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Autriche: accusé de faux témoignage, l’ex-chancelier Kurz relaxé en appel
L’ancien chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz a été relaxé lundi par la Cour d’appel de Vienne devant laquelle il contestait sa condamnation à huit mois de prison avec sursis pour faux témoignage devant une commission parlementaire.”La relaxe est intervenue car l’élément objectif du délit de faux témoignage n’était pas rempli”, M. Kurz ayant “répondu à la question des députés correctement et complètement”, a expliqué le tribunal.”Dans sa réponse, aucun fait important n’a été caché”, a-t-il ajouté dans un communiqué publié après la décision.Sebastian Kurz, ex-prodige de la politique autrichienne ayant accédé au pouvoir à 31 ans en 2017 avant de démissionner en 2021, avait été reconnu coupable l’an dernier d’avoir menti devant des députés sur son rôle dans la nomination d’un proche à la tête d’une société publique. S’il affirmait n’avoir eu aucun rôle décisionnaire, la justice avait estimé en première instance avoir la preuve du contraire. Sa condamnation était une première en Autriche pour un ancien chancelier depuis plus de 30 ans.Désormais retiré de la politique, il avait rejeté les conclusions du tribunal, accusant la justice de partialité, ce qu’a nié la chambre lundi, disant n’avoir constaté aucun “préjugé” du premier magistrat.”Je n’avais absolument pas l’intention de faire une fausse déclaration”, s’est défendu lundi à la barre l’ex-chancelier, âgé aujourd’hui de 38 ans, avant d’exprimer son soulagement. Disant avoir été confronté à des accusations durant des années, il s’est félicité que “tout ça se soit écroulé tout seul”.- “Les mains libres” -Selon son avocat Otto Dietrich, la justice n’avait pas en première instance “correctement examiné des éléments essentiels”. Une peine de prison avec sursis de six mois a en revanche été confirmée à l’encontre de son ancien chef de cabinet Bernhard Bonelli. Il était également poursuivi pour faux témoignage.Le jugement est définitif.”Il s’est avéré, après une très longue procédure, que les accusations étaient injustifiées. Je me réjouis pour Sebastian Kurz”, a réagi le chancelier Christian Stocker, qui appartient à la même famille politique.Sebastian Kurz pourrait s’appuyer sur cette relaxe pour préparer “un éventuel retour dans le futur”, a estimé auprès de l’AFP le politologue Thomas Hofer. Il a “les mains libres” et ressort “moralement blanchi” jusqu’à nouvel ordre du tribunal.L’ancien chef du gouvernement n’en a cependant pas fini avec la justice.- Cercles proches de Trump -Dans une autre enquête du parquet, toujours en cours, il est soupçonné d’avoir détourné des fonds publics pour commander des enquêtes d’opinions truquées et s’assurer une couverture médiatique favorable dans des tabloïds. Ces affaires découlent du scandale de “l’Ibizagate” qui avait secoué l’Autriche en 2019. Une vidéo réalisée en caméra cachée sur l’île espagnole d’Ibiza à l’occasion de vacances de responsables autrichiens avait révélé des pratiques potentiellement douteuses dans la classe politique.Des révélations qui avaient conduit Sebastian Kurz à la démission à l’automne 2021. Il a depuis rejoint le secteur privé, et collabore avec des cercles proches du président américain Donald Trump. En 2023, il a aussi lancé une entreprise de cybersécurité avec l’ancien chef du groupe israélien NSO, qui fabrique le logiciel espion Pegasus.Il continue de prendre parfois publiquement position sur des sujets politiques.En 2017, il était devenu à 31 ans le plus jeune dirigeant élu de la planète.
Gaza: au moins 52 morts dans des bombardements israéliens, dont 33 dans une école, selon les secours
Au moins 52 personnes ont été tuées lundi par des bombardements israéliens à Gaza, selon la Défense civile palestinienne, dont 33 dans une école abritant des déplacés, où l’armée israélienne a dit avoir visé des “terroristes de premier plan”. Ces nouvelles frappes meurtrières interviennent alors qu’Israël intensifie son offensive dans le territoire palestinien dévasté et affamé, malgré les pressions internationales croissantes pour faire taire les armes.La Défense civile a recensé 33 morts et des dizaines de blessés, des enfants en majorité, dans un “massacre” à l’école Fahmi AlJarjaoui de Gaza-ville, puis fait état de 19 personnes tuées dans un bombardement israélien sur une maison de Jabalia, dans la même région du nord de Gaza. L’armée israélienne a dit avoir visé dans la zone de l’école “des terroristes de premier plan (…) dans un centre de commandement et de contrôle”. Elle accuse régulièrement le Hamas d’opérer à partir d’établissements scolaires ou de santé – qu’elle a frappés à plusieurs reprises – ce que le mouvement islamiste palestinien nie. Dans la cour de l’école, remplie de tentes, des résidents tentent de sauver quelques biens, ou du bois à brûler, dans les décombres. Déplacée de Beit Hanoun, plus au nord, avec sa famille, Farah Nasser a été réveillée par le bombardement pour découvrir “horreur et confusion”, dans une “odeur de mort, de brûlé, de soufre et de sang”. A l’hôpital Al-Ahli de la ville, des femmes pleurent leurs proches devant leurs linceuls blancs.- “Plus de 200 cibles” -En début d’après-midi, l’armée israélienne a émis un ordre d’évacuation de certains quartiers de Khan Younès, invoquant des tirs de roquettes depuis ce secteur, dans le sud. Elle avait auparavant fait état de trois “projectiles” tirés depuis cette zone – l’un intercepté, les autres tombés à Gaza – au moment où Israël s’apprête à célébrer la “Journée de Jérusalem”, qui marque la prise du secteur oriental de la ville lors de la guerre israélo-arabe de 1967. Elle a indiqué avoir frappé ces dernières 48 heures “plus de 200 cibles” dont des “terroristes (…) des postes de tireurs d’élite et de missiles antichars, et des puits de tunnels”. Rompant une trêve de deux mois, Israël a repris son offensive mi-mars, et intensifié ses opérations militaires le 17 mai, dans le but affiché d’anéantir le Hamas – dont l’attaque en Israël le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre – , libérer les derniers otages et prendre le contrôle de la bande de Gaza.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles.Sur 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues dans Gaza, dont au moins 34 mortes, selon les autorités israéliennes. Plus de 53.977 personnes, majoritairement des civils, ont été tués par la campagne de représailles israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Dans la bande de Gaza, les Palestiniens manquent de tout – nourriture, eau, carburant et médicaments – après plus de deux mois d’un total blocage de l’aide humanitaire, qu’Israël n’a que partiellement levé lundi dernier pour des livraisons au compte-gouttes. Moins de 5% des terres agricoles de Gaza sont désormais cultivables et/ou accessibles, exacerbant encore le risque de famine, selon le dernier bilan satellitaire, lundi, de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO).- Berlin “ne comprend plus” – L’escalade militaire et les souffrances des civils nourrissent une indignation internationale croissante, y compris parmi les plus fidèles alliés d’Israël. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a ainsi affirmé lundi “ne plus comprendre l’objectif de l’armée” israélienne, menaçant de ne plus pouvoir continuer à soutenir le gouvernement de Benjamin Netanyahu.Jake Wood, le chef de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation créée de toutes pièces et soutenue par les Etats-Unis pour distribuer de l’aide dans la bande de Gaza, a par ailleurs annoncé sa démission faute de pouvoir opérer dans le respect des principes humanitaires de “neutralité, impartialité et indépendance”.L’organisation, qui siège à Genève, avait annoncé le 14 mai se préparer à distribuer quelque 300 millions de repas sur trois mois. L’ONU et des ONG ont affirmé qu’elles ne participeraient pas à ses opérations, l’accusant de travailler avec Israël.”Nos camions sont chargés et prêts à partir. A partir du lundi 26 mai, la GHF commencera à livrer directement de l’aide à Gaza”, pour “atteindre plus d’un million de Palestiniens d’ici la fin de la semaine”, a insisté sa direction dans un communiqué. Rien toutefois ne permettait de confirmer lundi à la mi-journée le lancement effectif de ces opérations.
Gaza: au moins 52 morts dans des bombardements israéliens, dont 33 dans une école, selon les secours
Au moins 52 personnes ont été tuées lundi par des bombardements israéliens à Gaza, selon la Défense civile palestinienne, dont 33 dans une école abritant des déplacés, où l’armée israélienne a dit avoir visé des “terroristes de premier plan”. Ces nouvelles frappes meurtrières interviennent alors qu’Israël intensifie son offensive dans le territoire palestinien dévasté et affamé, malgré les pressions internationales croissantes pour faire taire les armes.La Défense civile a recensé 33 morts et des dizaines de blessés, des enfants en majorité, dans un “massacre” à l’école Fahmi AlJarjaoui de Gaza-ville, puis fait état de 19 personnes tuées dans un bombardement israélien sur une maison de Jabalia, dans la même région du nord de Gaza. L’armée israélienne a dit avoir visé dans la zone de l’école “des terroristes de premier plan (…) dans un centre de commandement et de contrôle”. Elle accuse régulièrement le Hamas d’opérer à partir d’établissements scolaires ou de santé – qu’elle a frappés à plusieurs reprises – ce que le mouvement islamiste palestinien nie. Dans la cour de l’école, remplie de tentes, des résidents tentent de sauver quelques biens, ou du bois à brûler, dans les décombres. Déplacée de Beit Hanoun, plus au nord, avec sa famille, Farah Nasser a été réveillée par le bombardement pour découvrir “horreur et confusion”, dans une “odeur de mort, de brûlé, de soufre et de sang”. A l’hôpital Al-Ahli de la ville, des femmes pleurent leurs proches devant leurs linceuls blancs.- “Plus de 200 cibles” -En début d’après-midi, l’armée israélienne a émis un ordre d’évacuation de certains quartiers de Khan Younès, invoquant des tirs de roquettes depuis ce secteur, dans le sud. Elle avait auparavant fait état de trois “projectiles” tirés depuis cette zone – l’un intercepté, les autres tombés à Gaza – au moment où Israël s’apprête à célébrer la “Journée de Jérusalem”, qui marque la prise du secteur oriental de la ville lors de la guerre israélo-arabe de 1967. Elle a indiqué avoir frappé ces dernières 48 heures “plus de 200 cibles” dont des “terroristes (…) des postes de tireurs d’élite et de missiles antichars, et des puits de tunnels”. Rompant une trêve de deux mois, Israël a repris son offensive mi-mars, et intensifié ses opérations militaires le 17 mai, dans le but affiché d’anéantir le Hamas – dont l’attaque en Israël le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre – , libérer les derniers otages et prendre le contrôle de la bande de Gaza.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles.Sur 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues dans Gaza, dont au moins 34 mortes, selon les autorités israéliennes. Plus de 53.977 personnes, majoritairement des civils, ont été tués par la campagne de représailles israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Dans la bande de Gaza, les Palestiniens manquent de tout – nourriture, eau, carburant et médicaments – après plus de deux mois d’un total blocage de l’aide humanitaire, qu’Israël n’a que partiellement levé lundi dernier pour des livraisons au compte-gouttes. Moins de 5% des terres agricoles de Gaza sont désormais cultivables et/ou accessibles, exacerbant encore le risque de famine, selon le dernier bilan satellitaire, lundi, de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO).- Berlin “ne comprend plus” – L’escalade militaire et les souffrances des civils nourrissent une indignation internationale croissante, y compris parmi les plus fidèles alliés d’Israël. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a ainsi affirmé lundi “ne plus comprendre l’objectif de l’armée” israélienne, menaçant de ne plus pouvoir continuer à soutenir le gouvernement de Benjamin Netanyahu.Jake Wood, le chef de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation créée de toutes pièces et soutenue par les Etats-Unis pour distribuer de l’aide dans la bande de Gaza, a par ailleurs annoncé sa démission faute de pouvoir opérer dans le respect des principes humanitaires de “neutralité, impartialité et indépendance”.L’organisation, qui siège à Genève, avait annoncé le 14 mai se préparer à distribuer quelque 300 millions de repas sur trois mois. L’ONU et des ONG ont affirmé qu’elles ne participeraient pas à ses opérations, l’accusant de travailler avec Israël.”Nos camions sont chargés et prêts à partir. A partir du lundi 26 mai, la GHF commencera à livrer directement de l’aide à Gaza”, pour “atteindre plus d’un million de Palestiniens d’ici la fin de la semaine”, a insisté sa direction dans un communiqué. Rien toutefois ne permettait de confirmer lundi à la mi-journée le lancement effectif de ces opérations.
Procès Le Scouarnec: l’accusé ne demande “aucune mansuétude”, la cour se retire pour délibérer
L’ex-chirurgien pédocriminel Joël Le Scouarnec, jugé depuis fin février à Vannes pour viols et agressions sexuelles sur 299 victimes, a affirmé lundi ne demander “aucune mansuétude”, juste le droit à “une part d’humanité”, avant que la cour criminelle du Morbihan ne se retire pour délibérer.Vendredi, l’avocat général a requis à son encontre une peine de 20 ans de réclusion criminelle assortie de toute une série de mesures de sûreté en raison “de risques très élevés de récidive”.La cour, qui doit répondre au total à 841 questions, doit rendre son verdict mercredi.”À la cour, je ne sollicite aucune mansuétude. Accordez-moi simplement le droit de devenir meilleur et de reconquérir cette part d’humanité qui m’a tellement fait défaut”, a demandé l’accusé de 74 ans, invité une dernière fois à prendre la parole, après la plaidoirie de ses avocats.”Joël Le Scouarnec ne demande pas à échapper à la peine requise par l’avocat général”, mais “la défense demande à la cour (…) de retenir les éléments favorables à l’accusé”, notamment la reconnaissance durant le procès de l’intégralité des faits pour lesquels il est poursuivi, a plaidé Me Maxime Tessier, soulignant le caractère “exceptionnel” de ses “aveux”.Avant lui déjà, Me Thibaut Kurzawa avait insisté sur l’évolution accomplie par l’ex-chirurgien depuis son arrestation à Jonzac (Charente-Maritime) en 2017 après le viol d’une voisine de six ans.Il s’est fixé pour objectif “d’avancer et de réparer”, a-t-il assuré.Depuis le début du procès le 24 février, Joël Le Scouarnec a même avoué des violences sexuelles déjà prescrites et d’autres pour lesquelles il n’était pas mis en cause, comme celles commises sur sa propre petite-fille, qui font l’objet d’une nouvelle procédure.Pour Me Tessier, il est ainsi allé “le plus loin dans ce qu’on peut attendre d’un accusé devant la cour criminelle” et “la cour doit se convaincre de la sincérité de Joël Le Scouarnec”, remise en question par de nombreuses parties civiles.La défense a également insisté pour que la cour prenne en compte la “volonté de Joël Le Scouarnec d’être soigné”. L’accusé a affirmé à plusieurs reprises à la cour ne plus avoir d’attirance sexuelle pour des enfants, malgré les psychiatres et psychologues qui ont défilé à la barre pour souligner le risque de récidive très élevé chez une telle personnalité “perverse”.Mais Joël Le Scouarnec a reconnu la perversion de ses actes et “leur gravité”, ont appuyé lundi ses avocats, Me Maxime Tessier, rappelant néanmoins qu’un expert avait indiqué que “le risque de récidive ne signifie jamais +certitude de récidive+”.Tous ces “éléments favorables doivent être retenus afin que, pour Joël Le Scouarnec, la sanction ne soit pas uniquement synonyme de réclusion et de rétention mais aussi d’amendement et de réinsertion”, a-t-il lancé.- “Dangerosité” -Vendredi, l’avocat général Stéphane Kellenberger avait de son côté insisté sur la “dangerosité” de l’accusé, demandant notamment dans ses réquisitions une mesure de “rétention de sûreté”. Cette mesure complémentaire, très rarement prononcée, s’applique après qu’un condamné a purgé sa peine “du fait des troubles graves de sa personnalité”.Le magistrat a également demandé que l’accusé soit interdit définitivement d’exercer la médecine ou une autre profession dans le domaine de la santé.Le comparant à un “diable” en blouse blanche, il avait déploré que malgré le “travail véritablement extraordinaire” de sa défense, Joël Le Scouarnec était “resté au milieu du gué”.Masque lisse, traits figés, l’accusé a habitué la cour à n’exprimer que peu d’émotions au cours de ce procès débuté le 24 février.Lorsqu’il prenait la parole, il a souvent répété les mêmes mots, avec les mêmes intonations, des phrases atones que l’avocat général a imitées vendredi d’un air agacé.”Je ne suis pas un comédien”, s’était défendu Joël Le Scouarnec.- “Injuste” -Pour Me Tessier, la “demande de pardon” répétée par l’accusé permet “d’interroger la responsabilité des institutions de santé” dans cette affaire.Car Joël Le Scouarnec, pourtant condamné dès 2005 pour détention d’images pédopornographiques à quatre mois de prison avec sursis, avait continué sans encombre à exercer en tant que chirurgien dans différents établissements de l’ouest de la France, accumulant victime sur victime jusqu’à son arrestation.Ni les autorités sanitaires, ni les institutions hospitalières ni les différentes instances de l’Ordre des médecins n’avaient agi pour encadrer sa pratique médicale.”Il est injuste et même dangereux de soutenir en 2025 qu’il s’agit de l’affaire d’un seul homme”, a fustigé Me Tessier, en référence aux nombreux témoignages de médecins et fonctionnaires entendus au fil des semaines.Pour lui, les aveux de son client “mettent à néant ce postulat” et devraient inciter “le monde médical” et les responsables politiques à tirer les conséquences des “dysfonctionnements majeurs de notre système de santé”.




