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Le Festival de Cannes ouvre avec De Niro, entre Gaza et l’Ukraine

Avec son cortège de stars, à commencer par Robert De Niro, le Festival de Cannes ouvre mardi dans un monde déchiré par les conflits, de l’Ukraine à Gaza, au cœur d’une tribune signée par des centaines de personnalités du cinéma.”Nous artistes et acteur.ice.s de la culture, nous ne pouvons rester silencieux.se.s tandis qu’un génocide est en cours à Gaza”, clament le réalisateur espagnol Pedro Almodovar ou les acteurs américains Susan Sarandon et Richard Gere dans le quotidien français Libération mardi.Un texte symbolique à quelques heures de la soirée d’ouverture du plus grand festival de cinéma du monde, qui doit être marquée par la Palme d’or d’honneur remise à l’Américain Robert de Niro, légende du 7e art et opposant au président Donald Trump.La tribune, qui n’est pas inédite pour le milieu depuis octobre 2023, rend également hommage à la photojournaliste palestinienne Fatima Hassouna, tuée dans un bombardement israélien mi-avril et protagoniste d’un documentaire programmé dans une section parallèle.”A quoi servent nos métiers si ce n’est à tirer des leçons de l’Histoire, des films engagés, si nous ne sommes pas présent.e.s pour protéger les voix opprimées?”, demandent les 380 signataires de cet appel, dont également la réalisatrice française Justine Triet et l’acteur britannique Ralph Fiennes. Ils exhortent à agir “pour toutes celles et ceux qui meurent dans l’indifférence”. “Le cinéma se doit de porter leurs messages”, écrivent-ils encore.Selon l’un des collectifs à l’origine de la tribune, sollicité par l’AFP, la présidente du jury cannois, l’actrice Juliette Binoche, faisait initialement partie des signataires mais son nom n’y figurait pas mardi matin.- De Niro honoré -C’est à une autre guerre, celle menée par la Russie en Ukraine, que le Festival a consacré sa journée d’ouverture, avec la projection de trois documentaires.Un autre événement – extérieur – pourrait également créer des remous mardi: hasard du calendrier, la cérémonie d’ouverture de cette 78e édition se tiendra quelques heures après la condamnation de Gérard Depardieu à 18 mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles lors d’un tournage. L’acteur a l’intention de faire appel.”Je l’accueillerai (cette décision, NDLR) en en prenant connaissance”, a anticipé le délégué général du Festival, Thierry Frémaux, en conférence de presse lundi. Avant d’ajouter, à propos de la possible sélection à Cannes d’un film actuellement tourné par Depardieu : “Il y a la question d’être condamné, il y a la question d’avoir purgé sa peine. (…) Et c’est là où nous, Festival de Cannes, avec vous, les journalistes, avec les productions, avec l’opinion disons plus globale, on doit au cas par cas juger de la meilleure attitude à avoir en la matière”.A 19H15 (17H15 GMT), place à la cérémonie d’ouverture, marquée par la remise d’une Palme d’or d’honneur, pour l’ensemble de sa carrière, à Robert De Niro, âgé de 81 ans. La rumeur dit qu’elle pourrait lui être donnée par Leonardo DiCaprio, arrivé à Cannes mardi selon des images du magazine français Paris Match. Le discours de l’acteur de “Taxi Driver”, qui n’a jamais épargné Donald Trump, sera écouté avec attention par un monde du cinéma, inquiet de la montée des régimes autoritaires et de la menace du président américain d’imposer une taxe de 100% sur les films étrangers.- Glamour -La cérémonie réservera aussi une surprise signée Mylène Farmer. La chanteuse, cinéphile et ancienne membre du jury, doit monter sur scène et pourrait interpréter un titre inédit.Elle cédera ensuite la place à l’écran à une autre chanteuse française, Juliette Armanet. L’interprète du “Dernier jour du disco” est la vedette du film d’ouverture, “Partir un jour”, un premier long-métrage signé Amélie Bonnin qui sort en même temps en salles en France.Jamais encore un premier long-métrage n’avait lancé l’événement. Et “c’est la troisième fois seulement, après Diane Kurys et Maïwenn, qu’une réalisatrice ouvre le Festival de Cannes. C’est une comédie musicale et un film très très réussi”, a souligné Thierry Frémaux lundi.De films en tapis rouges, Cannes, fort du succès de ses longs-métrages l’an dernier aux Oscars, fera une large place au glamour et attirera des nuées de stars : de Tom Cruise à Nicole Kidman et Denzel Washington, en passant par Jennifer Lawrence ou Robert Pattinson.Juliette Binoche et les membres de son jury, dont les acteurs Jeremy Strong et Halle Berry ou la romancière Leïla Slimani, auront la lourde tâche de désigner, le 24 mai, la Palme d’or parmi les 22 films en compétition.

Tennis: Djokovic entraîné par Andy Murray, c’est (déjà) fini

Leur collaboration au sommet n’aura pas duré plus de six mois: la légende serbe du tennis Novak Djokovic, en manque chronique de résultats, a annoncé mardi la fin de son partenariat avec Andy Murray, l’ex-champion britannique qui était devenu son entraîneur.”Merci coach Andy, pour tout le dur labeur, les bons moments et le soutien ces six derniers mois, sur et hors des courts. J’ai vraiment apprécié approfondir notre amitié”, a écrit sur ses réseaux sociaux le lauréat de 24 titres du Grand Chelem, à 15 jours à peine du début de Roland-Garros et après une saison sur terre catastrophique.L’Ecossais aux trois Majeurs a confirmé la fin de cette courte collaboration, en souhaitant à “Djoko”, dans un communiqué distinct, “le meilleur pour le reste de la saison”.”Merci à Novak pour l’opportunité incroyable qui m’a été donnée de travailler ensemble”, a encore déclaré Murray, âgé tout comme le Serbe de 37 ans et qui avait pris sa retraite l’été dernier après les JO de Paris, le corps usé.Le Serbe, ancien numéro un mondial, recordman des victoires en Grand Chelem, avait fait appel à cet ancien rival en toute fin de saison dernière, alors que ses résultats étaient déjà en berne -il a fini l’année au 7e rang à l’ATP après une saison quasi blanche, hormis son triomphe aux Jeux de Paris.”On joue l’un contre l’autre depuis qu’on est des gamins (…) Je pensais que notre histoire commune était terminée. Finalement, elle a un dernier chapitre. C’est le moment pour l’un de mes adversaires les plus coriaces d’intégrer mon staff. Bienvenue, coach Andy”, avait alors commenté Djokovic.- L’impasse sur Roland-Garros? -Depuis, la situation sportive du “Djoker” ne s’est toutefois pas arrangée, faisant planer un doute sur sa capacité à conquérir un 25e titre du Grand Chelem.Après un abandon sur blessure en demi-finales de l’Open d’Australie en janvier, et hormis une finale au Masters 1000 de Miami en mars, “Nole” a en effet cumulé les contre-performances.Ce constat est particulièrement patent depuis l’ouverture de la saison sur terre battue en avril: il a disputé seulement deux matchs pour autant de défaites, en deux sets, contre le Chilien Alejandro Tabilo (6-3, 6-4) à Monte-Carlo et contre l’Italien Matteo Arnaldi (6-3, 6-4) à Madrid.Le champion serbe a ensuite fait l’impasse sur le Masters 1000 de Rome, qui se dispute actuellement sur les courts du Foro Italico, et sa présence Porte d’Auteuil dans moins de deux semaines est sujette à caution.Ce forfait romain a en effet ravivé parmi les observateurs un scénario qui verrait “Djoko” renoncer à Roland-Garros pour mieux concentrer ses dernières forces physiques et mentales sur Wimbledon et l’US Open, où il s’est imposé respectivement sept et quatre fois, avant de tirer sa révérence.Durant sa longue et riche carrière, le Serbe avait déjà collaboré avec d’anciens champions, comme l’Allemand Boris Becker (de 2014 à 2016), l’Américain Andre Agassi (mai 2017-avril 2018) ou encore le Croate Goran Ivanisevic (2018-2024). Mais, jamais, la collaboration n’avait été aussi courte qu’avec Murray.

Mexique: une tortilla expérimentale, longue conservation sans réfrigérateur

Penchée sur un microscope, la chercheuse Raquel Gomez scrute des micro-organismes qui permettent de conserver des tortillas pendant plusieurs semaines, sans réfrigérateur, un projet visant à lutter contre la malnutrition dans les zones pauvres du Mexique.L’enjeu est de taille. La tortilla, cette petite crêpe de maïs ou de blé dans le nord du pays, est l’aliment de base de la cuisine locale. Remplie de viande de boeuf ou de poulet, de poisson ou de langoustines, de sauce, d’avocats, d’oignon, de coriandre, d’ananas…, elle se décline sous toutes formes de tacos possibles.La tortilla est consommée par 98% des 129 millions de Mexicains, qui l’achètent au poids dans de petites fabriques artisanales de quartier d’où elle sort molle et chaude, prête à l’emploi.A la traditionnelle farine de blé, Mme Gomez et son équipe ont mélangé des probiotiques, micro-organismes présents dans des aliments comme le yaourt. Objectif: une tortilla qui puisse se conserver jusqu’à un mois sans frigo, bien plus longtemps que pour la version artisanale ou même celle en vente dans les supermarchés.L’alternative sans réfrigérateur “a été conçue en pensant aux personnes les plus vulnérables”, explique à l’AFP la docteure en recherche médicale dans la banlieue de Mexico.Au Mexique, 13,9% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique. Le chiffre grimpe à 27,4% dans les communautés indigènes, selon les données officielles. – “Pas d’argent” -La tortilla développée par Raquel Gomez et son équipe n’est pas encore commercialisée, mais elle pourrait un jour profiter à des personnes comme Teresa Sanchez, une femme membre de la communauté indigène maya tseltal de 46 ans qui n’a pas de réfrigérateur. Dans sa maison aux murs de bois et au toit de zinc, située à Oxchuc dans le Chiapas (sud), la quadragénaire allume un feu de bois et suspend des morceaux de viande de bœuf pour les conserver grâce à la fumée. Une technique ancestrale encore courante dans cette ville, où plus de 90% des 55.000 habitants n’ont pas de réfrigérateur. “Ma mère me l’a enseignée et les grands-parents le font toujours ainsi parce que, où trouver un réfrigérateur s’il n’y a pas d’argent?”, explique à l’AFP cette femme au foyer. Le Chiapas, avec une importante population indigène, est l’État qui enregistre le plus faible pourcentage de logements avec réfrigérateur au Mexique (64,6%). La température moyenne maximale y est passée de 30,1 à 32°C entre 2014 et 2024 et la moitié de son territoire est vulnérable au changement climatique, selon des estimations officielles. “Nous calculons ce que nous allons manger et combien nous sommes. Nous le mettons à bouillir et, s’il en reste un peu, nous le faisons (re)bouillir dans l’après-midi”, pour que la nourriture ne se décompose pas le lendemain, raconte Mme Sanchez. Ses tortillas sont stockées dans des récipients fabriqués avec l’écorce d’un arbre local, le morro. Parfois, la viande est également salée et “séchée au soleil”. Pour cette raison, Mme Sanchez n’achète que le strict nécessaire. Sans compter qu’elle n’a “pas assez d’argent pour acheter beaucoup”.- Sans conservateurs -Raquel Gomez étudie les bienfaits des micro-organismes et utilise des prébiotiques (des fibres) pour nourrir des cultures de probiotiques. Ce mélange est bon pour la santé, explique cette spécialiste des maladies métaboliques et professeure à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM). Grâce aux “produits formés pendant la fermentation, il n’est pas nécessaire d’utiliser des conservateurs”, souligne également Mme Gomez. Ces additifs sont fréquents dans les tortillas de blé industrielles.Bien que la tortilla développée à l’UNAM soit à base de farine de blé, principalement consommée dans le nord du Mexique, Mme Gomez n’exclut pas d’appliquer sa méthode aux tortillas de maïs, préférées par la population mais qui ne résistent que quelques heures à des températures élevées.Les chercheurs ont breveté leur tortilla en 2023. L’UNAM a signé un contrat avec une entreprise pour commercialiser l’aliment, mais l’accord s’est rompu après le décès des principaux actionnaires, raconte la professeure. Lauréate d’un prix décerné en décembre dernier par l’Institut mexicain de la propriété industrielle, elle continue à chercher des partenaires pour distribuer son invention, persuadée de convaincre les consommateurs.

Un record de plus de 83 millions de déplacés dans le monde

Les conflits comme au Soudan, à Gaza et les catastrophes naturelles ont poussé le nombre de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays (PDI) à un nouveau niveau record de 83,4 millions à la fin de 2024, selon un rapport annuel publié mardi.Le nombre de déplacés a bondi de 50% au cours des six dernières années, précisent l’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC) et le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), dans leur rapport conjoint publié à Genève.Ce nombre de 83,4 millions – l’équivalent de la population de l’Allemagne – est à comparer aux 75,9 millions de déplacés internes que comptait le monde à la fin 2023. “Le déplacement interne est l’endroit où se croisent conflit, pauvreté et crise climatique, et qui frappe les plus vulnérables de plein fouet”, a déclaré Alexandra Bilak, directrice de l’IDMC, dans un communiqué.Contrairement aux réfugiés qui fuient un pays pour s’installer ailleurs, les déplacés sont des personnes qui ont dû partir mais qui restent dans leur pays. Le nombre de pays signalant des déplacements dus à la fois aux conflits et aux catastrophes a triplé en 15 ans. Plus des trois-quarts des déplacés internes en raison de conflits vivent dans des pays très vulnérables au changement climatique.Près de 90% de ces déplacements forcés sont dus aux violences et aux conflits. Ils concernent 73,5 millions de personnes, un chiffre en augmentation de 80% depuis 2018.Les catastrophes ont elles obligé près de 10 millions de personnes à fuir et à s’installer ailleurs, un chiffre qui a doublé en cinq ans.Fin 2024, 10 pays comptaient chacun plus de trois millions de déplacés internes dus aux conflits et aux violences.  Avec 11,6 millions de déplacés, le Soudan compte le plus grand nombre de ces personnes jamais enregistré dans un seul pays, souligne le rapport.Presque toute la population de la bande de Gaza était également déplacée fin 2024, avant même les nouveaux déplacements massifs provoqués par la reprise des bombardements israéliens, le 18 mars, après la fin d’une trêve de deux mois.- Etats-Unis très touchés -Confrontés à plusieurs ouragans majeurs comme Helene et Milton, qui ont entraîné des évacuations massives, les Etats-Unis ont comptabilisé à eux seuls 11 millions de déplacements liés à des catastrophes naturelles – près d’un quart du total mondial, indique encore le rapport.Les phénomènes météorologiques, souvent aggravés par le changement climatique, ont provoqué 99,5% des déplacements dus à des catastrophes l’an dernier.Souvent, les causes et les effets du déplacement “sont liés, rendant les crises plus complexes et prolongeant la détresse des personnes déplacées”, selon le rapport.Ces chiffres alarmants surviennent au moment où les organisations humanitaires mondiales sont en grande difficulté en raison du gel par Donald Trump de la majorité de l’aide financière américaine.- “Signal d’alarme” -De nombreuses coupes budgétaires touchent les déplacés, qui reçoivent généralement moins d’attention que les réfugiés.”Les chiffres de cette année doivent être un signal d’alarme pour la solidarité mondiale”, a insisté Jan Egeland, le directeur du NRC dans le communiqué.”À chaque fois qu’un financement est coupé, un déplacé n’a plus accès à la nourriture, aux médicaments, à la sécurité et perd espoir”, a-t-il averti.L’absence de progrès dans la lutte contre les déplacements dans le monde est “à la fois un échec politique et une tache morale pour l’humanité”.

Trump entame en Arabie saoudite une tournée dans le Golfe

Donald Trump est arrivé mardi en Arabie saoudite, première étape d’une tournée dans le Golfe qui doit lui permettre de moissonner de gros contrats, mais qui ne pourra ignorer les nombreux et brûlants sujets diplomatiques dans la région.L’avion du président américain, escorté avant d’atterrir par plusieurs F-15 saoudiens, s’est posé peu avant 09h50 (06h50 GMT) à Ryad. Il se rendra ensuite au Qatar et dans les Emirats arabes unis, dans le cadre de ce premier déplacement majeur à l’étranger depuis le début de son second mandat. Huit ans plus tôt, Donald Trump avait déjà choisi le royaume saoudien pour son premier voyage à l’international. La décision de faire passer, encore une fois, les riches monarchies pétrolières et gazières du Golfe avant ses alliés occidentaux reflète leur rôle géopolitique croissant, mais aussi les priorités économiques du président américain. Ryad, Doha et Abou Dhabi devraient lui réserver un accueil royal, accompagné d’annonces de contrats mirobolants, de la défense à l’aviation, en passant par l’énergie ou l’intelligence artificielle.Une moisson bienvenue pour le président américain, dont la politique économique faite d’attaques puis de volte-face commerciales laisse ses concitoyens de plus en plus sceptiques. Cette visite s’inscrit dans une séquence diplomatique frénétique pour Washington.Le président américain revendique un rôle déterminant dans la conclusion d’un cessez-le-feu entre l’Inde et le Pakistan, et se dit prêt à aller en Turquie à la rencontre des présidents ukrainien et russe pour faire avancer les négociations sur une cessation des hostilités en Ukraine.Il a aussi obtenu la libération d’un otage américain à Gaza.- “Mille milliards” -Washington a également mené des pourparlers dimanche avec l’Iran sur le dossier nucléaire, et conclu un accord de cessez-le-feu avec les rebelles houthis au Yémen. Face à une diplomatie américaine très active mais pas toujours lisible, les Etats du Golfe chercheront à comprendre, voire à influencer, la position de Donald Trump sur les grands sujets régionaux, dont Gaza et la Syrie. Mais la priorité sera bel et bien économique. “Des sources à la Maison Blanche ont indiqué que le président se concentrera sur des deals”, écrit Daniel B. Shapiro, chercheur au sein du think tank Atlantic Council. En janvier, le prince héritier saoudien et dirigeant de facto du royaume, Mohammed ben Salmane, s’était engagé à injecter 600 milliards de dollars dans le commerce et les investissements aux Etats-Unis. “Je demanderai au prince héritier – un type formidable – d’arrondir ça à mille milliards”, avait alors répondu le président américain. Selon un responsable saoudien proche du ministère de la Défense, Ryad, soucieux de préserver les liens de défense avce le grand allié américain, cherche notamment à verrouiller des livraisons de chasseurs F-35 et de systèmes de défense antiaérienne.- “Relation transactionnelle” -“Nous demanderons à ce que les livraisons aient lieu pendant le mandat de Trump”, a-t-il précisé à l’AFP sous couvert d’anonymat.A Ryad, les avis sont partagés parmi les habitants interrogés par l’AFP.  “Cette visite aboutira à des décisions politiques importantes pour la région et dans l’intérêt des pays arabes et musulmans”, pense Khalifa Oneizi, un Saoudien de 47 ans. D’autres sont plus sceptiques: “Je ne suis pas optimiste sur cette visite ni sur ses résultats”, confie Hamad Shahrani, 62 ans.Alors que la guerre continue de faire rage à Gaza, la normalisation avec Israël semble exclue de l’agenda, Ryad assurant qu’aucun progrès n’est envisageable sans l’établissement d’un Etat palestinien.La question des droits humains ne devrait pas non plus troubler le déplacement.”C’est une relation très transactionnelle, dans laquelle les droits humains ne comptent absolument pas”, estime Andreas Krieg, spécialiste du Moyen-Orient.Avant même d’avoir atterri dans le Golfe, M. Trump a déjà suscité la controverse: il lui est reproché d’avoir accepté un Boeing 747-8 offert par la famille royale du Qatar pour remplacer les actuels Air Force One, et l’utiliser après son mandat.Face aux critiques, le président américain a répliqué que l’avion était un “cadeau temporaire”.

Trump entame en Arabie saoudite une tournée dans le Golfe

Donald Trump est arrivé mardi en Arabie saoudite, première étape d’une tournée dans le Golfe qui doit lui permettre de moissonner de gros contrats, mais qui ne pourra ignorer les nombreux et brûlants sujets diplomatiques dans la région.L’avion du président américain, escorté avant d’atterrir par plusieurs F-15 saoudiens, s’est posé peu avant 09h50 (06h50 GMT) à Ryad. Il se rendra ensuite au Qatar et dans les Emirats arabes unis, dans le cadre de ce premier déplacement majeur à l’étranger depuis le début de son second mandat. Huit ans plus tôt, Donald Trump avait déjà choisi le royaume saoudien pour son premier voyage à l’international. La décision de faire passer, encore une fois, les riches monarchies pétrolières et gazières du Golfe avant ses alliés occidentaux reflète leur rôle géopolitique croissant, mais aussi les priorités économiques du président américain. Ryad, Doha et Abou Dhabi devraient lui réserver un accueil royal, accompagné d’annonces de contrats mirobolants, de la défense à l’aviation, en passant par l’énergie ou l’intelligence artificielle.Une moisson bienvenue pour le président américain, dont la politique économique faite d’attaques puis de volte-face commerciales laisse ses concitoyens de plus en plus sceptiques. Cette visite s’inscrit dans une séquence diplomatique frénétique pour Washington.Le président américain revendique un rôle déterminant dans la conclusion d’un cessez-le-feu entre l’Inde et le Pakistan, et se dit prêt à aller en Turquie à la rencontre des présidents ukrainien et russe pour faire avancer les négociations sur une cessation des hostilités en Ukraine.Il a aussi obtenu la libération d’un otage américain à Gaza.- “Mille milliards” -Washington a également mené des pourparlers dimanche avec l’Iran sur le dossier nucléaire, et conclu un accord de cessez-le-feu avec les rebelles houthis au Yémen. Face à une diplomatie américaine très active mais pas toujours lisible, les Etats du Golfe chercheront à comprendre, voire à influencer, la position de Donald Trump sur les grands sujets régionaux, dont Gaza et la Syrie. Mais la priorité sera bel et bien économique. “Des sources à la Maison Blanche ont indiqué que le président se concentrera sur des deals”, écrit Daniel B. Shapiro, chercheur au sein du think tank Atlantic Council. En janvier, le prince héritier saoudien et dirigeant de facto du royaume, Mohammed ben Salmane, s’était engagé à injecter 600 milliards de dollars dans le commerce et les investissements aux Etats-Unis. “Je demanderai au prince héritier – un type formidable – d’arrondir ça à mille milliards”, avait alors répondu le président américain. Selon un responsable saoudien proche du ministère de la Défense, Ryad, soucieux de préserver les liens de défense avce le grand allié américain, cherche notamment à verrouiller des livraisons de chasseurs F-35 et de systèmes de défense antiaérienne.- “Relation transactionnelle” -“Nous demanderons à ce que les livraisons aient lieu pendant le mandat de Trump”, a-t-il précisé à l’AFP sous couvert d’anonymat.A Ryad, les avis sont partagés parmi les habitants interrogés par l’AFP.  “Cette visite aboutira à des décisions politiques importantes pour la région et dans l’intérêt des pays arabes et musulmans”, pense Khalifa Oneizi, un Saoudien de 47 ans. D’autres sont plus sceptiques: “Je ne suis pas optimiste sur cette visite ni sur ses résultats”, confie Hamad Shahrani, 62 ans.Alors que la guerre continue de faire rage à Gaza, la normalisation avec Israël semble exclue de l’agenda, Ryad assurant qu’aucun progrès n’est envisageable sans l’établissement d’un Etat palestinien.La question des droits humains ne devrait pas non plus troubler le déplacement.”C’est une relation très transactionnelle, dans laquelle les droits humains ne comptent absolument pas”, estime Andreas Krieg, spécialiste du Moyen-Orient.Avant même d’avoir atterri dans le Golfe, M. Trump a déjà suscité la controverse: il lui est reproché d’avoir accepté un Boeing 747-8 offert par la famille royale du Qatar pour remplacer les actuels Air Force One, et l’utiliser après son mandat.Face aux critiques, le président américain a répliqué que l’avion était un “cadeau temporaire”.

L’Allemagne dissout un important réseau complotiste et extrémiste

Les autorités allemandes ont annoncé mardi des perquisitions contre un réseau complotiste et extrémiste à travers le pays et prononcé la dissolution de “la plus grande organisation” de cette mouvance accusée “d’attaquer l’ordre démocratique libéral”.Des perquisitions ont été lancées dans sept régions du pays visant l’association “Royaume d’Allemagne”, a annoncé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué à propos de ce groupe comptant environ 6.000 partisans qui “nient l’existence de la République fédérale d’Allemagne et rejettent son système juridique”.L’association “Royaume d’Allemagne” (“Königreich Deutschland”) est interdite à compter de mardi car “ses objectifs et ses activités sont contraires à la législation pénale et vont à l’encontre de l’ordre constitutionnel et de l’idée de la compréhension entre les peuples”, explique le ministère selon lequel l’interdiction concerne également “les nombreuses organisations affiliées à cette association”.Le parquet fédéral a par ailleurs annoncé, dans le cadre de cette opération, l’arrestation de quatre personnes, dont trois membres fondateurs de ce groupe qui depuis une dizaine d’années a mis en place “des structures et des institutions pseudo-étatiques”, créant notamment un système bancaire et d’assurance, un bureau d’enregistrement avec des documents d’identité fictifs et une monnaie propre.Qualifiés “d’extrémistes dangereux” par le ministère, “Königreich Deutschland” fait partie de la mouvance allemande complotiste des “Reichsbürger” (“citoyens du Reich”), rejetant la légitimité de la République allemande moderne : ils croient en la pérennité du Reich allemand d’avant la Première Guerre mondiale, sous la forme d’une monarchie. Plusieurs groupes de sympathisants ont décrété la création de leurs propres mini-Etats.Selon les services allemands du renseignement intérieur, cette mouvance comptait environ 23.000 membres en 2022.Le “Royaume d’Allemagne” est “en expansion” depuis des années, a estimé mardi le ministère de l’Intérieur.Entrée en fonction la semaine dernière, la nouvelle coalition gouvernementale dirigée par le chancelier conservateur Friedrich Merz doit faire face à une progression des idéologies extrémistes de droite.La parti d’extrême droite AfD est désormais la première force d’opposition à la chambre des députés après avoir obtenu un score record aux législatives de février.