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Sous une chaleur écrasante, les Philippins votent en pleine querelle entre les dynasties au pouvoir
Les Philippins ont commencé à voter lundi pour des élections de mi-mandat largement définies par la querelle entre les deux dynasties au pouvoir, avec d’un côté le président Ferdinand Marcos Jr, et de l’autre sa vice-présidente Sara Duterte, son ancienne alliée menacée de destitution.Avec des températures atteignant 34 degrés Celsius dans certains endroits, George Garcia, chef de la Commission électorale (Comelec), a déclaré que certaines machines à voter étaient en “surchauffe”.”Cela ralentit le processus” a-t-il indiqué aux journalistes dans une prison où les détenus votent.”En raison des chaleurs extrêmes, l’encre (des bulletins de vote), ne sèche pas immédiatement et le bulletin reste collé sur les scanners” a expliqué M. Garcia.Si municipalités et sièges à la Chambre des représentants sont en jeu, l’attention se focalise avant tout sur le Sénat, en raison des retombées possibles sur la prochaine élection présidentielle de 2028.Avec leurs 12 collègues déjà en poste à la chambre haute, les 12 sénateurs choisis lundi composeront le jury du procès en destitution de Sara Duterte, prévu pour juillet, qui pourrait à l’avenir écarter la vice-présidente de tout mandat public.En février, la Chambre des représentants a déjà voté en faveur de son limogeage pour des soupçons de crimes, entre corruption et projet d’assassinat du président Marcos Jr.Sara Duterte, qui a voté dans la matinée dans sa région natale de Davao, aura besoin de neuf sénateurs en sa faveur sur les 24 de la chambre haute pour espérer concourir à une élection présidentielle.- Menace de mort -Sara Duterte était pressentie pour succéder à son père Rodrigo Duterte lors de la présidentielle de 2022, mais elle s’est retirée en faveur de Ferdinand Marcos Jr, fils de l’autocrate du même nom (1965-1986), à qui elle s’est alliée avant d’être élue à la vice-présidence.L’union entre les deux dynasties rivales a cependant vite implosé et laissé la place à des affrontements publics ces derniers mois.En novembre 2024, au cours d’une conférence de presse, Mme Duterte a déclaré qu’elle avait donné l’ordre de tuer le chef de l’Etat si elle était elle-même tuée. Elle a, par la suite, nié avoir proféré une menace de mort, décrivant ses commentaires comme l’expression de sa “consternation” face à des échecs du président philippin.Parmi les 12 candidats favoris pour remporter un siège au Sénat, sept sont soutenus par le président Marcos Jr, quatre par Sara Duterte – parmi lesquels la propre soeur du chef de l’Etat, Imee Marcos.Lors de son dernier meeting de campagne jeudi à Manille, Mme Duterte a mis en garde contre une fraude électorale “massive” et qualifié une nouvelle fois d'”enlèvement” le transfèrement de son père Rodrigo Duterte vers la Cour pénale internationale.L’ancien chef de l’Etat (2016-2022) a été arrêté et acheminé en mars vers le tribunal de La Haye aux Pays-Bas. Il est accusé de crimes contre l’humanité en raison de sa campagne meurtrière contre la drogue durant son mandat.Malgré sa détention, Duterte père est d’ailleurs candidat dans le bastion familial de Davao, dans le sud du pays, où il compte retrouver son ancien mandat de maire. Un sondage local prédit une victoire de l’ex-président.Pour Roland Agasa, un des 68 millions d’électeurs enregistrés, la rivalité entre Mme Duterte et M. Marcos Jr a pesé sur la campagne.”Pour moi, le gouvernement devient stressant”, a-t-il confié, à l’extérieur d’une école élémentaire de Manille qui abrite un bureau de vote.”J’espère que nous choisirons les personnes méritantes, celles qui peuvent aider le pays”, a dit M. Agasa, ajoutant qu’il prévoyait d’attendre que la météo se rafraîchisse avant d’aller voter.- Violences -Dans l’ensemble du pays, plus de 18.000 mandats sont en jeu lors de ce scrutin.Alors que les bureaux de vote ouvraient lundi, deux hommes ont été tués et sept blessés dans le centre des Philippines lorsque des inconnus armés ont tiré à partir d’une voiture sur un groupe qui se tenait devant le siège d’un parti local.Dans un pays qui subit régulièrement des violences en période électorale, la police de l’archipel est en état d’alerte. Quelque 163.000 agents sont déployés pour assurer la sécurité des bureaux de vote, escorter les responsables électoraux et monter la garde au niveau de postes de contrôle.Des militaires et des pompiers sont également mobilisés pour empêcher toute violence.Un candidat aux élections locales, un responsable électoral, un chef de village et 13 autres personnes ont été tués dans des attaques en amont du scrutin.Samedi, deux hommes d’un “groupe armé”, dont un candidat à un mandat de conseiller municipal, ont été tués dans une fusillade avec la police et l’armée dans la région autonome musulmane située sur l’île de Mindanao (sud), territoire marqué historiquement par des violences en lien avec des élections.Samedi également, un groupe d’hommes a été arrêté à l’aéroport de Cebu (centre) avec plusieurs millions d’euros en liquide, un crime au regard de la loi qui vise à empêcher les pots-de-vin électoraux.Et dimanche, au moins deux personnes ont été tuées dans un affrontement entre sympathisants de camps opposés, également sur l’île de Mindanao, selon l’armée.Un responsable de la région autonome de Bangsamoro a fait état par téléphone de quatre morts.
A la veille du Festival, Cannes se prépare à recevoir les stars
Ultimes préparatifs sur la Croisette lundi, à la veille de l’ouverture du 78e Festival de Cannes dans un monde sous tension, en attendant l’arrivée des plus grandes stars du cinéma mondial, de Juliette Binoche à Tom Cruise.Devant des touristes et des passants, les équipes du Palais des festivals ont déroulé dimanche les affiches officielles de cette édition, célébrant le couple de cinéma formé par Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée, dans “Un homme et une femme”, Palme d’or 1966. Des musiciens ont entonné le thème de “Mission: Impossible”, comme pour annoncer un des temps forts de cette quinzaine, la présentation mercredi du dernier volet de la saga portée par Tom Cruise. Les 40.000 festivaliers accrédités, venus de 160 pays, ont également commencé à rallier la Côte d’Azur et les hôtels et palaces de la Croisette.Et une star disparue, et légende du cinéma, hante déjà les rues: Alain Delon, qui fait l’objet d’une exposition de photos inédites. Elle célèbre l’acteur et les femmes qui l’ont aidé dans sa carrière, en format monumental.”Je trouve que c’est une très belle période pour Cannes, ça apporte beaucoup de monde, ça apporte un rayonnement à l’échelle internationale, bien évidemment, et puis les films, c’est de la distraction, c’est de la culture, c’est de l’art”, s’est enthousiasmée Syvie Lespagne, infirmière cannoise rencontrée par l’AFP vidéo.Le plus grand événement annuel du 7e art se tient jusqu’au 24 mai, date de la remise de la Palme d’or qui succédera à “Anora” de l’Américain Sean Baker.- Ukraine -Le délégué général Thierry Frémaux, chef d’orchestre d’un événement suivi par quelque 4.000 journalistes, donnera une conférence de presse lundi à 16H00. L’occasion de donner le ton d’une édition qui s’ouvre dans un monde traversé par les guerres et la montée des régimes autoritaires.Les dirigeants du festival ne devraient pas manquer de rappeler avoir dédié la journée d’ouverture, mardi, à l’Ukraine, avec la projection de trois documentaires.”Cette programmation vient rappeler l’engagement du Festival de Cannes et sa capacité à raconter grâce aux œuvres de cinéma les enjeux du monde, qui sont ceux de notre avenir”, ont-ils souligné.Le président américain Donald Trump, qui a plongé l’industrie du cinéma dans l’expectative en menaçant d’instaurer des droits de douane de 100% sur les films étrangers, ou la guerre à Gaza seront également dans les esprits.M. Frémaux pourrait aussi être interrogé sur la lutte contre les discriminations liées au genre et les violences sexistes et sexuelles: des parlementaires français, qui feront le déplacement pendant l’événement, ont appelé le festival à faire évoluer les mentalités mi-avril.Hasard du calendrier, la cérémonie d’ouverture se tiendra quelques heures après le délibéré très attendu du procès à Paris de Gérard Depardieu pour des agressions sexuelles lors d’un tournage.- Binoche présidente -Les jurés, dont la présidente Juliette Binoche, actrice française à l’aura internationale et personnalité engagée, ainsi que l’actrice américaine Halle Berry ou la romancière franco-marocaine Leïla Slimani, doivent arriver au fil de la journée lundi.La grande fête du cinéma débutera le lendemain, avec la remise d’une Palme d’or d’honneur à Robert De Niro, 81 ans. Star française de la musique, Mylène Farmer montera sur scène pour une surprise, peut-être un titre inédit.Une autre chanteuse française, Juliette Armanet, sera la vedette du film d’ouverture, “Partir un jour”, un premier long-métrage qui sort en même temps en salles. Suivront plus d’une centaine de films.Vingt-deux sont en lice pour la Palme d’or, dont “Jeunes mères” des frères Dardenne, rois belges du cinéma social déjà double-palmés, et “Alpha” de la Française Julia Ducournau, une des sept réalisatrices en compétition, qui espère un deuxième titre après celui obtenu pour le très gore “Titane”.Du côté des nouveaux venus, le Chinois Bi Gan, l’Américain Ari Aster et la Française Hafsia Herzi, tous trois dans la trentaine, feront leurs premiers pas en compétition.
La fin de vie de retour dans l’hémicycle de l’Assemblée
Promesse de longues joutes empreintes de gravité, la question de la fin de vie fait son retour dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale lundi, avec en perspective la création d’un “droit à l’aide à mourir” que l’exécutif, divisé, veut “très encadré”.Les députés débattront deux semaines durant, week-end compris s’il le faut, de deux propositions de loi, portant l’une sur les soins palliatifs, et l’autre sur l’aide à mourir. Un vote solennel pour chacune est prévu le 27 mai.Consensuelle, la première prévoit notamment la création d’un “droit opposable” aux soins palliatifs, alors que selon un rapport de la Cour des comptes de juillet 2023, seuls la moitié des besoins étaient pourvus.Plus clivante, la seconde a été approuvée par 28 députés contre 15, le 2 mai, en commission. Un vote sans ambiguïté qui laisse espérer au rapporteur du texte Olivier Falorni (groupe MoDem) qu’il y ait dans l’hémicycle une majorité “conséquente” en faveur du texte, même s’il ne veut “préjuge(r) de rien”.Les députés devront d’abord examiner les plus de 3.300 amendements déposés sur les deux textes, dont plus de 700 sur le second par le député du groupe ciottiste Gérault Verny, soutien d’Eric Zemmour en 2022. – “Moindre mal” -Un pas supplémentaire sur un long chemin ? Après s’être engagé en 2022 à confier une réflexion sur le sujet à une convention citoyenne, Emmanuel Macron avait dévoilé en mars 2024 les grandes lignes d’un projet de loi. Mais l’examen de celui-ci n’a pu aller à son terme, interrompu par la dissolution.Soumis à une forte pression des députés, le Premier ministre François Bayrou a remis l’ouvrage sur le métier, en scindant le projet de loi en deux, de manière à laisser la liberté aux députés de voter pour un texte mais pas pour l’autre.La création d’une aide à mourir, autre nom du suicide assisté et de l’euthanasie, suscite en effet de vifs débats jusqu’au sein du gouvernement, où le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (LR) en est un opposant déterminé, comme une large partie de son parti et de l’extrême droite, même si la question transcende les clivages politiques.L’ancien patron des sénateurs LR a de nouveau dénoncé ce week-end un “texte de rupture anthropologique”. La porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, ancienne sénatrice, a elle aussi émis des réserves lundi matin.Sept députés LR, dont le médecin urgentiste Philippe Juvin, avaient critiqué dans une tribune au Figaro un texte ne prévoyant pas suffisamment de garde-fous, que ce soit sur les délais, la traçabilité de la procédure, la collégialité de la décision, ou la vérification de la libre volonté de celui qui demande l’euthanasie.Lundi dernier, Emmanuel Macron a au contraire réaffirmé son engagement en faveur de cette évolution sociétale, estimant devant les francs-maçons de la Grande Loge de France que le débat ne pouvait “être réduit” à pour ou contre la vie, mais devait poser la question du “moindre mal”.Dimanche, c’est l’ancien Premier ministre Gabriel Attal qui a apporté son soutien au texte, dans une tribune cosignée avec Line Renaud.- Processus “irréversible” -La ministre de la Santé Catherine Vautrin a elle aussi réitéré dimanche auprès du Parisien, et lundi sur BFMTV, son souhait de répondre à une “forte attente des Français” tout en faisant en sorte que “l’accès à l’aide à mourir soit très encadré”.La question des critères ouvrant l’accès à ce nouveau droit sera particulièrement débattue. La ministre avait défendu au printemps 2024 parmi les conditions requises le fait que le patient souffre “d’une affection grave et incurable engageant son pronostic vital à court ou moyen terme”. Cette notion de “moyen terme” avait été écartée par les députés, jugée trop floue et inopérante.Le texte de M. Falorni prévoit désormais que le patient soit “atteint d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale”. Une définition jugée trop large par M. Juvin et nombre de ses collègues.La Haute Autorité de Santé a estimé mardi dans un avis qu’il n’y avait “pas de consensus médical sur la définition du pronostic vital engagé +à moyen terme+”.Elle a aussi défini la “phase avancée”, comme “l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé qui affecte la qualité de vie”. Une définition que le gouvernement entend reprendre dans un amendement.”Cela correspond à des patients en fin de vie qui ont un pronostic vital extrêmement engagé et qui souffrent de douleurs insupportables et réfractaires aux traitements”, a souligné Mme Vautrin, soucieuse de désarmer les critiques.
Ukraine: attaques de drones russes, Kiev attend une réponse du Kremlin à l’offre de Zelensky
La Russie a ignoré l’ultimatum des alliés de Kiev en lançant plus d’une centaine de drones dans la nuit de dimanche à lundi sur l’Ukraine, qui attend une réponse du Kremlin à la proposition de Volodymyr Zelensky de rencontrer “en personne” Vladimir Poutine jeudi à Istanbul.Kiev et ses alliés européens ont réclamé pendant le weekend un cessez-le-feu “complet et inconditionnel” de 30 jours à partir de lundi, condition préalable selon eux pour l’ouverture de discussions de paix directes entre Russes et Ukrainiens en Turquie, comme l’a proposé le président russe Vladimir Poutine.A ce stade, la Russie n’a répondu ni à l’offre faite dimanche par le président ukrainien Volodymyr Zelensky d’échanger directement “en personne” avec Vladimir Poutine, ni à cet ultimatum d’arrêt des combats pendant un mois, alors que le président américain Donald Trump a exhorté les deux camps à se rencontrer sans délai.Les attaques russes contre l’Ukraine se sont poursuivies dans la nuit, comme quasiment chaque jour depuis le début de l’invasion russe en février 2022, un conflit qui a entraîné la mort de dizaines, voire de centaines de milliers de soldats et civils des deux côtés.La Russie “a attaqué avec 108 (drones explosifs) Shahed et d’autres types de drones” dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé l’armée de l’air ukrainienne, précisant en avoir abattu au moins 55.Aucune attaque de missile n’a en revanche été signalée, fait relativement rare.Lundi matin, un drone russe a fait un mort et trois blessés en frappant une voiture appartenant à une entreprise essentielle dans la région de Soumy (nord-est), selon les autorités.Les chemins de fer ukrainiens ont fait état dans un communiqué d’une attaque contre un train de marchandises dans l’Est, déplorant que les appels à un cessez-le-feu soient “ignorés” par la Russie, qui occupe toujours près de 20% du territoire ukrainien.- Accélération diplomatique -Sur le front diplomatique, les choses se sont accélérées de manière inattendue en quelques jours, au moment où les discussions séparées, initiées par le président américain Donald Trump, semblaient dans une impasse.Kiev et ses alliés européens, de concert avec les États-Unis, ont lancé samedi un ultimatum sur un cessez-le-feu de 30 jours à la Russie, menaçant Moscou de “sanctions massives” en cas de refus, dans une rare manifestation d’unité parmi les Occidentaux. Le président russe a ignoré l’ultimatum, proposant à son tour des négociations “directes” et “sans condition préalable” entre Moscou et Kiev, à partir de jeudi à Istanbul (Turquie).Il s’agirait des premières discussions entre Russes et Ukrainiens depuis les toutes premières semaines de l’invasion russe début 2022, lorsqu’une série de réunions bilatérales, également menées pour partie en Turquie, n’avaient pas abouti à la signature d’un accord de paix.Volodymyr Zelensky a répondu en invitant Vladimir Poutine à se voir “en personne” jeudi à Istanbul. Sans obtenir de réponse du Kremlin à ce stade. Pour que cette réunion russo-ukrainienne envisagée puisse se tenir, Kiev et ses alliés ont réclamé un cessez-le-feu préalable.”Pour engager des pourparlers de paix, il doit y avoir un cessez-le-feu”, a ainsi dit lundi la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, en arrivant à une réunion de ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays européens à Londres consacrée à la guerre en Ukraine.Ce à quoi la Russie n’a pas répondu directement pour le moment.Il n’était pas clair dans l’immédiat si M. Zelensky mettait comme condition à son déplacement l’acceptation d’une trêve préalable par Moscou.- “Causes profondes du conflit” -Mais Vladimir Poutine – qui réclame toujours la reddition de l’Ukraine, son renoncement à rejoindre l’Otan ou encore qu’il puisse garder les territoires ukrainiens annexés par Moscou – semble avoir une lecture différente, sachant son armée en position favorable sur le front. Dans son discours, il n’avait “pas exclu” que l’idée d’un cessez-le-feu soit discutée lors de ces pourparlers, qui doivent selon lui porter avant tout sur “les causes profondes du conflit”.Au-delà de sa volonté de “démilitariser” l’Ukraine, le président russe demande également une refonte générale de l’architecture sécuritaire en Europe, considérant le rapprochement de l’Otan aux frontières russes comme une menace existentielle. “Nous devons mettre la pression sur la Russie car elle joue à un jeu”, a jugé lundi Kaja Kallas.Une rencontre jeudi en Turquie “permettra au moins de déterminer si un accord est possible, et s’il ne l’est pas, les dirigeants européens et les États-Unis sauront à quoi s’en tenir et pourront agir en conséquence”, avait de son côté estimé dimanche Donald Trump.La Chine, fidèle soutien diplomatique de la Russie, a salué lundi les dernières évolutions diplomatiques, disant espérer un accord de paix “durable et contraignant”, “acceptable pour toutes les parties concernées”.
Ukraine: attaques de drones russes, Kiev attend une réponse du Kremlin à l’offre de Zelensky
La Russie a ignoré l’ultimatum des alliés de Kiev en lançant plus d’une centaine de drones dans la nuit de dimanche à lundi sur l’Ukraine, qui attend une réponse du Kremlin à la proposition de Volodymyr Zelensky de rencontrer “en personne” Vladimir Poutine jeudi à Istanbul.Kiev et ses alliés européens ont réclamé pendant le weekend un cessez-le-feu “complet et inconditionnel” de 30 jours à partir de lundi, condition préalable selon eux pour l’ouverture de discussions de paix directes entre Russes et Ukrainiens en Turquie, comme l’a proposé le président russe Vladimir Poutine.A ce stade, la Russie n’a répondu ni à l’offre faite dimanche par le président ukrainien Volodymyr Zelensky d’échanger directement “en personne” avec Vladimir Poutine, ni à cet ultimatum d’arrêt des combats pendant un mois, alors que le président américain Donald Trump a exhorté les deux camps à se rencontrer sans délai.Les attaques russes contre l’Ukraine se sont poursuivies dans la nuit, comme quasiment chaque jour depuis le début de l’invasion russe en février 2022, un conflit qui a entraîné la mort de dizaines, voire de centaines de milliers de soldats et civils des deux côtés.La Russie “a attaqué avec 108 (drones explosifs) Shahed et d’autres types de drones” dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé l’armée de l’air ukrainienne, précisant en avoir abattu au moins 55.Aucune attaque de missile n’a en revanche été signalée, fait relativement rare.Lundi matin, un drone russe a fait un mort et trois blessés en frappant une voiture appartenant à une entreprise essentielle dans la région de Soumy (nord-est), selon les autorités.Les chemins de fer ukrainiens ont fait état dans un communiqué d’une attaque contre un train de marchandises dans l’Est, déplorant que les appels à un cessez-le-feu soient “ignorés” par la Russie, qui occupe toujours près de 20% du territoire ukrainien.- Accélération diplomatique -Sur le front diplomatique, les choses se sont accélérées de manière inattendue en quelques jours, au moment où les discussions séparées, initiées par le président américain Donald Trump, semblaient dans une impasse.Kiev et ses alliés européens, de concert avec les États-Unis, ont lancé samedi un ultimatum sur un cessez-le-feu de 30 jours à la Russie, menaçant Moscou de “sanctions massives” en cas de refus, dans une rare manifestation d’unité parmi les Occidentaux. Le président russe a ignoré l’ultimatum, proposant à son tour des négociations “directes” et “sans condition préalable” entre Moscou et Kiev, à partir de jeudi à Istanbul (Turquie).Il s’agirait des premières discussions entre Russes et Ukrainiens depuis les toutes premières semaines de l’invasion russe début 2022, lorsqu’une série de réunions bilatérales, également menées pour partie en Turquie, n’avaient pas abouti à la signature d’un accord de paix.Volodymyr Zelensky a répondu en invitant Vladimir Poutine à se voir “en personne” jeudi à Istanbul. Sans obtenir de réponse du Kremlin à ce stade. Pour que cette réunion russo-ukrainienne envisagée puisse se tenir, Kiev et ses alliés ont réclamé un cessez-le-feu préalable.”Pour engager des pourparlers de paix, il doit y avoir un cessez-le-feu”, a ainsi dit lundi la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, en arrivant à une réunion de ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays européens à Londres consacrée à la guerre en Ukraine.Ce à quoi la Russie n’a pas répondu directement pour le moment.Il n’était pas clair dans l’immédiat si M. Zelensky mettait comme condition à son déplacement l’acceptation d’une trêve préalable par Moscou.- “Causes profondes du conflit” -Mais Vladimir Poutine – qui réclame toujours la reddition de l’Ukraine, son renoncement à rejoindre l’Otan ou encore qu’il puisse garder les territoires ukrainiens annexés par Moscou – semble avoir une lecture différente, sachant son armée en position favorable sur le front. Dans son discours, il n’avait “pas exclu” que l’idée d’un cessez-le-feu soit discutée lors de ces pourparlers, qui doivent selon lui porter avant tout sur “les causes profondes du conflit”.Au-delà de sa volonté de “démilitariser” l’Ukraine, le président russe demande également une refonte générale de l’architecture sécuritaire en Europe, considérant le rapprochement de l’Otan aux frontières russes comme une menace existentielle. “Nous devons mettre la pression sur la Russie car elle joue à un jeu”, a jugé lundi Kaja Kallas.Une rencontre jeudi en Turquie “permettra au moins de déterminer si un accord est possible, et s’il ne l’est pas, les dirigeants européens et les États-Unis sauront à quoi s’en tenir et pourront agir en conséquence”, avait de son côté estimé dimanche Donald Trump.La Chine, fidèle soutien diplomatique de la Russie, a salué lundi les dernières évolutions diplomatiques, disant espérer un accord de paix “durable et contraignant”, “acceptable pour toutes les parties concernées”.
Le calme revenu à la frontière de l’Inde et du Pakistan, leurs généraux reprennent langue
Généraux indiens et pakistanais doivent s’entretenir lundi de la situation à leur frontière, où le calme est revenu après la confrontation militaire la plus grave entre les deux puissances nucléaires depuis deux décennies.Pour la première fois depuis plusieurs nuits, l’armée indienne n’a fait état d’aucun incident significatif le long de la “ligne de contrôle” (LoC) qui sépare la région contestée du Cachemire entre les deux pays.”La nuit est restée largement calme”, a-t-elle constaté dans un communiqué.Initialement annoncé pour la mi-journée, un échange téléphonique est finalement prévu “en soirée” entre les chefs des opérations militaires des deux camps pour discuter de la situation sur le terrain, a fait savoir l’état-major indien.La semaine dernière, l’Inde et le Pakistan se sont retrouvés au seuil d’une nouvelle guerre ouverte, échangeant les attaques de drones, les tirs d’artillerie et les frappes de missiles sur leurs sols.Tout a démarré mercredi avant l’aube, lorsque des missiles indiens ont détruit sur le sol pakistanais des camps censés abriter le groupe jihadiste que New Delhi soupçonne d’avoir assassiné 26 civils le 22 avril dans sa partie du Cachemire.Accusé de soutenir ce mouvement, le Pakistan a fermement démenti toute implication dans l’attaque et a aussitôt riposté, replongeant les deux puissances nucléaires rivales aux pires heures du dernier conflit ouvert qu’elles se sont livré en 1999.Selon leurs décomptes très partiels, ces combats ont tué une soixantaine de civils des deux camps.- “Missions accomplies” -Alors que les hostilités ne montraient aucun signe de ralentissement, Donald Trump a créé la surprise samedi après-midi en annonçant avoir arraché “un cessez-le-feu total et immédiat”.Les deux capitales ont rapidement confirmé s’être accordées – “directement”, a tenu à préciser New Delhi – pour rengainer leurs armes.Quelques heures plus tard, l’Inde et le Pakistan se sont accusés de “violations répétées” de la trêve, alors que de violentes détonations secouaient la nuit Srinagar, la principale ville du Cachemire indien, et plusieurs endroits du territoire indien.Mais le calme est revenu à l’aube des deux côtés de la frontière, ont constaté les journalistes de l’AFP.Dimanche soir, les hauts-gradés des deux camps se sont bruyamment félicités, photos et vidéos à l’appui, d’avoir rempli leur mission, en évitant soigneusement de faire état de leurs pertes.”Les pertes font partie du combat”, a concédé devant la presse le général AK Barthi, de l’armée de l’air indienne. “Mais la seule question est de savoir si nous avons atteint notre objectif. Et la réponse à cette question est un oui éclatant”.Le même aviateur a refusé de commenter les affirmations du Pakistan, qui dit avoir abattu cinq chasseurs indiens dont trois Rafale dernier cri de fabrication française. “Tous nos pilotes sont rentrés”, s’est-il contenté d’assurer.Deux heures plus tard, le porte-parole de l’armée pakistanaise, le général Ahmed Chaudhry a salué avec le même enthousiasme “un succès sur le champ de bataille” de ses troupes.- Trêves fragiles -“Nous avons tenu la promesse que nous avions faite à notre peuple”, a-t-il ajouté, se vantant que “des dizaines de drones pakistanais ont survolé l’Inde, notamment New Delhi”.Les généraux des deux camps ont également souligné qu’ils restaient sur le qui-vive.Autre signe du retour à la normale, l’Autorité indienne de l’aviation civile a annoncé lundi la réouverture “immédiate” au trafic aérien de 32 aéroports du quart nord-ouest de son territoire.Malgré ce cessez-le-feu, la prudence reste toutefois de mise dans les populations, encore sous le choc de la violence des derniers jours.”Un cessez-le-feu signifie que tout est réglé mais ce n’est clairement pas le cas”, a confié à l’AFP Kuldeep Raj, 56 ans, un habitant du village indien de Kotmaira, victimes samedi soir de tirs d’artillerie pakistanais malgré la trêve.”Cela fait 50 ans que je vis le long de la LoC. Les trêves sont annoncées et les échanges de tirs reprennent quelques jours plus tard”, a lancé en écho Mohammed Munir, un fonctionnaire pakistanais de 53 ans vivant à Chakhoti.L’Inde et le Pakistan revendiquent l’entière souveraineté du Cachemire depuis leur indépendance en 1947.En annonçant le cessez-le-feu, Donald Trump avait évoqué samedi des discussions en vue d’une “solution au Cachemire”. Une source gouvernementale à New Delhi a toutefois rapidement écarté cette éventualité.”Les relations (entre les deux pays) vont rester hostiles, les relations vont rester difficiles”, prédit Praveen Donthi, analyste au centre de réflexion International Crisis Group (ICG).burs-pa/pt






