AFP World

En Arabie saoudite, Trump promet de repartir avec de “nombreux chèques”

Donald Trump a vanté mardi les gros contrats attendus lors de sa visite en Arabie saoudite, où il a été reçu en grande pompe par le prince héritier et dirigeant de facto du royaume, dans le cadre d’une tournée dans le Golfe.  “Les plus grands chefs d’entreprise du monde sont ici aujourd’hui et ils vont repartir avec de nombreux chèques”, a déclaré le président américain à l’ouverture des discussions officielles entre les deux pays au palais royal à Ryad.  Aux “États-Unis, c’est probablement de deux millions d’emplois dont nous parlons”, a-t-il ajouté, en soulignant son entente avec le prince Mohammed ben Salmane, qui l’a accueilli en personne à son arrivée, après avoir fait escorter “Air Force One” par plusieurs avions de combat F-15 saoudiens pendant son approche. “Je pense vraiment que nous nous apprécions beaucoup”, a insisté M.Trump. Les deux hommes, tous sourires et visiblement à l’aise, s’étaient retrouvés après l’aéroport au fastueux palais royal pour une longue cérémonie de salutation des membres des deux délégations, suivie d’un déjeuner. Le président américain est accompagné des principaux membres de son cabinet ainsi que des grands patrons américains, notamment son conseiller Elon Musk vu dans un rare costume, en train de discuter avec le prince. Il se rendra par la suite au Qatar et dans les Emirats arabes unis.Si l’on excepte un aller-retour à Rome pour les funérailles du pape François, il s’agit du premier déplacement majeur à l’étranger depuis le début du second mandat. – Frénésie diplomatique -Huit ans plus tôt, Donald Trump avait déjà choisi le royaume saoudien pour son premier voyage international. La décision de faire passer à nouveau les riches monarchies pétrolières et gazières du Golfe avant ses alliés occidentaux reflète leur rôle géopolitique croissant et leur immense potentiel économique.La tournée devrait être marquée par des annonces de contrats mirobolants, de la défense à l’aviation, en passant par l’énergie ou l’intelligence artificielle.Une perspective bienvenue pour le président américain, qui peine à convaincre ses concitoyens du bien fondé de sa politique économique “L’Amérique d’abord”.En janvier, Mohammed ben Salmane, s’était engagé à injecter 600 milliards de dollars aux Etats-Unis, un chiffre que Donald Trump, adepte d’une diplomatie transactionnelle, lui a demandé de porter jusqu’au montant faramineux de 1.000 milliards.Mardi, tous deux participent à Ryad à un forum économique où doivent être signés certains des accords promis.Mais le républicain, qui se flatte de maîtriser l’art du “deal” diplomatique autant qu’économique, devra bien évidemment aborder avec tous ses hôtes les grands sujets régionaux. Ainsi l’Iran, avec qui les Américains mènent des négociations sur le nucléaire, face à des pays du Golfe désormais mieux disposés face à cette démarche.- Cadeau qatari -Mais aussi Gaza, où la situation humanitaire ne cesse d’empirer.Le président américain s’est entretenu mardi avec Edan Alexander, libéré la veille par le mouvement islamiste palestinien Hamas, a fait savoir sur X l’émissaire spécial pour la région, Steve Witkoff.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a toutefois prévenu que l’armée israélienne entrerait “avec toute (sa) force” dans la bande de Gaza dans les jours à venir. Dans ce contexte, la normalisation des relations de l’Arabie saoudite avec Israël, un projet un temps cher à Donald Trump, semble exclue de l’agenda.Ryad assure en effet qu’aucun progrès n’est envisageable sans l’établissement d’un Etat palestinien, une perspective plus lointaine que jamais.Washington a également conclu un accord de cessez-le-feu avec les rebelles houthis au Yémen.Avant même d’avoir atterri dans le Golfe, Donald Trump s’est attiré de vives critiques de l’opposition aux Etats-Unis, qui lui reproche d’avoir accepté un Boeing 747-8 offert par la famille royale du Qatar pour remplacer au moins provisoirement son avion officiel, et pour l’utiliser après son mandat.Le président américain a répliqué que l’avion était un “cadeau temporaire”.

En Arabie saoudite, Trump promet de repartir avec de “nombreux chèques”

Donald Trump a vanté mardi les gros contrats attendus lors de sa visite en Arabie saoudite, où il a été reçu en grande pompe par le prince héritier et dirigeant de facto du royaume, dans le cadre d’une tournée dans le Golfe.  “Les plus grands chefs d’entreprise du monde sont ici aujourd’hui et ils vont repartir avec de nombreux chèques”, a déclaré le président américain à l’ouverture des discussions officielles entre les deux pays au palais royal à Ryad.  Aux “États-Unis, c’est probablement de deux millions d’emplois dont nous parlons”, a-t-il ajouté, en soulignant son entente avec le prince Mohammed ben Salmane, qui l’a accueilli en personne à son arrivée, après avoir fait escorter “Air Force One” par plusieurs avions de combat F-15 saoudiens pendant son approche. “Je pense vraiment que nous nous apprécions beaucoup”, a insisté M.Trump. Les deux hommes, tous sourires et visiblement à l’aise, s’étaient retrouvés après l’aéroport au fastueux palais royal pour une longue cérémonie de salutation des membres des deux délégations, suivie d’un déjeuner. Le président américain est accompagné des principaux membres de son cabinet ainsi que des grands patrons américains, notamment son conseiller Elon Musk vu dans un rare costume, en train de discuter avec le prince. Il se rendra par la suite au Qatar et dans les Emirats arabes unis.Si l’on excepte un aller-retour à Rome pour les funérailles du pape François, il s’agit du premier déplacement majeur à l’étranger depuis le début du second mandat. – Frénésie diplomatique -Huit ans plus tôt, Donald Trump avait déjà choisi le royaume saoudien pour son premier voyage international. La décision de faire passer à nouveau les riches monarchies pétrolières et gazières du Golfe avant ses alliés occidentaux reflète leur rôle géopolitique croissant et leur immense potentiel économique.La tournée devrait être marquée par des annonces de contrats mirobolants, de la défense à l’aviation, en passant par l’énergie ou l’intelligence artificielle.Une perspective bienvenue pour le président américain, qui peine à convaincre ses concitoyens du bien fondé de sa politique économique “L’Amérique d’abord”.En janvier, Mohammed ben Salmane, s’était engagé à injecter 600 milliards de dollars aux Etats-Unis, un chiffre que Donald Trump, adepte d’une diplomatie transactionnelle, lui a demandé de porter jusqu’au montant faramineux de 1.000 milliards.Mardi, tous deux participent à Ryad à un forum économique où doivent être signés certains des accords promis.Mais le républicain, qui se flatte de maîtriser l’art du “deal” diplomatique autant qu’économique, devra bien évidemment aborder avec tous ses hôtes les grands sujets régionaux. Ainsi l’Iran, avec qui les Américains mènent des négociations sur le nucléaire, face à des pays du Golfe désormais mieux disposés face à cette démarche.- Cadeau qatari -Mais aussi Gaza, où la situation humanitaire ne cesse d’empirer.Le président américain s’est entretenu mardi avec Edan Alexander, libéré la veille par le mouvement islamiste palestinien Hamas, a fait savoir sur X l’émissaire spécial pour la région, Steve Witkoff.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a toutefois prévenu que l’armée israélienne entrerait “avec toute (sa) force” dans la bande de Gaza dans les jours à venir. Dans ce contexte, la normalisation des relations de l’Arabie saoudite avec Israël, un projet un temps cher à Donald Trump, semble exclue de l’agenda.Ryad assure en effet qu’aucun progrès n’est envisageable sans l’établissement d’un Etat palestinien, une perspective plus lointaine que jamais.Washington a également conclu un accord de cessez-le-feu avec les rebelles houthis au Yémen.Avant même d’avoir atterri dans le Golfe, Donald Trump s’est attiré de vives critiques de l’opposition aux Etats-Unis, qui lui reproche d’avoir accepté un Boeing 747-8 offert par la famille royale du Qatar pour remplacer au moins provisoirement son avion officiel, et pour l’utiliser après son mandat.Le président américain a répliqué que l’avion était un “cadeau temporaire”.

“J’étais certaine que j’allais mourir”, dit Kim Kardashian au procès de son braquage

La reine des influenceuses Kim Kardashian a dit mardi au procès de son braquage dans un hôtel parisien en 2016 avoir été “persuadée” que ses agresseurs “allaient (lui) tirer dessus”, qu’ils allaient la “violer”, que “c’était fini”.”Vous avez pensé mourir, Madame ?”, demande le président de la cour d’assises de Paris, David De Pas.”Absolument, j’étais certaine que j’allais mourir”, lui répond la star américaine, installée à la barre, droite comme un i, ses feuilles sur le pupitre, répondant en anglais aux questions, via un interprète.Toute en noir, veste à épaulettes et longue robe à volants, chignon serré avec deux mèches encerclant son visage, la star s’est présentée peu avant 13h30 avec notamment sa mère Kris Jenner, à l’une des entrées de ce palais de justice situé en plein coeur de Paris, saluant la foule d’un geste de la main avant de prendre place dans la salle des assises, ont constaté des journalistes de l’AFP.Sur demande de la cour, Kim Kardashian déroule cette nuit du 2 au 3 octobre 2016, celle qui a “tout changé”. Avant, avait-elle commencé, “j’avais l’habitude de marcher dans les rues de Paris, même vers 3H00 du matin. Je me sentais toujours en sécurité dans cette ville, c’était un endroit magique”. Mais après cette Fashion week 2016, “ça a tout changé”.Elle laisse couler quelques larmes qu’elle essuie au mouchoir puis se reprend. Raconte comment ce soir-là, elle avait décidé de ne pas ressortir de son hôtel après minuit, et faisait ses bagages pour son vol de retour le lendemain.”J’ai entendu des bruits de pas dans les escaliers, j’ai appelé ma mère, ma soeur, mais personne ne répondait”. La porte de sa chambre s’ouvre, entrent deux hommes qu’elle prend pour des policiers: ils en ont la tenue. Avec eux, le réceptionniste de l’hôtel, menotté.Elle, en peignoir, “sur le point” de s’endormir, met un moment à comprendre. “Un des hommes m’a dit avec un accent français +ring ring+, en me montrant son annulaire”.Elle comprend qu’il veut sa bague de fiançailles, un gros diamant évalué à 3,5 millions d’euros posé sur sa table de nuit. Ils le prennent, puis découvrent sa boîte à bijoux. “Le grand a dit +ah, ah!+ comme s’il était content”. Montant total du butin – jamais retrouvé – emporté par les malfaiteurs: 9 millions d’euros.- “Ils peuvent tout prendre” -“Ils avaient un pistolet, ils m’ont traînée du lit et m’ont tirée vers le couloir. Je me suis demandée s’il fallait que je coure, que j’essaie de m’enfuir mais ce n’était pas possible”, sanglote à nouveau Kim Kardashian.”Je me suis rendue compte que je devais juste faire ce qu’ils me demandaient”.”Ils m’ont jetée sur le lit, et le plus petit a commencé à attacher mes mains avec un serflex j’étais complètement hystérique, je répétais au réceptionniste +qu’est-ce qu’il va nous arriver ? Ils peuvent tout prendre mais faut que je puisse rentrer chez moi, j’ai des bébés SVP+”, se souvient-elle, sa voix se cassant à nouveau.La salle d’audience est pleine à craquer pour l’écouter. A l’intérieur du palais de justice historique de l’île de la Cité, les caméras se sont alignées sur des dizaines de mètres dans le couloir réservé aux médias. “Salle d’audience complète”, indique un panneau avant les contrôles de sécurité. Près de 500 journalistes, dont nombreux étrangers, sont accrédités au procès.Pendant la matinée, avait témoigné l’ex-styliste de Kim Kardashian, qui s’était cachée au rez-de-chaussée du duplex occupé par la star pendant le braquage, et alerté le garde du corps.”Je n’étais pas simplement employée par Kim Kardashian, on est amies depuis qu’on est toutes petites”, a expliqué à la barre Simone Bretter, 45 ans silhouette fluette et carré blond.”Je la connais très bien, je reconnais sa voix, ses rires, ses intonations, quand elle est heureuse ou quand ça ne va pas.” Alors quand elle a été réveillée par un bruit vers 3H00 du matin, elle avait tout de suite su qu’il y a un problème.”C’était un son que je n’avais jamais entendu de la part de Kim. C’était de la terreur”, a-t-elle décrit à la barre. Les malfrats avaient pris la fuite en voyant que le garde du corps avait essayé de joindre Kim Kardashian. Depuis, a témoigné la styliste, la vie de Kim Kardashian “a complétement changé en termes de sécurité”. Fini les partages en direct de ses moindres mouvements sur les réseaux sociaux, les gardes du corps sont plusieurs et là tout le temps. “J’ai commencé à avoir la phobie de sortir de chez moi, et je ne peux pas dormir la nuit si je ne suis pas certaine que ma sécurité est à la maison”, confirme Kim Kardashian à la barre.Sa déposition se poursuit. Elle parlera ensuite aux médias à l’extérieur de la salle.mdh-alv-edy-bur/bfa/dsa

La Chine dénonce le “harcèlement” américain et courtise l’Amérique latine

La Chine a fustigé mardi le “harcèlement” des Etats-Unis et s’est posée en défenseur du multilatéralisme, lors d’un rendez-vous diplomatique réunissant des dizaines de pays d’Amérique latine, avec lesquels elle cherche à renforcer ses liens.Le président chinois Xi Jinping a promis des milliards d’euros de crédit pour le développement de la zone ainsi qu’une coopération plus poussée dans l’énergie, les infrastructures ou l’éducation.Symbole de l’intensification ces dernières années des liens politico-économiques avec la région, le géant asiatique a ouvert mardi à Pékin cette grande réunion avec des dizaines de pays membres de la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (Celac).Ce rendez-vous, auquel participe notamment le président brésilien Luiz Inacio Lula, est l’occasion pour la Chine d’appeler à un front commun contre la guerre de droits de douane lancée par le président américain Donald Trump.Lors d’un entretien avec son homologue brésilien, Xi Jinping a déclaré que les deux pays devraient “s’opposer ensemble à l’unilatéralisme”. Chine et Brésil ont également publié une déclaration commune dans laquelle ils “saluent la proposition du président russe Vladimir Poutine d’entamer des négociations de paix” avec l’Ukraine, qualifiant le dialogue direct de “seul moyen de mettre fin au conflit”, selon l’agence officielle Chine nouvelle.L’Amérique latine est devenue un champ de bataille diplomatique entre Pékin et Washington ces dernières années et les pays latino-américains subissent régulièrement les pressions américaines pour choisir leur camp.S’exprimant au lendemain de l’annonce par les États-Unis et la Chine d’un accord visant à réduire drastiquement pendant 90 jours leurs droits de douane réciproques, Xi Jinping s’est évertué mardi à présenter la Chine comme un partenaire fiable et respectueux.”Personne ne peut gagner une guerre des droits de douane ou une guerre commerciale”, a-t-il affirmé lors de la cérémonie d’ouverture, devant des dirigeants et chefs de la diplomatie de pays membres du Celac.”Le harcèlement et l’hégémonisme ne mènent qu’à l’isolement”, a-t-il souligné. “Ce n’est que dans l’unité et par la coopération que les pays peuvent préserver la paix et la stabilité mondiales, ainsi que promouvoir le développement et la prospérité dans le monde entier.”- “Main dans la main” -Il a promis que la Chine débloquerait un crédit de 66 milliards de yuans (8,3 milliards d’euros) en faveur du “développement” des pays d’Amérique latine et des Caraïbes.Cette somme rentre dans le cadre d’un large ensemble d’initiatives visant à renforcer la coopération, notamment dans les domaines des infrastructures et de l’énergie propre.La Chine collaborera aussi davantage avec l’Amérique latine dans la lutte antiterroriste et le crime organisé transnational, a déclaré Xi Jinping, tout en renforçant les échanges humains par le biais de bourses d’études et de programmes de formation.Dans le cadre de l’accord sino-américain annoncé lundi, les États-Unis ont accepté d’abaisser leurs surtaxes douanières sur les produits chinois à 30%, tandis que la Chine réduira les siens à 10% sur les biens importés américains.Cet accord marque une importante désescalade dans cette guerre commerciale bilatérale, qui reste active, tandis que les différends persistent entre les deux puissances.En écho aux propos de Xi Jinping, son chef de la diplomatie, Wang Yi, a ainsi estimé mardi, sans citer nommément les États-Unis, qu’une “certaine puissance mondiale” était “obsédée” par la loi du plus fort.Il a exhorté les pays d’Amérique latine à “agir main dans la main” avec Pékin pour défendre leurs droits face à un pays qui “utilise les droits de douane comme une arme pour intimider les autres pays”.- Charge contre Washington -Parmi les principaux dirigeants latino-américains présents à Pékin figurent Luiz Inacio Lula da Silva, arrivé samedi pour une visite d’État de cinq jours.Lula a déclaré lors de la cérémonie d’ouverture que l’Amérique latine ne voulait pas “répéter l’histoire et entamer une nouvelle Guerre froide”.”Notre objectif est de contribuer positivement à l’ordre multilatéral pour le bien mondial, et d’être dûment représentés”, a-t-il expliqué.Sans nommer les États-Unis, le président colombien Gustavo Petro a lui fustigé la politique américaine en matière d’économie, de traitement des migrants ou encore la position climatosceptique de Washington, appelant à un “échange d’égal à égal entre civilisations”, à l’opposé de l'”impérialisme”.Il avait annoncé la semaine dernière qu’il signerait une lettre d’intention pour que son pays rejoigne les “Nouvelles routes de la soie”.Axe central de la stratégie de Pékin depuis 2013 pour accroître son influence internationale, ce programme vise notamment à construire des infrastructures maritimes, routières et ferroviaires, en particulier dans les nations en développement.Les deux tiers des pays latino-américains y ont déjà adhéré.ll-oho-isk-ehl/oaa/dth/bow

Massacrés en Slovénie, la mémoire des “collabos” divise 80 ans après

Quatre-vingts ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, Blaza Cedilnik n’a aucun lieu de recueillement pour se rappeler son père, l’un des 15.000 “collabos” slovènes brutalement exécutés après-guerre et que Ljubljana ne veut pas honorer.”C’est comme si on n’existait pas. Personne ne nous a demandé notre avis alors qu’on est les principaux concernés”, déplore auprès de l’AFP l’octogénaire.Elle était âgée de seulement deux ans quand les unités communistes du maréchal Tito alliées aux Occidentaux ont chassé les forces de l’Axe occupant la Yougoslavie, dont faisait partie la Slovénie.Les miliciens de la Garde nationale, recrutés dans la population locale, ont alors tenté de fuir les représailles de la résistance et de rejoindre l’Autriche voisine. Mais après les avoir désarmés, les Britanniques présents dans le sud les ont repoussés.Ces “domobranci”, comme on appelait les supplétifs des nazis en Slovénie, ont été sommairement massacrés, un crime de guerre resté impuni et qui ne collait pas avec le glorieux récit des héros de la Libération.Des 9.100 victimes à ce jour exhumées d’une centaine de fosses communes, il ne subsiste que des restes, que l’armée slovène a décidé le mois dernier de transférer temporairement dans un ossuaire, à une demi-heure de la capitale.- Épuration massive -Une décision qui a indigné Blaza Cedilnik, en cette année de commémoration du 80e anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie. “Cela m’a retourné l’estomac, de voir ces ossements transportés dans des sacs en plastique”, déplore la descendante de l’ancien professeur, déclaré mort en 1950.Comme Peter Susnik, qui parle au nom du collectif des familles, elle voudrait qu’ils soit déplacés à Ljubljana.Un mémorial aurait “une valeur symbolique” et “viendrait rappeler qu’un crime a été commis”, estime-t-il, alors que les corps avaient été jetés dans des mines ou grottes abandonnées, lieux parfois détruits à la dynamite pour dissimuler l’épuration massive.Mais le maire Zoran Jankovic refuse d’ériger un “monument aux domobranci” pour honorer ceux qui étaient du mauvais côté de l’histoire et ont eux-mêmes souvent été bourreaux: l’occupation a causé la mort de quelque 30.000 civils et 28.000 résistants, d’après les estimations officielles.Pour l’historien militant de la cause Mitja Ferenc, qui participe depuis plus de trois décennies à une commission spéciale destinée à faire la lumière sur ces événements, “il est surprenant” et “incompréhensible” qu’on en soit encore là 80 ans après.”Les victimes de la violence communiste doivent être défendues”, insiste-t-il. “Ljubljana est la capitale de tous les Slovènes” et elle doit à ce titre “porter tous les souvenirs”. – Pardon -M. Ferenc avance le chiffre de 15.000 meurtres perpétrés entre mai 1945 et janvier 1946, ne représentant que les Slovènes. En comptant les victimes serbes ou croates, tuées sur le territoire slovène pendant leur fuite, on parle de dizaines de milliers d’hommes.La dernière découverte date de 2022 et le charnier comptait les cadavres de 3.450 soldats, très jeunes pour la plupart. C’est le plus grand à ce jour. Selon l’historien, les prisonniers ont été détenus dans des camps avant leur liquidation, comme celui de Teharje, à 70 km de Ljubljana. C’est là qu’un co-détenu ayant réussi à s’échapper a vu le père de Blaza Cedilnik pour la dernière fois.La chape de plomb de la dictature a imposé le silence sur ces crimes jusqu’à l’éclatement de la Yougoslavie et le premier président de la Slovénie démocratique a, dès 1990, demandé pardon.Or on est encore loin de la “réconciliation”, admet Milan Kucan, ajoutant ne pas douter de la “volonté des autorités”, qui s’efforcent de “clore de manière digne et respectueuse ce chapitre tragique”.Blaza Cedilnik ne demande qu’une chose: pouvoir enfin faire son deuil. Et défend la mémoire de son père, Anton Rabuza, assurant qu’il avait été enrôlé de force dans cette milice.

Le Festival de Cannes ouvre avec De Niro et DiCaprio, entre Gaza et l’Ukraine

Avec son cortège de stars, à commencer par Robert De Niro et Leonardo DiCaprio, le Festival de Cannes ouvre mardi dans un monde déchiré par les conflits, de l’Ukraine à Gaza, au cœur d’une tribune signée par des centaines de personnalités du cinéma.A 19H15 (17H15 GMT), la cérémonie d’ouverture sera marquée par la remise d’une Palme d’or d’honneur, pour l’ensemble de sa carrière, à l’acteur de “Taxi Driver”, âgé de 81 ans. C’est Leonardo DiCaprio, complice de De Niro à l’écran dans le dernier film de Martin Scorsese, “Killers of the Flower Moon”, qui lui remettra cette distinction.Le discours de De Niro, opposant déclaré à Donald Trump, sera écouté avec attention par un monde du cinéma inquiet de la montée des régimes autoritaires et de la menace du président américain d’imposer une taxe de 100% sur les films étrangers.La cérémonie réservera aussi une surprise signée Mylène Farmer. La chanteuse, cinéphile et ancienne membre du jury, interprétera un morceau.Elle cédera ensuite la place à l’écran à une autre chanteuse française, Juliette Armanet. L’interprète du “Dernier jour du disco” est la vedette du film d’ouverture, “Partir un jour”, un premier long-métrage signé Amélie Bonnin qui sort en même temps en salles en France.Jamais encore un premier long-métrage n’avait lancé l’événement. Et “c’est la troisième fois seulement, après Diane Kurys et Maïwenn, qu’une réalisatrice ouvre le Festival de Cannes. C’est une comédie musicale et un film très très réussi”, a souligné le délégué général du Festival, Thierry Frémaux, devant la presse lundi.- Tribune pour Gaza -Hors écran, près de 400 cinéastes, dont le réalisateur espagnol Pedro Almodovar ou les acteurs américains Susan Sarandon et Richard Gere, ont signé une tribune de soutien à Gaza dans le quotidien français Libération mardi: “Nous artistes et acteur.ice.s de la culture, nous ne pouvons rester silencieux.se.s tandis qu’un génocide est en cours à Gaza”, clament-ils.Un texte symbolique à quelques heures de la soirée d’ouverture du plus grand festival de cinéma du monde.La tribune, qui n’est pas inédite pour le milieu depuis octobre 2023, rend également hommage à la photojournaliste palestinienne Fatima Hassouna, tuée dans un bombardement israélien mi-avril et protagoniste d’un documentaire programmé dans une section parallèle.”A quoi servent nos métiers si ce n’est à tirer des leçons de l’Histoire, des films engagés, si nous ne sommes pas présent.e.s pour protéger les voix opprimées?”, demandent les signataires de cet appel, dont également la réalisatrice française Justine Triet et l’acteur britannique Ralph Fiennes. Selon l’un des collectifs à l’origine de la tribune, sollicité par l’AFP, la présidente du jury cannois, l’actrice Juliette Binoche, qui a déjà ces derniers mois pris position contre la guerre à Gaza, faisait initialement partie des signataires. Mais son nom n’y figurait pas mardi matin.- Depardieu condamné -C’est à une autre guerre, celle menée par la Russie en Ukraine, que le Festival a consacré sa journée d’ouverture, avec la projection de trois documentaires, dont “Notre Guerre” de l’intellectuel français Bernard-Henri Lévy.Un autre événement – extérieur – pourrait également créer des remous mardi : la cérémonie d’ouverture de cette 78e édition se tiendra quelques heures après la condamnation de Gérard Depardieu à 18 mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles lors d’un tournage. L’acteur a l’intention de faire appel.De films en tapis rouges, Cannes, fort du succès de ses longs-métrages l’an dernier aux Oscars, fera une large place au glamour et attirera des nuées de stars : de Tom Cruise à Nicole Kidman et Denzel Washington, en passant par Jennifer Lawrence ou Robert Pattinson.Juliette Binoche et les membres de son jury, dont les acteurs Jeremy Strong et Halle Berry ou la romancière Leïla Slimani, devront attribuer, le 24 mai, la Palme d’or à l’un des 22 films en compétition.

Panne électrique en Espagne: l’autorité de la concurrence ouvre à son tour une enquête

L’autorité de la concurrence espagnole (CNMC) a annoncé mardi avoir à son tour ouvert une enquête sur la panne d’électricité géante ayant touché la péninsule ibérique le 28 avril, dont l’origine reste inconnue.”La CNMC va mener sa propre enquête en tant que régulateur indépendant”, a indiqué sa présidente Cani Fernández lors d’une audition au Congrès des députés, en précisant que l’organisme public avait commencé à rassembler “toutes les informations nécessaires” sur le déroulé de la panne.”Nous allons nous intéresser non seulement aux causes de l’incident, qui restent inconnues, mais aussi à la façon dont a été réalisée la remise en route” du système électrique, pour voir si des “erreurs spécifiques” ont pu être commises “durant ce processus”, a-t-elle ajouté.Cette enquête s’ajoute à celle lancée le 29 avril par le ministère de la Transition écologique, ainsi qu’à celle coordonnée par le Réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité (Entso-E) et celle ouverte par la justice espagnole sur un éventuel “sabotage informatique”.”La CNMC apporte des connaissances techniques indépendantes” et “intervient sur un plan différent des autres acteurs, quoique de manière complémentaire”, a justifié face aux députés Cani Fernández, en précisant que son organisme avait “déjà envoyé des demandes de données” aux entreprises du secteur.Selon les autorités, l’équivalent de 60% de la consommation électrique espagnole – soit 15 gigawatts – a disparu en l’espace de cinq secondes lors de la panne du 28 avril, qui a plongé l’Espagne et le Portugal dans le chaos durant de longues heures. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer cette coupure, dont celle d’une cyberattaque, qui a été jugée peu crédible par le gestionnaire du réseau électrique espagnol (REE). Une défaillance du réseau générée par un excès de production d’énergie solaire a également été évoquée.Le 28 avril, la production photovoltaïque était “élevée” mais elle n’a pas dépassé “les valeurs maximales atteintes certains jours précédents”, a souligné mardi Mme Fernández, appelant à la prudence concernant la possible responsabilité des énergies renouvelables dans l’incident.”Bien que le 28 ait été un jour de forte production d’énergie renouvelable, aucune anomalie ou particularité pouvant à elle seule expliquer l’incident n’a été observée”, a insisté la responsable de la CNMC, pour qui le mix énergétique de l’Espagne était ce jour-là conforme à son niveau “habituel”.Un message martelé depuis plusieurs jours par la ministre de l’Ecologie Sara Aagesen, pour qui “toutes les hypothèses” sont ouvertes. “Nous continuons à travailler” mais l’enquête va prendre du temps car il s’agit de processus “très complexes”, a-t-elle dit dimanche au média en ligne El Diario.Dans le cadre de cette enquête, des demandes d’informations ont été adressées  par l’Institut national de cybersécurité (Incibe) aux entreprises énergétiques, y compris aux entreprises de petite taille, potentiellement plus vulnérables face aux cyberattaques, selon une source proche du dossier.Selon cette source, cette demande fait partie de la procédure normale, toutes les pistes devant être envisagées.