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A peine suspendus, les droits de douane de Trump maintenus temporairement en appel

Moins de 24 heures après avoir été bloqués en première instance, les droits de douane de Donald Trump ont été maintenus temporairement jeudi par une Cour d’appel aux Etats-Unis, le temps pour elle de se prononcer sur le fond.Mercredi, le tribunal de commerce international des Etats-Unis (ITC) avait estimé que M. Trump avait outrepassé ses pouvoirs en imposant des surtaxes non ciblées, alors qu’il s’agit d’une prérogative du Congrès.Sa décision bloquait dès lors tant les droits de douane imposés au Canada, au Mexique et à la Chine que les droits de douane “réciproques” imposés début avril à l’égard de plusieurs pays.Le gouvernement avait déposé dans la foulée une requête, consultée par l’AFP, annonçant être prêt à se tourner vers la Cour suprême pour obtenir dès vendredi cette suspension temporaire.Mais une Cour d’appel a accédé à la demande du gouvernement, précisant aussi son intention de joindre les deux procédures, initiées d’un côté par des petites entreprises et de l’autre par une coalition d’Etats américains.”Nous sommes très satisfaits de cette décision, nous l’attendions”, s’est félicité Kevin Hassett, le principal conseiller économique de Donald Trump, sur Fox News. “Ils comprennent que nous devons rendre sa grandeur à l’Amérique grâce à des accords commerciaux équitables”, en référence au célèbre slogan du président.Jeudi, un autre tribunal, à Washington, a estimé que les surtaxes visant le Canada, le Mexique et la Chine étaient “illégales” et ne peuvent être collectés, assortissant sa décision d’un sursis le temps d’un éventuel appel.- “Inconstitutionnelle” -Après la décision en première instance mercredi, la Chine avait pressé les Etats-Unis d'”annuler totalement les droits de douane unilatéraux injustifiés”, après la décision de l’ITC, par la voix d’une porte-parole du ministère du Commerce.Le Premier ministre canadien avait de son côté salué la suspension de ces droits de douane “illégaux et injustifiés”, selon lui.Mais “nous estimons que notre relation commerciale avec les Etats-Unis est toujours profondément menacée” par les droits de douane toujours appliqués sur l’acier et l’aluminium ou le secteur automobile, a-t-il ajouté devant le Parlement. Il a dit espérer “renforcer la collaboration avec des partenaires commerciaux fiables et des alliés partout dans le monde”.Dans le détail, les juges de première instance considéraient que le président ne pouvait invoquer la loi d’urgence économique de 1977 (IEEPA) pour instituer par décret “une surtaxe illimitée sur les produits provenant de quasiment tous les pays”, selon la décision que l’AFP a pu consulter.Pour ces magistrats, les décrets adoptés “outrepassent les pouvoirs accordés au président”, ce texte lui permettant seulement “de prendre les sanctions économiques nécessaires en cas d’urgence pour combattre une menace +extraordinaire et inhabituelle+”.Toute interprétation qui lui délègue “une autorité illimitée sur les droits de douane est inconstitutionnelle”, avaient insisté les juges.- “Renoncement” -Dans une opinion écrite accompagnant la décision, l’un des juges avait estimé que cela “constituerait un renoncement du pouvoir législatif au bénéfice d’une autre branche du gouvernement”, ce qui est contraire à la Constitution américaine.Le tribunal se prononçait à la suite de deux plaintes, déposées l’une par une alliance de 12 Etats américains dont l’Arizona, l’Oregon, New York et le Minnesota, l’autre par un groupe d’entreprises américaines, qui reprochaient à Donald Trump de s’arroger des pouvoirs appartenant au Congrès.Le 2 avril, le président Trump avait annoncé des droits de douane dits “réciproques”, censés concerner l’ensemble des pays dans le monde, avant de reculer face à la chute des marchés financiers, accordant une pause de 90 jours – tout en maintenant une surtaxe plancher de 10% -, afin d’ouvrir la porte à des négociations commerciales.Après un bras de fer et une escalade des surtaxes colossales de part et d’autre, Pékin et Washington se sont finalement entendus mi-mai sur un retour à 10% sur les produits américains et 30% sur les produits chinois.Malgré cette accalmie, la porte-parole du ministère chinois du Commerce a encore dénoncé jeudi un protectionnisme américain “qui ne profite à personne”.

Harvard: une juge va bloquer la décision de Trump sur les étudiants étrangers

En pleine bataille judiciaire avec le gouvernement de Donald Trump, Harvard a remis jeudi ses diplômes avec une bonne nouvelle à la clé: la suspension, annoncée par une juge, de l’interdiction d’accueillir des étudiants étrangers.Traditionnellement marquée par des discours émouvants d’étudiants portant toge et toque à Cambridge, près de Boston (nord-est), cette cérémonie survient au …

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Harvard: une juge va bloquer la décision de Trump sur les étudiants étrangers

En pleine bataille judiciaire avec le gouvernement de Donald Trump, Harvard a remis jeudi ses diplômes avec une bonne nouvelle à la clé: la suspension, annoncée par une juge, de l’interdiction d’accueillir des étudiants étrangers.Traditionnellement marquée par des discours émouvants d’étudiants portant toge et toque à Cambridge, près de Boston (nord-est), cette cérémonie survient au moment où le président américain exerce une pression sans précédent sur la plus ancienne université des Etats-Unis.Donald Trump veut lui interdire d’accueillir des étudiants étrangers, a supprimé ses contrats avec le gouvernement fédéral, réduit ses subventions de plusieurs milliards de dollars et remis en cause son statut d’établissement exonéré d’impôts.Le président de Harvard Alan Garber a soulevé une tempête d’applaudissements en mentionnant dans son discours jeudi la présence à la cérémonie des étudiants étrangers avec leurs familles, “comme il se doit”, sans évoquer directement la bataille judiciaire avec l’administration Trump.”Poursuivre joyeusement les processions et les célébrations est en soi un acte de résistance”, a déclaré à l’AFP Madeleine Riskin-Kutz, une étudiante franco-américaine.En parallèle, une juge fédérale de Boston a tenu jeudi une audience sur la prorogation d’un sursis de quelques jours qu’elle avait déjà octroyé à Harvard sur l’accueil des étudiants étrangers. La juge Allison Burroughs a indiqué lors de cette audience qu’elle allait bien bloquer, pour une période encore non précisée, cette mesure de l’administration Trump qui avait semé la consternation chez les étudiants et dans les milieux de l’enseignement supérieur aux Etats-Unis.- “Purgatoire” -“Nos étudiants sont terrifiés et il y en a déjà qui partent” vers d’autres établissements, a déclaré à l’audience Ian Gershengorn, avocat de l’université.”Harvard est devenu un purgatoire. Que doit désormais faire un étudiant international ?”, a dit un professeur de droit qui a assisté à l’audience mais a souhaité rester anonyme.Les étudiants et chercheurs étrangers de Harvard sont “nombreux à faire état d’une détresse émotionnelle importante qui affecte leur santé mentale et rend difficile la concentration sur leurs études”, déplorait mercredi Maureen Martin, directrice des services d’immigration de l’université.L’institution universitaire s’est attiré les foudres de Donald Trump en prenant la tête de la résistance à sa volonté de contrôler les recrutements, le contenu des programmes ou encore les orientations des universités dans le domaine de la recherche.- “Vérité” et “inclusion” -Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, le président s’est lancé dans une vaste campagne contre des universités qu’il accuse de propager une idéologie woke. Par ce terme qu’ils considèrent comme péjoratif, les conservateurs dénoncent ce qu’ils voient comme un excès de militantisme en faveur notamment des minorités.Donald Trump leur reproche notamment leurs politiques de promotion de la diversité ou encore d’avoir laissé proliférer des manifestations contre la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza, qu’il assimile à de “l’antisémitisme”. “Harvard manque beaucoup de respect à notre pays et ne fait que s’enfoncer de plus en plus”, avait-il déclaré mercredi. La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a renchéri jeudi en qualifiant le refus de Harvard de se plier aux mesures du gouvernement de “dédain à l’égard du peuple américain”.”Parfois, ils n’aiment pas ce que nous représentons”, avait pour sa part estimé mardi Alan Garber sur la radio NPR, en référence à l’administration Trump.Il a reconnu des problèmes d’antisémitisme à Harvard. Mais “ce qui laisse perplexe, c’est que les mesures qu’ils ont prises pour résoudre ces problèmes ne touchent même pas les personnes qui en sont selon eux à l’origine”, avait-il affirmé.La star du basket et militant des droits humains Kareem Abdul-Jabbar, qui s’était adressé mercredi à la promotion 2025, a comparé le combat d’Alan Garber à celui de Rosa Parks, icône de la lutte pour les droits civiques contre la ségrégation raciale.Pour Uzma Farheen, une étudiante indienne qui vient d’effectuer un master en santé publique, la cérémonie de jeudi visait à faire passer un message. “Nous sommes unis pour montrer en choeur ce que Harvard représente: la vérité, l’intégrité et l’inclusion”, a-t-elle dit à l’AFP.

Gaza: le Hamas pas satisfait par une nouvelle proposition américaine de trêve

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a indiqué jeudi soir que la nouvelle proposition américaine de cessez-le-feu dans la bande de Gaza acceptée par Israël, selon la Maison Blanche, ne répondait pas à ses demandes.Les négociations sur un cessez-le-feu visant à mettre fin à près de 20 mois de guerre dévastatrice n’ont pas encore abouti depuis la reprise par l’armée israélienne de ses opérations dans la bande de Gaza en mars après une brève trêve.”Je peux confirmer que l’émissaire (Steve) Witkoff et le président ont soumis au Hamas une proposition de cessez-le-feu que Israël a approuvée et soutenue”, a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, lors d’une conférence de presse à Washington.”Israël a signé cette proposition avant qu’elle ne soit envoyée au Hamas”, et “les discussions se poursuivent”, a-t-elle ajouté. Il n’y a eu jusqu’ici aucune réaction officielle d’Israël.- Evacuation d’un hôpital -Réagissant à cette proposition, le Hamas a indiqué qu’elle ne répondait pas à ses demandes, dans la mesure où elle “signifie, en essence, la perpétuation de l’occupation, la poursuite des meurtres et de la famine”, a déclaré dans la soirée à l’AFP Bassem Naïm, un des dirigeants en exil du Hamas.Cette proposition “ne répond à aucune des demandes de notre peuple, notamment l’arrêt de la guerre et de la famine”, a-t-il ajouté, soulignant que le mouvement examinait la réponse à lui donner.La situation humanitaire à Gaza reste désastreuse même si l’aide commence enfin à rentrer dans le territoire après un blocus de plus de deux mois imposé par Israël. Israël a intensifié son offensive à Gaza le 17 mai dans le but affiché de prendre le contrôle de la totalité de ce territoire palestinien, d’anéantir le Hamas et de libérer les derniers otages, enlevés lors de l’attaque sans précédent du mouvement islamiste le 7 octobre 2023 qui a déclenché la guerre.La Défense civile de Gaza a indiqué à l’AFP que 54 personnes avaient été tuées jeudi dans des attaques israéliennes, 23 d’entre elles dans une frappe sur une maison à Al-Bureij, et deux autres par des tirs israéliens près d’un centre de distribution d’aide de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), nouvelle organisation créée avec le soutien d’Israël et des Etats-Unis.Interrogée par l’AFP sur la frappe à Al-Bureij et les tirs près du centre d’aide, l’armée israélienne a déclaré qu’elle examinait ces incidents. Dans un communiqué, elle a déclaré avoir frappé “des dizaines de cibles terroristes dans toute la bande de Gaza” au cours de la journée écoulée.Selon elle, un employé d’une société sous-traitante pour l’armée israélienne a par ailleurs été tué jeudi dans le nord de la bande de Gaza.Jeudi également, l’hôpital Al-Awda, dans le nord de la bande de Gaza, a affirmé que les forces israéliennes procédaient à une évacuation forcée de ses locaux dans le territoire palestinien où l’armée poursuit son offensive.En pleine intensification de ses opérations militaires dans le territoire palestinien assiégé, Israël a partiellement levé la semaine dernière le blocus total de l’aide à Gaza imposé depuis le 2 mars.- “Punition collective” -Une distribution chaotique avait fait mardi 47 blessés dans un centre de la GHF, selon le Bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dans les Territoires palestiniens occupés. Cette organisation a récemment mis en place un système de distribution critiqué par l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).L’attaque du 7 octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Sur 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues à Gaza, dont au moins 34 mortes, selon les autorités israéliennes.Le Hamas retient aussi toujours la dépouille d’un soldat israélien tué en 2014 lors d’une précédente guerre à Gaza.Plus de 54.249 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués par la campagne de représailles israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Gaza: le Hamas pas satisfait par une nouvelle proposition américaine de trêve

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a indiqué jeudi soir que la nouvelle proposition américaine de cessez-le-feu dans la bande de Gaza acceptée par Israël, selon la Maison Blanche, ne répondait pas à ses demandes.Les négociations sur un cessez-le-feu visant à mettre fin à près de 20 mois de guerre dévastatrice n’ont pas encore abouti depuis la reprise par l’armée israélienne de ses opérations dans la bande de Gaza en mars après une brève trêve.”Je peux confirmer que l’émissaire (Steve) Witkoff et le président ont soumis au Hamas une proposition de cessez-le-feu que Israël a approuvée et soutenue”, a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, lors d’une conférence de presse à Washington.”Israël a signé cette proposition avant qu’elle ne soit envoyée au Hamas”, et “les discussions se poursuivent”, a-t-elle ajouté. Il n’y a eu jusqu’ici aucune réaction officielle d’Israël.- Evacuation d’un hôpital -Réagissant à cette proposition, le Hamas a indiqué qu’elle ne répondait pas à ses demandes, dans la mesure où elle “signifie, en essence, la perpétuation de l’occupation, la poursuite des meurtres et de la famine”, a déclaré dans la soirée à l’AFP Bassem Naïm, un des dirigeants en exil du Hamas.Cette proposition “ne répond à aucune des demandes de notre peuple, notamment l’arrêt de la guerre et de la famine”, a-t-il ajouté, soulignant que le mouvement examinait la réponse à lui donner.La situation humanitaire à Gaza reste désastreuse même si l’aide commence enfin à rentrer dans le territoire après un blocus de plus de deux mois imposé par Israël. Israël a intensifié son offensive à Gaza le 17 mai dans le but affiché de prendre le contrôle de la totalité de ce territoire palestinien, d’anéantir le Hamas et de libérer les derniers otages, enlevés lors de l’attaque sans précédent du mouvement islamiste le 7 octobre 2023 qui a déclenché la guerre.La Défense civile de Gaza a indiqué à l’AFP que 54 personnes avaient été tuées jeudi dans des attaques israéliennes, 23 d’entre elles dans une frappe sur une maison à Al-Bureij, et deux autres par des tirs israéliens près d’un centre de distribution d’aide de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), nouvelle organisation créée avec le soutien d’Israël et des Etats-Unis.Interrogée par l’AFP sur la frappe à Al-Bureij et les tirs près du centre d’aide, l’armée israélienne a déclaré qu’elle examinait ces incidents. Dans un communiqué, elle a déclaré avoir frappé “des dizaines de cibles terroristes dans toute la bande de Gaza” au cours de la journée écoulée.Selon elle, un employé d’une société sous-traitante pour l’armée israélienne a par ailleurs été tué jeudi dans le nord de la bande de Gaza.Jeudi également, l’hôpital Al-Awda, dans le nord de la bande de Gaza, a affirmé que les forces israéliennes procédaient à une évacuation forcée de ses locaux dans le territoire palestinien où l’armée poursuit son offensive.En pleine intensification de ses opérations militaires dans le territoire palestinien assiégé, Israël a partiellement levé la semaine dernière le blocus total de l’aide à Gaza imposé depuis le 2 mars.- “Punition collective” -Une distribution chaotique avait fait mardi 47 blessés dans un centre de la GHF, selon le Bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dans les Territoires palestiniens occupés. Cette organisation a récemment mis en place un système de distribution critiqué par l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).L’attaque du 7 octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Sur 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues à Gaza, dont au moins 34 mortes, selon les autorités israéliennes.Le Hamas retient aussi toujours la dépouille d’un soldat israélien tué en 2014 lors d’une précédente guerre à Gaza.Plus de 54.249 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués par la campagne de représailles israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.