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Macron va tracer son ultime feuille de route avec ses voeux pour 2026

Régulation des réseaux sociaux, retour du service national, législation sur la fin de vie: Emmanuel Macron, très affaibli à seize mois de la présidentielle, va tenter durant ses voeux mercredi soir de retrouver un peu de souffle pour lancer les derniers chantiers de son double quinquennat.”Mes chers compatriotes” : comme chaque 31 décembre, à 20H00, le président va tracer sa feuille de route pour l’année à venir, les défis à relever et les raisons selon lui d’espérer malgré l’instabilité politique et le contexte international.Une allocution d'”une dizaine de minutes”, sa neuvième et avant-dernière du Nouvel-an, sur laquelle il travaillait encore mardi et qu’il pourrait amender jusqu’au dernier moment, selon son entourage.63% des Français ont l’intention de ne pas regarder les voeux et la cote de confiance présidentielle (25%) est au plus bas depuis 2017, selon le dernier baromètre Toluna/Harris Interactive pour LCI.Le cadre est d’ores et déjà fixé, avec le défi que constitue la guerre en Ukraine, qui entrera en février dans sa cinquième année et constituera la pierre angulaire de son intervention.De même que le message de fond: Emmanuel Macron “aura à cœur de montrer qu’il fera tout pour que 2026 soit une année d’action, une année utile”, souligne son entourage.Et, “sans tomber dans un optimisme béat”, l’objectif est aussi de “lutter un peu contre l’atmosphère qui est  propice au +french bashing+ (dénigrement de la France, ndlr), qui est souvent d’ailleurs alimenté par d’autoproclamés patriotes”, ajoute-t-on en direction de l’extrême droite.- “Non à l’immobilisme” -Mardi, le chef de l’Etat s’est fendu d’un clip d’une minute sur ses réseaux sociaux chantant les “joies et peines, réussites et défis” mais aussi les “espoirs” de l’année écoulée, de la réouverture des tours de Notre-Dame aux deux prix Nobel français.”La France, durant ces mois, a continué d’avancer malgré un contexte difficile”, assure son entourage. De la même manière, 2026 sera “tout l’inverse de l’immobilisme”, promet-on, à rebours de l’ex-Premier ministre Edouard Philippe qui estime que “l’Etat n’est plus tenu” et a appelé à une présidentielle anticipée.Les marges de manoeuvres d’Emmanuel Macron sont faibles dans un pays sans majorité, où chaque vote à l’Assemblée confine au défi et où le budget pour 2026 est toujours dans les limbes, faute de compromis entre gouvernement et socialistes.Trois priorités sur la scène intérieure seront esquissées pendant les voeux: l’instauration d’un service militaire, la régulation des réseaux sociaux, et une loi sur la fin de vie.Emmanuel Macron entend réintroduire le service national, plutôt bien accueilli dans l’opinion, sous une forme volontaire.Après une série de tables rondes à travers la France, il évoquera aussi les réseaux sociaux avant des annonces, “a priori en janvier”, sur leur régulation auprès des jeunes. Un sujet non sans risque. “Quelle que soit la question, majorité numérique à 15 ans etc.., je ne sais pas de quel côté la pièce retombera. Il peut y avoir beaucoup d’opportunisme”, souligne un ancien ministre.Les textes sur la fin de vie seront examinés quant à eux à partir du 20 janvier au Sénat, avant de passer à l’Assemblée. Les débats s’annoncent compliqués, notamment au Sénat, ou le groupe Les Républicains, première force de cette hémicycle, est très réservé sur la création d’une aide à mourir.

Guinée: sacre sans surprise du putschiste Mamadi Doumbouya, élu président

Le chef de la junte en Guinée, le général Mamadi Doumbouya a été largement élu mardi soir à la présidentielle, un sacre sans suspense pour ce scrutin dont ont été écartés les ténors de l’opposition en exil dans un contexte de rétrécissement des libertés.Quelque 6,8 millions de Guinéens étaient appelés à élire dimanche leur prochain …

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Mamadi Doumbouya, le putschiste qui assoit son pouvoir sur la Guinée

Légionnaire, putschiste et désormais président élu: Mamadi Doumbouya a largement remporté mardi soir la présidentielle en Guinée qu’il dirige d’une main de fer depuis un coup d’État en 2021, consacrant son pouvoir par une élection sans opposants d’envergure.Sans surprise, le chef de la junte a gagné cette élection taillée pour lui avec un score fleuve de …

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Le Bangladesh rend un dernier hommage à l’ex-Première ministre Khaleda Zia

Une foule immense est attendue mercredi à Dacca pour assister aux funérailles nationales de Khaleda Zia, l’ancienne Première ministre du Bangladesh, décédée la veille à 80 ans après avoir dominé la vie politique du pays pendant quarante ans.Malgré sa santé défaillante, Mme Zia, Première ministre à trois reprises, avait annoncé son intention de mener la campagne du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) pour les premières législatives depuis le soulèvement populaire de l’été 2024 et de briguer un siège au Parlement.Khaleda Zia avait été propulsée à la tête du BNP après l’assassinat de son mari Ziaur Rahman pendant le coup d’Etat militaire de 1981. Son fils, Tarique Rahman, le président par intérim du BNP, est rentré au Bangladesh le 25 décembre pour conduire la campagne électorale, après 17 ans d’un exil volontaire au Royaume‑Uni. A 60 ans, il est pressenti pour prendre la tête du gouvernement en cas de victoire de son parti, donné favori pour le scrutin du 12 février 2026.Le chef du gouvernement provisoire et prix Nobel de la paix Muhammad Yunus a décrété trois jours de deuil national pour Mme Zia, figure incontournable de la vie politique de son pays et première femme à le diriger.Les funérailles nationales commenceront vers 14H00 (08H00 GMT) par une prière collective devant le Parlement à Dacca.L’ex-cheffe du gouvernement de ce pays de 170 millions d’habitants sera ensuite inhumée aux côtés de son mari. Le pays “a perdu une grande protectrice”, a déclaré  dans un communiqué M. Yunus, saluant “son leadership inflexible” qui a, “à plusieurs reprises, libéré la nation de conditions antidémocratiques et inspiré le peuple à viser la liberté”.- Une “résilience indestructible” -Les drapeaux seront mis en berne dans tout le pays et un important déploiement des forces de sécurité est attendu dans la capitale. “Le pays pleure la perte d’une figure tutélaire qui a façonné ses aspirations démocratiques”, a déclaré son fils dans un communiqué. Il a dit pleurer également la perte de “l’amour infini” de sa mère, qui “a enduré des arrestations à répétition, le refus de soins médicaux et une persécution incessante”. “Et pourtant, dans la douleur, la détention et l’incertitude, elle n’a jamais cessé de protéger sa famille avec courage et compassion. Sa résilience… était indestructible”. Gravement malade, elle avait été admise fin novembre dans le service de soins intensifs d’un établissement privé de Dacca pour une infection pulmonaire.Son médecin avait fait savoir début décembre qu’elle devait être transférée au Royaume-Uni.Mme Zia était “une dirigeante intransigeante au service de tout le peuple”, a déclaré l’activiste A.B.M. Abdul Fattah, qui était parmi les personnes rassemblées mardi devant l’hôpital de Dacca où l’ancienne dirigeante est décédée. “Elle a toujours voulu restaurer la démocratie en restant dans ce pays et en protégeant la population”, a-t-il confié à l’AFP.- “Une source d’inspiration” -“Mme Zia a été une source d’inspiration”, a affirmé à l’AFP Sharmina Siraj, une femme au foyer de 40 ans. Cette mère de deux enfants a estimé que le système de bourses mis en place par l’ex-dirigeante pour soutenir l’éducation des femmes “a eu un énorme impact sur la vie de nos filles. Pour moi, c’est sa plus grande contribution”.Sa santé était fragile depuis son incarcération pour corruption en 2018, sous le règne de sa grande rivale Sheikh Hasina qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant 15 ans jusqu’à la chute de son régime en août 2024. Mme Zia avait été libérée quelques mois après.Le Premier ministre indien Narendra Modi a dit espérer que “sa vision et son héritage continueront de guider notre relation”. Des déclarations inattendues dans le contexte des relations très tendues entre ces deux pays voisins. L’Inde était l’un des principaux soutiens de l’ex-Première ministre qui vit, depuis la fin de son règne, en exil sur son territoire .Le ministre indien des Affaires extérieures, Subrahmanyam Jaishankar, se rendra à Dacca pour assister aux funérailles, a indiqué New Delhi. Il s’agit de la visite du plus haut responsable indien depuis le renversement de Mme Hasina. Le ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Mohammad Ishaq Dar, y assistera également, a annoncé le Haut-Commissariat d’Islamabad à Dacca. “Je prie pour la paix éternelle et le pardon de l’âme de Begum Khaleda Zia”, a réagi Mme Hasina dans un message diffusé sur les réseaux sociaux par son parti, la Ligue Awami, désormais illégal.

Le monde dit adieu à 2025, année de la trêve à Gaza et du retour de Trump

Les réveillonneurs du Nouvel An célèbrent mercredi la fin de l’année 2025, marquée par une trêve précaire à Gaza, de vains efforts pour faire cesser la guerre en Ukraine, des investissements colossaux dans l’intelligence artificielle et le retour tonitruant de Donald Trump à la Maison Blanche.Aggravés par le dérèglement climatique généré par les activités humaines, des phénomènes météorologiques extrêmes – feux de forêts en Europe, sécheresse en Afrique et inondations meurtrières en Asie – ont également frappé la planète en 2025, qui est en passe de figurer parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées.Dans l’autoproclamée “capitale mondiale du Nouvel An”, Sydney, les préparatifs des festivités ont été assombris par l’attentat antisémite de mi-décembre sur une plage emblématique de la métropole australienne, qui a fait 15 morts.Une minute de silence sera observée à 23H00 (12H00 GMT) et le célèbre pont du port sera illuminé de blanc, en symbole de paix. Plusieurs centaines de milliers de personnes, encadrées par un dispositif de sécurité renforcé, sont attendues pour assister, à minuit pile, à un gigantesque feu d’artifice.Dès lundi soir, des “vikings” des îles Shetland avec haches et boucliers et des joueurs de cornemuses en kilt ont donné le coup d’envoi des célébrations du Nouvel An écossais à Edimbourg, lors d’une procession aux flambeaux dans la vieille ville médiévale. A Rio de Janeiro au Brésil, la “plus grande célébration du Nouvel An” – dûment reconnue par le Guiness des records – s’annonce grandiose avec 12 minutes de feux d’artifices et 1.200 drones pour illuminer le ciel. Treize scènes ont été installées pour des concerts gratuits dans toute la ville, dont trois sur la célèbre plage de Copacabana où sont attendues 2,5 millions de personnes. – Taxes et trêve -2025 restera comme l’année où les poupées Labubu, mascottes du soft power chinois, ont déferlé sur la planète, où le drapeau pirate du manga One Piece est devenu un symbole de la lutte contre l’oppression sur plusieurs continents, où des joyaux de la Couronne ont été spectaculairement dérobés au musée du Louvre à Paris, en plein jour et huit minutes chrono.Le monde a aussi perdu la primatologue Jane Goodall, figure de la cause environnementale, le prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa, le photographe Sebastiao Salgado – connu pour ses photos des tragédies humaines -, le couturier Giorgio Armani, les acteurs Robert Redford, Claudia Cardinale et Brigitte Bardot.Le Vatican a choisi un nouveau pape, Léon XIV, après la mort de son prédécesseur François.Aux Etats-Unis, le républicain Donald Trump a fait son retour en janvier à la Maison Blanche pour un second mandat, ordonnant une rafale de droits de douanes sur ses partenaires, des expulsions massives d’immigrés en situation irrégulière et le démantèlement de pans entiers de l’Etat fédéral.A Gaza, après deux ans de guerre ayant laissé le territoire palestinien exsangue et en proie à une grave crise humanitaire, les pressions américaines ont permis d’aboutir à un fragile cessez-le-feu entre Israël et le groupe islamiste palestinien Hamas.Déclenchée le 7 octobre 2023 par une attaque du Hamas en territoire israélien ayant entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, selon un bilan établi par l’AFP à partir de chiffres officiels, la guerre a fait plus de 70.000 morts, d’après les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l’ONU.La guerre en Ukraine, déclenchée par l’invasion russe à grande échelle du pays en février 2022, s’achemine elle vers sa quatrième année.- Sports, espace et IA -D’intenses tractations diplomatiques ont laissé espérer une avancée pour stopper le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Après un nouveau cycle de pourparlers avec les émissaires de Trump en décembre, l’Ukraine a déclaré que des “progrès” avaient été accomplis, même si la question des territoires ukrainiens contrôlés par la Russie – qui accentue la pression sur le terrain – demeure un point de blocage.Les douze mois à venir promettent d’être riches en événements sportifs, spatiaux et en débats autour de l’intelligence artificielle.Le Mondial de football, compétition la plus populaire de la planète, va changer de dimension avec 48 équipes, 104 matches et trois pays-hôtes (Etats-Unis, Mexique, Canada). Il s’étalera sur près de six semaines – du 11 juin au 19 juillet – dans 16 stades répartis sur près de 4.000 km. Plus de 50 ans après la dernière mission lunaire du programme Apollo, 2026 pourrait aussi être l’année du retour d’astronautes autour de la Lune.Reportée à plusieurs reprises, la mission américaine Artémis 2, au cours de laquelle des astronautes doivent voyager autour de la Lune sans y atterrir, est maintenant prévue pour le début de l’année, avril au plus tard.Les inquiétudes suscitées par l’IA – alimentées par des exemples de désinformation, des accusations de violation de droits d’auteur, des licenciements massifs, des études sur son lourd impact environnemental – pourraient s’intensifier. Des investisseurs craignent notamment que l’engouement autour de cette technologie ne soit qu’une bulle spéculative.Selon le cabinet américain Gartner, les dépenses mondiales dans l’IA devraient atteindre environ 1.500 milliards de dollars en 2025 et dépasser les 2.000 milliards en 2026.