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Turquie: le simit, vedette des rues et marqueur de la flambée des prix

Le simit court les rues de Turquie aussi sûrement que les chats. Mais le prix de ce petit pain rond en forme d’anneau, parsemé de sésame, est aussi un marqueur implacable de la vertigineuse hausse des prix.Le simit est partout présent en ville dès 7H00 le matin – mais guère plus au delà de midi – vendu dans les petits kiosques rouges ou empilés sur d’immenses plateaux portés sur la tête par les marchands ambulants.A base de levure, farine et eau tiède trempée de mélasse, il se consomme traditionnellement dans la rue, comme petit-déjeuner.Mais avec la crise et l’inflation, de plus en plus de Turcs avouent en faire également leur déjeuner voir leurs seuls repas du jour.”20 livres!” Alp Ata Turkoglu, étudiant de 23 ans qui vient d’acheter le sien s’insurge. “Ca ne va pas… une famille qui ne prendrait que des simits et du thé ne s’en sortirait pas. Comment on va faire en 2026…”En moins de cinq ans, le simit est passé de 3 à 20 livres turques (40 centimes d’euros) et même 25 chez certains vendeurs d’Istanbul, anticipant le relèvement officiel de leur tarif – théoriquement plafonné à 15 livres.Car le prix du simit, mentionné par les visiteurs de l’empire ottoman dès le 16ème siècle, est fixé par le gouvernement de la même façon que le salaire minimum.Or celui-ci sera relevé au 1er janvier de 27%, soit sous l’inflation officielle qui s’établissait en novembre à 31% sur un an: le salaire minimum atteindra ainsi  28.075 livres turques (tl), soit environ 556 euros. “Pour moi, toutes les hausses de prix sont immorales”, avance Davut Aydogan, 52 ans, vendeur de simits à Karakoy, sur la rive européenne du Bosphore. “Dès que vous voulez manger quelque chose ça vous coûte 600, 700 tl. Alors que font les gens? ils achètent trois simits, un thé et ils se nourrissent comme ça. Mes ventes ne baissent pas, d’ailleurs. Parce que, comme on dit, le simit c’est le secours du pauvre, tout ce qu’il lui reste”.Avec malice, le quotidien de gauche Bir Gün a rappelé les propos de Recep Tayyip Erdogan, quand le président turc n’était encore que candidat à la mairie d’Istanbul, en 1993.Critiquant la politique du gouvernement d’alors, l’opposant Erdogan avait calculé que “si une famille de cinq personnes ne consommait que des simits et du thé trois fois par jour, ses dépenses mensuelles dépasseraient le salaire minimum”.- “Qui paiera les factures” -“Qui paiera la facture d’électricité, la facture d’eau ? la scolarité des enfants ?” demandait-il en dénonçant un “gouvernement cruel”.Le journal a donc effectué le même calcul à trente-deux ans de distance et conclu qu’une même famille de cinq nourrie de simits et de thé – 25 tl chacun – à chaque repas, dépenserait 22.500 tl par mois.”Au niveau du salaire minimum, cette famille serait incapable de couvrir les dépenses mentionnées par Erdogan avec les 4.104″ livres restantes.L’éducation (+65,7% sur un an en novembre), le logement (+51%) et l’alimentation (34,9%) sont les postes qui ont le plus augmenté ces dernières années.Can Deneri, chômeur de 27 ans, a fait le calcul: “Avec 30.000 tl de loyer, même en ne prenant que des simits et du thé, on n’y arrive à peine. On finit tous les mois dans le rouge”.Pour le président de la principale centrale syndicale du pays Turk-Is, Ergun Atalay, le niveau du salaire minimum est “inacceptable”.En 2024, le salaire minimum concernait près de 11,2  millions de travailleurs turcs, selon une étude basée sur les données d’Eurostat, soit le pays du continent européen où cette proportion est la plus élevée.Le ministre du Travail, Vedat Isikhan, a défendu cette hausse contenue en stigmatisant le “populisme” de l’opposition.L’inflation annuelle qui dépassait les 75% en mai 2024 a été ramenée ces  derniers mois à son plus bas niveau depuis 2021.Le vice-président Cevdet Yılmaz a promis qu’elle passerait “sous la barre des 20% d’ici la fin (2026) pour revenir à une inflation à un chiffre en 2027”.

Zelensky en Floride pour plaider la cause de l’Ukraine auprès de Trump

Volodymyr Zelensky rencontre Donald Trump dimanche en Floride pour plaider la cause de l’Ukraine et tenter de décrocher l’accord du président américain sur la dernière version du plan de paix visant à mettre fin à près de quatre ans de guerre avec la Russie.Le chef d’Etat ukrainien, qui arrive avec ses dernières propositions sur la difficile question des territoires, n’aura “rien tant que je ne donne pas mon accord”, avait déclaré le président américain au site internet Politico vendredi, plantant le décor.Donald Trump s’était néanmoins montré confiant. “Je pense que ça se passera bien avec lui. Je pense que ça se passera bien avec (le président russe Vladimir) Poutine”, avec lequel il prévoit de s’entretenir “bientôt”.Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré à l’agence de presse d’État TASS que Moscou poursuivrait son “engagement auprès des négociateurs américains afin d’élaborer des accords durables qui s’attaquent aux causes profondes du conflit”, tout en critiquant les Européens.”Après le changement d’administration aux États-Unis, l’Europe et l’Union européenne sont devenues le principal obstacle à la paix”, a-t-il estimé, ajoutant que les Européens “ne cachent pas leurs intentions de préparer une guerre contre la Russie”. Pour M. Lavrov, “l’ambition des dirigeants européens les aveugle littéralement : non seulement ils se désintéressent des Ukrainiens, mais ils semblent également se désintéresser de leur propre population”.Le président ukrainien a lui espéré, samedi lors d’une escale au Canada, que la rencontre avec son homologue américain soit “très constructive”, et s’est entretenu au préalable avec ses alliés européens. Ces derniers l’ont assuré de leur “plein soutien”, selon le chancelier allemand Friedrich Merz. Au Canada, M. Zelensky a obtenu une nouvelle aide économique de 2,5 milliards de dollars canadiens (1,5 milliard d’euros) de son homologue Mark Carney.Donald Trump recevra Volodymyr Zelensky à 13H00 (18H00 GMT) à Mar-a-Lago.Cette résidence privée de Palm Beach, où le républicain de 79 ans passe les fêtes, est devenue une sorte d’annexe de la Maison Blanche. Il doit y recevoir lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.”Tout le monde vient”, s’était réjoui vendredi le maître des lieux, toujours cité par Politico.- Nouvelle mouture -La dernière rencontre entre les dirigeants américain et ukrainien en octobre, quand Volodymyr Zelensky avait demandé en vain des missiles Tomahawk, n’avait pas été particulièrement chaleureuse.Le sommet en Floride suit de peu la présentation par le président ukrainien d’une nouvelle version du plan américain visant à mettre fin à la guerre, remanié après des pourparlers avec l’Ukraine, au grand dam de Moscou.Après une première version qui reprenait de nombreuses revendications russes, le Kremlin juge qu’avec cette dernière mouture Kiev cherche à “torpiller” les pourparlers.Accroissant la pression sur le terrain, la Russie a annoncé samedi avoir conquis deux nouvelles villes dans l’est de l’Ukraine, Myrnograd et Guliaipole. “Si les autorités de Kiev ne souhaitent pas régler ce différend pacifiquement, nous réglerons tous les problèmes qui se présentent à nous par la force”, a lancé samedi le président russe Vladimir Poutine. Le dirigeant russe a ajouté que “les dirigeants du régime de Kiev ne sont pas pressés de résoudre ce conflit pacifiquement”. “J’en avais déjà parlé il y a un an lors d’un discours au ministère des Affaires étrangères”, a-t-il rappelé.A la veille de cette rencontre en Floride, Moscou a envoyé des centaines de drones et des dizaines de missiles bombarder Kiev et sa région, tuant deux personnes et laissant plus d’un million de foyers sans électricité.Le courant a depuis été rétabli “dans tous les foyers de la capitale”, a précisé dimanche DTEK, le plus important investisseur privé du secteur énergétique ukrainien. Une attaque qui illustre “la réponse de la Russie à nos efforts de paix”, a estimé samedi Volodymyr Zelensky.L’administration militaire de Kherson, ville située au sud de Kiev, a indiqué que la Russie avait lancé une attaque dans la nuit, privant une partie de la ville d’électricité.Donald Trump ne cache plus son agacement face à l’étirement des négociations. Il “est extrêmement frustré par les deux camps”, avait déclaré le 11 décembre sa porte-parole Karoline Leavitt. – Donbass -Le 19 décembre, le dirigeant américain avait pressé l’Ukraine de “bouger”. Volodymyr Zelensky le convaincra-t-il d’adresser le même genre de message à Moscou, alors que la dernière version du plan paraît inacceptable pour les Russes ?Le document en 20 points propose de geler les positions sur le front sans répondre à la demande russe d’un retrait des forces ukrainiennes des quelque 20% de la région orientale de Donetsk qu’elles contrôlent encore.Et le nouveau texte ne comprend plus aucune obligation juridique de non-adhésion à l’Otan pour l’Ukraine, une autre requête capitale du Kremlin.Outre le sort du Donbass, cette région de l’est de l’Ukraine que Moscou revendique, et celui de la centrale nucléaire de Zaporijjia occupée par les soldats russes, dans le sud, les deux dirigeants devraient évoquer les garanties de sécurité que les Occidentaux pourraient fournir dans le cadre d’un éventuel accord de paix.Ces “garanties de sécurité doivent arriver en même temps que la fin de la guerre,” a insisté Volodymyr Zelensky samedi.Le président américain a laissé entendre que selon lui, l’Ukraine avait intérêt à figer la ligne de front face à de futures avancées russes qu’il juge inévitables.”La Russie a l’avantage. Et elle l’a toujours eu”, a-t-il lancé le 8 décembre.Mais la paix devra préserver la “souveraineté” et “l’intégrité territoriale” de l’Ukraine a souligné samedi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après un entretien téléphonique avec M. Zelensky.

Les Birmans ont voté pour des élections contestées

La première phase des élections législatives organisées par la junte birmane, largement restreintes et critiquées à l’international, s’est achevée dimanche, près de cinq ans après un coup d’État militaire qui a plongé le pays dans une guerre civile.L’élection est “libre et équitable”, a assuré le chef de la junte, Min Aung Hlaing, après avoir voté de bonne heure dans la capitale administrative, Naypyidaw. “Elle est organisée par l’armée, nous ne pouvons pas laisser ternir notre nom.”L’ancienne dirigeante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi est pourtant toujours emprisonnée et son parti a été dissous après le coup d’État de février 2021, qui a refermé la parenthèse démocratique dans le pays.De nombreux pays occidentaux et défenseurs des droits humains ont condamné ce scrutin, échelonné sur un mois, dénonçant notamment la répression de tout semblant d’opposition. “Il est essentiel que l’avenir de la Birmanie soit déterminé par un processus libre, équitable, inclusif et crédible, qui reflète la volonté de son peuple”, a commenté dans un communiqué le bureau birman de l’ONU.Le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (USDP), favorable aux militaires, devrait arriver largement en tête, ce que les critiques considèrent comme un moyen détourné de pérenniser le régime militaire.- “De mon plein gré” -Peuplée d’environ 50 millions d’habitants, la Birmanie est déchirée par une guerre civile et les élections ne se tiennent pas dans les larges zones tenues par les rebelles.”Cette élection ne changera pas la situation politique du pays”, a estimé Hman Thit, 23 ans, depuis l’une de ces zones, dans l’État Shan. “Les frappes aériennes et les atrocités continueront”.La première des trois phases du scrutin a tout de même débuté dimanche à 06H00 (23H30 GMT samedi), notamment à Rangoun, Mandalay et Naypyidaw, des villes aux mains du pouvoir.Elle s’est refermée dix heures plus tard et le décompte des votes a immédiatement démarré.”L’élection est très importante et apportera le meilleur au pays”, a dit à l’AFP Bo Saw, le premier électeur à se présenter à l’aube dans un bureau du quartier de Kamayut à Rangoun, près de la maison d’Aung San Suu Kyi.Dans le canton de Zabuthiri, près de la capitale, Thida Hlaing, une femme au foyer de 56 ans, a fait la queue en matinée avec trois membres de sa famille pour “accomplir (son) devoir” de citoyenne.”Je suis venue de mon plein gré”, a-t-elle racontée, fière de montrer son auriculaire taché d’encre, avec lequel elle a apposé son empreinte au moment de voter. “Ce que je veux, c’est un pays pacifique et stable”.- Prison -L’armée dirige la Birmanie depuis son indépendance en 1948, en dehors d’un interlude démocratique entre 2011 et 2021, qui avait suscité une vague de réformes et d’optimisme pour l’avenir du pays d’Asie du Sud-Est.Mais quand la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi a largement devancé les candidats proches des militaires aux élections de 2020, le général Min Aung Hlaing s’est emparé du pouvoir, invoquant une fraude électorale généralisée.Âgée de 80 ans, Aung San Suu Kyi purge une peine de 27 ans de prison pour plusieurs condamnations allant de la corruption à la violation de règles anti-Covid.”Je ne pense pas qu’elle considérerait ces élections comme significatives, pas du tout”, a déclaré son fils, Kim Aris, depuis la Grande-Bretagne. Selon le Réseau asiatique pour des élections libres, 90% des sièges avaient été remportés en 2020 par des partis qui ne figurent pas cette fois sur les bulletins après avoir été dissous par l’armée.La deuxième phase du scrutin doit avoir lieu dans deux semaines, avant une troisième et dernière le 25 janvier.

La fin d’un mythe: Brigitte Bardot est décédée

Star planétaire, icône féminine du cinéma puis pasionaria de la cause animale coutumière des sorties polémiques : Brigitte Bardot est décédée à l’âge de 91 ans, longtemps après avoir tiré un trait sur la célébrité et le monde du 7e art.”La Fondation Brigitte Bardot annonce avec une immense tristesse, le décès de sa fondatrice et présidente, Madame Brigitte Bardot, actrice et chanteuse mondialement reconnue, qui a choisi d’abandonner sa carrière prestigieuse pour dédier sa vie et son énergie à la défense des animaux et à sa Fondation”, indique-t-elle dans un communiqué transmis à l’AFP. L’actrice de “Et Dieu… créa la femme” et du “Mépris” est décédée dimanche matin dans sa célèbre résidence de La Madrague à Saint-Tropez, a précisé la fondation à l’AFP.Hospitalisée courant octobre à Toulon (Var) pour une opération chirurgicale dont la nature n’avait pas été précisée, elle était rentrée se reposer chez elle à Saint-Tropez. Après des informations de presse faisant état d’une nouvelle hospitalisation fin novembre, elle avait tenu à rassurer sur son état de santé. Et invité “tout le monde à se calmer”.Celle que l’on surnommait par ses initiales, B.B., avait tourné le dos au monde du cinéma il y a plus de cinquante ans, laissant derrière elle une cinquantaine de films et deux scènes entrées dans la légende: un mambo enfiévré dans un restaurant de Saint-Tropez (“Et Dieu… créa la femme”, 1956) et un monologue où elle énumérait, nue, les différentes parties de son corps, en ouverture du “Mépris” (1963).Mondialement connue, elle a façonné la légende de Saint-Tropez et de Buzios au Brésil, a imposé un style vestimentaire composé de ballerines, de marinières et d’imprimés vichy et popularisé l’image d’une femme libre “qui n’a besoin de personne”, comme elle l’a chanté pour Serge Gainsbourg.Elle fut une sorte de Marilyn Monroe à la française, comme elle blonde, à la beauté explosive et à la vie privée tumultueuse, poursuivie par les paparazzi.- “Même quand ça dérange” -Après un dernier film en 1973, elle avait quitté les plateaux pour attirer la lumière sur le combat de sa vie, celui de la défense des animaux, en créant notamment la fondation Brigitte Bardot en 1986.Ces dernières années, l’ancienne actrice se distinguait surtout pour ses prises de positions politiques et ses propos acerbes sur l’immigration, le féminisme, les chasseurs… dont certains lui ont valu des condamnations pour injure raciale. “La liberté, c’est d’être soi, même quand ça dérange”, proclamait-elle en exergue d’un livre intitulé “Mon BBcédaire”, écrit de sa main et sorti début octobre chez Fayard.Elle y jugeait aussi que la France était “devenue terne, triste, soumise, malade, abîmée, ravagée, ordinaire, vulgaire…”. La droite est le “seul remède urgentissime à l’agonie de la France”, ajoutait celle qui a revendiqué sa proximité avec les idées de Marine Le Pen (Rassemblement national, RN).Ces dernières années, Brigitte Bardot vivait dans le sud de la France, entre La Madrague et une seconde maison cachée dans la verdure, La Garrigue, abritant des animaux et une chapelle privée.Dans une interview accordée en mai à BFMTV, elle confiait avoir envie “de la paix, de la nature”.”Maintenant je vis comme une fermière avec mes moutons, mes chèvres, mes cochons, mon petit âne et ma ponette, tous mes chiens, mes chats”, déclarait l’ancienne idole planétaire.

Plop ! Au Vietnam, la mode du pickleball rend les riverains fous

Une balle et une raquette rigides et des millions de pratiquants: au Vietnam, où la mode du pickleball se répand à la vitesse d’un smash, le bruit provoqué par ce sport loisir use les nerfs des riverains et préoccupe les autorités sanitaires.En plein essor aussi en Amérique du Nord, le pickleball ou tennis léger s’est répandu comme une traînée de poudre depuis deux ans au Vietnam, avec pas moins de 16 millions de pratiquants selon la fédération PPA Tour Asia.A mi-chemin entre le tennis, le ping-pong et le badminton, la discipline, imaginée au départ pour les enfants, offre convivialité et simplicité de pratique.Seul défaut: chaque rebond de la balle de plastique dur sur la raquette produit un “plop” sonore, comparable à celui d’une bouteille de champagne que l’on débouche.”Ca me rend folle”, témoigne Hoa Nguyen, 44 ans, qui habite près d’un complexe de plusieurs courts dans la banlieue nord de Hanoï.Une nuisance accrue par le fait que les milliers de courts aménagés depuis deux ans à travers le pays l’ont le plus souvent été au pied de tours d’immeubles, où le son et les vivats des spectateurs résonnent à l’infini.”Les gens jouent jusqu’au milieu de la nuit. Impossible de dormir, ca fait plop-plop-plop sans arrêt”, ajoute Mme Nguyen, qui dit avoir déposé plusieurs fois plainte, en vain.Le phénomène a pris de telles proportions que le pickleball est selon l’application officielle iHanoi devenu la première cause de plaintes pour bruit dans la capitale vietnamienne, devant les klaxons.- “Danger” sanitaire -La pression monte pour que les autorités fassent au minimum appliquer la loi contre les nuisances nocturnes. Les médias d’Etat eux-mêmes se sont emparés du sujet, évoquant un “danger” sanitaire.”Le bruit constant des balles n’est pas seulement gênant, il provoque également du stress, perturbe le sommeil et augmente les risques cardiovasculaires”, souligne ainsi le média VTC sur son site, ajoutant que “les gens sont hantés par le bruit des plop”.Avec à terme des risques pour la performance économique du pays.”Avec le bruit de ces balles, je n’arrive pas à me concentrer. Mon esprit est vide”, déplore Duong, un lycéen de Hanoï âgé de 16 ans, inquiet pour son avenir professionnel.Gérante d’un dortoir pour ouvriers à Ho Chi Minh-Ville, mégapole qui compte pas moins de 1.000 courts, Lam Thanh, 50 ans, fait déjà les comptes.”Beaucoup de locataires sont partis car ils ne supportaient plus le bruit”, s’inquiète-t-elle. “Le bruit des raquettes, les exclamations, les cris, les plaisanteries, ça nous épuise.”Pham Duc Trung, 37 ans, entraîneur de pickleball à Hanoï, fait valoir que cette discipline est un loisir populaire par excellence.”La raquette est légère, la balle est légère, tout le monde peut y jouer, les adultes comme les enfants”, souligne-t-il. Et même, “le bruit de la balle sur la raquette est plutôt agréable”, juge-t-il. Un avis que tout le monde au Vietnam n’entend pas de cette oreille.

Centrafrique: Touadéra sur la voie d’un 3e mandat dans un pays toujours fragile

Les électeurs centrafricains ont commencé à voter pour l’élection présidentielle où Faustin-Archange Touadéra part favori pour un troisième mandat consécutif en se targuant d’avoir stabilisé ce pays abonné aux conflits.Quelque 2,3 millions d’électeurs sont appelés à voter entre 05h00 et 17h00 GMT pour ces élections à la fois présidentielle, législatives, municipales et régionales.Dans le bureau …

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Cryptomonnaies: quand le pari sur bitcoin se retourne contre des entreprises

La dégringolade des cryptomonnaies depuis octobre a fait vaciller les entreprises qui avaient parié à grande échelle sur le bitcoin, dont les actions en Bourse ont plongé, ravivant les craintes d’une bulle.- Pourquoi accumuler des bitcoins ? -Le bitcoin a initialement progressé cette année, atteignant début octobre un record à plus de 126.000 dollars.Certaines entreprises ont alors commencé à en accumuler pour diversifier leur trésorerie, se protéger contre l’inflation ou encore attirer des investisseurs séduits par des pespectives de profit.Certaines étaient déjà liées au secteur, comme les plateformes d’échange ou les sociétés de “minage” –qui “fabriquent” des bitcoins, reçus sous forme de récompense pour avoir participé au bon fonctionnement de cette devise numérique.Mais d’autres, issues de secteurs totalement différents, se sont aussi mises à en acheter, contribuant à faire grimper son prix.- Pourquoi l’achat est-il risqué ? -Pariant sur une hausse constante du prix du bitcoin, certaines entreprises ont eu recours à ce qu’on appelle des “obligations convertibles”, c’est-à-dire qu’elles ont emprunté à faible taux, en offrant la possibilité au prêteur de se rembourser en actions.Problème: si leur action commence à baisser, par exemple car la chute du bitcoin rend leur modèle moins attractif, l’investisseur préfère un remboursement en argent liquide.La survie de l’entreprise est alors conditionnée à sa capacité à réunir le cash nécessaire.- Que provoque la chute du bitcoin ? -Des failles ont pointé à l’automne, le bitcoin baissant progressivement jusqu’à tomber sous les 90.000 dollars en novembre, plus bas qu’en janvier, ce qui a sapé la confiance dans le modèle de ces sociétés.”La question que le marché s’est très vite posée, c’est: +est-ce que ces entreprises vont être en difficulté ? Vont-elles faire faillite ?+”, rapporte Eric Benoist, spécialiste technologie chez Natixis.Pour Carol Alexander, professeure de finance à l’université du Sussex, la bulle liée à ce type de sociétés “éclate lentement”. Selon elle, la défiance est renforcée par le flou réglementaire et les risques qui les entourent, celles-ci étant sujettes aux cyberattaques ou aux fraudes internes.- Qu’est-il arrivé à Strategy ? -L’éditeur de logiciels Strategy –qui n’a pas répondu à l’AFP– est la plus importante “accumulatrice” de bitcoins, avec plus de 671.000 unités, soit environ 3% de tous ceux qui existeront jamais.Mais en six mois, son action a chuté de plus de moitié, sa capitalisation passant même brièvement sous la valeur de ses bitcoins.En cause, ces fameuses obligations convertibles, qui l’exposent au risque de devoir rembourser une lourde dette.Pour rassurer le marché, Strategy a constitué un fonds de 1,44 milliard de dollars en vendant des parts.Dans une situation similaire, le spécialiste des semi-conducteurs Sequans a lui liquidé 970 bitcoins pour racheter une partie de sa dette.- Quel risque de contagion ? -Si des entreprises en difficulté inondent le marché en vendant leurs bitcoins, leur prix risque de baisser, aggravant la situation.”Le risque de contagion sur les marchés crypto est alors considérable”, estime Mme Alexander, bien qu’il se limite selon elle au secteur, sans “impact majeur sur les marchés traditionnels”.”Nous considérons cette volatilité” comme “le prix à payer pour un potentiel de hausse à long terme”, explique à l’AFP Dylan LeClair, responsable bitcoin pour le japonais Metaplanet.Initialement spécialisée dans l’hôtellerie, cette entreprise poursuit ses achats de bitcoins, qui valent aujourd’hui environ 2,7  milliards de dollars.- Quel avenir pour le secteur ? -Pour Eric Benoist, ces sociétés vont devoir monétiser leurs réserves de bitcoins, par exemple via des produits financiers, et ne plus miser uniquement sur la hausse du cours.”Toutes ne survivront pas”, mais “le modèle continuera d’exister”, estime-t-il, jugeant inévitable une consolidation du secteur.Les initiatives continuent: fin novembre, l’entrepreneur français Eric Larchevêque a lancé The Bitcoin Society, une société de trésorerie crypto.La baisse des cours est “une bonne opportunité puisque ça permet d’acheter du bitcoin moins cher”, assure à l’AFP celui qui a aussi co-fondé le spécialiste des portefeuilles de cryptomonnaies Ledger.

NBA: retour gagnant d’Antetokounmpo, les Spurs battus malgré “Wemby”

Blessé début décembre, Giannis Antetokounmpo a brillé pour son retour et mené Milwaukee à la victoire à Chicago samedi en NBA, alors que la série de huit succès de San Antonio a pris fin face à Utah, malgré les 32 points de Victor Wembanyama.- “Greek Freak” en feu -Giannis Antetokounmpo n’avait plus foulé les parquets avec les Bucks depuis huit matches et sa blessure à un mollet le 4 décembre. Le double MVP a vite retrouvé ses automatismes face aux Bulls, stoppés 112-103 après cinq victoires consécutives. En 25 minutes, le Grec de 31 ans a marqué 29 points et capté huit rebonds. Le “Greek Freak” s’est notamment montré décisif en fin de rencontre enchaînant drive, lancers-francs et dunk juste avant le buzzer.”Quand il n’est pas sur le terrain, on peut connaître des périodes de disette”, a reconnu l’entraîneur des Bucks Doc Rivers, alors que sans lui Milwaukee n’avait gagné que deux matches sur huit.- “Wemby” n’a pas suffi -Victor Wembanyama a refait son apparition dans le cinq majeur des Spurs, après sept matches débutés sur le banc depuis son retour de blessure le 13 décembre. Le Français de 21 ans a compilé 32 points, 7 rebonds, 5 contres et 3 passes décisives en 28 minutes, mais n’a pu empêcher la défaite des siens dans leur salle face au Utah Jazz, vainqueur 127-114. “Wemby” a pourtant assuré le spectacle en multipliant notamment les dunks dont l’un dès sa première action du match et un autre impressionnant dans le dernier quart-temps au milieu de quatre adversaires.Mais en face, Lauri Markkanen, 29 points dont sept en fin de rencontre, et Keyonte George, 28 points, ont permis au Jazz de s’imposer face aux Spurs qui restaient pourtant sur huit victoires. Les coéquipiers de Wembanyama occupent toutefois toujours la deuxième place de la Conférence Ouest, derrière le champion en titre Oklahoma City, qu’ils ont battu deux fois lors de la semaine de Noël.- Les Knicks enchaînent -Les New Yorks, récents vainqueurs des Spurs en finale de la Coupe NBA, ont aligné un quatrième succès consécutif en championnat, à Atlanta (128-125). Karl-Anthony Towns, auteur de 36 points et Jalen Brunson, 34 points, ont été les grands artisans de cette victoire qui permet à la franchise new-yorkaise, qui a remporté 13 de ses 16 derniers matches, de conforter sa deuxième place de la Conférence Est.- Record pour Anthony Black -Au lendemain de son match raté face aux Charlotte Hornets (défaite 120-105), Orlando a rectifié le tir face à Denver 127-126. Le Magic a pourtant compté jusqu’à 17 longueurs de retard sur les Nuggets. Mais Anthony Black, 21 ans, et ses 38 points, son nouveau record, et Desmond Bane, 24 points, ont renversé la rencontre face à l’équipe de Nikola Jokic dont le triple-double (34 points, 21 rebonds et 12 passes décisives) n’a pas suffi.- Raynaud décisif -L’intérieur français de Sacramento Maxime Raynaud, de nouveau titulaire, a inscrit 19 points lors du succès des Kings face à Dallas (113-107). Le Parisien de 22 ans affiche une belle complémentarité avec l’expérimenté Russell Westbrook, 37 ans, auteur de 21 points, tout comme Keon Ellis. Avec ce huitième succès cette saison, Sacramento, avant dernier à l’Ouest, retrouve quelques couleurs.

En Irak, de l’argile sur les dunes pour combattre les tempêtes de sable

Au fin fond du désert dans le sud de l’Irak, des pelleteuses et des bulldozers répandent des couches d’argile humide sur les dunes pour tenter d’empêcher les tempêtes de sable dévastatrices qui se multiplient dans le pays.L’Irak a toujours été confronté à ce phénomène, mais les tempêtes sont de plus en plus fréquentes ces dernières années, conséquence du dérèglement climatique et de ses déclinaisons: sécheresses, températures infernales, déforestation…Lorsqu’elles se déclenchent, un épais manteau de poussière ocre recouvre les villes et villages du pays, les hôpitaux se remplissent de patients souffrant de problèmes respiratoires, le trafic aérien est paralysé…Et ces tempêtes vont se multiplier et augmenter en intensité, ont prévenu les autorités irakiennes.Dans une zone située entre les villes de Nassiriyah et Samawa, non loin des vestiges archéologiques de la civilisation sumérienne, des ouvriers s’affairent à stabiliser le sol du désert en déversant sur le sable une épaisse couche d’argile de 20 à 25 cm d’épaisseur.Le projet prévoit également la plantation de semis résistants à la chaleur, comme du prosopis ou du conocarpus.”Le principal objectif est de réduire l’impact des tempêtes de sable transfrontalières, qui peuvent atteindre le Koweït, l’Arabie saoudite et le Qatar”, explique Oudai Taha Lafta, directeur du projet de l’agence de l’ONU UN-Habitat. “Même si la zone recouverte (d’argile) est petite, elle est cruciale, et cela devrait aider à réduire les tempêtes de sable l’été prochain”, poursuit-il.L’objectif à court terme est de protéger l’autoroute du sud de l’Irak, où de nombreux accidents se produisent en période de tempête, en raison de l’absence de visibilité.- “Lentement mais sûrement”  -Selon les estimations du ministère irakien de l’Environnement, l’Irak est confronté à 243 tempêtes par an, et devrait connaître quelque 300 “jours de sable” annuels d’ici 2050 si rien n’est fait pour endiguer le fléau.Les autorités irakiennes, UN-Habitat et le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe se sont associés en 2023 pour identifier les principales localisations sources des tempêtes de sable.Plusieurs méthodes ont été mises en oeuvre dans trois régions méridionales du pays, comme le creusement de canaux pour l’eau et l’alimentation électrique pour pomper l’eau du fleuve Euphrate, afin de préparer des terres en friche pour des plantations.Le projet prévoit à terme l’augmentation de la surface des espaces verts pour les agriculteurs, dont les terres ont été considérablement réduites en raison des pénuries d’eau et des sécheresses à répétition.Les plants agricoles ne survivent généralement pas dans les zones sableuses, mais stabiliser le sol peut accroître leur résistance, selon Qahtan al-Mhana, un responsable du ministère de l’Agriculture.L’Irak a une grande expertise en matière de lutte contre la désertification et les tempêtes de sable, a-t-il souligné, rappelant que de tels projets existent depuis les années 70, mais les guerres et le chaos qui ont frappé le pays pendant des décennies les ont fait passer au second plan.”Le travail a repris”, se félicite l’expert Najm Abed Taresh.”Nous avançons, lentement mais sûrement”.

Birmanie: les élections de la junte débutent après cinq ans de guerre civile

Des élections législatives, largement restreintes et critiquées à l’international, ont débuté dimanche en Birmanie à l’initiative de la junte au pouvoir, qui les présente comme un retour à la démocratie, près de cinq ans après avoir renversé le gouvernement et déclenché une guerre civile.L’élection est “libre et équitable”, a assuré le chef de la junte, Min Aung Hlaing, après avoir voté de bonne heure dans la capitale administrative du pays, Naypyidaw. “Elle est organisée par l’armée, nous ne pouvons pas laisser ternir notre nom.”L’ancienne dirigeante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi est pourtant toujours emprisonnée et son parti a été dissous après le coup d’Etat militaire de février 2021, qui a refermé la parenthèse démocratique dans le pays.De nombreux pays occidentaux et défenseurs des droits humains ont condamné ce scrutin, échelonné sur un mois, dénonçant notamment la répression de tout semblant d’opposition. “Il est essentiel que l’avenir de la Birmanie soit déterminé par un processus libre, équitable, inclusif et crédible, qui reflète la volonté de son peuple”, a commenté dans un communiqué le bureau birman de l’ONU.Le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (USDP), favorable aux militaires, devrait arriver largement en tête, ce que les critiques considèrent comme un moyen détourné de pérenniser le régime militaire.- “De mon plein gré” -Peuplée d’environ 50 millions d’habitants, la Birmanie est déchirée par une guerre civile et les élections ne se tiendront pas dans les larges zones tenues par les rebelles.”Cette élection ne changera pas la situation politique du pays”, a estimé Hman Thit, 23 ans, depuis l’une de ces zones dans l’Etat Shan. “Les frappes aériennes et les atrocités continueront”.La première des trois phases du scrutin s’est tout de même ouverte dimanche à 06H00 (23H30 GMT samedi), notamment à Rangoun, Mandalay et Naypyidaw, des villes aux mains du pouvoir.”L’élection est très importante et apportera le meilleur au pays”, a dit à l’AFP Bo Saw, le premier électeur à se présenter à l’aube dans un bureau du quartier de Kamayut à Rangoun, près de la maison d’Aung San Suu Kyi.Dans le canton de Zabuthiri, près de la capitale, Thida Hlaing, une femme au foyer de 56 ans, a fait la queue en matinée avec trois membres de sa famille pour “accomplir (son) devoir” de citoyenne.”Je suis venue de mon plein gré”, a-t-elle racontée, fière de montrer son auriculaire taché d’encre, avec lequel elle a apposé son empreinte au moment de voter. “Ce que je veux, c’est un pays pacifique et stable”.- Prison -L’armée dirige la Birmanie depuis son indépendance en 1948, en dehors d’un interlude démocratique entre 2011 et 2021, qui avait suscité une vague de réformes et d’optimisme pour l’avenir du pays d’Asie du Sud-Est.Mais quand la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi a largement devancé les candidats proches des militaires aux élections de 2020, le général Min Aung Hlaing s’est emparé du pouvoir, invoquant une fraude électorale généralisée.Agée de 80 ans, Aung San Suu Kyi purge une peine de 27 ans de prison pour plusieurs condamnations allant de la corruption à la violation de règles anti-Covid.”Je ne pense pas qu’elle considérerait ces élections comme significatives, pas du tout”, a déclaré son fils, Kim Aris, depuis la Grande-Bretagne. Selon le Réseau asiatique pour des élections libres, les noms des partis qui avaient remporté 90% des sièges lors des dernières élections ne figurent pas cette fois sur les bulletins de vote après avoir été dissous par la junte.La deuxième phase du scrutin, qui ne pourra pas se tenir dans environ une circonscription sur cinq de la chambre basse, doit avoir lieu dans deux semaines, avant une troisième et dernière phase le 25 janvier.