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Cannes: l’émotion avec les frères Dardenne pour refermer la compétition

Les frères Dardenne sont entrés vendredi dans la course pour une troisième et historique Palme d’or, au dernier jour d’une compétition cannoise qui a mis en lumière la star montante Josh O’Connor.Dans “Jeunes mères”, Jean-Pierre et Luc Dardenne suivent cinq adolescentes cabossées par la vie qui font leurs premiers pas dans la maternité. Trait d’union entre elles, une maison maternelle. Le duo belge, sacré à Cannes pour “Rosetta” (1999) et “L’Enfant” (2005), en fait l’épicentre de la reconstruction de ces filles-mères.S’ils étaient sacrés samedi, les septuagénaires deviendraient les premiers réalisateurs à totaliser trois Palmes.Après la salve d’applaudissements qui a suivi la projection, ils ont salué la mémoire d’Emilie Dequenne, décédée d’un cancer à 43 ans en mars, qu’ils avaient révélée dans “Rosetta”. Ce rôle lui a valu le prix d’interprétation féminine. “Emilie était quelqu’un de très vivante”, a déclaré Luc Dardenne devant une salle comble. “Emilie aimait la vie, donc vive la vie”, a complété son frère. La compétition cannoise s’est refermée dans la soirée avec la projection de “The Mastermind”, de l’Américaine Kelly Reichardt.En voleur de tableaux raté qui appelle maman à la rescousse quand les choses tournent mal dans les Etats-Unis de 1970, en pleine guerre du Vietnam, le Britannique Josh O’Connor, 35 ans, peut rêver à un prix d’interprétation. Visage du prince Charles dans la série “The Crown” et joueur de tennis pris dans un triangle amoureux dans “Challengers” avec Zendaya, O’Connor figure au générique d’un autre film en lice pour la Palme d’or, la romance gay “The History of Sound”.- Panahi, Loznitsa, Trier ? -Après cette ultime projection, les neuf membres du jury, emmenés par la star française Juliette Binoche, commenceront samedi leurs délibérations pour désigner, parmi les 22 films en compétition, le successeur d'”Anora”, Palme d’or 2024 de l’Américain Sean Baker. Quelques favoris se sont dégagés, notamment “Un simple accident”, charge contre les autorités de l’Iranien Jafar Panahi, “Deux procureurs”, réflexion sur l’arbitraire de l’Ukrainien Sergueï Loznitsa, et “Valeur sentimentale”, drame familial du Norvégien Joachim Trier.Plusieurs autres prix (mise en scène, scénario, interprétation féminine et masculine…) seront décernés au cours de la cérémonie de clôture, à partir de 18H40 (16H40 GMT).Hors compétition, le prix Un certain regard a été remis vendredi au “Mystérieux regard du flamant rose” du Chilien Diego Céspedes, 30 ans. Les protagonistes de ce film sont des femmes transgenres rejetées par la société, sur fond d’épidémie de sida. “La petite dernière”, troisième long-métrage et premier en compétition de l’actrice et réalisatrice française Hafsia Herzi, a remporté la Queer Palm, un prix alternatif du “meilleur film LGBTQ+” qui fête ses 15 ans, avec le cinéaste français Christophe Honoré comme président du jury. “Imago”, premier film tchétchène sur la Croisette, a remporté l’Oeil d’or du meilleur documentaire, dont le jury a aussi décerné un prix spécial à “The six billion dollar man”, consacré au fondateur de Wikileaks Julian Assange.”The president’s cake” de Hasan Hadi, premier film irakien à Cannes, a pour sa part remporté le prix du public à la Quinzaine des cinéastes.La Palm Dog, récompensant le cabot avec le plus de mordant du festival, a enfin été décernée à Panda, chien de berger du film islandais “L’Amour qu’il nous reste”, dans la section Cannes Première.Deux premières de films français étaient également au programme. “13 jours, 13 nuits” de Martin Bourboulon, avec Roschdy Zem et Lyna Khoudri, retrace l’évacuation de l’ambassade de France à Kaboul, qui s’apprête à tomber aux mains des talibans en août 2021.”Moi qui t’aimais” de Diane Kurys met en scène le même Roschdy Zem et Marina Foïs dans la peau d’un couple mythique du cinéma français, Yves Montand et Simone Signoret.

Trump menace l’Union européenne de droits de douane XXL

Donald Trump a menacé vendredi d’assommer l’Union européenne avec des droits de douane de 50% dès le 1er juin, des foudres commerciales que l’UE tente de contenir, appelant au “respect”.L’Union européenne travaille de “bonne foi” pour obtenir un accord commercial avec les Etats-Unis fondé sur le “respect” et non sur les “menaces”, a rétorqué le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic. L’UE est “pleinement engagée et déterminée à obtenir un accord qui fonctionne pour les deux parties”, a-t-il ajouté.Un appel au calme face aux attaques du président américain plus tôt vendredi, qui a affirmé qu’il ne “cherchait pas d’accord” commercial avec son partenaire outre-Atlantique.”Nous avons établi les termes de l’accord. C’est 50%” de droits de douane, a asséné Donald Trump dans le Bureau ovale, quelques heures après l’annonce de cette taxe XXL sur sa plateforme Truth Social.Le républicain répète à l’envi que l’UE a été “créée pour faire du mal aux Etats-Unis”.”Il est temps de jouer à ce jeu de la manière dont je sais y jouer”, a dit le milliardaire républicain, dont la politique protectionniste est basée sur des menaces tonitruantes souvent suivies de volte-face partielles, tout aussi retentissantes.- Made in USA -La Bourse de New York ne s’est pas affolée vendredi, contrairement aux marchés européens. Accusant le coup, Paris a clôturé à -1,65% et Francfort à -1,54%.Donald Trump, dans un autre message sur Truth Social, a ciblé Apple (dont le titre perdait 2,76% à 195,81 dollars). Il a menacé le géant de l’électronique de lui infliger “au moins 25%” de surtaxe s’il ne fabrique pas ses iPhone aux Etats-Unis.”L’iPhone, s’ils veulent le vendre aux Etats-Unis, je veux qu’il soit fabriqué aux Etats-Unis, ils en sont capables”, a asséné le président américain.Ces menaces concernent aussi le géant sud-coréen Samsung et les autres fabricants de smartphones.Un projet qui “n’est pas réaliste”, a jugé l’analyste de Wedbush Daniel Ives, pour qui “il faudrait cinq à dix ans pour rapatrier la production”. Et dans ce cas il faudrait s’attendre à une flambée des prix.Le patron d’Apple Tim Cook avait déclaré début mai s’attendre à ce que “la majorité des iPhone vendus aux Etats-Unis” pendant le trimestre en cours proviennent d’Inde, et non plus de Chine.Plusieurs pays ont condamné ces nouvelles menaces, qui “n’aident en rien” selon le ministre délégué au Commerce extérieur français.Le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul a jugé que ce nouvel accès de fièvre douanière “ne faisait que nuire à l’économie des deux marchés”.- “Très optimiste” -Les Etats-Unis exportent notamment vers l’UE des logiciels et des services de communications, là où l’Europe leur vend surtout des automobiles, des machines-outils et des équipements de transport.Donald Trump s’en prend régulièrement à l’Europe depuis son retour à la Maison Blanche, l’estimant “pire que la Chine” dans les relations commerciales.Les Etats-Unis évaluent leur déficit avec l’UE pour les biens à 235 milliards de dollars en 2024, mais la Commission européenne pointe que l’excédent américain en termes de services ramène le déficit commercial à 50 milliards d’euros (environ 57 milliards de dollars).Dans plusieurs notes, des analystes ont décrit l’annonce du président américain comme une “tactique de négociation”.”Elle intervient alors que les négociations avec l’UE ont débuté mais semblent difficiles, les premiers éléments semblant montrer un mécontentement des Etats-Unis car l’Europe ne propose qu’une baisse mutuelle, et non unilatérale, des droits de douane et rien sur la taxation numérique”, a ainsi pointé Capital Economics.Les droits de douane appliqués par les Etats-Unis aux produits européens s’élèvent actuellement à 12,5% en moyenne, 2,5% correspondant au niveau avant le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier et 10% aux surtaxes annoncées début avril.

Sebastião Salgado, grand témoin de l’état du monde, est mort

Grand témoin de la condition humaine et de la planète, le photographe franco-brésilien Sebastião Salgado, connu pour ses grandes images en noir et blanc de peuples défavorisés et de la forêt amazonienne, est mort vendredi à 81 ans à Paris.L’Académie des Beaux-Arts française, dont il était membre, a annoncé son décès.”Photographe parcourant le monde sans arrêt, il a contracté une forme particulière de malaria en 2010, en Indonésie, dans le cadre de son projet +Genesis+. Quinze ans plus tard, les complications de cette maladie se sont transformées en une leucémie sévère, qui a eu raison de lui”, a fait savoir sa famille dans un communiqué transmis à l’AFP.De Brasilia, le président brésilien Lula a rendu hommage à son compatriote, “l’un des plus grands et meilleurs photographes que le monde ait connus”.La Maison européenne de la photographie, à Paris, a évoqué ses images “puissantes, profondément engagées et d’une force graphique rare”, qui “ont contribué à transformer notre regard sur le monde”.Un de ses confrères, l’Américain Steve McCurry, a salué sur Instagram “sa vision et son humanité”. “Il n’a pas seulement documenté la condition humaine avec une profondeur inégalée, mais a aussi aidé à sauver la planète avec son travail pour la reforestation (…)”, a-t-il écrit.Dans son Etat natal de Minas Gerais, Salgado a fondé l’institut Terra, pour faire repousser la forêt et régénérer la biodiversité.Selon la présidence de la COP30 sur les changements climatiques, prévue en novembre au Brésil, il a “inspiré des millions de personnes en décrivant, avec sensibilité et maestria, la relation entre l’humanité et l’environnement”.Certains reprochaient à Salgado de tirer profit d’une “esthétique de la misère”, des critiques qu’il préférait ignorer.Il n’avait “jamais détourné le regard” du réel “pour que le monde puisse, à son tour, le regarder en face”, a relevé la ministre française de la Culture Rachida Dati.- “langage puissant” -Il laisse un héritage unique en images de ses centaines de voyages à travers la forêt amazonienne mais aussi à travers la planète, du Rwanda à l’Indonésie, du Guatemala au Bangladesh, capturant avec son objectif des tragédies humaines comme la famine, les guerres ou les exodes massifs.Il concevait la photographie comme “un langage puissant pour tenter d’établir de meilleurs rapports entre les hommes et la nature”, rappelle l’Académie des Beaux-Arts française dans sa biographie.Il travaillait presque exclusivement en noir et blanc, qu’il considérait à la fois comme une interprétation de la réalité et une manière de traduire la dignité irréductible de l’humanité.Né le 8 février 1944 à Aimorés, dans le Minas Gerais au Brésil, économiste de formation, il s’était exilé en France en 1969 pour fuir la dictature militaire avec sa future épouse, Lélia Wanick, avec qui il a eu deux fils.Il avait débuté sa carrière de photographe professionnel en autodidacte en 1973 à Paris, intégrant tour à tour les agences Sygma, Gamma et Magnum jusqu’en 1994. Il avait alors fondé avec son épouse Lélia Wanick une agence exclusivement dédiée à son travail, Amazonas images, devenue leur studio.- “Mode de vie” -Ses photos ont été publiées dans la presse internationale et dans des magazines comme Life ou Time, et ont fait l’objet d’innombrables livres (“Exodus”, “Genesis”, “Amazônia”, “De ma terre à la Terre”…) et expositions.Dans le cadre de l’année France-Brésil, une rétrospective de 170 clichés emblématiques de Salgado se tient jusqu’à début juin à Deauville, en Normandie.La photographie “est un mode de vie, c’est mon idéologie”, confiait-il à l’AFP en 2022, à Sao Paulo, durant la présentation de son exposition “Amazonie”, fruit de sept ans de travail dans la plus grande forêt tropicale de la planète.Au printemps de la même année, il présentait “Aqua Mater” au coeur du quartier d’affaires de la Défense à Paris, un travail sur l’eau et son importance.Il disait alors que ses photos représentaient “l’essence de la vie, l’eau qui naît des forêts (…). Elles racontent l’histoire de l’eau en abondance et celle dont manquent ceux qui vivent dans des camps de réfugiés, dans le désert”, ajoutait-il, appelant à cesser “notre destruction massive de la planète au profit d’un équilibre”.Il devait inaugurer samedi à Reims (nord-est de la France) une exposition de dessins de son fils Rodrigo, 45 ans, porteur de trisomie 21, à l’église du Sacré-Coeur, pour laquelle une douzaine de vitraux ont été réalisés à partir de ses oeuvres.

Etudiants étrangers: Harvard obtient un sursis face à Trump

Bref soupir de soulagement à Harvard. Un tribunal américain a bloqué temporairement vendredi la décision de l’administration Trump d’interdire l’inscription de milliers d’étudiants étrangers dans la prestigieuse université, au coeur d’un bras de fer avec le président.Après les déclarations au vitriol, les appels à changer le cursus et les coupes dans les subventions de recherche, l’administration Trump a écrit jeudi un nouveau chapitre de son offensive contre l’enseignement supérieur en révoquant la certification SEVIS (Student and Exchange Visitor) de Harvard.L’université, située en banlieue de Boston, ne peut ainsi plus accueillir d’étudiants étrangers. Et ceux sur le campus pourraient devoir quitter les Etats-Unis dès la remise des diplômes, prévue la semaine prochaine.D’après le site internet de l’université, classée parmi les meilleures au monde et qui a produit 162 prix Nobel, l’établissement accueille cette année quelque 6.700 “étudiants internationaux”, soit 27% de ses effectifs.”D’un seul coup de crayon, le gouvernement efface un quart des étudiants d’Harvard”, peut-on lire dans la plainte déposée auprès du tribunal fédéral du Massachusetts, Etat du nord-est américain où est située l’université.Cette décision est “le dernier acte de représailles” de l’administration Trump “qui cherche à prendre le contrôle de la direction d’Harvard, de ses programmes et de l’+idéologie+ de l’université et des étudiants”, poursuit la requête de 72 pages, qui appelle à sa révocation “immédiate”.La juge fédérale Allison D. Burroughs a bloqué temporairement la décision de l’administration d’ici la tenue d’une audience préliminaire le 29 mai.Un conseiller de la Maison Blanche, Stephen Miller, a fustigé cette décision sur X. “Voilà une juge communiste qui créé le droit pour les étrangers (…)  d’être admis dans les universités américaines financées par les impôts des Américains”, a-t-il écrit à propos du sursis pour Harvard, université où les frais de scolarité avoisinent 59.000 dollars annuels.- Griefs de Trump -Le président républicain accuse les universités privées les plus prestigieuses, notamment Harvard et Columbia, d’avoir laissé prospérer l’antisémitisme et de n’avoir pas protégé suffisamment les étudiants juifs pendant les manifestations contre la guerre d’Israël à Gaza, lancée après les attaques du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023.Harvard a affirmé ces dernières semaines avoir pris des mesures pour s’assurer que les étudiants et le personnel juifs ou israéliens ne se sentent ni exclus, ni intimidés sur le campus, et refuse de renoncer à sa liberté académique.L’administration Trump reproche aussi à Harvard de se coordonner avec le Parti communiste chinois sur son campus. Celui-ci exerce un contrôle serré sur de nombreux aspects de la société chinoise, dont l’éducation supérieure, et de nombreux étudiants chinois vont se former à l’étranger.Près de 1.300 étudiants chinois sont actuellement inscrits à Harvard, selon les chiffres officiels et environ 280.000 étudient dans d’autres universités américaines.”La Chine s’est toujours opposée à la politisation de la coopération éducative”, a réagi vendredi le ministère chinois des Affaires étrangères, estimant que cette démarche “ne fera que nuire à l’image et à la réputation internationale des Etats-Unis”.Il y a également environ 550 étudiants allemands à Harvard. “La décision du gouvernement américain (…) m’attriste beaucoup. Ce n’est pas un signal positif, ni pour la jeune génération, ni pour le monde libre”, a réagi la ministre allemande pour la Recherche, Dorothee Bär.- “Illégales et injustifiées” -Dans son bras de fer, le gouvernement américain avait coupé 2,7 milliards de dollars de subventions à Harvard. L’université, l’une des plus riches au monde, a dénoncé ces coupes devant les tribunaux disant ne pas vouloir sacrifier sa liberté académique pour tenter de récupérer ces fonds.Selon la ministre américaine de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, la décision du gouvernement de retirer à Harvard son droit de recevoir des étudiants étrangers pourrait aussi priver l’institution d’importants deniers.La ministre a assorti jeudi sa décision choc d’un ultimatum: si Harvard veut retrouver ce “privilège”, elle doit fournir dans les 72 heures toute une série d’informations dont elle disposerait sur d’hypothétiques activités “illégales” de ses étudiants étrangers durant les cinq dernières années.”Nous condamnons ces mesures illégales et injustifiées”, a répliqué vendredi dans un communiqué le président de Harvard, Alan Garber. Celui-ci précise que cette décision “met en péril le futur de milliers d’étudiants” de l’université et sert “d’avertissement” à ceux qui avaient choisi les Etats-Unis pour étudier et “réaliser leurs rêves”.

Etudiants étrangers: Harvard obtient un sursis face à Trump

Bref soupir de soulagement à Harvard. Un tribunal américain a bloqué temporairement vendredi la décision de l’administration Trump d’interdire l’inscription de milliers d’étudiants étrangers dans la prestigieuse université, au coeur d’un bras de fer avec le président.Après les déclarations au vitriol, les appels à changer le cursus et les coupes dans les subventions de recherche, l’administration Trump a écrit jeudi un nouveau chapitre de son offensive contre l’enseignement supérieur en révoquant la certification SEVIS (Student and Exchange Visitor) de Harvard.L’université, située en banlieue de Boston, ne peut ainsi plus accueillir d’étudiants étrangers. Et ceux sur le campus pourraient devoir quitter les Etats-Unis dès la remise des diplômes, prévue la semaine prochaine.D’après le site internet de l’université, classée parmi les meilleures au monde et qui a produit 162 prix Nobel, l’établissement accueille cette année quelque 6.700 “étudiants internationaux”, soit 27% de ses effectifs.”D’un seul coup de crayon, le gouvernement efface un quart des étudiants d’Harvard”, peut-on lire dans la plainte déposée auprès du tribunal fédéral du Massachusetts, Etat du nord-est américain où est située l’université.Cette décision est “le dernier acte de représailles” de l’administration Trump “qui cherche à prendre le contrôle de la direction d’Harvard, de ses programmes et de l’+idéologie+ de l’université et des étudiants”, poursuit la requête de 72 pages, qui appelle à sa révocation “immédiate”.La juge fédérale Allison D. Burroughs a bloqué temporairement la décision de l’administration d’ici la tenue d’une audience préliminaire le 29 mai.Un conseiller de la Maison Blanche, Stephen Miller, a fustigé cette décision sur X. “Voilà une juge communiste qui créé le droit pour les étrangers (…)  d’être admis dans les universités américaines financées par les impôts des Américains”, a-t-il écrit à propos du sursis pour Harvard, université où les frais de scolarité avoisinent 59.000 dollars annuels.- Griefs de Trump -Le président républicain accuse les universités privées les plus prestigieuses, notamment Harvard et Columbia, d’avoir laissé prospérer l’antisémitisme et de n’avoir pas protégé suffisamment les étudiants juifs pendant les manifestations contre la guerre d’Israël à Gaza, lancée après les attaques du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023.Harvard a affirmé ces dernières semaines avoir pris des mesures pour s’assurer que les étudiants et le personnel juifs ou israéliens ne se sentent ni exclus, ni intimidés sur le campus, et refuse de renoncer à sa liberté académique.L’administration Trump reproche aussi à Harvard de se coordonner avec le Parti communiste chinois sur son campus. Celui-ci exerce un contrôle serré sur de nombreux aspects de la société chinoise, dont l’éducation supérieure, et de nombreux étudiants chinois vont se former à l’étranger.Près de 1.300 étudiants chinois sont actuellement inscrits à Harvard, selon les chiffres officiels et environ 280.000 étudient dans d’autres universités américaines.”La Chine s’est toujours opposée à la politisation de la coopération éducative”, a réagi vendredi le ministère chinois des Affaires étrangères, estimant que cette démarche “ne fera que nuire à l’image et à la réputation internationale des Etats-Unis”.Il y a également environ 550 étudiants allemands à Harvard. “La décision du gouvernement américain (…) m’attriste beaucoup. Ce n’est pas un signal positif, ni pour la jeune génération, ni pour le monde libre”, a réagi la ministre allemande pour la Recherche, Dorothee Bär.- “Illégales et injustifiées” -Dans son bras de fer, le gouvernement américain avait coupé 2,7 milliards de dollars de subventions à Harvard. L’université, l’une des plus riches au monde, a dénoncé ces coupes devant les tribunaux disant ne pas vouloir sacrifier sa liberté académique pour tenter de récupérer ces fonds.Selon la ministre américaine de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, la décision du gouvernement de retirer à Harvard son droit de recevoir des étudiants étrangers pourrait aussi priver l’institution d’importants deniers.La ministre a assorti jeudi sa décision choc d’un ultimatum: si Harvard veut retrouver ce “privilège”, elle doit fournir dans les 72 heures toute une série d’informations dont elle disposerait sur d’hypothétiques activités “illégales” de ses étudiants étrangers durant les cinq dernières années.”Nous condamnons ces mesures illégales et injustifiées”, a répliqué vendredi dans un communiqué le président de Harvard, Alan Garber. Celui-ci précise que cette décision “met en péril le futur de milliers d’étudiants” de l’université et sert “d’avertissement” à ceux qui avaient choisi les Etats-Unis pour étudier et “réaliser leurs rêves”.

Pas de retour en prison pour les braqueurs de Kim Kardashian, “satisfaite” du verdict

Ils sont coupables, mais trop vieux et malades pour retourner en prison. La cour d’assises de Paris a prononcé vendredi soir des peines très clémentes contre les “papys braqueurs” de Kim Kardashian, “satisfaite” du verdict et pressée de “tourner la page”.”Les peines sont assez peu sévères”, reconnaît à la fin de son verdict le président David De Pas. Bien en deçà en tout cas de celles requises par l’accusation, qui avait réclamé 10 ans de prison à l’encontre des braqueurs entrés dans l’hôtel de Kim Kardashian la nuit du 2 au 3 octobre 2016, en pleine Fashion week.”Elles ont été pensées à distance de cet événement grave”, en prenant en considération “le temps écoulé” – neuf ans – et l’état de santé des principaux protagonistes qui “interdit éthiquement d’incarcérer quiconque”, déclare le magistrat devant les accusés émus, qu’il avait fait se lever pour entendre la décision.Une fois l’audience terminée, chacun a enlacé ses proches, avant de sortir peu à peu de la salle soulagé et souvent avec le sourire, en emportant les gros sacs et valises qu’ils avaient préparés dans l’éventualité d’une incarcération. Kim Kardashian s’est immédiatement dite “satisfaite” du verdict tout en déclarant vouloir “tourner la page”. “Je suis profondément reconnaissante envers les autorités françaises d’avoir rendu justice dans cette affaire. Ce crime a été l’expérience la plus terrifiante de ma vie”, a expliqué la reine des influenceuses dans un communiqué transmis par ses avocats.Quatre hommes ont été reconnus coupables d’avoir braqué et séquestré la superstar américaine dans sa chambre, arme au poing, pour la dépouiller de neuf millions d’euros de bijoux. Le principal, Aomar Aït Khedache, 69 ans, sourd et quasiment muet, souffrant du dos et de diabète, a été condamné à huit ans de prison dont cinq avec sursis. Pour la partie ferme, la cour a ordonné une confusion avec une autre peine, ce qui signifie qu’il ne retournera pas en prison. Il a lentement quitté le palais de justice, au son du cliquetis de sa canne qui a rythmé les quatre semaines de procès.- “Verdict d’apaisement” -Les trois autres “opérationnels” du braquage se sont vu infliger une peine de sept ans dont deux ferme (déjà couverte par leur détention provisoire): Didier Dubreucq, 69 ans, qui suit en ce moment une chimiothérapie et a dû être hospitalisé ces derniers jours – il était absent pour le verdict. Yunice Abbas, 71 ans, qui a “assumé” avoir fait le guet le soir des faits. Et le jeunot de la bande (35 ans), Marc-Alexandre Boyer, qui explose en sanglots en comprenant qu’il n’ira pas en prison.Même si “vous n’avez pas frappé, vous avez fait peur”, “vous avez fait du mal”, “vous avez traumatisé de façon sans doute durable”, insiste le président. Mais “aucun d’entre vous n’a fait parler de lui sur ces neuf années”, et “vous avez globalement reconstruit votre vie et fait les démarches pour vous réinsérer”.La défense a salué un “verdict d’apaisement”. “Cette décision est aussi la preuve que la justice peut réparer véritablement autrement que par la prison”, a réagi Me Chloé Arnoux, l’avocate d’Aomar Aït Khedache.La cour a enfin considéré qu’il n’y avait pas de “taupe” derrière ce casse spectaculaire. Et acquitté en conséquence Gary Madar (le frère du chauffeur de Kim Kardashian) et son ami Florus Héroui, accusés d’avoir transmis de précieuses informations sur l’emploi du temps de la star pendant son séjour parisien.L’avocate générale avait bien tenté, dans ses réquisitions, de convaincre les magistrats professionnels et surtout les jurés populaires de ne pas se fier aux “rides rassurantes” des “vieux messieurs et dame” comparaissant libres sur le banc des accusés. Au moment des faits, ils étaient “des braqueurs chevronnés du grand banditisme” au casier judiciaire chargé, pas des “pieds nickelés”. “La réalité, c’est qu’ils ont monté un coup et qu’ils ont réussi”, avait martelé l’avocate générale Anne-Dominique Merville.Quand elle est venue témoigner la semaine dernière, Kim Kardashian avait accepté les excuses du principal accusé Aomar Aït Khedache.”Je vous pardonne” même si “ça ne change rien au traumatisme”, “je crois à la deuxième chance”, lui a dit émue celle qui étudiait le droit depuis six ans et a enfin obtenu son diplôme, comme elle l’a annoncé jeudi sur les réseaux sociaux à ses 356 millions d’abonnés.

Allemagne : attaque au couteau à la gare de Hambourg, une suspecte arrêtée

Une attaque au couteau a fait 17 blessés, dont quatre très grièvement, vendredi sur un quai bondé de la gare de Hambourg, dans le nord de l’Allemagne, où une femme de 39 ans est soupçonnée d’avoir frappé des voyageurs.L’auteure présumée de cette agression a été arrêtée peu après les faits, en début de soirée, “sans opposer de résistance”, selon la police.Les motifs de son geste restent à déterminer mais l’hypothèse d’un mobile politique n’est pas privilégiée, a indiqué un porte-parole de la police.”Nous n’avons, jusqu’à présent, aucune indication que la femme ait pu agir pour des motifs politiques”, a indiqué sur la chaîne ARD Florian Abbenseth, selon lequel les enquêteurs examinent la possibilité que la suspecte se soit trouvée “dans un état d’urgence psychiatrique”.Elle a “agi seule” s’en prenant aux voyageurs présents un quai de la gare centrale de la deuxième ville la plus peuplée d’Allemagne, très fréquentée en ce début de week-end.Selon le dernier bilan provisoire des autorités, 17 personnes ont été blessées dont quatre se trouvent dans un état critique.La police n’a pas fourni plus de précision sur l’identité de l’assaillante, de nationalité allemande.L’attaque a entraîné une importante opération de secours. Des photos publiées par l’AFP montraient des blessés pris en charge sur des civières ainsi qu’un quai ferroviaire bouclé par les forces de l’ordre.Le chancelier Friedrich Merz s’est dit “bouleversé” par cet acte de violence.L’Allemagne a connu ces derniers mois plusieurs attaques meurtrières à l’arme blanche qui ont choqué le pays, ainsi que des attentats à motif jihadiste et des violences d’extrême droite qui ont mis au premier plan les questions de sécurité.- Série d’attaques -Samedi dernier, quatre personnes ont été blessées lors d’une agression au couteau dans l’ouest du pays. L’auteur présumé est un Syrien de 35 ans arrêté par les autorités qui suspectent un attentat islamiste. Il avait frappé un groupe de personnes devant un bar du centre-ville de Bielefeld avant de prendre la fuite.L’agression au couteau d’un écolier de 12 ans dans la cour de son école par un de ses camarades de 13 ans a également fait les gros titres de la presse cette semaine.Selon les statistiques de la police criminelle, quelque 8.900 agressions à l’arme blanche ont été commises en Allemagne en 2023, représentant un peu moins de 6% de la catégorie des violences “ayant entraîné des blessures corporelles graves et dangereuses”.En 2022, ce chiffre était de 8.160 et l’année précédente de 7.071 cas.Sous pression pour faire diminuer le nombre de violences à l’arme blanche, le gouvernement allemand avait durci l’été dernier la législation sur le port de couteaux, interdits dans les rassemblements publics et dans les transports longue distance.Des villes ont également décrété des zones où le port de couteau est interdit, comme la gare de Hambourg, autant de mesures dont l’efficacité est mise en doute par les experts et les syndicats de policier.Un premier durcissement de la législation avait été décidé après un attentat commis lors d’une fête populaire à Solingen (ouest) où un Syrien avait frappé dans la foule, faisant trois morts et huit blessés, une attaque revendiquée par l’organisation jihadiste Etat islamique (EI).Quelques mois plus tôt, une attaque au couteau visant un rassemblement anti-Islam à Mannheim (ouest) avait fait un mort, un jeune policier qui s’était interposé. L’agresseur présumé était un ressortissant afghan. Fin janvier, un enfant de deux ans et un homme sont morts dans une attaque au couteau commise dans un parc du sud de l’Allemagne par un Afghan de 28 ans, aux lourds antécédents psychiatriques, qui s’en était pris à un groupe d’écoliers.L’Allemagne a également connu deux attentats à la voiture bélier qui ont fait plusieurs morts et blessés.Cette série de crimes avaient dominé les débats politiques avant les élections législatives du 23 février remportées par le parti conservateur. Le scrutin a vu le parti d’extrême droite AfD arriver en seconde position.