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Venezuela: faible affluence pour les élections, vers une victoire du pouvoir en l’absence d’opposition

L’affluence était faible à la mi-journée au Venezuela dans les bureaux de vote des élections législatives et régionales dont le pouvoir est largement favori, la plus grande partie de l’opposition boycottant le scrutin, dix mois après la réélection contestée du président Nicolas Maduro, entachée de fraude selon elle.L’élection a été marquée par l’arrestation vendredi de Juan Pablo Guanipa, dirigeant de l’opposition proche de la leader Maria Corina Machado, qui appelle au boycott. L’ancien député est accusé d’appartenir à un “réseau terroriste” qui cherchait à “saboter” les élections de dimanche. Cette arrestation a soulevé des protestations, notamment du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio qui l’estime “injustifiée et arbitraire”. Le pouvoir, qui dénonce régulièrement des complots -réels ou imaginaires- a suspendu des vols en provenance de Colombie, dénonçant l’infiltration de “mercenaires” voulant “saboter” les élections.Plus de 400.000 membres des forces de l’ordre sont déployées. Les bureaux de vote ferment à 18H00 (22H00 GMT) avec des résultats attendus en soirée.Contrairement aux queues de la présidentielle du 28 juillet, les bureaux de vote étaient peu fréquentés, ont constaté des journalistes de l’AFP à Caracas, San Cristobal (sud-ouest, à la frontière colombienne) ou Barinas (sud-ouest).Selon un sondage de l’entreprise Delphos, la participation devrait avoisiner les 16% à peine d’un corps électoral de 21 millions. L’essentiel des votants devrait être des militants du pouvoir. “C’est un processus de participation citoyenne important”, estime Samadi Romero, universitaire de 32 ans. Elle dit avoir voté pour Nicolas Maduro Guerra, le fils de président Maduro. +Nicolasito+, comme on le surnomme, est la tête de liste du parti de M. Maduro à Caracas.  “Je ne vais pas voter parce que j’ai voté le 28 juillet (présidentielle) et ils ont volé les élections. Alors, c’est vraiment une farce. Eux seuls (pouvoir) savent pourquoi ils l’organisent”, affirme à San Cristobal, Candelaria Rojas Sierra, fonctionnaire retraitée de 78 ans, en allant à la messe “prier pour le Venezuela”.- Représentants pour l’Essequibo -Lors de ce scrutin, le pouvoir a revu le découpage électoral pour faire élire un gouverneur et huit députés pour l’Essequibo, région riche en pétrole que Caracas revendique et dispute au Guyana dans le cadre d’un différend datant de l’époque coloniale.La semaine dernière, le président du Guyana Irfaan Ali a affirmé à l’AFP qu’il s’agissait “d’une menace”, bien que le vote n’ait lieu que dans la zone frontalière côté Venezuela. Il n’y a pas de bureaux de vote sur le territoire de 160.000 km² administré par Georgetown.Le chavisme, mouvement créé par feu le président Hugo Chavez dont M. Maduro est l’héritier, contrôle actuellement 19 des 23 Etats du pays, et détient 253 des 277 sièges de députés.Les sondages prédisent une majorité absolue pour le parti de M. Maduro à l’Assemblée. Et selon plusieurs analystes, l’opposition n’est en mesure de remporter que deux des 24 Etats: Zulia, l’Etat pétrolier, et Nueva Sparta, l’île de Margarita. “La partie majoritaire de l’opposition ne va pas voter, ce qui favorise une victoire du pouvoir. Le 25 mai, nous allons avoir une carte très rouge”, prévoit Jesus Castillo, le directeur du cabinet Polianalitica, en référence à la couleur du chavisme.La campagne a été discrète, tant du côté de l’opposition que du pouvoir.Avec “54 partis, plus de 6.500 candidats… Il y en a pour tous les goûts”, se targue M. Maduro, qui promet une “victoire écrasante” de son camp.De son côté, Mme Machado a dénoncé une “énorme farce que le régime veut monter pour enterrer sa défaite (à la présidentielle) du 28 juillet”. “Nous allons (…) ratifier cette défaite avec l’absence totale, (…) en laissant tous les bureaux de vote vides”, a-t-elle dit.Les troubles post-électoraux s’étaient soldés par 28 morts et 2.400 arrestations (1.900 libérations depuis).Henrique Capriles, deux fois candidat à la présidentielle, a toutefois entraîné derrière lui une frange de l’opposition convaincue de la nécessité de participer au scrutin.”Le vote est un outil de changement, de lutte, de résistance. Je comprends la frustration des gens mais les luttes sont ainsi, elles sont difficiles (…) Il faut se battre”, a justifié Juan Requesens, candidat au gouvernorat de Miranda, où se trouve une partie de Caracas.

Six morts pendant un week-end tragique dans les montagnes suisses

La Suisse a connu un week-end tragique en montagne avec la mort de six personnes samedi et dimanche dans le massif alpin.Samedi, cinq corps de skieurs ont été retrouvés sans vie dans le massif du Rimpfischhorn, dans les environs de Zermatt, une des stations de ski les plus huppées de Suisse. Les identités et les circonstance du décès n’ont pas encore été précisées par la police du canton du Valais.Dimanche, c’est un alpiniste suisse de 29 ans qui a été tué dans une avalanche, sur le Morgenhorn, qui surplombe Kandersteg, une bourgade nichée au coeur de paysages spectaculaires dans le canton de Berne. – Identification en cours -L’identification formelle des cinq victimes de samedi, qui se trouvaient sur le glacier de l’Adler, “est toujours en cours”, a précisé la police valaisanne.Ce sont deux randonneurs à ski qui effectuaient l’ascension du Rimpfischhorn, qui culmine à presque 4.200 mètres, qui ont donné l’alerte samedi vers 16H30 (14H30 GMT).Ils avaient remarqué la présence de skis au pied du sommet mais “sans avoir croisé leurs propriétaires sur l’itinéraire”, indique un communiqué.Les corps sans vie de cinq personnes ont rapidement été découverts, après le survol par un hélicoptère d’Air Zermatt, ajoute la police, qui ne donne aucun détail sur les circonstances qui ont pu mener au décès des cinq skieurs, ni sur leur sexe ou leur âge.”Le Ministère public a ouvert une instruction afin de déterminer les circonstances exactes de cet accident”, indique-t-elle.Interrogée par l’AFP, la porte-parole de la police Kathleen Pralong-Cornaille, a précisé que les identifications et des détails sur les circonstances du décès des 5 skieurs devraient être disponibles dans les jours qui viennent.Air Zermatt, une société qui organise des survols de la région pour les touristes mais assure aussi un service d’intervention d’urgence, a précisé qu’à “environ 500 mètres en-dessous” de l’endroit où se trouve un dépôt de skis, l’équipage de l’hélicoptère “a découvert trois alpinistes sur un cône d’avalanche”, mais le médecin urgentiste n’a pu que constater leur décès.”Alors que l’équipage continuait à fouiller la paroi rocheuse au-dessus, ils ont découvert deux autres personnes sur une petite plaque de neige à environ 200 mètres au-dessus”, ajoute le communiqué d’Air Zermatt, précisant que là encore les deux skieurs étaient déjà morts à l’arrivée de l’équipage. En mars 2024, ce sont six skieurs de randonnée, âgés de 21 à 58 ans, qui sont décédés dans une violente tempête de neige près de Zermatt. Le groupe comprenait cinq membres d’une même famille.- Avalanche -L’alpiniste décédé dimanche a été emporté par une avalanche en début d’après-midi sur le Morgenhorn, au-dessus de Kandersteg. Deux autres alpinistes ont aussi été emportés par la coulée, mais ils ont pu être secourus, a indiqué la police. Légèrement blessés, ils ont été transportés à l’hôpital, précise un communiqué de la police du canton de Berne.La police a été informée de l’avalanche peu après 13H45 locales, selon un autre communiqué. Quatre personnes avaient entrepris l’ascension du Morgenhorn: un groupe de trois et une autre personne partie en solitaire. Deux membres du groupe et l’alpiniste qui était parti seul ont été emportés.Rapidement envoyés sur place, les secouristes ont pu sauver deux des alpinistes, qui n’étaient que  partiellement ensevelis, mais n’ont rien pu faire pour le troisième.La police cantonale de Berne a ouvert l’enquête sous la direction du parquet.Entre le 1er octobre 2024 et le 17 mai de cette année, 15 personnes ont été tuées par des avalanches en Suisse, selon l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches.

Au Koweït, des dizaines de milliers de personnes déchues de leur nationalité

Après avoir été citoyenne du Koweït pendant plus de deux décennies, Lama tombe des nues en découvrant qu’elle ne l’est plus, comme des dizaines de milliers d’autres personnes déchues de leur nationalité ces derniers mois. C’est en voulant payer son cours de gym qu’elle apprend que son compte bancaire est temporairement gelé, car l’Etat du Golfe lui a retiré sa nationalité, acquise par mariage. “C’était un choc”, raconte Lama, originaire de Jordanie. Comme d’autres personnes interrogées par l’AFP, elle s’exprime sous un pseudonyme par crainte de représailles.”Etre une citoyenne respectueuse de la loi pendant plus de 20 ans et se réveiller un jour pour découvrir qu’on ne l’est plus (…) ce n’est pas normal”, dit cette grand-mère d’une cinquantaine d’années.     Ces révocations massives s’inscrivent dans le cadre de réformes menées par l’émir, cheikh Mechal al-Ahmad al-Sabah, qui a dissous le Parlement peu après son arrivée au pouvoir fin 2023 et suspendu partiellement la Constitution. Sa nouvelle politique semble vouloir restreindre la citoyenneté aux personnes ayant des liens de sang avec le Koweït, remodelant l’identité de ce pays pétrolier de près de cinq millions d’habitants – dont seulement un tiers de Koweïtiens-, et peut-être aussi son électorat après des années de paralysie politique, selon des analystes.Dans un discours prononcé en mars, l’émir avait promis de “rendre le Koweït à son peuple d’origine, propre et exempt d’impuretés”.  – “Sans précédent” -Lama fait partie des plus de 37.000 personnes, dont au moins 26.000 femmes, déchues de leur nationalité depuis août 2024, d’après des données officielles compilées par l’AFP, et qui pourraient être sous-estimées selon des médias locaux. Si les retraits de nationalité ne sont pas rares dans le pays, ce “volume est certainement sans précédent”, affirme Bader al-Saif, de l’Université du Koweït.Le Koweït compte déjà les “Bidounes” (“sans” en arabe), une communauté d’apatrides estimée à 100.000 personnes comprenant celles qui n’ont pas obtenu la citoyenneté à la fin du protectorat britannique en 1961 et leurs descendants.Les nouvelles mesures ont aboli la naturalisation par mariage, qui n’était possible que pour les femmes, retirant la nationalité à toutes celles qui l’avaient obtenue depuis 1987. Selon les données officielles, 38.505 sont devenues koweïtiennes par alliance entre 1993 et 2020.La campagne a visé aussi les binationaux –la double nationalité étant interdite–, les personnes ayant obtenu la naturalisation de manière frauduleuse et des personnalités devenues koweïtiennes pour leur contribution à la société, notamment des artistes. “Du jour au lendemain, je suis devenue apatride”, déplore Amal, une femme d’affaires naturalisée il y a près de 20 ans, qui se bat désormais contre cette mesure.”Le droit à la nationalité est un droit humain fondamental, et le fait de ne pas le respecter et de ne pas le garantir peut avoir des conséquences désastreuses sur la vie des gens, comme (…) les Bidounes ne le savent que trop bien”, souligne Mansoureh Mills, d’Amnesty International. Pour Bader Al-Saif, la nouvelle campagne renvoie “à la notion d’identité: qui sommes-nous en tant que nation?”.Si le Koweït est le seul pays du Golfe doté d’un Parlement élu au suffrage universel, il n’octroie des droits politiques qu’aux personnes nées d’un père koweïtien. – “Electorat plus petit” -Après l’invasion du pays par l’Irak en 1990, les autorités ont accordé le droit de vote aux personnes naturalisées depuis plus de 20 ans, ainsi qu’aux enfants nés après la naturalisation de leur père, en signe “d’encouragement à l’unité nationale”, rappelle Bader Al-Saif.Mais les nouveaux dirigeants semblent avoir une autre vision du nationalisme, excluant “les personnes qui n’ont pas de racines profondes dans le pays”, affirme Giorgio Cafiero, directeur général de Gulf State Analytics. Pour Melissa Langworthy, chercheuse au sein du groupe Includovate, les femmes naturalisées se “voient dire clairement qu’elles ne sont pas les reproductrices idéales de la nation”. “Ils s’en sont pris aux mères, le cœur de la famille”, déplore Lama. “Nous sommes les mères et les grands-mères des enfants de ce pays”, dit-elle. Présentées comme une campagne de lutte contre les fraudeurs, les mesures ont été bien accueillies au départ mais ont vite été critiquées. Les autorités mettent sur le même plan “des femmes innocentes et des fraudeurs”, déplore un Koweïtien dont la femme a été visée. Fonctionnaire à la retraite, celle-ci a vu sa retraite suspendue pendant six mois et son prêt bancaire gelé. Les autorités ont promis de traiter ces femmes comme des Koweïtiennes pour les prestations sociales, mais sans droits politiques. Avec cette campagne, “les dirigeants koweïtiens cherchent peut-être à réduire le nombre de citoyens afin de constituer un électorat plus petit et plus facile à gérer politiquement”, estime Giorgio Cafiero, en référence aux crises politiques à répétition dans la monarchie.

Au Koweït, des dizaines de milliers de personnes déchues de leur nationalité

Après avoir été citoyenne du Koweït pendant plus de deux décennies, Lama tombe des nues en découvrant qu’elle ne l’est plus, comme des dizaines de milliers d’autres personnes déchues de leur nationalité ces derniers mois. C’est en voulant payer son cours de gym qu’elle apprend que son compte bancaire est temporairement gelé, car l’Etat du Golfe …

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Une nouvelle attaque massive sur l’Ukraine fait au moins 12 morts

L’Ukraine a subi une nouvelle attaque aérienne massive tôt dimanche matin, qui a fait au moins 12 morts, quelques heures avant un dernier échange de prisonniers qui s’est tenu entre la Russie et l’Ukraine.Il s’agit de la deuxième nuit de bombardements importants contre l’Ukraine. Selon l’armée de l’air ukrainienne, le pays a subi une attaque combinée de 367 projectiles, dont 69 missiles et 298 drones.Elle a dit avoir abattu 45 de ces missiles, ainsi que 266 drones. “Des attaques aériennes ennemies ont été signalées dans 22 endroits, et des chutes de débris de missiles et de drones abattus dans 15 endroits”, a-t-elle précisé.Dans la nuit de vendredi à samedi, quelque 250 drones et 14 missiles balistiques avaient été détectés, ciblant en majorité la capitale.”Sans pression vraiment forte sur les dirigeants russes, cette brutalité ne peut être stoppée. Les sanctions aideront certainement”, a réagi dimanche le président ukrainien Volodymyr Zelensky, appelant à cibler “les faiblesses de l’économie russe”.Il a demandé aux Etats-Unis, aux pays européens et “tous ceux cherchant la paix” à faire preuve de “détermination” pour pousser son homologue russe Vladimir Poutine à “terminer la guerre”.Après ces frappes, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a appelé à exercer sur Moscou “la plus forte pression internationale”.Pour sa part, comme la veille, l’armée russe a déclaré avoir frappé pendant la nuit des entreprises du “complexe militaro-industriel” ukrainien.Depuis mi-février, l’administration américaine de Donald Trump multiplie les appels à un cessez-le-feu et s’est rapprochée pour cela de Moscou, mais sans résultat probant pour l’heure.- “Nous ne pardonnerons jamais” -Dans la région de Kiev, les attaques russes ont fait quatre morts et 26 blessés, selon un bilan actualisé de l’administration régionale.”On a vu que toute la rue était en feu”, témoigne auprès de l’AFP Tetiana Iankovska, une retraitée de 65 ans qui a survécu à des tirs ayant endommagé le village de Markhalivka, au sud-ouest de Kiev.Oleksandre a aussi eu la vie sauve et dit ne pas croire aux tractations diplomatiques en cours. “On n’a pas besoin de négociations, mais d’armes, de beaucoup d’armes pour les stopper. Parce que la Russie ne comprend que la force”, lâche cet homme de 64 ans qui n’a pas souhaité donner son nom.Selon les secours ukrainiens, un homme est mort par ailleurs dans la région méridionale de Mykolaïv, fauché par une frappe de drone, et quatre autres personnes dans la région de Khmelnytskyi, dans l’ouest de l’Ukraine. Un petit garçon de 8 ans et une fillette de 12 ans, ainsi qu’un adolescent de 17 ans, frères et soeurs, ont aussi perdu la vie dans un bombardement russe dans la région de Jytomir (nord-ouest). “Que le souvenir de Roman, Tamara et Stanislav soit avec nous pour toujours. Nous ne pardonnerons jamais”, a déploré leur établissement scolaire dans un message sur Facebook.Selon M. Zelensky, outre Kiev, ces “attaques délibérées sur des villes ordinaires” ont ciblé douze régions.A Moscou, le maire Sergueï Sobianine a mentionné plus d’une dizaine de drones ukrainiens au dessus de la capitale russe, mais n’a pas signalé de victimes.Quatre aéroports moscovites ont été temporairement fermés puis rouverts tôt dimanche, selon l’agence de l’aviation Rossaviatsia.L’armée russe a annoncé avoir neutralisé 110 drones ukrainienne au-dessus du pays pendant la nuit.- Nouvel échange -Ces bombardements sont intervenus peu avant la tenue de la troisième et dernière étape d’un vaste échange de prisonniers au format 1.000 pour 1.000, seul résultat tangible des pourparlers directs entre Russes et Ukrainiens mi-mai à Istanbul.Kiev et Moscou ont annoncé dimanche que 303 prisonniers de guerre de chaque camp avaient été échangés.L’échange de prisonniers et de corps de militaires tués au combat est l’un des derniers domaines de coopération entre les deux pays, alors que la Russie occupe environ 20% du territoire ukrainien.La diplomatie russe avait indiqué vendredi que Moscou travaillait sur un document exposant “les conditions d’un accord durable” pour régler le conflit, qui sera transmis à Kiev une fois l’échange de prisonniers finalisé.Mais sur le front, les affrontements se poursuivent et l’armée russe, plus nombreuse et mieux équipée, continue de grignoter du terrain dans certains secteurs, malgré de lourdes pertes.Dimanche, elle a ainsi revendiqué la prise d’un village ukrainien, Romanivka, dans la région orientale de Donetsk, l’épicentre des combats.

Une nouvelle attaque massive sur l’Ukraine fait au moins 12 morts

L’Ukraine a subi une nouvelle attaque aérienne massive tôt dimanche matin, qui a fait au moins 12 morts, quelques heures avant un dernier échange de prisonniers qui s’est tenu entre la Russie et l’Ukraine.Il s’agit de la deuxième nuit de bombardements importants contre l’Ukraine. Selon l’armée de l’air ukrainienne, le pays a subi une attaque combinée de 367 projectiles, dont 69 missiles et 298 drones.Elle a dit avoir abattu 45 de ces missiles, ainsi que 266 drones. “Des attaques aériennes ennemies ont été signalées dans 22 endroits, et des chutes de débris de missiles et de drones abattus dans 15 endroits”, a-t-elle précisé.Dans la nuit de vendredi à samedi, quelque 250 drones et 14 missiles balistiques avaient été détectés, ciblant en majorité la capitale.”Sans pression vraiment forte sur les dirigeants russes, cette brutalité ne peut être stoppée. Les sanctions aideront certainement”, a réagi dimanche le président ukrainien Volodymyr Zelensky, appelant à cibler “les faiblesses de l’économie russe”.Il a demandé aux Etats-Unis, aux pays européens et “tous ceux cherchant la paix” à faire preuve de “détermination” pour pousser son homologue russe Vladimir Poutine à “terminer la guerre”.Après ces frappes, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a appelé à exercer sur Moscou “la plus forte pression internationale”.Pour sa part, comme la veille, l’armée russe a déclaré avoir frappé pendant la nuit des entreprises du “complexe militaro-industriel” ukrainien.Depuis mi-février, l’administration américaine de Donald Trump multiplie les appels à un cessez-le-feu et s’est rapprochée pour cela de Moscou, mais sans résultat probant pour l’heure.- “Nous ne pardonnerons jamais” -Dans la région de Kiev, les attaques russes ont fait quatre morts et 26 blessés, selon un bilan actualisé de l’administration régionale.”On a vu que toute la rue était en feu”, témoigne auprès de l’AFP Tetiana Iankovska, une retraitée de 65 ans qui a survécu à des tirs ayant endommagé le village de Markhalivka, au sud-ouest de Kiev.Oleksandre a aussi eu la vie sauve et dit ne pas croire aux tractations diplomatiques en cours. “On n’a pas besoin de négociations, mais d’armes, de beaucoup d’armes pour les stopper. Parce que la Russie ne comprend que la force”, lâche cet homme de 64 ans qui n’a pas souhaité donner son nom.Selon les secours ukrainiens, un homme est mort par ailleurs dans la région méridionale de Mykolaïv, fauché par une frappe de drone, et quatre autres personnes dans la région de Khmelnytskyi, dans l’ouest de l’Ukraine. Un petit garçon de 8 ans et une fillette de 12 ans, ainsi qu’un adolescent de 17 ans, frères et soeurs, ont aussi perdu la vie dans un bombardement russe dans la région de Jytomir (nord-ouest). “Que le souvenir de Roman, Tamara et Stanislav soit avec nous pour toujours. Nous ne pardonnerons jamais”, a déploré leur établissement scolaire dans un message sur Facebook.Selon M. Zelensky, outre Kiev, ces “attaques délibérées sur des villes ordinaires” ont ciblé douze régions.A Moscou, le maire Sergueï Sobianine a mentionné plus d’une dizaine de drones ukrainiens au dessus de la capitale russe, mais n’a pas signalé de victimes.Quatre aéroports moscovites ont été temporairement fermés puis rouverts tôt dimanche, selon l’agence de l’aviation Rossaviatsia.L’armée russe a annoncé avoir neutralisé 110 drones ukrainienne au-dessus du pays pendant la nuit.- Nouvel échange -Ces bombardements sont intervenus peu avant la tenue de la troisième et dernière étape d’un vaste échange de prisonniers au format 1.000 pour 1.000, seul résultat tangible des pourparlers directs entre Russes et Ukrainiens mi-mai à Istanbul.Kiev et Moscou ont annoncé dimanche que 303 prisonniers de guerre de chaque camp avaient été échangés.L’échange de prisonniers et de corps de militaires tués au combat est l’un des derniers domaines de coopération entre les deux pays, alors que la Russie occupe environ 20% du territoire ukrainien.La diplomatie russe avait indiqué vendredi que Moscou travaillait sur un document exposant “les conditions d’un accord durable” pour régler le conflit, qui sera transmis à Kiev une fois l’échange de prisonniers finalisé.Mais sur le front, les affrontements se poursuivent et l’armée russe, plus nombreuse et mieux équipée, continue de grignoter du terrain dans certains secteurs, malgré de lourdes pertes.Dimanche, elle a ainsi revendiqué la prise d’un village ukrainien, Romanivka, dans la région orientale de Donetsk, l’épicentre des combats.

Présidentielle en Pologne: démonstration de force de chaque camp à une semaine du 2e tour

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue dimanche à Varsovie à la faveur de deux grandes manifestations rivales avant le second tour de l’élection présidentielle dimanche prochain qui oppose un candidat pro-européen à un nationaliste.Une “grande marche des patriotes” a convergé vers la place de la Constitution, avec le maire pro-UE de la capitale, Rafal Trzaskowski, 53 ans, soutenu par le gouvernement centriste de Donald Tusk et qui est arrivé en tête au premier tour.”Ces élections sont l’occasion de construire, de créer et non de détruire”, a-t-il lancé à ses partisans.La “marche pour la Pologne” de l’historien nationaliste Karol Nawrocki, 42 ans, devait elle se terminer sur la place du Château dans la vieille ville de Varsovie, les manifestants scandant des chants patriotiques ou religieux et brandissant notamment des pancartes demandant l’arrêt de l’immigration.”Le changement arrive. Nous allons gagner!”, a assuré M. Nawrocki.Selon ses organisateurs, la marche du candidat nationaliste a réuni environ 200.000 personnes, tandis que, selon le Premier ministre Donald Tusk, les pro-Trzaskowski étaient 500.000.Des chiffres toutefois largement nuancés par le site polonais Onet, selon lequel le rassemblement de M. Nawrocki à réuni 70.000 personnes, contre 160.000 pour celui de M. Trzaskowski.Ce dernier a viré en tête d’un cheveu dimanche dernier au premier tour de la présidentielle, obtenant 31% contre 30% pour M. Nawrocki. Pour le deuxième tour, les sondages prévoient une égalité parfaite, avec les deux candidats à 46,3%.La victoire de M. Trzaskowski permettrait de mettre fin à une cohabitation difficile du gouvernement pro-européen du Premier ministre Donald Tusk avec le chef de l’Etat sortant Andrzej Duda, alors que le succès de son adversaire nationaliste pourrait la compliquer davantage.Une victoire de M. Nawrocki, un partisan du président américain Donald Trump, pourrait aussi ébranler le soutien indéfectible de la Pologne à l’Ukraine voisine : il s’oppose en effet à l’adhésion de Kiev à l’Otan et a dénoncé les avantages accordés au million de réfugiés ukrainiens en Pologne, pays d’Europe centrale de 38 millions d’habitants.”Je suis polonais et donc je vote pour un candidat qui garantira notre avenir et agira comme un contrepoids au gouvernement actuel”, explique Piotr Slaby, employé dans le secteur secteur financier à Przemysl (sud-est) et venu participer à la “marche pour la Pologne”.”Nous avons un gouvernement cosmopolite. Il veut introduire l’euro et nous allons perdre notre souveraineté”, a renchéri Piotr Nowak, technicien de 41 ans, qui habite Varsovie.De nombreux drapeaux de l’UE et LGBTQ flottaient au dessus de la “grande marche des patriotes” de M. Trzaskowski.Olivia, une étudiante de 20 ans qui préfère ne pas donner son nom de famille, dit soutenir M. Trzaskowski “avant tout parce qu’il veut protéger les personnes LGBTQ et les droits des femmes sur la question de l’avortement”.Kurnik Irek, un homme d’affaires de 52 ans, a déclaré qu’un vote pour M. Trzaskowski était “le seul moyen d’aller vers l’Europe” plutôt que la Russie.

Présidentielle en Pologne: démonstration de force de chaque camp à une semaine du 2e tour

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue dimanche à Varsovie à la faveur de deux grandes manifestations rivales avant le second tour de l’élection présidentielle dimanche prochain qui oppose un candidat pro-européen à un nationaliste.Une “grande marche des patriotes” a convergé vers la place de la Constitution, avec le maire pro-UE …

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Présidentielle en Pologne: démonstration de force de chaque camp à une semaine du 2e tour

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue dimanche à Varsovie à la faveur de deux grandes manifestations rivales avant le second tour de l’élection présidentielle dimanche prochain qui oppose un candidat pro-européen à un nationaliste.Une “grande marche des patriotes” a convergé vers la place de la Constitution, avec le maire pro-UE de la capitale, Rafal Trzaskowski, 53 ans, soutenu par le gouvernement centriste de Donald Tusk et qui est arrivé en tête au premier tour.”Ces élections sont l’occasion de construire, de créer et non de détruire”, a-t-il lancé à ses partisans.La “marche pour la Pologne” de l’historien nationaliste Karol Nawrocki, 42 ans, devait elle se terminer sur la place du Château dans la vieille ville de Varsovie, les manifestants scandant des chants patriotiques ou religieux et brandissant notamment des pancartes demandant l’arrêt de l’immigration.”Le changement arrive. Nous allons gagner!”, a assuré M. Nawrocki.Selon ses organisateurs, la marche du candidat nationaliste a réuni environ 200.000 personnes, tandis que, selon le Premier ministre Donald Tusk, les pro-Trzaskowski étaient 500.000.Des chiffres toutefois largement nuancés par le site polonais Onet, selon lequel le rassemblement de M. Nawrocki à réuni 70.000 personnes, contre 160.000 pour celui de M. Trzaskowski.Ce dernier a viré en tête d’un cheveu dimanche dernier au premier tour de la présidentielle, obtenant 31% contre 30% pour M. Nawrocki. Pour le deuxième tour, les sondages prévoient une égalité parfaite, avec les deux candidats à 46,3%.La victoire de M. Trzaskowski permettrait de mettre fin à une cohabitation difficile du gouvernement pro-européen du Premier ministre Donald Tusk avec le chef de l’Etat sortant Andrzej Duda, alors que le succès de son adversaire nationaliste pourrait la compliquer davantage.Une victoire de M. Nawrocki, un partisan du président américain Donald Trump, pourrait aussi ébranler le soutien indéfectible de la Pologne à l’Ukraine voisine : il s’oppose en effet à l’adhésion de Kiev à l’Otan et a dénoncé les avantages accordés au million de réfugiés ukrainiens en Pologne, pays d’Europe centrale de 38 millions d’habitants.”Je suis polonais et donc je vote pour un candidat qui garantira notre avenir et agira comme un contrepoids au gouvernement actuel”, explique Piotr Slaby, employé dans le secteur secteur financier à Przemysl (sud-est) et venu participer à la “marche pour la Pologne”.”Nous avons un gouvernement cosmopolite. Il veut introduire l’euro et nous allons perdre notre souveraineté”, a renchéri Piotr Nowak, technicien de 41 ans, qui habite Varsovie.De nombreux drapeaux de l’UE et LGBTQ flottaient au dessus de la “grande marche des patriotes” de M. Trzaskowski.Olivia, une étudiante de 20 ans qui préfère ne pas donner son nom de famille, dit soutenir M. Trzaskowski “avant tout parce qu’il veut protéger les personnes LGBTQ et les droits des femmes sur la question de l’avortement”.Kurnik Irek, un homme d’affaires de 52 ans, a déclaré qu’un vote pour M. Trzaskowski était “le seul moyen d’aller vers l’Europe” plutôt que la Russie.