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Japon: après les attaques d’ours, leur viande s’invite dans des restaurants

Une viande “juteuse et savoureuse”: à l’heure où le Japon tente de réduire le nombre d’ours après une série d’attaques meurtrières, Koji Suzuki cuisine des morceaux grillés de l’animal, peinant à satisfaire les nombreux gourmets curieux.La viande, mijotée en fondue avec des légumes sauvages, provient d’ours abattus avec l’aval des autorités pour endiguer les attaques qui ont fait un nombre record de 13 morts à travers l’archipel cette année. L’établissement de M. Suzuki, situé dans l’agglomération vallonnée de Chichibu près de Tokyo, sert également du cerf et du sanglier, mais la popularité de ses plats d’ours a explosé après des mois d’incidents largement médiatisés: plantigrades s’introduisant dans des maisons, rôdant près des écoles, semant la panique dans des supermarchés…”Avec toutes ces informations sur les ours, le nombre de clients qui veulent en manger a beaucoup augmenté”, explique Koji Suzuki, 71 ans, également chasseur. “Il vaut mieux utiliser sa viande dans un restaurant comme celui-ci plutôt que d’enterrer” sa carcasse, estime-t-il.Son épouse Chieko, qui gère le restaurant, affirme refuser régulièrement des clients, mais reste discrète sur l’ampleur de la fréquentation supplémentaire.Takaaki Kimura, compositeur de 28 ans qui a, de haute lutte, réussi à obtenir une table, goûte la viande d’ours pour la première fois, avec un plaisir non dissimulé.”C’est tellement juteux, et plus on mâche, plus c’est savoureux!”, lance-t-il en souriant, assis autour d’une marmite avec des amis.- Rupture de stock -En abattant les ours – qui peuvent peser une demi-tonne et courir plus vite qu’un homme – les autorités espèrent endiguer la menace dans certaines régions du nord du Japon.Le nombre de victimes d’attaques décédées cette année est déjà deux fois supérieur au précédent record annuel, alors qu’il reste encore quatre mois d’ici la fin de l’exercice nippon qui s’achèvera fin mars.Les scientifiques attribuent le phénomène à une population d’ours en forte croissance, une pénurie de nourriture et le dépeuplement humain de certaines régions. Pour réagir, Tokyo a déployé des militaires et des unités de policiers anti-émeutes. Le nombre de 9.100 ours tués sur l’année 2023-2024 a déjà été dépassé en six mois.Parallèlement, les autorités espèrent que la viande pourra devenir une source de revenus pour les villages ruraux. “Il est important de transformer ces nuisibles en quelque chose de positif”, a insisté le ministère de l’Agriculture plus tôt en décembre. Les autorités locales recevront 100 millions d’euros pour contrôler les populations d’ours et promouvoir une consommation “durable”.Certains restaurateurs n’ont guère besoin d’être convaincus, à l’instar de Katsuhiko Kakuta, 50 ans, qui dirige depuis 2021 un restaurant dans le département d’Aomori (nord), l’une des régions les plus touchées par les attaques.Il affirme avoir écoulé tout son stock de viande d’ours plus tôt ce mois-ci: “Cette année, notre établissement a beaucoup attiré l’attention, surtout après qu’un influenceur a parlé de nous”.- “Ressource touristique” -À Sapporo, sur l’île septentrionale de Hokkaido, le chef Kiyoshi Fujimoto propose à présent de la viande d’ours dans son restaurant français chic.”Davantage de gens veulent y goûter, et j’ai fait des réserves”, déclare-t-il à l’AFP. “La plupart des gens qui en mangent disent que c’est délicieux!”.Les ours bruns ne vivent qu’à Hokkaido, où leur population a doublé en l’espace de trois décennies pour dépasser 11.500 individus en 2023. Les ours noirs sont eux communs dans une grande partie du pays.Mais l’an dernier, le gouvernement a ajouté les ours à la liste des animaux soumis à un contrôle démographique, revenant sur une protection qui avait favorisé leur prolifération. La région prévoit d’en abattre 1.200 par an durant la prochaine décennie.Pour autant, une grande partie de la chair des ours abattus est souvent perdue, notamment à cause du manque d’installations agréées pour sa transformation.Le Japon compte 826 abattoirs spécialisés dans le gibier, mais seulement quelques-uns dans les départements du nord les plus touchés par les attaques. L’établissement de Katsuhiko Kakuta dispose de sa propre boucherie, laquelle fournit du curry d’ours et d’autres plats sur un marché fermier et à un hôtel voisin.”La viande d’ours est une ressource touristique pour nous”, dit-il. “Nous utilisons quelque chose qui, autrement, serait enterré comme un déchet.”

L’Hérault encore sous l’eau, un épisode neigeux attendu en Ardèche et dans la Drôme

L’Hérault, qui amorce une décrue mercredi avec la fin des précipitations, est désormais placé en vigilance orange pour crues par Météo-France.Dans son bulletin de 10H00, les prévisionnistes de l’établissement public ont par ailleurs maintenu l’Ardèche et la Drôme en vigilance orange neige-verglas jusqu’à jeudi matin.Le département de l’Hérault avait été placé en vigilance rouge lundi pour des crues exceptionnelles, notamment sur le fleuve du même nom, en raison de fortes précipitations qui ont provoqué notamment une montée des eaux d’une ampleur inédite depuis 1997 à Agde. “L’Hérault aval a amorcé sa décrue cependant les niveaux restent encore hauts avec encore de nombreux axes coupés”, indique le dispositif Vigicrue.Sur le secteur d’Agde, la décrue “est lente”, précisent les prévisionnistes. Des débordements importants et dommageables vont perdurer, ajoutent-ils.Dans le département, près de 1.400 clients sont encore privés d’électricité notamment à Palavas-les-Flots, selon le dernier comptage d’Enedis à 08h30.”De nombreuses installations électriques étant toujours sous l’eau, les interventions ne pourront reprendre que lorsque la décrue sera suffisamment avancée, afin de garantir la sécurité des équipes et des habitants”, précise le gestionnaire du réseau qui a mobilisé une centaine de salariés. A Agde, le niveau du fleuve Hérault a atteint un seuil haut –plateau- de 3,55 m lundi à 20H00. Il faut remonter au 20 décembre 1997 pour observer en Agde une crue s’élevant à 3,92m, selon le site Vigicrue.En Aveyron, touché par un épisode neigeux exceptionnel, quelque 6. 500 foyers sont toujours privés d’électricité, principalement dans le centre du département, selon Enedis mercredi matin.Une perturbation neigeuse va traverser la région Auvergne-Rhône-Alpes d’est en ouest dans la nuit de mercredi à jeudi et va apporter des chutes de neige en “quantités notables”, selon les prévisions de Météo-France. Les chutes de neige pourraient atteindre 5 centimètres en plaine, davantage sur les hauteurs, rendant la circulation difficile en cette période de fêtes. Des pluies verglaçantes sont également possibles dans le sud des départements concernés.

Appels à évacuer à Los Angeles face au risque d’inondations pour Noël

Les autorités de Los Angeles ont ordonné l’évacuation de centaines de personnes en raison du risque de dangereuses inondations posé par les pluies torrentielles attendues sur la Californie mercredi lors du réveillon de Noël.Un énorme couloir de pluies dit “rivière atmosphérique”, transportant de la vapeur d’eau emmagasinée dans les tropiques, doit traverser le sud de …

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Aux temples d’Angkor, la “peur” du conflit avec la Thaïlande fait chuter la fréquentation

Bordées de statues majestueuses, les allées du temple d’Angkor Wat, fierté du Cambodge, sont inhabituellement clairsemées à cette période de l’année. Le conflit à la frontière avec la Thaïlande, à moins de deux heures de route, fait “peur” à certains touristes.Bun Ratana court après les clients autour des vestiges centenaires de l’empire khmer, lentement grignotés …

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Murree, la brasserie historique du Pakistan, se réjouit d’avoir obtenu une licence d’exportation

Un arôme capiteux de malt et de levure de bière flotte dans la plus ancienne et grande brasserie du Pakistan, qui se prépare à s’agrandir à la faveur d’une autorisation de vendre à l’étranger après près de 50 ans d’interdiction.Fondée en 1860 pour étancher la soif des soldats britanniques et de la communauté coloniale, Murree …

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La cyberattaque contre La Poste perd en intensité à deux jours de Noël

La cyberattaque, revendiquée par des hackers prorusses, qui a touché La Poste à quelques jours de Noël était “toujours en cours” mardi soir, mais avait “perdu en intensité”, selon l’opérateur postal.Le parquet de Paris a indiqué à l’AFP qu’il avait ouvert une enquête “pour des faits d’entrave au fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données”, confiée à l’Unité nationale cyber (UNC) et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). L’attaque informatique est survenue lundi, au début de la première semaine des fêtes de fin d’année, période la plus dense pour La Poste. Sur les deux derniers mois de l’année, le groupe trie et distribue 180 millions de colis.”La distribution des colis et des courriers s’est déroulée normalement aujourd’hui (mardi)”, malgré “ce contexte difficile”, a signalé le groupe dans un message envoyé à l’AFP à 19H30.Mardi matin, le ministre de l’Economie Roland Lescure avait souligné sur BFMTV/RMC que “la priorité des priorités”, c’était “de faire en sorte que les colis arrivent à temps pour Noël”.Dans un bureau de poste du 2e arrondissement de Paris, l’AFP a constaté que le service n’était que marginalement perturbé mardi. La réception des colis était assurée et le courrier distribué. Seul le suivi des colis sur internet restait inopérant.Au comptoir, Monique Petit, 69 ans, un paquet sous le bras à destination de Nantes, s’estimait “peu inquiète” concernant l’acheminement de son colis. “Tout a l’air de fonctionner normalement. C’est un cadeau de Noël pour ma fille, j’espère qu’elle l’aura dans les prochains jours”, a-t-elle expliqué. “On m’a indiqué que le suivi de colis ne fonctionne pas, mais je passerai un coup de téléphone pour savoir s’il est arrivé”, a-t-elle ajouté.- Hackers prorusses ? -“L’accès à nos services en ligne s’est globalement amélioré dans la journée (mardi), avec une instabilité plus marquée sur laposte.fr.”, selon le dernier point de situation de l’entreprise à 19H30.Concernant La Banque postale, “des ralentissements” ont pu être observés “dans certaines circonstances”, mais les opérations bancaires en bureau de poste ont “normalement fonctionné”, a précisé le groupe.Des difficultés demeuraient néanmoins dans “l’accessibilité (des) centres d’appel”. La Poste, qui a déposé plainte mardi, avait assuré lundi qu’aucune donnée sensible n’avait été volée, évoquant un incident de type “déni de service”. Ces attaques informatiques consistent à surcharger des sites web et des applications par des requêtes ciblées de telle sorte qu’ils ne soient plus accessibles.Le parquet a confirmé que le groupe de hackers prorusses NoName057(16), responsable de multiples attaques visant principalement l’Ukraine mais aussi ses alliés dont la France, avait revendiqué l’attaque.Mais cette revendication ne mentionne que le nom de domaine “lidentite.numerique.laposte.fr” dont l’accès n’était pas perturbé dans l’après-midi, a constaté l’AFP.Le chercheur en cybersécurité Baptiste Robert a appelé sur son compte X à la prudence quant à cette revendication “tardive”, rappelant qu’il était “habituel de voir des revendications opportunistes” par des groupes cherchant la lumière médiatique.meh-llb-fbe-alh/ved/er

Fin de la vigilance rouge crues dans l’Hérault, un épisode neigeux attendu en Ardèche et dans la Drôme

Météo-France a abaissé mercredi le niveau de vigilance pour crues de rouge à orange dans l’Hérault, la décrue devant se poursuivre dans la journée faute de nouvelles précipitations.Dans son bulletin de 06H00, le prévisionniste a par ailleurs annoncé que l’Ardèche et la Drôme passeraient en vigilance orange neige-verglas mercredi soir.Le département de l’Hérault avait été placé en vigilance rouge lundi pour des crues exceptionnelles, notamment sur le fleuve du même nom, en raison de fortes précipitations qui ont provoqué notamment une montée des eaux d’une ampleur inédite depuis 1994 à Agde. Selon le dernier bulletin de Météo-France, l’Hérault reste toutefois en vigilance orange pour risque de crues, tandis que dix autres départements demeurent en vigilance jaune pour le même phénomène.”Les conditions sont désormais plus favorables à une baisse progressive des niveaux, mais la prudence reste de mise dans les zones encore impactées”, souligne Météo-France, qui précise sur son site Vigicrues que des “débordements dommageables seront encore observés ce mercredi”, dans le secteur d’Agde.Sur la commune d’Agde, le niveau du fleuve Hérault a atteint un seuil haut –plateau- de 3,55 m lundi à 20H00. Il faut remonter à novembre 1994 pour observer en Agde une crue aval similaire, a indiqué la préfecture.A 6H30 mercredi, le niveau était redescendu à 3,22 m et  Vigicrues prévoit un nouveau recul à 3,10 m à 10H.Parallèlement, un épisode neigeux est attendu dans la vallée du Rhône et en Auvergne-Rhône-Alpes.Météo-France prévoit de placer l’Ardèche et la Drôme en vigilance orange pour neige et verglas entre 18H mercredi et 6H jeudi.Une perturbation active traversera la région dans la nuit de mercredi à jeudi, générée par le conflit entre l’air froid venu du nord et l’air doux et humide remontant de Méditerranée. Les chutes de neige pourraient atteindre 5 centimètres en plaine, davantage sur les hauteurs, rendant la circulation difficile en cette période de fêtes. Des pluies verglaçantes sont également possibles dans le sud des départements concernés.

Régulation de la tech: Washington sanctionne des Européens, dont Thierry Breton

L’administration Trump a annoncé mardi des sanctions visant cinq personnalités européennes engagées pour une stricte régulation de la tech et contre la désinformation en ligne, dont un ancien commissaire européen, le Français Thierry Breton, qui a dénoncé un “vent de maccarthysme”.Les agissements de ces personnes, qui se voient interdites de séjour aux Etats-Unis, s’apparentent à de la “censure” au détriment des intérêts américains, a justifié le département d’Etat.”Depuis trop longtemps, les idéologues européens mènent des actions concertées pour contraindre les plateformes américaines à sanctionner les opinions américaines auxquelles ils s’opposent”, a fustigé le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, sur X.”L’administration Trump ne tolérera plus ces actes flagrants de censure extraterritoriale”, a-t-il ajouté, dénonçant “un complexe industriel mondial de la censure”.Parmi les personnes concernées figure le Français Thierry Breton, ancien ministre et artisan de la directive européenne sur les services numériques, qui a été commissaire au Marché intérieur de 2019 à 2024, avec de larges compétences en particulier sur les dossiers numériques et industriels.Il a dénoncé sur X un “vent de maccarthysme” aux Etats-Unis, en référence à la chasse aux sorcières anticommuniste menée par le sénateur américain Joseph McCarthy dans les années 1950.”Pour rappel : 90% du Parlement européen – démocratiquement élu – et les 27 États membres à l’unanimité ont voté le DSA”, la législation européenne sur le numérique, a-t-il souligné. “À nos amis américains : +La censure n’est pas là où vous le pensez+”, a-t-il conclu.Jean-Noël Barrot, le chef de la diplomatie française, a affirmé sur X également que “les peuples de l’Europe sont libres et souverains et ne sauraient se faire imposer par d’autres les règles s’appliquant à leur espace numérique”.Les quatre autres personnes sanctionnées sont des représentants d’ONG luttant contre la désinformation et la haine en ligne au Royaume-Uni et en Allemagne: Imran Ahmed, qui dirige le Center for Countering Digital Hate (CCDH), Clare Melford, à la tête d’un index de la désinformation (GDI) basé au Royaume-Uni, ainsi que Anna-Lena von Hodenberg, fondatrice de HateAid, une ONG allemande, et Josephine Ballon, de la même association.Les Européens n’ont généralement pas besoin de visa pour se rendre aux États-Unis, mais doivent toutefois obtenir une autorisation électronique de voyage (ESTA).- L’Europe dans le collimateur -Le président américain Donald Trump mène une offensive d’envergure contre les règles de l’Union européenne sur la tech qui imposent aux plateformes des régulations, comme le signalement de contenus problématiques, jugées par les Etats-Unis comme une atteinte à la liberté d’expression.L’UE dispose, de fait, de l’arsenal juridique le plus puissant au monde pour réguler le numérique.Washington a notamment très mal pris l’amende de 140 millions de dollars infligée par l’UE début décembre à X, le réseau social du milliardaire Elon Musk, décrite par Marco Rubio comme une “attaque contre toutes les plateformes technologiques américaines et le peuple américain par des gouvernements étrangers”. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a l’Europe dans le collimateur.Dans sa nouvelle Stratégie de sécurité nationale, publiée récemment, qui parle d’un “effacement civilisationnel” de l’Europe, Washington cible pêle-mêle les instances européennes “qui sapent la liberté politique et la souveraineté”, les politiques migratoires ou encore “l’effondrement des taux de natalité” sur le Vieux continent.Dès février dernier, le vice-président américain, JD Vance, avait consterné les Européens lors d’un discours à Munich dans lequel il avait affirmé que la liberté d’expression “reculait” sur le continent, épousant les vues des partis d’extrême droite comme l’AfD, en Allemagne.En mai, le secrétaire d’Etat américain avait déjà annoncé des restrictions de visas pour les étrangers accusés de “censurer les Américains”, affirmant que la liberté d’expression était “essentielle au mode de vie américain”.Par ailleurs, un récent mémo du département d’Etat, cité dans la presse américaine, évoque de nouvelles consignes du gouvernement américain visant à restreindre les visas pour des personnes travaillant dans la tech (les visas H-1B), notamment spécialisées dans la modération de contenu.Le Réseau international de vérification des faits (IFCN, International fact-checking network), basé aux Etats-Unis et qui rassemble plus de 170 entités travaillant sur la vérification des faits et la lutte contre la désinformation, avait exprimé sa “profonde préoccupation” à ce sujet. L’AFP en fait partie au titre de ses activités internationales de fact-checking.

Le Parlement algérien vote sur un texte qualifiant la colonisation française de “crime d’Etat”

Le Parlement algérien se prononce mercredi sur une proposition de loi qualifiant la colonisation française (1830-1962) de “crime d’Etat” et réclamant à la France “des excuses officielles”, au moment où les deux pays restent englués dans une crise majeure.Le texte, dont l’AFP a obtenu une copie et qui devrait sauf surprise être adopté, demande également …

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Le Parlement algérien vote sur un texte qualifiant la colonisation française de “crime d’Etat”

Le Parlement algérien se prononce mercredi sur une proposition de loi qualifiant la colonisation française (1830-1962) de “crime d’Etat” et réclamant à la France “des excuses officielles”, au moment où les deux pays restent englués dans une crise majeure.Le texte, dont l’AFP a obtenu une copie et qui devrait sauf surprise être adopté, demande également des indemnisations et fait porter à l’Etat français “la responsabilité juridique de son passé colonial en Algérie et des tragédies qu’il a engendrées”.Si elle était approuvée, la loi aurait une forte portée symbolique. Mais son effet concret sur des demandes de compensation semble limité.Cette proposition de loi est “un acte souverain par excellence”, a affirmé ce week-end le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Brahim Boughali, cité par l’agence APS.Elle est “un message clair, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, (selon lequel) la mémoire nationale algérienne n’est ni effaçable, ni négociable”, a-t-il dit.Interrogé la semaine dernière sur ce vote, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a indiqué ne pas faire de commentaires “s’agissant de débats politiques qui se passent dans les pays étrangers”.- “Rupture” -Pour Hosni Kitouni, chercheur en histoire de la période coloniale à l’université britannique d’Exeter, “juridiquement, cette loi n’a aucune portée internationale et ne peut donc obliger la France”.”Sa portée juridique est exclusivement interne”, juge-t-il.Mais “la portée politique et symbolique est importante: elle marque un moment de rupture dans le rapport mémoriel avec la France”, estime-t-il.La question de la colonisation française en Algérie demeure l’une des principales sources de tensions entre Paris et Alger. La conquête de l’Algérie, à partir de 1830, a été marquée par des tueries massives et la destruction de ses structures socio-économiques ainsi que par des déportations à grande échelle selon des historiens. De nombreuses révoltes ont été réprimées avant une sanglante guerre d’indépendance (1954-1962) qui a fait 1,5 million de morts algériens selon l’Algérie, 500.000 dont 400.000 Algériens selon les historiens français.En 2017, Emmanuel Macron, alors candidat à la présidentielle française, avait déclaré que la colonisation de l’Algérie était “un crime contre l’humanité”. “Ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes”, avait-il dit.Après la publication d’un rapport de l’historien français Benjamin Stora en janvier 2021, M. Macron s’était engagé à des “actes symboliques” pour tenter de réconcilier les deux pays, mais en excluant cette fois des “excuses”.Il avait ensuite provoqué un tollé en Algérie en s’interrogeant selon Le Monde sur l’existence d’une nation algérienne avant la colonisation.Le vote intervient au moment où Paris et Alger restent empêtrés dans une crise diplomatique, à la suite de la reconnaissance à l’été 2024 par la France d’un plan d’autonomie “sous souveraineté marocaine” pour le Sahara occidental.Plusieurs épisodes ont depuis aggravé les tensions, comme la condamnation et l’incarcération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, finalement gracié à la faveur d’une intervention allemande.- Essais nucléaires -La proposition de loi affirme qu'”une indemnisation complète et équitable pour tous les dommages matériels et moraux engendrés par la colonisation française est un droit inaliénable pour l’Etat et le peuple algériens”.Selon le texte, l’Etat algérien s’emploiera à réclamer à la France qu’elle décontamine les sites des essais nucléaires.Entre 1960 et 1966, la France a procédé à 17 essais nucléaires sur plusieurs sites dans le Sahara algérien. Le texte réclame également la restitution de l’ensemble des biens transférés hors d’Algérie, y compris les archives nationales.Enfin, il prévoit des peines de prison et une interdiction des droits civiques et politiques pour toute personne “promouvant” la colonisation ou niant qu’elle soit un crime.La criminalisation de la colonisation française a été mise sur la table à plusieurs reprises par le passé en Algérie, sans aboutir jusqu’ici.