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Gaza: au moins 52 morts dans des bombardements israéliens, dont 33 dans une école

Au moins 52 personnes ont été tuées lundi par des bombardements israéliens à Gaza, selon la Défense civile palestinienne, dont 33 dans une école abritant des déplacés, où l’armée israélienne a dit avoir visé des “terroristes”. Ces nouvelles frappes meurtrières interviennent alors qu’Israël intensifie son offensive dans le territoire palestinien dévasté et en proie à une catastrophe humanitaire, malgré les pressions internationales croissantes.Le bilan du “massacre de l’école Fahmi AlJarjaoui” de Gaza-ville (nord) est “d’au moins 33” morts “avec des dizaines de blessés, principalement des enfants”, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal. Des images de l’AFP montrent dans la matinée des résidents de l’établissement, à la cour occupée par des tentes dont de nombreuses détruites, inspecter les dégâts. L’armée israélienne a dit avoir visé “des terroristes de premier plan qui opéraient dans un centre de commandement et de contrôle (…) dans une zone qui servait auparavant d’école”. Elle accuse régulièrement le Hamas d’opérer à partir d’écoles ou hôpitaux – qu’elle a visés à plusieurs reprises – ce que ce dernier nie.  La Défense civile a ensuite fait état de 19 personnes tuées dans un bombardement israélien sur une maison de Jabalia, également dans le nord de la bande de Gaza. L’armée a aussi fait part du tir de trois “projectiles” depuis le sud de la bande de Gaza, affirmant avoir intercepté l’un deux et que les deux autres sont tombés dans le territoire palestinien. Rompant une trêve de deux mois, Israël a repris son offensive mi-mars, et intensifié ses opérations militaires le 17 mai, dans le but affiché d’anéantir le Hamas – dont l’attaque en Israël le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre – , libérer les derniers otages et prendre le contrôle de la bande de Gaza.- “Guerre qui n’a plus de but” -L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles.Sur 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues dans Gaza, dont au moins 34 mortes, selon les autorités israéliennes. Plus de 53.939 Gazaouis, majoritairement des civils, ont été tués par la campagne de représailles israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Les Gazaouis sont aussi confrontés à des pénuries de nourriture, d’eau, de carburant et de médicaments, après plus de deux mois d’un total blocage par Israël des entrées d’aide humanitaire, qui n’a été que partiellement levé lundi dernier. Les organisations humanitaires affirment que le peu d’aide qu’Israël a laissé entrer depuis est loin de répondre aux besoins.L’escalade militaire et cette catastrophe humanitaire nourrissent une indignation internationale croissante, y compris parmi les alliés historiques d’Israël. L’Union européenne a décidé la semaine dernière d’un réexamen de son accord d’association avec le pays.”A très court terme, pour arrêter cette guerre qui n’a plus de but et faire rentrer l’aide humanitaire de façon massive, sans entrave, de façon neutre, que ce ne soit pas Israël qui décide qui peut manger et qui ne peut pas, (…) on doit envisager des sanctions”, a affirmé dimanche le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares. Madrid, a-t-il affirmé, va demander la “suspension immédiate” de l’accord d’association entre l’UE et Israël, ainsi qu’un embargo sur les armes et des sanctions individuelles.- “Arrêter le plus vite possible” -Le président américain Donald Trump, dont l’administration est le principal soutien du gouvernement de Benjamin Netanyahu, a déclaré dimanche espérer “arrêter toute cette situation le plus vite possible”.Au même moment, le chef de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation créée de toutes pièces et soutenue par les Etats-Unis pour distribuer de l’aide dans la bande de Gaza, a annoncé dimanche sa démission.Jake Wood s’est dit incapable de remplir sa mission “tout en respectant strictement les principes humanitaires d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance”.L’organisation, qui siège à Genève, avait annoncé le 14 mai vouloir distribuer près de 300 millions de repas pour une période initiale de 90 jours. Dans un communiqué lundi, le conseil d’administration de la GHF a confirmé que l’aide commencerait à être distribuée: “nos camions sont chargés et prêts à partir. A partir du lundi 26 mai, la GHF commencera à livrer directement de l’aide à Gaza, ce qui permettra d’atteindre plus d’un million de Palestiniens d’ici la fin de la semaine”. Il n’y avait toutefois aucune confirmation immédiate que GHF serait en mesure de lancer ses opérations lundi, ni sur la manière dont l’aide serait distribuée dans un territoire ravagé par la guerre.L’ONU et des ONG ont affirmé qu’elles ne participeraient pas à la distribution d’aide par cette fondation, accusée de travailler avec Israël.

Gaza: au moins 52 morts dans des bombardements israéliens, dont 33 dans une école

Au moins 52 personnes ont été tuées lundi par des bombardements israéliens à Gaza, selon la Défense civile palestinienne, dont 33 dans une école abritant des déplacés, où l’armée israélienne a dit avoir visé des “terroristes”. Ces nouvelles frappes meurtrières interviennent alors qu’Israël intensifie son offensive dans le territoire palestinien dévasté et en proie à une catastrophe humanitaire, malgré les pressions internationales croissantes.Le bilan du “massacre de l’école Fahmi AlJarjaoui” de Gaza-ville (nord) est “d’au moins 33” morts “avec des dizaines de blessés, principalement des enfants”, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal. Des images de l’AFP montrent dans la matinée des résidents de l’établissement, à la cour occupée par des tentes dont de nombreuses détruites, inspecter les dégâts. L’armée israélienne a dit avoir visé “des terroristes de premier plan qui opéraient dans un centre de commandement et de contrôle (…) dans une zone qui servait auparavant d’école”. Elle accuse régulièrement le Hamas d’opérer à partir d’écoles ou hôpitaux – qu’elle a visés à plusieurs reprises – ce que ce dernier nie.  La Défense civile a ensuite fait état de 19 personnes tuées dans un bombardement israélien sur une maison de Jabalia, également dans le nord de la bande de Gaza. L’armée a aussi fait part du tir de trois “projectiles” depuis le sud de la bande de Gaza, affirmant avoir intercepté l’un deux et que les deux autres sont tombés dans le territoire palestinien. Rompant une trêve de deux mois, Israël a repris son offensive mi-mars, et intensifié ses opérations militaires le 17 mai, dans le but affiché d’anéantir le Hamas – dont l’attaque en Israël le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre – , libérer les derniers otages et prendre le contrôle de la bande de Gaza.- “Guerre qui n’a plus de but” -L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles.Sur 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues dans Gaza, dont au moins 34 mortes, selon les autorités israéliennes. Plus de 53.939 Gazaouis, majoritairement des civils, ont été tués par la campagne de représailles israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Les Gazaouis sont aussi confrontés à des pénuries de nourriture, d’eau, de carburant et de médicaments, après plus de deux mois d’un total blocage par Israël des entrées d’aide humanitaire, qui n’a été que partiellement levé lundi dernier. Les organisations humanitaires affirment que le peu d’aide qu’Israël a laissé entrer depuis est loin de répondre aux besoins.L’escalade militaire et cette catastrophe humanitaire nourrissent une indignation internationale croissante, y compris parmi les alliés historiques d’Israël. L’Union européenne a décidé la semaine dernière d’un réexamen de son accord d’association avec le pays.”A très court terme, pour arrêter cette guerre qui n’a plus de but et faire rentrer l’aide humanitaire de façon massive, sans entrave, de façon neutre, que ce ne soit pas Israël qui décide qui peut manger et qui ne peut pas, (…) on doit envisager des sanctions”, a affirmé dimanche le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares. Madrid, a-t-il affirmé, va demander la “suspension immédiate” de l’accord d’association entre l’UE et Israël, ainsi qu’un embargo sur les armes et des sanctions individuelles.- “Arrêter le plus vite possible” -Le président américain Donald Trump, dont l’administration est le principal soutien du gouvernement de Benjamin Netanyahu, a déclaré dimanche espérer “arrêter toute cette situation le plus vite possible”.Au même moment, le chef de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation créée de toutes pièces et soutenue par les Etats-Unis pour distribuer de l’aide dans la bande de Gaza, a annoncé dimanche sa démission.Jake Wood s’est dit incapable de remplir sa mission “tout en respectant strictement les principes humanitaires d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance”.L’organisation, qui siège à Genève, avait annoncé le 14 mai vouloir distribuer près de 300 millions de repas pour une période initiale de 90 jours. Dans un communiqué lundi, le conseil d’administration de la GHF a confirmé que l’aide commencerait à être distribuée: “nos camions sont chargés et prêts à partir. A partir du lundi 26 mai, la GHF commencera à livrer directement de l’aide à Gaza, ce qui permettra d’atteindre plus d’un million de Palestiniens d’ici la fin de la semaine”. Il n’y avait toutefois aucune confirmation immédiate que GHF serait en mesure de lancer ses opérations lundi, ni sur la manière dont l’aide serait distribuée dans un territoire ravagé par la guerre.L’ONU et des ONG ont affirmé qu’elles ne participeraient pas à la distribution d’aide par cette fondation, accusée de travailler avec Israël.

L’Autriche expulse des Tchétchènes, niant le risque d’enrôlement en Ukraine

L’Autriche extrade des Tchétchènes menacés d’un recrutement forcé sur le front ukrainien au motif du danger qu’ils représentent pour la sûreté de l’Etat, selon des documents de justice consultés par l’AFP, en “violation du droit international” selon Amnesty.Deux citoyens russes originaires de Tchétchénie, qui avaient reçu l’ordre de se présenter aux services russes de mobilisation et avaient déposé une demande d’asile, ont été expulsés cette année, les autorités considérant qu’ils n’étaient pas menacés de manière “vraisemblable”. Selon le gouvernement autrichien, ces demandeurs sont trop âgés pour être affectés par la conscription, qui concerne les hommes âgés de 18 à 30 ans, et peuvent de toute façon y “échapper en s’établissant à Moscou”.Il estime que le maintien sur son territoire de ces Tchétchènes “menacerait sans aucun doute la sûreté nationale”, en se basant sur “des résultats d’enquête policière portant sur le terrorisme” et l’extrémisme religieux, sans en préciser la nature.- “Approbation silencieuse” -En raison de l’arrêt des liaisons aériennes entre les pays de l’Union européenne et la Russie, les expulsions se font “en avion par la Serbie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie”.Vienne ne publie pas les statistiques détaillées des expulsions concernant spécifiquement les Tchétchènes, qui sont citoyens russes ou apatrides. Le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu à l’AFP.S’il n’y a plus de coopération depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Autriche dit “prendre comme une approbation silencieuse l’absence de réaction de Moscou à ses avis d’expulsion”, d’après les documents consultés.L’activiste Rosa Dounaïeva, qui vit à Vienne, s’insurge “qu’automatiquement, Tchétchène veuille dire terroriste” aux yeux de l’opinion publique comme des élus. Selon elle, les Tchétchènes seraient ciblés car ils ont “rarement les moyens de payer un avocat” pour se défendre.Or “les autorités savent bien, dans toute l’Europe, que les personnes expulsées peuvent être recrutées pour combattre en Ukraine” si leurs familles ne payent pas une grosse somme d’argent, affirme-t-elle, “qu’elles aient 18 ou 60 ans”. En 2006, l’UE a conclu un accord de réadmission avec le gouvernement russe facilitant le retour des personnes condamnées en justice, qui n’a jamais été remis en cause par l’Autriche, malgré l’opposition de Bruxelles à l’invasion de l’Ukraine.Après l’assassinat en France de l’enseignant Samuel Paty par un Tchétchène en 2020, l’Autriche a mis en place une cellule policière chargée de surveiller cette communauté. Les extraditions se sont accélérées et la notion de prévention des risques s’est installée.Frappée pour la première fois la même année par un attentat jihadiste et accusée de négligence, elle redouble depuis de prudence.- “Nouvelle menace de mobilisation” -En janvier 2024, l’ONG de défense des droits humains Amnesty International a demandé à l’Europe de “cesser de renvoyer des personnes du Nord-Caucase”, en raison de “la nouvelle menace de mobilisation dans les forces armées”.”La répression est telle en Tchétchénie que les familles ont peur de rendre ces affaires publiques”, explique à l’AFP Natalia Prilutskaya, spécialiste de la Russie au sein de cette ONG. “Il n’y a pas d’espace sûr où que ce soit”.Et la mobilisation concerne “tous les hommes considérés comme en réserve”, “âgés de 70 ans ou moins”.Pour elle, “les autorités autrichiennes violent leurs obligations internationales” en matière de droits humains.En 2022, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait condamné la France pour l’expulsion de Tchétchènes vers la Russie, en vertu de l’article 3 de la Convention européenne qui interdit la torture.”La protection ne souffre nulle dérogation, même en cas de danger public” et de “liens avec une organisation terroriste”, avait-elle précisé.Quelque 250.000 personnes d’origine tchétchène vivent en Europe et l’Autriche, un pays de 9,2 millions d’habitants, en accueille selon les statistiques officielles entre 30.000 et 40.000, la plus grande communauté en diaspora par habitant. Elles sont arrivées après avoir fui la république russe à majorité musulmane ravagée par deux guerres meurtrières et contrôlée depuis par Ramzan Kadyrov, fidèle du Kremlin réprimant toute dissidence.

Le Venezuela fait élire des représentants pour l’Essequibo, zone disputée avec le Guyana

Le Venezuela a organisé pour la première fois un vote pour désigner des représentants de l’Essequibo, territoire riche en pétrole dont il dispute la souveraineté au Guyana voisin dans le cadre d’un différend centenaire.Le scrutin, dénoncé par Georgetown, n’a pas eu lieu dans l’Essequibo, territoire administré par le Guyana mais dans une micro-circonscription que Caracas a spécialement créée à la frontière guyanienne.Un gouverneur, huit députés et des conseillers régionaux ont donc été élus. Le poste de gouverneur, remporté par Neil Villamizar, est symbolique puisque l’Essequibo et ses 160.000 km2 sont administrés par le Guyana. Il n’y avait aucun bureau de vote côté guyanien.”Aujourd’hui, l’Essequibo a un gouverneur, l’amiral (Neil) Villamizar. Et cet amiral, gouverneur élu par le peuple, va recevoir tout le soutien pour sa tâche, car le peuple de l’Essequibo s’est battu pour (…) avoir tous les droits en tant que peuple du Venezuela”, a lancé le président vénézuélien Nicolas Maduro à ses partisans à Caracas dimanche soir, après la proclamation des résultats donnant une victoire écrasante à son parti aux législatives et régionales.Le scrutin pour l’Essequibo pour lequel il y avait 21.403 inscrits côté vénézuélien, est une étape supplémentaire vers la “souveraineté pleine” de ce territoire, s’est pour sa part félicité auprès de l’AFP Neil Villamizar avant les résultats. La participation a été de 31,58% et M. Villamizar a finalement obtenu 4.720 voix soit 97,40% des suffrages exprimés. Il devient le premier gouverneur ce 24e Etat vénézuélien, la Guayana Esequiba, créée en 2024 par les autorités de Caracas mais qui se situe au Guyana. Il n’aura aucun pouvoir sur le territoire. “Nous nous concentrons sur cette tâche : obtenir par la voie pacifique (…) la récupération de la pleine souveraineté de la Guayana Esequiba, en paix, avec harmonie, en pratiquant la diplomatie”, a assuré M. Villamiza. Parmi ses promesses faites aux Essequibanos, des pièces d’identité vénézuéliennes, et l’accès à des services de santé et d’éducation.A El Dorado, un des quatre villages de l’Etat de Bolivar (sud-est) où l’on a voté pour les élus de l’Essequibo, une maison communale accessible par une route de terre a fait office de bureau de vote, a constaté une journaliste de l’AFP.Pour Adolfo Torrealba, un commerçant de 62 ans, cette élection “aurait dû avoir lieu il y a longtemps”. “Grâce à Dieu, ils l’ont pris en compte et enfin nous allons avoir ici un gouverneur et quelqu’un qui nous représentera”, a-t-il dit après avoir voté. – “Envahisseur de métier” -Le Guyana a dénoncé cette élection comme une “menace”, tandis que la Cour internationale de justice (CIJ), qui traite le différend territorial, a vainement demandé au Venezuela de s’abstenir d’organiser le scrutin.Dimanche après-midi, après avoir voté, M. Maduro a lancé à l’adresse de son homologue guyanien Irfaan Ali : “Tôt ou tard, et le plus vite sera le mieux, il devra s’asseoir avec moi pour discuter et accepter la souveraineté vénézuélienne”.”Avec un gouverneur, des ressources, un budget et tout le soutien que je vais apporter, nous allons récupérer” l’Essequibo “pour le peuple”, a-t-il également lancé.En 2023, Caracas avait organisé un référendum demandant notamment aux Vénézuéliens s’ils étaient favorables à la création d’un Etat de l’Essequibo faisant partie du Venezuela.Georgetown, qui assure que Caracas cherche à annexer les deux tiers de la superficie du Guyana, souligne que le tracé de sa frontière, datant de l’époque coloniale anglaise, a été entériné en 1899 par une Cour d’arbitrage à Paris. Georgetown demande à la CIJ de le ratifier.Le Venezuela estime pour sa part qu’un accord signé en 1966 avec les Britanniques à Genève, avant l’indépendance du Guyana, jette les bases d’un règlement négocié hors de la Cour internationale de justice. Il soutient que le fleuve Essequibo doit être la frontière naturelle, comme en 1777 à l’époque de la colonisation espagnole.Si Caracas n’a jamais abandonné ses prétentions sur le territoire, le différend a été ravivé lorsque le groupe ExxonMobil a découvert d’immenses réserves de pétrole en 2015.”Le Guyana est un envahisseur de métier” qui maintenant “prétend nous enlever l’Essequibo parce qu’il a le soutien de certaines multinationales (pétrolières) et de certains pays puissants (Etats-Unis)”, avait accusé Alexis Duarte, le candidat qui a fait campagne dans l’opposition.

En Mauritanie, une ville médiévale et ses manuscrits centenaires à l’épreuve du désert

Du toit de sa maison, Sidi Mohamed Lemine Sidiya contemple la cité médiévale de Oualata, en plein coeur du désert mauritanien: “C’est une ville magnifique, extraordinaire”. Ce trésor architectural lutte pourtant pour ne pas disparaître.Surnommée “le rivage de l’éternité”, Oualata fait partie des quatre ksour de Mauritanie avec ses contemporaines Chingetti, Tichit et Ouadane. Grâce à leurs positions incontournables sur les chemins caravaniers du Sahara, ces villes fondées entre le XIe et le XIIe siècles ont prospéré jusqu’à devenir d’importants centres d’érudition de la culture islamique.Dans les rues dépeuplées de la ville, sous une chaleur harassante, des amas de pierre et les murs éventrés témoignent des ravages de la dernière saison des pluies, particulièrement violente.”Beaucoup de maisons sont tombées à cause des pluies”, déplore une habitante, Khady, devant la maison écroulée qu’elle a héritée de ses grands-parents.”Les maisons sont devenues des ruines parce que leurs propriétaires les ont quittées”, raconte M. Sidiya, représentant de la Fondation nationale pour la sauvegarde des villes anciennes à Oualata.- Exode -Depuis des décennies, Oualata subit l’exode de ses habitants à la recherche d’opportunités économiques, qui rend compliqué l’entretien des bâtisses historiques. Sa population a largement baissé: on y dénombre aujourd’hui quelque 2.000 habitants en comptant les alentours.Ces constructions traditionnelles recouvertes de banco, un enduit de terre rouge caractéristique de la région, sont conçues pour s’adapter à cet environnement extrême. Mais elles doivent être entretenues après les pluies.Sur les 293 parcelles de la vieille ville, seules une centaine sont encore occupées.”Notre plus grand problème, c’est la désertification. Oualata est ensablée partout”, explique M. Sidiya.Le phénomène de désertification touche 80% du territoire national, causé notamment par “les changements climatiques, les pratiques d’exploitation inadaptée”, selon le ministère mauritanien de l’Environnement.”Le désert a connu une période verdoyante avant la grande désertification des années 70″ qui a vu “l’installation de dunes de sable”, note Boubacar Diop, directeur de la Protection de la Nature en Mauritanie.Dans les années 80, l’intérieur de la mosquée de Oualata était tellement ensablé que “les gens priaient sur la mosquée”, rappelle Béchir Barick, géographe à l’université de Nouakchott. Elle a depuis été désensablée.Battue par le vent et les sables, Oualata a conservé de sa gloire passée les superbes portes d’acacia peintes par les femmes selon des motifs traditionnels, et quelques milliers de manuscrits centenaires transmis de générations en générations dans 16 bibliothèques familiales.Assis en tailleur sur un tapis, Mohamed Ben Baty tourne les pages d’un manuscrit vieux de trois siècles. “Nous avons hérité cette bibliothèque de nos ancêtres, fondateurs de la ville”, souligne-t-il. Comme ses aïeux avant lui, cet imam est le dépositaire d’un savoir presque millénaire, descendant d’une longue lignée d’érudits du Coran.Dehors, l’air matinal du Sahara est déjà brûlant mais le bâtiment en banco conserve une certaine fraîcheur.- 223 manuscrits -Le fonds familial compte 223 manuscrits, dont le plus vieux date du XIVème siècle, selon M. Ben Baty.Dans une minuscule pièce encombrée, il entrouvre un placard et dévoile son trésor: des écrits centenaires dont la préservation tient parfois du miracle.”Ces livres, il fut un temps, étaient très mal entretenus et exposés à la destruction”, raconte M. Ben Baty, montrant des tâches d’eau sur des feuillets glissés dans des pochettes en plastique.Autrefois, les ouvrages étaient rangés dans des malles, “mais quand il pleut, l’eau s’infiltre et peut gâter les livres”.Une partie du toit de la petite pièce s’est effondré il y a huit ans pendant la saison des pluies.Dans les années 90, la coopération espagnole a permis de financer une bibliothèque contenant plus de 2.000 ouvrages qui ont été restaurés et numérisés. Faute de financements, la préservation des écrits dépend de la bonne volonté de quelques passionnés comme M. Ben Baty, qui ne vit pas à Oualata toute l’année.”La bibliothèque a besoin d’un expert qualifié pour assurer sa gestion et garantir sa pérennité car elle renferme une richesse documentaire précieuse pour les chercheurs dans divers domaines: langues, sciences du Coran, histoire, astronomie”, résume-t-il. Les revenus touristiques sont quasi inexistants. Oualata, située à deux heures de piste de la prochaine ville, ne compte aucune auberge et elle se situe en zone “formellement déconseillée” par de nombreux pays en raison de la menace jihadiste.Face à l’avancée inexorable du désert, des arbres ont été plantés autour de la ville en 1994. Insuffisant, constate M. Sidiya. Quelques initiatives ont permis de sauver Oualata et ses contemporaines d’une disparition certaine. Un festival des villes anciennes est ainsi organisé chaque année dans l’une des quatre villes, permettant de financer des rénovations et des investissements dans le développement afin de maintenir les populations sur place.En fin de journée, le soleil disparaît derrière la chaîne de montagnes du Dhaar et dans la fraîcheur retrouvée, des centaines d’enfants envahissent les rues: Oualata reprend vie. 

Procès Le Scouarnec: les derniers mots de la défense avant le verdict

Après trois mois de procès, la défense de l’ex-chirurgien pédocriminel Joël Le Scouarnec plaide lundi devant la cour criminelle du Morbihan à Vannes avant d’entendre les derniers mots de l’accusé, qualifié de “diable” par l’avocat général qui a requis 20 ans de réclusion.”Mon client est archi-coupable”, a d’ores et déjà annoncé Me Maxime Tessier, l’un des deux avocats du médecin accusé de violences sexuelles sur 299 personnes, pour la plupart des patients mineurs au moment des faits.L’avocat général Stéphane Kellenberger a requis vendredi la peine maximale de 20 ans assortie d’une série de mesures de sûreté.Il a notamment requis une mesure spéciale de “rétention de sûreté”, s’appliquant après qu’un condamné a purgé sa peine, “du fait des troubles graves de sa personnalité et de la dangerosité induites par ces troubles en termes de risques très élevés de récidive”.Le magistrat a également demandé que l’accusé soit interdit définitivement d’exercer la médecine ou une autre profession dans le domaine de la santé, et n’ait plus le droit d’exercer auprès de mineurs ni de posséder un animal, en raison de sa zoophilie.Me Maxime Tessier et Me Thibaud Kurzawa, dont la “bienveillance” a été louée par plusieurs avocats, auront la difficile tâche de mettre en valeur l’humanité de Joël Le Scouarnec, 74 ans, étant les défenseurs “d’un homme et non d’une cause perdue”.Interrogé vendredi sur la façon dont lui et son collègue comptaient défendre leur client, Me Tessier est resté prudent.Tout au long du procès, Joël Le Scouarnec “s’est montré respectueux de la justice, il est un accusé que l’on souhaiterait plus souvent, je parle ici par l’attitude, certainement pas par rapport à la gravité des faits qu’il reconnaît”, a expliqué l’avocat vendredi à la presse. “Et c’est dans cet esprit, encore une fois de respect, d’humanité, que nous, nous plaiderons.”Ils devront démontrer que la reconnaissance de l’intégralité des faits dont il est accusé, moment fort de l’audience du 20 mars, “n’est pas une posture” mais une réelle “évolution” de leur client.- “Concentré” de perversion -Ainsi, les deux avocats plaideront peut-être que Joël Le Scouarnec était aussi un “bon père” selon ses enfants et un “excellent chirurgien” selon ses collègues.Ils évoqueront éventuellement les affirmations de leur client, qui assure ne plus être pédophile, malgré l’avis contraire des sept psychiatres et psychologues qui ont défilé à la barre.”Vous êtes le diable”, a lancé l’avocat général dans son réquisitoire, estimant que malgré une défense au “travail véritablement extraordinaire”, Joël Le Scouarnec était, lui, “resté au milieu du gué”, tenant “en suspens (les victimes) par sa parole”, croyant “qu’il les contrôle encore”.Masque lisse, traits figés, l’accusé a habitué la cour à n’exprimer que peu d’émotions au cours de ce procès débuté le 24 février.Lorsqu’il prenait la parole, il a souvent répété les mêmes mots, avec les mêmes intonations, des phrases atones que l’avocat général a imitées vendredi d’un air agacé.”Je ne suis pas un comédien”, s’est défendu Joël Le Scouarnec lorsque l’avocat d’une partie civile lui en faisait le reproche.Maigre est donc l’espoir qu’il révèle lundi un nouvel aspect de sa personnalité, qualifiée de “concentré” de perversion par un expert psychologue devant la cour.Avant de rendre son verdict mercredi, la cour devra répondre à 841 questions concernant les 111 viols et 189 agressions sexuelles, a rappelé M. Kellenberger.”Vous devrez déclarer coupable M. Le Scouarnec”, a-t-il demandé. Toute peine en deçà des 20 ans requis “n’aurait aucun sens (…) pour les victimes et l’accusé lui-même”.Arrêté en juin 2017, Joël Le Scouarnec purge actuellement une première peine de 15 ans de prison pour des violences sexuelles sur quatre enfants.