Unis ont chuté de près de 18%. Donald Trump “ne va pas unilatéralement abaisser les droits de douane sur la Chine. On doit aussi voir des concessions de leur part”, a averti sa porte-parole, Karoline Leavitt.”Un résultat possible des discussions en Suisse serait un accord pour suspendre la plupart, voire la totalité, des droits de douane imposés cette année et cela pendant la durée des négociations” bilatérales, déclare à l’AFP Bonnie Glaser, qui dirige le programme Indo-Pacifique du German Marshall Fund, un cercle de réflexion à Washington.Spécialiste de l’économie chinoise à l’Asia Society Policy Institute, organisation basée aux États-Unis, Lizzi Lee s’attend à un éventuel “geste symbolique et provisoire”, qui pourrait “apaiser les tensions, mais pas régler les désaccords fondamentaux”.Xu Bin, professeur à l’école de commerce international Chine Europe (CEIBS) de Shanghaï ne s’attend pas à ce que les droits de douane reviennent à un “niveau raisonnable”: “Même si cela descend, ce sera probablement de moitié, et, là encore, ce sera trop haut pour avoir des échanges commerciaux normaux.”