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Venezuela: élections dimanche pour conforter le pouvoir de Maduro, boycottées par l’opposition
Dix mois après la réélection contestée du président Nicolas Maduro en juillet 2024, le pouvoir vénézuélien organise dimanche des élections législatives et régionales boycottées par une grande partie de l’opposition. Sans grande mobilisation.Plus de 400.000 membres des forces de l’ordre seront déployées pour le scrutin organisé de 06H00 à 18H00 locales (10h-22h GMT) avec des …
Venezuela: élections dimanche pour conforter le pouvoir de Maduro, boycottées par l’opposition
Dix mois après la réélection contestée du président Nicolas Maduro en juillet 2024, le pouvoir vénézuélien organise dimanche des élections législatives et régionales boycottées par une grande partie de l’opposition. Sans grande mobilisation.Plus de 400.000 membres des forces de l’ordre seront déployées pour le scrutin organisé de 06H00 à 18H00 locales (10h-22h GMT) avec des résultats attendus en soirée.Le pouvoir, qui dénonce régulièrement des complots réels ou imaginaires, a suspendu lundi les vols avec la Colombie, invoquant l’infiltration de “mercenaires” cherchant à “saboter” les élections. Les 21 millions d’inscrits doivent élire 285 députés de l’Assemblée et 24 gouverneurs.Particularité du scrutin: le pouvoir a réorganisé le découpage électoral pour faire élire un gouverneur et 8 députés pour l’Essequibo, région riche en pétrole que Caracas réclame au Guyana voisin, dans le cadre d’un différend centenaire.Mercredi, le président du Guyana Irfaan Ali a affirmé à l’AFP qu’il s’agisssait “d’une menace” bien que le vote n’ait lieu que dans la zone frontalière côté Venezuela. Il n’y a pas de bureaux de vote sur le territoire de 160.000 km² administré par Georgetown.”Nous devons prendre toutes les actions du Venezuela au sérieux. Bien que cela (l’élection) puisse très bien être une autre partie de leur processus public (de communication), nous prenons cela très au sérieux. Pour nous, c’est une menace, et c’est ainsi que nous la traitons”, a-t-il dit.- “Victoire écrasante” vs “farce” -Les sondages donnent une majorité absolue pour le parti de Maduro à l’Assemblée. Et selon plusieurs analystes, l’opposition n’est en mesure de remporter que deux des 24 Etats: Zulia, l’Etat pétrolier, et Nueva Sparta, l’île de Margarita. La campagne a été discrète, tant du côté de l’opposition que du pouvoir.”Le Venezuela en plein respect des droits constitutionnels de notre peuple” organise des élections avec “54 partis, plus de 6.500 candidats… Il y en a pour tous les goûts”, se targue M. Maduro, qui promet une “victoire écrasante” de son camp.La cheffe de l’opposition Maria Corina Machado appelle pour sa part à boycotter le scrutin, “une énorme farce que le régime veut monter pour enterrer sa défaite (à la présidentielle) du 28 juillet. Nous allons (…) ratifier cette défaite avec l’absence totale, (…) en laissant tous les bureaux de vote vides”, a-t-elle dit récemment à l’AFP.Au Venezuela, “la partie majoritaire de l’opposition ne va pas voter, ce qui favorise une victoire du pouvoir. Le 25 mai, nous allons avoir une carte très rouge”, prévoit Jesus Castillo, le directeur du cabinet Polianalitica, en référence à la couleur du chavisme, le mouvement de l’ancien président Hugo Chavez dont Nicolas Maduro est l’héritier.Pour lui, c’est une “erreur tactique: l’abstention favorise le gouvernement”.L’opposition, fracturée sur la question de participer au scrutin, revendique toujours la victoire à la présidentielle de 2024, entachée de fraude selon elle. Les troubles post-électoraux s’étaient soldés par 28 morts et 2.400 arestations (1.900 libérations depuis). Le pouvoir “vide complètement de son sens le vote en tant qu’expression de la souveraineté populaire”, regrette Mme Machado, qui rejette le choix de certains opposants de participer au scrutin, leur reprochant d’être “soumis au régime”. – Scorpion -Henrique Capriles, deux fois candidat de l’opposition à la présidentielle, a entraîné derrière lui une frange de l’opposition convaincue qu’il faut participer.”Le vote est un outil de changement, de lutte, de résistance”, affirme ainsi Juan Requesens, candidat au gouvernorat de Miranda, où se trouve une partie de Caracas. “Je comprends la frustration des gens mais les luttes sont ainsi, elles sont difficiles (…) Il faut se battre. La démocratie est à ce prix et nous allons la récupérer”, dit le candidat de 36 ans, dont 5 passés en prison, accusé d’avoir comploté contre le président Maduro. Battant le pavé dans la capitale, il tente de convaincre les gens de voter. En passant, certains le traitent d'”alacran” (scorpion), surnom donné par l’opposition majoritaire aux candidats jugés manipulés par le pouvoir. “Voter pour quoi? Je ne marche pas avec les scorpions! Ni avec le gouvernement! Ils ont volé la présidentielle. Je reçois 130 bolivars de pension de retraite”, soit moins de 2 dollars mensuels, fustige Santo Reinoza, un retraité de 76 ans habitant à Carapita, une zone populaire de l’ouest de Caracas. Le 25, “je reste à la maison”, assure-t-il. “Depuis que je suis née, je n’ai vu que ce gouvernement”, raconte Arantxa Martinez, 25 ans, sympathisante du candidat Requesens. “La seule façon de défendre le 28 (élection présidentielle 2024, ndlr) est de participer à cette élection. Rester à la maison en attendant que les choses changent, ce n’est pas une option”, affirme cette étudiante.Yaczon Rivas, syndicaliste dans le BTP de 46 ans, va voter pour le pouvoir: “Les politiques de Trump nous font du mal. Nous affrontons un ennemi satanique mais nous avons un président, qui, malgré tous les problèmes que nous avons, a mené de bonnes politiques”.
Facturation des bagages à main: sept compagnies aériennes dans le viseur d’associations
Une quinzaine d’associations européennes, dont l’UFC-Que choisir et CLCV pour la France, ont demandé à la Commission européenne de lancer une enquête à l’échelle de l’UE sur la politique de facturation des bagages à main de sept compagnies aériennes à bas coût.EasyJet, Norwegian, Ryanair, Transavia, Volotea, Vueling et Wizzair “facturent des frais indus aux consommateurs”, …
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Facturation des bagages à main: sept compagnies aériennes dans le viseur d’associations
Une quinzaine d’associations européennes, dont l’UFC-Que choisir et CLCV pour la France, ont demandé à la Commission européenne de lancer une enquête à l’échelle de l’UE sur la politique de facturation des bagages à main de sept compagnies aériennes à bas coût.EasyJet, Norwegian, Ryanair, Transavia, Volotea, Vueling et Wizzair “facturent des frais indus aux consommateurs”, accuse mercredi dans un communiqué la Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie (CLCV), partie prenante de cette initiative aux côtés de quinze autres ONG membres du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC). En effet, “la Cour de justice de l’UE a (…) jugé en 2014 que +le transport de bagages à main ne peut pas être soumis à un supplément de prix, à condition qu’il réponde à des exigences raisonnables en termes de poids et de dimensions et qu’il soit conforme aux exigences de sécurité applicables+”, souligne l’association.Pourtant, selon le collectif d’associations, ces sept compagnies imposent des frais pour des bagages à main de taille raisonnable mais qu’elles considèrent comme “de grande taille”: 36 euros pour Ryanair, près de 43 euros pour EasyJet, voire jusqu’à 280 euros pour Vueling s’il s’avère que les dimensions définies par la compagnie ne sont pas respectées. Autre point litigieux: les dimensions permettant de définir le format (petit ou grand) d’un bagage admis à bord “sont particulièrement hétérogènes d’une compagnie à l’autre”. Ce collectif d’associations européennes a donc décidé de saisir la Commission européenne et les institutions nationales de protection des consommateurs des Vingt-Sept (dont la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) en France) “pour qu’une enquête soit diligentée à l’échelle de l’UE et que les pratiques commerciales illégales des compagnies aériennes soient sanctionnées”.Parmi les compagnies aériennes pointées du doigt, l’irlandaise Ryanair précise dans un communiqué accueillir favorablement cette initiative, jugeant que l’enquête démontrera que sa “politique de tarification des bagages se conforme totalement à la réglementation européenne, (…) qui garantit à l’ensemble des compagnies aériennes européennes la liberté de déterminer les prix, y compris ceux des services optionnels”. De son côté, Norwegian estime dans une déclaration transmise à l’AFP que son modèle de tarification “respecte la réglementation européenne” et précise que ses clients l'”apprécient”. Interrogées, Transavia et Volotea renvoient vers la position d’Airlines for Europe (A4E), association qui représente 17 groupes européens (dont Lufthansa, Ryanair, Air France-KLM, EasyJet…). “L’action entreprise” mercredi par le collectif d’associations “réduirait le choix des consommateurs et obligerait tous les passagers à payer pour des services supplémentaires dont ils n’ont peut-être pas tous besoin”, arugmente l’A4E dans un communiqué. Également sollicitées, EasyJet, Vueling et Wizzair n’ont pour l’heure pas réagi. Cette initiative intervient alors que des débats sont en cours au niveau des institutions européennes sur la réforme du règlement encadrant les droits des passagers aériens.Pour l’UFC-Que choisir, ces discussions offrent à l’UE une “occasion idéale” pour “clarifier les services qui devraient être inclus dans le prix de base du billet” et pour harmoniser les règles relatives aux bagages à main.
Le Kenya admet avoir “coopéré” dans l’enlèvement d’un opposant ougandais, son avocate dénonce des “Etats voyous”
Le Kenya a officiellement reconnu avoir “coopéré” avec l’Ouganda dans l’enlèvement sur son territoire de l’un des principaux opposants ougandais, Kizza Besigye, scandalisant l’avocate de ce dernier qui a dénoncé les arrangements entre “Etats voyous” d’Afrique de l’Est pour “opprimer leurs citoyens”.M. Besigye, 68 ans, ancien médecin personnel du président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir …
Le Kenya admet avoir “coopéré” dans l’enlèvement d’un opposant ougandais, son avocate dénonce des “Etats voyous”
Le Kenya a officiellement reconnu avoir “coopéré” avec l’Ouganda dans l’enlèvement sur son territoire de l’un des principaux opposants ougandais, Kizza Besigye, scandalisant l’avocate de ce dernier qui a dénoncé les arrangements entre “Etats voyous” d’Afrique de l’Est pour “opprimer leurs citoyens”.M. Besigye, 68 ans, ancien médecin personnel du président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, est dans le collimateur du gouvernement de Kampala depuis son ralliement à l’opposition il y a 25 ans.Enlevé en novembre lors d’un déplacement au Kenya, il était réapparu en Ouganda, où il avait d’abord été traduit devant une cour martiale pour trahison, passible de la peine capitale dans ce pays, avant que son dossier ne soit transféré à un tribunal civil en février.Interrogé sur le sujet mardi soir sur la chaîne télévisée Citizen TV, le ministre kényan des Affaires étrangères Musalia Mudavadi a admis que Nairobi avait “coopéré avec les autorités ougandaises” au nom de “l’intérêt national”. “Il n’avait pas dit qu’il demandait l’asile. S’il l’avait dit, son traitement aurait peut-être été différent”, a justifié le chef de la diplomatie kényane.”Le Kenya admet être un Etat voyou”, s’est insurgée l’avocate de Kizza Besigye, Martha Karua, candidate à la présidentielle de 2027 au Kenya, dans un entretien téléphonique avec l’AFP.”Que les agences de sécurité kényanes aident à l’enlèvement et à la remise de Dr. Kizza Besigye (en Ouganda) est complètement hors la loi. Ce sont les actions de deux États voyous”, a commenté cette ancienne ministre de la Justice.- “Choquant” – En Ouganda, Kizza Besigye est poursuivi pour complot “par la force des armes pour renverser le gouvernement”, selon l’acte d’accusation consulté par l’AFP. Mercredi, un tribunal de Kampala a repoussé au 29 mai une audience demandée par ses avocats dans le cadre de son procès pour trahison. “Il semble y avoir une main de l’État dans tous ces ajournements”, a critiqué l’avocate.Après cette décision, un groupe d’hommes armés a fait irruption dans un foule de partisans de M. Besigye, deux d’entre eux étant emmenés de force dans un véhicule civil qui est ensuite parti, escorté par un véhicule militaire, a constaté un correspondant de l’AFP.Le Parlement ougandais a en outre voté mardi un amendement permettant à des tribunaux militaires de juger des civils, une disposition que la Cour suprême avait invalidée dans l’affaire Besigye, entraînant le transfert de son dossier au civil.”Il est choquant que les dirigeants de notre région, au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, semblent collaborer pour opprimer leurs citoyens et violer leurs droits”, a encore déploré Martha Karua.L’ancienne ministre kényane a elle-même été expulsée dimanche de Tanzanie, où elle voulait assister en tant qu’observatrice une audience de Tundu Lissu, le chef de l’opposition du pays, aussi poursuivi pour “trahison” pour avoir demandé des réformes du système électoral. Des accusations passibles de la peine de mort, et jugées politiques par ses partisans.Lundi, le défenseur des droits humains kényan Boniface Mwangi et la journaliste ougandaise Agather Atuhaire, venus soutenir Tundu Lissu, ont disparu en Tanzanie après que la présidente Samia Suluhu Hassan a demandé aux forces de sécurité locales d’interdire l’accès au pays aux “activistes” étrangers qui, a-t-elle souligné, tentent de “s’ingérer dans nos affaires”.- “Etats criminels” -Dans un communiqué, une vingtaine d’ONG kényanes de défense des droits humains ont demandé la “libération immédiate et inconditionnelle” de M. Mwangi et Mme Atuhaire. L’opposition et plusieurs ONG ont exprimé leur inquiétude concernant la répression de l’opposition en Ouganda et en Tanzanie à l’approche d’élections présidentielles prévues respectivement en 2026 et 2027.En Ouganda, le général Muhoozi Kainerugaba, héritier du président de longue date Yoweri Museveni et chef de l’armée, s’est récemment vanté sur X d’avoir capturé et torturé le garde du corps d’un autre leader de l’opposition, Bobi Wine.En Tanzanie, le parti de Tundu Lissu, dont le corps avait été criblé de balles lors d’une tentative d’assassinat en 2017, a été exclu des prochaines élections après avoir refusé de signer un nouveau “code de conduite électoral” qui selon lui n’incluait pas les réformes qu’il exigeait.Selon des groupes de défense des droits humains, au moins 60 personnes ont été tuées et au moins 80 enlevées lors des protestations de juin et juillet derniers au Kenya, et des dizaines sont toujours portées disparues. Le président kényan William Ruto a toutefois déclaré mi-mai que tous les disparus “ont été rendus à leurs familles”.Kenya, Ouganda et Tanzanie sont des “Etats criminels”, a commenté Donald Deya, le directeur exécutif du Syndicat panafricain des avocats, regrettant, dans un entretien avec l’AFP, que leurs trois gouvernements deviennent désormais “tristement célèbres en complotant entre eux” pour violer les droits humains.



