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Nucléaire Iran/Etats-Unis: les pourparlers de vendredi “constructifs” selon Washington
Le cinquième cycle de pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran sur le nucléaire, qui s’est tenu vendredi à Rome sous la médiation d’Oman, a été “constructif” selon Washington, Téhéran parlant d’un échange “professionnel” mais de discussions “compliquées”.Téhéran et Washington, ennemis depuis la Révolution islamique de 1979 qui a renversé en Iran une monarchie pro-occidentale, ont entamé le 12 avril des discussions sur l’épineux dossier du programme nucléaire iranien.Les pourparlers entre le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, et l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, ont duré environ trois heures à Rome, à la résidence de l’ambassadeur omanais selon les médias iraniens.”Les discussions continuent d’être constructives – nous avons fait des progrès supplémentaires, mais il reste encore du travail à faire”, a déclaré un haut responsable américain sous le couvert de l’anonymat, en ajoutant que “les deux parties sont convenues de se rencontrer à nouveau dans un avenir proche”.De son côté, M. Araghchi a parlé de négociations “tellement compliquées qu’elles ne peuvent se régler en deux ou trois réunions”. Il a cependant qualifié les échanges vendredi avec Washington de très “professionnels”.- “Quelques progrès” -Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Boussaïdi, a lui parlé de “quelques progrès”.”Nous espérons clarifier les questions en suspens dans les prochains jours, afin de progresser vers l’objectif commun de parvenir à un accord durable”, a-t-il écrit sur X.Ces pourparlers représentent le plus haut niveau d’engagement entre les deux pays depuis le retrait unilatéral en 2018 par les Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu trois ans plus tôt à Vienne.Le président américain Donald Trump, à l’origine de cette décision durant son premier mandat (2017-2021), a rétabli de lourdes sanctions américaines contre l’Iran dans le cadre d’une politique dite de “pression maximale”. Il cherche dorénavant à négocier un nouveau pacte avec Téhéran, qui espère une levée des sanctions qui asphyxient son économie.Mais Washington et Téhéran affichent publiquement leur désaccord sur la question sensible de l’enrichissement d’uranium. M. Witkoff avait estimé dimanche que les Etats-Unis “ne pouvaient autoriser ne serait-ce qu’un pour cent de capacité d’enrichissement” à l’Iran. “L’Iran ne peut pas avoir une capacité d’enrichissement, car cela en ferait une puissance nucléaire potentielle”, a argué mercredi le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.Des “désaccords fondamentaux” demeurent avec les Etats-Unis, avait lancé jeudi M. Araghchi.Si les Etats-Unis empêchent l’Iran d’enrichir de l’uranium “il n’y aura pas d’accord”, a-t-il mis en garde.Téhéran, qui défend un droit au nucléaire civil, considère cette exigence comme contraire aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP), dont l’Iran est signataire.Pour Sina Toossi du Center for International Policy, ce dernier cycle de négociation a été “particulièrement sensible, marqué par l’affrontement de lignes rouges (…) apparemment irréconciliables concernant l’enrichissement d’uranium”.- “Bonne direction” -Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et Israël, ennemi juré de l’Iran, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Téhéran nie avoir de telles visées.Le nucléaire emploie en Iran plus de 17.000 personnes, notamment dans l’énergie et le secteur médical, selon le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi.”Les Pays-Bas, la Belgique, la Corée du Sud, le Brésil et le Japon enrichissent (l’uranium) sans posséder d’armes nucléaires”, avait-il souligné début mai.Jeudi, Donald Trump a parlé de l’Iran avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, selon la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.M. Trump estime que les négociations avec Téhéran, vues d’un mauvais oeil par le dirigeant israélien, “vont dans la bonne direction”, a-t-elle ajouté.Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran enrichit actuellement l’uranium à 60%, bien au-delà de la limite de 3,67% autorisée par l’accord de 2015, mais en deçà du taux de 90% nécessaire pour un usage militaire. Téhéran a pris ses distances avec ses engagements de 2015 en représailles au retrait américain de l’accord.L’accord sur le nucléaire de 2015, qui expire en octobre, soit dix ans après l’entrée en vigueur du texte, prévoit la possibilité de réimposer des sanctions onusiennes si l’Iran ne se conforme pas à ses engagements.
Le nord de l’Europe frappé par une sécheresse exceptionnelle
Une sécheresse jamais vue depuis des décennies frappe depuis plusieurs semaines une partie du nord de l’Europe, allant de l’Ecosse aux Pays-Bas, ce qui pourrait, si elle se prolongeait, réduire les futurs rendements des cultures que les agriculteurs sont en train de semer.Lorsqu’il y a un déficit d’eau dans les champs de blé, de maïs, de colza ou d’orge, leur “croissance est limitée”, explique à l’AFP Nicolas Guilpart, maître de conférence en agronomie à Agro Paris Tech.Il a plu beaucoup moins que la normale au printemps dans le nord de la France, en Belgique ou au Royaume-Uni, et les sols sont secs, au point d’être poussiéreux par endroits.Dans les champs, les semis de printemps n’ont pas encore germé à cause du temps exceptionnellement sec.Luke Abblitt, agriculteur de l’est de l’Angleterre, “prie pour que la pluie” tombe alors que le Royaume-Uni connaît jusqu’ici son printemps le plus sec depuis plus d’un siècle et demi. “Nous passons d’un extrême à l’autre: il pleut beaucoup en hiver, et moins au printemps et en été”, dit l’agriculteur à l’AFP. Il se résigne désormais à adapter ses méthodes de culture ou “explorer de nouvelles variétés” résistantes.Mais dans le nord de l’Angleterre, les niveaux des réservoirs d’eau “sont particulièrement, voire exceptionnellement bas”, selon l’Agence de l’environnement.Certains agriculteurs ont commencé à irriguer plus tôt, a rapporté le principal syndicat agricole NFU, qui réclame des investissements pour installer des cuves de stockage directement sur les exploitations.- “Vents asséchants” -Aux Pays-Bas, il n’avait jamais aussi peu plu depuis le début des relevés en 1906, une situation que l’on retrouve dans la Belgique voisine, où un incendie a ravagé 75 hectares de landes dans un parc national dans la nuit de jeudi à vendredi.Ensoleillement record, cumuls de pluie très faibles et vents asséchants: “on n’a jamais connu cela pour un début de printemps”, a indiqué à l’AFP Pascal Mormal, de l’Institut royal météorologique de Belgique.Au Danemark, l’institut météorologique a prévenu début mai que les trois derniers mois avaient été exceptionnellement secs, avec moins de 63 mm de pluie enregistrés. “Depuis 1874, il n’est arrivé que 7 fois que la période de février à avril ait moins de précipitations”, a-t-il relevé.En Suède, il est encore “trop tôt pour dire quel sera l’impact sur l’agriculture cet été”, estime la Fédération des agriculteurs. Elle conseille quand même aux exploitants de revoir leur planification en matière d’eau.- Besoin d’irriguer -En France, les nappes phréatiques, en sous-sol, sont bien remplies, mais les plantes ont besoin d’eau en surface pour pousser, et donc de pluie.Le département du Nord est placé en vigilance sécheresse depuis lundi: il a reçu, entre février et début mai, la quantité de pluie qui tombe habituellement en un mois, et le vent du Nord-Est a accentué l’assèchement des sols. Les agriculteurs misent donc de plus en plus sur l’irrigation. C’est le cas de Sébastien De Coninck, producteur d’endives. Le village de ce trentenaire, Beuvry-la-Forêt, a reçu entre mars et mai huit fois moins de précipitations que sur la même période l’année dernière, particulièrement arrosée, explique-t-il à l’AFP.”Jusqu’à il y a cinq ans, on ne se posait pas la question de l’irrigation dans le Nord” mais les lignes bougent, car sans ou avec, “le rendement peut varier du simple au double”, pointe l’agriculteur.L’irrigation permet de “pallier ce manque de précipitation”, reconnaît l’agronome Nicolas Guilpart, mais encore faut-il “avoir les ressources pour le faire”. Pour irriguer, l’eau est prélevée dans les nappes, les cours d’eau à proximité ou dans les retenues d’eau, également appelées “bassines”.En France aussi les températures sont au-dessus de la normale, notamment dans la région des Hauts-de-France (nord), “rendant l’atmosphère plus +séchante+”, entraînant “plus d’évapotranspiration (combinaison de l’évaporation et de la transpiration des plantes, ndlr) et donc augmentant la demande en eau des plantes”, explique l’agronome.Mais cette sécheresse intense dans une partie du nord de l’Europe contraste avec celle du sud du continent, et notamment de l’Espagne et du Portugal où l’on a mesuré jusqu’au double des quantités de pluie habituelles sur cette période.
Le nord de l’Europe frappé par une sécheresse exceptionnelle
Une sécheresse jamais vue depuis des décennies frappe depuis plusieurs semaines une partie du nord de l’Europe, allant de l’Ecosse aux Pays-Bas, ce qui pourrait, si elle se prolongeait, réduire les futurs rendements des cultures que les agriculteurs sont en train de semer.Lorsqu’il y a un déficit d’eau dans les champs de blé, de maïs, de colza ou d’orge, leur “croissance est limitée”, explique à l’AFP Nicolas Guilpart, maître de conférence en agronomie à Agro Paris Tech.Il a plu beaucoup moins que la normale au printemps dans le nord de la France, en Belgique ou au Royaume-Uni, et les sols sont secs, au point d’être poussiéreux par endroits.Dans les champs, les semis de printemps n’ont pas encore germé à cause du temps exceptionnellement sec.Luke Abblitt, agriculteur de l’est de l’Angleterre, “prie pour que la pluie” tombe alors que le Royaume-Uni connaît jusqu’ici son printemps le plus sec depuis plus d’un siècle et demi. “Nous passons d’un extrême à l’autre: il pleut beaucoup en hiver, et moins au printemps et en été”, dit l’agriculteur à l’AFP. Il se résigne désormais à adapter ses méthodes de culture ou “explorer de nouvelles variétés” résistantes.Mais dans le nord de l’Angleterre, les niveaux des réservoirs d’eau “sont particulièrement, voire exceptionnellement bas”, selon l’Agence de l’environnement.Certains agriculteurs ont commencé à irriguer plus tôt, a rapporté le principal syndicat agricole NFU, qui réclame des investissements pour installer des cuves de stockage directement sur les exploitations.- “Vents asséchants” -Aux Pays-Bas, il n’avait jamais aussi peu plu depuis le début des relevés en 1906, une situation que l’on retrouve dans la Belgique voisine, où un incendie a ravagé 75 hectares de landes dans un parc national dans la nuit de jeudi à vendredi.Ensoleillement record, cumuls de pluie très faibles et vents asséchants: “on n’a jamais connu cela pour un début de printemps”, a indiqué à l’AFP Pascal Mormal, de l’Institut royal météorologique de Belgique.Au Danemark, l’institut météorologique a prévenu début mai que les trois derniers mois avaient été exceptionnellement secs, avec moins de 63 mm de pluie enregistrés. “Depuis 1874, il n’est arrivé que 7 fois que la période de février à avril ait moins de précipitations”, a-t-il relevé.En Suède, il est encore “trop tôt pour dire quel sera l’impact sur l’agriculture cet été”, estime la Fédération des agriculteurs. Elle conseille quand même aux exploitants de revoir leur planification en matière d’eau.- Besoin d’irriguer -En France, les nappes phréatiques, en sous-sol, sont bien remplies, mais les plantes ont besoin d’eau en surface pour pousser, et donc de pluie.Le département du Nord est placé en vigilance sécheresse depuis lundi: il a reçu, entre février et début mai, la quantité de pluie qui tombe habituellement en un mois, et le vent du Nord-Est a accentué l’assèchement des sols. Les agriculteurs misent donc de plus en plus sur l’irrigation. C’est le cas de Sébastien De Coninck, producteur d’endives. Le village de ce trentenaire, Beuvry-la-Forêt, a reçu entre mars et mai huit fois moins de précipitations que sur la même période l’année dernière, particulièrement arrosée, explique-t-il à l’AFP.”Jusqu’à il y a cinq ans, on ne se posait pas la question de l’irrigation dans le Nord” mais les lignes bougent, car sans ou avec, “le rendement peut varier du simple au double”, pointe l’agriculteur.L’irrigation permet de “pallier ce manque de précipitation”, reconnaît l’agronome Nicolas Guilpart, mais encore faut-il “avoir les ressources pour le faire”. Pour irriguer, l’eau est prélevée dans les nappes, les cours d’eau à proximité ou dans les retenues d’eau, également appelées “bassines”.En France aussi les températures sont au-dessus de la normale, notamment dans la région des Hauts-de-France (nord), “rendant l’atmosphère plus +séchante+”, entraînant “plus d’évapotranspiration (combinaison de l’évaporation et de la transpiration des plantes, ndlr) et donc augmentant la demande en eau des plantes”, explique l’agronome.Mais cette sécheresse intense dans une partie du nord de l’Europe contraste avec celle du sud du continent, et notamment de l’Espagne et du Portugal où l’on a mesuré jusqu’au double des quantités de pluie habituelles sur cette période.
La Russie et l’Ukraine commencent leur échange record de prisonniers, salué par Trump
La Russie et l’Ukraine ont entamé vendredi la première étape d’un échange record de prisonniers, impliquant à ce stade 270 militaires et 120 civils, qui avait été annoncé et salué peu auparavant par le président américain Donald Trump.Cet échange, qui doit au total impliquer “1.000 pour 1.000” personnes de chaque côté, avait été convenu lors de négociations entre Russes et Ukrainiens à Istanbul mi-mai. C’était d’ailleurs le seul résultat tangible de cette réunion.Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a toutefois indiqué vendredi que Moscou travaillait sur un document exposant “les conditions d’un accord durable, global et à long terme sur le règlement” du conflit, qui sera transmis à l’Ukraine une fois l’échange de prisonniers finalisé. Kiev doit faire de même pour ses propres conditions.Dans la région de Tcherniguiv, où étaient ramenés les Ukrainiens libérés par les Russes, des centaines de personnes, principalement des femmes, attendaient en brandissant des banderoles et des portraits, a constaté un journaliste de l’AFP.Certains criaient, pleuraient ou acclamaient d’une seule voix les bus remplis d’hommes amaigris, qui les saluaient en retour à travers les fenêtres teintées. Quand les anciens captifs sont sortis du bus, enroulés dans des drapeaux ukrainiens, les familles ont accouru auprès d’eux, leur tendant des portraits de leur proche pour savoir s’ils l’avaient aperçu durant leur captivité.”C’est la première étape du plus grand échange” depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, a souligné le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans son adresse du soir. Les phases suivantes sont attendues samedi et dimanche.- Savoir “s’il est vivant” -“Je voudrais que Dieu nous envoie une bonne nouvelle aujourd’hui”, a confié à l’AFP Lioudmyla Parkhomenko, venue de Kiev. Depuis deux ans, elle est sans nouvelles de son fils, parti combattre en 2022 avant de disparaître à Bakhmout (est), théâtre de l’une des batailles les plus sanglantes du conflit.Elle espère que les soldats libérés lui “confirment qu’il est vivant”.La Russie donne très peu d’informations sur le sort des prisonniers ukrainiens et chaque échange réserve son lot de surprises, a déclaré à l’AFP un haut responsable ukrainien sous le couvert de l’anonymat. “Dans presque chaque échange, il y a des gens dont personne ne savait rien”, a-t-il déclaré. “Parfois, ils nous rendent des personnes qui figuraient sur les listes de personnes disparues ou qui étaient considérées comme mortes”.Anastassia Rouda, 28 ans, dit être “prête à tout faire” pour retrouver son frère jumeau Maksym, disparu il y a huit mois. “Nous ne savons même pas s’il est en captivité et nous espérons que les autres gars nous aideront”, a raconté la jeune femme à l’AFP. “Que la guerre se termine plus vite et que tout le monde revienne!” Le parquet général ukrainien a toutefois accusé vendredi l’armée russe d’avoir exécuté environ 270 prisonniers de guerre depuis le début de la guerre, assurant que cela résultait de “directives” en haut lieu.- Tortures -Côté russe, Moscou a annoncé avoir également récupéré 270 militaires et 120 civils, dont “des habitants de la région de Koursk capturés par les forces armées ukrainiennes” lors de leur offensive à l’été 2024.Selon la commissaire russe aux droits humains, Tatiana Moskalkova, 34 civils sont toujours détenus par les Ukrainiens dans la ville de Soumy, près de la frontière.L’échange de prisonniers et de corps de militaires tués au combat reste l’un des derniers domaines de coopération entre Kiev et Moscou, alors que la Russie occupe environ 20% du territoire ukrainien.L’échange de vendredi avait été annoncé par Donald Trump, qui a affirmé vouloir amener les deux belligérants à négocier pour mettre fin le plus vite possible au “bain de sang”. “Félicitations aux deux parties pour cette négociation. Cela pourrait conduire à quelque chose d’énorme ???”, a écrit le président des Etats-Unis sur son réseau Truth Social.Les autorités ukrainiennes avaient estimé à 10.000 personnes le nombre de ses citoyens détenus en Russie. Le nombre de Russes détenus en Ukraine n’a pas été dévoilé mais devrait être inférieur, selon des estimations.Kiev et Moscou s’accusent mutuellement de violer la Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre. Plusieurs ex-prisonniers de guerre ukrainiens ont indiqué à l’AFP avoir été torturés en captivité.Ailleurs en Ukraine, deux personnes ont été tuées dans des frappes russes sur le port d’Odessa (sud) et trois dans la région de Kherson (sud).L’armée russe a de son côté indiqué que l’Ukraine avait visé le territoire russe avec 788 drones et missiles depuis mardi, dont 776 ont été abattus.bur-fz-led-ant-pop/lpt
La Russie et l’Ukraine commencent leur échange record de prisonniers, salué par Trump
La Russie et l’Ukraine ont entamé vendredi la première étape d’un échange record de prisonniers, impliquant à ce stade 270 militaires et 120 civils, qui avait été annoncé et salué peu auparavant par le président américain Donald Trump.Cet échange, qui doit au total impliquer “1.000 pour 1.000” personnes de chaque côté, avait été convenu lors de négociations entre Russes et Ukrainiens à Istanbul mi-mai. C’était d’ailleurs le seul résultat tangible de cette réunion.Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a toutefois indiqué vendredi que Moscou travaillait sur un document exposant “les conditions d’un accord durable, global et à long terme sur le règlement” du conflit, qui sera transmis à l’Ukraine une fois l’échange de prisonniers finalisé. Kiev doit faire de même pour ses propres conditions.Dans la région de Tcherniguiv, où étaient ramenés les Ukrainiens libérés par les Russes, des centaines de personnes, principalement des femmes, attendaient en brandissant des banderoles et des portraits, a constaté un journaliste de l’AFP.Certains criaient, pleuraient ou acclamaient d’une seule voix les bus remplis d’hommes amaigris, qui les saluaient en retour à travers les fenêtres teintées. Quand les anciens captifs sont sortis du bus, enroulés dans des drapeaux ukrainiens, les familles ont accouru auprès d’eux, leur tendant des portraits de leur proche pour savoir s’ils l’avaient aperçu durant leur captivité.”C’est la première étape du plus grand échange” depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, a souligné le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans son adresse du soir. Les phases suivantes sont attendues samedi et dimanche.- Savoir “s’il est vivant” -“Je voudrais que Dieu nous envoie une bonne nouvelle aujourd’hui”, a confié à l’AFP Lioudmyla Parkhomenko, venue de Kiev. Depuis deux ans, elle est sans nouvelles de son fils, parti combattre en 2022 avant de disparaître à Bakhmout (est), théâtre de l’une des batailles les plus sanglantes du conflit.Elle espère que les soldats libérés lui “confirment qu’il est vivant”.La Russie donne très peu d’informations sur le sort des prisonniers ukrainiens et chaque échange réserve son lot de surprises, a déclaré à l’AFP un haut responsable ukrainien sous le couvert de l’anonymat. “Dans presque chaque échange, il y a des gens dont personne ne savait rien”, a-t-il déclaré. “Parfois, ils nous rendent des personnes qui figuraient sur les listes de personnes disparues ou qui étaient considérées comme mortes”.Anastassia Rouda, 28 ans, dit être “prête à tout faire” pour retrouver son frère jumeau Maksym, disparu il y a huit mois. “Nous ne savons même pas s’il est en captivité et nous espérons que les autres gars nous aideront”, a raconté la jeune femme à l’AFP. “Que la guerre se termine plus vite et que tout le monde revienne!” Le parquet général ukrainien a toutefois accusé vendredi l’armée russe d’avoir exécuté environ 270 prisonniers de guerre depuis le début de la guerre, assurant que cela résultait de “directives” en haut lieu.- Tortures -Côté russe, Moscou a annoncé avoir également récupéré 270 militaires et 120 civils, dont “des habitants de la région de Koursk capturés par les forces armées ukrainiennes” lors de leur offensive à l’été 2024.Selon la commissaire russe aux droits humains, Tatiana Moskalkova, 34 civils sont toujours détenus par les Ukrainiens dans la ville de Soumy, près de la frontière.L’échange de prisonniers et de corps de militaires tués au combat reste l’un des derniers domaines de coopération entre Kiev et Moscou, alors que la Russie occupe environ 20% du territoire ukrainien.L’échange de vendredi avait été annoncé par Donald Trump, qui a affirmé vouloir amener les deux belligérants à négocier pour mettre fin le plus vite possible au “bain de sang”. “Félicitations aux deux parties pour cette négociation. Cela pourrait conduire à quelque chose d’énorme ???”, a écrit le président des Etats-Unis sur son réseau Truth Social.Les autorités ukrainiennes avaient estimé à 10.000 personnes le nombre de ses citoyens détenus en Russie. Le nombre de Russes détenus en Ukraine n’a pas été dévoilé mais devrait être inférieur, selon des estimations.Kiev et Moscou s’accusent mutuellement de violer la Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre. Plusieurs ex-prisonniers de guerre ukrainiens ont indiqué à l’AFP avoir été torturés en captivité.Ailleurs en Ukraine, deux personnes ont été tuées dans des frappes russes sur le port d’Odessa (sud) et trois dans la région de Kherson (sud).L’armée russe a de son côté indiqué que l’Ukraine avait visé le territoire russe avec 788 drones et missiles depuis mardi, dont 776 ont été abattus.bur-fz-led-ant-pop/lpt
La mission d’un Irlandais : enregistrer les chants de toutes les espèces d’oiseaux
L’Irlandais Sean Ronayne a commencé il y a quatre ans à enregistrer les chants de toutes les espèces d’oiseaux de son pays, dont beaucoup sont en voie de disparition. Des archives sonores uniques pour tirer la sonnette d’alarme mais aussi susciter de l’espoir.”Les oiseaux sont en péril en Irlande, comme partout dans le monde. La perte de la faune – tant sur le plan sonore que physique – me bouleverse”, explique à l’AFP l’ornithologue de 37 ans, de son domicile près de Cobh, dans le sud de l’Irlande. “Mais je me concentre sur l’espoir et la beauté”, dit-il.Selon les organismes de protection de la nature, environ 63% des oiseaux d’Irlande sont classés en danger d’extinction grave ou modéré.Plus de quatre ans après avoir commencé ses enregistrements, Sean Ronayne a répertorié les sons de 201 espèces d’oiseaux, soit plus de 12.000 extraits audio provenant des quatre coins de son pays.Il ne lui reste plus que deux espèces à documenter : le grand labbe et le harle huppé.”Si les gens réalisaient à quel point la faune est spectaculaire, ils ne la laisseraient jamais disparaître, les mentalités changeraient”, veut-il croire.- Rire et larmes -L’Irlande est connue pour ses paysages bucoliques et verdoyants mais le trentenaire dresse un tableau très sombre – “réaliste”, dit-il – d’un paysage qui se dégrade et d’une population d’oiseaux décimée par la disparition de leurs habitats.La plus grande partie du pays est constituée de champs cultivés de manière intensive, délimités par des haies taillées, des terres surexploitées pour le pâturage et des forêts indigènes réduites à la portion congrue, explique-t-il.Les plantations de conifères non indigènes, “une culture industrielle”, qui représentent environ 9% des forêts en Irlande, constituent également une menace pour la biodiversité, selon lui.”J’essaie de montrer aux gens la beauté de ce que nous sommes en train de faire disparaître et ce pour quoi nous devons nous lever et nous battre”, dit l’expert en faune et en flore.L’an dernier, il a publié un livre, sorti deux albums et réalisé un film documentaire. Les conférences qu’il donne en Irlande font salle comble.”Le son de la faune est un outil formidable pour rapprocher les gens de la nature et les familiariser avec tout ce qui se trouve à leur porte”, dit Sean Ronayne. “Si vous connaissez votre voisin, vous êtes plus enclin à l’aider”.Au cours de ses conférences, Sean Ronayne, diagnostiqué autiste à l’âge adulte, raconte l’histoire de sa vie et comment la nature y est profondément enracinée.Il diffuse également des extraits sonores de gazouillis, chants, cris et bruits mystérieux, invitant le public à deviner leur origine.Dans certains extraits, on entend des oiseaux imitant d’autres animaux, comme des chiens et d’autres espèces d’oiseaux.”Certaines espèces dans mes archives peuvent imiter 30 à 40 autres espèces dans leur chant”, raconte-t-il.Les rires sont fréquents dans ses conférences mais aussi les larmes et la tristesse, au fur et à mesure que le public prend conscience des menaces pesant sur les oiseaux en Irlande.- “Retomber amoureux” -Sean Ronayne organise régulièrement des promenades au lever du jour, emmenant des petits groupes dans des forêts silencieuses pour vivre l’expérience du réveil de la faune.Le chant du matin, une cacophonie sonore qui monte progressivement, reflète “la santé de l’environnement”, selon lui. “Plus il est diversifié, plus l’habitat est sain”, explique-t-il à l’occasion de l’une de ces promenades, à laquelle l’AFP a participé.Après avoir déballé son enregistreur audio, son microphone parabolique et son trépied, il identifie rapidement les mélodies des grives musiciennes, rouges-gorges, merles, roitelets et autres oiseaux qui se réveillent.”Vous avez entendu ça ? Il y a une bergeronnette grise !”, s’exclame-t-il, se tournant vers chaque son émergeant de la brume matinale.Sean Ronayne cache également des enregistreurs pendant des semaines, voire des mois, dans des lieux reculés où se rassemblent les oiseaux.”Quand, en tant que société, nous retomberons amoureux de la nature et la respecterons comme nous l’avons fait autrefois, de belles choses se produiront”, espère-t-il.
Taxis: une cinquième journée de mobilisation, blocage dans les gares parisiennes
Des dizaines de taxis ont bloqué vendredi les prises en charge dans deux gares parisiennes, à Paris, à la veille d’une réunion avec le gouvernement pour régler le conflit sur la nouvelle tarification du transport de patients, menaçant d’ores et déjà de manifester de nouveau lundi.Vendredi à midi, 1.530 taxis étaient mobilisés dans toute la France selon une source policière, dont 470 à Paris. Ailleurs, les plus fortes mobilisations ont eu lieu à Pau (250 taxis) et à Marseille (120 taxis). Le cumul de bouchon était largement supérieur à la moyenne toute la journée en région parisienne, jusqu’à un retour à la normale vers 16H00, selon selon le site de la direction des routes Sytadin.”On bloque tout pour se faire entendre. Le service taxi ne sera pas honoré”, a lancé vendredi matin Abdel Heouamel, 43 ans, taxi parisien. Vers 09H00, une trentaine d’artisans ont bloqué la Gare de Lyon, puis vers midi une autre trentaine la Gare du Nord, a constaté un journaliste de l’AFP. “Viens avec nous”, lançaient les taxis à leurs collègues non grévistes, les poussant à éteindre leur “lumineux”, l’enseigne qui signale en vert ou en rouge leur disponibilité.- Réunion samedi -L’intersyndicale des taxis a entamé lundi une mobilisation massive, avec pour centre le boulevard Raspail à Paris, près du quartier des ministères. Les artisans protestent notamment contre la nouvelle tarification prévue par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), qui rembourse les transports de patients sur prescription, activité essentielle dans le chiffre d’affaires de certains taxis.L’objectif est de contrôler la croissance des dépenses de transport sanitaire: 6,74 milliards d’euros en 2024, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés (avec un bond de 45% depuis 2019).Ces trajets vers les hôpitaux ou cabinets médicaux représentent la majorité du chiffre d’affaires de nombreux chauffeurs, surtout dans les petites villes.La mobilisation “montre que le gouvernement a très largement sous-estimé l’impact humain, économique et social des pratiques déloyales organisées dans le secteur du VTC ainsi que de la nouvelle convention pour le transport de malades”, a observé l’intersyndicale dans une lettre adressée jeudi au Premier ministre.Les taxis ont depuis obtenu une réunion samedi à 17H00 au ministère des Transports en présence du Premier ministre. Ils demandent le retrait de la convention de la CNAM et la nomination d’un médiateur.Mais le gouvernement a déjà assuré qu’il n’allait “pas faire machine arrière”.”Il s’agit de faire entre 100 et 150 millions d’économies sur 6,3 milliards. Donc, c’est 2% d’économies qui seront faites sur l’efficacité, pas sur le service aux malades”, a déclaré vendredi la porte-parole du gouvernement Sophie Primas sur BFMTV/RMC.”Il ne faut pas abîmer (…) l’accès aux soins pour les Français. Donc il faut travailler sur l’organisation des flux avec les taxis, s’assurer qu’on fait le maximum pour réduire les frais”, a-t-elle ajouté.Le patron de l’Assurance maladie a lui assuré que le nouveau système de tarification prévu à partir d’octobre serait “économiquement pertinent pour eux et soutenable pour l’Assurance maladie”. Les fédérations de taxis ont appelé à manifester de nouveau lundi “si les pouvoirs publics ne répondaient pas à leurs revendications par des actions concrètes”.- “Incidents récurrents”-Le climat s’est tendu à plusieurs reprises cette semaine entre taxis et forces de l’ordre mais aussi avec les conducteurs de voitures de transport avec chauffeur (VTC).De nombreux taxis manifestent en effet également contre la concurrence des VTC, coordonnés par des plateformes comme Uber ou Bolt. “Depuis le début du conflit, nos équipes sur le terrain ont constaté que des chauffeurs VTC qui exercent légalement leur activité sont victimes de dégradation de leur bien et parfois voient leur intégrité physique mise en danger”, a déploré Union-Indépendants, un syndicat de chauffeurs VTC, dans une lettre au ministre des Transports Philippe Tabarot. Le syndicat a lui aussi demandé à être reçu.Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a ordonné aux forces de l’ordre de renforcer les contrôles des VTC, accusés par les taxis de pratiques irrégulières.Dans un télégramme aux préfets jeudi, consulté par l’AFP, le ministre met en exergue “les incidents récurrents” des derniers mois qui “démontrent la tension entre les taxis et les conducteurs de VTC”.En cause, selon M. Retailleau, “des pratiques irrégulières de la part des VTC et la présence de faux professionnels sur la voie publique”.







