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Turquie: le chef de la guérilla kurde veut toujours croire à une “nouvelle ère”

Le chef de la guérilla kurde du PKK Abdulah Öcalan veut toujours croire à “l’ouverture d’une nouvelle ère politique” en Turquie, un an après avoir appelé son mouvement à se dissoudre, mais appelle l’Etat à agir.Dans un discours lu en son nom, sous son portrait, par une responsable du parti prokurde DEM à Ankara à …

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Au Royaume-Uni, avertissement pour le Labour au pouvoir après la victoire électorale des Verts

La victoire des Verts lors d’une législative partielle au Royaume-Uni dans un bastion historique du Labour sonne vendredi comme un avertissement pour le Premier ministre Keir Starmer, fragilisé sur sa gauche alors qu’il subit déjà la montée du parti anti-immigration Reform UK à droite.Ce résultat témoigne aussi de l’affaiblissement de la domination des travaillistes et …

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Vingt ans de réclusion requis contre les deux auteurs de la campagne de haine visant Samuel Paty

Le parquet général a requis vendredi en appel 20 ans de réclusion criminelle contre les deux auteurs d’une campagne de haine contre Samuel Paty, lancée avant sa décapitation par un jihadiste tchétchène pour avoir montré des caricatures du Prophète lors d’un cours sur la liberté d’expression. Brahim Chnina, 54 ans, et le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, sont rejugés depuis fin janvier par la cour d’assises spéciale de Paris pour cette cabale en ligne ciblant le professeur d’histoire-géographie qui ne s’était arrêtée qu’avec son assassinat par Abdoullakh Anzorov le 16 octobre 2020 près du collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). L’accusation a demandé d’assortir la peine d’une période de sûreté des deux tiers, durant laquelle aucun aménagement de peine ne sera possible. Les deux hommes, qui encourent 30 ans d’emprisonnement, avaient interjeté appel de leur condamnation en première instance à 13 et 15 années de réclusion criminelle. Le parquet général doit désormais prendre ses réquisitions contre deux proches d’Anzorov, un jihadiste de 18 ans qui, après le crime, avait été abattu par la police qu’il menaçait.Condamnés en première instance à 16 ans de réclusion criminelle, Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans, encourent la perpétuité.”On ne reproche pas à Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui des actes préparatoires à l’attentat commis par Anzorov. Ce qu’on leur reproche, c’est des actes préparatoires à tous les Anzorov potentiels”, déclare une des deux avocates générales. Leur action et la désignation d’une cible ne peut être mise sous le coup de l’impulsion vite réprimée: elle “dure dix jours, du 7 octobre au 16 octobre”, relève la magistrate, dans un réquisitoire minutieux, s’employant, point par point, à priver d’oxygène la défense qui doit plaider vendredi et samedi.La cabale en ligne a semé au collège une “terreur” qui “était là avant même l’entrée en scène du terroriste Anzorov”: “C’est cette phase-là que vous avez à juger en ce qui concerne les deux accusés Abdelhakim Sefrioui et Brahim Chnina”, poursuit la magistrate.Selon elle, ils étaient passibles de poursuites avant même que l’attentat ne soit commis: “On leur reproche eux d’avoir créé les conditions d’un passage à l’acte terroriste.” – Enseignants traumatisés -“Jamais un dossier de terrorisme n’aura revêtu autant d’enjeux sociétaux”, poursuit-elle, insistant sur l’importance de protéger l’école, “fondement de la République”. Le crime a traumatisé la communauté enseignante et avait jeté l’effroi dans un pays alors sous tension: au moment des faits, Al-Qaïda venait de menacer de nouveau la France après la republication de ses caricatures par Charlie Hebdo à l’occasion du procès des attentats de janvier 2015. Et le 25 septembre, deux personnes avaient été blessées lors d’une attaque jihadiste devant les anciens locaux parisiens de l’hebdomadaire.Les deux hommes, qui ne connaissaient pas Anzorov, affirment n’avoir ni conscience de l’assassinat à venir ni intention qu’il advienne. Ils disent également n’avoir pas été mus par la question du blasphème et des caricatures, qu’avait invoquée Anzorov dans la revendication de son crime. Brahim Chnina a invoqué le sentiment d’injustice d’un père à qui sa fille avait dit avoir dû quitter la classe parce que Samuel Paty aurait fait sortir les musulmans au moment de montrer les caricatures. C’était un mensonge: exclue pour indiscipline, elle n’assistait pas à ce cours. Quant à Abdelhakim Sefrioui, qui avait contacté Brahim Chnina au début de la campagne en qualité revendiquée de représentant du Conseil des imams de France, il n’aurait été animé que par son combat contre la discrimination et sa conviction que le professeur avait stigmatisé les élèves musulmans. Une ligne de défense, balayée par l’accusation: “On est bien sur la question du blasphème”, tranche l’avocate générale, rappelant témoignages et propos passés des deux accusés.   Si Brahim Chnina a exprimé sa “honte” et ses regrets, cela n’a pas été le cas d’Abdelhakim Sefrioui: entre deux digressions théologico-politiques, il s’est posé en héraut des droits des musulmans, livrés à la “vindicte” publique par les autorités françaises avec la complicité de “médias aux ordres”. Vendredi, secouant parfois la tête ou esquissant un sourire ironique, l’ancien dirigeant du Collectif Cheikh Yassine, du nom du fondateur du Hamas palestinien, militant depuis plus de trois décennies, a écouté l’avocate générale le décrire en “manipulateur”, qui serait intervenu en croyant déceler une occasion “de relancer sa carrière d’islamiste politique qui était en déshérence”. Le verdict est attendu lundi. 

“Epstine”: Mélenchon à nouveau accusé d’antisémitisme

Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a réveillé le procès latent en antisémitisme qui lui est fait, après avoir ironisé sur la prononciation du nom “Epstein” jeudi à Lyon. Ce qu’il a vigoureusement réfuté, accusant ses contempteurs de nourrir “délibérément la violence contre LFI”.Au cours d’un meeting de soutien à la candidate insoumise aux municipales à Lyon, Anaïs Belouassa-Cherifi, le triple candidat à la présidentielle s’est fendu, entre attaque des médias et défense du groupe anti-fasciste Jeune Garde, d’une incidente sur l’affaire du criminel sexuel new-yorkais Jeffrey Epstein, qui éclabousse responsables politiques et économiques du monde entier. “Je voulais dire +Epstine+ pardon, ça fait plus russe +Epstine+”, a-t-il lancé. “Alors maintenant, vous direz Epstine au lieu d’Epstein, Frankenstine au lieu de Frankenstein”, a-t-il poursuivi avant d’ajouter: “eh bien voilà, tout le monde comprend comment il faut faire”, devant une salle hilare.Ce n’était pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon ironisait en meeting sur la prononciation du nom du criminel sexuel depuis la publication des dossiers Epstein.Mais cette fois, les condamnations ont immédiatement fusé.Le président du Crif, Yonathan Arfi, a rappelé sur X qu'”un élève de 5ème sait qu’en anglais, +Epstein+ se prononce +Epstine+. Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain… à l’américaine”. “Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents antisémites”, a-t-il ajouté. “Toutes les limites ont été franchies par Jean-Luc Mélenchon (…) L’antisémitisme est une monstruosité”, a dénoncé l’ancien Premier ministre et patron du parti présidentiel Renaissance Gabriel Attal, tandis que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui vient de classer LFI à l’extrême gauche pour les prochaines municipales, a dénoncé des “propos abjects”.”C’était il y a 15 jours”, a pour sa part réagi Emmanuel Macron en repartageant un de ses discours tenu au milieu du mois où il ciblait “l’antisémitisme d’extrême gauche”. Le président du Rassemblement national Jordan Bardella, dont le parti s’est engagé dans une dédiabolisation au détriment des Insoumis qui multiplient les polémiques, a dénoncé un meeting “brutal, qui fait froid dans le dos, aux relents ouvertement antisémites”.  – “Dégoût” -Même chez les anciens alliés de gauche de LFI au sein du NFP, la sortie a indigné. “Est antifasciste celui qui combat le fascisme, pas celui qui en réutilise les ressorts les plus dangereux”, a tweeté le premier secrétaire du PS Olivier Faure. Il faisait référence dans le même temps aux prises de positions de Jean-Luc Mélenchon qui a continué jeudi soir à défendre son député Raphaël Arnault pourtant fondateur du groupe antifa “La Jeune Garde” impliqué dans le meurtre du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon. “Non mais ça va pas non ! Vraiment, rien ne va dans ces propos. Rien. Ça suffit maintenant”, s’est encore exclamé la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, quand l’eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann estimait que “Jean-Luc Mélenchon et ses sbires s’essuient les pieds sur tous les principes qui ont structuré la gauche républicaine française”.Devant cette avalanche de condamnations, le leader insoumis a réagi en réfutant tout antisémitisme et en renvoyant l’attaque sur ses adversaires. “J’ai ironisé sur la volonté de vouloir faire avec +Epstine+ un nom pour +russifier+ le problème. Consternante réaction de ceux qui y voient de l’antisémitisme”, a-t-il déclaré sur X, y notant une manière de “susciter délibérément la violence contre LFI”. Pour lui, “l’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet”. “Au contraire j’ai longuement expliqué dans mon discours pourquoi il fallait tenir la religion loin de la politique”, a-t-il insisté.”Les Insoumis ont, les premiers, dénoncé les instrumentalisations antisémites de l’affaire Epstein”, a abondé son premier lieutenant Manuel Bompard qui a dénoncé “une cabale” contre le mouvement de gauche radicale. Les accusations d’antisémitisme, ou d’ambivalence sur la question, se multiplient contre Jean-Luc Mélenchon, notamment depuis les attaques du 7-Octobre en Israël.Comme quand il avait estimé que l’antisémitisme était “résiduel” en France en 2024 alors que les attaques contre la communauté juive étaient en très nette augmentation dans le pays. Il avait alors fait valoir la polysémie du mot, qui dans un sens figuré veut aussi dire “persistant”. Ou comme quand il avait ciblé son ancien protégé, le député socialiste Jérôme Guedj, issu d’une famille juive séfarade, en évoquant de manière ambiguë “la laisse de ses adhésions”.Jean-Luc Mélenchon a plusieurs fois fermement nié ces accusations. Les Insoumis rappellent régulièrement qu’aucun élu de leur mouvement n’a été condamné par la justice pour des propos antisémites. 

Soupçons de traite des femmes: la justice sur les traces des Al-Fayed, du Ritz à la Côte d’Azur

Derrière le faste du Ritz époque Mohamed Al-Fayed et le clinquant des yachts, le piège? La justice française enquête depuis l’été dernier sur un vaste système présumé de traite de femmes, dont les ressorts rappellent, selon des avocates, l’affaire Epstein.Plusieurs femmes ont été auditionnées à Paris, dont Kristina Svensson, employée par l’hôtel 5 étoiles Le Ritz, à Paris, pour être l’assistante en France de Mohamed Al-Fayed de 1998 à 2000. “A chaque fois qu’il me voyait, il m’agressait”, affirme-t-elle dans un entretien avec l’AFP.L’Egyptien Mohamed Al-Fayed, décédé en 2023, détenait le grand magasin de luxe londonien Harrods, le club de football londonien de Fulham et le Ritz. Il n’a jamais été poursuivi de son vivant.Mi-février, “154 victimes” avaient témoigné, selon la police londonienne. Mais le travail des Britanniques sur ces agissements, qui auraient duré plus de 35 ans, entre 1977 et 2014, est vivement critiqué par des plaignantes.Et des femmes ont récemment décidé de placer leurs espoirs dans la justice parisienne, pour faire la lumière sur ce réseau qui se serait aussi étendu en France.Rachael Louw avait 23 ans quand elle a été envoyée sur la Côte-d’Azur – dans le sud-est de la France – sur le yacht de Salah Fayed, frère de Mohamed Al-Fayed, décédé en 2010. Elle a été entendue le 10 février dernier par l’office français spécialisé dans la répression de la traite des êtres humains, l’OCRTEH.Cette mère de famille de 54 ans confie à l’AFP son “soulagement”: “La justice française avance beaucoup plus vite et ne minimise pas ce qui nous est arrivé, à la différence des enquêteurs au Royaume-Uni.” En ouvrant notamment, à l’été 2025, une enquête pour traite d’êtres humains aggravée, proxénétisme et viols, le parquet de Paris “montre qu’il considère les agressions dans leur ensemble et qu’il n’a pas peur de s’attaquer à un système organisé”.- “Bonne à consommer” – Rachael Louw était vendeuse chez Harrods quand Mohamed Al-Fayed l’a “repérée” dans les rayons.A l’été 1994, Rachael Louw a une visite “préalable à (son) recrutement au bureau du président de Harrods”. Examen pelvien, frottis, “contrôle mammaire approfondi”, test VIH: le rendez-vous a largement excédé l’examen classique.Et n’est pas resté confidentiel. Dans son compte rendu adressé à Harrods que l’AFP a pu consulter, le médecin a précisé que Rachael avait récemment perdu sa mère, prenait la pilule, avait un petit ami, que son hygiène personnelle était “excellente”…”C’est un médecin qui accepte d’envoyer des renseignements confidentiels pour donner des armes au violeur”, accuse l’ancienne juge d’instruction et aujourd’hui avocate Eva Joly, qui assiste Rachael Louw et Kristina Svensson, avec ses consoeurs Caroline Joly et Agathe Barril. “Ces jeunes femmes étaient comme de la viande, dont on veut savoir si elle est bonne à consommer”, abonde Caroline Joly.Pour Rachael Louw, la justice française “a posé les mots justes” sur ces examens, en les considérant comme de possibles viols.Après ce criblage médical, plusieurs rencontres ont été organisées avec Salah Fayed dans sa résidence londonienne de Park Lane. Rachael Louw affirme qu’il l’y a droguée une fois, avec “un mix de crack et de cocaïne”, et agressée sexuellement.Rachael Louw s’est alors sentie “piégée”. Mais “comme Salah Fayed n’a pas recommencé”, elle a “cru que cela irait” et a accepté une offre: devenir son assistante en France. – “Comme une torture” -Quand elle y est envoyée en avion privé, son passeport lui est confisqué. Sur le yacht du milliardaire, “rien” ne ressemble alors au travail d’assistante pour lequel elle a signé.”Je m’attendais à organiser les journées de Salah Al-Fayed, mais on attendait juste de moi que je sois constamment avec lui”. Rachael Louw figure notamment, auprès de Salah Fayed, lors de dîners. Avec des invités, âgés et fortunés, accompagnés de “jeunes filles”. “Il y avait beaucoup de contacts physiques”.Isolée sur ce yacht, où le personnel avait “interdiction de lui parler”, elle parvient à contacter son petit ami, employé chez Harrods. “Ils l’ont su et il a été licencié”, affirme-t-elle.Une nuit, Salah Fayed “entre dans son lit”. “Je me suis réveillée et j’ai dit: +Que faites-vous?+ Et il m’a répondu: +Je me sens seul.+ Je suis restée pétrifiée toute la nuit, sans dormir. C’était comme une torture. J’étais terrifiée qu’il puisse interpréter un mouvement comme une invitation à me toucher.”Un autre jour, Salah Fayed l’a emmenée au large de Saint-Tropez, sur le yacht de Mohamed. “Il y avait une fille rousse, qui avait l’air plus jeune que moi. Mohamed l’a embrassée. Il m’a demandé d’arrêter de les regarder et je ne me souviens plus de rien après. Si j’ai été droguée ou non, je ne peux pas l’affirmer avec certitude”, frissonne Rachael Louw.La jeune femme a senti l’étau se refermer encore davantage quand Salah Fayed lui a annoncé qu’il comptait l’emmener sur un nouveau hors-bord. “Il n’y avait qu’une seule chambre… J’ai su que si j’allais sur ce bateau, rien de bon n’arriverait.”Paniquée, elle appelle Air France pour réserver un siège sur le premier vol. Salah Fayed manifeste “une grande colère” quand elle réclame son passeport, mais ce dernier lui est rendu. “Il a su que j’avais prévenu mes colocataires.”De retour, Rachael Louw “bloque” ses souvenirs pour “survivre”.- “Il riait” -Pourquoi témoigner, trente ans plus tard ? Elle qui pensait être réduite au silence par un accord de confidentialité signé à l’embauche, a été bouleversée par un documentaire de la BBC sur les Al-Fayed, diffusé en septembre 2024. “J’ai pris conscience de ce dont j’avais fait partie, et comme cela aurait pu être pire, si je n’avais pas eu la chance de pouvoir fuir… Je parle car il doit y avoir un coût pour les criminels, pour ne plus encourager les suivants.””Si nous les femmes ne dénonçons pas, nous devenons complices de notre propre oppression”, insiste Rachael Louw. “Les hommes puissants ne changeront jamais un système qui les avantage.”Après la mort de Mohamed et de Salah, les plaignantes espèrent que la justice puisse retrouver des complices qui auraient permis à ce système d’exister. Qui organisait les transports? L’hébergement?”Il n’y a pas de petite information. Chaque élément est utile pour l’enquête”, estime Kristina Svensson, invitant “victimes et témoins” à se manifester aux enquêteurs parisiens, “très à l’écoute”.Cette Suédoise, arrivée en 1993 en France, avait été placée par une agence d’intérim au Ritz, bijou parisien situé juste à côté du ministère de la Justice français sur la célèbre place Vendôme, et détenu par Mohamed Al-Fayed. Elle était censée l’aider, comme assistante, à gérer ses affaires, après la mort de son fils Dodi Al-Fayed et de la princesse Diana. Une mission prestigieuse.Sauf qu’à l’entretien d’embauche au Ritz, les questions sont restées “focalisées” sur son apparence. On lui a même fait remarquer qu’elle était le “sosie” de l’épouse d’Al-Fayed. Le Ritz l’a ensuite envoyée à Londres. “J’avais apporté mon CV.” Mohamed Al-Fayed “n’était pas intéressé par ça. Il ne m’a posé que des questions personnelles”. “J’ai aussi subi un examen gynécologique obligatoire, où je pense avoir été droguée.”S’en sont suivies plusieurs rencontres avec Mohamed Al-Fayed, au schéma répétitif. Elle était placée de longues heures sans instruction, dans une pièce. Puis Mohamed Al-Fayed entrait.Aujourd’hui, Kristina Svensson décrit des agressions sexuelles et des tentatives de viols au cours desquelles “il riait”.- “Micros et caméras” –  Pourquoi être restée? “J’espérais qu’avec le temps, il allait voir que je n’étais pas intéressée par lui et qu’il allait me prendre au sérieux”, a-t-elle expliqué à la police. “J’étais étrangère, sans famille ni réseau dans le pays, ni aucune connaissance de droit du travail, et je n’avais personne sur qui compter financièrement si je démissionnais.”A posteriori, Kristina Svensson se compare à “un produit de luxe parmi d’autres”, que Mohamed Al-Fayed voulait posséder. “Une poupée sur une étagère”, bien surveillée. Le personnel “l’avertissait” qu’il y avait “micros et caméras partout au Ritz”, tandis que dans la villa de Saint-Tropez, elle affirme qu’une gouvernante lui avait recommandé de bloquer la porte de sa chambre la nuit.Sollicité, le Ritz s’est dit “profondément attristé par les témoignages et les allégations d’abus” qu’il “considère avec le plus grand sérieux, et se tient prêt à coopérer pleinement avec les autorités judiciaires”.”La sécurité et le bien-être de nos collaborateurs, visiteurs et clients constituent notre priorité absolue”, ajoute le palace parisien.De son côté, Harrods a salué “le courage de toutes les femmes qui prennent la parole”, dont “les témoignages mettent en lumière l’ampleur des abus commis par Mohamed Al-Fayed et soulèvent à nouveau de graves allégations à l’encontre de son frère”.Le grand magasin les “encourage” à présenter des demandes d’indemnisation dans le cadre du dispositif qu’il a mis en place – “plus de 50 survivantes” ont, à ce jour, été dédommagées.La police londonienne a aussi assuré à l’AFP avoir “considérablement changé” ses “méthodes de travail” et “placer” désormais “les victimes au coeur de (son) action” et notamment des investigations, “en cours”, sur ceux qui auraient pu aidé Mohamed Al Fayed.Pour les avocates des deux femmes, les témoignages dessinent les contours encore obscurs d’un “système puissant”, ressemblant en de “nombreux points” à celui mis en place, à la même époque, par le criminel sexuel Jeffrey Epstein entre Paris et les Etats-Unis.”Comme chez Epstein, il y a chez les Fayed une consommation frénétique de jeunes femmes et un système organisé pour se les procurer. Le schéma est le même: sélection de jeunes femmes vulnérables, transport, hébergement, isolement et l’argent, qui sert à intimider ou à noyauter”, explique Eva Joly.Si les faits pourraient être prescrits, des enquêtes sont parfois ouvertes pour rechercher d’éventuelles victimes non prescrites. Et l’avocate d’assurer: “On n’en est qu’au début de la reconstitution du puzzle en France.”

L’Iran met en garde Washington contre “toute exigence excessive” dans les pourparlers

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a mis en garde vendredi les Etats-Unis contre “toute exigence excessive” dans leurs discussions, atténuant l’optimisme affiché la veille à l’issue d’une nouvelle session de pourparlers à Genève.Ces discussions indirectes, qui doivent se poursuivre dans les prochains jours selon l’Iran, apparaissent comme celles de la dernière chance pour éviter une confrontation militaire après un important déploiement américain au Moyen-Orient.Washington a notamment déployé deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, qui a quitté jeudi une base navale en Crète.Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit vendredi “extrêmement inquiet du risque d’escalade militaire régionale”.- “Eviter toute erreur d’appréciation” -Lors d’un appel avec son homologue égyptien Badr Abdelatty, Abbas Araghchi “a déclaré que le succès (de l’option diplomatique) reposait sur le sérieux et le réalisme de l’autre partie, mais aussi sur le fait d’éviter toute erreur d’appréciation et exigence excessive”, selon les propos rapportés par la diplomatie iranienne. Le diplomate iranien, qui mène les pourparlers pour Téhéran, n’a pas précisé à quelles demandes il faisait référence.Les Etats-Unis ont à plusieurs reprises insisté sur une interdiction totale d’enrichissement d’uranium par l’Iran, une “ligne rouge” pour Téhéran qui défend son droit au nucléaire civil.L’administration Trump souhaite aussi que tout accord porte sur les missiles balistiques de l’Iran, perçus comme une menace existentielle par son allié israélien.L’Iran refuse d’aborder cette question et le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a estimé que cela posait “un très gros problème”.Le président Trump avait accusé mardi l’Iran de disposer de “missiles qui peuvent menacer l’Europe” et les bases militaires américaines, et d’oeuvrer à en concevoir des plus puissants, capables “d’atteindre bientôt les Etats-Unis”. Téhéran, qui affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2.000 km, a dénoncé de “gros mensonges”.D’après un rapport parlementaire américain daté de 2025, l’arsenal iranien peut atteindre des cibles allant jusqu’à 3.000 kilomètres, soit loin du territoire des Etats-Unis.Une troisième session de pourparlers s’est tenue jeudi près de Genève à la résidence de l’ambassadeur d’Oman, pays médiateur.M. Araghchi avait fait état “de très bons progrès” lors de cette session, “la plus intense à ce jour”, disant que les deux parties avaient abordé “très sérieusement les éléments d’un accord, tant dans le domaine nucléaire que dans celui des sanctions” américaines qui pèsent sur l’Iran.Selon lui, une prochaine session se tiendra “très bientôt, peut-être dans moins d’une semaine”.Des discussions “entre équipes techniques” auront lieu au préalable lundi à Vienne en Autriche, avec “l’aide d’experts” de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).- “Progrès significatifs” -Le médiateur omanais a également parlé “de progrès significatifs”, via son chef de la diplomatie Badr al-Busaidi.Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de “10 à 15 jours” pour décider si un accord était possible ou s’il allait recourir à la force. Washington veut empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, une crainte des Occidentaux alimentant de longue date les tensions avec la République islamique qui dément nourrir de telles ambitions.Selon le Wall Street Journal, l’équipe de négociateurs américains, comprenant l’émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, réclame un démantèlement des trois principaux sites nucléaires iraniens, Fordo, Natanz et Ispahan – ciblés par des frappes américaines en juin – et la remise aux Etats-Unis des stocks d’uranium enrichi du pays. Les deux pays ennemis avaient renoué le dialogue le 6 février à Oman, avant de se retrouver le 17 – déjà en Suisse. De précédents pourparlers avaient été interrompus par la guerre déclenchée en juin 2025 par Israël contre l’Iran, à laquelle Washington s’était brièvement joint.Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d’un vaste mouvement de contestation d’Iraniens auxquels Donald Trump avait promis de venir “en aide”.De nouveaux rassemblements ont eu lieu ces derniers jours dans des universités.

Laits infantiles: la toxine céréulide identifiée chez un bébé ayant été hospitalisé en France

La toxine céréulide, au cœur de la vague actuelle de rappels de laits infantiles, a pour la première fois été identifiée chez un bébé français ayant été hospitalisé après consommation d’un produit impliqué, a annoncé vendredi le ministère de la Santé.Le ministère de la Santé a reçu un “premier résultat d’analyse de selles positif à la toxine céréulide”, rapporte la Direction générale de la santé, confirmant une information de la cellule investigation de Radio France mais précisant que cela ne permettait pas de conclure à un lien de cause à effet.L’affaire des laits infantiles a débuté en décembre, avec d’abord le rappel par Nestlé de dizaines de lots dans une soixantaine de pays à cause de la présence potentielle de céréulide, une toxine pouvant provoquer des vomissements dangereux chez un nouveau-né.Depuis, une cascade de rappels similaires a eu lieu dans le monde par des industriels comme Danone ou Lactalis, mais aussi de plus petits acteurs de ce marché en pleine croissance.Trois décès ont été signalés parmi des bébés ayant consommé des laits visés par les rappels en France, seul pays européen dans ce cas, ainsi qu’une dizaine d’hospitalisations. Mais aucun lien de cause à effet n’a encore été identifié, les autorités sanitaires françaises ayant d’ores et déjà prévenu qu’il pourrait être difficile d’établir une telle causalité.L’identification de céréulide chez un bébé français, après consommation d’un lait rappelé, marque néanmoins une première, et constitue un indice potentiel allant dans le sens d’une intoxication.”Ce résultat confirme que l’enfant concerné a été exposé à cette toxine”, dont la présence “est susceptible d’expliquer les symptômes observés”, reconnaît le ministère, se refusant toutefois à trancher pour une “imputabilité”. Cela “appartient aux experts compétents, notamment aux soignants ayant pris en charge l’enfant ainsi qu’aux spécialistes en toxicologie mobilisés dans le cadre des investigations”, assure-t-il.Le ministère ne communique pas les détails du cas. Selon Radio France, il s’agit d’un bébé hospitalisé pendant une nuit début février à Montpellier et ayant consommé un lait Gallia (Danone).À l’étranger, la présence de céréulide avait déjà été signalée voici une dizaine de jours en Belgique chez huit nourrissons, tous n’ayant témoigné que de symptômes légers.C’est en Belgique que sont centralisées les analyses réalisées dans le cadre de ce dossier. La France, notamment, adresse au laboratoire belge de santé publique les échantillons prélevés chez les bébés français, faute de laboratoire habilité sur le territoire à détecter cette toxine aux seuils identifiés comme à risque.

Japon: Takaichi opposée au changement des règles de succession impériale excluant les femmes

Sanae Takaichi, première femme à occuper le poste de Premier ministre au Japon, a déclaré vendredi s’opposer à tout changement des règles de succession du trône impérial nippon qui excluent les femmes et leurs descendants.Ces propos constituent sa prise de position la plus claire sur un sujet de plus en plus débattu – et alors …

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En Inde, espoir autour d’un vaccin contre la dengue dans sa phase finale d’essais

Un vaccin à dose unique contre la dengue entre dans sa dernière phase d’essais en Inde, suscitant l’espoir d’un remède efficace contre cette maladie transmise par les moustiques en forte recrudescence dans le monde.Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la moitié de la population mondiale est aujourd’hui exposée au risque de dengue, responsable de …

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