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De la guérilla au cinéma: l’atypique ambassadeur colombien en Chine

Ex-garde rouge dans la Chine maoïste puis guérillero, le réalisateur Sergio Cabrera est aujourd’hui ambassadeur de Colombie à Pékin, assumant que Bogota s’éloigne de l’orbite américaine pour se rapprocher du géant asiatique.Agé de 75 ans, il était arrivé en 1963 dans la capitale chinoise avec ses parents, communistes convaincus qui s’étaient installés dans ce pays alors isolé et pauvre pour enseigner l’espagnol.Son retour était “très émouvant” car il a retrouvé une ville métamorphosée, parsemée de gratte-ciel et sillonnée de voitures électriques dernier cri.”Comparée à Bogota, Pékin était un village” à l’époque, raconte à l’AFP Sergio Cabrera, depuis l’ambassade de Colombie à Pékin, où les murs sont décorés d’affiches de ses films.”C’était une ville qui semblait bâtie sur un seul étage, sans voitures ni grandes avenues, où tout le monde s’habillait pareil”, se remémore-t-il.”Aujourd’hui, on voit un pays plein d’abondance et d’opportunités, où l’on trouve de tout. Mais à l’époque, il n’y avait rien”, souligne l’ambassadeur.Le Grand Bond en avant, cette réforme radicale lancée par Mao Tsé-toung, le fondateur de la Chine socialiste, afin de moderniser l’économie rurale, venait juste de s’achever – après avoir fait des millions de morts de faim.La famille de Sergio Cabrera avait besoin de tickets de rationnement pour se fournir en farine ou vêtements.”Je suis ambassadeur depuis plus de deux ans. Mais il m’arrive encore de passer devant certains endroits et de me dire: +ce n’est pas possible+”, tant tout a changé, confie-t-il.Dans le Pékin des années 1960, Sergio Cabrera apprend le chinois, puis rejoint les Gardes rouges pendant la Révolution culturelle, cette campagne politique lancée par Mao qui a provoqué une décennie de chaos dans le pays.- “Brebis galeuse” -Formé par l’armée chinoise, il retourne ensuite en Colombie pour rejoindre une guérilla maoïste opposée aux autorités colombiennes de l’époque, qu’il finit par quitter quatre ans plus tard, “profondément déçu”.”Je me suis rendu compte qu’il y avait une sorte de tendance chez certains à la mythomanie, à se croire très forts et à finir par s’en persuader”, confie-t-il.Il est ensuite revenu en Chine, où il a suivi des études universitaires avant de se consacrer à son rêve de toujours: le cinéma.Avec des films très engagés politiquement, comme “La stratégie de l’escargot”, son œuvre la plus célèbre, il dit avoir trouvé une voie “pour révolutionner un peu l’esprit du public”.”Je me suis dit: puisque je ne peux pas le faire par la force, par les balles, je vais le faire par la voie pacifique”, explique le réalisateur.Epris de cinéma, qui consiste selon lui à “créer des mondes”, il est aujourd’hui confronté à la réalité en tant que diplomate.Le premier président de gauche de la Colombie, Gustavo Petro, lui a confié la mission de resserrer les liens du pays — historiquement aligné sur les Etats-Unis — avec le géant asiatique.Dans le cadre de cette stratégie, Bogota a signé en mai son adhésion au grand projet chinois d’infrastructures des “Nouvelles routes de la soie”, auquel s’étaient déjà joints les deux tiers des pays d’Amérique latine.”Nous étions un peu la brebis galeuse du troupeau”, sourit Sergio Cabrera, qui estime cette décision “très bénéfique” pour son pays.- “Délicat” -L’accord a toutefois irrité l’administration de Donald Trump, particulièrement méfiante face à l’influence croissante de Pékin dans une région longtemps considérée par Washington comme relevant de sa sphère d’influence.Sergio Cabrera reconnaît que le rapprochement entre Bogota et Pékin survient à un moment “délicat”: “il y a eu des frictions, et nous savons que le président Trump est opposé à tout rapprochement avec la Chine”, souligne-t-il.Mais “la souveraineté d’un pays ne peut dépendre (d’une prétendue) nécessité d’être allié à un autre”, note-t-il.Le rapprochement sino-colombien était en gestation depuis plusieurs années.Les importations venues de Chine ont doublé en 10 ans. Elles ont atteint les 14,7 milliards de dollars en 2024.Au premier trimestre 2025, elles ont même dépassé celles en provenance des Etats-Unis, qui restent néanmoins le principal débouché des exportations colombiennes – absorbant près de 30% du total.Ce poids des exportations vers les Etats-Unis rend les cercles d’affaires colombiens parfois dubitatifs à l’égard de l’accord signé avec Pékin.Mais Sergio Cabrera invite à dépasser “la peur des réactions américaines”.Selon lui, l’accord pourrait favoriser les investissements dans les secteurs des transports et des énergies bas carbone et faciliter l’accès au marché chinois du bœuf ou du café colombiens.Les perspectives seraient encore meilleures avec un accord de libre-échange avec la Chine, comme ceux signés par le Chili ou le Pérou, estime Sergio Cabrera. Mais “le climat” actuel en Colombie n’y est pour l’instant “pas favorable”, déplore-t-il.

Eboulement en Suisse: le pire écarté mais les autorités ne baissent pas la garde

“Il ne faut surtout pas baisser la garde”, exhortent les autorités suisses vendredi, même si pour l’heure le scénario du pire est écarté pour la vallée du Lötschental menacée par un lac artificiel, formé après qu’un gigantesque éboulement a détruit tout un village en quelques instants.Revoir la vigilance à la baisse “serait la pire des choses alors que l’on n’est pas certain que le danger soit écarté”, a déclaré vendredi matin à la télévision publique Raphaël Mayoraz, le géologue du canton du Valais où s’est produit l’effondrement mercredi.Jeudi matin, les autorités envisageaient encore une catastrophe, à savoir une rupture brutale du barrage naturel de gravats. Les eaux du lac artificiel, qui continuent de grossir, auraient alors inondé la vallée. Mais au fil de la journée ce scénario est devenu moins probable en raison de la configuration et de la composition du barrage de roche et de glace. Les autorités ont donc renoncé à évacuer les habitants de la vallée qui vivent en aval, à l’exception de 16 d’entre eux.”La situation actuelle est dans un scénario assez favorable. En clair, l’eau commence à faire son chemin sur le dépôt (les gravats de roche et de glace Ndlr) long de 2,5 km. Au fur et à mesure des heures qui avancent, on peut réduire le risque d’un scénario catastrophique. On sait toutefois que l’on doit garder en tête un tel risque”, souligne M. Mayoraz.- Scénario d’évacuation -Les autorités restent en alerte et les communes situées en aval de l’éboulement, y compris dans la vallée du Rhône, se préparent à une éventuelle évacuation. Des digues ont aussi été installées.”Ce scénario d’une possible évacuation va durer des semaines”, indique Raphaël Mayoraz. “Il perdurera tant que la (rivière) Lonza ne sera pas parvenue à créer un chenal relativement stable à travers tout ce dépôt. Le risque de voir des poches d’eau se créer reste également d’actualité”.Pour l’heure, cet événement exceptionnel n’a fait qu’un disparu, un homme de 64 ans de la région, les 300 habitants de Blatten ayant été évacués dès le 19 mai.  “Cela montre l’importance des alertes et des interventions précoces”, s’est félicitée Clare Nullis, porte-parole de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) lors d’un point presse à Genève.”Le paysage ne sera plus jamais le même. Le village ne sera plus jamais le même, mais c’est un exemple de la façon dont nous pouvons utiliser les prévisions et les alertes pour sauver des vies”, a-t-elle souligné, tout en rappelant que de nombreux pays moins riches que la Suisse n’avaient pas les moyens de le faire. L’OMM a lancé un vaste programme pour s’assurer que partout dans le monde, la population pourra bénéficier de moyens d’alerte précoce pour échapper aux catastrophes naturelles.  La vallée du Lötschental s’étend sur un peu moins de 30 kilomètres et compte au total quelque 1.500 habitants. C’est un endroit réputé pour ses paysages très pittoresques, ses petits villages traditionnels et ses chemins de randonnées spectaculaires. Mais le paysage est changé pour toujours.La quantité de roche et de gravats qui a dévalé la montagne mercredi vers 15H30 (13H30 GMT) est tellement importante que les sismographes du pays l’ont enregistré. A la place du glacier du Birch, entraîné par la chute des roches qui le surplombaient, on voit un trou béant sur le flanc de la montagne.

Irlande: Gerry Adams remporte son procès en diffamation contre la BBC

L’ex-leader du parti irlandais Sinn Fein, Gerry Adams, a obtenu 100.000 euros au titre de dommages et intérêts, après avoir remporté vendredi à Dublin son procès en diffamation contre la BBC.Le jury de la Haute cour de Dublin a estimé que l’émission de la BBC diffusé en 2016 dans laquelle un témoin affirmait que M. Adams avait approuvé le meurtre d’un espion britannique en 2006 était diffamatoire.La cour a également estimé que le diffuseur britannique n’avait ni agi de bonne foi ni de manière équitable et raisonnable.Il a octroyé 100.000 euros de dommages et intérêts à Gerry Adams, 76 ans, qui avait dirigé le parti pro-réunification Sinn Fein entre 1983 et 2018.L’affaire concerne un épisode de l’émission d’investigation de la BBC en Irlande du Nord “Spotlight”, diffusé en 2016.Dans cet épisode, un témoin anonyme accusait Gerry Adams d’avoir eu le “dernier mot” sur le meurtre de Denis Donaldson, l’un des responsables de son parti – ce qu’il a toujours nié.En 2005, Gerry Adams avait révélé lors d’une conférence de presse que M. Donaldson espionnait au sein du Sinn Fein pour le compte du MI5, l’agence de renseignement britannique. M. Donaldson, 55 ans, qui avait ensuite reconnu avoir travaillé comme agent britannique, avait été retrouvé mort quelques mois plus tard, tué par balles près de la frontière avec l’Irlande du Nord.Le groupe paramilitaire républicain dissident “Real IRA” a revendiqué le meurtre en 2009.M. Adams a accusé la BBC de ne pas avoir respecté ses règles éditoriales et d’avoir gravement terni sa réputation avec cette “attaque injustifiée”.Le géant audiovisuel, de son côté, a dit avoir agi “de bonne foi” et dans “l’intérêt du public”. Selon lui, cinq autres personnes avaient corroboré cette affirmation, présentée comme telle dans le programme et non pas comme un fait avéré.L’ancien leader politique a attaqué le groupe audiovisuel britannique devant la justice irlandaise car l’émission Spotlight et un article associé avaient été diffusés en Irlande.Plus de 3.600 personnes ont été tuées lors des trois décennies de conflit en Irlande du Nord qui ont pris fin avec l’accord de paix de 1998, dont Gerry Adams était l’un des négociateurs.

Le Kremlin écarte l’idée d’un sommet Poutine-Zelensky-Trump-Erdogan

Le Kremlin a écarté vendredi une rencontre proposée par la Turquie entre Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky et Donald Trump sous l’égide de Recep Tayyip Erdogan, conditionnant tout sommet de ce type à l’obtention de “résultats” dans les négociations avec Kiev.Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, en visite à Kiev, avait proposé plus tôt que la Turquie accueille “une rencontre entre M. Trump, M. Poutine et M. Zelensky, sous la direction” du président turc Recep Tayyip Erdogan.Volodymyr Zelensky avait déjà proposé de rencontrer son homologue russe en mai, puis d’organiser un format tripartite incluant le président américain, mais le Kremlin n’avait pas donné suite.Moscou a en revanche proposé à Kiev de se retrouver pour de nouveaux pourparlers directs lundi à Istanbul, après un premier rendez-vous peu fructueux le 16 mai dans la mégapole turque.Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, interrogé vendredi par l’AFP sur la possibilité d’un sommet Poutine-Zelensky-Trump-Erdogan, a affirmé que Vladimir Poutine est “favorable, sur le principe, aux contacts au plus haut niveau”.Mais il faut d’abord “des résultats” dans les négociations entre Kiev et Moscou, a-t-il tranché, durant son briefing quotidien.Dmitri Peskov a aussi affirmé que le Kremlin enverrait à Istanbul une délégation qui sera “prête” pour de nouveaux pourparlers lundi avec l’Ukraine, qui n’a toutefois pas encore formellement confirmé sa participation.- Cessez-le-feu -Kiev veut que le Kremlin lui envoie d’abord un “mémorandum” qu’il a dit avoir préparé et qui doit exposer ses conditions pour la paix, des conditions qui selon l’Ukraine risquent d’être “irréalistes”.Dmitri Peskov, questionné à ce sujet, a de nouveau refusé vendredi de transmettre à l’avance ce document et dit que le texte serait discuté “lors du deuxième cycle de négociations”.Le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga, aux côtés de son homologue turc, a affirmé que la transmission de ce document était importante pour que la prochaine réunion soit “substantielle”.L’Ukraine est “intéressée” par la poursuite de ces rencontres avec la Russie, a-t-il dit.Plus tôt, M. Fidan avait assuré que “les deux parties souhaitent un cessez-le-feu”, selon l’agence de presse étatique Anadolu.Il a été reçu à Moscou par Vladimir Poutine cette semaine, et doit rencontrer vendredi le président Volodymyr Zelensky.La Turquie, membre de l’Otan, est parvenue depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 à maintenir de bonnes relations avec les deux pays.- Exigences maximalistes -Le président américain Donald Trump demande une trêve inconditionnelle, mesure que l’Ukraine et les Européens soutiennent.Mais la Russie, qui a envahi son voisin en 2022, a refusé précédemment cette possibilité, estimant notamment qu’elle permettrait à l’armée ukrainienne de reprendre des forces sur le front.Vladimir Poutine affirme qu’un cessez-le-feu est possible après des négociations se concentrant sur les “causes profondes” de la guerre, une référence à une série de demandes maximalistes du Kremlin.La Russie exige notamment que l’Ukraine renonce à jamais à rejoindre l’Otan et lui cède les cinq régions dont elle revendique l’annexion.Ces conditions sont inacceptables pour Kiev, qui assure par ailleurs que le Kremlin ne veut ni paix ni trêve.L’armée russe a l’avantage sur le front et a revendiqué vendredi la prise de deux villages dans la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine.- Frustration et critiques -Pire conflit armé en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, l’invasion russe de l’Ukraine a débuté en février 2022 et a déjà fait des dizaines, voire des centaines de milliers de morts.Donald Trump, qui s’est rapproché de la Russie, a exprimé sa frustration envers Moscou ces derniers jours, estimant notamment que Vladimir Poutine joue “avec le feu”.Mais il a aussi critiqué Volodymyr Zelensky, à qui il reproche de traîner des pieds pour trouver un accord.Au Conseil de Sécurité de l’ONU, l’ambassadeur américain intérimaire adjoint, John Kelley, a lui prévenu jeudi que “les États-Unis devront envisager de se retirer de leurs efforts de négociation” si Moscou décide de “poursuivre cette guerre catastrophique”. L’Ukraine exhorte ses alliés occidentaux, et surtout Washington, à prendre de nouvelles sanctions contre Moscou.Depuis Singapour, le président français Emmanuel Macron a lui affirmé vendredi que la décision ou non de sanctionner la Russie, si elle refuse un cessez-le-feu en Ukraine, était un “test de crédibilité” pour Washington.

Le Kremlin écarte l’idée d’un sommet Poutine-Zelensky-Trump-Erdogan

Le Kremlin a écarté vendredi une rencontre proposée par la Turquie entre Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky et Donald Trump sous l’égide de Recep Tayyip Erdogan, conditionnant tout sommet de ce type à l’obtention de “résultats” dans les négociations avec Kiev.Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, en visite à Kiev, avait proposé plus tôt que la Turquie accueille “une rencontre entre M. Trump, M. Poutine et M. Zelensky, sous la direction” du président turc Recep Tayyip Erdogan.Volodymyr Zelensky avait déjà proposé de rencontrer son homologue russe en mai, puis d’organiser un format tripartite incluant le président américain, mais le Kremlin n’avait pas donné suite.Moscou a en revanche proposé à Kiev de se retrouver pour de nouveaux pourparlers directs lundi à Istanbul, après un premier rendez-vous peu fructueux le 16 mai dans la mégapole turque.Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, interrogé vendredi par l’AFP sur la possibilité d’un sommet Poutine-Zelensky-Trump-Erdogan, a affirmé que Vladimir Poutine est “favorable, sur le principe, aux contacts au plus haut niveau”.Mais il faut d’abord “des résultats” dans les négociations entre Kiev et Moscou, a-t-il tranché, durant son briefing quotidien.Dmitri Peskov a aussi affirmé que le Kremlin enverrait à Istanbul une délégation qui sera “prête” pour de nouveaux pourparlers lundi avec l’Ukraine, qui n’a toutefois pas encore formellement confirmé sa participation.- Cessez-le-feu -Kiev veut que le Kremlin lui envoie d’abord un “mémorandum” qu’il a dit avoir préparé et qui doit exposer ses conditions pour la paix, des conditions qui selon l’Ukraine risquent d’être “irréalistes”.Dmitri Peskov, questionné à ce sujet, a de nouveau refusé vendredi de transmettre à l’avance ce document et dit que le texte serait discuté “lors du deuxième cycle de négociations”.Le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga, aux côtés de son homologue turc, a affirmé que la transmission de ce document était importante pour que la prochaine réunion soit “substantielle”.L’Ukraine est “intéressée” par la poursuite de ces rencontres avec la Russie, a-t-il dit.Plus tôt, M. Fidan avait assuré que “les deux parties souhaitent un cessez-le-feu”, selon l’agence de presse étatique Anadolu.Il a été reçu à Moscou par Vladimir Poutine cette semaine, et doit rencontrer vendredi le président Volodymyr Zelensky.La Turquie, membre de l’Otan, est parvenue depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 à maintenir de bonnes relations avec les deux pays.- Exigences maximalistes -Le président américain Donald Trump demande une trêve inconditionnelle, mesure que l’Ukraine et les Européens soutiennent.Mais la Russie, qui a envahi son voisin en 2022, a refusé précédemment cette possibilité, estimant notamment qu’elle permettrait à l’armée ukrainienne de reprendre des forces sur le front.Vladimir Poutine affirme qu’un cessez-le-feu est possible après des négociations se concentrant sur les “causes profondes” de la guerre, une référence à une série de demandes maximalistes du Kremlin.La Russie exige notamment que l’Ukraine renonce à jamais à rejoindre l’Otan et lui cède les cinq régions dont elle revendique l’annexion.Ces conditions sont inacceptables pour Kiev, qui assure par ailleurs que le Kremlin ne veut ni paix ni trêve.L’armée russe a l’avantage sur le front et a revendiqué vendredi la prise de deux villages dans la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine.- Frustration et critiques -Pire conflit armé en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, l’invasion russe de l’Ukraine a débuté en février 2022 et a déjà fait des dizaines, voire des centaines de milliers de morts.Donald Trump, qui s’est rapproché de la Russie, a exprimé sa frustration envers Moscou ces derniers jours, estimant notamment que Vladimir Poutine joue “avec le feu”.Mais il a aussi critiqué Volodymyr Zelensky, à qui il reproche de traîner des pieds pour trouver un accord.Au Conseil de Sécurité de l’ONU, l’ambassadeur américain intérimaire adjoint, John Kelley, a lui prévenu jeudi que “les États-Unis devront envisager de se retirer de leurs efforts de négociation” si Moscou décide de “poursuivre cette guerre catastrophique”. L’Ukraine exhorte ses alliés occidentaux, et surtout Washington, à prendre de nouvelles sanctions contre Moscou.Depuis Singapour, le président français Emmanuel Macron a lui affirmé vendredi que la décision ou non de sanctionner la Russie, si elle refuse un cessez-le-feu en Ukraine, était un “test de crédibilité” pour Washington.

Pour Trump, des “juges gauchistes” sapent son offensive douanière

 Le président Donald Trump a conspué jeudi la décision d’un tribunal qui a suspendu en première instance une grande part des droits de douane qu’il a imposés ces derniers mois, et espéré pouvoir continuer à agir sans dépendre des parlementaires. Mercredi, le tribunal de commerce international des Etats-Unis (ITC) avait estimé que M. Trump avait outrepassé ses pouvoirs en imposant des surtaxes non ciblées, alors qu’il s’agit d’une prérogative du Congrès.Saisis par des petites entreprises et une coalition d’Etats américains, les magistrats donnaient dix jours à son gouvernement pour revenir en arrière. Cette décision concernait tant les droits de douane imposés au Canada, au Mexique et à la Chine, que la surtaxe de 10% imposée à quasiment tous les produits importés, quelle que soit leur origine, début avril.Mais moins de 24 heures plus tard, une Cour d’appel a suspendu la décision de première instance, le temps de se prononcer sur le fond.Concernant la Chine, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a estimé jeudi que les négociations commerciales bilatérales étaient “un peu dans l’impasse” et a suggéré que le président américain et son homologue chinois pourraient y prendre part.”Je dirais qu’elles sont un peu dans l’impasse”, a déclaré M. Bessent à la chaîne Fox News, qui l’a interrogé sur les négociations commerciales en cours avec la Chine.”Je pense que nous aurons d’autres discussions avec eux dans les prochaines semaines, et je pense qu’il pourrait, à un moment donné, y avoir un appel entre le président (Donald Trump, ndlr) et le président (…) Xi” Jinping, a-t-il ajouté.Interrogé vendredi sur ces propos lors d’un point de presse habituel, Lin Jian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a indiqué que la Chine “a déjà clairement exprimé sa position sur les droits de douane à de nombreuses reprises”. “Pour toute question spécifique, je vous suggère de vous adresser aux autorités chinoises compétentes”, a-t-il souligné.Les deux puissances mondiales sont convenues en mai de suspendre pendant 90 jours les droits de douane qu’elles s’imposaient mutuellement, une désescalade surprise en pleine guerre commerciale obtenue au terme de pourparlers à Genève.A Washington, un autre tribunal a estimé que les surtaxes visant le Canada, le Mexique et la Chine étaient “illégales” et ne pouvaient être collectées, assortissant sa décision d’un sursis le temps d’un éventuel appel.Conscient que son répit n’est que temporaire, le président américain a lancé un réquisitoire jeudi soir sur sa plateforme Truth Social.Il a dénoncé une décision de justice “horrible” et “tellement politique” à l’initiative selon lui de “juges gauchistes”.Il a aussi dit espérer que la Cour suprême revienne “rapidement et clairement” sur cette décision.- “Pouvoir présidentiel” -Selon ce jugement, s’est-il ému, “je devrais obtenir l’aval du Congrès pour ces droits de douane. En d’autres termes, des centaines de politiciens devraient siéger à Washington pendant des semaines, voire des mois pour décider ce que nous devons faire payer aux pays qui nous traitent injustement”.”Si elle était maintenue, cette décision détruirait complètement le pouvoir présidentiel – la présidence ne serait plus jamais la même!”, a-t-il encore déploré. Donald Trump s’est aussi agacé de voir la décision de première instance accueillie avec soulagement en dehors des Etats-Unis.Après la décision de l’ITC, la Chine avait pressé Washington d'”annuler totalement les droits de douane unilatéraux injustifiés”, par la voix d’une porte-parole du ministère du Commerce.Le Premier ministre canadien Mark Carney avait lui salué la suspension de ce qu’il considère être des droits de douane “illégaux et injustifiés”.Mais, avait-il ajouté, “nous estimons que notre relation commerciale avec les Etats-Unis est toujours profondément menacée” par les droits de douane non couverts par les récentes décisions de justice – sur l’acier et l’aluminium ainsi que le secteur automobile. – “Inconstitutionnelle” -Dans le détail, les juges de première instance considéraient que le président ne pouvait invoquer la loi d’urgence économique de 1977 (IEEPA) pour instituer par décret “une surtaxe illimitée sur les produits provenant de quasiment tous les pays”, selon la décision que les journalistes de l’AFP ont pu consulter.Pour ces magistrats, les décrets adoptés “outrepassent les pouvoirs accordés au président”, ce texte lui permettant seulement “de prendre les sanctions économiques nécessaires en cas d’urgence pour combattre une menace +extraordinaire et inhabituelle+”.Toute interprétation qui lui délègue “une autorité illimitée sur les droits de douane est inconstitutionnelle”, avaient souligné les juges.Dans une opinion écrite accompagnant la décision, l’un des juges avait estimé que cela “constituerait un renoncement du pouvoir législatif au bénéfice d’une autre branche du gouvernement”, ce qui est contraire à la Constitution américaine.Le tribunal se prononçait à la suite de deux plaintes, déposées l’une par une alliance de 12 Etats américains dont l’Arizona, l’Oregon, New York et le Minnesota, l’autre par un groupe d’entreprises américaines, qui reprochaient à Donald Trump de s’arroger des pouvoirs appartenant au Congrès.

Pour Trump, des “juges gauchistes” sapent son offensive douanière

 Le président Donald Trump a conspué jeudi la décision d’un tribunal qui a suspendu en première instance une grande part des droits de douane qu’il a imposés ces derniers mois, et espéré pouvoir continuer à agir sans dépendre des parlementaires. Mercredi, le tribunal de commerce international des Etats-Unis (ITC) avait estimé que M. Trump avait outrepassé ses pouvoirs en imposant des surtaxes non ciblées, alors qu’il s’agit d’une prérogative du Congrès.Saisis par des petites entreprises et une coalition d’Etats américains, les magistrats donnaient dix jours à son gouvernement pour revenir en arrière. Cette décision concernait tant les droits de douane imposés au Canada, au Mexique et à la Chine, que la surtaxe de 10% imposée à quasiment tous les produits importés, quelle que soit leur origine, début avril.Mais moins de 24 heures plus tard, une Cour d’appel a suspendu la décision de première instance, le temps de se prononcer sur le fond.Concernant la Chine, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a estimé jeudi que les négociations commerciales bilatérales étaient “un peu dans l’impasse” et a suggéré que le président américain et son homologue chinois pourraient y prendre part.”Je dirais qu’elles sont un peu dans l’impasse”, a déclaré M. Bessent à la chaîne Fox News, qui l’a interrogé sur les négociations commerciales en cours avec la Chine.”Je pense que nous aurons d’autres discussions avec eux dans les prochaines semaines, et je pense qu’il pourrait, à un moment donné, y avoir un appel entre le président (Donald Trump, ndlr) et le président (…) Xi” Jinping, a-t-il ajouté.Interrogé vendredi sur ces propos lors d’un point de presse habituel, Lin Jian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a indiqué que la Chine “a déjà clairement exprimé sa position sur les droits de douane à de nombreuses reprises”. “Pour toute question spécifique, je vous suggère de vous adresser aux autorités chinoises compétentes”, a-t-il souligné.Les deux puissances mondiales sont convenues en mai de suspendre pendant 90 jours les droits de douane qu’elles s’imposaient mutuellement, une désescalade surprise en pleine guerre commerciale obtenue au terme de pourparlers à Genève.A Washington, un autre tribunal a estimé que les surtaxes visant le Canada, le Mexique et la Chine étaient “illégales” et ne pouvaient être collectées, assortissant sa décision d’un sursis le temps d’un éventuel appel.Conscient que son répit n’est que temporaire, le président américain a lancé un réquisitoire jeudi soir sur sa plateforme Truth Social.Il a dénoncé une décision de justice “horrible” et “tellement politique” à l’initiative selon lui de “juges gauchistes”.Il a aussi dit espérer que la Cour suprême revienne “rapidement et clairement” sur cette décision.- “Pouvoir présidentiel” -Selon ce jugement, s’est-il ému, “je devrais obtenir l’aval du Congrès pour ces droits de douane. En d’autres termes, des centaines de politiciens devraient siéger à Washington pendant des semaines, voire des mois pour décider ce que nous devons faire payer aux pays qui nous traitent injustement”.”Si elle était maintenue, cette décision détruirait complètement le pouvoir présidentiel – la présidence ne serait plus jamais la même!”, a-t-il encore déploré. Donald Trump s’est aussi agacé de voir la décision de première instance accueillie avec soulagement en dehors des Etats-Unis.Après la décision de l’ITC, la Chine avait pressé Washington d'”annuler totalement les droits de douane unilatéraux injustifiés”, par la voix d’une porte-parole du ministère du Commerce.Le Premier ministre canadien Mark Carney avait lui salué la suspension de ce qu’il considère être des droits de douane “illégaux et injustifiés”.Mais, avait-il ajouté, “nous estimons que notre relation commerciale avec les Etats-Unis est toujours profondément menacée” par les droits de douane non couverts par les récentes décisions de justice – sur l’acier et l’aluminium ainsi que le secteur automobile. – “Inconstitutionnelle” -Dans le détail, les juges de première instance considéraient que le président ne pouvait invoquer la loi d’urgence économique de 1977 (IEEPA) pour instituer par décret “une surtaxe illimitée sur les produits provenant de quasiment tous les pays”, selon la décision que les journalistes de l’AFP ont pu consulter.Pour ces magistrats, les décrets adoptés “outrepassent les pouvoirs accordés au président”, ce texte lui permettant seulement “de prendre les sanctions économiques nécessaires en cas d’urgence pour combattre une menace +extraordinaire et inhabituelle+”.Toute interprétation qui lui délègue “une autorité illimitée sur les droits de douane est inconstitutionnelle”, avaient souligné les juges.Dans une opinion écrite accompagnant la décision, l’un des juges avait estimé que cela “constituerait un renoncement du pouvoir législatif au bénéfice d’une autre branche du gouvernement”, ce qui est contraire à la Constitution américaine.Le tribunal se prononçait à la suite de deux plaintes, déposées l’une par une alliance de 12 Etats américains dont l’Arizona, l’Oregon, New York et le Minnesota, l’autre par un groupe d’entreprises américaines, qui reprochaient à Donald Trump de s’arroger des pouvoirs appartenant au Congrès.