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Les méharistes, sentinelles du désert mauritanien face au risque jihadiste

Kalachnikov en bandoulière, turban noir ceignant leur tête, ces soldats du désert perchés sur leur dromadaire évoqueraient presque une image historique si leur drone flambant neuf ne fendait l’air brûlant du Sahara dans le sud-est de la Mauritanie.On les appelle les méharistes. Une équipe de l’AFP a pu accompagner pendant deux jours ces cavaliers du désert, héritiers des unités créées sous la colonisation française. Ils ont retrouvé un rôle central dans la stratégie sécuritaire de ce pays d’Afrique de l’Ouest, voisin du Mali empêtré dans les violences jihadistes.Pour dompter l’immense territoire majoritairement désertique qui partage 2.200 km de frontière poreuse et mal définie avec le Mali, la Mauritanie a misé sur le rythme lent du dromadaire, là où les 4X4 s’enlisent dans le sable.Une stratégie qui semble payante: la Mauritanie n’a pas connu d’attaque jihadiste depuis 2011.Ce matin-là, une quinzaine de méharistes progressent entre les buissons épineux et les dunes, guidés par les instructions criées dans un talkie-walkie grésillant. L’exercice du jour: repérer au drone et appréhender un voleur de bétail.L’unité périclitait il y a encore quelques années, ne comptant qu’une cinquantaine d’hommes. Depuis 2019, elle a connu une renaissance, grâce à plusieurs millions d’euros alloués par l’Union européenne. Aujourd’hui, le Groupement nomade est fort d’environ 150 hommes et d’un cheptel de 400 dromadaires.Les méharistes sont reconnaissables à leur monture, un “chameau” comme ils disent, même s’il s’agit bien de dromadaires avec leur unique bosse.- “La voiture du Sahara” -Infatigables, pouvant tenir des jours sans boire ni manger, les dromadaires sont “la voiture du Sahara”, plaisante le lieutenant-colonel Ekar Sidi, commandant du Groupement nomade au sein de la Garde nationale. Du haut de sa monture, le colonel Moulaye el-Béchir, commandant des unités de la Garde nationale, vante “l’impression de liberté” que procure le dromadaire: “Pour nous, hommes du désert, il est vraiment indispensable. On l’utilise comme monture, pour son lait, sa viande”.”Le Groupement nomade peut être déployé dans les milieux très reculés ou difficiles d’accès pour assurer la présence de l’État”, poursuit-il.A plus d’un millier de kilomètres de la capitale Nouakchott, dans la région enclavée du Hodh El Chargui proche du Mali, les méharistes ont pour mission de collecter du renseignement.Les autorités mauritaniennes ont misé sur l’intégration des populations nomades qui se déplacent au gré de leurs troupeaux par-delà les frontières, terreau potentiel de recrutement jihadiste.Dans cette région, le camp de Mbera accueille environ 140.000 réfugiés maliens, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Ils seraient encore plus nombreux à vivre aux abords du camp, fuyant les jihadistes et les exactions de l’armée malienne et de mercenaires russes.”Il y a des intérêts géostratégiques clairs à maintenir la stabilité de la Mauritanie dans une région très instable”, explique un diplomate européen à propos du financement du Groupement nomade, mais aussi de projets de développement.- “Sécurité et développement” -“On a réalisé que pour lutter contre le terrorisme, il fallait que les populations soient connectées avec l’État. C’est comme ça qu’est apparu le terme +sécurité et développement+”, explique Peer de Jong, de l’entreprise française Thémiis, qui accompagne le développement du Groupement nomade.Thémiis est une entreprise française indépendante qui accompagne les États et les institutions dans leurs projets de sécurité, de défense et de développement.”En soignant les cheptels, en traquant les voleurs de bétail, en retrouvant les animaux égarés qu’on restitue à leur propriétaire, c’est ainsi que le lien de confiance s’est instauré”, souligne le colonel el-Béchir.Pour se fondre dans le décor, les méharistes sont recrutés parmi les Bédouins.Le brigadier-chef Mbeurik Massoud et ses quatre hommes viennent d’installer le campement pour la nuit. On sert l’immuable thé, un feu brûle et le désert retrouve une certaine fraîcheur.Depuis son intégration à la Garde en 1989, ce nomade patrouille la région: “Nous venons informer les populations de ce qui se passe au niveau de l’État. On les soigne et on leur donne des médicaments.”- “Qui contrôle l’eau contrôle le désert” – Des puits d’eau ont été construits à des points incontournables des routes de transhumance. L’objectif: sédentariser les populations nomades pour permettre une surveillance des passages. “Qui contrôle les points d’eau contrôle le désert”, résume le colonel el-Béchir.Pendant l’inspection d’un château d’eau en plein désert, Adama Diallo, ingénieur sur le projet, se félicite: “En 2017, il n’y avait même pas une case. Aujourd’hui, on trouve 50 à 60 familles. C’est un exploit.”Sur ces plateaux battus par les vents et le sable, où les températures peuvent atteindre les 50 degrés Celsius, les conditions de vie des Bédouins sont précaires. “Ici, c’est très loin des grands axes, on n’a pas de réseau, pas de voitures, pas de boutiques”, se lamente Boddeh Woul Cheikd, la cinquantaine, drapée d’un voile couvrant son visage.Dans ce village situé à des centaines de kilomètres des prochaines villes, un petit poste infirmier a été construit par le gouvernement il y a trois mois.La simple présence des méharistes et de projets de développement n’explique pas à elle seule le succès de la lutte contre le jihadisme. La République islamique opère une surveillance étroite de son territoire.La démarche mauritanienne semble toutefois intéresser d’autres pays sahéliens, comme le Tchad ou le Niger. Le colonel el-Béchir espère bientôt former d’autres unités méharistes de la sous-région et faire rayonner “l’expérience mauritanienne”.

Pour Trump, ce serait “stupide” de refuser l’avion présidentiel offert par le Qatar

Donald Trump a fermement défendu lundi son choix d’accepter un Boeing offert par le Qatar aux Etats-Unis, assurant qu’il serait “stupide” de refuser un tel cadeau, dont il compte faire son nouvel avion présidentiel.”C’est un beau geste venant du Qatar. Je suis très reconnaissant. Je ne suis pas du genre à refuser une telle offre. …

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Ukraine: Trump “envisage” de se rendre à d’éventuelles discussions à Istanbul

Donald Trump a déclaré lundi qu’il “envisageait” de se rendre en Turquie jeudi pour d’éventuelles discussions russo-ukrainiennes auxquelles Volodymyr Zelensky a invité Vladimir Poutine, le Kremlin refusant pour sa part de se prononcer sur la composition, le cas échéant, de la délégation russe.”Il y a une possibilité, je suppose, si je pense que des choses peuvent se produire”, a déclaré le président américain à des journalistes à la Maison Blanche, peu avant son départ pour l’Arabie saoudite.Son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky a immédiatement réagi en disant qu’il serait en Turquie pour ces discussions et qu’il souhaitait que Donald Trump soit là également.Le président russe Vladimir Poutine avait proposé samedi ces discussions directes entre Russes et Ukrainiens à Istanbul. Puis Volodymyr Zelensky avait répondu en proposant de rencontrer M. Poutine “en personne” dans cette même ville. Depuis, le Kremlin n’a pas réagi à cette offre d’une rencontre Poutine-Zelensky. Interrogé lundi sur la composition d’une délégation russe à Istanbul, le porte-parole de la président russe, Dmitri Peskov, a refusé de commenter.Dans son allocution quotidienne, M. Zelensky a dénoncé lundi soir “le très étrange silence” de Moscou concernant ces pourparlers directs.”La Russie devra arrêter la guerre et il vaut mieux le faire le plus tôt possible. Il ne sert à rien de continuer les massacres”, a-t-il lancé, précisant avoir eu un appel téléphonique avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.Ce dernier, de son côté, a dit espérer que “la fenêtre d’opportunité” qui s’est ouverte “ne sera pas perdue”.- Moscou refuse tout “ultimatum” -Kiev et ses alliés européens ont réclamé pendant le week-end un cessez-le-feu “complet et inconditionnel” de 30 jours à partir de lundi, condition préalable selon eux pour des discussions de paix directes entre l’Ukraine et la Russie, menaçant Moscou de “sanctions massives” en cas de refus. Mais le Kremlin a rejeté lundi cette démarche : “Le langage des ultimatums est inacceptable pour la Russie”, a déclaré le porte-parole Dmitri Peskov lors de son briefing quotidien.Il a ensuite assuré que Moscou voulait des négociations “sérieuses” pour aboutir à une paix dans le conflit, déclenché par l’invasion russe à grande échelle du territoire ukrainien en février 2022 et dont le bilan se chiffre au moins en dizaines de milliers de morts, auxquelles s’ajoutent d’immenses destructions.Les ministres des Affaires étrangères de la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne, le Royaume-Uni ainsi que la cheffe de la diplomatie de l’UE, ont réitéré lundi leur demande d’une trêve de 30 jours.”Jusqu’à présent, la Russie n’a montré aucune intention sérieuse de faire des progrès. Elle doit le faire sans tarder”, ont-ils déclaré, dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion à Londres.- Accélération diplomatique -Les tractations diplomatiques se sont accélérées ces trois derniers jours, alors que les discussions indirectes entre Kiev et Moscou, initiées mi-février par Donald Trump, semblaient dans l’impasse.Des discussions directes jeudi à Istanbul seraient une première depuis le début de l’invasion russe de février 2022, lorsque qu’une série de réunions bilatérales, également menées pour partie en Turquie, avaient échoué à déboucher sur un cessez-le-feu.Pour le politologue ukrainien Volodymyr Fessenko, la proposition de Volodymyr Zelensky de rencontrer M. Poutine est une manœuvre “tactique” pour mettre le président russe en difficulté dans le processus de négociations.”Si Poutine refuse (cette invitation), cela veut dire qu’il ne veut pas négocier, et pourrait avoir l’air d’un loser aux yeux de Trump”, estime cet expert, qui considère le dirigeant américain comme “la principale force directrice” derrière ces pourparlers.- “Causes profondes” -Parallèlement, les attaques russes nocturnes contre l’Ukraine se sont poursuivies, comme quasiment chaque jour depuis février 2022.Lundi matin, un drone russe a également fait un mort et trois blessés dans la région de Soumy (nord-est), selon les autorités ukrainiennes.Dans la partie de la région de Kherson (sud) occupée par Moscou, des frappes de drones ukrainiens ont tué quatre civils, a rapporté lundi Vladimir Saldo, le responsable local nommé par la Russie, qui occupe toujours près de 20% du territoire ukrainien. Vladimir Poutine – qui réclame toujours la capitulation de facto de l’Ukraine, son renoncement à rejoindre l’Otan ou encore qu’il puisse garder les territoires ukrainiens annexés par Moscou – semble temporiser, sachant son armée en position favorable sur le front.Lundi, l’armée russe a ainsi revendiqué la prise d’un nouveau village dans la région de Donetsk (Est). Samedi, M. Poutine n’avait cependant “pas exclu” que l’idée d’un cessez-le-feu soit discutée lors de pourparlers à Istanbul, qui doivent, selon lui, porter avant tout sur “les causes profondes du conflit”. 

Ouverture des débats sur la fin de vie dans l’hémicycle de l’Assemblée

La question de la fin de vie, comprenant notamment la création d’un “droit à l’aide à mourir”, a fait son retour dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale lundi, de nombreux députés formulant le vœux de débats dignes et apaisés, permettant d’aboutir à un texte d’équilibre sur un sujet intime.La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a promis en ouvrant les débats de veiller à ce qu’ils restent “les plus respectueux possibles”.Les députés débattront deux semaines durant, week-end compris si besoin, de deux propositions de loi, portant l’une sur les soins palliatifs, et l’autre sur l’aide à mourir. Un vote solennel pour chacune est prévu le 27 mai.”Oui, il y a encore pire que la mort, quand la vie n’est devenue qu’une inexorable agonie”, a déclaré le rapporteur du deuxième texte Olivier Falorni (groupe MoDem), défendant la nécessité d’une aide à mourir comme “ultime recours”.Présageant de débats poignants, certains députés ont partagé leur expérience personnelle. “Comme beaucoup d’entre vous, j’ai connu dans ma propre famille la dégradation irréversible, le maintien en vie sans consentement, dans la douleur”, a confié à la tribune la député insoumise Karen Erodi.Consensuelle, la première proposition de loi prévoit notamment la création d’un “droit opposable” aux soins palliatifs, alors que selon un rapport de la Cour des comptes de juillet 2023, seule la moitié des besoins était pourvue.Plus clivante, la seconde a été approuvée par 28 députés contre 15 en commission. En séance, tous les groupes devraient laisser une liberté de vote à leurs membres.Les élus devront d’abord examiner plus de 3.000 amendements, dont beaucoup venus de l’UDR, le groupe d’Eric Ciotti allié du RN. Si LFI a dénoncé une tentative d'”obstruction” de l’extrême droite, Mme Braun-Pivet a réfuté le terme, jugeant que l’ordre de grandeur était le même lors des débats en 2024.- “Moindre mal” -Après s’être engagé en 2022 à confier une réflexion sur le sujet à une convention citoyenne, Emmanuel Macron avait dévoilé en mars 2024 les grandes lignes d’un projet de loi, dont l’examen avait cependant été interrompu par la dissolution.Soumis à une forte pression des députés, le Premier ministre François Bayrou a remis l’ouvrage sur le métier, en scindant le projet de loi en deux, de manière à laisser la liberté aux députés de voter pour un texte mais pas pour l’autre.Lundi dernier, Emmanuel Macron a réaffirmé son engagement en faveur de cette évolution sociétale, estimant que le débat ne pouvait “être réduit” à pour ou contre la vie, mais devait poser la question du “moindre mal”.Le gouvernement est cependant divisé sur la question, et le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (LR) en est un farouche opposant.Si elle transcende les clivages politiques, la création d’une aide à mourir, autre nom du suicide assisté et de l’euthanasie, est combattue par une large partie de la droite et de l’extrême droite.”L’Etat peut-il être mêlé à la mort d’un tiers, y compris par la simple autorisation d’un dispositif ? Personnellement je ne le crois pas. L’impossibilité de donner la mort c’est une principe absolu”, a déclaré le député LR Philippe Juvin, médecin de profession, s’inquiétant que le texte “ouvre l’euthanasie à des personnes qui ont potentiellement plusieurs années à vivre”.”Cette loi autorisera le recours au droit à mourir sans perdre ce caractère d’exception et sans l’encourager”, a au contraire estimé la députée socialiste Océane Godard.- “Cadre clair” -La ministre de la Santé Catherine Vautrin a appelé dans l’hémicycle à définir, pour l’aide à mourir, “un cadre clair avec des principes non négociables et des lignes à ne pas franchir”. “C’est là l’honneur du Parlement que de s’emparer des sujets les plus graves, les plus bouleversants et de trouver le point d’équilibre”, a-t-elle ajouté.La question des critères ouvrant l’accès à ce nouveau droit sera particulièrement débattue, ainsi que celles des “garde-fous” encadrant la procédure, de la collégialité de la décision d’autorisation, ou encore de la priorité donnée ou non à l’auto-administration de la substance létale.Le texte de M. Falorni prévoit désormais que le patient soit “atteint d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale”.La Haute Autorité de Santé a défini mardi dans un avis la “phase avancée” comme “l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé qui affecte la qualité de vie”. Une définition que le gouvernement entend reprendre dans un amendement.

Uruguay: l’ancien président “Pepe” Mujica en phase terminale, selon sa femme

L’ancien président uruguayen José “Pepe” Mujica souffre d’un cancer de l’œsophage en phase “terminale” et reçoit des soins palliatifs pour éviter la douleur, a déclaré son épouse à un média local. En janvier, l’ex-président de 89 ans, icône de la gauche en Amérique latine, a révélé que son cancer diagnostiqué en mai 2024 s’était propagé, et …

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Uruguay: l’ancien président “Pepe” Mujica en phase terminale, selon sa femme

L’ancien président uruguayen José “Pepe” Mujica souffre d’un cancer de l’œsophage en phase “terminale” et reçoit des soins palliatifs pour éviter la douleur, a déclaré son épouse à un média local. En janvier, l’ex-président de 89 ans, icône de la gauche en Amérique latine, a révélé que son cancer diagnostiqué en mai 2024 s’était propagé, et que son corps vieillissant ne supportait plus les traitements.Le cancer de José Mujica est à un stade “terminal”, a indiqué sa femme, l’ancienne vice-présidente Lucia Topolansky, lors d’un entretien à la radio Sarandi diffusé lundi, en disant faire le nécessaire pour que son mari vive la fin de sa vie “le mieux possible”.L’absence de l’ancien dirigeant de l’Uruguay (2010-2015) lors des élections régionales de dimanche, au cours desquelles la gauche a conservé le pouvoir dans la capitale Montevideo, avait été remarquée.Dimanche, l’actuel président Yamando Orsi, dauphin de Mujica, a appelé au respect de l’intimité de l’ancien guérillero. “Nous devons tous veiller à ce que, à chaque étape de notre vie, la dignité soit la clef. Il ne faut pas le perturber, il faut le laisser tranquille”, avait-il demandé. José Mujica, dit “Pepe”, est devenu célèbre dans le monde entier pour son refus des conventions à l’époque où il dirigeait l’Uruguay, petit pays sud-américain de 3,4 millions d’habitants coincé entre les géants brésilien et argentin.Ce chantre de la frugalité a refusé de vivre dans la résidence présidentielle, préférant habiter dans sa modeste ferme des environs de Montevideo. Il doit sa popularité à sa personnalité truculente et à son verbe spontané, sans langue de bois et souvent polémique.Promoteur de mesures très progressistes pour l’Amérique latine, comme la légalisation du cannabis –une première mondiale en 2013– l’avortement et le mariage homosexuel, Pepe Mujica a gagné le surnom de “président le plus pauvre du monde” en reversant la quasi-totalité de ses revenus de président à un programme de logement social. Mais dans son pays, il a laissé un bilan plus contrasté.

Royaume-Uni: sous pression sur l’immigration, Starmer promet de “reprendre le contrôle” des frontières

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a promis lundi de “reprendre enfin le contrôle” des frontières du pays en dévoilant de nouvelles mesures pour réduire l’immigration légale, alors que l’extrême droite gagne du terrain au Royaume Uni.”Tous les domaines du système d’immigration, y compris (les visas) de travail, de regroupement familial, d’étude, seront renforcés afin que nous puissions mieux les contrôler”, a déclaré le dirigeant travailliste lors d’une conférence de presse à Downing Street.Parmi ces mesures “radicales”, il faudra dix ans, et non plus cinq, passés sur le territoire pour demander un titre de résident permanent ou la nationalité britannique, et le secteur des soins aux personnes âgées, actuellement très dépendant de la main d’œuvre étrangère, ne pourra plus recruter hors du pays.Le niveau d’anglais nécessaire pour immigrer sera renforcé, y compris, pour la première fois, pour les adultes dépendants d’un titulaire de visa. La durée pendant laquelle les étudiants étrangers pourront rester au Royaume-Uni après leurs études va également diminuer. Ce plan doit permettre “de reprendre enfin le contrôle de nos frontières”, a affirmé Keir Starmer, reprenant un slogan des partisans du Brexit. Le Royaume-Uni risque de devenir “une île d’étrangers, et non une nation qui avance ensemble”, sans une meilleure intégration, a-t-il également déclaré, s’attirant de vives critiques d’ONG de défense des migrants et d’élus à la gauche du parti travailliste.”Le nombre d’immigrants diminuera” de façon “significative” d’ici les législatives de 2029, a promis Starmer.Depuis leur arrivée au gouvernement en juillet, les travaillistes promettent de réduire l’immigration nette – la différence entre arrivées et départs – qui s’est établie à 728.000 personnes entre juin 2023 et juin 2024. Elle avait atteint un record de 906.000 entre juin 2022 et juin 2023, contre 200.000 en moyenne dans les années 2010.- “Déjà à terre” -Le gouvernement avait distillé ces derniers jours une grande partie de son plan, pressé de montrer qu’il répond aux électeurs après le succès du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage lors des élections locales du 1er mai.Keir Starmer a “écouté et appris de Reform UK”, a jugé lundi sur la BBC le député et chef adjoint de Reform Richard Tice, tout en doutant de sa capacité à tenir ses promesses.Pour s’assurer que les étrangers désireux de s’installer au Royaume-Uni “méritent” de rester, selon le gouvernement, il faudra dix ans pour demander le titre de résident permanent, que 162.000 personnes ont reçu l’an passé (+35% sur un an).Les infirmières, médecins, ingénieurs et dirigeants dans l’intelligence artificielle pourront continuer à candidater au bout de cinq ans.Le plan prévoit aussi un durcissement des conditions d’octroi des visas de travail (369.000 en 2024).Selon la ministre de l’Intérieur Yvette Cooper, les nouvelles mesures vont réduire d'”environ 100.000″ par an le nombre de visas accordés.  Elles vont permettre de “rétablir l’ordre dans le système”, de “tourner la page du chaos”, a-t-elle déclaré devant la chambre des Communes à Westminster.  Les employeurs qui veulent recruter des personnes à l’étranger devront investir dans la formation de travailleurs britanniques.”Le gouvernement nous porte un coup alors que nous sommes déjà à terre”, a déploré Martin Green, directeur général de Care England, association du secteur de l’aide aux personnes âgées, pour lequel la main d’œuvre étrangère est une “bouée de sauvetage”.La semaine dernière, le gouvernement avait déjà annoncé vouloir restreindre les visas de travail et étudiants pour les ressortissants de pays comme le Pakistan, le Nigeria et le Sri Lanka, les plus susceptibles de demander l’asile.Le gouvernement veut aussi pouvoir expulser plus d’étrangers condamnés pour des délits. Actuellement ils ne sont généralement expulsés que s’ils sont condamnés à plus d’un an de prison.Outre l’immigration légale, le gouvernement est également sous pression pour endiguer l’arrivée de migrants traversant la Manche sur de petites embarcations. Quelque 36.800 sont arrivés l’an dernier, et plus de 11.000 depuis le début de l’année.Dans la nuit de dimanche à lundi, une personne est morte et plusieurs autres ont été blessées lors d’une tentative de traversée clandestine, a annoncé la préfecture maritime française.

Turquie: le PKK annonce sa dissolution et la fin de la lutte armée

Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé lundi sa dissolution et la fin de plus de quatre décennies d’une lutte armée contre l’Etat turc qui a fait plus de 40.000 morts.Dans un communiqué cité par l’agence prokurde ANF, le PKK considère qu’il a accompli sa “mission historique” et que grâce aux armes, la question kurde est parvenue “à un point où elle peut désormais être résolue par une politique démocratique”.Dans un premier commentaire, lundi soir, le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué une “décision importante pour le maintien de la paix et la fraternité” en Turquie.”Nous avançons avec confiance vers notre objectif d’une Turquie sans terreur, surmontant les obstacles en brisant les préjugés et en déjouant les pièges de la discorde”, a-t-il insisté.Le PKK a confirmé que lors de son 12e Congrès, la semaine passée dans les montagnes du nord de l’Irak, décision a été prise “de dissoudre la structure organisationnelle (du parti) et de mettre fin à la voie de la lutte armée”, répondant ainsi à l’appel de son chef historique et fondateur, Abdullah Öcalan, lancé le 27 février.A Diyarbakir, la grande ville à majorité kurde du sud-est, la nouvelle a été accueillie avec satisfaction mais sans joie excessive, par une population lasse de la violence et des faux espoirs.- méfiance -Abdulhakim Doganer, commerçant de 49 ans, a noté “le bonheur sur les visages”: “Avec la permission de Dieu, ça continuera. Nous, le peuple kurde, n’avons jamais vraiment été partisans de la guerre”.”Nous voulons que ce processus continue. Ils ne doivent pas tromper les gens comme les fois précédentes” a repris, méfiant, Fahri Savas, ouvrier de 60 ans.Même prudence à Erbil, “capitale” du Kurdistan autonome dans le nord de l’Irak: “Nous ne soutenons le processus de paix que s’il est sérieux et assorti de garanties internationales” prévenait Khaled Mohammed, 55 ans. “Les gouvernements régionaux ont toujours échoué à répondre aux demandes des Kurdes, voilà pourquoi (ils) continuent de vivre et se battre dans les montagnes”.Le parti de M. Erdogan, l’AKP, a insisté sur une “mise en pratique” de cette décision, sans en préciser les modalités.Dans son communiqué, le PKK affirme que sa dissolution “fournit une base solide pour une paix durable et une solution démocratique” et en appelle au Parlement turc: à ce stade, il est important que la Grande Assemblée (…) joue son rôle face à l’Histoire”, indique-t-il.- “démocratisation” -“Des mesures devront être prises pour institutionnaliser la démocratie et l’État de droit comme garantie de paix sociale”, a écrit le président du CHP Özgür Özel, sur X.Il a insisté sur “la nécessité que toutes les réglementations juridiques nécessaires à la démocratisation soient élaborées sans délai, sous l’égide de la Grande Assemblée nationale” et appelé à “mettre fin aux violations constitutionnelles et à prendre les dispositions nécessaires à la démocratisation”.La principale figure du CHP, le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, a été arrété le 19 mars et placé en détention depuis.M. Özel a demandé sa libération et celle des dirigeants politiques tel Selahattin Demirtas, leader du parti prokurde DEM, emprisonné depuis 2016, qui a salué lundi une “étape historique”.L’autodissolution du PKK est l’aboutissement d’un processus initié à l’automne par le principal allié du président Recep Tayyip Erdogan, le nationaliste Devlet Bahçeli, avec la médiation du parti DEM.Ce dernier a espéré “qu’une porte vers une solution politique au problème kurde est désormais grande ouverte”.M. Bahçeli a lui dit souhaiter que “la page sanglante écrite (par le PKK) depuis 47 ans soit refermée pour ne plus jamais être rouverte”.Le PKK avait répondu favorablement le 1er mars à l’appel d’Abudllah Öcalan, son chef toujours respecté malgré ses 26 ans de prison à l’isolement, et annoncé un cessez-le-feu immédiat avec les forces turques.Il avait ensuite fait valoir les difficultés de réunir son congrès alors que l’aviation turque continuait de bombarder ses positions.A 76 ans il est peu probable que “Apo” (oncle, en kurde) quitte l’île-prison d’Imrali, au large d’Istanbul. Mais il devrait a minima voir son régime carcéral assoupli, selon la plupart des observateurs.- “Opportunité historique” -Après avoir salué fin février une “opportunité historique” de paix à la suite de l’appel de M. Öcalan, le président Erdogan avait juré de poursuivre les opérations contre le PKK “si (ses) promesses n’étaient pas tenues”.Resté en retrait pendant toute la durée du processus, le chef de l’Etat a laissé son allié Devlet Bahçeli en première ligne.Mais pour Gönül Tol, directrice du programme Turquie au Middle East Institute, jointe par l’AFP, “le principal moteur (de ce processus) a toujours été la consolidation du pouvoir d’Erdogan”.Selon elle, le chef de l’Etat pourra ainsi se présenter aux élections de 2028 renforcé face à une opposition divisée.La chercheuse rappelle que la population kurde ne s’est pas jointe aux manifestations de l’opposition en mars pour dénoncer l’arrestation du maire d’Istanbul, pas plus qu’au  rassemblement du CHP samedi à Van (est), ville à forte population kurde.Ce qui, pour elle, “montre que la stratégie d’Erdogan, qui consiste à diviser pour mieux régner, fonctionne”. Selon certaines estimations, la population kurde représente 20% des 85 millions d’habitants de la Turquie.

Birmanie: une frappe aérienne de la junte sur une école pendant la trêve tue 22 personnes, selon des témoins

L’armée de l’air de la junte birmane a bombardé une école lundi, tuant 22 personnes, dont vingt enfants, selon des témoins, malgré un cessez-le-feu humanitaire à la suite d’un tremblement de terre dévastateur. La frappe a atteint vers 10H00 (03H30 GMT) une école de Oe Htein Kwin, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de l’épicentre du séisme qui avait fait près de 3.800 morts le 28 mars, ont indiqué des habitants.”Pour l’instant, 22 personnes au total — vingt enfants et deux enseignants — ont été tuées,” a déclaré une enseignante de 34 ans de l’école du village de Oe Htein Kwin, parlant sous condition d’anonymat. “Nous avons tenté de disperser les enfants mais l’avion était trop rapide et a largué ses bombes”, a ajouté l’enseignante.Un responsable éducatif dans la région de Sagaing a donné le même bilan. Le bâtiment vert de l’école était dévasté, son toit métallique abîmé et ses murs en briques éventrés par de grands trous. Plus d’une dizaine de sacs à dos abandonnés étaient empilés devant un poteau à l’extérieur arborant le drapeau de la Birmanie.Les parents creusaient de petites tombes dans la terre dure pour inhumer les corps de leurs enfants enveloppés dans des linceuls.Le service d’information de la junte a affirmé que les informations sur la frappe étaient “des nouvelles fabriquées”. “Il n’y a pas eu de frappe aérienne ou de cibles non militaires”, a-t-il déclaré dans un communiqué.La Birmanie est ravagée par une guerre civile depuis le coup d’Etat qui permis à la junte de s’emparer du pouvoir en 2021. Les militaires sont confrontés à des adversaires issus de minorités ethniques et du mouvement pro-démocratie.Les généraux ont instauré jusqu’à la fin du mois une trêve humanitaire pour aider les secours et les efforts de reconstruction à la suite du séisme de magnitude 7,7 du 28 mars.Le cessez-le-feu a été instauré du 6 au 30 mai afin de “poursuivre les efforts de reconstruction et de réhabilitation”, selon le gouvernement militaire.Le cessez-le-feu n’a pas empêché la junte de conduire des frappes aériennes, ni ses adversaires de mener des attaques.- “Les besoins sont immenses” -Des dizaines de milliers d’habitants vivent encore dehors après le séisme qui a détruit ou fortement endommagé leurs habitations, dans la perspective de devoir affronter la saison des moussons qui commence dans les prochaines semaines.”Les besoins sont immenses”, a déclaré lundi à l’AFP Jagan Chapagain, Secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.”Ma crainte est que le temps n’est pas de notre côté”, a-t-il ajouté.Les Nations unies et des observateurs indépendants affirment que la junte a poursuivi les bombardements aériens malgré la trêve. La semaine dernière, l’ONU a indiqué que depuis le tremblement de terre, plus de 200 civils avaient été tués dans au moins 243 attaques militaires, dont 171 frappes aériennes.Dans leur proclamation du cessez-le-feu, les militaires ont averti qu’ils prendraient “les mesures défensives nécessaires” s’ils étaient attaqués par leurs adversaires.De nombreux groupes ethniques armés ou opposés à la junte ont promis de suspendre les hostilités. Mais au cours de la trêve, des habitants de l’est de la Birmanie ont dit avoir été déplacés au moment où des forces anti-junte assiégeaient des villes contrôlées par la junte sur une importante route commerciale vers la Thaïlande.Lors du séisme, le sol s’est déformé jusqu’à six mètres dans certains endroits, aplatissant les appartements, ouvrant des trous béants dans les chaussées et provoquant l’effondrement d’un pont crucial pour la circulation.L’aide humanitaire a été entravée par les problèmes de financement depuis que le président américain Donald Trump a réduit l’aide internationale américaine.