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En quête de contrats, Trump attendu dans le Golfe sur fond d’offensive diplomatique américaine

En pleine offensive diplomatique américaine, Donald Trump entame mardi une tournée en Arabie saoudite, au Qatar et aux Emirats arabes unis, où des contrats semblent plus à portée de main que des accords sur les grands conflits au Moyen-Orient. Il s’agit du premier déplacement majeur à l’étranger du président américain depuis le début de son second mandat, décrit par la Maison-Blanche comme un “retour historique” dans la région. Huit ans plus tôt, M. Trump avait déjà choisi le royaume saoudien pour son premier voyage à l’international. La décision de faire passer, encore une fois, les riches monarchies du Golfe avant ses alliés occidentaux reflète leur rôle géopolitique croissant, mais aussi les priorités économiques du président américain. Ryad, Doha et Abou Dhabi devraient lui réserver un accueil royal, accompagné d’annonces de contrats mirobolants, de la défense à l’aviation, en passant par l’énergie ou l’intelligence artificielle. Cette visite s’inscrit dans une séquence diplomatique intense pour la Maison-Blanche, qui revendique un rôle déterminant dans la conclusion d’un cessez-le-feu entre l’Inde et le Pakistan, et a obtenu la libération d’un otage américain à Gaza.- “Mille milliards” -Washington a également mené des pourparlers dimanche avec l’Iran sur le dossier nucléaire, et conclu un accord de cessez-le-feu avec les rebelles houthis au Yémen. Face à une diplomatie américaine jugée peu lisible, les Etats du Golfe chercheront à comprendre, voire à influencer, la position de Donald Trump sur les grands sujets régionaux. Mais la priorité semble être la conclusion d’accords économiques. “Des sources à la Maison Blanche ont indiqué que le président se concentrera sur des deals”, écrit Daniel B. Shapiro, chercheur au sein du think tank Atlantic Council. “Cela signifie des opportunités pour augmenter les investissements de ces pays riches aux Etats-Unis”, ajoute-t-il. En janvier, le prince héritier saoudien et dirigeant de facto du royaume, Mohammed ben Salmane, s’était engagé à injecter 600 milliards de dollars dans des projets aux Etats-Unis. “Je demanderai au prince héritier – un type formidable – d’arrondir ça à mille milliards. Je pense qu’ils le feront, parce que nous avons été très bons avec eux”, avait alors répondu le président américain. Selon un responsable saoudien proche du ministère de la Défense, Ryad cherche notamment à sécuriser des livraisons de chasseurs F-35 et de systèmes de défense antiaérienne.- “Relation transactionnelle” -“Nous demanderons à ce que les livraisons aient lieu pendant le mandat de Trump”, a-t-il précisé à l’AFP sous couvert d’anonymat.A Ryad, les avis sont partagés parmi les habitants interrogés par l’AFP.  “Cette visite aboutira à des décisions politiques importantes pour la région et dans l’intérêt des pays arabes et musulmans”, pense Khalifa Oneizi, un Saoudien de 47 ans. D’autres sont plus sceptiques: “Je ne suis pas optimiste sur cette visite ni sur ses résultats”, confie Hamad Shahrani, 62 ans.Alors que la guerre continue de faire rage à Gaza, la normalisation avec Israël semble exclue de l’agenda, Ryad assurant qu’aucun progrès n’est envisageable sans l’établissement d’un Etat palestinien.La question des droits humains ne devrait pas non plus troubler le déplacement.”C’est une relation très transactionnelle, dans laquelle les droits humains ne comptent absolument pas”, estime Andreas Krieg, spécialiste du Moyen-Orient.Avant même d’avoir atterri dans le Golfe, M. Trump a déjà suscité la controverse: il lui est reproché d’avoir accepté un Boeing 747-8 offert par la famille royale du Qatar pour remplacer les actuels Air Force One, et l’utiliser après son mandat.Face aux critiques, le président américain a répliqué que l’avion était un “cadeau temporaire”.

Agressions sexuelles: l’heure du jugement pour Gérard Depardieu

Il est la plus grande figure du cinéma français rattrapée par #Metoo: Gérard Depardieu, contre lequel 18 mois de prison avec sursis ont été requis pour agressions sexuelles sur deux femmes lors du tournage d’un film en 2021, est fixé sur son sort mardi.Le tribunal correctionnel de Paris rend son jugement à 10H00 (08H00 GMT), deux mois après un procès intense et ultra médiatisé.Gérard Depardieu, actuellement en tournage au Portugal sur un film dirigé par Fanny Ardant, sera présent au délibéré, a assuré son avocat Me Jérémie Assous à la radio publique franceinfo.Dans son réquisitoire, à l’issue des quatre jours de procès, la culpabilité de l’acteur aux 250 films ne faisait aucun doute pour le procureur de la République qui a demandé “une peine qui prenne en compte l’absence totale de remise en cause” du prévenu.Outre de la prison avec sursis, l’accusation a réclamé contre Gérard Depardieu une obligation de soins psychologiques, une peine d’inéligibilité de deux ans et l’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.Au cours du procès, l’interprète de Cyrano de Bergerac a fait face aux plaignantes, respectivement décoratrice et assistante réalisatrice sur le film “Les Volets verts” de Jean Becker, qui l’ont accusé d’agressions sexuelles sur le tournage.A la barre, Amélie, 54 ans, a raconté en détail cette journée de septembre 2021, dans un appartement du 16e arrondissement de Paris où se déroulait le tournage.La décoratrice a expliqué avoir évoqué le décor du film avec Gérard Depardieu et sa recherche de parasols des années 70 pour la suite du tournage dans le sud de la France.- “Je conteste les faits!” -Ensuite, “il referme les jambes, il m’attrape les hanches”, a-t-elle mimé à la barre. “Il me coince, il a beaucoup de force et il malaxe”, a poursuivi Amélie, se remémorant “son gros visage”, “ses yeux rouges, très excités” et les propos de Gérard Depardieu: “Viens toucher mon gros parasol, je vais te le mettre dans la chatte !”.”Je conteste les faits!”, a vivement réagi Gérard Depardieu devant le tribunal, constamment assis sur un tabouret. “Il y a des vices que je ne connais pas”, s’est exclamé l’acteur. “Je ne vois pas pourquoi je m’amuserais à peloter une femme, des fesses, des seins, je ne suis pas un frotteur dans le métro”, s’est-il défendu.Gérard Depardieu, 76 ans, a également nié avoir agressé Sarah (prénom modifié), 34 ans aujourd’hui.L’assistante sur le film a raconté avoir accompagné l’acteur de la loge au plateau. “Il faisait nuit et au bout de la rue, il a mis la main sur ma fesse, il l’a posée tranquillement”, a-t-elle expliqué à la barre, à quelques mètres de Gérard Depardieu, ajoutant avoir été agressée à deux autres reprises les jours suivants.Devant le tribunal, Gérard Depardieu a admis pouvoir être “grossier, vulgaire”, regrettant “les temps anciens”.”J’adore les femmes”, a déclaré l’acteur, opposant “la féminité” qu’il respecte aux “femmes qui sont dans l’hystérie”, faisant référence aux manifestantes ayant perturbé les représentations de son spectacle “Depardieu chante Barbara” en 2023, après des accusations de violences sexistes et sexuelles.- “Fières d’être des femmes” -Pendant leurs plaidoiries, les avocates des parties civiles ont dénoncé les multiples attaques envers leurs clientes.”Menteuse, hystérique, allez pleurer !”, a ainsi crié Me Jérémie Assous à Amélie et Sarah, s’approchant de leur banc en les pointant du doigt. “On a assisté pendant quatre jours non pas à une stratégie de la défense, mais à un agresseur défendu par un agresseur”, a regretté Me Claude Vincent, avocate de Sarah.”Ils ont cru qu’avec leurs +mademoiselle+, +ma chérie+, en nous traitant d’hystériques, ils allaient nous humilier, mais ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que nous sommes fières d’être des femmes”, avait-elle souligné.Ces dernières années, Gérard Depardieu a été accusé d’agressions sexuelles par une vingtaine de femmes mais plusieurs procédures ont été classées pour cause de prescription des faits.La comédienne française Charlotte Arnould, présente dans la salle lors du procès, a porté plainte pour viol en 2018. Le parquet de Paris a requis un procès à l’encontre de l’acteur.

Royaume-Uni: la justice se penche sur les ventes d’armes à Israël

La Haute Cour de Londres se penche mardi sur un recours d’organisations de défense des droits humains qui accusent le gouvernement britannique de violer le droit international en autorisant l’exportation d’éléments d’avions de combat utilisés par Israël dans la guerre à Gaza.Soutenue par Amnesty International, Human Rights Watch, Oxfam et d’autres organisations, l’ONG palestinienne Al-Haq tente de bloquer les exportations de ces pièces fabriquées au Royaume-Uni, équipant les chasseurs américains F-35 de Lockheed Martin.Ces éléments incluent la perche de ravitaillement en carburant de l’avion, le système de ciblage laser, les pneus, le fuselage arrière, le système de propulsion par turbine et le siège éjectable, selon Oxfam. Le Royaume-Uni manque à son “obligation légale (…) d’empêcher un génocide” en permettant ces exportations, dénonce Amnesty.L’audience doit durer quatre jours. La date à laquelle sera rendue la décision n’est pas encore connue.En septembre dernier, le gouvernement travailliste a annoncé suspendre une trentaine de licences d’exportation d’armes à Israël sur un total de 350, en évoquant un “risque” qu’elles soient utilisées en violation du droit international à Gaza. Cette suspension partielle ne concernait pas les éléments de l’avion de combat F-35.L’action en justice a été lancée avec l’appui du réseau d’avocats Global Legal Action Network (GLAN) après l’offensive israélienne menée dans la bande de Gaza en représailles à une attaque sans précédent lancée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas.Un porte-parole du gouvernement britannique a indiqué à l’AFP qu’il n’était “actuellement pas possible de suspendre la licence des composants du F-35 pour une utilisation par Israël sans compromettre l’ensemble du programme mondial du F-35, en raison de son rôle stratégique au sein de l’Otan et des implications plus larges pour la paix et la sécurité internationales”.”Dans les mois qui ont suivi notre arrivée au pouvoir, nous avons suspendu les licences pertinentes qui pouvaient être utilisées par l’armée israélienne pour commettre ou faciliter la commission de violations graves du droit international à Gaza”, a ajouté cette source.- “Complicité” -Londres a insisté sur le fait qu’il avait “agi de manière conforme à (ses) obligations légales” et était “engagé à respecter (ses) responsabilités en vertu du droit national et international”.Mais Charlotte Andrews-Briscoe, avocate pour GLAN, estime que le gouvernement britannique a “expressément dérogé à sa propre législation nationale afin de continuer à armer Israël”, les F-35 étant utilisés pour larguer des “bombes de plusieurs tonnes sur la population de Gaza”. Lors d’un point de presse la semaine dernière, le directeur général d’Al-Haq Shawan Jabarin a accusé le Royaume-Uni de “complicité”.”En vertu de la Convention sur le génocide, le Royaume-Uni a une obligation juridique claire de faire tout ce qui est en son pouvoir pour prévenir le génocide”, a souligné Sacha Deshmukh, directeur général d’Amnesty International pour le Royaume-Uni.”Pourtant, le gouvernement britannique continue d’autoriser l’exportation d’équipements militaires vers Israël malgré toutes les preuves qu’un génocide est commis par Israël contre le peuple palestinien à Gaza. C’est un échec fondamental du Royaume-Uni à respecter ses obligations”, a-t-il accusé.Israël a rejeté à plusieurs reprises les accusations de génocide à Gaza.L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.Sur les 251 personnes enlevées en Israël ce jour-là, 57 sont encore retenues à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l’armée israélienne.Les représailles israéliennes ont fait au moins 52.862 morts à Gaza, en majorité des civils, selon des données publiées dimanche par le ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Royaume-Uni: la justice se penche sur les ventes d’armes à Israël

La Haute Cour de Londres se penche mardi sur un recours d’organisations de défense des droits humains qui accusent le gouvernement britannique de violer le droit international en autorisant l’exportation d’éléments d’avions de combat utilisés par Israël dans la guerre à Gaza.Soutenue par Amnesty International, Human Rights Watch, Oxfam et d’autres organisations, l’ONG palestinienne Al-Haq tente de bloquer les exportations de ces pièces fabriquées au Royaume-Uni, équipant les chasseurs américains F-35 de Lockheed Martin.Ces éléments incluent la perche de ravitaillement en carburant de l’avion, le système de ciblage laser, les pneus, le fuselage arrière, le système de propulsion par turbine et le siège éjectable, selon Oxfam. Le Royaume-Uni manque à son “obligation légale (…) d’empêcher un génocide” en permettant ces exportations, dénonce Amnesty.L’audience doit durer quatre jours. La date à laquelle sera rendue la décision n’est pas encore connue.En septembre dernier, le gouvernement travailliste a annoncé suspendre une trentaine de licences d’exportation d’armes à Israël sur un total de 350, en évoquant un “risque” qu’elles soient utilisées en violation du droit international à Gaza. Cette suspension partielle ne concernait pas les éléments de l’avion de combat F-35.L’action en justice a été lancée avec l’appui du réseau d’avocats Global Legal Action Network (GLAN) après l’offensive israélienne menée dans la bande de Gaza en représailles à une attaque sans précédent lancée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas.Un porte-parole du gouvernement britannique a indiqué à l’AFP qu’il n’était “actuellement pas possible de suspendre la licence des composants du F-35 pour une utilisation par Israël sans compromettre l’ensemble du programme mondial du F-35, en raison de son rôle stratégique au sein de l’Otan et des implications plus larges pour la paix et la sécurité internationales”.”Dans les mois qui ont suivi notre arrivée au pouvoir, nous avons suspendu les licences pertinentes qui pouvaient être utilisées par l’armée israélienne pour commettre ou faciliter la commission de violations graves du droit international à Gaza”, a ajouté cette source.- “Complicité” -Londres a insisté sur le fait qu’il avait “agi de manière conforme à (ses) obligations légales” et était “engagé à respecter (ses) responsabilités en vertu du droit national et international”.Mais Charlotte Andrews-Briscoe, avocate pour GLAN, estime que le gouvernement britannique a “expressément dérogé à sa propre législation nationale afin de continuer à armer Israël”, les F-35 étant utilisés pour larguer des “bombes de plusieurs tonnes sur la population de Gaza”. Lors d’un point de presse la semaine dernière, le directeur général d’Al-Haq Shawan Jabarin a accusé le Royaume-Uni de “complicité”.”En vertu de la Convention sur le génocide, le Royaume-Uni a une obligation juridique claire de faire tout ce qui est en son pouvoir pour prévenir le génocide”, a souligné Sacha Deshmukh, directeur général d’Amnesty International pour le Royaume-Uni.”Pourtant, le gouvernement britannique continue d’autoriser l’exportation d’équipements militaires vers Israël malgré toutes les preuves qu’un génocide est commis par Israël contre le peuple palestinien à Gaza. C’est un échec fondamental du Royaume-Uni à respecter ses obligations”, a-t-il accusé.Israël a rejeté à plusieurs reprises les accusations de génocide à Gaza.L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.Sur les 251 personnes enlevées en Israël ce jour-là, 57 sont encore retenues à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l’armée israélienne.Les représailles israéliennes ont fait au moins 52.862 morts à Gaza, en majorité des civils, selon des données publiées dimanche par le ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Assemblée: la réintroduction de néonicotinoïdes joue son match retour en commission

La proposition de loi pour réintroduire des néonicotinoïdes en France poursuit mardi son examen en commission des Affaires économiques. Les députés du bloc central, partagés entre revendications des syndicats agricoles et opposition des défenseurs de l’environnement, devraient continuer d’y étaler leur division.Ce texte venu du Sénat entend “lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur”, et prévoit notamment de réintroduire par dérogation et pour certaines filières (noisette, betterave) un pesticide de la famille des néonicotinoïdes, interdits en France depuis 2018, mais autorisés en Europe jusqu’en 2033.La semaine dernière, devant la commission du Développement durable de l’Assemblée, consultée pour avis sur la plupart des mesures, ce texte du sénateur LR Laurent Duplomb a subi un important revers.Sa présidente, la députée macroniste Sandrine Le Feur, avait proposé de supprimer ses dispositions les plus controversées, s’inquiétant d’un texte qui servirait “de cheval de Troie pour affaiblir nos exigences environnementales au nom d’une fausse urgence”.A contrario, sa consœur, la députée macroniste Anne-Sophie Ronceret, y défendait, à sa suite, un texte qui “répond à un cri du terrain” et “n’oppose pas agriculture et écologie”.Des positions divergentes au sein d’un même groupe, qui a choisi de laisser à ses députés une liberté de vote sur ce texte, à l’instar de celui sur la fin de vie, actuellement débattu dans l’hémicycle.Au sein du bloc central, le groupe MoDem est traversé par les mêmes tiraillements.Une réunion est prévue dans la matinée pour trouver une position commune avant l’ouverture des débats en commission des Affaires économiques vers 16H15, indique à l’AFP son président de groupe Marc Fesneau. “Je porte la voix d’un compromis, il faut voter le texte, mais il faut l’aménager pour qu’il puisse être acceptable par le plus grand nombre à l’Assemblée”, plaide l’ancien ministre de l’Agriculture. Sur la mesure la plus irritante, la réintroduction dérogatoire de l’acétamipride, pesticide nocif pour les pollinisateurs, “je ne suis pas pour une suppression pure et simple”, mais “pousse un amendement pour clarifier ce qui est une filière en impasse”, explique M. Fesneau.- “Trahison” et “réaction” -Au sein de l’exécutif, qui a décidé d’inscrire le texte à l’agenda de l’Assemblée, et garde en tête le mouvement de colère du monde agricole de début 2024, les inquiétudes sont fortes, selon plusieurs sources. Les débats mardi y seront regardés avec attention.D’autant que la FNSEA et Jeunes agriculteurs, après le revers essuyé sur le texte en commission du Développement durable, se sont fendus d’un communiqué mercredi pour partager leur “déception immense” menaçant “d’une “réaction” à “la hauteur” de la “trahison” des députés. Dans la foulée, le Rassemblement national affirmait défendre “seul contre tous” les agriculteurs.”Sur la loi Duplomb, les agriculteurs l’attendent, et chez nous, on en a besoin pour dégager le RN”, s’inquiète une députée LR.Le rapport de force devrait être plus favorable au soutien du texte mardi: “Il y a la commission du Développement durable, où certains se croient les gardiens du temple d’une forme d’écologie. Et après, il y a la commission des Affaires économiques, pour qui l’agriculture est quand même un sujet sur le fond, qui elle, regardera les choses de manière pragmatique et scientifique”, croit le député Horizons Henri Alfandari.”Tout va dépendre” de la position du bloc central, selon l’écologiste Charles Fournier dont le groupe a déposé des centaines d’amendements pour tenter de modifier ce texte qu’il estime dangereux.”C’est eux qui feront la bascule”, dit M. Fournier. Il s’inquiète d’une “offensive à leur droite, et à l’extrême droite qui sera plus forte”, et à laquelle s’ajoute “les coups de semonce” de syndicats agricoles.”Les menaces de réaction, on ne sait pas lesquelles elles seront, mais on peut s’attendre à du fumier devant un certain nombre de permanences”, ajoute-t-il.A l’inverse, plusieurs ONG de défense de l’environnement, à l’image de Générations Futures, ont appelé lundi dans un communiqué les députés “à se montrer dignes des alertes scientifiques, citoyennes et paysannes”, et à “montrer qu’une autre voie pour l’agriculture est possible”. Son examen dans l’hémicycle est prévu fin mai. Avec un vote, probable durant le week-end de l’ascension, où la mobilisation des différents camps est difficilement prévisible.

Etats-Unis et Chine mettent leur guerre commerciale sur pause

Les Etats-Unis et la Chine ont mis sur pause lundi leur guerre commerciale en annonçant la suspension pour 90 jours de la majeure partie des droits de douane prohibitifs qu’ils s’étaient mutuellement imposés et qui ont ébranlé l’économie mondiale.Cette suspension prendra effet à minuit, heure de l’est américain (04H00 GMT), dans la nuit de mardi à mercredi, a annoncé la Maison Blanche, après deux jours de négociations à Genève.Concrètement, les deux premières puissances économiques mondiales acceptent de réduire largement – à 30% pour Washington et 10% pour Pékin – les surtaxes qu’ils s’imposent mutuellement, contre respectivement 145% et 125% après l’escalade initiée par Donald Trump début avril.La nouvelle a rassuré les marchés, Wall Street terminant lundi largement dans le vert, avec un Dow Jones prenant 2,81%, le Nasdaq 4,35% et le S&P 500 3,26%.”Nous avons réalisé une remise à zéro complète avec la Chine, après des discussions productives à Genève. Chacun a accepté de réduire les droits de douane imposés depuis le 2 avril à 10% pour 90 jours et les négociations vont se poursuivre sur les aspects structurels plus larges”, a déclaré le président américain.Le total des droits de douane imposés par les Etats-Unis est en fait de 30% car Washington n’a pas retiré une surtaxe de 20% mise en place avant le mois d’avril.Washington lève aussi une partie des barrières douanières visant les colis venant de vendeurs chinois comme Temu, Shein ou AliExpress. Pour ces importations de petite valeur distribuées par la poste américaine (USPS), les droits de douane instaurés à 120% depuis le 2 mai sont désormais réduits à 54%, selon le texte du décret publié lundi par la Maison Blanche. – Fin de l'”embargo”? -Donald Trump espère désormais discuter avec son homologue chinois Xi Jinping, “peut-être à la fin de la semaine”.Il s’agit d’un premier signe concret d’apaisement dans cette guerre commerciale qui a fait tanguer les marchés financiers et alimenté des craintes d’inflation et de ralentissement économique aux Etats-Unis, en Chine et dans le reste du monde.Depuis Genève, le ministre américain des Finances Scott Bessent a souligné que les importantes barrières douanières instaurées ces derniers mois avaient de facto mis en place un “embargo” sur les échanges entre les deux pays.La réduction de ces droits de douane est “dans l’intérêt commun du monde”, a commenté le ministère chinois du Commerce, saluant des “progrès substantiels” avec Washington.- “Accord plus étoffé” -Dans un entretien avec la chaîne américaine CNBC lundi, M. Bessent a évoqué une nouvelle réunion sino-américaine “dans les prochaines semaines pour travailler à un accord plus étoffé”.Il a notamment dit vouloir parler avec Pékin des restrictions autres que les droits de douane, appelées “barrières non tarifaires”, qui empêchent selon lui les entreprises américaines de prospérer en Chine. Il s’agit traditionnellement de licences ou de quotas d’importation.”En réalité, la Chine a des droits de douane peu élevés. Ce sont ces barrières non tarifaires, plus insidieuses, qui nuisent aux entreprises américaines qui veulent y faire des affaires”, a-t-il déclaré.Selon l’autre négociateur américain à Genève, le représentant au Commerce Jamieson Greer, Washington et Pékin vont également “travailler de façon constructive” sur la question du fentanyl, un puissant opioïde de synthèse qui fait des ravages aux Etats-Unis et dont les précurseurs chimiques sont fabriqués en partie en Chine. Ce sujet est la base légale de la surtaxe de 20% entrée en vigueur avant avril.L’annonce sino-américaine “va au-delà de ce qu’attendaient les marchés”, a souligné Zhiwei Zhang, président et économiste en chef de Pinpoint Asset Management, qui y voit un “bon point de départ pour que les deux pays négocient”.”Du point de vue de la Chine, le résultat de ces négociations est un succès, car elle a adopté une position de fermeté face à la menace américaine de droits de douane élevés, et est parvenue à les faire baisser drastiquement sans faire de concessions”, a-t-il relevé.Mais si cette trêve constitue un “progrès important”, “il y a encore des efforts à fournir pour parvenir à un accord formel” et la situation “pourrait se dégrader”, a mis en garde Daniela Sabin Hathorn, analyste de Capital.com.Selon une des responsables de la Réserve fédérale américaine, Adriana Kugler, l’accalmie entre les Etats-Unis et la Chine est “évidemment un progrès”. Mais, ajoute-t-elle, les droits de douane appliqués “restent assez élevés” et devraient quand même conduire à “une hausse des prix et à un ralentissement de l’économie”, cependant d’une ampleur moindre qu’initialement craint.burs-els/myl/vla

Pour Trump, ce serait “stupide” de refuser l’avion présidentiel offert par le Qatar

Donald Trump a fermement défendu lundi son choix d’accepter un Boeing offert par le Qatar aux Etats-Unis, assurant qu’il serait “stupide” de refuser un tel cadeau, dont il compte faire son nouvel avion présidentiel.”C’est un beau geste venant du Qatar. Je suis très reconnaissant. Je ne suis pas du genre à refuser une telle offre. Je pourrais être une personne stupide et dire +Non, nous ne voulons pas qu’on nous donne un avion très cher+”, a déclaré le président américain, qui doit faire étape au Qatar cette semaine dans le cadre d’une tournée dans le Golfe.La famille royale de l’Emirat est en passe d’offrir aux Etats-Unis un Boeing 747-8, estimé à 400 millions de dollars par des experts et dépeint par des médias américains comme un “palace dans le ciel”.Ce don pose la question de potentiels conflits d’intérêt, d’autant que la Constitution américaine interdit aux dépositaires de l’autorité publique d’accepter des cadeaux “de la part d’un roi, d’un prince ou d’un Etat étranger”.Rappelant cette règle constitutionnelle, des sénateurs démocrates ont dénoncé ce cadeau, assurant qu’il “crée un conflit d’intérêts évident, soulève de graves questions de sécurité nationale, invite à l’influence étrangère et sape la confiance du public dans notre gouvernement”.”Cette semaine, nous demanderons au Sénat de voter pour réaffirmer un principe de base: personne ne doit utiliser le service public pour s’enrichir personnellement par le biais de cadeaux étrangers”, ont ajouté Cory Booker, Brian Schatz, Chris Coons et Chris Murphy dans un communiqué conjoint.Le sénateur Murphy a même promis de bloquer toute vente d’armes future à un “pays qui fait des affaires personnelles directes avec Trump”.Interrogé par un journaliste, Donald Trump a assuré qu’il n’utiliserait pas l’avion à des fins personnelles après son mandat.”Vous devriez avoir honte de poser cette question”, a-t-il répondu à un journaliste. – “Merci beaucoup” -“Ils nous donnent un avion gratuitement. Je pourrais dire +non, non, non, ne nous le donnez pas, je veux payer un milliard de dollars ou 400 millions de dollars, ou quoi que ce soit d’autre. Ou je pourrais dire, +merci beaucoup+”, a-t-il continué.Le recours à un avion offert par une puissance étrangère suscite par ailleurs de vives inquiétudes en termes de sécurité: Air Force One est conçu pour servir de centre de commandement mobile pour le président en cas d’attaque contre les Etats-Unis.Le président américain a assuré qu’à la fin de son mandat, il offrirait cet “Air Force One” à sa future bibliothèque présidentielle, à la manière d’un de ses prédécesseurs, Ronald Reagan.Selon Donald Trump et la Maison Blanche, l’avion pourrait être un cadeau du Qatar au ministère de la Défense américain.”Les détails juridiques de cette offre sont encore en train d’être étudiés”, a déclaré lundi à la chaîne Fox News Karoline Leavitt, la porte-parole du gouvernement. “Mais bien sûr, tout don à ce gouvernement est toujours réalisé dans le respect total de la loi. Nous nous engageons à la plus grande transparence, et nous continuerons à le faire”.Il pourrait s’agir du bien le plus onéreux jamais offert au gouvernement des Etats-Unis.- “Alternative” à Boeing -Mme Leavitt a assuré que le Qatar ne cherchait pas de traitement de faveur en retour, car “ils connaissent le président Trump et savent qu’il ne travaille qu’avec les intérêts des Américains en tête”.Le dirigeant républicain compte remplacer les deux avions présidentiels actuels, des Boeing 747-200B entrés en service en 1990 sous George Bush père. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a pesté contre les coûts de maintenance importants de ces appareils.Plus tôt cette année, le président américain a indiqué que “des alternatives” étaient à l’étude concernant le futur Air Force One, faisant part de son mécontentement face aux retards pris par l’avionneur Boeing.Le géant américain de l’aérospatiale avait en effet signé en 2018 un contrat de fourniture de deux avions 747-8 avant fin 2024 pour 3,9 milliards de dollars, équipés pour transporter le président américain.Mais des modifications du projet, notamment réclamées par Donald Trump lors de son premier mandat, la faillite d’un sous-traitant ainsi que la pandémie de Covid-19 et les problèmes d’approvisionnement qui ont suivi ont repoussé ce calendrier.Le milliardaire possède un avion privé surnommé “Trump Force One” qu’il a utilisé pour sillonner les Etats-Unis lors de sa campagne présidentielle.