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Russie: Lioudmila, 84 ans, face à ses juges pour avoir demandé “la paix”

“J’ai extrêmement mal pour mon pays”, dit Lioudmila, 84 ans, depuis son appartement de Saint-Pétersbourg. Survivante du siège de Léningrad, elle doit être jugée à cause d’une pancarte réclamant “la paix”, en pleine offensive russe en Ukraine.Vêtue d’un cardigan bordeaux et soigneusement maquillée, Lioudmila Vassilieva, cheveux courts et gris, montre l’objet du délit: une pancarte avec un texte écrit à la main, qui lui vaut d’être jugée pour avoir “discrédité” l’armée, comme des milliers d’autres depuis le début de l’offensive de Moscou en Ukraine en 2022.Il y est écrit en russe: “A tous. Arrêtons la guerre ! Nous sommes responsables de la paix sur Terre !” Le tout est signé: “Avec amour, Lioudmila, enfant de Léningrad assiégée”, dans une référence compréhensible par tous les Russes au terrible siège nazi de Léningrad (nom de Saint-Pétersbourg à l’époque soviétique) pendant la Seconde Guerre mondiale.Lioudmila Vassilieva a brandi sa pancarte en mars dernier dans le centre de la deuxième ville de Russie.La grand-mère de quatre petits-enfants s’est rendue coupable d’avoir porté le “discrédit sur l’armée” russe. D’après l’article 20.3.3 du Code administratif, elle risque une amende allant de 30.000 à 50.000 roubles (de 330 à 550 euros, environ).Amnesty International, ONG que la Russie a interdite lundi, estimait en 2023 que ce délit est “utilisé pour criminaliser l’expression de toute opinion critique de l’invasion” de l’Ukraine.- “Trahison”, “extrémisme”-Le procès de Lioudmila Vassielieva doit avoir lieu vendredi à Saint-Pétersbourg. Il s’inscrit dans un contexte de répression des voix dissidentes, alors que l’offensive russe a fait des dizaines de milliers de morts et blessés, civils comme militaires, des deux côtés. Les arrestations pour “espionnage”, “trahison”, “sabotage”, “extrémisme” ou pour des critiques visant l’armée se sont multipliées au cours des trois dernières années.La justice russe a notamment condamné en novembre dernier à cinq ans et demi de prison ferme une pédiatre âgée de 65 ans de Moscou. Elle était accusée par la mère d’un de ses patients d’avoir critiqué l’assaut russe en Ukraine au cours d’une consultation.Lioudmila Vassilieva plaide, elle, la “non-indifférence” pour expliquer son geste. “J’ai toujours été quelqu’un qui n’est pas indifférente. J’ai toujours été du côté des faibles, tout comme ma maman”, explique-t-elle.Dans son clair et grand appartement de Saint-Pétersbourg, deux élégants chats batifolent au milieu des livres. Il y a aussi le portrait de sa mère, qui a survécu au siège de Léningrad avec cinq enfants sur les bras, dont la petite Lioudmila.”Maman disait toujours: +nous pouvons tout supporter, pourvu qu’il n’y ait pas la guerre+”, dit-elle à l’AFP, en se remémorant cet épisode tragique de la Seconde Guerre mondiale au cours duquel entre 600.000 et 1,5 million de personnes sont mortes, de faim pour la plupart. “Il arrivait à maman de donner son sang pour obtenir une ration supplémentaire”, raconte Lioudmila.- “Je n’ai pas peur” -Après la Seconde Guerre mondiale, “on parlait tout le temps de la paix. Rappelez-vous du passé pour que cela (la guerre, ndlr) ne se reproduise jamais”, lance Lioudmila. “Mais aujourd’hui, de quoi parle-t-on ?”, demande-t-elle, émue, en faisant allusion à la rhétorique du pouvoir russe qui manie un discours aux accents belliqueux.Pour Lioudmila, qui était ingénieure à l’époque de l’URSS, la perestroïka (restructuration) et les réformes lancées par Mikhaïl Gorbatchev dans les années 1980 ont constitué une “fenêtre vers la liberté”. Membre du parti ultra-libéral “Choix démocratique” d’Egor Gaïdar dans les années 90, elle dit baigner dans les idéaux démocratiques depuis toujours et avoir “participé à tous les rassemblements d’opposition” depuis l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en 2000.Son credo est: “Laissez les gens vivre et choisir par eux-mêmes ce qu’ils veulent. Ne leur imposez rien, je vous en prie”.Et l’appel à la “paix” lancé en plein centre de Saint-Pétersbourg était non pas adressé aux autorités russes mais à “tous les gens”, car ce sont eux “qui peuvent avoir de l’influence et arrêter” le conflit, affirme Lioudmila, qui se dit persuadée que des “gens ont été intimidés” récemment, sans détailler. “Quant à moi, j’ai déjà 84 ans. Je n’ai pas peur”, conclut-elle.

Obus, grenade, mortier: les traces de la Grande guerre omniprésentes dans la campagne belge

“Celui-ci est un +18-pounder+, il reste peut-être un peu d’explosif dedans”, lâche Franjo, en récupérant au sol un vieil obus d’artillerie dont il identifie tout de suite l’origine britannique. Le démineur l’installe avec précaution dans un bac de sable à l’arrière de sa camionnette.Dans le nord-ouest de la Belgique, au coeur du plat pays flamand, où plusieurs centaines de milliers de soldats sont tombés pendant la guerre 1914-18, les vestiges du conflit sont partout dans le paysage.Outre les cimetières militaires et leurs sépultures soigneusement alignées, parfois à perte de vue, munitions et obus de toutes origines — anglaise, allemande, française — continuent de remonter à la surface, au point de donner du travail chaque jour au service de déminage de l’armée belge (SEDEE).Ce service aujourd’hui centenaire a installé une base à Langemark-Poelkapelle, au nord d’Ypres, où se concentre la majeure partie de son activité.Ses hommes répondent chaque année à plus de 2.000 demandes d’agriculteurs ou de responsables de chantier pour retirer des munitions, déjà tirées ou pas. La découverte survient souvent en retournant la terre, en plein champ, ou lors du terrassement d’une future habitation.En bout de chaîne, après identification du degré de dangerosité de l’objet — dont va dépendre le mode d’élimination (explosion en extérieur ou combustion dans un four)–, “on en détruit 200 à 250 tonnes par an”, souligne à l’AFP Jacques Callebaut, chargé de communication du service.Ce matin-là, il a fallu moins d’une heure à la camionnette aux quatre roues motrices siglée SEDEE/DOVO (la déclinaison en néerlandais) pour ramasser une bonne douzaine d’obus et grenades en sillonnant les petites routes de campagne.Franjo et ses deux collègues disposent, en guise de carnet de bord, d’une petite pile de courriels de la police, qui répertorient avec précision tous les lieux, chemins, croisements, où des engins ont été signalés.- Passage aux rayons X -Parfois le propriétaire du terrain dépose l’obus à hauteur d’homme, sur un vieux poteau en béton, pour faciliter le travail.A chaque arrêt, l’un des démineurs de l’équipe fait le guet pour éviter un surgissement impromptu. Tous portent des gants pour manipuler les vieux engins rouillés.”Environ 60% environ des munitions qu’on trouve contiennent une charge explosive, et entre 10 et 30% peuvent aussi être toxiques, c’est un danger supplémentaire”, relève Jacques Callebaut.Phosphore blanc, arsenic ou ypérite, le liquide chimique vésicant qui doit son nom à la ville d’Ypres (connu aussi sous l’appellation “gaz moutarde”): la présence éventuelle de ces substances dangereuses est scrutée de près par les démineurs.Lorsqu’un doute subsiste malgré leur oeil expert, ils font appel à la technologie. Un passage aux rayons X permet de voir les entrailles de l’obus, repérer par exemple une cartouche renfermant un fumigène. Si le résultat n’est pas satisfaisant, un spectromètre à neutrons peut être utilisé pour mesurer chaque composant.Cette expertise de l’armée belge est réputée à l’étranger: “Les munitions toxiques trouvées aux Pays-Bas sont traitées par nous, et il y a quelques semaines, on a été appelés pour neutraliser une bombe en Norvège car ils n’avaient pas le matériel pour le faire”, vante M. Callebaut.Champ de bataille de l’Europe dès le Moyen-Age, en raison de sa situation géographique au carrefour des empires germanique, français et britannique, la Belgique a vu Napoléon être défait à Waterloo en 1815, avec des pertes humaines énormes, et elle a aussi été durement touchée par les deux guerres mondiales du 20e siècle.Un siècle après c’est surtout le métal de la Première guerre qui affleure, car autour d’Ypres “une ligne de front statique a perduré pendant quatre ans, avec des millions d’obus d’un côté comme de l’autre”, explique l’historien belge Corentin Rousman. “En comparaison, les obus de la Seconde guerre ne réapparaissent que de temps en temps dans les villes bombardées”.

“Sanctions massives”: que peuvent vraiment faire les alliés de l’Ukraine face à Moscou ?

Les alliés européens de l’Ukraine brandissent la menace de “sanctions massives” contre la Russie si celle-ci persiste dans son refus d’un cessez-le-feu. Mais que peuvent-ils vraiment faire ?- Les sanctions déjà en place -Les Européens ont déjà adopté 17 “paquets” de sanctions contre la Russie depuis son invasion de l’Ukraine le 24 février 2022. Quelque 2.400 entités et individus ont été sanctionnés, y compris le président russe Vladimir Poutine, sans toutefois enrayer la machine de guerre du Kremlin.Le dernier “paquet” de sanctions en date, adopté mardi, cible essentiellement la flotte de pétroliers “fantômes” utilisé par la Russie pour contourner les sanctions précédentes sur la production et l’exportation de brut russe.Quelque 342 navires “fantômes” sont désormais dans le collimateur de l’UE. Mais il en manque encore plus de 150 à l’appel, selon le ministre estonien de la Défense Hanno Pevkur, qui estime à environ 500 le nombre total de ces navires. Or, explique-t-il, plus de 60% des exportations de brut russe se font via cette flotte “fantôme”.Au même même moment, le Royaume-Uni a lui aussi annoncé une salve de sanctions visant 18 navires de la “flotte fantôme”.- Ce qui est en préparation -“Il y a encore de la marge, et nous pouvons faire plus”, assure un diplomate européen.Un 18e paquet est en préparation avec l’objectif de resserrer les mailles du filet à l’encontre de cette flotte “fantôme”. L’Union européenne cherche également à mieux combattre le contournement des sanctions et chaque nouveau train de sanctions identifie de nouvelles entités ou individus qui aident la Russie à renforcer sa machine de guerre. Des sanctions supplémentaires à l’encontre du secteur financier russe sont également envisagées.La détermination des Européens se heurte néanmoins à la bonne volonté de la Hongrie, pays le plus proche du Kremlin en Europe. Elle a jusqu’à présent donné son feu vert à chaque nouveau train de sanctions, mais les diplomates à Bruxelles s’inquiètent d’un possible revirement du Premier ministre hongrois Viktor Orban. Chaque nouvelle sanction requiert l’unanimité des 27.- Ce qui serait le plus efficace – La Russie finance son effort de guerre essentiellement par la vente de ses hydrocarbures. Celle-ci lui rapporte plus de 600 millions d’euros par jour, selon la dernière estimation en avril du Crea, un institut finlandais spécialisé dans les questions énergétiques.”Entre 60 et 90% de la croissance économique russe dépend de ce qui se passe sur le marché international du pétrole”, a rappelé la semaine dernière à Bruxelles Torbjörn Becker, directeur du Stockholm Institute of Transition Economics (SITE, Institut des économies en transition), spécialisé dans le suivi de l’économie russe. L’UE, en dépit des sanctions, reste le principal acheteur de gaz russe, France en tête. Les Européens, qui ont déjà bloqué toute exportation de pétrole russe dans l’UE, se sont donnés jusqu’en 2027 pour se sevrer du gaz russe.En attendant, les Européens ont cherché à agir sur les revenus pétroliers en imposant un prix maximum fixé à 60 dollars le baril.Depuis que l’UE a introduit ce plafonnement et les sanctions contre la flotte fantôme, les revenus pétroliers russes ont diminué de 38 milliards d’euros, selon des chiffres officiels. Mais ce seuil de 60 dollars est aujourd’hui le prix moyen sur le marché international, ce qui rend cette mesure inopérante. Un prix “raisonnable” serait de 30 dollars le baril, a assuré mardi à Bruxelles le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga.Réduire ce seuil “serait clairement quelque chose qui aurait un effet tangible sur l’économie russe”, a confirmé mardi la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.Mais une telle décision appartient au Groupe des sept pays les plus industrialisés, le G7, où il n’est pas certain que les Etats-Unis y soient favorables.- Que fait Washington ? -Les dirigeants européens ont récemment assuré travailler en collaboration avec les Etats-Unis pour renforcer la pression sur la Russie.”Il est essentiel que toutes les décisions soient coordonnées, ce n’est qu’ainsi que les sanctions seront efficaces”, a affirmé mercredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.Le sénateur américain Lindsay Graham est à l’origine d’un projet de sanctions extrêmement dur comportant des droits de douane de 500% sur les importations de pétrole russe et de 500% sur les pays qui aujourd’hui continuent d’importer du pétrole russe.Mais rien ne dit que le président Donald Trump soit prêt à le mettre en œuvre.

Deux morts, 50.000 personnes bloquées par des inondations dans l’est de l’Australie

Des pluies torrentielles qui se sont abattues sur l’est de l’Australie depuis mercredi ont fait deux morts et piégé presque 50.000 personnes, a annoncé jeudi le Premier ministre de l’Etat de Nouvelles-Galles du Sud, Chris Minns.La police a extrait deux corps des eaux dans la région rurale de la Mid North Coast, à environ 400 kilomètres au nord-est de Sydney, a précisé cette source.A certains endroits, les tempêtes ont déversé plus de la moitié des précipitations d’une année en l’espace de trois jours seulement, a déclaré le bureau météorologique du gouvernement.”Je dois également dire que nous nous préparons à d’autres mauvaises nouvelles dans les prochaines 24 heures. Cette catastrophe naturelle a été terrible pour cette communauté”, a déclaré M. Minns.Des habitants ont grimpé sur leur toit pour échapper à la montée des eaux, selon les autorités, qui ont dit avoir envoyé des hélicoptères, des bateaux et des drones dans le cadre d’une vaste mission de recherche et de sauvetage.La ville de Kempsey, située dans une région agricole à mi-chemin entre Brisbane et Sydney, s’est retrouvée cernée par les eaux sans avoir été préalablement alertée, a indiqué la maire Kinne Ring à l’AFP.”Les averses sont torrentielles et chaque fois qu’il pleut, on se demande ce qui va se passer”, a-t-elle confié. Mme Ring a indiqué que plus de 20.000 personnes étaient isolées rien que dans sa région, et que beaucoup d’entre elles n’avaient pas accès à des médicaments ou de la nourriture.”Il s’agit d’une inondation comme nous n’en avons pas connu depuis longtemps”, a-t-elle souligné.Selon les estimations rapportées par M. Minns, quelque 50.000 personnes au total sont isolées par les inondations sur la Mid North Coast, bordée de collines accidentées d’où l’eau s’écoule à flot. Au moins trois personnes sont portées disparues.- Changement climatique -Quelque 2.500 secouristes ont été déployés dans la région, a indiqué le responsable, ainsi que des bateaux de sauvetage, une flotte d’hélicoptères et des “centaines” de drones de recherche.”Nous ne sommes pas encore sortis du pire”, a prévenu Kristy Mcbain, ministre de la Gestion d’urgence à la chaîne nationale ABC.Steve Bernasconi, porte-parole de l’agence météorologique, a déclaré que certaines villes avaient enregistré plus de 50 cm de pluie en l’espace de trois jours. Mais il a ajouté que les conditions devraient commencer à s’améliorer lentement tard dans la nuit de jeudi à vendredi.De l’arrière-pays aride à la côte tropicale, des pans entiers de l’Australie ont été frappés par des conditions météorologiques extrêmes au cours des derniers mois.La température moyenne à la surface de la mer autour du pays a été la plus élevée jamais enregistrée en 2024, selon l’Université nationale d’Australie.Des eaux plus chaudes provoquent plus d’humidité dans l’atmosphère, ce qui mène à des pluies plus intenses.Le réchauffement climatique, causé principalement par la combustion du pétrole, du charbon et du gaz, accentue la violence et la fréquence des désastres climatiques.

Tollé après des tirs israéliens pendant une visite de diplomates en Cisjordanie

Plusieurs pays ainsi que l’UE et l’ONU ont exprimé de vives protestations après des tirs mercredi de l’armée israélienne qui les a qualifiés de “semonce” lors d’une visite de diplomates organisée par l’Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée.Cet incident survient dans un contexte de pressions internationales accrues sur Israël pour sa conduite de la guerre dans la bande de Gaza, où elle combat le mouvement islamiste palestinien Hamas. Les Européens, en particulier, avaient haussé le ton en début de semaine.L’Autorité palestinienne a accusé des soldats israéliens d’avoir ouvert le feu “à balles réelles” sur des diplomates étrangers participant à une visite organisée par ses soins à Jénine, zone au coeur d’une offensive militaire israélienne dans le nord de la Cisjordanie occupée.Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, la délégation comprenait des diplomates de nombreux pays, notamment de France, du Royaume-Uni, d’Espagne, du Canada, de Russie, de Turquie, du Brésil, d’Inde, d’Egypte, du Chili et du Japon.Le gouvernement japonais a dit jeudi avoir “protesté auprès de la partie israélienne et (…) demandé une explication”, selon un porte-parole. Il a souligné que “cela ne doit pas se reproduire”. – “Totalement inacceptable” -Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a qualifié mercredi soir de “totalement inacceptables” cet incident. Quatre Canadiens faisaient partie de la délégation.”Nous attendons une explication immédiate sur ce qui s’est passé”, a-t-il ajouté. Sa ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a convoqué l’ambassadeur d’Israël à Ottawa.Toute menace contre la vie de diplomates est “inacceptable”, a de son côté réagi la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, alors que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a réclamé une “enquête minutieuse” des autorités israéliennes.L’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas, la Roumanie, la Turquie, la Jordanie, l’Arabie saoudite et l’Egypte ont également condamné les tirs. Rome, Paris, Madrid et Lisbonne ont l’intention de convoquer les ambassadeurs d’Israël ou à défaut le chargé d’affaires.En Amérique latine, l’Uruguay a convoqué mercredi l’ambassadrice d’Israël en Uruguay, Michal Hershkovitz, pour “clarifier les faits”, tandis que le Mexique a également annoncé qu’il demanderait à Israël des “clarifications”.La Chine a dit elle s’opposer “fermement à toute action qui menace la sécurité du personnel diplomatique”.L’Autorité palestinienne a dénoncé pour sa part un “crime odieux commis par les forces d’occupation israéliennes”.L’armée israélienne a exprimé ses regrets dans un communiqué et expliqué que “la délégation s’était écartée de l’itinéraire approuvé et était entrée dans une zone où elle n’était pas autorisée à se trouver”. “Des soldats en opération dans la zone ont tiré des coups de semonce pour les éloigner”, a-t-elle ajouté.- “Cessez-le-feu temporaire” – Israël est déjà sous le feu des critiques internationales pour ne laisser entrer dans la bande de Gaza qu’une portion d’aide humanitaire sans rapport avec les besoins immenses de la population, après plus de deux mois de blocus total du territoire palestinien, affamé et dévasté par 19 mois de guerre.Les pays européens ont aussi haussé le ton contre l’intensification de son offensive sur ce territoire au but affiché d’anéantir le Hamas, dont l’attaque le 7 octobre 2023 en Israël a déclenché la guerre, et de ramener les otages retenus depuis à Gaza.Lors d’une conférence de presse mercredi soir, M. Netanyahu s’est dit prêt à accepter un “cessez-le-feu temporaire” permettant de libérer des otages.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles.La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 53.655 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.