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Mexique: une justice gangrénée par la corruption, l’impunité et la fabrique de faux coupables

Plus de dix ans que les parents des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa demandent justice au Mexique. Presque 20 ans qu’Israel Vallarta, l’ex-compagnon de la Française Florence Cassez, est en détention préventive, accusé sans jugement d’être à la tête d’un gang de ravisseurs.A l’image de ces deux affaires qui ont dépassé les frontières, le système judiciaire mexicain est accusé de générer de l’injustice, de l’impunité ou d’inventer des faux coupables.C’est avec le but affiché de lutter contre la “corruption” du pouvoir judiciaire que le gouvernement de gauche appelle les quelque 100 millions d’électeurs mexicains à désigner dimanche tous les juges et les magistrats du pays, jusqu’à la Cour suprême. La participation est incertaine.- Dix ans de galère – “Cela fait 10 ans et nous sommes toujours dans la même galère”, affirme Estanislao Mendoza, 65 ans, père de Miguel Ángel, l’un des 43 étudiants disparus dans l’État de Guerrero, au sud du pays, en septembre 2014. Le cas des étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa est la pointe de l’iceberg de la “tragédie humaine”, dixit les Nations unies, des plus de 120.000 disparu(e)s au Mexique.Trois gouvernements, des experts internationaux, de multiples versions, une ex-juge récemment arrêtée pour dissimulation présumée de preuves: aucune condamnation n’a été prononcée dans cette affaire.Seuls les restes calcinés de trois victimes ont été retrouvés.Dimanche, Estanislao Mendoza n’a pas l’intention d’aller voter. Comment puis-je le faire si “je ne sais rien d’eux”?, s’interroge-t-il au sujets des candidats. Le dernier rapport d’une commission d’enquête sur l’affaire Ayotzinapa fait état de 151 personnes poursuivies et 90 libérées (25 faute de preuves et 65 pour avoir été torturées).- Famille stigmatisée – Au Mexique, une affaire peut en cacher une autre. En janvier 2013, Florence Cassez avait été libérée après plus de sept ans de prison sur décision de la Cour suprême pour vice de forme. La Française avait été condamnée à de une lourde peine de prison, accusée d’être à la tête d’un gang de ravisseurs avec son ex-compagnon Israel Vallarta. Elle a toujours clamé son innocence et elle avait reçu le soutien du président français de l’époque Nicolas Sarkozy.Près de 20 ans après leur arrestation, Israel Vallarta, lui, reste toujours en détention préventive, “toujours sans jugement” au terme d’une procédure interminable, se désole sa soeur Lupita devant des milliers de pages de procédure. Au total six membres de la famille ont été arrêtés pour complicité présumée avec l’homme dont l’arrestation en 2005 avec la Française avait fait l’objet d’une mise en scène pour les caméras de télévision. Deux de ses proches, son frère Mario et son neveu Sergio, arrêtés en 2012, sont également toujours emprisonnés.Egalement arrêtés et torturés en 2009 pour complicité présumée, René, un frère, et deux autres neveux, Juan Carlos et Alejandro, ont été acquittés en 2016 du délit de “délinquance organisée » et d’”enlèvement”.”J’ai été en prison six ans et neuf mois pour mon nom de famille”, résume Alejandro en racontant son arrestation alors qu’il se rendait au garage de son oncle à Mexico en mai 2009. Des hommes en civil sont arrivés. “Ils disent : ah tu es un Vallarta ? Des coups, des coups, des coups. Ils nous emmènent à la salle de torture. Là, ils nous disent que nous devions dénoncer Israel et Florence (…) en disant que nous étions membres du fameux gang des Zodiaques, qui n’existe pas”.Le système judiciaire est vicié par la “corruption”, affirme Alejandro à l’AFP. “Je l’ai vécu dans ma chair”.”Quelque chose doit changer”, ajoute l’homme qui ira voter dimanche.- Saumon à contre-courant – Armando Olmeda, un maçon de 55 ans, compare la recherche de son fils à la progression d’un saumon à contre-courant.Son calvaire a commencé en août 2023 lorsque Roberto Carlos, un étudiant de 22 ans, a disparu avec quatre amis d’enfance à Lagos de Moreno (ouest), prétendument aux mains de trafiquants de drogue. L’affaire a choqué car une vidéo enregistrée par les criminels montre les jeunes hommes torturés et obligés de s’achever les uns les autres. L’enquête a conduit à la découverte de restes humains dans un four à briques où les garçons “ont été incinérés”, selon Daniel Espinosa, président du pouvoir judiciaire de l’Etat du Jalisco. Mais le responsable a précisé plus tard que les restes n’avaient pas été identifiés.”Il a manqué d’éthique”, accuse Olmeda. Cinq suspects sont poursuivis.Selon les chiffres officiels, en 2023, les parquets des États ont ouvert 27.957 enquêtes pour homicide volontaire, mais seulement 6% ont abouti à une condamnation.

Effroi au Royaume-Uni après le drame de la parade célébrant Liverpool

Le Royaume-Uni se réveille mardi sous le choc des scènes d'”horreur” qui ont eu lieu à Liverpool lorsqu’une voiture a foncé sur la foule qui célébrait la victoire du club de foot de Liverpool en première division anglaise, faisant près de 50 blessés dont quatre graves.Au lendemain du drame que la police ne considère pas comme terroriste, les Unes des quotidiens britanniques affichent en grand des photos des blessés évacués portant l’écharpe rouge du club de la ville du nord-ouest de l’Angleterre et les images effroyables saisies par des témoins du véhicule sombre qui a percuté la foule. Son conducteur a été arrêté.Les termes employés sont souvent les mêmes pour résumer le sentiment général: “Horreur quand une voiture percute des supporters” titre le tabloïd The Sun, “Horreur à la parade de Liverpool” pour le Times, “L’euphorie puis l’horreur” pour le Daily Mirror, “Carnage à la parade” pour le Daily Mail, “La gloire de Liverpool tourne à l’horreur” pour le Telegraph… Le journal local, le Liverpool Echo, reprend lui le bilan de la soirée: “Au moins 47 blessés blessés dans l’horreur de la parade des Reds”, le surnom des joueurs du club.Selon le bilan donné par les services ambulanciers dans la nuit, 27 blessés ont été hospitalisés, dont deux dans un état grave. Quatre enfants ont été hospitalisés dont un est dans un état grave. Une vingtaine d’autres blessés ont été soignés sur place.- “Extremement rapide” -Malgré une pluie battante, des centaines de milliers de personnes, beaucoup en famille, s’étaient rassemblées lundi pour célébrer le triomphe de Liverpool FC en Premier League.Les joueurs du club, dont les stars Mohamed Salah et Virgil van Dijk, ont défilé dans un bus à impériale pendant environ quatre heures, ralenti par la foule festive.Tout a basculé vers 18H00 locales (17H00 GMT), alors que la parade, s’étendant sur 16 kilomètres, touchait à sa fin. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent une voiture sombre foncer sur une foule compacte et percuter plusieurs personnes. On y voit des gens projetés sur les côtés et sur le capot du véhicule, puis des dizaines de personnes s’en prendre à la voiture, probablement pour la stopper ou arrêter le conducteur.La police a indiqué avoir interpellé le conducteur du véhicule, “un homme blanc britannique de 53 ans de la région de Liverpool”. “Nous pensons qu’il s’agit d’un incident isolé, et nous ne cherchons actuellement personne d’autre. L’incident n’est pas traité comme un acte de terrorisme”, a déclaré  Jenny Sims, la cheffe de la police du Merseyside, lors de la conférence de presse tard dans la nuit.Elle a appelé le public à “ne pas faire de spéculation ou répandre de la désinformation sur les réseaux sociaux”. Un témoin cité par l’agence britannique PA a dit avoir vu la voiture, “extrêmement rapide”, percuter la foule puis “des gens allongés par terre, des gens inconscients”. “C’était horrible. Tellement horrible”, a dit ce témoin, Harry Rashid, 48 ans, à la parade avec ses deux filles et son épouse.”J’ai réussi à attraper ma fille qui était avec moi et à me jeter sur le côté”, a raconté Matt Cole, un journaliste de la BBC présent avec sa famille,- “Célébrer ses héros” -“Les scènes qui se sont déroulées à Liverpool sont épouvantables”, a réagi le Premier ministre Keir Starmer dans un communiqué, assurant la ville de la solidarité du “pays tout entier”.L’émotion est vive dans le monde du football, plusieurs clubs rivaux de Liverpool, comme Manchester United, Manchester City ou Everton, adressant leurs “pensées” aux victimes, le président de la Fifa Gianni Infantino faisant part lui aussi de ses “pensées et prières à tous ceux qui ont été affectés”.Il n’y avait pas eu de parade lors de la dernière victoire du club, en 2020, en raison du Covid-19. C’était la première fois en 35 ans que les fans pouvaient célébrer ensemble un titre de Premier League.Les supporters de foot à Liverpool ont déjà connu un drame, qui continue de marquer la ville portuaire. En 1989, 97 supporters du club étaient morts dans une bousculade lors d’un match dans le stade de Hillsborough à Sheffield. Plus de 760 personnes ont également été blessées dans cette catastrophe, la plus meurtrière de l’histoire du sport britannique.

Effroi au Royaume-Uni après le drame de la parade célébrant Liverpool

Le Royaume-Uni se réveille mardi sous le choc des scènes d'”horreur” qui ont eu lieu à Liverpool lorsqu’une voiture a foncé sur la foule qui célébrait la victoire du club de foot de Liverpool en première division anglaise, faisant près de 50 blessés dont quatre graves.Au lendemain du drame que la police ne considère pas comme terroriste, les Unes des quotidiens britanniques affichent en grand des photos des blessés évacués portant l’écharpe rouge du club de la ville du nord-ouest de l’Angleterre et les images effroyables saisies par des témoins du véhicule sombre qui a percuté la foule. Son conducteur a été arrêté.Les termes employés sont souvent les mêmes pour résumer le sentiment général: “Horreur quand une voiture percute des supporters” titre le tabloïd The Sun, “Horreur à la parade de Liverpool” pour le Times, “L’euphorie puis l’horreur” pour le Daily Mirror, “Carnage à la parade” pour le Daily Mail, “La gloire de Liverpool tourne à l’horreur” pour le Telegraph… Le journal local, le Liverpool Echo, reprend lui le bilan de la soirée: “Au moins 47 blessés blessés dans l’horreur de la parade des Reds”, le surnom des joueurs du club.Selon le bilan donné par les services ambulanciers dans la nuit, 27 blessés ont été hospitalisés, dont deux dans un état grave. Quatre enfants ont été hospitalisés dont un est dans un état grave. Une vingtaine d’autres blessés ont été soignés sur place.- “Extremement rapide” -Malgré une pluie battante, des centaines de milliers de personnes, beaucoup en famille, s’étaient rassemblées lundi pour célébrer le triomphe de Liverpool FC en Premier League.Les joueurs du club, dont les stars Mohamed Salah et Virgil van Dijk, ont défilé dans un bus à impériale pendant environ quatre heures, ralenti par la foule festive.Tout a basculé vers 18H00 locales (17H00 GMT), alors que la parade, s’étendant sur 16 kilomètres, touchait à sa fin. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent une voiture sombre foncer sur une foule compacte et percuter plusieurs personnes. On y voit des gens projetés sur les côtés et sur le capot du véhicule, puis des dizaines de personnes s’en prendre à la voiture, probablement pour la stopper ou arrêter le conducteur.La police a indiqué avoir interpellé le conducteur du véhicule, “un homme blanc britannique de 53 ans de la région de Liverpool”. “Nous pensons qu’il s’agit d’un incident isolé, et nous ne cherchons actuellement personne d’autre. L’incident n’est pas traité comme un acte de terrorisme”, a déclaré  Jenny Sims, la cheffe de la police du Merseyside, lors de la conférence de presse tard dans la nuit.Elle a appelé le public à “ne pas faire de spéculation ou répandre de la désinformation sur les réseaux sociaux”. Un témoin cité par l’agence britannique PA a dit avoir vu la voiture, “extrêmement rapide”, percuter la foule puis “des gens allongés par terre, des gens inconscients”. “C’était horrible. Tellement horrible”, a dit ce témoin, Harry Rashid, 48 ans, à la parade avec ses deux filles et son épouse.”J’ai réussi à attraper ma fille qui était avec moi et à me jeter sur le côté”, a raconté Matt Cole, un journaliste de la BBC présent avec sa famille,- “Célébrer ses héros” -“Les scènes qui se sont déroulées à Liverpool sont épouvantables”, a réagi le Premier ministre Keir Starmer dans un communiqué, assurant la ville de la solidarité du “pays tout entier”.L’émotion est vive dans le monde du football, plusieurs clubs rivaux de Liverpool, comme Manchester United, Manchester City ou Everton, adressant leurs “pensées” aux victimes, le président de la Fifa Gianni Infantino faisant part lui aussi de ses “pensées et prières à tous ceux qui ont été affectés”.Il n’y avait pas eu de parade lors de la dernière victoire du club, en 2020, en raison du Covid-19. C’était la première fois en 35 ans que les fans pouvaient célébrer ensemble un titre de Premier League.Les supporters de foot à Liverpool ont déjà connu un drame, qui continue de marquer la ville portuaire. En 1989, 97 supporters du club étaient morts dans une bousculade lors d’un match dans le stade de Hillsborough à Sheffield. Plus de 760 personnes ont également été blessées dans cette catastrophe, la plus meurtrière de l’histoire du sport britannique.

Asie du Sud-Est: l’Asean cherche des partenaires face à Trump

Les dirigeants d’Asie du Sud-Est, qui doivent répondre au défi de la hausse des droits de douane américains, sont réunis mardi à Kuala Lumpur lors d’un sommet au cours duquel ils vont s’entretenir avec le Premier ministre chinois et des Etats du Golfe.Le président américain Donald Trump a remis en question les normes commerciales mondiales en avril lorsqu’il a annoncé une hausse drastique des droits de douane ciblant de nombreux pays, y compris des alliés des Etats-Unis.Malgré l’annonce d’une pause de 90 jours pour la plupart d’entre eux, la décision américaine a incité l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) à accélérer ses efforts pour diversifier ses réseaux commerciaux.”Une transition dans l’ordre géopolitique est en cours”, a estimé lundi le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim.Mardi s’est ouvert un sommet entre les dix membres de l’Asean, la Chine représentée par son Premier ministre Li Qiang et le Conseil de coopération du Golfe (CCG), un bloc régional composé de Bahreïn, du Koweït, d’Oman, du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.A l’ouverture de la réunion entre l’Asean et le CCG – la Chine se joindra plus tard dans la journée – M. Anwar a estimé que les deux blocs avaient “les moyens et la responsabilité de s’ériger en piliers de stabilité et moteurs de croissance future”.Souvent critiquée pour son inaction, l’Asean a traditionnellement servi d'”intermédiaire” entre les économies développées comme les Etats-Unis et la Chine, observe Chong Ja Ian, de l’Université nationale de Singapour (NUS).”Compte tenu de l’incertitude et de l’imprévisibilité associées aux relations économiques avec les Etats-Unis, les États membres de l’Asean cherchent à se diversifier”, ajoute-t-il”Faciliter les échanges entre le Golfe et la Chine est un aspect de cette diversification”, selon lui.- “Opportun et calculé” -Pékin, qui a subi de plein fouet la hausse des taxes douanières décidée par Donald Trump, cherche également à consolider ses autres marchés.Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré lundi qu’il attendait “avec impatience de renforcer la coopération” avec l’Asean et le CCG.La Chine et l’Asean sont déjà les principaux partenaires commerciaux l’une de l’autre et les exportations chinoises vers la Thaïlande, l’Indonésie et le Vietnam ont très sensiblement augmenté en avril, un phénomène attribué à un réacheminement des marchandises chinoises prévues initialement à destination des États-Unis.La participation du Premier ministre chinois Li à ce sommet est “à la fois opportune et calculée”, indique l’AFP Khoo Ying Hooi, de l’Université de Malaya.Selon un projet de déclaration consulté par l’AFP, les dirigeants de l’Asean vont exprimer leur “profonde inquiétude (…) face à l’imposition de mesures tarifaires unilatérales”.L’Asean avait cependant déclaré plus tôt dans l’année qu’elle n’imposerait pas de droits de douane en représailles contre les Etats-Unis. “Il est peu probable que le bloc approuve formellement une position pro-chinoise sur les droits de douane américains”, ajoute Mme Khoo.- “Amis de la Chine” -L’Asean a toujours traditionnellement adopté une position de neutralité vis-à-vis des Etats-Unis et de la Chine.Pékin n’est que la quatrième source d’investissement direct étranger en Asie du Sud-Est, après les Etats-Unis, le Japon et l’Union européenne, rappelle M. Chong.M. Anwar a indiqué lundi qu’il avait écrit à M. Trump pour demander la tenue d’un sommet Asean-Etats-Unis cette année. Washington n’a pas encore répondu, a précisé son ministre des Affaires étrangères.Mais tout alignement plus étroit avec Pékin soulèverait des problèmes, même si M. Anwar a affirmé lundi que “quoi qu’on dise (…) nous sommes ici en tant qu’amis de la Chine”.Mais les tensions entre la Chine et plusieurs pays membres de l’Asean en mer de Chine méridionale continuent de peser dans leurs relations. Lundi, le dirigeant philippin Ferdinand Marcos Jr avait estimé qu’il y avait un “besoin urgent” à adopter un code de conduite juridiquement contraignant dans la région.

Tesla: les ventes en Europe divisées par deux en avril, les constructeurs chinois progressent

Les ventes de Tesla dans l’Union européenne ont été divisées par deux au mois d’avril  tandis que les constructeurs chinois ont progressé, selon des chiffres publiés mardi par les constructeurs.Freinée par la réputation de son patron Elon Musk et une gamme vieillissante, la marque américaine a vu ses immatriculations baisser dans l’Union européenne de 52,6% en avril et de 46,1% en cumulé depuis le début de l’année, selon l’Association des constructeurs européens (ACEA).Tesla est retombée à 1,1% de part de marché sur les quatre premiers mois de 2025, avec 41.677 véhicules vendus contre 77.314 sur la même période l’année passée.Leader des ventes de voitures électriques jusqu’en 2024, Tesla a été dépassée dans cette catégorie en Europe au mois d’avril par un total de dix marques dont Volkswagen (qui rattrape ainsi son retard dans l’électrique), BMW, Renault mais aussi le Chinois BYD, selon le cabinet Jato Dynamics. Le nouveau petit SUV électrique de Skoda (groupe Volkswagen), l’Elroq, s’est placé en tête des ventes. La Tesla Model Y, ex-reine du marché, est neuvième.Les voitures électriques poursuivent pourtant leur conquête du marché européen (+26,4% sur un an), atteignant 15,3% des ventes en avril, selon l’ACEA.Les ventes d’électriques progressent de façon très contrastée selon les pays européens, notamment en fonction des bonus et avantages fiscaux redistribués par les gouvernements. L’Allemagne, la Belgique, l’Italie ou l’Espagne ont vu leurs ventes d’électriques exploser, tandis que la France est en léger retrait.”Les ventes de véhicules électriques prennent lentement de l’ampleur, mais la croissance reste très progressive et inégale entre les pays de l’UE”, a déclaré Sigrid de Vries, directrice générale de l’ACEA, dans un communiqué. “Pour que les véhicules électriques deviennent un choix courant, il est essentiel que les gouvernements continuent à mettre en place les conditions nécessaires, telles que les incitations à l’achat et fiscales, les infrastructures de recharge et (de faibles) prix de l’électricité”, a souligné Sigrid de Vries.Dans ce contexte, avec leurs prix de vente plus accessibles, les voitures hybrides (avec une petite batterie électrique qui se recharge en conduisant) continuent à dominer le marché européen (+20,8% depuis le début de l’année), avalant des parts de marché jusqu’ici réservées aux voitures à essence (-20,6%).Toutes énergies confondues, le groupe Volkswagen continue de dominer le marché européen (+2,9% en avril) et le N°2 Stellantis commence à limiter la casse après des mois difficiles (-1,1%), poussé par ses marques Peugeot, Jeep ou Alfa Romeo.- Chinoises -Les voitures hybrides rechargeables (avec un moteur à essence et une batterie électrique que l’on branche pour recharger) ont rebondi (+7,8%), notamment en Allemagne et en Espagne, et représentent 7,9% du marché.Les voitures chinoises ont contribué “grandement” au succès des électriques et des hybrides rechargeables, analyse Jato.Les marques chinoises comme BYD, MG, Xpeng ou Leapmotor ont progressé de 59% en un an sur ces catégories, contre 26% pour les autres marques.”Reste à voir si l’Union européenne répondra au boom des hybrides rechargeables chinoises en imposant des droits de douane”, comme elle l’a fait pour les voitures électriques, a remarque Felipe Munoz du cabinet Jato.Tesla pâtit notamment des prises de positions de son patron Elon Musk et de ses actions au sein du Doge, une commission de l’administration Trump chargée de coupes drastiques dans les dépenses fédérales.Au premier trimestre 2025, les ventes de Tesla ont chuté de 13% sur un an, avec un fléchissement particulièrement marqué dans l’UE, où les immatriculations se sont contractées de 45% par rapport à la même période de l’an dernier.Elon Musk a assuré cependant le 20 mai que la situation commerciale de Tesla était déjà “rétablie” et que les ventes étaient “bonnes”. Il a également indiqué qu’il ne consacrerait plus qu’un jour ou deux par semaine à la commission américaine pour l’efficacité gouvernementale (Doge), le reste de son temps étant dédié à la gestion de ses sociétés, en premier lieu Tesla.

Argentine: le procès Maradona en péril pour l’indiscrétion présumée d’une juge

Péripétie de procédure, ou grave débâcle judiciaire ? Le procès sur la mort de Maradona est sur le fil du rasoir, après la mise en cause d’une des juges, soupçonnée d’avoir collaboré à l’insu de tous à un documentaire, et qui pourrait faire annuler l’ensemble des débats à ce jour.Après sept jours de suspension reprend mardi à San Isidro (nord de Buenos Aires) le procès de sept professionnels de santé – médecins, psychiatre, psychologue, infirmiers –  accusés de négligences ayant potentiellement entraîné la mort de l’astre du football, en novembre 2020 sur un lit de convalescence à domicile, post-neurochirurgie.Reprise d’audience, mais pour combien de temps ? Dans la foulée de deux avocats (de la défense) mardi dernier, d’autres – dont Fernando Burlando, médiatique avocat des filles aînées de Maradona – sont résolus à demander mardi la récusation, voire la destitution, de la juge Julieta Makintach, l’une des trois magistrates du procès.Le doute initial est venu de la présence en audience, en mars aux premiers jours du procès, de personnes paraissant filmer les débats, où les caméras étaient strictement interdites. Plusieurs parties soupçonnaient alors la connivence d’une magistrate.Julieta Makintach, pénaliste de 47 ans, a démenti avoir participé à une production audiovisuelle sur le procès, ou avoir commis un quelconque délit, mais une série de perquisitions depuis une semaine – depuis les demandes de récusation-, puis la diffusion de vidéos dans la presse, sont venues affaiblir sa défense.L’une des productrices impliquées s’est défendue, dans une déposition à laquelle l’AFP a eu accès, de n’avoir fait que préparer un documentaire centré sur la juge Makintach, “son rôle de juge et femme”, sans “référence au procès proprement dit”.Les images de vidéosurveillance qui ont filtré montrent la magistrate parcourant, le dimanche juste avant le procès, les locaux du tribunal, filmée par une équipe, avec plusieurs prises, donnant des bouts d’interview, sur son métier, mais aussi sur le début du procès.- “Si ça peut arriver à Maradona…” -Si la semaine dernière, certaines parties spéculaient sur le fait que le procès pourrait se poursuivre, y compris avec la juge Makintach éventuellement dessaisie, l’option paraissait ces derniers jours moins probable aux yeux des avocats comme d’observateurs extérieurs.”C’est un scandale d’une ampleur telle que le monde entier parle de la justice argentine comme du pire des exemples”, a fulminé Me Burlando ce week-end, remonté contre la “négligence” du tribunal de San Isidro et le “narcissisme” de la magistrate. “Elle n’a pas agi comme une juge, mais comme une actrice”.”Le procès ne peut pas continuer, il doit être annulé, même si c’est une honte et un manque total de respect pour Maradona, ses sœurs, ses filles et tous les Argentins qui veulent une justice équitable”, a estimé pour l’AFP Adrian Tenca, pénaliste et professeur de droit à l’Université de Buenos Aires.”Tout le monde a désormais la sensation que ceci est vicié (…) le plus sain est qu’on recommence tout à zéro”, a plaidé Mario Baudry, avocat de Veronica Ojeda, ex-compagne de Maradona, prédisant que si toutes les parties se mettent d’accord, un nouveau trio de juges pourrait être désigné en vue de reprendre le procès. Peut-être vers janvier 2026, a-t-il spéculé.Difficile de percevoir a priori à qui bénéficierait un report pour de longs mois, dans un procès qui déjà avançait péniblement, à raison de deux audiences par semaine. Et où les témoignages, à ce jour, avaient surtout convergé vers le piètre niveau de soins, d’équipement médical, sur le lieu de convalescence fatal de Maradona à Tigre (nord de Buenos Aires). Sans pour autant dessiner un clair niveau de responsabilité, ou d’intentionnalité.Les accusés, qui déclinent toute responsabilité dans le décès, encourent 8 à 25 ans de prison.  Fernando Burlando a souligné la “grande tristesse” de la famille, à l’idée de voir, le cas échéant, déposer une nouvelle fois les filles de Maradona. Le témoignage de Gianinna, en particulier, avait été particulièrement éprouvant mi-mai, maintes fois interrompu par les larmes.”Nous sommes la risée du monde, mais c’est ça notre justice en Argentine”, s’est désolé Me Baudry, s’interrogeant sur l’impact à l’extérieur, sur de potentiels investisseurs. “Si quelque chose comme ça arrive à quelqu’un comme Maradona, qu’est-ce qui peut arriver à des gens ordinaires ?”

Venezuela: Maduro profite du boycott de l’opposition pour s’offrir une majorité écrasante au Parlement et dans les régions

Vingt-trois Etats sur 24, 89% des sièges au Parlement: le président Nicolas Maduro, héritier d’Hugo Chavez, a recouvert de rouge –la couleur du chavisme– la carte du Venezuela lors des élections législatives et régionales de dimanche, consolidant son pouvoir alors que l’opposition se félicite de son boycott sans toutefois définir une stratégie claire.Le parti du président a conquis 23 des 24 gouvernorats et, selon une annonce non officielle mais issue d’un des hommes les plus puissants du pays, Jorge Rodriguez, sa coalition a remporté 256 des 285 sièges à l’Assemblée. Président de l’actuelle Assemblée, chef de campagne du pouvoir pour le scrutin, chef négociateur du Venezuela avec Washington, Jorge Rodriguez a souligné en soirée que “les oppositions” ont gagné les 29 sièges restants, sans donner le détail.M. Rodriguez faisait référence à la fois à l’opposition considérée comme étant aux ordres du pouvoir, couramment surnommée les “Scorpions”, et à la faction menée par l’ancien chef de l’opposition Henrique Capriles pour qui la politique de la chaise vide ne porte pas de fruits.La cheffe de l’opposition Maria Corina Machado et Edmundo Gonzalez, son candidat à la présidentielle de l’an dernier, avaient appelé au boycott du scrutin, estimant les règles du jeu faussées.  Avec cette victoire écrasante, M. Maduro renforce sa mainmise sur les institutions du pays, dix mois après sa réélection contestée, marquée par des troubles et des arrestations massives.Le rendez-vous de dimanche a d’ailleurs été marqué par l’arrestation en amont de quelque 70 personnes, dont Juan Pablo Guanipa, une figure de l’opposition, accusées de vouloir déstabiliser les élections. Plus de 400.000 membres des forces de l’ordre ont été déployés le jour du scrutin, avec des patrouilles de policiers encagoulés et armés.M. Maduro peut avancer tranquillement vers sa réforme de la Constitution sur laquelle il y a peu d’informations, mais qu’il évoque fréquemment depuis des mois.”Aujourd’hui, nous avons démontré le pouvoir du chavisme ! Cette victoire est la victoire de la paix et de la stabilité”, a exulté M. Maduro après l’annonce des résultats dimanche. Le président fête une victoire, mais l’opposition y voit une défaite. Mme Machado avait appelé à ne pas participer à la “farce”, assure que la faible affluence dans les bureaux de vote est une protestation silencieuse contre la réélection de M. Maduro en juillet. Le gros de l’opposition, qui revendique la victoire à la présidentielle de 2024 et crie à la fraude, estimait qu’il n’était pas possible de participer à un nouveau scrutin organisé par le pouvoir.Pour le groupe opposant rebelle qui a participé au scrutin, le résultat est maigre. Le pouvoir ne lui a laissé que des miettes: une poignée de députés et la gouvernance de l’État de Cojedes (centre-ouest).- “Pas insignifiant” -“Bien que prévisible, le résultat n’en a pas moins des implications importantes: un chavisme renforcé dans le contrôle institutionnel, une opposition divisée à la représentation limitée, et une majorité sociale (de la population) démobilisée”, estime l’analyste politique Luis Vicente Leon.Mme Machado, qui vit dans la clandestinité, a une nouvelle fois lundi appelé l’armée à “agir” contre un gouvernement jugé illégitime. Mais les forces armées, clef de voûte du pouvoir qui sait les choyer, ont juré loyauté à maintes reprises au président Maduro.Pour ce qui est de l’opposition, “l’abstention (…) ne fait qu’aggraver sa situation”, estime le politologue Pablo Quintero. “Elle génère un processus de désaffection politique, de désillusion, de résignation de la part des gens”. Henrique Capriles a été élu député et dirigera un groupe d’une quinzaine d’élus à l’Assemblée, selon les estimations de M. Leon. Peu mais “pas insignifiant”, selon l’analyste. “Ils ont partiellement atteint leur objectif de préserver une présence institutionnelle et d’éviter la disparition totale”, relève-t-il.Staline Gonzalez, l’un des opposants élu député, défend la participation et critique la position de Mme Machado: “Cette théorie de donner de l’espace au gouvernement, au +madurisme+, et de croire qu’il suffit de délégitimer le processus en n’y participant pas pour qu’il (Maduro) s’en aille… Qu’avec ça nous allons ramener la démocratie. Nous ne sommes pas convaincus par ce chemin”.M. Quintero estime toutefois que le coût est élevé et croit que “l’opposition a besoin de sang neuf”.

Venezuela: Maduro profite du boycott de l’opposition pour s’offrir une majorité écrasante au Parlement et dans les régions

Vingt-trois Etats sur 24, 89% des sièges au Parlement: le président Nicolas Maduro, héritier d’Hugo Chavez, a recouvert de rouge –la couleur du chavisme– la carte du Venezuela lors des élections législatives et régionales de dimanche, consolidant son pouvoir alors que l’opposition se félicite de son boycott sans toutefois définir une stratégie claire.Le parti du président a conquis 23 des 24 gouvernorats et, selon une annonce non officielle mais issue d’un des hommes les plus puissants du pays, Jorge Rodriguez, sa coalition a remporté 256 des 285 sièges à l’Assemblée. Président de l’actuelle Assemblée, chef de campagne du pouvoir pour le scrutin, chef négociateur du Venezuela avec Washington, Jorge Rodriguez a souligné en soirée que “les oppositions” ont gagné les 29 sièges restants, sans donner le détail.M. Rodriguez faisait référence à la fois à l’opposition considérée comme étant aux ordres du pouvoir, couramment surnommée les “Scorpions”, et à la faction menée par l’ancien chef de l’opposition Henrique Capriles pour qui la politique de la chaise vide ne porte pas de fruits.La cheffe de l’opposition Maria Corina Machado et Edmundo Gonzalez, son candidat à la présidentielle de l’an dernier, avaient appelé au boycott du scrutin, estimant les règles du jeu faussées.  Avec cette victoire écrasante, M. Maduro renforce sa mainmise sur les institutions du pays, dix mois après sa réélection contestée, marquée par des troubles et des arrestations massives.Le rendez-vous de dimanche a d’ailleurs été marqué par l’arrestation en amont de quelque 70 personnes, dont Juan Pablo Guanipa, une figure de l’opposition, accusées de vouloir déstabiliser les élections. Plus de 400.000 membres des forces de l’ordre ont été déployés le jour du scrutin, avec des patrouilles de policiers encagoulés et armés.M. Maduro peut avancer tranquillement vers sa réforme de la Constitution sur laquelle il y a peu d’informations, mais qu’il évoque fréquemment depuis des mois.”Aujourd’hui, nous avons démontré le pouvoir du chavisme ! Cette victoire est la victoire de la paix et de la stabilité”, a exulté M. Maduro après l’annonce des résultats dimanche. Le président fête une victoire, mais l’opposition y voit une défaite. Mme Machado avait appelé à ne pas participer à la “farce”, assure que la faible affluence dans les bureaux de vote est une protestation silencieuse contre la réélection de M. Maduro en juillet. Le gros de l’opposition, qui revendique la victoire à la présidentielle de 2024 et crie à la fraude, estimait qu’il n’était pas possible de participer à un nouveau scrutin organisé par le pouvoir.Pour le groupe opposant rebelle qui a participé au scrutin, le résultat est maigre. Le pouvoir ne lui a laissé que des miettes: une poignée de députés et la gouvernance de l’État de Cojedes (centre-ouest).- “Pas insignifiant” -“Bien que prévisible, le résultat n’en a pas moins des implications importantes: un chavisme renforcé dans le contrôle institutionnel, une opposition divisée à la représentation limitée, et une majorité sociale (de la population) démobilisée”, estime l’analyste politique Luis Vicente Leon.Mme Machado, qui vit dans la clandestinité, a une nouvelle fois lundi appelé l’armée à “agir” contre un gouvernement jugé illégitime. Mais les forces armées, clef de voûte du pouvoir qui sait les choyer, ont juré loyauté à maintes reprises au président Maduro.Pour ce qui est de l’opposition, “l’abstention (…) ne fait qu’aggraver sa situation”, estime le politologue Pablo Quintero. “Elle génère un processus de désaffection politique, de désillusion, de résignation de la part des gens”. Henrique Capriles a été élu député et dirigera un groupe d’une quinzaine d’élus à l’Assemblée, selon les estimations de M. Leon. Peu mais “pas insignifiant”, selon l’analyste. “Ils ont partiellement atteint leur objectif de préserver une présence institutionnelle et d’éviter la disparition totale”, relève-t-il.Staline Gonzalez, l’un des opposants élu député, défend la participation et critique la position de Mme Machado: “Cette théorie de donner de l’espace au gouvernement, au +madurisme+, et de croire qu’il suffit de délégitimer le processus en n’y participant pas pour qu’il (Maduro) s’en aille… Qu’avec ça nous allons ramener la démocratie. Nous ne sommes pas convaincus par ce chemin”.M. Quintero estime toutefois que le coût est élevé et croit que “l’opposition a besoin de sang neuf”.