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Pédocriminalité via Telegram: 55 hommes interpellés en France
Cinquante-cinq hommes ont été interpellés partout en France entre lundi et jeudi matin dans le cadre d’une vaste opération de démantèlement d’un réseau de pédocriminalité qui échangeait sur la plateforme Telegram, au terme de dix mois d’enquête de l’Office des mineurs (Ofmin).Les mis en cause, âgés de 25 à 75 ans, parmi lesquels un prêtre, un grand-père, un ambulancier, “des bons pères de famille”, un professeur de musique ou des célibataires, échangeaient sur l’application de messagerie chiffrée.Ils ont tous en commun d’avoir été en lien avec des pédocriminels “extrêmement dangereux”, incarcérés depuis l’été dernier, a expliqué à l’AFP le commissaire Quentin Bevan, chef du pôle opérationnel de l’Ofmin.Ces 55 hommes, qui ont des antécédents de pédopornographie, sont en contact avec des enfants, soit parce qu’ils ont des enfants ou des petits-enfants, soit qu’ils côtoient des enfants de par leur profession. Pour certains d’entre eux, a-t-il ajouté, des “comparutions immédiates ont déjà eu lieu”, pour d’autres, “les enquêtes seront longues pour matérialiser les faits”.Ainsi, selon un enquêteur, des mis en cause, qui se vantaient d’abuser d’enfants pendant leur sommeil, affirment ne pas être passés à l’acte. Un autre, niant tout acte délictuel, ne parvient pas à expliquer pourquoi il a acheté un string à une fillette de huit ans de son entourage, poursuit cet enquêteur.Les interpellations ont eu lieu dans 42 départements, a minima pour détention, diffusion, et consultation habituelle de contenus pédopornographiques concernant des enfants de “moins de dix ans”.Quarante-deux parquets sont concernés, le dossier n’ayant pas été centralisé à ce stade.Cette vaste opération a eu pour point de départ l’arrestation l’été dernier par les policiers de l’Ofmin de pédocriminels qui agressaient des enfants et mettaient en ligne leurs méfaits sur Telegram. Ils sont mis en examen notamment pour traite d’êtres humains et encourent la perpétuité.- “Repaire de pédocriminels” -“Derrière ces abuseurs avérés d’enfants, il a fallu dix mois d’enquête pour parvenir à ce coup de filet. Dix mois d’infiltration de milliers d’échanges, d’analyse et de détection d’images pédos par une task force montée à l’Ofmin”, a poursuivi le commissaire Bevan.Pour Quentin Bevan, Telegram “reste toujours la plateforme privilégiée” et un “repaire de pédocriminels”. S’il reconnaît des progrès dans la coopération entre l’application de messagerie et les enquêteurs depuis l’interpellation en août dernier au Bourget de son patron Pavel Durov, il considère que Telegram remplit “à peine le minimum de ses obligations légales” dans ce domaine.Dans une déclaration à l’AFP, Telegram a assuré avoir “toujours respecté les lois de l’Union européenne, y compris le Digital Services Act”, et avoir “systématiquement répondu à toutes les demandes judiciaires contraignantes depuis des années”.Dans une seconde déclaration, la messagerie chiffrée a affirmé “remplir et dépasser ses obligations légales en matière de lutte contre les contenus préjudiciables”. Depuis l’arrestation spectaculaire de Pavel Durov à sa descente d’avion en vertu d’un mandat de recherche émis par des enquêteurs de l’Ofmin, l’Office a acquis une notoriété mondiale et son expertise dans la lutte contre la pédocriminalité est reconnue.Le milliardaire russe de 40 ans, naturalisé Français en 2021, a été mis en examen fin août dernier pour une litanie d’infractions relevant de la criminalité organisée, la justice lui reprochant globalement de ne pas agir contre la diffusion de contenus criminels sur la messagerie.Ce que conteste Telegram qui soutient que, “depuis 2018”, elle “lutte contre la pédocriminalité de plusieurs manières: bannissement basé sur l’empreinte numérique d’un contenu, équipes de modération dédiées, lignes d’assistance téléphonique pour les ONG et rapports de transparence quotidiens sur les contenus bannis – qui peuvent tous être vérifiés”.Pavel Durov est depuis sa mise en examen soumis à un contrôle judiciaire strict qui lui interdit de quitter la France sans autorisation des autorités. La justice a d’ailleurs récemment refusé d’accéder à sa demande de se rendre pour raisons professionnelles aux Etats-Unis, au motif que ce déplacement n’apparaissait “pas impérieux ni justifié”. Elle l’avait auparavant autorisé en mars à se rendre à Dubaï, siège de la société.Le modèle de Telegram repose sur la confidentialité. Les données personnelles des utilisateurs sont protégées et les échanges chiffrés. Selon plusieurs enquêteurs, la plateforme a fait des efforts ces derniers mois pour collaborer.Mais depuis la fermeture de la plateforme Coco en juin 2024 après plusieurs affaires liées à de la pédopornographie, nombre de pédocriminels, note un enquêteur, ont migré sur Telegram.
Travailleurs sans-papiers: très attendue, la nouvelle liste des métiers en tension enfin publiée
Agriculture, aide à domicile, hôtellerie ou restauration: la liste actualisée des métiers en tension, permettant de régulariser des travailleurs étrangers, a été publiée jeudi au Journal officiel, après plusieurs reports.Transmise par le gouvernement aux partenaires sociaux le 21 février, cette mise à jour, prévue chaque année selon la loi immigration de janvier 2024, devait être publiée fin février avant d’être repoussée plusieurs fois. La dernière version date de 2021.Établie région par région, cette liste énumère les quelque 80 métiers en manque de main d’oeuvre, grâce auxquels les travailleurs étrangers peuvent prétendre à un titre de séjour en justifiant de douze mois de bulletins de salaire au cours de vingt-quatre derniers mois et trois ans de résidence en France. Cette disposition, censée incarner le volet social de la loi portée par l’ancien ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, est applicable jusqu’à fin 2026. Elle doit permettre à des patrons ayant des difficultés à recruter de garder leurs employés et d’écarter le risque d’une condamnation – l’emploi d’une personne en situation irrégulière est passible de 30.000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement.Parmi les “métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement” figurent notamment en bonne place les “agriculteurs salariés”, “aides à domicile et aides ménagères”, “aides de cuisine”, “cuisiniers”, “employés de maison et personnels de ménage”, “maraîchers/horticulteurs salariés”, ainsi que les employés de l’hôtellerie et du secteur du bâtiment.- “Des choses étonnantes” -“Enfin ! Ca faisait des mois et même des années qu’on l’attendait. Je pense à tous ces employeurs et ces salariés sous alias qui attendaient cette liste pour déposer leur dossier de demande de régularisation. C’est un soulagement pour eux”, a réagi Franck Trouet, délégué général du Groupement des hôtelleries et restaurations (GHR) auprès de l’AFP. “On reconnaît que l’hôtellerie restauration, premier recruteur de France est un secteur en tension. C’est une avancée, même s’il y a des choses étonnantes: à Paris seul le métier de cuisinier figure dans la liste, mais pas celui d’aide cuisinier, plongeur ou de serveur”, s’étonne M. Trouet.Selon France Travail, le besoin de main d’oeuvre dans ce secteur en 2025 est estimé à 336.000 emplois (CDI et CDD de plus de six mois) avec des “difficultés” de recrutement pour la moitié d’entre eux.Déplorant d’avoir découvert la liste définitive jeudi matin “comme tout le monde”, la secrétaire nationale de la CFDT en charge des politiques migratoires Lydie Nicol a dénoncé auprès de l’AFP “une concertation qui n’en a eu que le nom”.”Cette liste tombe au moment où il faudrait déjà discuter de sa mise à jour annuelle (…) ce qui prouve que le gouvernement joue la montre afin de ne pas mettre en oeuvre la seule mesure de la loi immigration permettant d’améliorer la régularisation par le travail”, a estimé la représentante syndicale.L’U2P (union des entreprises de proximité) regrette que “les requêtes de nombreuses professions de l’alimentation (boucheries, boulangeries, charcuteries, poissonneries…) qui font pourtant face à d’importantes difficultés de recrutement, voire à de véritables pénuries de personnel (…) n’aient pas été retenues dans la liste finale”. “Cette absence de prise en compte va porter un préjudice important aux entreprises concernées”, prévient l’organisation professionnelle qui appelle le gouvernement à “réviser” sa copie.”Cette liste est issue des tensions entre le ministre du Travail et celui de l’Intérieur et ne prend pas en compte toute la réalité des besoins de main d’oeuvre et de formation”, a pointé de son côté Gérard Ré, secrétaire confédéral de la CGT. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, chantre d’une baisse de l’immigration, a répété que les employeurs devaient recruter des étrangers en situation régulière au chômage. Cette liste “articule les exigences du marché du travail, les réalités humaines et les priorités économiques du pays”, a indiqué dans un communiqué la ministre chargée du Travail Astrid Panosyan-Bouvet.
En Syrie, vent d’optimisme après la levée des sanctions
Dans son bureau de change et de transferts au coeur de Damas, Anas al-Chammaa attend impatiemment de pouvoir effectuer à nouveau des virements, après la levée des sanctions occidentales qui avaient isolé la Syrie du reste du monde ces dernières années.L’annonce d’une levée des sanctions par Washington la semaine dernière, puis par l’Union européenne mardi, …
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En Syrie, vent d’optimisme après la levée des sanctions
Dans son bureau de change et de transferts au coeur de Damas, Anas al-Chammaa attend impatiemment de pouvoir effectuer à nouveau des virements, après la levée des sanctions occidentales qui avaient isolé la Syrie du reste du monde ces dernières années.L’annonce d’une levée des sanctions par Washington la semaine dernière, puis par l’Union européenne mardi, a provoqué un vent d’optimisme dans le pays où la livre syrienne s’est un peu redressée sur le marché noir, même si le chemin d’une relance économique est encore long.”Sous les sanctions, le secteur bancaire s’est effondré, nous avons été complètement coupés du monde et réduits à l’isolement”, explique Anas al-Chammaa, 45 ans.Durant les 14 ans de guerre civile, les sanctions occidentales concernaient toute entité traitant avec des institutions financières liées à l’ancien pouvoir.A présent, il espère que “l’économie syrienne commencera à se redresser (..), que les commerçants pourront à nouveau transférer directement des fonds vers l’étranger sans difficultés, et les expatriés envoyer de l’argent à leurs familles”.Le système bancaire syrien était exclu des marchés internationaux après le gel des avoirs de la Banque centrale et l’interdiction de toute interaction avec celle-ci.Depuis l’annonce par Donald Trump de la levée des sanctions, la livre syrienne s’est redressée, s’échangeant à 8.500 livres pour un dollar sur le marché noir, après avoir frôlé les 13.000 livres pour un dollar. Mais pour les experts, il s’agit d’une amélioration ponctuelle due à l’effet psychologique de la levée des sanctions.- “En un clic” -Mohammad Al-Halabi, 25 ans, un diplômé en économie, espère que cette levée des sanctions mettra fin aux transferts via le marché noir, pour lesquels près du tiers de la somme est prélevé en commission.”Avec la levée des sanctions, les transferts se feront désormais en un clic, comme dans n’importe quel autre pays”, se réjouit-il.Les nouvelles autorités islamistes, qui ont renversé en décembre Bachar al-Assad, ont hérité d’un pays exangue, épuisé par la guerre civile et les sanctions imposées au pouvoir précédent.Elles comptent sur le soutien de leurs alliés et des pays occidentaux pour lancer la phase de reconstruction, dont le coût est estimé par l’ONU à plus de 400 milliards de dollars.Mercredi soir, le président intérimaire Ahmad al-Chareh a en a appelé “aux entreprises européennes souhaitant investir en Syrie”, affirmant que son pays, “important couloir économique entre l’Orient et l’Occident”, constitue aujourd’hui “une opportunité d’investissement prometteuse”.Mais les experts économiques tempèrent l’optimisme ambiant, estimant que les autorités doivent encore mettre en place un cadre propice à l’investissement, garantir la transparence des grands contrats et faire le nécessaire pour reconnecter le système bancaire syrien au système financier mondial. “Avec la fin des sanctions générales, on peut s’attendre à une accélération de la reconstruction des infrastructures, routes, hôpitaux, écoles”, explique l’économiste Benjamin Fève à l’AFP. Selon lui, l’Arabie saoudite, le Qatar ou la Turquie, alliés du nouveau gouvernement syrien, devraient intensifier leurs échanges et leurs investissements, notamment dans la reconstruction.Mais d’autres secteurs clés, tels que l’énergie ou la finance, nécessiteront “des investissements colossaux et bien plus de temps” dans un processus “qui pourrait encore prendre plusieurs mois”, ajoute-t-il.- Netflix et Tik Tok -“Avant que les banques européennes puissent renouer (..) avec les banques syriennes, elles devront évaluer les normes syriennes en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme – un domaine dans lequel la Syrie accuse un retard significatif”, prévient M. Fève.Et à ce jour, aucune nouvelle loi sur l’investissement n’a été adoptée, ni aucune réforme économique annoncée, après des décennies de corruption institutionnelle ayant contribué à la dégradation du climat des affaires.Un homme d’affaires syrien basé entre Dubaï et Damas, qui a requis l’anonymat, affirme à l’AFP qu’il souhaite depuis la chute d’Assad investir davantage en Syrie. “J’ai frappé à de nombreuses portes, mais je n’ai pas réussi à savoir quelles démarches suivre, ni quelles lois ou règlements s’appliquent”, dit-il.Dans sa boutique d’électronique à Damas, Zouhair Fawwal, 36 ans, ne s’attend pas à des changements immédiats dans son quotidien. “Tout ce que je souhaite pour l’instant, c’est que des applications comme Netflix ou TikTok fonctionnent enfin en Syrie”, confie-t-il avec un sourire.
Gaza: 52 morts dans des raids israéliens selon les secours, nouvelles évacuations
L’armée israélienne a émis jeudi un avis d’évacuation pour les habitants de 14 secteurs du nord de la bande de Gaza, en dépit des critiques internationales croissantes sur l’intensification de son offensive dans le territoire palestinien affamé et dévasté.La Défense civile locale a fait état de 52 personnes tuées dans des bombardements israéliens à travers le territoire palestinien depuis les premières heures du jour.Alors que les Gazaouis survivent dans des conditions jugées alarmantes par la communauté humanitaire, les autorités israéliennes ont annoncé cette semaine une reprise limitée de l’aide après un blocus total de plus de deux mois.Dans le même temps, l’armée a intensifié ses bombardements et opérations terrestres, dans le but affiché d’anéantir le Hamas et de libérer les otages enlevés lors de l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre.”L’armée israélienne opère avec force dans les zones où vous vous trouvez (…) car les organisations terroristes poursuivent leurs activités et opérations”, a-t-elle averti jeudi en arabe, sur les réseaux sociaux, dans un appel à l’évacuation de 14 secteurs du nord de la bande de Gaza, notamment le camp de Jabalia. L’armée, qui s’est emparée de larges pans du territoire après avoir rompu le 18 mars une trêve de deux mois, avait émis un avertissement similaire pour le nord de Gaza mercredi soir, en réponse, selon elle, à des tirs de roquettes. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu a annoncé début mai un plan pour la “conquête” de Gaza, au prix du déplacement interne de “la plupart” de ses 2,4 millions d’habitants. – “Tout le monde attend” l’aide -Affirmant vouloir contraindre le Hamas à relâcher les otages du 7-Octobre, Israël avait bloqué le 2 mars l’entrée de toute aide à Gaza, accusant le mouvement palestinien de la détourner, ce que ce dernier dément. Soumis à une forte pression américaine et européenne, Israël a accepté une reprise très limitée des entrées d’aide lundi.Mercredi, l’ONU a annoncé qu'”environ 90 chargements de camions” ont été expédiés dans le territoire. Le gouvernement du Hamas à Gaza a confirmé que l’équivalent de 87 camions d’aide étaient entrés. Mais sur le terrain, les Palestiniens attendent désespérément des livraisons, compliquées selon les organisations humanitaires par les conditions imposées par Israël et de sécurité. A chaque fois qu’il entend parler d’une arrivée de colis, Hossam Abou Aïda se précipite vers les entrepôts de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens à Gaza-ville, où il est déplacé. Mais seulement pour découvrir, après une longue attente, que “c’était un mensonge”, dit-il.”La situation est insupportable”, indique mercredi Oum Talal al-Masri, 53 ans: “Personne ne nous a rien distribué, tout le monde attend.” – Que le Hamas “lâche ses armes” -Face à une situation humanitaire catastrophique et l’intensification des opérations militaires israéliennes à Gaza, de nombreux pays européens ont accentué la pression sur Israël pour faire taire les armes.L’Union européenne a annoncé mardi qu’elle allait réexaminer son accord d’association avec Israël, en vigueur depuis 2000, et Londres a dit suspendre les négociations avec Israël sur un accord de libre-échange.Israël a rejeté ces critiques, et dénoncé une “incitation à la haine” le visant dans de nombreux pays après qu’un homme a tué deux employés de son ambassade aux Etats-Unis, près du Musée juif de Washington mercredi soir, scandant des slogans pro-palestiniens lors de son arrestation. “Malheureusement, l’antisémitisme existe partout dans le monde et augmente”, déplore Liora, une habitante de Tel-Aviv en visite à Jérusalem, pour qui les victimes ont été “assassinées parce qu’elles sont juives, c’est tout”, et “cela n’a rien à voir avec la cause palestinienne”. “Et si nous voulons arrêter la guerre, nous aurons besoin que le Hamas lâche toutes ses armes et rende les otages”, ajoute-t-elle. Israël est prêt à accepter un “cessez-le-feu temporaire” permettant de libérer des otages, a déclaré mercredi soir M. Netanyahu. L’option est rejetée par le Hamas, qui réclame pour libérer ses captifs la fin de la guerre et un retrait total israélien de Gaza. L’attaque sans précédent du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles. Sur 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues à Gaza, dont 20 vivantes “avec certitude” selon M. Netanyahu. La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 53.762 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.
Gaza: 52 morts dans des raids israéliens selon les secours, nouvelles évacuations
L’armée israélienne a émis jeudi un avis d’évacuation pour les habitants de 14 secteurs du nord de la bande de Gaza, en dépit des critiques internationales croissantes sur l’intensification de son offensive dans le territoire palestinien affamé et dévasté.La Défense civile locale a fait état de 52 personnes tuées dans des bombardements israéliens à travers le territoire palestinien depuis les premières heures du jour.Alors que les Gazaouis survivent dans des conditions jugées alarmantes par la communauté humanitaire, les autorités israéliennes ont annoncé cette semaine une reprise limitée de l’aide après un blocus total de plus de deux mois.Dans le même temps, l’armée a intensifié ses bombardements et opérations terrestres, dans le but affiché d’anéantir le Hamas et de libérer les otages enlevés lors de l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre.”L’armée israélienne opère avec force dans les zones où vous vous trouvez (…) car les organisations terroristes poursuivent leurs activités et opérations”, a-t-elle averti jeudi en arabe, sur les réseaux sociaux, dans un appel à l’évacuation de 14 secteurs du nord de la bande de Gaza, notamment le camp de Jabalia. L’armée, qui s’est emparée de larges pans du territoire après avoir rompu le 18 mars une trêve de deux mois, avait émis un avertissement similaire pour le nord de Gaza mercredi soir, en réponse, selon elle, à des tirs de roquettes. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu a annoncé début mai un plan pour la “conquête” de Gaza, au prix du déplacement interne de “la plupart” de ses 2,4 millions d’habitants. – “Tout le monde attend” l’aide -Affirmant vouloir contraindre le Hamas à relâcher les otages du 7-Octobre, Israël avait bloqué le 2 mars l’entrée de toute aide à Gaza, accusant le mouvement palestinien de la détourner, ce que ce dernier dément. Soumis à une forte pression américaine et européenne, Israël a accepté une reprise très limitée des entrées d’aide lundi.Mercredi, l’ONU a annoncé qu'”environ 90 chargements de camions” ont été expédiés dans le territoire. Le gouvernement du Hamas à Gaza a confirmé que l’équivalent de 87 camions d’aide étaient entrés. Mais sur le terrain, les Palestiniens attendent désespérément des livraisons, compliquées selon les organisations humanitaires par les conditions imposées par Israël et de sécurité. A chaque fois qu’il entend parler d’une arrivée de colis, Hossam Abou Aïda se précipite vers les entrepôts de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens à Gaza-ville, où il est déplacé. Mais seulement pour découvrir, après une longue attente, que “c’était un mensonge”, dit-il.”La situation est insupportable”, indique mercredi Oum Talal al-Masri, 53 ans: “Personne ne nous a rien distribué, tout le monde attend.” – Que le Hamas “lâche ses armes” -Face à une situation humanitaire catastrophique et l’intensification des opérations militaires israéliennes à Gaza, de nombreux pays européens ont accentué la pression sur Israël pour faire taire les armes.L’Union européenne a annoncé mardi qu’elle allait réexaminer son accord d’association avec Israël, en vigueur depuis 2000, et Londres a dit suspendre les négociations avec Israël sur un accord de libre-échange.Israël a rejeté ces critiques, et dénoncé une “incitation à la haine” le visant dans de nombreux pays après qu’un homme a tué deux employés de son ambassade aux Etats-Unis, près du Musée juif de Washington mercredi soir, scandant des slogans pro-palestiniens lors de son arrestation. “Malheureusement, l’antisémitisme existe partout dans le monde et augmente”, déplore Liora, une habitante de Tel-Aviv en visite à Jérusalem, pour qui les victimes ont été “assassinées parce qu’elles sont juives, c’est tout”, et “cela n’a rien à voir avec la cause palestinienne”. “Et si nous voulons arrêter la guerre, nous aurons besoin que le Hamas lâche toutes ses armes et rende les otages”, ajoute-t-elle. Israël est prêt à accepter un “cessez-le-feu temporaire” permettant de libérer des otages, a déclaré mercredi soir M. Netanyahu. L’option est rejetée par le Hamas, qui réclame pour libérer ses captifs la fin de la guerre et un retrait total israélien de Gaza. L’attaque sans précédent du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles. Sur 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues à Gaza, dont 20 vivantes “avec certitude” selon M. Netanyahu. La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 53.762 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.
La vidéo de Trump sur l’Afrique du Sud ponctuée d’erreurs prêtant à confusion
En pleine rencontre avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa à la Maison Blanche mercredi, son homologue américain Donald Trump a interrompu la session de questions-réponses d’un “éteignez les lumières” pour diffuser un montage vidéo censé prouver ses accusations de “génocide” à l’encontre de fermiers blancs en Afrique du Sud.La présentation faite par M. Trump, à l’aide de ces vidéos puis d’articles brandis sous le nez de son interlocuteur, comportait de nombreuses erreurs démêlées par l’AFP.. Les croix ne sont pas des tombesUn extrait de la vidéo montre des véhicules arrêtés le long d’une route bordée de croix blanches plantées dans le sol. “Vous avez vu toutes ces tombes”, lance quelques instants plus tard Donald Trump. “Ce sont des proches allant, j’imagine, un dimanche matin se recueillir devant les leurs qui ont été tués.”La séquence diffusée correspond en fait à une manifestation de 2020 près de Newcastle, dans l’est de l’Afrique du Sud, après le meurtre d’un couple d’agriculteurs, selon des vidéos et articles de presse de l’époque. Ces croix avaient été érigées de façon symbolique et les manifestants avaient défilé à bord de leurs véhicules. Les meurtriers du couple ont été condamnés à perpétuité.. L’homme politique montré n’est pas au pouvoirSur une autre scène du montage apparaît un homme politique lançant cet appel : “On est des Sud-Africains, on occupe des terres.””Les gens que vous avez vus dans ce film, ce sont des dirigeants”, assure Donald Trump. En réalité, l’auteur de ce discours est Julius Malema, le leader du parti de gauche radicale EFF. Sa formation a réalisé 9,5% aux élections de l’an passé et ne fait pas partie de la coalition au pouvoir. Il n’était pas davantage au précédent gouvernement.. “Kill the Boer” est un chant de la lutte anti-apartheidDans sa tenue rouge habituelle, Julius Malema, connu pour ses positions pro-russes, a entonné “Kill the Boer”, un chant hérité de la lutte anti-apartheid, l’ex-régime raciste de la minorité blanche.Le chant est décrié en Afrique du Sud et son interdiction a été demandée par le deuxième plus grand parti sud-africain, l’Alliance démocratique, qui gouverne depuis 2024 en coalition avec l’ANC, le parti de Nelson Mandela.En 2010, un tribunal l’avait d’ailleurs interdit, avant que d’autres juges n’invitent à le considérer non pas comme une incitation à la haine, mais comme un morceau d’histoire de la lutte contre la ségrégation raciale. En 2024, la plus haute cour du pays, saisie par le groupe identitaire afrikaner Afriforum, a confirmé cette décision.. Une image brandie par Trump provient de RDCAprès la vidéo, le président américain a brandi des dossiers contenant, selon lui, des articles sur des meurtres de fermiers. L’un d’eux est issu du site “American Thinker”, un blog à l’audience modeste, et reproduit une image de personnes en uniformes de la Croix-Rouge manipulant des sacs mortuaires.”Tout ça, ce sont des fermiers blancs en train d’être enterrés”, a assuré Donald Trump.L’image est en fait une capture d’écran d’une vidéo YouTube datant de février et tournée en République démocratique du Congo (RDC) dans la ville congolaise de Goma, selon la légende de la vidéo. Elle montre des restes de femmes victimes d’exactions dans le contexte de la guerre dans l’est du pays et a été publiée par le média WION, qui a utilisé des images de l’agence Reuters.. Un “grand nombre” de fermiers blancs n’est pas tué”Ces gens (les fermiers blancs) sont tués en grand nombre”, a insisté le président américain. Il a aussi rabroué un journaliste lui posant une question sur le Boeing offert par le Qatar: “C’est de ça que cet idiot me parle après avoir vu une vidéo où des milliers de personnes sont mortes ?”Pourtant les meurtres de fermiers sont loin d’être aussi nombreux et représentent une infime proportion de ceux enregistrés en Afrique du Sud, pays qui affiche l’un des taux d’homicide les plus élevés de la planète. Le groupe identitaire afrikaner AfriForum, proche des sphères trumpistes et lui-même à l’origine d’une campagne pour mettre en lumière le phénomène, avait recensé 49 meurtres de fermiers au total en 2023, toutes couleurs de peau confondues. Soit une très faible proportion des plus de 27.621 meurtres recensés par la police dans le pays entre avril 2023 et mars 2024. La plupart des victimes étaient des jeunes hommes noirs en milieu urbain.
Deux employés de l’ambassade d’Israël abattus devant le Musée juif de Washington
Un homme a abattu deux employés de l’ambassade d’Israël aux Etats-Unis près du Musée juif de Washington mercredi soir, scandant des slogans pro-palestiniens lors de son arrestation, une attaque antisémite pour de nombreuses capitales et résultat, selon Israël, de “l’incitation à la haine” contre l’Etat juif dans de nombreux pays.”Deux membres du personnel de l’ambassade israélienne ont été tués de manière insensée ce soir près du Musée juif de Washington”, a annoncé la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem sur le réseau social X.-“Furieuse incitation” à l’antisémitisme -Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné jeudi de renforcer la sécurité de toutes les représentations diplomatiques de son pays dans le monde, voyant dans cette attaque le résultat d’une “furieuse incitation” à la violence contre Israël, dont les actions militaires à Gaza alimentent de nombreux mouvements de protestation pro-palestiniens dans plusieurs pays, dont les Etats-Unis.”Ces horribles meurtres (…), évidemment motivés par l’antisémitisme, doivent cesser, MAINTENANT!”, a réagi pour sa part le président Donald Trump sur son réseau Truth Social. “La haine et le radicalisme n’ont pas leur place aux Etats-Unis”, a-t-il ajouté.De nombreuses capitales européennes ont exprimé leur indignation et qualifié d’antisémite cette attaque, dont le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd puisque le tireur a réussi à entrer dans le musée après avoir été pris pour une victime, selon des témoins.Peu après 21H00 (01H00 GMT jeudi) “nous avons entendu environ 10 à 15 coups de feu”, a raconté aux médias américains Yoni Kalin. Puis “le garde de sécurité laisse rentrer ce type. Je suppose qu’ils pensaient qu’il était une victime. Il était trempé de pluie, clairement en état de choc. (…) Certaines personnes présentes lui ont apporté de l’eau. Ils l’ont fait asseoir. +Ça va ? Vous avez été blessé ? Que s’est-il passé ?+ Et il a répondu +appelez les flics+”.Puis il a sorti un keffieh, foulard de longue date emblème pro-palestinien, et dit “c’est moi qui l’ai fait, je l’ai fait pour Gaza”, a raconté un autre témoin, Katie Kalisher.Sur une vidéo circulant sur les réseaux sociaux que l’AFP n’a pas authentifiée dans l’immédiat, un homme, barbu, à lunettes, en veste et chemise blanche, est arrêté et emmené par plusieurs personnes, sans opposer de résistance. Avant de franchir la porte, il se tourne vers l’assistance et la caméra en criant à deux reprises “Libérez, libérez la Palestine” (Free! Free Palestine!).La police l’a identifié comme étant Elias Rodriguez, âgé de 30 ans et originaire de Chicago, dans le nord des Etats-Unis. Le Musée juif, qui se situe en plein centre de Washington, non loin du Capitole, accueillait lors de l’attaque une réception organisée par l’organisation juive American Jewish Committe (AJC).- Jeune couple -Yechiel Leiter, ambassadeur d’Israël aux États-Unis, a révélé devant la presse que “le couple qui a été abattu (…) au nom de la +Palestine libre+ était un jeune couple sur le point de se fiancer. Le jeune homme avait acheté une bague cette semaine avec l’intention de demander sa petite amie en mariage la semaine prochaine à Jérusalem”.L’ambassade a publié sur X une photo du couple souriant et le ministère israélien des Affaires étrangères les a identifiés comme étant Yaron Lischinsky, Israélien — détenteur également d’un passeport allemand, selon Berlin — et Sarah Lynn Milgrim, citoyenne américaine de confession juive.”Ne vous y trompez pas: nous retrouverons les responsables et les traduirons en justice”, a écrit sur X le Secrétaire d’Etat Marco Rubio, laissant entendre qu’il pourrait y avoir d’autres responsables que le tireur.”Il existe un lien direct entre l’incitation à la haine antisémite et anti-israélienne, et ce meurtre. Cette incitation est également le fait de dirigeants et de responsables de nombreux pays et organisations internationales, particulièrement en Europe”, a dénoncé le chef de la diplomatie israélienne Gidéon Saar, en référence aux nombreuses protestations dans le monde contre l’offensive israélienne contre Gaza.- Extrême gauche -Depuis les attaques du 7 octobre 2023 du Hamas contre Israël et les ripostes israéliennes contre Gaza qui ont fait plus de 50.000 morts selon le mouvement islamiste, les Etats-Unis ont connu une vague de mobilisation pro-palestinienne, notamment sur les campus universitaires, et une forte hausse des actes antisémites, dénoncée par la précédente administration démocrate de Joe Biden.L’extrême gauche en particulier s’est mobilisée en faveur des Palestiniens et contre l’offensive israélienne.Jeudi, le parti d’extrême gauche américain “Party for Socialism and Liberation” (PSL), tout en admettant que M. Rodriguez avait milité “brièvement” dans ses rangs en 2017, s’est défendu sur X de tout lien avec l’attaque et dit que le suspect n’était pas membre du parti.






