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Roland-Garros: Garcia tombe d’entrée pour sa dernière

Quelques jours après l’annonce de sa retraite imminente, Caroline Garcia a été éliminée lundi dès le premier tour de son dernier Roland-Garros, où les tenants de titre Iga Swiatek et Carlos Alcaraz l’ont facilement emporté.Les au-revoirs s’enchaînent sur la terre battue parisienne: au lendemain de l’émouvante cérémonie dédiée à Rafael Nadal, Caroline Garcia a fait ses adieux au Grand Chelem parisien après sa défaite 6-4, 6-4 face à l’Américaine Bernarda Pera (83e mondiale).”J’ai fait mon maximum avec ce que j’avais en moi et j’ai essayé de me battre jusqu’au bout. J’ai pris un énorme plaisir à jouer aujourd’hui”, a déclaré la Française sur le court Suzanne-Lenglen où le public a scandé “Merci Caro” à l’issue de la rencontre.”Souvent, le stress et l’envie de bien faire m’ont joué des tours, notamment ici à Roland-Garros où j’ai vécu des moments compliqués. J’ai toujours essayé de donner mon maximum et j’ai toujours rêvé de gagner ce tournoi en simple. Malheureusement je n’y serai jamais arrivée mais tous ces moments partagés avec vous resterons gravés à jamais en moi”, a-t-elle poursuivi, en larmes.La joueuse de 31 ans, retombée au 144e rang mondial après avoir été N.4 et lauréate du Masters 2022, devrait s’aligner encore dans “quelques tournois” dont le Queen’s, Wimbledon et l’US Open. Mais elle avait expliqué samedi être “en paix” avec une décision prise “en début de saison”.Éliminée en simple, la Lyonnaise disputera encore au moins une rencontre sur la terre battue parisienne, en double au côté de Diane Parry.- Gasquet pour retarder l’échéance – Quelques instants après l’élimination de Garcia, Richard Gasquet a également débuté ce qui pourrait être son dernier match à Roland-Garros. L’ex-N.7 mondial et chouchou du public français avait indiqué en octobre qu’il mettrait un terme à sa carrière à l’issue du tournoi majeur français, à près de 39 ans.Mais opposé à son compatriote Terence Atmane sur le court Philippe-Chatrier, le Biterrois pourrait bien retarder l’échéance. Il a remporté le premier set 6-2 et en cas de succès, il s’offrirait un deuxième tour de gala face au N.1 mondial Jannik Sinner.Vainqueur de l’Open d’Australie en janvier et de retour d’une suspension de trois mois en vertu d’un accord conclu avec l’Agence mondiale antidopage (AMA), après deux contrôles positifs attribués à une contamination accidentelle, l’Italien de 23 ans va entrer en lice dans la soirée face au Français Arthur Rinderknech (75e).S’il a estimé avoir encore “besoin de temps” pour rejouer à son meilleur niveau, l’Italien espère que sa finale romaine lui aura redonné “un peu de confiance”.- Alcaraz et Swiatek sans encombres -En attendant Sinner, le tenant du titre Carlos Alcaraz a tranquillement déroulé son tennis sur la terre battue parisienne, comme la lauréate 2024 féminine Iga Swiatek.La Polonaise, ancienne N.1 mondiale, n’a plus remporté un seul tournoi depuis son troisième sacre consécutif sur la terre battue parisienne en juin 2024 et n’aborde pas le tournoi dans les meilleures conditions. Mais elle s’est rassurée en battant sans trembler la Slovaque Rebecca Sramkova (42e) 6-3, 6-3. “Ce n’était pas un premier tour facile, donc je suis contente d’avoir été prête dès le début à jouer à un haut niveau”, s’est réjouie Swiatek qui affrontera au prochain tour la Britannique Emma Raducanu (41e).Carlos Alcaraz lui aussi s’est tranquillement qualifié pour le deuxième tour en battant 6-3, 6-4, 6-2 l’Italien Giulio Zeppieri, issu des qualifications. “Ce sont les montagnes russes pour moi depuis le début de saison. Mais en ce moment, j’ai retrouvé un très bon niveau et j’espère garder cette intensité pendant tous les matches sur le tournoi”, a expliqué l’Espagnol en conférence de presse. Il affrontera au prochain tour le Hongrois Fabian Marozsan (56e).alh-aco-bdu-ole/cyj

Charles III arrive au Canada en soutien face aux attaques de Trump

Le roi Charles III atterrit lundi à Ottawa pour une visite historique pendant laquelle il prononcera le discours du trône pour la réouverture du Parlement canadien, un déplacement vu comme une marque de soutien après les menaces d’annexion de Donald Trump.Quelques heures avant l’arrivée du souverain de 76 ans et chef d’Etat du Canada, le nouveau Premier ministre Mark Carney, qui l’a invité, a estimé que c’était un “honneur historique, à la mesure des enjeux de notre temps”.Habituellement, le discours du trône est prononcé par le représentant de la couronne britannique au Canada, le gouverneur général. Cette allocution, point fort de la visite royale de 24 heures dans la capitale canadienne, détaillera les priorités du nouveau gouvernement de centre-gauche.Ses paroles seront particulièrement scrutées, notamment sur les questions de souveraineté et de relations commerciales, alors que Donald Trump ne cesse de dire qu’il rêve d’annexer le pays de 41 millions d’habitants, contre lequel il a lancé une guerre commerciale à coups de droits de douane.Tenu à une stricte neutralité politique, Charles III n’a jamais fait le moindre commentaire public sur les velléités du président américain, grand admirateur de la famille royale, de faire du Canada le 51e Etat américain. Elizabeth II, la mère du roi Charles, n’est venue prononcer que deux fois le discours du trône lors de son long règne, en 1957 et la dernière fois en 1977.- “Envoyer un message” -Mark Carney, Premier ministre depuis mi-mars et qui a remporté les législatives du 28 avril, veut faire de cette visite une démonstration de souveraineté face au voisin du sud.En visite à Washington début mai, il a affirmé que le Canada “ne serait jamais à vendre”, en réponse au président américain qui lui faisait la liste des “formidables avantages” pour les Canadiens d’un “merveilleux mariage”.”La force du Canada réside dans sa capacité à bâtir un avenir prometteur tout en honorant ses racines anglaises, françaises et autochtones, lesquelles constituent le fondement de son identité”, a-t-il déclaré lundi.Dans les rues d’Ottawa, beaucoup d’habitants apprécient le symbole de la visite royale. “Compte tenu des menaces qui pèsent actuellement sur notre souveraineté, c’est important que le chef d’État vienne ici et prononce le discours du trône en personne”, estime George Monastiriakos.Ce trentenaire se décrit comme républicain mais “en ce moment, nous sommes tous monarchistes, ajoute-t-il auprès de l’AFP, le fait que la Couronne britannique et plus de 50 pays du Commonwealth soutiennent le Canada nous aide en ce moment”.Gaelle Hortop juge que cela “sera positif pour le moral des Canadiens” et c’est aussi une façon “d’envoyer un message à Donald Trump”.Une idée balayée d’un revers de main récemment par l’ambassadeur américain au Canada, Pete Hoekstra. Si Mark Carney “a un message à faire passer, il y a des moyens plus simples de le faire. M. Carney peut appeler le président à tout moment”, a-t-il déclaré à la chaîne CBC la semaine passée.Selon Pete Hoekstra, la question de l’annexion est “close”. “Il faut passer à autre chose. Si les Canadiens veulent continuer à en parler, c’est leur affaire.”- Carrosse tiré par 28 chevaux -La visite de Charles III, qui sera accompagné par la reine Camilla, est sa vingtième au Canada, mais la première depuis qu’il est devenu roi en septembre 2022. Le couple royal doit atterrir lundi en début d’après-midi et ils commenceront par une rencontre communautaire célébrant en musique et à travers son artisanat la diversité et le patrimoine culturel du Canada.Le roi s’entretiendra également avec la gouverneure générale Mary Simon et le Premier ministre.A Rideau Hall, résidence officielle de la gouverneure générale, le roi participera à la plantation d’un arbre, avant une courte réception prévue avec les lieutenants-gouverneurs des dix provinces canadiennes et commissaires territoriaux des trois territoires.Mardi, le roi et la reine se rendront en carrosse tiré par 28 chevaux jusqu’au Sénat pour le discours du trône prévu vers 15h00 GMT. Charles III y recevra les honneurs militaires. La visite royale se terminera par le dépôt d’une couronne devant le tombeau du Soldat inconnu.

Procès Le Scouarnec: l’accusé ne demande “aucune mansuétude”, la cour délibère

L’ex-chirurgien pédocriminel Joël Le Scouarnec, jugé depuis fin février à Vannes pour viols et agressions sexuelles sur 299 victimes, a affirmé lundi ne demander “aucune mansuétude”, juste le droit à “une part d’humanité”, avant que la cour criminelle du Morbihan ne se retire pour délibérer.Vendredi, l’avocat général a requis à son encontre une peine de 20 ans de réclusion criminelle assortie de toute une série de mesures de sûreté en raison “de risques très élevés de récidive”.La cour, qui doit répondre au total à 841 questions, doit rendre son verdict mercredi.”À la cour, je ne sollicite aucune mansuétude. Accordez-moi simplement le droit de devenir meilleur et de reconquérir cette part d’humanité qui m’a tellement fait défaut”, a demandé l’accusé de 74 ans, invité une dernière fois à prendre la parole, après la plaidoirie de ses avocats.”Joël Le Scouarnec ne demande pas à échapper à la peine requise par l’avocat général”, mais “la défense demande à la cour (…) de retenir les éléments favorables à l’accusé”, notamment la reconnaissance durant le procès de l’intégralité des faits pour lesquels il est poursuivi, a plaidé Me Maxime Tessier, soulignant le caractère “exceptionnel” de ses “aveux”.Avant lui déjà, Me Thibaut Kurzawa avait insisté sur l’évolution accomplie par l’ex-chirurgien depuis son arrestation à Jonzac (Charente-Maritime) en 2017 après le viol d’une voisine de six ans.Il s’est fixé pour objectif “d’avancer et de réparer”, a-t-il assuré.Depuis le début du procès le 24 février, Joël Le Scouarnec a même avoué des violences sexuelles déjà prescrites et d’autres pour lesquelles il n’était pas mis en cause, comme celles commises sur sa propre petite-fille, qui font l’objet d’une nouvelle procédure.Pour Me Tessier, il est ainsi allé “le plus loin dans ce qu’on peut attendre d’un accusé devant la cour criminelle” et “la cour doit se convaincre de la sincérité de Joël Le Scouarnec”, remise en question par de nombreuses parties civiles.La défense a également insisté pour que la cour prenne en compte la “volonté de Joël Le Scouarnec d’être soigné”. L’accusé a affirmé à plusieurs reprises à la cour ne plus avoir d’attirance sexuelle pour des enfants, malgré les psychiatres et psychologues qui ont défilé à la barre pour souligner le risque de récidive très élevé chez une telle personnalité “perverse”.Mais Joël Le Scouarnec a reconnu la perversion de ses actes et “leur gravité”, ont appuyé lundi ses avocats, Me Maxime Tessier, rappelant néanmoins qu’un expert avait indiqué que “le risque de récidive ne signifie jamais +certitude de récidive+”.Tous ces “éléments favorables doivent être retenus afin que, pour Joël Le Scouarnec, la sanction ne soit pas uniquement synonyme de réclusion et de rétention mais aussi d’amendement et de réinsertion”, a-t-il lancé.- “Dangerosité” -L’un des enjeux du verdict rendu mercredi sera notamment l’adoption de la “retention de sûreté”, demandée vendredi par l’avocat général Stéphane Kellenberger, une mesure très rarement prononcée et qui s’applique après qu’un condamné a purgé sa peine “du fait des troubles graves de sa personnalité”.”Si la rétention de sûreté n’est pas prononcée, c’est une honte”, a réagi auprès de l’AFP Manon Lemoine, 36 ans, que l’accusé a reconnu avoir violé à l’âge de 11 ans.”Des experts ont expliqué qu’il restait dangereux, et ça n’empêchera pas que son travail de reconstruction puisse se faire”, a-t-elle argué.Me Marie Grimaud, qui représente une quarantaine de parties civiles dont Mme Lemoine, a elle dit espérer que “la cour ne passera pas à côté (…) du risque de dangerosité extrêmement important” de Joël Le Scouarnec.M. Kellenberger a également demandé que l’accusé soit interdit définitivement d’exercer la médecine ou une autre profession dans le domaine de la santé.Le comparant à un “diable” en blouse blanche, il avait déploré que malgré le “travail véritablement extraordinaire” de sa défense, Joël Le Scouarnec était “resté au milieu du gué”.Masque lisse, traits figés, l’accusé a souvent répété les mêmes mots lors de ce procès, avec les mêmes intonations, des phrases atones que l’avocat général a imitées vendredi d’un air agacé.”Je ne suis pas un comédien”, s’était défendu Joël Le Scouarnec.- “Injuste” -Pour Me Tessier, la “demande de pardon” répétée par l’accusé permet “d’interroger la responsabilité des institutions de santé” dans cette affaire.Car Joël Le Scouarnec, pourtant condamné dès 2005 pour détention d’images pédopornographiques à quatre mois de prison avec sursis, avait continué sans encombre à exercer en tant que chirurgien dans différents établissements de l’ouest de la France, accumulant victime sur victime jusqu’à son arrestation.Ni les autorités sanitaires, ni les institutions hospitalières ni les différentes instances de l’Ordre des médecins n’avaient agi pour encadrer sa pratique médicale.”Il est injuste et même dangereux de soutenir en 2025 qu’il s’agit de l’affaire d’un seul homme”, a fustigé Me Tessier, en référence aux nombreux témoignages de médecins et fonctionnaires entendus au fil des semaines.Pour lui, les aveux de son client “mettent à néant ce postulat” et devraient inciter “le monde médical” et les responsables politiques à tirer les conséquences des “dysfonctionnements majeurs de notre système de santé”.

Macron en “ami sûr et fiable” du Vietnam face à Trump et Xi

Emmanuel Macron a présenté lundi la France comme un partenaire “sûr et fiable” du Vietnam, pays vulnérable à la confrontation croissante entre les Etats-Unis et la Chine où il a rodé le discours destiné à séduire les Etats d’Asie du Sud-Est qu’il visite cette semaine.”Avec la France vous avez un ami connu, sûr et fiable (…) et dans la période que nous vivons, ceci seul a beaucoup de valeur”, a déclaré le président français lors d’une rencontre avec To Lam, le secrétaire général du Parti communiste, figure politique la plus influente du Vietnam.Paris défend dans la région sa stratégie dite de la troisième voie, qui repose sur un “ordre fondé sur le droit”, a-t-il insisté, dans un contexte de surenchère douanière américaine qui a fait sauter les garde-fous du commerce mondial.Il espère trouver une oreille attentive auprès des dirigeants vietnamiens, pris en tenaille entre la menace d’une surtaxe de 46% de leurs produits d’exportation à destination des Etats-Unis, et la réticence de la Chine, un allié de longue date, à négocier avec la Maison Blanche.Le passé colonial, souvent douloureux, a créé des ponts entre Paris et Hanoï, mais les échanges commerciaux entre les deux pays demeurent marginaux, en dépit de la forte croissance connue par le Vietnam ces dernières années, grâce à ses exportations, principalement dans le textile et l’électronique.En quête d’accès à cette économie émergente, Emmanuel Macron a annoncé près de neuf milliards d’euros de contrats signés à l’occasion de sa visite lundi et mardi, qui doivent ouvrir une “page encore plus ambitieuse” de l’histoire bilatérale, avec des rapprochements “en matière de défense, d’aéronautique, de ferroviaire”, a-t-il listé.- Avancée dans le nucléaire -Un premier pas a été franchi dans le secteur-clé du nucléaire civil, à un moment où le Vietnam, dépendant des énergies fossiles, cherche à répondre aux besoins croissants de ses 100 millions d’habitants, tout en tenant ses promesses de transition écologique.La compagnie low-cost Vietjet Air a aussi passé commande pour 20 avions gros porteurs Airbus A330-900, alors que CMA CGM va investir 600 millions de dollars en partenariat avec une entreprise locale dans la construction d’un nouveau terminal portuaire en eau profonde à Haïphong.Arrivé dimanche soir à Hanoï avec son épouse Brigitte Macron, Emmanuel Macron poursuit sa tournée jusqu’à vendredi en Indonésie et à Singapour. Il doit notamment échanger mardi matin avec des étudiants vietnamiens, avant de s’envoler dans l’après-midi pour Jakarta.Il a rencontré lundi To Lam, qu’il avait accueilli à Paris en octobre. Les deux hommes ont déjeuné au temple de la Littérature, un monument dédié à Confucius et emblématique de la culture vietnamienne, où ils ont assisté à une représentation de musique et de danse traditionnelles.To Lam est critiqué par les groupes de défense des droits pour avoir orchestré une campagne de répression de grande échelle contre toutes les voix critiques de son pouvoir. Human Rights Watch a recensé plus de 170 prisonniers politiques dans le pays, dont des blogueurs et des militants pour l’environnement.- Poutine a “menti” -Le président français n’a pas évoqué ces sujets publiquement.En defendant aussi la “souveraineté des Etats”, Emmanuel Macron avait également un message à l’endroit de Pékin, dont les revendications territoriales se font de plus en plus offensives dans la région.”Le Vietnam est vraiment sur la première ligne de toutes les tensions qui croissent en mer de Chine méridionale”, glisse un haut responsable de la diplomatie française.Fait rare, Hanoï a vu défiler en 2023 et 2024 les dirigeants américain Joe Biden, chinois Xi Jinping, et russe Vladimir Poutine, tous venus dans l’idée de courtiser cette économie dynamique, mais fragilisée par sa position sur des lignes de failles diplomatiques — un équilibre précaire théorisé par le parti communiste comme étant la “diplomatie du bambou”.Dernièrement, le Vietnam a multiplié les mains tendues envers la Maison Blanche et la famille Trump pour éviter le couperet des 46% de surtaxes douanières qui mettrait à mal son économie, fortement dépendante des exportations.Alors que l’Elysée avait prévenu qu’il mettrait sa tournée à profit pour démontrer que la Russie “déstabilise” aussi l’Asie, Emmanuel Macron a eu un mot pour Vladimir Poutine l’accusant d’avoir “menti” sur sa volonté de faire “la paix”.Il a appelé Donald Trump à “traduire en actes”, et en menace de “sanctions massives”, sa “colère” à l’égard du président russe, que le dirigeant américain a qualifié de “complètement fou” après de nouvelles attaques d’ampleur menée par Moscou contre l’Ukraine.

Macron en “ami sûr et fiable” du Vietnam face à Trump et Xi

Emmanuel Macron a présenté lundi la France comme un partenaire “sûr et fiable” du Vietnam, pays vulnérable à la confrontation croissante entre les Etats-Unis et la Chine où il a rodé le discours destiné à séduire les Etats d’Asie du Sud-Est qu’il visite cette semaine.”Avec la France vous avez un ami connu, sûr et fiable (…) et dans la période que nous vivons, ceci seul a beaucoup de valeur”, a déclaré le président français lors d’une rencontre avec To Lam, le secrétaire général du Parti communiste, figure politique la plus influente du Vietnam.Paris défend dans la région sa stratégie dite de la troisième voie, qui repose sur un “ordre fondé sur le droit”, a-t-il insisté, dans un contexte de surenchère douanière américaine qui a fait sauter les garde-fous du commerce mondial.Il espère trouver une oreille attentive auprès des dirigeants vietnamiens, pris en tenaille entre la menace d’une surtaxe de 46% de leurs produits d’exportation à destination des Etats-Unis, et la réticence de la Chine, un allié de longue date, à négocier avec la Maison Blanche.Le passé colonial, souvent douloureux, a créé des ponts entre Paris et Hanoï, mais les échanges commerciaux entre les deux pays demeurent marginaux, en dépit de la forte croissance connue par le Vietnam ces dernières années, grâce à ses exportations, principalement dans le textile et l’électronique.En quête d’accès à cette économie émergente, Emmanuel Macron a annoncé près de neuf milliards d’euros de contrats signés à l’occasion de sa visite lundi et mardi, qui doivent ouvrir une “page encore plus ambitieuse” de l’histoire bilatérale, avec des rapprochements “en matière de défense, d’aéronautique, de ferroviaire”, a-t-il listé.- Avancée dans le nucléaire -Un premier pas a été franchi dans le secteur-clé du nucléaire civil, à un moment où le Vietnam, dépendant des énergies fossiles, cherche à répondre aux besoins croissants de ses 100 millions d’habitants, tout en tenant ses promesses de transition écologique.La compagnie low-cost Vietjet Air a aussi passé commande pour 20 avions gros porteurs Airbus A330-900, alors que CMA CGM va investir 600 millions de dollars en partenariat avec une entreprise locale dans la construction d’un nouveau terminal portuaire en eau profonde à Haïphong.Arrivé dimanche soir à Hanoï avec son épouse Brigitte Macron, Emmanuel Macron poursuit sa tournée jusqu’à vendredi en Indonésie et à Singapour. Il doit notamment échanger mardi matin avec des étudiants vietnamiens, avant de s’envoler dans l’après-midi pour Jakarta.Il a rencontré lundi To Lam, qu’il avait accueilli à Paris en octobre. Les deux hommes ont déjeuné au temple de la Littérature, un monument dédié à Confucius et emblématique de la culture vietnamienne, où ils ont assisté à une représentation de musique et de danse traditionnelles.To Lam est critiqué par les groupes de défense des droits pour avoir orchestré une campagne de répression de grande échelle contre toutes les voix critiques de son pouvoir. Human Rights Watch a recensé plus de 170 prisonniers politiques dans le pays, dont des blogueurs et des militants pour l’environnement.- Poutine a “menti” -Le président français n’a pas évoqué ces sujets publiquement.En defendant aussi la “souveraineté des Etats”, Emmanuel Macron avait également un message à l’endroit de Pékin, dont les revendications territoriales se font de plus en plus offensives dans la région.”Le Vietnam est vraiment sur la première ligne de toutes les tensions qui croissent en mer de Chine méridionale”, glisse un haut responsable de la diplomatie française.Fait rare, Hanoï a vu défiler en 2023 et 2024 les dirigeants américain Joe Biden, chinois Xi Jinping, et russe Vladimir Poutine, tous venus dans l’idée de courtiser cette économie dynamique, mais fragilisée par sa position sur des lignes de failles diplomatiques — un équilibre précaire théorisé par le parti communiste comme étant la “diplomatie du bambou”.Dernièrement, le Vietnam a multiplié les mains tendues envers la Maison Blanche et la famille Trump pour éviter le couperet des 46% de surtaxes douanières qui mettrait à mal son économie, fortement dépendante des exportations.Alors que l’Elysée avait prévenu qu’il mettrait sa tournée à profit pour démontrer que la Russie “déstabilise” aussi l’Asie, Emmanuel Macron a eu un mot pour Vladimir Poutine l’accusant d’avoir “menti” sur sa volonté de faire “la paix”.Il a appelé Donald Trump à “traduire en actes”, et en menace de “sanctions massives”, sa “colère” à l’égard du président russe, que le dirigeant américain a qualifié de “complètement fou” après de nouvelles attaques d’ampleur menée par Moscou contre l’Ukraine.

Protection des consommateurs européens: Shein menacée d’amendes

Fausses réductions, informations trompeuses…: l’Union européenne a mis en cause lundi le vendeur en ligne Shein, géant du prêt-à-porter très bon marché, accusé de pratiques contraires aux droits des consommateurs européens et menacé d’amendes.La plateforme d’origine chinoise dispose maintenant d’un mois pour répondre aux inquiétudes soulevées par la Commission européenne et les autorités de protection des consommateurs belge, française, irlandaise et néerlandaise.Si le géant de la “fast fashion” “ne répond pas aux préoccupations soulevées, les autorités nationales peuvent prendre des mesures coercitives”, dont des amendes indexées sur le chiffre d’affaires annuel de Shein dans les pays concernés, indique la Commission.L’Union européenne a lancé en février une enquête sur cette plateforme en ligne, soupçonnée de ne pas suffisamment lutter contre la vente de produits qui enfreignent les normes européennes.Lundi, la Commission a dénoncé un “large éventail” d’infractions potentielles, dont des “faux rabais”, des “faux délais” d’achat pour pousser à la consommation, des “étiquettes de produits trompeuses” ou des “allégations trompeuses” en matière de durabilité des produits. L’UE souligne aussi que “les consommateurs ne peuvent pas facilement contacter Shein pour des questions ou des plaintes”.Dans un communiqué transmis à l’AFP, Shein a assuré travailler “de manière constructive avec les autorités nationales de protection des consommateurs et la Commission européenne pour démontrer [son] engagement à respecter les lois et règlements de l’Union européenne”.”Nous demeurons engagés dans ce processus pour répondre à toutes les préoccupations. Notre priorité reste de garantir aux consommateurs européens une expérience d’achat en ligne sûre, fiable et agréable”, a ajouté l’entreprise.Le 20 mai, l’UE a en outre proposé d’imposer des frais de 2 euros sur chaque petit colis entrant en Europe et actuellement exemptés de droits de douane, ce qui affecterait des plateformes asiatiques comme Shein et Temu.

Gaza: 52 morts dans les raids israéliens selon les secours, appels à cesser l’offensive

Au moins 52 personnes ont péri dans des frappes israéliennes lundi à Gaza, dont 33 dans une école abritant des déplacés, ont indiqué les secours au milieu des appels internationaux pressant Israël à cesser son offensive dans le territoire palestinien affamé. En pleine intensification de la campagne israélienne, une source du Hamas a affirmé que le mouvement avait accepté une nouvelle proposition de l’émissaire américain Steve Witkoff, qui “met l’accent sur un cessez-le-feu permanent dans la bande de Gaza”.Israël a intensifié son offensive à Gaza le 17 mai, dans le but affiché de libérer les derniers otages, de prendre le contrôle de tout Gaza et d’anéantir le mouvement islamiste palestinien Hamas, dont l’attaque sans précédent sur le sol israélien le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre.Ces derniers jours, la Défense civile à Gaza a rapporté quotidiennement des dizaines de morts dont des enfants dans le pilonnage israélien du petit territoire, où Israël assiège depuis plus de 19 mois les quelque 2,4 millions d’habitants. “C’est indescriptible: peur, horreur, confusion, enfants hurlant, odeur de chair brûlée, odeur d’objets carbonisés, odeur de soufre, et il y avait du sang partout”, raconte Farah Nasser, qui a été réveillée par le bombardement contre l’école.Dans la cour de l’école, des déplacés tentent de sauver quelques biens dans les décombres. Et à l’hôpital Al-Ahli de la ville, des femmes pleurent la mort de leurs proches placés dans des housses blanches.Selon la Défense civile, 33 Palestiniens, des enfants en majorité, ont été tués dans le “massacre” à l’école Fahmi Al-Jarjaoui de Gaza-ville (nord).L’armée israélienne a dit avoir visé dans la zone de l’école “des terroristes de premier plan dans un centre de commandement et de contrôle”. Elle accuse régulièrement le Hamas d’opérer à partir d’établissements scolaires ou de santé, qu’elle a frappés à plusieurs reprises, ce que le mouvement nie.Ailleurs dans le nord du territoire, 19 personnes ont été tuées dans un bombardement israélien sur une maison de Jabalia.    – Berlin “ne comprend plus” -L’armée israélienne a en outre émis un nouvel ordre d’évacuation de certains quartiers de Khan Younès (sud), invoquant des tirs de trois roquettes depuis ce secteur.L’une a été interceptée et les autres sont tombées à Gaza, a indiqué l’armée au moment où Israël célèbre la “Journée de Jérusalem”, qui marque la prise et l’occupation du secteur oriental de la ville lors de la guerre israélo-arabe de 1967. L’escalade israélienne et les souffrances des civils palestiniens à Gaza confrontés à dés pénuries de nourriture, d”eau et de médicaments, nourrissent une indignation internationale croissante. Fustigeant avec une rare fermeté les actions d’Israël,le chancelier allemand Friedrich Merz a menacé de ne plus continuer à soutenir le gouvernement de Benjamin Netanyahu, son allié. “Je ne comprends franchement pas ce que l’armée israélienne fait à Gaza (…) On ne peut plus le justifier par une lutte contre le terrorisme du Hamas”.Mais l’Allemagne continuera de vendre des armes à Israël, a assuré lundi son ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul.L’Espagne a demandé à ses partenaires de l’Union européenne d’imposer un embargo sur les ventes d’armes à Israël.- “Immense cimetière” -“Il faut arrêter cette offensive qui n’a aucun objectif militaire, sauf si l’objectif est de transformer Gaza en un immense cimetière”, a dit lundi José Manuel Albares, le chef de la diplomatie espagnole.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles.Sur 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues dans Gaza, dont au moins 34 mortes, selon les autorités israéliennes. Plus de 53.977 personnes, majoritairement des civils, ont été tués par la campagne de représailles israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Les Gazaouis manquent aussi de tout après plus de deux mois d’un total blocage de l’aide humanitaire, qu’Israël n’a que partiellement levé la semaine dernière pour des livraisons au compte-gouttes. Jake Wood, le chef de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation créée de toutes pièces et soutenue par les Etats-Unis, a annoncé sa démission faute de pouvoir opérer dans le respect des principes humanitaires de “neutralité, impartialité et indépendance”.L’organisation, qui siège à Genève, avait annoncé le 14 mai se préparer à livrer de la nourriture aux Gazaouis. Et sa direction a insisté qu’à partir de ce lundi, elle commencerait à livrer directement de l’aide à Gaza”, pour “atteindre plus d’un million de Palestiniens d’ici la fin de la semaine”.  

Gaza: 52 morts dans les raids israéliens selon les secours, appels à cesser l’offensive

Au moins 52 personnes ont péri dans des frappes israéliennes lundi à Gaza, dont 33 dans une école abritant des déplacés, ont indiqué les secours au milieu des appels internationaux pressant Israël à cesser son offensive dans le territoire palestinien affamé. En pleine intensification de la campagne israélienne, une source du Hamas a affirmé que le mouvement avait accepté une nouvelle proposition de l’émissaire américain Steve Witkoff, qui “met l’accent sur un cessez-le-feu permanent dans la bande de Gaza”.Israël a intensifié son offensive à Gaza le 17 mai, dans le but affiché de libérer les derniers otages, de prendre le contrôle de tout Gaza et d’anéantir le mouvement islamiste palestinien Hamas, dont l’attaque sans précédent sur le sol israélien le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre.Ces derniers jours, la Défense civile à Gaza a rapporté quotidiennement des dizaines de morts dont des enfants dans le pilonnage israélien du petit territoire, où Israël assiège depuis plus de 19 mois les quelque 2,4 millions d’habitants. “C’est indescriptible: peur, horreur, confusion, enfants hurlant, odeur de chair brûlée, odeur d’objets carbonisés, odeur de soufre, et il y avait du sang partout”, raconte Farah Nasser, qui a été réveillée par le bombardement contre l’école.Dans la cour de l’école, des déplacés tentent de sauver quelques biens dans les décombres. Et à l’hôpital Al-Ahli de la ville, des femmes pleurent la mort de leurs proches placés dans des housses blanches.Selon la Défense civile, 33 Palestiniens, des enfants en majorité, ont été tués dans le “massacre” à l’école Fahmi Al-Jarjaoui de Gaza-ville (nord).L’armée israélienne a dit avoir visé dans la zone de l’école “des terroristes de premier plan dans un centre de commandement et de contrôle”. Elle accuse régulièrement le Hamas d’opérer à partir d’établissements scolaires ou de santé, qu’elle a frappés à plusieurs reprises, ce que le mouvement nie.Ailleurs dans le nord du territoire, 19 personnes ont été tuées dans un bombardement israélien sur une maison de Jabalia.    – Berlin “ne comprend plus” -L’armée israélienne a en outre émis un nouvel ordre d’évacuation de certains quartiers de Khan Younès (sud), invoquant des tirs de trois roquettes depuis ce secteur.L’une a été interceptée et les autres sont tombées à Gaza, a indiqué l’armée au moment où Israël célèbre la “Journée de Jérusalem”, qui marque la prise et l’occupation du secteur oriental de la ville lors de la guerre israélo-arabe de 1967. L’escalade israélienne et les souffrances des civils palestiniens à Gaza confrontés à dés pénuries de nourriture, d”eau et de médicaments, nourrissent une indignation internationale croissante. Fustigeant avec une rare fermeté les actions d’Israël,le chancelier allemand Friedrich Merz a menacé de ne plus continuer à soutenir le gouvernement de Benjamin Netanyahu, son allié. “Je ne comprends franchement pas ce que l’armée israélienne fait à Gaza (…) On ne peut plus le justifier par une lutte contre le terrorisme du Hamas”.Mais l’Allemagne continuera de vendre des armes à Israël, a assuré lundi son ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul.L’Espagne a demandé à ses partenaires de l’Union européenne d’imposer un embargo sur les ventes d’armes à Israël.- “Immense cimetière” -“Il faut arrêter cette offensive qui n’a aucun objectif militaire, sauf si l’objectif est de transformer Gaza en un immense cimetière”, a dit lundi José Manuel Albares, le chef de la diplomatie espagnole.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles.Sur 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues dans Gaza, dont au moins 34 mortes, selon les autorités israéliennes. Plus de 53.977 personnes, majoritairement des civils, ont été tués par la campagne de représailles israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Les Gazaouis manquent aussi de tout après plus de deux mois d’un total blocage de l’aide humanitaire, qu’Israël n’a que partiellement levé la semaine dernière pour des livraisons au compte-gouttes. Jake Wood, le chef de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation créée de toutes pièces et soutenue par les Etats-Unis, a annoncé sa démission faute de pouvoir opérer dans le respect des principes humanitaires de “neutralité, impartialité et indépendance”.L’organisation, qui siège à Genève, avait annoncé le 14 mai se préparer à livrer de la nourriture aux Gazaouis. Et sa direction a insisté qu’à partir de ce lundi, elle commencerait à livrer directement de l’aide à Gaza”, pour “atteindre plus d’un million de Palestiniens d’ici la fin de la semaine”.