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Pédocriminalité: un des 55 suspects interpellés s’est défenestré

Un des 55 hommes interpellés partout en France cette semaine dans le cadre d’une opération contre un réseau de pédocriminalité s’est défenestré vendredi matin près de Strasbourg et a été hospitalisé.Raphaël S., 45 ans, devait comparaître dans l’après-midi devant le tribunal de Strasbourg pour détention et diffusion d’images pédopornographiques, entre mars 2019 et mai 2025. L’homme s’est jeté du troisième étage d’un bâtiment situé à Geispolsheim, une commune de la grande banlieue strasbourgeoise.”Son pronostic vital est engagé. La personne est dans le coma actuellement”, a déclaré son avocat Michaël Wacquez au tribunal. La représentante du parquet, Agnès Robine, a confirmé qu’une “enquête a été ouverte suite à la découverte de monsieur, grièvement blessé”, précisant qu’il est “actuellement hospitalisé dans un état grave”.L’audience de comparution immédiate a été renvoyée au 6 août 2025, le tribunal décidant de le maintenir sous contrôle judiciaire, avec l’interdiction d’entrer en contact avec des mineurs.Raphaël S. avait été interpellé lundi. Salarié d’un Ehpad, il est également “évêque” de l’Église gallicane, une association qui se présente comme chrétienne mais qui est séparée de l’Eglise catholique et n’est reconnue par aucune confession.Sur le portail de son église, un simple pavillon situé au bord d’une route à Lingolsheim, est affiché un message indiquant “Pas de messe ce soir”, a constaté une journaliste de l’AFP. Sur le côté du bâtiment, une banderole proclame “Centre miséricorde. Sanctuaire de pèlerinage à Saint Joseph. Venez ici le prier avec confiance”.- Il reconnaît les faits -Raphaël S., qui  n’a pas d’antécédents judiciaires, avait été déféré mercredi et placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de l’audience de comparution immédiate. “Il reconnaît les faits et il voulait s’en expliquer devant ses juges en essayant de trouver une solution sur le plan médical”, et par le biais d’un “traitement avec un psychothérapeute” a déclaré son avocat à la presse vendredi.C’est la position “qui a toujours été la sienne depuis le début de ce dossier”, a souligné Me Wacquez. Sur les faits qui lui sont reprochés, l’avocat a évoqué une “problématique médicale”: “Il avait besoin de soigner des pulsions par le visionnage d’images”.Né en septembre 1979 à Strasbourg, Raphaël S. a une compagne mais habite chez sa mère à Geispolsheim. Il n’a pas d’enfants, selon son avocat. “Il était toujours avec sa mère”, a déclaré à l’AFP Carla 44 ans, à Lingolsheim.”C’est choquant parce que c’est des clients”, a aussi témoigné une commerçante, qui décrit l’homme arrêté comme “discret”.Selon le journal local DNA, Raphaël S. avait béni la chapelle privée d’Alain Delon à Douchy, dans le Loiret.”J’ai connu Alain Delon par l’intermédiaire de Brigitte Bardot, une amie”, avait expliqué l’an dernier à ce journal l’Alsacien qui, sur les réseaux sociaux, se présente comme un “militant dans le domaine de la protection animale”.- Coup de filet -Cinquante-cinq hommes ont été interpellés partout en France entre lundi et jeudi dans le cadre d’une vaste opération de démantèlement d’un réseau de pédocriminalité qui échangeait sur la plateforme Telegram.Ils ont tous en commun d’avoir été en lien avec des pédocriminels “extrêmement dangereux”, incarcérés depuis l’été dernier, a expliqué jeudi à l’AFP le commissaire Quentin Bevan, chef du pôle opérationnel de l’Office des mineurs (Ofmin).Cette vaste opération a eu pour point de départ l’arrestation l’été dernier par les policiers de l’Ofmin de pédocriminels qui agressaient des enfants et mettaient en ligne leurs méfaits sur Telegram. Ils sont mis en examen notamment pour traite d’êtres humains et encourent la perpétuité.”Derrière ces abuseurs avérés d’enfants, il a fallu dix mois d’enquête pour parvenir à ce coup de filet”, a déclaré le commissaire Bevan, qui a souligné que Telegram “reste toujours la plateforme privilégiée” et un “repaire de pédocriminels”.

Procès Le Scouarnec: le maximum de 20 ans de réclusion requis, avec rétention de sûreté

Une peine maximale de 20 ans de réclusion assortie d’une série de mesures de sûreté en raison du “risque très élevé de récidive”, a été requise vendredi contre l’ex-chirurgien pédocriminel Joël Le Scouarnec, à quelques jours du verdict.Devant la cour criminelle du Morbihan à Vannes, l’avocat général Stéphane Kellenberger a demandé aux juges de prononcer vingt années de réclusion criminelle avec une “période de sûreté spéciale des deux-tiers eu égard à la gravité” des faits reprochés à l’accusé, jugé pour des viols et agressions sexuelles aggravés sur 299 personnes, pour la plupart des patients mineurs au moment des faits. Il a également requis une mesure spéciale de “rétention de sûreté”, s’appliquant après qu’un condamné a purgé sa peine, “du fait des troubles graves de sa personnalité et de la dangerosité induites par ces troubles en termes de risques très élevés de récidive”.Le magistrat a aussi demandé un suivi socio-judiciaire pendant 20 ans, une injonction de soins avec “sept ans supplémentaires encourus en cas d’infraction”.Joël Le Scouarnec, 74 ans, doit en outre être interdit définitivement d’exercer la médecine ou une autre profession dans le domaine de la santé, et ne plus avoir le droit d’exercer auprès de mineurs, mais aussi de posséder un animal, en raison de sa zoophilie, a exigé M. Kellenberger.L’ex-chirurgien doit aussi être privé pour dix ans de ses droits civiques et de famille, a estimé le représentant du ministère public, qui a également demandé une interdiction de séjour dans les régions Bretagne, Centre-Val-de-Loire, Pays de Loire, Normandie et Île-de-France “pour préserver les victimes de la terreur” de le croiser.”La peine maximum, c’est celle qui était attendue (…) avec quelques petites surprises comme l’interdiction de détenir un animal (…) ou d’être dans les départements”, a réagi Me Louise Aubret-Lebas, avocate de victimes. “Mes clients y sont très sensibles.”- “Le diable” -Pendant trois heures, l’avocat général a repris le fil de ce procès commencé le 24 février, un “procès hors-norme (qui) a été au-delà de l’abjection et de l’entendement.”Un procès qui ne sera pas le dernier: “il y aura probablement une autre procédure Le Scouarnec” concernant d’autres victimes potentielles, a ainsi déclaré le magistrat.”Vous étiez le diable et il s’habille parfois en blouse blanche”, a-t-il lancé.Tout au long de son réquisitoire, M. Kellenberger a avancé sur une ligne parfois ténue pour justifier les décisions du parquet de Lorient, critiquées par certaines parties civiles.”Dans une affaire d’une telle ampleur”, s’étendant de 1989 à 2014 et sur de multiples départements, la justice ne pouvait pas identifier chacune des victimes, ou pas dans les délais impartis pour ce procès ouvert le 24 février devant la cour criminelle du Morbihan, a expliqué M. Kellenberger.Mais “ces victimes ne sont pas oubliées” et “des investigations complémentaires sont en cours et pourront donner lieu à un procès”, a-t-il souligné.De même, le parquet de Lorient a ouvert une enquête distincte “contre X pour non-empêchement de crime et de délit”, a rappelé le magistrat. “Joël Le Scouarnec devait-il être seul dans le box?”Enfin, il a semblé faire son mea culpa concernant “la maladresse” avec laquelle les victimes avaient appris de la bouche des enquêteurs leur présence dans les carnets de l’accusé, qui y décrivait scrupuleusement les violences sexuelles qu’il leur infligeait.- “A la hauteur des enjeux” -Pour Stéphane Kellenberger, “aucune circonstance n’a jamais freiné Joël Le Scouarnec, aucune sauf son emprisonnement”.Arrêté en juin 2017, Joël Le Scouarnec purge actuellement une première peine de 15 ans de prison pour des violences sexuelles sur quatre enfants.Le cumul des peines n’existant pas dans le droit français, l’accusé n’effectuera peut-être pas l’entièreté des 20 ans requis par M. Kellenberger, a-t-il rappelé. Aux Etats-Unis, il aurait à purger “deux millénaires”.Mais la cour, a insisté le magistrat, ne peut “aller en deçà” de cette peine maximale de 20 ans: “cela n’aurait aucun sens pour les victimes et l’accusé lui-même.”Un réquisitoire “à la hauteur des enjeux” même si “nous avons de nombreux désaccords”, a salué l’un des avocats de la défense, Me Maxime Tessier, qui a souhaité réserver ses arguments pour sa plaidoirie lundi.Le verdict est attendu le 28 mai.

Russie : Lioudmila Vassilieva, 84 ans, condamnée pour avoir demandé “la paix”

Survivante du siège de Léningrad, Lioudmila Vassilieva, 84 ans, a été condamnée vendredi à une amende par un tribunal russe pour avoir publiquement brandi une pancarte réclamant “la paix”, en pleine offensive russe en Ukraine.”J’ai extrêmement mal pour mon pays”, avait, avant son jugement, dit cette femme qui a quatre petits-enfants, dans son appartement de Saint-Pétersbourg. Portant un cardigan bordeaux et soigneusement maquillée, Lioudmila Vassilieva, cheveux courts et gris, avait alors montré l’objet du délit : une pancarte avec un texte écrit à la main, qui lui a valu d’être jugée pour avoir “discrédité” l’armée, comme des milliers d’autres depuis le début de l’assaut russe en Ukraine en 2022.Il y est écrit : “A tous. Arrêtons la guerre ! Nous sommes responsables de la paix sur Terre !”. Le tout signé : “Avec amour, Lioudmila, enfant de Léningrad assiégée”, dans une référence compréhensible par tous les Russes au terrible siège, qui a duré du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944, par l’armée allemande de Léningrad (le nom de Saint-Pétersbourg à l’époque soviétique).  Lioudmila Vassilieva a brandi sa pancarte en mars dernier dans le centre de la deuxième ville de Russie.- Coupable d’avoir “discrédité” l’armée -Vendredi, le tribunal Kouïbychevski de Saint-Pétersbourg l’a reconnue coupable et l’a condamnée à une amende de 10.000 roubles (110 euros).Amnesty International, une ONG que la Russie a interdite lundi, estimait en 2023 que le délit de “discrédit” de l’armée était “utilisé pour criminaliser l’expression de toute opinion critique de l’invasion” de l’Ukraine.Le procès de Lioudmila s’est à cet égard inscrit dans un contexte de répression des voix dissidentes en Russie, dont l’offensive en Ukraine a fait au moins des dizaines de milliers de morts et de blessés, civils comme militaires, des deux côtés. Les arrestations pour “espionnage”, “trahison”, “sabotage”, “extrémisme” ou pour des critiques de l’armée se sont multipliées ces trois dernières années.La justice russe a notamment condamné en novembre dernier à cinq ans et demi de prison ferme une pédiatre de 65 ans à Moscou. Elle était accusée par la mère d’un de ses patients d’avoir critiqué l’assaut russe en Ukraine au cours d’une consultation.Lioudmila Vassilieva a, quant à elle, plaidé la “non-indifférence” pour expliquer son geste. “J’ai toujours été une personne qui n’est pas indifférente. J’ai toujours été du côté des faibles”, a-t-elle expliqué.- “Laissez les gens vivre !” -Dans son clair et grand appartement de Saint-Pétersbourg, deux élégants chats batifolent au milieu des livres. Il y a aussi le portrait de sa mère, qui a survécu au siège de Léningrad avec cinq enfants sur les bras, dont la petite Lioudmila.”Maman disait toujours : +nous pouvons tout supporter, pourvu qu’il n’y ait pas la guerre+”, a-t-elle raconté à l’AFP, se remémorant cet épisode tragique de la Deuxième Guerre mondiale, resté un symbole de la résistance face à l’Allemagne nazie, au cours duquel entre 600.000 et 1,5 million de personnes sont mortes, de faim pour la plupart. “Il arrivait à maman de donner son sang pour obtenir une ration supplémentaire”.Après la Deuxième Guerre mondiale, “on parlait tout le temps de la paix. Rappelez-vous du passé pour que cela (la guerre, ndlr) ne se reproduise jamais”. “Mais aujourd’hui, de quoi parle-t-on ?”, s’interroge Lioudmila, émue, faisant allusion au discours aux accents belliqueux du pouvoir et des médias russes.Pour cette femme, qui était ingénieure à l’époque de l’URSS, la Perestroïka (Restructuration) et les réformes mises en oeuvre par Mikhaïl Gorbatchev dans les années 1980 ont constitué une “fenêtre vers la liberté”. Membre du parti libéral “Choix démocratique” dans les années 1990, elle déclare baigner dans les idéaux démocratiques depuis toujours et avoir “participé à tous les rassemblements d’opposition” depuis l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en 2000.Son credo est : “Laissez les gens vivre et choisir par eux-mêmes ce qu’ils veulent !”.Et l’appel à la “paix” lancé en plein centre de Saint-Pétersbourg était non pas adressé aux autorités russes mais à “tous les gens”, car ce sont eux “qui peuvent avoir de l’influence et arrêter” le conflit, explique Lioudmila. “Quant à moi, j’ai déjà 84 ans. Je n’ai pas peur”.

Procès Le Scouarnec: début du réquisitoire, un nouveau procès déjà évoqué

“Il y aura probablement une autre procédure Le Scouarnec” concernant d’autres victimes potentielles, a affirmé vendredi l’avocat général Stéphane Kellenberger, au début de ses réquisitions au procès de l’ex-chirurgien pédocriminel, jugé à Vannes pour viols et agressions sexuelles sur 299 personnes.Un seul fait de viol commis avec de telles circonstances aggravantes expose le pédocriminel à une peine maximale de 20 ans de réclusion.Il ne fait pas de doute pour la plupart des protagonistes du procès que M. Kellenberger demandera cette peine maximale pour l’accusé, déjà condamné en 2020 à Saintes (Charente-Maritime) à 15 ans de réclusion pour des viols et agressions sur plusieurs fillettes.”Mon client est archi coupable”, concède même son avocat Me Maxime Tessier.Avant d’énoncer sa demande de sanctions, l’avocat général a semblé chercher à justifier l’action de la justice, parfois vivement critiquée par les victimes durant les trois mois d’audience. “Dans toute procédure pénale demeurent toujours des zones d’ombre”, a-t-il ainsi relevé.”Dans une affaire d’une telle ampleur”, s’étendant de 1989 à 2014 et sur de multiples départements, la justice ne pouvait pas identifier chacune des victimes, ou pas dans les délais impartis pour ce procès ouvert le 24 février devant la cour criminelle du Morbihan, a expliqué M. Kellenberger.Mais “ces victimes ne sont pas oubliées” et “des investigations complémentaires sont en cours et pourront donner lieu à un procès”, a-t-il assuré. L’avocat général a également mentionné “l’enquête contre X pour non-empêchement de crime et de délit” contre l’intégrité des personnes, ouverte par son parquet, celui de Lorient, à la suite de plaintes d’associations. Celles-ci dénoncent l’inaction des autorités sanitaires, des institutions hospitalières et des différentes instances de l’Ordre des médecins qui ont été averties d’une condamnation de Joël Le Scouarnec à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques en 2005 mais n’ont rien fait pour l’empêcher d’exercer ou pour encadrer sa pratique au contact d’enfants.Il avait poursuivi sans encombre sa carrière et ses actes pédocriminels dans différents établissements de l’ouest de la France, jusqu’à son arrestation en 2017 en Charente-Maritime.- Mesures contre la récidive? -“Joël Le Scouarnec devait-il être seul dans le box?”, s’est interrogé M. Kellenberger dans ses réquisitions.”Il aurait pu être fait mieux, être fait autrement, même au milieu du fameux mille-feuille administratif français, chacun se renvoyant allègrement la balle jusqu’à ce que cette balle soit perdue et percute des innocents”, a-t-il lancé.La sanction demandée par M. Kellenberger sera-t-elle assortie d’une ou plusieurs mesures de sûreté pour éviter une récidive du pédocriminel?Pour les experts qui l’ont examiné, Joël Le Scouarnec est non seulement “totalement responsable de ses actes” mais présente aussi un très important risque de récidive.En 2023, ils ne notent chez lui “aucune compassion” pour ses victimes et la psychiatre Isabelle Alamone juge son “profil très inquiétant”, avec une “dangerosité criminologique très importante”. Pour elle, la détention est actuellement “la meilleure garantie” contre un nouveau passage à l’acte. “Même à son âge”, “la vigilance sera toujours de mise, il n’y aura pas de guérison en tant que telle.”La défense de Joël Le Scouarnec a insisté quant à elle sur “l’évolution” de l’accusé depuis le début du procès. Lui qui niait de nombreux viols et s’abritait parfois derrière des “gestes médicaux” a en effet fini par reconnaître l’intégralité des faits qui lui sont reprochés.Il en a même avoué d’autres, déjà prescrits, ou encore inconnus, comme ces violences sexuelles commises sur sa propre petite-fille qui font l’objet d’une nouvelle procédure.Cela risque toutefois de ne pas peser lourd dans la balance, d’autant que l’accusé maintient dans le même temps qu’il n’a aucun souvenir individuel de ses victimes et des violences qu’il leur infligeait, les consignant ensuite scrupuleusement dans des carnets.”Je ne sais pas, je ne me souviens pas”, a-t-il répété, suscitant fréquemment l’agacement de l’accusation et la colère des parties civiles.Beaucoup d’avocats de victimes ont également remis en cause la sincérité de ses excuses, réitérées de manière presque mécanique au fil des semaines, parfois au mot près.Quand il assure aujourd’hui ne plus avoir aucune attirance pour les enfants, “il se voile clairement la face et se ment à lui-même”, a lancé jeudi Me Virginie Hamon durant sa plaidoirie. Le procès se poursuivra lundi avec les plaidoiries de la défense et les derniers mots de l’accusé, avant que les cinq magistrats de la cour ne se retirent pour délibérer.Le verdict est attendu le 28 mai.

Nucléaire: nouveaux pourparlers à Rome entre l’Iran et les Etats-Unis

Des négociateurs de l’Iran et des Etats-Unis se sont retrouvés vendredi à Rome pour un cinquième cycle de pourparlers sur le nucléaire iranien sous médiation omanaise, au moment où les négociations semblent buter sur la question de l’enrichissement d’uranium.Téhéran et Washington, ennemis depuis la Révolution islamique de 1979 qui a renversé en Iran une monarchie pro-occidentale, ont entamé le 12 avril des discussions sur l’épineux dossier du programme nucléaire iranien.Les agences iraniennes Tasnim, Fars et Isna ont rapporté autour de 12H00 GMT le début des discussions entre le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, et l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff.Ces pourparlers représentent le plus haut niveau d’engagement entre les deux pays depuis le retrait unilatéral en 2018 par les Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu trois ans plus tôt à Vienne.Le président américain Donald Trump, à l’origine de cette décision durant son premier mandat (2017-2021), a rétabli de lourdes sanctions américaines contre l’Iran dans le cadre d’une politique dite de “pression maximale”. Il cherche dorénavant à négocier un nouveau pacte avec Téhéran, qui espère une levée des sanctions qui asphyxient son économie.Les négociateurs des deux pays se retrouvent vendredi au moment où Washington et Téhéran affichent publiquement leur désaccord sur la question sensible de l’enrichissement d’uranium. L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, qui mène les discussions pour Washington, a estimé dimanche que les Etats-Unis “ne pouvaient autoriser ne serait-ce qu’un pour cent de capacité d’enrichissement” à l’Iran. – “Désaccords fondamentaux” -“L’Iran ne peut pas avoir une capacité d’enrichissement, car cela en ferait une puissance nucléaire potentielle”, a argué mercredi le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.Des “désaccords fondamentaux” demeurent avec les Etats-Unis, a estimé jeudi le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, qui mène les négociations pour Téhéran.Si les Etats-Unis empêchent l’Iran d’enrichir de l’uranium “il n’y aura pas d’accord”, a-t-il mis en garde.Téhéran, qui défend un droit au nucléaire civil, considère cette exigence comme contraire aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP), dont l’Iran est signataire.”La souveraineté de l’Iran est une ligne rouge et l’Iran ne renoncera en aucun cas au droit d’enrichir de l’uranium”, a déclaré à l’AFP le politologue iranien Mohammad Marandi.Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et Israël, ennemi juré de l’Iran, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Téhéran nie avoir de telles visées.Le nucléaire emploie en Iran plus de 17.000 personnes, notamment dans l’énergie et le secteur médical, selon le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi.”Les Pays-Bas, la Belgique, la Corée du Sud, le Brésil et le Japon enrichissent (l’uranium) sans posséder d’armes nucléaires”, avait-il souligné début mai.Jeudi, le président américain, Donald Trump, a parlé de l’Iran avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, selon la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.- “Dans la bonne direction” -M. Trump estime que les négociations avec Téhéran, vues avec scepticisme voire franche hostilité par le dirigeant israélien, “vont dans la bonne direction”, a-t-elle ajouté.Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran enrichit actuellement l’uranium à 60%, bien au-delà de la limite de 3,67% autorisée par l’accord de 2015, mais en deçà du taux de 90% nécessaire pour un usage militaire. Téhéran a pris ses distances avec ses engagements de 2015 en représailles au retrait américain de l’accord sur le nucléaire.L’accord sur le nucléaire de 2015, qui expire en octobre, soit dix ans après l’entrée en vigueur du texte, prévoit la possibilité de réimposer des sanctions onusiennes si l’Iran ne se conforme pas à ses engagements.