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Charles III arrive au Canada, en pleines tensions avec le voisin américain

Le roi Charles III doit atterrir lundi à Ottawa pour une visite historique où il prononcera le discours du trône pour la réouverture du Parlement canadien, une brève visite interprétée comme une claire marque de soutien après les menaces d’annexion de Donald Trump.Le souverain de 76 ans est aussi chef d’Etat du Canada, pays membre du Commonwealth. Tenu à une stricte neutralité politique, il n’a jamais fait le moindre commentaire public sur les velléités du président américain qui rêve de faire du Canada le 51e Etat américain. Donald Trump est par ailleurs grand admirateur de la famille royale.Le discours du trône est habituellement prononcé par le représentant de la couronne britannique au Canada, le gouverneur général. Mais Charles III a cette fois été invité par le nouveau Premier ministre Mark Carney: cette allocution, point fort de la visite royale de 24 heures dans la capitale Ottawa, détaillera les priorités du nouveau gouvernement de centre-gauche.Ce discours sera particulièrement scruté, notamment sur les questions de souveraineté et de relations commerciales, face à un Donald Trump qui rêve d’annexer le pays de 41 millions d’habitants, auquel il a en outre récemment imposé un relèvement de taxes douanières.- “Un honneur historique” -Elizabeth II, la mère du roi Charles, n’est venue prononcer que deux fois le discours du trône lors de son long règne, en 1957 et la dernière fois en 1977.Mark Carney, Premier ministre depuis mi-mars, a remporté les législatives du 28 avril en plaçant la défense de la souveraineté du Canada au cœur de sa campagne.Il a déclaré à Donald Trump le 6 mai à la Maison Blanche que le Canada “ne sera jamais à vendre”, en réponse au président américain qui lui faisait la liste des “formidables avantages” pour les Canadiens d’un “merveilleux mariage”.Charles III “présentera le plan de notre gouvernement pour rendre le Canada plus fort”, a déclaré mercredi le Premier ministre canadien. Il avait auparavant salué son déplacement “comme un honneur historique qui reflète la gravité de notre époque”.L’envoyé de Donald Trump au Canada, l’ambassadeur Pete Hoekstra, a rejeté l’idée que l’invitation de Charles au Parlement était un moyen efficace de faire passer un message sur l’annexion du pays: “S’il y a un message à faire passer, il y a des moyens plus simples de le faire. Il suffit de m’appeler ! M. Carney peut appeler le président à tout moment”, a déclaré le diplomate la semaine dernière à la chaîne publique CBC.M. Hoekstra a ajouté qu’il considérait la question de l’annexion comme “close”. “Il faut passer à autre chose. Si les Canadiens veulent continuer à en parler, c’est leur affaire.”- Carrosse tiré par 28 chevaux -La visite de Charles, qui sera accompagné par la reine Camilla, est sa vingtième au Canada, mais la première depuis qu’il est devenu roi en septembre 2022. C’est la sixième pour Camilla, sa première en tant que reine.Le couple royal doit atterrir lundi en début d’après-midi et ils commenceront par une rencontre communautaire célébrant en musique et à travers son artisanat la diversité et le patrimoine culturel du Canada.Le roi s’entretiendra également avec la gouverneure générale Mary Simon et le Premier ministre.A Rideau Hall, résidence officielle de la gouverneure générale, le roi participera à la plantation d’un arbre, avant une courte réception prévue avec les lieutenants-gouverneurs des dix provinces canadiennes et commissaires territoriaux des trois territoires.Mardi, le roi et la reine se rendront en carrosse tiré par 28 chevaux jusqu’au Sénat pour le discours du trône prévu vers 15h00 GMT. Charles III y recevra les honneurs militaires. La visite royale se terminera par le dépôt d’une couronne devant le tombeau du Soldat inconnu.Un médecin canadien a été mis à disposition du roi, traité chaque semaine pour un cancer dont le type n’a jamais été précisé.

Macron au Vietnam, pays test pour sa “stratégie indopacifique” face à Trump et Xi

Emmanuel Macron rencontre lundi les dirigeants du Vietnam au démarrage d’une tournée en Asie du Sud-Est, l’occasion de tester sa “stratégie indopacifique” dans une région prise en tenailles dans la confrontation entre les Etats-Unis et la Chine.Arrivé dimanche soir à Hanoï avec son épouse Brigitte Macron, le président français va enchaîner jusqu’à vendredi trois visites d’Etat, dans ce pays au passé colonial souvent douloureux avec la France, puis en Indonésie et à Singapour.”Partout, je dirai une chose simple: la France est une puissance de paix et d’équilibres. Elle est un partenaire fiable, qui croit au dialogue et à la coopération. Quand certains choisissent le repli, la France choisit de bâtir des ponts”, a-t-il dit sur le réseau X à son arrivée.Lundi, après un hommage à la mémoire des combattants de la guerre d’Indochine qui se battirent de 1946 à 1954 contre la France, pour l’indépendance, c’est la journée des entretiens officiels.Le chef de l’Etat, dont c’est la première visite au Vietnam, doit être reçu par son homologue vietnamien Luong Cuong puis par le secrétaire général du Parti communiste To Lam, qu’il avait lui-même accueilli à Paris en octobre.Le chef du parti, avec lequel il déjeunera au temple de la Littérature, monument dédié à Confucius et lieu emblématique de la culture vietnamienne, est considéré comme le dirigeant le plus puissant du pays, où les organisations de défense des droits dénoncent une répression accrue de toute voix critique du pouvoir.Human Rights Watch a alerté Emmanuel Macron dans une lettre la semaine dernière, lui demandant de “faire pression” publiquement sur le gouvernement vietnamien pour qu’il “libère sans condition toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association, de religion et de réunion”.- Des “règles” plutôt que la “jungle” -Une telle interpellation n’est pas dans les usages du président français qui assure régulièrement préférer évoquer ces sujets sensibles à huis clos. D’autant qu’au Vietnam, l’Elysée espère “renforcer les coopérations dans les secteurs stratégiques tels que l’énergie, les transports et la défense”. Et le chef de l’Etat entend marteler son offre de “troisième voie” à ce pays d’Asie-Pacifique particulièrement exposé à la concurrence sino-américaine.”Le Vietnam est vraiment sur la première ligne de toutes les tensions qui croissent en mer de Chine méridionale”, où Pékin se fait de plus en plus offensif dans ses revendications territoriales, glisse un haut responsable de la diplomatie française.Mais il est aussi en pleines négociations pour tenter d’échapper à la forte taxe douanière de 46% imposée puis suspendue par Donald Trump, alors que les Etats-Unis sont le plus grand marché des exportations de l’industrie manufacturière vietnamienne.Enoncée dès 2018, déjà vantée dans de multiples déplacements en Inde, dans l’océan Pacifique ou dans l’océan Indien, la “stratégie indopacifique” d’Emmanuel Macron consiste à proposer une troisième voie aux pays de la région. Et elle trouve selon Paris toute sa pertinence depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche avec ses menaces de guerre commerciale.De manière plus ou moins subliminale, le président français devrait avoir un message pour chacun.Pour le président américain, en défendant les “règles du commerce international” plutôt que la loi de la “jungle”, selon un de ses conseillers. Pour son homologue chinois Xi Jinping, qu’il a appelé avant son départ à garantir une “concurrence équitable”, en martelant que la France est un partenaire “respectueux” de “la souveraineté” des pays de la région.Et aussi pour le président russe Vladimir Poutine, en affirmant aux pays comme le Vietnam ou l’Indonésie, longtemps tournés vers Moscou notamment pour leurs armements, mais qui cherchent à diversifier leurs fournisseurs, que la Russie, par la guerre qu’elle mène en Ukraine avec le soutien de soldats nord-coréens, “déstabilise l’Asie” et non seulement l’Europe.Au Vietnam, cette posture de “puissance d’équilibre” peut trouver un écho: le pays veille lui-même à garder un certain équilibre dans ses relations avec la Chine et les Etats-Unis, afin de maximiser ses intérêts commerciaux, dans la lignée de sa “diplomatie du bambou”.

Macron au Vietnam, pays test pour sa “stratégie indopacifique” face à Trump et Xi

Emmanuel Macron rencontre lundi les dirigeants du Vietnam au démarrage d’une tournée en Asie du Sud-Est, l’occasion de tester sa “stratégie indopacifique” dans une région prise en tenailles dans la confrontation entre les Etats-Unis et la Chine.Arrivé dimanche soir à Hanoï avec son épouse Brigitte Macron, le président français va enchaîner jusqu’à vendredi trois visites d’Etat, dans ce pays au passé colonial souvent douloureux avec la France, puis en Indonésie et à Singapour.”Partout, je dirai une chose simple: la France est une puissance de paix et d’équilibres. Elle est un partenaire fiable, qui croit au dialogue et à la coopération. Quand certains choisissent le repli, la France choisit de bâtir des ponts”, a-t-il dit sur le réseau X à son arrivée.Lundi, après un hommage à la mémoire des combattants de la guerre d’Indochine qui se battirent de 1946 à 1954 contre la France, pour l’indépendance, c’est la journée des entretiens officiels.Le chef de l’Etat, dont c’est la première visite au Vietnam, doit être reçu par son homologue vietnamien Luong Cuong puis par le secrétaire général du Parti communiste To Lam, qu’il avait lui-même accueilli à Paris en octobre.Le chef du parti, avec lequel il déjeunera au temple de la Littérature, monument dédié à Confucius et lieu emblématique de la culture vietnamienne, est considéré comme le dirigeant le plus puissant du pays, où les organisations de défense des droits dénoncent une répression accrue de toute voix critique du pouvoir.Human Rights Watch a alerté Emmanuel Macron dans une lettre la semaine dernière, lui demandant de “faire pression” publiquement sur le gouvernement vietnamien pour qu’il “libère sans condition toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association, de religion et de réunion”.- Des “règles” plutôt que la “jungle” -Une telle interpellation n’est pas dans les usages du président français qui assure régulièrement préférer évoquer ces sujets sensibles à huis clos. D’autant qu’au Vietnam, l’Elysée espère “renforcer les coopérations dans les secteurs stratégiques tels que l’énergie, les transports et la défense”. Et le chef de l’Etat entend marteler son offre de “troisième voie” à ce pays d’Asie-Pacifique particulièrement exposé à la concurrence sino-américaine.”Le Vietnam est vraiment sur la première ligne de toutes les tensions qui croissent en mer de Chine méridionale”, où Pékin se fait de plus en plus offensif dans ses revendications territoriales, glisse un haut responsable de la diplomatie française.Mais il est aussi en pleines négociations pour tenter d’échapper à la forte taxe douanière de 46% imposée puis suspendue par Donald Trump, alors que les Etats-Unis sont le plus grand marché des exportations de l’industrie manufacturière vietnamienne.Enoncée dès 2018, déjà vantée dans de multiples déplacements en Inde, dans l’océan Pacifique ou dans l’océan Indien, la “stratégie indopacifique” d’Emmanuel Macron consiste à proposer une troisième voie aux pays de la région. Et elle trouve selon Paris toute sa pertinence depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche avec ses menaces de guerre commerciale.De manière plus ou moins subliminale, le président français devrait avoir un message pour chacun.Pour le président américain, en défendant les “règles du commerce international” plutôt que la loi de la “jungle”, selon un de ses conseillers. Pour son homologue chinois Xi Jinping, qu’il a appelé avant son départ à garantir une “concurrence équitable”, en martelant que la France est un partenaire “respectueux” de “la souveraineté” des pays de la région.Et aussi pour le président russe Vladimir Poutine, en affirmant aux pays comme le Vietnam ou l’Indonésie, longtemps tournés vers Moscou notamment pour leurs armements, mais qui cherchent à diversifier leurs fournisseurs, que la Russie, par la guerre qu’elle mène en Ukraine avec le soutien de soldats nord-coréens, “déstabilise l’Asie” et non seulement l’Europe.Au Vietnam, cette posture de “puissance d’équilibre” peut trouver un écho: le pays veille lui-même à garder un certain équilibre dans ses relations avec la Chine et les Etats-Unis, afin de maximiser ses intérêts commerciaux, dans la lignée de sa “diplomatie du bambou”.

Gaza: Européens et Arabes se sont réunis à Madrid pour faire pression sur Israël

La communauté internationale doit envisager de sanctionner Israël pour qu’il mette fin à la guerre à Gaza, a estimé le ministre espagnol des Affaires étrangères, peu avant une réunion sur cette question des pays européens et arabes qui s’est tenue dimanche à Madrid.”A très court terme, pour arrêter cette guerre qui n’a plus de but et faire rentrer l’aide humanitaire de façon massive, sans entrave, de façon neutre, que ce ne soit pas Israël qui décide qui peut manger et qui ne peut pas, (…) on doit envisager des sanctions”, a souligné le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, à la radio publique française France Info.”Il faut tout faire, tout envisager pour arrêter cette guerre”, a-t-il martelé, après que l’Union européenne a décidé cette semaine de revoir son accord de coopération avec Israël.Après la récente extension des opérations militaires israéliennes à Gaza, plusieurs pays considérés par Israël comme des alliés ont ajouté leur voix à la pression internationale croissante pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien. Un blocus de deux mois y a aggravé les pénuries de nourriture, d’eau, de carburant et de médicaments, faisant craindre une famine. Les organisations humanitaires affirment que le peu d’aide qu’Israël a laissé entrer ces derniers jours est loin de répondre aux besoins.Madrid accueillait sur cette question dimanche 20 pays européens et arabes ainsi que des organisations internationales.Cette réunion visait à arrêter la guerre “inhumaine” et “insensée” menée par Israël à Gaza, a déclaré M. Albares à la presse avant le début des discussions.En visio depuis Paris, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a souhaité pour sa part “redonner une perspective diplomatique pour une solution politique au conflit israélo-palestinien”, selon le Quai d’Orsay.- “Pression coordonnée” -La réunion de dimanche a également donné lieu à la défense d’une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien: le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa a dit vouloir “aller aussi vite que possible vers une paix permettant à la Palestine et Israël de coexister et apporter stabilité et sécurité à toute la région”.José Manuel Albares a déclaré après la réunion à la station Cadena SER  que l’événement avait marqué un progrès, en incluant davantage de pays européens tels que la France, l’Allemagne et l’Italie, qui “ne renonceront jamais à la paix au Moyen-Orient”. En visite à Erevan en début de semaine, son homologue français Jean-Noël Barrot rencontrera lundi soir la ministre d’Etat aux Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Varsen Aghabekian Shahin, selon son ministère.Il a insisté à Madrid sur “la nécessité d’une pression coordonnée pour aller vers un cessez-le-feu, une entrée massive d’aide humanitaire et la libération des otages à Gaza”.Et rappelé les objectifs de la conférence des Nations unies prévue en juin, co-présidée par la France et l’Arabie saoudite. Notamment avancer sur la “reconnaissance de la Palestine”, la normalisation avec Israël, les réformes de l’Autorité palestinienne ainsi que le “désarmement du Hamas” et l’apport de “garanties de sécurité pour Israël”.L’Espagne a rassemblé des représentants de pays comme la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie, ainsi que l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Maroc, et des délégués de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).L’Irlande, l’Islande, la Norvège et la Slovénie, qui comme l’Espagne, ont reconnu l’existence d’un Etat palestinien, ont également participé, ainsi que le Brésil.Après que l’Union européenne s’est prononcée cette semaine en faveur d’un réexamen de l’accord d’association avec Israël, M. Albares a souligné devant la presse que l’Espagne demanderait “sa suspension immédiate”.L’Espagne devait également demander à ses partenaires d’imposer un embargo sur les armes contre Israël, et de “n’exclure aucune” sanction individuelle contre ceux “qui veulent ruiner pour toujours la solution à deux Etats”.Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez est un critique véhément de la guerre à Gaza. Il a déclaré que son pays soutiendrait des projets de résolution aux Nations unies visant à faciliter l’accès de l’aide à Gaza.

Elections au Venezuela: vers une consolidation du pouvoir de Maduro

Le parti du président vénézuélien Nicolas Maduro s’achemine vers une large victoire aux législatives et régionales de dimanche, marquées par l’arrestation de 70 personnes et un boycott par la majorité de l’opposition, dix mois après une présidentielle entachée de fraudes selon elle.Les bureaux de vote ont commencé à fermer à l’heure prévue, soit vers 18H00 (22h00 GMT), mais le Conseil national électoral a prolongé la durée d’ouverture “d’une heure ou plus” jusqu’à ce que toutes les personnes faisant la queue puissent voter. Les résultats sont attendus dans la soirée.Parmi les 70 personnes arrêtées avant le scrutin figure Juan Pablo Guanipa, dirigeant de l’opposition proche de la leader Maria Corina Machado, interpellé vendredi et accusé d’appartenir à un “réseau terroriste” qui cherchait à “saboter” les élections de dimanche. Le pouvoir, qui dénonce régulièrement des complots, réels ou imaginaires, a aussi suspendu lundi les vols en provenance de Colombie, dénonçant l’infiltration de “mercenaires”.Plus de 400.000 membres des forces de l’ordre sont déployés. Les troubles post-électoraux de la présidentielle du 28 juillet s’étaient soldés par 28 morts et 2.400 arrestations. Seuls 1.900 ont été libérés depuis.”Nous avons réussi à organiser les élections sans incident et nous avons réussi à vaincre la violence”, s’est félicité M. Maduro après avoir voté.Contrairement à la présidentielle du 28 juillet, les bureaux de vote étaient peu fréquentés, ont constaté des journalistes de l’AFP à Caracas et en province.Selon un sondage Delphos, la participation devrait avoisiner les 16% des 21 millions d’électeurs. L’essentiel d’entre eux devrait être des militants du pouvoir. – “Déclaration silencieuse” -“Nous allons avoir une carte très rouge”, prévoit Jesus Castillo, directeur du cabinet Polianalitica, en référence à la couleur du chavisme.Les sondages prédisent une majorité absolue pour le parti de M. Maduro à l’Assemblée. Et selon plusieurs analystes, l’opposition n’est en mesure de remporter que deux des 24 Etats: Zulia, l’Etat pétrolier, et Nueva Sparta, l’île de Margarita. “Quand l’adversaire se retire du champ, on avance et on occupe le terrain”, s’est félicité le président après avoir voté, évoquant le boycott par l’opposition. “Le Venezuela est le pays avec le plus d’élections libres, souveraines et démocratiques de l’Histoire des 100 dernières années de l’Humanité”, a-t-il assuré. “C’est un processus de participation citoyenne important”, estime Samadi Romero, universitaire de 32 ans qui a voté pour Nicolas Maduro Guerra, le fils du président Maduro, tête de liste à Caracas.  “Je ne vais pas voter parce que j’ai voté le 28 juillet et ils ont volé les élections. C’est vraiment une farce”, affirme à San Cristobal Candelaria Rojas Sierra, fonctionnaire retraitée de 78 ans, en allant à la messe “prier pour le Venezuela”.”Ce que le monde a vu aujourd’hui, c’est (…) une déclaration silencieuse, mais percutante, que le désir de changement, de dignité et d’avenir reste intact”, a écrit sur les réseaux sociaux depuis son exil Edmundo Gonzalez Urrutia, qui revendique la victoire à la présidentielle de juillet. “La véritable majorité a parlé depuis le silence, exigeant la liberté”, ajoute-t-il.Henrique Capriles, deux fois candidat à la présidentielle, a toutefois entraîné derrière lui une frange de l’opposition convaincue de la nécessité de participer au scrutin.”Qu’est-ce qui est mieux? Avoir une voix et lutter au sein du l’Assemblée nationale ou, comme nous l’avons fait à d’autres occasions, se retirer du processus électoral et laisser entièrement l’Assemblée au gouvernement?”, a déclaré M. Capriles après avoir voté à Caracas. – Représentants pour l’Essequibo -Le pouvoir a revu le découpage électoral pour faire élire un gouverneur et huit députés pour l’Essequibo, région riche en pétrole que Caracas dispute au Guyana dans le cadre d’un différend datant de l’époque coloniale.Le vote a lieu dans un micro-circonscription de 21.000 votants à la frontière guyanienne. Il n’y a pas de bureaux de vote sur le territoire de 160.000 km² administré par Georgetown.Le président du Guyana Irfaan Ali a affirmé mercredi à l’AFP qu’il s’agissait “d’une menace” alors que le ministère de la défense guyanien a indiqué renforcer sa présence à la frontière.”Irfaan Ali, président du Guyana (…) plus tôt que tard devra s’asseoir avec moi pour discuter et accepter la souveraineté vénézuélienne”, a lui estimé M. Maduro. “Avec un gouverneur, des ressources, un budget et tout le soutien que je vais apporter, nous allons récupérer” l’Essequibo “pour le peuple”, a-t-il assuré.

Suriname: fin du vote pour savoir qui gérera la future manne pétrolière

Les opérations de dépouillement des législatives au Suriname ont débuté dimanche et la composition de la future assemblée, chargée d’élire le président qui aura à gérer la transformation de ce pays pauvre d’Amérique du Sud grâce à une nouvelle manne pétrolière, doit être connue dans la nuit.Selon des données provisoires, quelque 63% des électeurs se sont déplacés pour choisir entre la continuité avec l’actuel président Chan Santokhi, et le retour de la domination du parti de l’ex-président Desi Bouterse, récemment décédé.”Il n’y a pas de doutes sur le déroulement du processus électoral. Le résultat sera ce que les Surinamais ont choisi”, a déclaré à l’AFP Irene Klinger, cheffe de la mission d’observation électorale de l’Organisation des Etats américains (OEA).Cette ancienne colonie néerlandaise, minée depuis son indépendance en 1975 par des rébellions et coups d’Etat, dispose d’importantes réserves pétrolières offshore découvertes récemment. Elles devraient offrir au pays, où 20% de la population vit sous le seuil de pauvreté, des revenus financiers inédits à partir de 2028, quand débutera l’exploitation d’un bloc offshore d’une production estimée à 220.000 barils par jour, beaucoup plus que les 5 à 6.000 actuels.”J’espère vraiment qu’on réussira à faire quelque chose avec tout ce pétrole”, a confié à l’AFP Omar Tariq Kohinor, livreur de 30 ans, après avoir rempli son devoir électoral.”J’espère que ça va changer notre pays en bien, qu’on vivra mieux, qu’on pourra avoir de meilleures routes, un peu plus de sécurité dans nos vies, une meilleure éducation pour nos enfants, de meilleures conditions pour les étudiants”, renchérit une employée de banque de 26 ans qui répond au nom de Rayshrie.- Coude-à-coude -Le président sortant Chan Santokhi, ancien policier puis ministre de la Justice, vise un deuxième mandat. Son arrivée au pouvoir en 2020 avait rassuré les marchés financiers et les institutions internationales, notamment le Fonds monétaire international qui avait accordé un prêt pour aider le pays à restructurer sa dette abyssale.Auteur de réformes économiques impopulaires pour sortir du surendettement, il promet, grâce à l’or noir, des investissements dans l’agriculture, le tourisme, la santé, l’éducation et les énergies vertes.Le Parti de la réforme progressiste (VHP) du président Santokhi et le Parti démocratique national (NDP) de Mme Simons sont au coude-à-coude dans les intentions de vote. Ils ont affirmé qu’ils ne feraient pas alliance.M. Santokhi, polo orange (couleur de son parti) sous sa veste, a voté en compagnie de la Première dame en périphérie de la capitale Paramaribo et demandé à ses concitoyens de lui donner “le mandat pour terminer notre tâche”. “Beaucoup de choses ont été accomplies mais le travail n’est pas terminé”, a-t-il dit à l’AFP.Son opposante principale, présidente de l’Assemblée nationale, Jennifer Simons, a dit à l’AFP vouloir “être au pouvoir pour (s)’assurer que la population bénéficie réellement” des revenus attendus du pétrole en “établissant une loi selon laquelle toutes les entreprises devront travailler avec des Surinamais et acheter des produits du Suriname”.- Alliances -Avec un corps électoral de 399.937 inscrits, la marge d’erreur est grande, et l’incertitude sur le score tout autant.Sans majorité, les principaux partis devront nouer des alliances avec de petites formations qui monnayeront leur soutien contre une place dans le futur gouvernement.Sur le NDP plane toujours l’ombre tutélaire de son ancien dirigeant Desi Bouterse, qui a dirigé le pays d’une main de fer après un coup d’Etat en 1980, puis démocratiquement entre 2010 et 2020. Sous son mandat, le Suriname était considéré comme un narco-Etat.Condamné aux Pays-Bas pour trafic de cocaïne et au Suriname pour le meurtre d’opposants en 1982 lorsqu’il était chef de la junte, M. Bouterse est décédé en décembre dans la clandestinité. Sa figure reste toutefois célébrée, notamment parmi la classe populaire où son franc-parler faisait merveille. Sa veuve a activement participé à la campagne électorale et est candidate à la députation. Les résultats officiels sont attendus d’ici deux à trois semaines. La nouvelle Assemblée nationale aura dès lors un mois pour se réunir et élire à la majorité des deux tiers le président et le vice-président.