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Le cannabis médical, une production “made in Germany” en plein boom

Dans un lieu tenu secret en Bavière, une épaisse porte en acier dissimule une activité en plein essor en Allemagne: la fabrication de médicaments à base de cannabis, dopée par une législation parmi les plus libérales d’Europe.Bonnets chirurgicaux, masques, blouses et gants bleus d’infirmiers: les salariés de la start-up Cantourage transforment les fleurs séchées de cannabis provenant de plus de 15 pays différents (Jamaïque, Ouganda, Portugal, Nouvelle Zélande, …) en produits pharmaceutiques “made in Germany”.A l’aide de petits ciseaux, ils taillent la matière première en petites boulettes marron vert destinées à soulager entre autres les douleurs chroniques, les insomnies et traiter certaines formes d’épilepsie.”Nous nous engageons à respecter les normes de sécurité les plus strictes, tant pour nos employés que pour nos produits”, affirme à l’AFP le patron de Cantourage, Philip Schetter, 41 ans, lors d’une visite de l’usine.S’il préfère ne pas révéler la localisation précise du site, c’est en sachant que les 4 à 6 tonnes d’herbe traitées tous les ans peuvent attirer les convoitises.La légalisation du cannabis récréatif reste rare dans le monde, mais l’usage médical de cette plante psychotrope est autorisé dans une cinquantaine de pays, dont l’Allemagne depuis 2017, le plus grand marché de l’Union européenne.- “HIGH” s’élance en bourse -Stimulées par cet environnement favorable, les entreprises disposant d’une licence pour commercialiser cet “or vert” ont essaimé en Allemagne. Parmi elles, Cansativa, plateforme allemande de vente en ligne de cannabis thérapeutique, fondée en 2017, et Cantourage, créée en 2019. Cette dernière entend tailler des croupières aux pionniers comme les laboratoires néerlandais Bedrocan ou canadien Aurora.En cinq ans, le chiffre d’affaires de Cantourage, qui emploie 70 personnes, est passé de moins d’un million à 40 millions d’euros. L’an dernier, l’entreprise a dégagé son premier bénéfice opérationnel.  Cantourage s’est malicieusement fait lister sous l’acronyme “HIGH” – terme bien connu des usagers de drogue – lors de son entrée à la bourse de Francfort fin 2022.- Frontière “floue” -Entré dans l’industrie du cannabis en 2018 où il supervisait pour le concurrent Aurora la construction de sites de production en Allemagne, Philip Schetter reconnaît que la frontière entre drogues récréatives et médicinales est parfois “floue”.L’an dernier, l’Allemagne a franchi une étape décisive dans l’assouplissement de la législation en autorisant la possession de cannabis à usage récréatif en quantité limitée.Parallèlement, la loi a aussi rendu plus facile la prescription de cannabis médical. Le cannabis n’est plus considéré comme une substance “stupéfiante”, ce qui facilite considérablement la délivrance sur ordonnance.”On peut se procurer du cannabis en pharmacie sans être gravement malade”, constate M. Schetter, se félicitant d'”une augmentation de la demande”. Le cannabis récréatif est quant à lui disponible dans des clubs dédiés.Au troisième trimestre 2024, les importations de matière première ont augmenté de plus de 70% par rapport à la période précédente, les trois premiers mois complets au cours desquels les réformes de l’Allemagne en matière de cannabis ont été mises en place.La filière allemande du cannabis thérapeutique est encore dépendante des importations de fleurs et d’extraits – le Canada fournissant les quantités les plus importantes -, alors que seules trois entreprises disposent actuellement d’une licence de culture dans le pays.Selon Bloomwell, plateforme allemande en ligne qui met en relation patients et médecins pour qu’ils leur prescrivent du cannabis, le nombre d’ordonnances a bondi en décembre dernier de 1.000% par rapport à mars 2024, juste avant la nouvelle législation. Mais l’arrivée au pouvoir début mai des conservateurs du chancelier Friedrich Merz, qui était opposé à la légalisation du cannabis récréatif, pourrait bouleverser le développement de la filière.Le nouveau gouvernement a promis d’évaluer à l’automne la loi sur le cannabis et éventuellement de faire machine arrière. Le patron de Cantourage assure rester serein: “Nous sommes une entreprise pharmaceutique. Nous fabriquons des médicaments et les livrons aux pharmaciens.”

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Duel présidentiel en Roumanie entre un candidat trumpiste et un maire pro-européen

Maintenir le cap européen et le soutien à Kiev ou se tourner vers l’extrême droite : les Roumains se pressent nombreux dimanche aux urnes pour élire leur président, cinq mois après l’annulation d’un scrutin entaché de soupçons d’ingérence russe.Le chef du parti nationaliste AUR, George Simion, 38 ans, et le maire centriste de Bucarest, Nicusor Dan, 55 ans, s’affrontent pour décrocher le poste suprême, doté du pouvoir de nommer à des postes clés et de participer aux sommets de l’UE et de l’Otan.Le premier, un souverainiste fervent admirateur de Donald Trump, a largement dominé le premier tour avec près de 41% des voix, le double de son rival, mais les sondages, pas toujours fiables par le passé, les placent désormais au coude-à-coude.L’élection est surveillée de près par la communauté internationale, Bruxelles s’inquiétant de voir les rangs des dirigeants d’extrême droite s’étoffer et Washington, très critique du fiasco du scrutin de l’automne dernier, appelant à respecter la voix du peuple.Membre loyal de l’UE, la Roumanie, une nation de 19 millions d’habitants voisine de l’Ukraine, est devenue un pilier essentiel de l’Otan depuis le début de l’offensive russe en 2022.”J’ai voté pour une vie meilleure” et rester sur le chemin européen, confie à l’AFP Catalin Birca, retraité de 57 ans, refusant de “revenir à la case départ”.- “Un tournant” -Ancien hooligan ayant cherché à lisser son discours ces derniers mois, M. Simion se dit persuadé qu’il sera “le prochain président de Roumanie”. Sauf en cas de “fraudes massives”, a-t-il averti, ouvrant la voie à une contestation en cas de défaite. Ce détracteur des “politiques absurdes de l’UE” pourrait cependant pâtir d’une série de faux pas dans l’entre-deux-tours, entre “agressivité” et absence à de nombreux débats, selon les analystes.Son adversaire, un mathématicien de formation, espère quant à lui un sursaut des abstentionnistes, après un premier tour marqué par un taux de participation de seulement 53%.En milieu d’après-midi, il s’élevait déjà à 47%, significativement plus que le 4 mai.Les sondages de sortie des urnes seront publiés peu après la fermeture des bureaux de vote à 21H00 locales (18H00 GMT) et les résultats devraient parvenir dans la nuit.”C’est un tournant, une élection décisive. La Roumanie choisit son avenir non seulement pour les cinq prochaines années, mais pour bien plus longtemps”, a déclaré en votant à Fagaras, sa ville natale de Transylvanie, Nicusor Dan, un Européen convaincu et fervent soutien de Kiev.George Simion veut quant à lui mettre un terme à l’aide militaire à l’Ukraine: il exige une “compensation financière” pour l’assistance fournie jusqu’ici et prône “la neutralité”, tout en se défendant d’être “l’ami de Vladimir Poutine”.- “Georgescu président!” -“Contre les injustices” et “humiliations dont nos soeurs et frères ont été victimes” et “pour que notre avenir soit décidé uniquement par et pour les Roumains”: son message, répété dimanche quand il a voté à Mogosoaia, près de la capitale, séduit de nombreux électeurs las d’être considérés comme des citoyens de seconde zone dans l’UE. Il s’est de nouveau affiché avec Calin Georgescu, celui qui avait surpris en terminant en tête du scrutin du 24 novembre après une campagne massive sur TikTok dont le mode opératoire pointait vers la Russie.Cet ex-haut fonctionnaire a depuis été inculpé et exclu de cette nouvelle course, une décision qui a provoqué des manifestations parfois violentes.George Simion est lui aussi très présent sur les réseaux sociaux, rouvrant dimanche ses comptes Facebook et TikTok temporairement fermés la veille pour “une journée de silence”.L’extrême droite roumaine capitalise sur une population frustrée, notamment dans les campagnes, face aux “politiciens voleurs” au pouvoir depuis 1989 et en colère devant les difficultés économiques d’un des pays les plus pauvres de l’UE. “Calin Georgescu président!”, a crié une petite foule venue avec des fleurs accueillir son héros déchu.A la sortie des bureaux de vote, beaucoup disaient leur espoir que le cauchemar actuel se termine. “C’est un tel chaos en Roumanie” depuis l’annulation du vote, raconte Runa Petringenaru, organisatrice de séminaires de 55 ans.”C’est du jamais vu, probablement même à l’échelle européenne”, souffle-t-elle.

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Duel présidentiel en Roumanie entre un candidat trumpiste et un maire pro-européen

Maintenir le cap européen et le soutien à Kiev ou se tourner vers l’extrême droite : les Roumains se pressent nombreux dimanche aux urnes pour élire leur président, cinq mois après l’annulation d’un scrutin entaché de soupçons d’ingérence russe.Le chef du parti nationaliste AUR, George Simion, 38 ans, et le maire centriste de Bucarest, Nicusor Dan, 55 ans, s’affrontent pour décrocher le poste suprême, doté du pouvoir de nommer à des postes clés et de participer aux sommets de l’UE et de l’Otan.Le premier, un souverainiste fervent admirateur de Donald Trump, a largement dominé le premier tour avec près de 41% des voix, le double de son rival, mais les sondages, pas toujours fiables par le passé, les placent désormais au coude-à-coude.L’élection est surveillée de près par la communauté internationale, Bruxelles s’inquiétant de voir les rangs des dirigeants d’extrême droite s’étoffer et Washington, très critique du fiasco du scrutin de l’automne dernier, appelant à respecter la voix du peuple.Membre loyal de l’UE, la Roumanie, une nation de 19 millions d’habitants voisine de l’Ukraine, est devenue un pilier essentiel de l’Otan depuis le début de l’offensive russe en 2022.”J’ai voté pour une vie meilleure” et rester sur le chemin européen, confie à l’AFP Catalin Birca, retraité de 57 ans, refusant de “revenir à la case départ”.- “Un tournant” -Ancien hooligan ayant cherché à lisser son discours ces derniers mois, M. Simion se dit persuadé qu’il sera “le prochain président de Roumanie”. Sauf en cas de “fraudes massives”, a-t-il averti, ouvrant la voie à une contestation en cas de défaite. Ce détracteur des “politiques absurdes de l’UE” pourrait cependant pâtir d’une série de faux pas dans l’entre-deux-tours, entre “agressivité” et absence à de nombreux débats, selon les analystes.Son adversaire, un mathématicien de formation, espère quant à lui un sursaut des abstentionnistes, après un premier tour marqué par un taux de participation de seulement 53%.En milieu d’après-midi, il s’élevait déjà à 47%, significativement plus que le 4 mai.Les sondages de sortie des urnes seront publiés peu après la fermeture des bureaux de vote à 21H00 locales (18H00 GMT) et les résultats devraient parvenir dans la nuit.”C’est un tournant, une élection décisive. La Roumanie choisit son avenir non seulement pour les cinq prochaines années, mais pour bien plus longtemps”, a déclaré en votant à Fagaras, sa ville natale de Transylvanie, Nicusor Dan, un Européen convaincu et fervent soutien de Kiev.George Simion veut quant à lui mettre un terme à l’aide militaire à l’Ukraine: il exige une “compensation financière” pour l’assistance fournie jusqu’ici et prône “la neutralité”, tout en se défendant d’être “l’ami de Vladimir Poutine”.- “Georgescu président!” -“Contre les injustices” et “humiliations dont nos soeurs et frères ont été victimes” et “pour que notre avenir soit décidé uniquement par et pour les Roumains”: son message, répété dimanche quand il a voté à Mogosoaia, près de la capitale, séduit de nombreux électeurs las d’être considérés comme des citoyens de seconde zone dans l’UE. Il s’est de nouveau affiché avec Calin Georgescu, celui qui avait surpris en terminant en tête du scrutin du 24 novembre après une campagne massive sur TikTok dont le mode opératoire pointait vers la Russie.Cet ex-haut fonctionnaire a depuis été inculpé et exclu de cette nouvelle course, une décision qui a provoqué des manifestations parfois violentes.George Simion est lui aussi très présent sur les réseaux sociaux, rouvrant dimanche ses comptes Facebook et TikTok temporairement fermés la veille pour “une journée de silence”.L’extrême droite roumaine capitalise sur une population frustrée, notamment dans les campagnes, face aux “politiciens voleurs” au pouvoir depuis 1989 et en colère devant les difficultés économiques d’un des pays les plus pauvres de l’UE. “Calin Georgescu président!”, a crié une petite foule venue avec des fleurs accueillir son héros déchu.A la sortie des bureaux de vote, beaucoup disaient leur espoir que le cauchemar actuel se termine. “C’est un tel chaos en Roumanie” depuis l’annulation du vote, raconte Runa Petringenaru, organisatrice de séminaires de 55 ans.”C’est du jamais vu, probablement même à l’échelle européenne”, souffle-t-elle.

Netanyahu ouvert à un accord incluant la fin de l’offensive à Gaza, raids meurtriers

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est dit dimanche ouvert à un accord incluant la fin de l’offensive de son armée à Gaza, où au moins 50 Palestiniens, dont des enfants, ont été tués dans de nouveaux bombardements selon les secours.Mais M. Netanyahu a aussi affirmé que l’accord devrait inclure l'”exil” du Hamas et le “désarmement” du territoire palestinien assiégé et dévasté par plus de 19 mois de guerre, des exigences jusque-là rejetées publiquement par le mouvement islamiste.Cette déclaration est intervenue au lendemain de l’intensification par l’armée de sa campagne aérienne et terrestre à Gaza afin selon elle d’obtenir la libération des otages israéliens retenus par le Hamas et de défaire ce mouvement, une escalade critiquée à l’international.C’est une attaque sans précédent contre Israël menée par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza. L’armée israélienne a lancé en riposte une offensive destructrice qui a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué un désastre humanitaire dans le territoire palestinien.”L’équipe de négociation à Doha s’efforce d’épuiser toutes les possibilités d’accord”, a indiqué le bureau de M. Netanyahu, “que ce soit dans le cadre du plan (proposé par l’émissaire américain Steve) Witkoff ou dans le cadre d’une fin des combats qui inclurait la libération de tous les otages, l’exil des terroristes du Hamas et le désarmement de Gaza”.Son gouvernement avait pourtant approuvé début mai un plan pour “la conquête” de Gaza et un déplacement de sa population, semblant alors écarter toute négociation.Le jour de l’annonce par l’armée de l’expansion de  ses opérations, le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, a annoncé la reprise “sans condition préalable” des négociations indirectes avec Israël au Qatar, pays médiateur.Une source du Hamas au fait des négociations a indiqué dimanche que le mouvement abordait les pourparlers avec “une grande flexibilité”.- “Tous sont morts” -Jusque-là, le Hamas s’est dit prêt à libérer tous les otages enlevés durant l’attaque du 7-Octobre dans le cadre d’un accord global pour mettre fin à la guerre, qui verrait notamment un retrait total israélien de Gaza et exclurait son désarmement.Israël a repris le 18 mars ses bombardements à Gaza, après le blocage des négociations pour prolonger une trêve qui a duré deux mois. En outre, depuis le 2 mars, il bloque l’entrée de toute aide humanitaire vitale pour les 2,4 millions d’habitants du territoire.Dimanche, au moins 50 Palestiniens ont été tués dans les frappes israéliennes dans la bande de Gaza, a indiqué la Défense civile, en parlant d’un “bilan préliminaire”.Mahmoud Bassal, porte-parole de l’organisation de secours, a fait état de nombreux enfants tués. Les bombardements ont visé des tentes de déplacés à Al-Mawassi” (sud), ainsi que des habitations à Jabalia (nord) à Al-Zawayda (centre) et à Khan Younès (sud), selon lui. A l’hôpital Nasser de Khan Younès, des corps couverts de draps blancs sur lesquels sont inscrits les noms des morts sont alignés à même le sol, selon des images de l’AFP. A côté, des proches pleurent.A Al-Mawassi, des Palestiniens tentent de récupérer ce qui reste de leurs effets après la destruction de leurs tentes. “Je n’étais pas là”, raconte en pleurs Warda al-Shaer au milieu des destructions à Al-Mawassi. “Tous les membres de ma famille sont morts. Il ne reste plus personne. Mes neveux sont morts avec leur père et leur mère. Ma mère est également morte”.L’armée israélienne n’a pas commenté ces attaques dans l’immédiat. – Hôpitaux hors service -Dans le nord de Gaza, “tous les hôpitaux publics sont désormais hors service”, a affirmé le ministère de la Santé du Hamas.”L’occupation israélienne a intensifié son siège, avec des tirs nourris autour de l’hôpital indonésien (à Beit Lahia), empêchant l’arrivée des patients, du personnel médical et des fournitures médicales, ce qui a contraint l’hôpital à fermer”, a-t-il ajouté.Après l’expansion de l’offensive israélienne, les appels se sont multipliés pour cesser la guerre. Il faut “arrêter le massacre à Gaza”, a dit le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. “Ca suffit”, a lancé le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l’armée.Les représailles israéliennes ont fait au moins 53.339 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les dernières données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Netanyahu ouvert à un accord incluant la fin de l’offensive à Gaza, raids meurtriers

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est dit dimanche ouvert à un accord incluant la fin de l’offensive de son armée à Gaza, où au moins 50 Palestiniens, dont des enfants, ont été tués dans de nouveaux bombardements selon les secours.Mais M. Netanyahu a aussi affirmé que l’accord devrait inclure l'”exil” du Hamas et le “désarmement” du territoire palestinien assiégé et dévasté par plus de 19 mois de guerre, des exigences jusque-là rejetées publiquement par le mouvement islamiste.Cette déclaration est intervenue au lendemain de l’intensification par l’armée de sa campagne aérienne et terrestre à Gaza afin selon elle d’obtenir la libération des otages israéliens retenus par le Hamas et de défaire ce mouvement, une escalade critiquée à l’international.C’est une attaque sans précédent contre Israël menée par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza. L’armée israélienne a lancé en riposte une offensive destructrice qui a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué un désastre humanitaire dans le territoire palestinien.”L’équipe de négociation à Doha s’efforce d’épuiser toutes les possibilités d’accord”, a indiqué le bureau de M. Netanyahu, “que ce soit dans le cadre du plan (proposé par l’émissaire américain Steve) Witkoff ou dans le cadre d’une fin des combats qui inclurait la libération de tous les otages, l’exil des terroristes du Hamas et le désarmement de Gaza”.Son gouvernement avait pourtant approuvé début mai un plan pour “la conquête” de Gaza et un déplacement de sa population, semblant alors écarter toute négociation.Le jour de l’annonce par l’armée de l’expansion de  ses opérations, le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, a annoncé la reprise “sans condition préalable” des négociations indirectes avec Israël au Qatar, pays médiateur.Une source du Hamas au fait des négociations a indiqué dimanche que le mouvement abordait les pourparlers avec “une grande flexibilité”.- “Tous sont morts” -Jusque-là, le Hamas s’est dit prêt à libérer tous les otages enlevés durant l’attaque du 7-Octobre dans le cadre d’un accord global pour mettre fin à la guerre, qui verrait notamment un retrait total israélien de Gaza et exclurait son désarmement.Israël a repris le 18 mars ses bombardements à Gaza, après le blocage des négociations pour prolonger une trêve qui a duré deux mois. En outre, depuis le 2 mars, il bloque l’entrée de toute aide humanitaire vitale pour les 2,4 millions d’habitants du territoire.Dimanche, au moins 50 Palestiniens ont été tués dans les frappes israéliennes dans la bande de Gaza, a indiqué la Défense civile, en parlant d’un “bilan préliminaire”.Mahmoud Bassal, porte-parole de l’organisation de secours, a fait état de nombreux enfants tués. Les bombardements ont visé des tentes de déplacés à Al-Mawassi” (sud), ainsi que des habitations à Jabalia (nord) à Al-Zawayda (centre) et à Khan Younès (sud), selon lui. A l’hôpital Nasser de Khan Younès, des corps couverts de draps blancs sur lesquels sont inscrits les noms des morts sont alignés à même le sol, selon des images de l’AFP. A côté, des proches pleurent.A Al-Mawassi, des Palestiniens tentent de récupérer ce qui reste de leurs effets après la destruction de leurs tentes. “Je n’étais pas là”, raconte en pleurs Warda al-Shaer au milieu des destructions à Al-Mawassi. “Tous les membres de ma famille sont morts. Il ne reste plus personne. Mes neveux sont morts avec leur père et leur mère. Ma mère est également morte”.L’armée israélienne n’a pas commenté ces attaques dans l’immédiat. – Hôpitaux hors service -Dans le nord de Gaza, “tous les hôpitaux publics sont désormais hors service”, a affirmé le ministère de la Santé du Hamas.”L’occupation israélienne a intensifié son siège, avec des tirs nourris autour de l’hôpital indonésien (à Beit Lahia), empêchant l’arrivée des patients, du personnel médical et des fournitures médicales, ce qui a contraint l’hôpital à fermer”, a-t-il ajouté.Après l’expansion de l’offensive israélienne, les appels se sont multipliés pour cesser la guerre. Il faut “arrêter le massacre à Gaza”, a dit le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. “Ca suffit”, a lancé le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l’armée.Les représailles israéliennes ont fait au moins 53.339 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les dernières données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Les Républicains élisent leur nouveau président avec l’Elysée en ligne de mire

Après trois mois de campagne, les plus de 120.000 adhérents des Républicains départagent dimanche les deux candidats à la présidence de leur parti, Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, une élection interne qui pourrait propulser le vainqueur dans la course à l’Elysée.Les adhérents, qui ont commencé à voter samedi en fin d’après-midi par internet, ont jusqu’à 18H00 pour désigner celui qui prendra le poste vacant depuis que l’ancien patron Eric Ciotti a choisi il y a près d’un an de s’allier au RN lors des législatives anticipées. A midi, le taux de participation était de 63% selon la Haute Autorité qui organise le scrutin.C’est la secrétaire générale du parti Annie Genevard, également ministre de l’Agriculture, qui annoncera les résultats en fin d’après-midi au siège parisien des Républicains.Si Bruno Retailleau est donné favori face à Laurent Wauquiez, le mode de scrutin rend toutefois le résultat incertain: le nombre d’adhérents a pratiquement triplé pendant la campagne, passant de 43.859 à 121.617, sans qu’il soit possible de déterminer à qui profiteront ces recrutements, menés tambour battant par les deux candidats.    “Avantage Retailleau, mais belle campagne Wauquiez”, synthétise un ex LR qui connaît bien son ancienne famille politique.- “Créer la surprise” -Mais M. Wauquiez se montre confiant: “Je vais créer la surprise”, a-t-il affirmé au Figaro.Une large victoire donnerait au vainqueur un argument de poids pour se lancer dans la course à l’Elysée à droite. Un succès étroit, au contraire, lui compliquerait la tâche pour s’imposer face à des rivaux comme Edouard Philippe, le favori des sondages, voire des soutiens de Bruno Retailleau, à l’image du président des Hauts-de-France Xavier Bertrand ou du maire de Cannes David Lisnard. Celui-ci demande des primaires ouvertes à droite, alors que le Vendéen veut limiter le vote aux adhérents LR. Laurent Wauquiez ne veut pas entendre parler non plus de primaire ouverte et n’a cessé d’agiter le danger d’une “dilution de la droite dans la macronie” si son président avait une double casquette avec Beauvau, évoquant des “bruits” sur un accord électoral avec Edouard Philippe.Le député de Haute-Loire a d’ailleurs pris les devants, demandant d’ores et déjà un match retour avec Bruno Retailleau l’an prochain pour désigner le candidat LR à l’Elysée.”De grâce, n’ayons pas tout de suite des obsessions présidentielles qui nous ont coûté cher!”, a répliqué le Vendéen, qui s’est engagé à rester à Beauvau s’il l’emportait, assumant “être un ministre politique, pas un ministre techno”. – Philippe contre Wauquiez -A sein du socle commun, on suit de près l’élection du président de LR, parti qui a frôlé la disparition lors du départ d’Eric Ciotti et qui a repris des couleurs après son entrée au gouvernement en septembre avec l’un des siens à Matignon, Michel Barnier, censuré trois mois plus tard par la gauche et le RN.Son ancienne porte-parole, la députée Renaissance Maud Bregeon, a ainsi souhaité dimanche sur CNews et Europe1 “que le futur président des LR s’engage à maintenir l’unité du bloc central”, semblant plutôt pencher pour M. Retailleau que pour M. Wauquiez qui “regarde davantage du côté de Reconquête”.Parti pris clairement assumé par le député Horizons Frédéric Valletoux, qui a critiqué la “campagne pour rien” de M. Wauquiez, un “homme de tactique” dont “on n’a pas compris quelles étaient les idées”.Un ton offensif déjà adopté la veille lors d’un meeting à Marseille par son chef de parti, Edouard Philippe, qui a réservé ses attaques au député de Haute-Loire. “Les Français ne sont pas dupes de ceux qui font du trumpisme aux petits pieds en rêvant de ressusciter le bagne du comte de Monte Cristo à Saint-Pierre-et-Miquelon”, a ironisé Edouard Philippe, dans un tacle à Laurent Wauquiez, qui a proposé d’envoyer sur cette île les “étrangers dangereux” faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire (OQTF). Laurent Wauquiez lui a répondu du Puy-en-Velay, où il s’est rendu à la permanence LR du département pour voter sur un ordinateur: “Ce qui me fait plaisir, c’est qu’il a bien compris que moi, je ne ferais pas du tout du en même temps”.Le patron des députés LR a fait feu de tout bois durant cette campagne avec des propositions très droitières. Erigeant en “modèle pour la droite” l’ultraconservatrice italienne Giorgia Meloni, il a plaidé pour un rassemblement de la droite allant du garde des Sceaux, l’ex-LR Gérald Darmanin, à l’eurodéputée zemmouriste Sarah Knafo (à l’exclusion du RN et de ses alliés). 

Ukraine: attaque record de drones russes, une femme tuée près de Kiev

La Russie a lancé dans la nuit de samedi à dimanche une attaque record de drones visant de nombreuses régions d’Ukraine, dont celle de la capitale, Kiev, où une femme a été tuée, selon les autorités ukrainiennes, deux jours après de premiers pourparlers de paix depuis 2022 qui n’ont pas abouti à une trêve. Cette salve d’attaques intervient à la veille d’un appel annoncé par le président américain Donald Trump avec son homologue russe Vladimir Poutine pour tenter de mettre fin au conflit qui a entraîné la mort de dizaines de milliers de personnes, civils et militaires confondus.Vendredi, les discussions de paix russo-ukrainiennes menées à Istanbul, les premières depuis le printemps 2022, ont mis en exergue le gouffre qui sépare les positions de Moscou – maximalistes – et celles de Kiev, dont l’armée souffre sur le front.Vladimir Poutine, qui s’exprimait publiquement dimanche pour la première fois depuis deux jours, a insisté à la télévision d’Etat vouloir “éliminer les causes” du conflit, “créer les conditions d’une paix durable” et “garantir la sécurité de l’État russe”.Son armée, qui bénéficie “d’assez de troupes et de moyens” pour mener à bien cet objectif d’après lui, occupe toujours près de 20% du territoire ukrainien qu’elle a envahi depuis février 2022.Dans la nuit de samedi à dimanche, la Russie “a attaqué avec 273 drones explosifs de type +Shahed+ et des leurres”, dont 88 ont été détruits, a indiqué au matin l’armée de l’air ukrainienne.- “Record” -Ce chiffre de 273 drones lancés est “un record”, a déploré la vice-Première ministre Ioulia Svyrydenko, assurant que “l’objectif de la Russie est clair: continuer à massacrer des civils”.”Une femme est morte de ses blessures à la suite d’une attaque ennemie” près de Kiev, a indiqué sur Telegram le responsable de l’administration militaire régionale, Mykola Kalachnyk.Il a fait état de trois blessés hospitalisés, dont un enfant de quatre ans.Cette attaque a notamment touché “un immeuble d’habitation”, ont dénoncé dans un communiqué les secours ukrainiens.Deux personnes ont par ailleurs été “blessées” dans une frappe de drone à Kherson (sud), selon les autorités municipales.- Zelensky au Vatican -Cette série d’attaques nocturnes venant de Russie a engendré une avalanche de condamnations de la part des responsables ukrainiens.”Pour la Russie, les négociations d’Istanbul ne sont qu’une couverture, Poutine veut la guerre”, a cinglé le bras droit de Volodymyr Zelensky, Andriï Iermak, chef de l’administration présidentielle.”Voilà à quoi ressemble le +véritable désir de paix+ de Poutine”, a embrayé Rouslan Stefantchouk, le président de la Rada, le Parlement ukrainien.De son côté, l’armée russe a revendiqué la prise d’une nouvelle localité, Bagatyr, dans la région de Donetsk (est).Vendredi à Istanbul, les premiers pourparlers de paix entre Ukrainiens et Russes depuis 2022, n’ont pas abouti à une trêve entre les belligérants, pourtant réclamée par Kiev et ses alliés occidentaux.En l’absence d’avancée majeure obtenue –seul un échange de prisonniers a été conclu–, Donald Trump a déclaré samedi qu’il parlerait par téléphone lundi à Vladimir Poutine pour évoquer une fin à la guerre, avant d’échanger avec Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants d’Etats membres de l’Otan.Objectif de l’appel: “Mettre fin au +bain de sang+”, a déclaré sur sa plateforme Truth Social le président américain, qui depuis son retour à la Maison Blanche pousse Moscou et Kiev à cesser les combats.Cet échange téléphonique “est en préparation”, a confirmé samedi soir le Kremlin à l’agence d’Etat TASS.En l’état, comme l’a montré la réunion bilatérale de vendredi, sous médiation turque, qui a duré moins de deux heures, les positions des Russes et des Ukrainiens restent inconciliables.Le Kremlin maintient des revendications maximalistes: que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Otan, abandonne quatre de ses régions partiellement contrôlées par la Russie, en plus de la Crimée annexée en 2014, et que cessent les livraisons d’armes occidentales.L’Ukraine rejette fermement ces exigences, demandant que l’armée russe, qui occupe toujours près de 20% de son territoire, s’en retire. Ce dont Moscou n’a pas l’intention.Pour éviter une nouvelle invasion russe dans le futur, Kiev appelle aussi à des “garanties de sécurité” solides. Enfin, Volodymyr Zelensky, qui a assisté dans la matinée au Vatican à la messe inaugurale du nouveau pape Léon XIV, sera reçu dans la journée par le souverain pontife, qui a évoqué dimanche l'”Ukraine martyrisée” par l’invasion russe.

Ukraine: attaque record de drones russes, une femme tuée près de Kiev

La Russie a lancé dans la nuit de samedi à dimanche une attaque record de drones visant de nombreuses régions d’Ukraine, dont celle de la capitale, Kiev, où une femme a été tuée, selon les autorités ukrainiennes, deux jours après de premiers pourparlers de paix depuis 2022 qui n’ont pas abouti à une trêve. Cette salve d’attaques intervient à la veille d’un appel annoncé par le président américain Donald Trump avec son homologue russe Vladimir Poutine pour tenter de mettre fin au conflit qui a entraîné la mort de dizaines de milliers de personnes, civils et militaires confondus.Vendredi, les discussions de paix russo-ukrainiennes menées à Istanbul, les premières depuis le printemps 2022, ont mis en exergue le gouffre qui sépare les positions de Moscou – maximalistes – et celles de Kiev, dont l’armée souffre sur le front.Vladimir Poutine, qui s’exprimait publiquement dimanche pour la première fois depuis deux jours, a insisté à la télévision d’Etat vouloir “éliminer les causes” du conflit, “créer les conditions d’une paix durable” et “garantir la sécurité de l’État russe”.Son armée, qui bénéficie “d’assez de troupes et de moyens” pour mener à bien cet objectif d’après lui, occupe toujours près de 20% du territoire ukrainien qu’elle a envahi depuis février 2022.Dans la nuit de samedi à dimanche, la Russie “a attaqué avec 273 drones explosifs de type +Shahed+ et des leurres”, dont 88 ont été détruits, a indiqué au matin l’armée de l’air ukrainienne.- “Record” -Ce chiffre de 273 drones lancés est “un record”, a déploré la vice-Première ministre Ioulia Svyrydenko, assurant que “l’objectif de la Russie est clair: continuer à massacrer des civils”.”Une femme est morte de ses blessures à la suite d’une attaque ennemie” près de Kiev, a indiqué sur Telegram le responsable de l’administration militaire régionale, Mykola Kalachnyk.Il a fait état de trois blessés hospitalisés, dont un enfant de quatre ans.Cette attaque a notamment touché “un immeuble d’habitation”, ont dénoncé dans un communiqué les secours ukrainiens.Deux personnes ont par ailleurs été “blessées” dans une frappe de drone à Kherson (sud), selon les autorités municipales.- Zelensky au Vatican -Cette série d’attaques nocturnes venant de Russie a engendré une avalanche de condamnations de la part des responsables ukrainiens.”Pour la Russie, les négociations d’Istanbul ne sont qu’une couverture, Poutine veut la guerre”, a cinglé le bras droit de Volodymyr Zelensky, Andriï Iermak, chef de l’administration présidentielle.”Voilà à quoi ressemble le +véritable désir de paix+ de Poutine”, a embrayé Rouslan Stefantchouk, le président de la Rada, le Parlement ukrainien.De son côté, l’armée russe a revendiqué la prise d’une nouvelle localité, Bagatyr, dans la région de Donetsk (est).Vendredi à Istanbul, les premiers pourparlers de paix entre Ukrainiens et Russes depuis 2022, n’ont pas abouti à une trêve entre les belligérants, pourtant réclamée par Kiev et ses alliés occidentaux.En l’absence d’avancée majeure obtenue –seul un échange de prisonniers a été conclu–, Donald Trump a déclaré samedi qu’il parlerait par téléphone lundi à Vladimir Poutine pour évoquer une fin à la guerre, avant d’échanger avec Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants d’Etats membres de l’Otan.Objectif de l’appel: “Mettre fin au +bain de sang+”, a déclaré sur sa plateforme Truth Social le président américain, qui depuis son retour à la Maison Blanche pousse Moscou et Kiev à cesser les combats.Cet échange téléphonique “est en préparation”, a confirmé samedi soir le Kremlin à l’agence d’Etat TASS.En l’état, comme l’a montré la réunion bilatérale de vendredi, sous médiation turque, qui a duré moins de deux heures, les positions des Russes et des Ukrainiens restent inconciliables.Le Kremlin maintient des revendications maximalistes: que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Otan, abandonne quatre de ses régions partiellement contrôlées par la Russie, en plus de la Crimée annexée en 2014, et que cessent les livraisons d’armes occidentales.L’Ukraine rejette fermement ces exigences, demandant que l’armée russe, qui occupe toujours près de 20% de son territoire, s’en retire. Ce dont Moscou n’a pas l’intention.Pour éviter une nouvelle invasion russe dans le futur, Kiev appelle aussi à des “garanties de sécurité” solides. Enfin, Volodymyr Zelensky, qui a assisté dans la matinée au Vatican à la messe inaugurale du nouveau pape Léon XIV, sera reçu dans la journée par le souverain pontife, qui a évoqué dimanche l'”Ukraine martyrisée” par l’invasion russe.